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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

Pour en savoir plus sur les compositeurs de musiques de films et leurs créations, parcourez les pages suivantes !

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

Filmvarnour (VII)

La critique de films d’Aanor

Dans cette nouvelle page, les aventures extraordinaires de personnages souvent ordinaires (c’est ce que l’on appelle plus ou moins le cinéma réaliste) continuent à émouvoir Aanor trop souvent déçue : de prestations ratées en coût exorbitant du dvd ou du Blu-Ray, rien n’y fait, la tristesse pointe parfois le bout de son nez. Tout commence avec Bruce Willis qui alterne le très bon au très mauvais sur des relents de ragtime au temps de la prohibition. Il faut dire que cent ans après Jésus Christ et la disparition d’un autre J.C., Jules César, le Vésuve faisait encore parler de lui ; sur les ruines de Pompéi, le dernier recours, c’était la fuite « en avant toute ! ». Plus proche de nous, « Le petit Bougnat » aurait pu connaître un parcours identique à celui de « Sabine Kleist, 7 ans », une histoire particulièrement difficile et « fumante » elle aussi, sauf que chien « Smitty », le compagnon de jeu idéal des enfants, ne s’adonne pas au plaisir de la cigarette (l’industrie du tabac aura versé beaucoup d’argent pour voir les acteurs tirer une bouffée à l’écran). C’est sans parler de l’industrie des boissons alcoolisées avec cette licence exclusive remontant aux débuts du cinématographe accordée au fameux « Martini » de tous les films doublés en français ! Le trust des médicaments n’a rien à lui envier : combien de fois ne vante t-on pas les effets magiques des antidépresseurs (ah, le magnifique Xanax !). En parlant d’œuvres « qui ont de la gueule », Aanor enlèverait bien son prisme afin d’affronter la dure réalité de la vie quotidienne : elle pense souvent à ces pauvres bêtes désespérées dans leurs refuges de la S.P.A, les yeux rivés sur la porte d’entrée du couloir dans l’attente d’un nouveau maître compréhensif et aimant. Ces cabotins de nature font leur propre cinéma et joue très naturellement, sans le faire exprès. Que pourraient-ils penser de « la vie de chien » du petit Nicolas dans « Zmory » ?

Allez, Aanor vous souhaite une bonne séance qui ne sera certainement pas la dernière !

 

Critères retenus pour critiquer le film :

 

smiling girl on the grassParfait, Excellent, Exceptionnel (à voir et à revoir sans modération en achetant le DVD ou le Blu-Ray) / Bon ou Moyen (le cinéma existe grâce à lui) / Insatisfaisant ou Nul (le réalisateur doit se poser des questions)

Pour critiquer la musique du film : Parfaite, Excellente, Exceptionnelle (on achète le CD) / Bonne ou Moyenne (il manque quelque chose, probablement une belle mélodie…) / Mauvaise ou Nulle (sauf pour les sourds et les personnes très malentendantes).

Classement des films par ordre alphabétique (sans tenir compte des articles le, la, les). Ajouts fréquents !

 

 

Il faut de tout pour faire un monde…

 

 

Fantastique

After.Life - Mélodies ModernesAfter.Life, un film d’Agnieszka Wójtowicz-Vosloo (2009) avec Liam Neeson, Christina Ricci, Justin Long, Chandler Canterbury… Musique de Paul Haslinger. Un film Harbor Light entertainment…

Le thème du film est très délicat : il traite de la question de la vie après la mort. Filmé dans une sorte de manoir aménagé en centre de thanatopraxie (l’embaumement des cadavres), l’ambiance est glaciale et l’action évanescente. Loin de faire preuve de délicatesse, le traitement de ce faux thriller ne réserve aucune surprise malgré des indices distillés un peu partout mais on ne les voit pas ; la réalisatrice a visiblement loupé son coup. L’histoire peu crédible transforme les acteurs en personnages impalpables (presque) ridicules. La musique est signée Paul Haslinger, un programmateur du fameux groupe allemand « Tangerine dream » né dans les années 60 finalement spécialisé dans la composition électronique (aux influences rock) pour les films. Sa musique, c’est un fluide glacial continu et monotone alors passez vite votre chemin, sachez apprécier le temps présent et ne faites connaissance avec la mort que le plus tardivement possible, c’est tout le mal que l’on vous souhaite !

Beautiful woman with a mannequinLa vie après la mort : que n’a-t-on pas fait, dit et écrit sur ce thème ! Les murs peints des grottes préhistoriques évoquaient déjà les rites et les sacrifices de l’être humain pour de mystérieuses et inquiétantes forces supérieures totalement inconnues (le chamanisme) et depuis trois millions d’années, depuis ces premières découvertes remontant au paléolithique inférieur, plusieurs milliard de croyants pensent qu’il existe une renaissance offerte au mérite par la grâce du Dieu que l’on pratique. Les scientifiques, on s’en doute, sont bien plus pragmatiques. Les récentes découvertes effectuées à partir des expériences du choc des « trons ceci » et des « trons cela » (protons, synchrotrons…) dans les accélérateurs de particules démontrent qu’il existe un univers superlumineux dans lequel les particules se déplacent à une vitesse supérieure à celle de la lumière (vitesse supraluminique), cette dernière paraissant du coup extrêmement lente (seulement près de 300 000 mètres par seconde dans le vide – l’espace -, plus d’un milliard de kilomètres par heure, c’est ridicule…). De là à penser que l’âme des défunts pourrait s’y retrouver, il n’y a qu’un pas que certains n’hésitent pas à franchir. « Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? » écrivait le défenseur de la cause animale Lamartine, un végétarien de la première heure qui ne doutait pas que l’homme en possédait une. Nous vivons donc à un niveau inférieur à la vitesse de la lumière et un « passage » permettrait à nos âmes d’atteindre le monde superlumineux. C’est sans compter sur les partisans de l’interdépendance du corps et de l’esprit ; pour eux, après la mort, quand la machine qui produit l’esprit s’éteint, il ne reste plus rien. Mais l’esprit et l’âme sont, paraît-il, deux choses bien différentes et toutes deux posent les fondements de la psychanalyse moderne. Nous voilà bien avancés : qui croire, que croire ? Nous en saurons certainement un peu plus un jour et dans l’attente de certitudes démontrées scientifiquement (dans l’attente du Jugement dernier pour certains), continuons donc toutes et tous à mener un combat contre le renoncement qui nuit gravement à l’épanouissement de l’individu dans une vie terrestre qui pourrait être si généreuse et si solidaire… si nous n’étions pas occupé à faire la guerre avant l’amour, pour commencer !

 

 

Comédie lamentable qui devient tragique

Babysitting Mélodies ModernesBabyssiting, un film de Philippe lacheau et Nicolas Benamou (2014) avec Philippe Lacheau, Alice David, Vincent Desagnat, Tarek Boudali, Enzo Tomasini, Julien Arruti… Musique de Maxime Desprez. Un film Universal.

Les Mélodies Modernes ne sont pas contentes du tout : elles vont vous présenter un film Nul, oui ça existe et c’est presque une honte. Tourner un tel navet et surtout le diffuser jusqu’à en obtenir des récompenses (au festival de l’Alpe d’Huez), ça en devient même pas croyable ! Aanor pensait voir une nouvelle super comédie comme le cultissime « Le jouet » mais cette fois-ci avec Gérard Jugnot ; à 19,99 euros le dvd, il valait mieux y croire. Quelle déception ! Caméra en « found footing » dans le style de « Paranormal activity » et autres productions aussi débiles qu’inutiles, l’acteur et réalisateur Philippe Lacheau joue au clown triste. Il est ridicule. Pour un premier film, c’est complètement raté et il lui reste beaucoup de chemin à parcourir pour devenir crédible. Le gamin joue affreusement mal, tout le monde aussi comme cela, l’affaire est réglée. La seule bonne surprise ? La musique du film : le travail de Maxime Desprez semble très intéressant et les Mélodies Modernes vont le suivre de près, c’est le cas de le dire. Mais ne perdez pas votre temps et encore moins votre argent, à moins que vous ne connaissiez pas du tout le cinéma avec une scène éculée, celle de la tarte à la crème balancée à la figure. Si le cœur vous en dit… Pour info, on a fait mieux au temps au cinéma muet il y a déjà cent ans.

 

Policier

Bad Ass 1 et 2 - Mélodies ModernesBad ass 1 et 2, deux films de Craig Moss (2012 et 2014) avec Danny Trejo, Danny Glover… Musique de Todd Haberman. 20th Century Fox

Franck Vega, un vétéran de la guerre du Vietnam, a accompli un acte de bravoure dans la vie civile en sauvant la vie de plusieurs personnes dans un bus et depuis, il symbolise le courage et l’esprit de révolte dans le style bien américain « on me cherche, on me trouve, je vais pas me laisser faire ». Le vieux à l’esprit jeune va prouver ses capacités, malgré son âge, lorsque son meilleur ami va être assassiné par la maffia locale soutenue par un maire véreux et un corps de police corrompu. La violence s’installe au fil de l’histoire vraie, ça saigne et ça gicle mais c’est pour la bonne cause… Que l’on aime ce genre de film d’action ou non, il faut leur reconnaître une certaine originalité même si Charles Bronson ou Clint Eastwood sont déjà passés par là. Danny Glover apporte un plus dans le deuxième volet et l’ensemble tient bien la route ou plutôt le bitum, sous la tête d’un salaud fracassée par un homme au courage hors du commun.

 

Aventures

Cycloneà la Jamaïque - Les Mélodies ModernesCyclone à la Jamaïque/A high wind in Jamaica, un film d’Alexander Mackendrick (1965) avec Anthony Quinn, James Coburn, Deborah Baxter… D’après le roman de Richard Hugues. Musique de Larry Adler. Un film 20th Century Fox / Collection « Hollywood legends ».

Le scénario repose sur le roman de Richard Hugues qui a également inspiré l’écrivain William golding et le film « Sa majesté des mouches ». Autant dire que le monde de l’enfance est exploré de manière approfondie avec ses conséquences inhabituelles, une vision très éloignée de la description angélique habituellement dévolue aux enfants, un traitement unidirectionnel imposée par la société notamment américaine, puritaine et conservatrice, en ce début des années 60. Pourtant les codes changeaient, le monde bougeait, les idées nouvelles se faisaient jour, le réalisateur se lança donc avec ses convictions toutes personnelles dans un film au scénario original, très psychologique, permettant enfin de révéler la finesse de jeu d’Anthony Quinn. Idem pour James Coburn, le plus dur de la bande du commandant Chavez. Choisie parmi plus de mille candidates, la jeune Deborah Baxter que l’on reverra dans « Le vent et le lion » fera sensation dans un rôle difficile, celui d’une gamine innocente évoluant dans le monde cruel des adultes, des pirates capables d’en avoir peur mais aussi de la désirer… Qui sera le plus capable de vice et de perversion ? Les sentiments amoureux et sexuels donc abordés mais pas comme le souhaitait le réalisateur : avec un scénario réécrit, un montage amputé de plus de vingt minutes, sa frustration fut immense. Que dire de la nôtre, aujourd’hui, devant ce Bon film qui aurait pu devenir un chef-d’œuvre si l’on s’était bêtement abstenu de brider son esprit créatif et imaginatif. Il est en malheureusement ainsi pour beaucoup de productions soumises au dictat des producteurs et de la censure, fortement présente à l’époque. À l’époque seulement ?

 

Comédie

Demandez la permission aux enfants ! Les Mélodies ModernesDemandez la permission aux enfants, un film d’Éric Civanyan (2006) avec Sandrine Bonnaire, Pascal Légitimus, Rebecca Marder, Frankie Wallach, Josselin et Laurenzo Ciais, Anne Parillaud, Pierre Cassignard, Michèle Garcia, Michel Vuillermoz, Hélène Surgère… Musique de François Peyrony. Un film TFM diffusion/TF1.

L’époque de l’enfants-roi, on y est ! Les parents ne décident plus de rien, ils sont relégués au rang de subalternes tout juste bons à ouvrir leur porte-monnaie. Les situations rencontrées dans le film semblent exagérées mais peut-être pas, en y réfléchissant bien : la tyrannie exercée par la jeunesse sur leurs « vieux » dépasse souvent l’imagination ! En permettant une réflexion sur l’éducation en général, les prérogatives des parents, le déphasage des enfants, le rôle de la psychologue, le film mérite son existence. On ne s’ennuie pas une seconde dans la vie « urbaine » de familles aisées et en situation d’autodestruction par le comportement insupportable de ses enfants. Malheureusement, tous les acteurs surjouent et la caricature frise parfois le ridicule. On crie, on s’agite, la finesse n’est pas de mise… Pascal Légitimus et Sandrine Bonnaire ne semblent pas très à l’aise, les enfants ne sont pas tous intéressants dans leur jeu. Ce qui n’a pas empêché les jeunes Rebecca Marder et Frankie Wallach, les plus convaincantes, de devenir professionnelles. La logique est respectée.

 

Violence

Le dernier recours Mélodies Modernes Le dernier recours/Last man standing, un film de Walter Hill (1996) avec Bruce Willis, Christopher Walken, Bruce Dern, David Patrick Kelly, William Sanderson, Karina Lombard… Musique de Ry Cooder. Un film

Les spectateurs sont unanimes : ce films est Raté. Partagé entre western « spaghetti » sans humour et film de gangsters du temps de la prohibition, la violence n’en finit pas d’un bout à l’autre d’une histoire nippone insipide déjà brillamment exploitée par Sergio Leone. À force de voir les corps défoncés (le titre d’origine est sans ambiguïté, il ne doit rester qu’un seul homme debout à la fin du carnage), la fatigue s’installe, le dégoût aussi. Et la musique du film ? C’est du Ry Cooder avec sa guitare et son bottleneck, un spécialiste avec Éric Clapton et Mike Oldfield de l’utilisation de l’accessoire, un tube métallique ou en verre placé sur le manche de l’instrument qui facilite le glissando (un effet de miaulement, rappelez-vous de l’interprétation de Ry Cooder pour la musique du film « Paris Texas »). Si vous ne deviez conserver qu’une seule image du « Dernier recours », c’est la tête de Christopher Walken qui se demande bien ce qu’il fait dans cette Galère

 

Science-fiction

Divergente, un film de Neil Burger (2014) avec Shailene Woodley, Theo James, Kate Winsley, Ashley Judd, Jai Courtney, Maggie Q, … D’après les ouvrages de Veronica Roth. Musique de Junkie XL. Un film Summit entertainment.

Divergente Mélodies ModernesHistoire d’entériner la question, la musique du film ne présente aucun intérêt ; pour le réalisateur, il s’agissait visiblement d’accompagner ses images sur l’idée qu’il se fait de la musique populaire « du futur ». Pour lui, le cadre apocalyptique qu’offre la ville de Chicago, retranchées derrière ses murs électrifiés de protection, implique d’introduire une musique « house » ou « techno ». Les Mélodies Modernes reconnaissent le travail de recherche effectué par le compositeur et le réalisateur mais elles n’aiment pas du tout le genre : entre la trance psychédélique, la trance progressive, la dance, la psytrance, l’acid house, la psyprog, il y a de quoi perdre son D.J. préféré dans une rave party mégasonique de musique progressive aux Baléares dans les nuits chaudes d’Ibiza. Ce qui ne nous rapproche pas du film, très bon par ailleurs. C’est ici que repose la surprise d’Aanor : voici enfin un Bon film de science-fiction, original, avec de bons acteurs (le talent n’attend pas le nombre des années) et un excellent doublage en français, ouf, la relève est assurée ! Malheureusement, comme cela est trop souvent le cas, la suite « Divergente 2 l’insurrection » n’apporte rien de nouveau, on s’enlise avec les acteurs dans la pénombre d’une ambiance trop connue. Le troisième roman déjà publié va engendrer à son tour une adaptation cinéma dont l’épilogue, nous annonce-t-on, sera identique au roman. Toutes les craintes sont permises.  Pour Aanor qui rassemble tous les clans car elle est audacieuse, érudite, altruiste, sincère et fraternelle, contentez-vous pour l’instant du premier volet très intéressant et continuez à ne pas diverger de sa ligne de pensée salutaire… en attendant «  Divergente 3 ».

 

Thriller

Montage Eyewitness/Les inconnus de Malte - Mélodies ModernesLes inconnus de Malte/Eyewitness/Sudden terror, un film de John Hough (1970) avec Mark Lester, Susan George, Lionel Jeffries, Jeremy Kemp, Peter Vaughan, Tonny Bonner, Betty Mardsen, Peter Bowles, Joseph Furst, David Lodge… D’après la nouvelle de Mark Hebden. Musique de David Withaker. Un film M-G-M.

John Hough est un excellent réalisateur et les Mélodies Modernes adorent sa manière de filmer et de monter. En tournant « L’île au trésor » avec Kim Burfield, Jean Lefèbvre et Orson Welles juste après « Les inconnus de Malte », ce réalisateur très inspiré par l’originalité d’un scénario permettant de libérer sa créativité, enchaînera les gros succès populaires : « La montagne ensorcelée » et « Les visiteurs d’un autre monde » avec Ike Eisenmann et Kim Richards sans oublier « La maison des damnés » avec Roddy McDowall et surtout « Les yeux de la forêt », deux productions qui montraient une autre facette des productions Disney, plus terrifiantes car davantage conçues pour un public adulte. « Les inconnus de Malte » est idéalement filmé : avec des gros plans qui ne cachent par l’arrière-plan où se développe l’action, avec des inserts expressifs (les acteurs sont excellents et ne « surjouent » » pas, ils ne franchisent pas la limite de la caricature) dans un enchaînement de plans tous aussi remarquables les uns que les autres, le film aux grandes qualités artistiques pourrait presque rester muet sans perdre de son intérêt. Le scénario (parfois un peu longuet car répétitif) n’est pas signé Ronald Harwood pour rien Montage Eyewitness/Les inconnus de Malye - Mélodies Modernes(c’est l’auteur du « Pianiste » de Polanski ) : il s’est inspiré du film de Fritz Lang « Cape et poignard » de 1946, d’ « Une incroyable histoire/The window » sorti en 1949 et de « The boy cried murder » de 1966, des films bientôt critiqués ici dans votre rubrique préférée. Distribué en dvd pour les États-Unis et le Canada seulement (en zone 1), Aanor attend une édition européenne afin d’entendre la musique du film et comprendre les échanges verbaux entre Mark Lester et Susan George dans des rôles difficiles, deux jeunes acteurs plein de talent et bien présents dans le cinéma anglais des années 70. « Les inconnus de Malte », Aanor en entend parler depuis plus de quarante ans sans avoir eu la possibilité de le voir alors il serait temps de sortir ce thriller/horreur/course poursuite de très grande qualité en dvd remasterisé (on vient bien de le faire pour Le jouet de manière remarquable). Cette œuvre pourrait enfin sortir de sa confidentialité : Aanor aimerait vous en reparlera à l’occasion d’une édition française enfin digne de ce nom !

 

Comédie

Mercredi folle journée, un film de Pascal Thomas (2001) avec Vincent Lindon, Victoria Lafaurie, Christian Morin, Alessandra Martines, Catherine Frot, Olivier Goumet, Isabelle Carré, Maurice Risch… Musique de Marine Rosier. Un film Euripide productions, TF1 films productions…

Mercredi folle journéeQue peut-on en dire ? Ce film est conforme au style de Pascal Thomas qui mise sur l’ambiance générée par des personnages « ordinaires » évoluant dans la vie quotidienne. Dans ses films, mariages, divorces, amants, sexe, amis, voisins, enfants, rencontres, amis des amis, premiers émois amoureux et tout le reste envahissent l’écran. Sur une musique souvent insipide, cela fait-il un bon film ? Pas pour Aanor qui estime que le contenu est souvent léger, trop léger. Le manque de rigueur dans le traitement technique et artistique d’une scène peut faire peur et parfois aussi, les acteurs jouent mal. La jeune Victoria Lafaurie est mignonne comme tout, elle est photogénique et possède un visage très expressif d’où le choix du réalisateur mais son jeu n’est pas extraordinaire… Ce n’est pas le cas de Vincent Lindon qui réalise ici, à Nantes, une excellente prestation dans le rôle du père dépassé par sa fille asthmatique et par les évènements qu’elle engendre indirectement. Et pourquoi ne voit-on pas plus souvent le génial Luis Régo ? Les œuvres de Pascal Thomas s’inscrivent dans la ligne des réalisateurs « modernes », Michel Lang avec « L’hôtel de la plage » ou Céline Sciamma avec « Les diables », par exemple. C’est-à-dire qu’ils produisent des films à la fois passionnants pour leur réalisme et terriblement ennuyeux pour la même raison. Comme le réalisateur est très nostalgique d’une société en voie de disparition, il nous le fait payer très cher : dans « Mercredi, folle journée Mercredi folle journée Mélodies Modernes», le procédé finit par lasser. De plus, ses films sont rares et difficiles à dénicher en dvd. Chacun va-t-il y trouver son compte ? Ce qui est certain, c’est le devenir de ses œuvres. Des tranches de vie de Pascal Thomas aux états d’âme déversés par les autres réalisateurs, ces productions serviront un jour de Référence aux générations futures qui y verront un témoignage privilégié de notre environnement sociétal actuel malheureusement décadent. La vision pessimiste d’un optimiste pour une histoire familiale agitée à l’issue tristounette, voilà ce que vous propose « Mercredi folle journée ». À vous de juger, maintenant.

« Les folles journées », c’est le titre d’un évènement musical nantais que l’on ne présente plus, un énorme succès annuel assuré par d’importantes subventions (vive les impôts et les partenaires privés !) pour la promotion de musiciens et d’orchestres professionnels qui n’en demandaient pas tant. Pendant que les ensembles artistiques engrangent les bonus, vous pouvez toujours chercher un (bon) musicien amateur en France pour faire de la (bonne) musique, vous n’en trouverez pas, la denrée est de plus en plus rare alors merci aux écoles de musique et conservatoires de France et de Navarre qui forment chaque année des centaines de milliers de musiciens amateurs enregistrés au fichier des personnes disparues une fois devenus adultes, voir ici l’article Musique, films et éducation) !

 

Comédie

Le petit bougnat - Les Mélodies ModernesLe petit Bougnat, un film de Bernard Toublanc-Michel (1970) avec Claude Amazan, Isabelle Adjani, Guy Allombert, Vincenzo Sartini… Musique de Pierre Vassiliu. Un film distribué par

Formidable ! Ce film entièrement restauré (merci, MM. Les éditeurs) est une perle rare du cinéma français. On y voit avec délectation dans son tout premier film, l’excellente Isabelle Adjani, l’une des comédiennes préférées des Mélodies Modernes qui se faisait déjà remarquer, à seize ans, par son intellect (elle possède de très bonnes connaissances en littérature française et une grande capacité à écrire) sans oublier son intelligence et ses capacités à jouer naturellement. Sa carrière non achevée à ce jour aura engendré de grands moments de cinéma, « L’été meurtrier » ou « La journée de la jupe » par exemple. Le petit Bougnat est un terme censé désigner un auvergnat « monté » à Paris pour exercer la profession de charbonnier au XIXe siècle ; avec son visage noirci par le charbon, le clin d’œil rappelle les africains (à la peau noire), eux aussi immigrés, un humour primaire qui attire l’attention du futur spectateur sur un scénario, en fait, antiraciste et porteur de valeurs de tolérance. Côté scénario, tous les personnages ne vont pas se donner la même peine fraternelle pour accepter en leur sein un petit bonhomme sympathique, dynamique, frustré et difficilement contrôlable par les représentants de l’autorité. En rencontrant la personnalité tourmentée et révoltée d’Isabelle Adjani, Claude Amazan va trouver une alliée – et il en a bien besoin -. La musique de Pierre Vassiliu est très agréable, pleine de fraîcheur et de légèreté, elle se mêle à l’histoire en restant toujours de circonstance : le compositeur est avant tout un auteur interprète sensible à son environnement. Sa célèbre chanson (hors contexte du film) « Qui c’est ce mec-là » perdurera au fil du temps. Déjà citoyen du monde directement concerné par les questions africaines (il a séjourné au Sénégal pour y monter un groupe), sa personnalité sociable et particulièrement attachante sera appréciée de la génération des « pré et post soixante-huitards » (de 1965 à 1975) quand on savait rester à ne rien faire à compter les mouches pendant les longues journées d’été avant la fraîcheur du soir et la diffusion des Shadocks doublés par Pierre Piéplu. Sur la chanson de Pierre Perret « Les jolies colonies de vacances » qui fit scandale, c’était l’époque où l’esprit de dérision régnait en maître : Maurice Biraud faisait encore parler de lui, Jean Yanne étalait sa vision contestataire dans ses productions, la folie communicative de Jerry Lewis s’exposait dans ses meilleures réalisations grâce, notamment, à la voix de doublage du comédien Jacques Dynam ; l’inimitable Thierry Le Luron n’en finissait pas de monter en puissance tout en s’amusant des débuts de Coluche qui n’occultaient pas les histoires profondes de Fernand Raynaud ni les pitreries – pas si innocentes que cela – de Louis de Funès ; dans la série de films multi rediffusés des « Don Camillo », Fernandel se rappelait à notre bon souvenir et Bourvil, par ses chansons magnifiques, démontrait toute l’étendue de son talent ; Jacqueline Maillan faisait exploser les taux d’audience de l’O.R.T.F. à l’invitation d’ « Au théâtre ce soir » ou chez les Carpentier qui n’oubliaient pas d’inviter Robert Dhéry quant au duo des Maudits rois fainéants Michel Serrault et Jean Poiret, ils n’en finissaient plus de jouer les folles, eux qui firent connaissance de Pierre Vassiliu sur les champs de course, justement… Pour toutes ces raisons et davantage encore, « Le petit Bougnat » est représentatif d’un cycle révolu dénonçant les bords et travers d’une société jamais trop humaniste, à leur goût. Comme on les comprend… Ne manquez pas ce petit bijou !

 

Aventures

MUD - Mélodies ModernesdéfinitifMud, sur les rives du Mississippi, une film de série de Jeff Nichols (2013) avec Matthew McConaughey, Tye Sheridan, Jacob Loftland, Reese Witherspoon, Sam Shepard, Sarah Paulson, Ray McKinnon, Michael Shannon, Bonnie Sturdivant… Musique de David Wingo. Un film Everest entertainment et FilmNation entertainment.

Le Mississippi, des gosses aventureux, un criminel, il n’en fallait pas davantage à Jeff Nichols pour justifier un film inspiré des aventures de Tom Sawyer, Huckelberry Finn et Joe l’indien, des personnages qu’il admire beaucoup. Sur le fond, « Mud » souffre d’un certain nombre de carences : l’histoire est invraisemblable tout comme les sentiments exprimés, mal calibrés ; le spectateur se trouve coincé entre ceux qui en font trop et ceux qui n’en font pas assez alors comment s’identifier à qui que ce soit ? Sur une musique « d’atmosphère » trop simpliste aux vaques sonorités cajun et country (violon, guitare sèche, banjo…), le décor naturel est planté, les paysages de l’Arkansas sont magnifiques mais cela suffit-il à faire un film ? La précédente réalisation de Jeff Nichols, « Take Shelter », Palme d’or à Cannes on se demande bien grâce à quel miracle, instaure son style définitivement lent et figé : l’immobilisme caractéristique de « Mud » favorise la lente dégringolade d’ Aanor vers le sommeil. Autant dire que l’on s’ennuie. Certaines scènes sortent pourtant du marasme avec de jeunes acteurs performants mais probablement trop freinés dans leur jeu. Du côté des « vieux briscards », Reese Witherspoon et Matthew McConanghey, excellents acteurs par ailleurs, ne semblent pas, eux non plus, être employé au mieux de leurs possibilités expressives, la faute au scénario trop « tiré par les cheveux ». Pour résumer, « Mud » Se laisse voir avec scepticisme une fois pour toute avant de l’enterrer, un peu comme l’amitié et l’amour entre les personnages du film qui finissent les uns après les autres engloutis dans l’immense fleuve sudiste… On nous mène en bateau !

 

Drame

Le piano oublié - Mélodies ModernesLe piano oublié, un téléfilm d’Henri Helman (2006) avec Julien Tortora, Bertille Chabert, Corentin Martel, Jacques Perrin, Isabelle Renauld, Jean-Michel Noirey… Musique de Marc Mader. Un téléfilm France télévisions.

Ce téléfilm possède de très nombreuses qualités par ses sujets passionnants : le don de jouer magnifiquement un instrument de musique, l’éducation musicale de l’enfant, la relation prof/élève, les manquements au sein d’une famille (les problèmes affectifs, relationnels, conflictuels…), les problèmes de voisinage, la propagation de la rumeur… et comme si cela ne suffisait pas, l’histoire est dramatique. Le gouvernement de Vichy, pendant la Seconde guerre mondiale, a favorisé la collaboration avec l’occupant ; les dénonciations spontanées ont soutenu la déportation de celles et deux qui deviendront les victimes absolues du nazisme. D’un côté, le téléfilm traite des bienfaits qu’apporte la musique et le don de posséder l’oreille absolue, de l’autre, il évoque l’horreur absolue, les malheurs de gens « ordinaires » qui n’ont qu’un seul « tort », celui d’être juifs. Une grande majorité d’entre eux connaîtra l’Holocauste (la Shoah) à moins d’avoir pu bénéficier, et c’est une réalité historique, de cette aide vitale apportée par de nombreux habitants résolument hostiles à l’occupant fasciste et à ses actes barbares. Une chose est certaine, rien n’était simple sous le règne de la terreur. Cette période très sombre de l’histoire de France (et du monde) est abordée avec une délicatesse rare ; pour Auregane, « Le piano oublié » est une œuvre télévisée en tout point remarquable. Ce téléfilm Exceptionnel réunit de nombreux artistiques : les acteurs (le père de famille et les deux enfants au jeu extraordinaire), les interventions musicales extrêmement bien choisies (extraits d’œuvres classiques), une musique de film jouée à la trompette par le compositeur qui fait preuve, elle aussi, de qualités contradictoires et complémentaires comme la fameuse légèreté couplée d’une immense profondeur qu’exigeait le jeu pianistique d’Arthur Rubinstein. Le conservatoire de Lyon est mentionné comme un établissement d’enseignement musical de tout premier plan et l’Auvergne est parfaitement bien filmée. On veut bien croire tout cela sans difficulté. Émotion, romantisme, amitié, relations intergénérationnelles, amour de la musique mais aussi traque et massacre des innocents, méchanceté, bêtise et horreur qu’engendrent les hommes… Chacun va pourvoir s’enthousiasmer du scénario très prenant et s’enorgueillir d’appartenir au pays de naissance du cinéma où il est encore possible de produire des œuvres aussi maîtrisées.

 

Sans style, cent genres

PompéiPompéï, un film de Paul W. S. Anderson (2014) avec Kit Harrington, Emily Browning, Jarred Harris, Kiefer Sutherland… Musique de Clinton Shorter. Distribution TriStar Pictures, FilmDistrict, Constantin Film, Summit Entertainment, LionsGate Films.

Paul W. S. Anderson est spécialisé dans la conception de jeux vidéo et le réalisateur est tombé dans le panneau. Au lieu de construire une histoire articulée autour de l’éruption du Vésuve avant-pendant-après, au lieu de nous montrer la vie des personnages de la cité, les conséquences de la proximité du volcan qui se réveille et tout et tout, le spectateur doit se farcir une nouvelle histoire d’amour juvénile entre deux acteurs sans grand charisme, c’est Affligeant. Les jeux du cirque, l’hégémonie romaine, l’esprit de vengeance et de révolte, la rivalité et l’amitié entre les protagonistes, tout cela c’est très bien pour un péplum mais le film intègre tant de considérations dans l’histoire principale que le volcan est relégué aux calanques grecques. Le scénario n’est pas bon pour Aanor qui s’attendait vraiment à assister au spectacle grandiose d’un grand film catastrophe s’alignant sur les excellents « Pic de Dante » ou « Volcano », par exemple. Les Mélodies Modernes aiment beaucoup « Soldier » avec Kurt Russel et, dans une moindre mesure, « Event horizon, le vaisseau de l’Au-delà ». Après « Resident evil 1 », la qualité du travail de Paul Anderson semble faiblir proportionnellement à l’intérêt que lui porte Alix et Aanor, les « Alien vs Predator » et autre « Les trois mousquetaires » étant mortellement ennuyeux. « Pompéï » n’a pas à rougir de ses prédécesseurs sur les plans de la technique et de la valeur artistique toujours élevées. Comme d’autres productions à très gros budget, l’image est irréprochable, c’est bien filmé et monté, on en prend plein les yeux et plein les oreilles (hormis le compositeurs pas forcément à la hauteur). Avec Kiefer Sutherland devenu magistral et « les petits jeunes » de la génération montante d’acteurs, l’ensemble parvient au final à convaincre mais certainement pas à séduire. Quitte à se répéter, le volcan aurait dû être la vedette absolue plus que les couloirs lugubres de l’arène menant à la psychologie moderne ambiante revisitant le conflit romano-celte, une démarche ratée car, dans le fond, personne ne peut prétendre savoir exactement ce que pensaient les gens il y a près de deux mille ans. Aanor ne gardera pas un souvenir impérissable de « Pompéï ». Il y avait mieux à faire… Espérons que les prochains scénarios du réalisateur, époux de la superbe Mila Jovovitch, lui permettront de renaître de ses cendres…

 

Aventures

Rex chien pomier Mélodies ModernesRex chien pompier/Firehouse dog, un film de Todd Holland (2007) avec Josh Hutcherson, Bruce Greenwood, Dash Mihok, Steven Culp, Bill Nunn… Musique de Jeff Cardoni. Un film 20th Century Fox.

Issu de la télévision, le réalisateur chevronné nous livre un Très bon film à l’intention des enfants mais aussi de toutes les tranches d’âge, à l’image de sa série « Malcom » très populaire. Bien doublé (comme d’hab.), le chien et son jeune maître d’infortune aux allures de Marty McFly (Josh Hutcherson rappelle étrangement Michael J. Fox chevauchant sa planche à roulettes dans Retour vers le futur) sont plus que crédibles et « Rex chien pompier » n’en devient plus intéressant. Il faut dire que le dresseur s’est doté de quatre chiens semblables, des Terriers irlandais très peu utilisés à l’écran, pour tourner l’intégralité des scènes (chacun possède sa spécialité, de la pose à la course) sous le contrôle de l’association américaine de contrôle qui donne son feu vert : aucun animal n’a été maltraité ! Le scénario repose sur une histoire vraie et l’amour du réalisateur pour son regretté chien lui permet de rendre un vibrant hommage à nos amis à aux quatre pattes, nos compagnons fidèles et courageux. La musique est très plaisante, la réalisation excellente : ce film amusant et divertissant est Terriblement sympathique malgré son fond dramatique ; les bonus du dvd sont également de valeur. Qu’on se le dise !

 

Social

Robin des mers Mélodies ModernesRobin des mers, un film de Jean-Mierre Mocky (1997) avec Pierre Caralp, Jacuqes Legras, Roland Blanche, Jean Abeille, Dominique Zardi…  Dialogues de Dominique Noguez. Un dvd Pathé !

Jean-Pierre Mocky s’en contrefiche de la musique de film : dans « Robin des mers », Pas de compositeur dédié, pas de musique plaisante… Il faut dire que le réalisateur n’ agit pas en fonction des us et coutumes de la profession, Mocky s’en fout car il fait partie d’aucune maffia à commencer par celle du milieu très fermé du cinéma. Ses œuvres, il les doit à son fidèle public, aux comédiens qui affectionnent sa ligne de pensée et aux amateurs du bon cinéma indépendant, toujours partants pour participer à un rôle plus ou moins important du moment qu’ils figurent « dans le dernier Mocky ». Son film à petit budget est une satire de la société actuelle, avec ses hommes politiques menteurs, tricheurs et incompétents. Ses idées sur la résolution des problèmes dont le fléau sans cesse grandissant du chômage semblent irréalistes et pourtant, rien n’est plus simple que de fabriquer des billets de banque et de les distribuer à la population, de prendre l’argent là où il se trouve (dans les coffres suisses et les paradis fiscaux), de limiter les salaires (au-delà d’un certain gain, le reste part aux plus démunis). Les policiers, la Justice, le droit de grève, la générosité d’un gamin intelligent, dans « Robin des mers », tout y passe, parfois avec justesse du propos et Grand plaisir visuel, parfois avec des scènes complètement ratées dignes d’un cinéaste du dimanche pour (mauvais) film Super 8. Ce qui compte, c’est que la flèche Mocky signe des films dérangeants en mettant le doigt là où ça fait mal. Ceux qui ne sentent rien peuvent toujours passer leur chemin, les faits finiront de toute façon par leur donner tort.

 

Drame

Sabine Kleist - Les Mélodies ModernesSabine Kleist, 7 ans…/Sabine Kleist, 7 jahre…, un téléfilm d’Helmut Dziuba (1982) avec Petra Lämmel, Simone von Zglinicki, Martin Trettau, Petra Barthel, Johanna Clas, Carl Heinz Choynski… Musique de Christian Steyer. Un dvd Icestorm.

La caméra suit la vie quotidienne d’une gamine traumatisée, Sabine, qui a perdu ses parents dans un terrible accident de voiture. Ballotée entre le foyer d’accueil et les enfants parfois méprisants rencontrés sur la plage, la petite fille va chercher à réintégré l’appartement dans laquelle elle vivait heureuse avant de trouver son salut dans les bras d’une nouvelle éducatrice. Écrit et dirigé par le réalisateur est-allemand Helmut Dziuba qui avait fait ses preuves en URSS au préalable, l’histoire prend aux tripes car le désarroi de Sabine est bien transmis par le jeu sobre et efficace des acteurs parfois débutants. Couronné par la critique et lauréat de plusieurs récompenses, ce téléfilm dérangeant mériterait une seconde vie car il est un témoignage, par son traitement proche du documentaire, de l’environnement social (et politique) des années 70 / 80 de l’autre côté du Rhin. Aanor Aime beaucoup ces histoires tragiques réalisées avec intelligence, au dénouement prometteur par l’espoir qu’il dégage. Quel dommage de na pas avoir tourné une suite !

 

Drame

Silas Mélodies ModernesSilas, un feuilleton de (1981) avec Patrick Bach, Reine Barteve, Hans Helmut Dickow, Roger Guillo, Michael Habeck, Edith Heedegen, Nelly Huet, Patrick Lancelot, Yann Le Bonniec, Charles Moulin, Guy Parigot… D’après le roman de l’auteure danoise Cecil Bødker. Musique de Christian Bruhn. Un téléfilm produit par la ZDF (télévision ouest-allemande).

L’importance que revêt pour le téléspectateur ce feuilleton est plus grande que l’on peut supposer. Au début des années 80, diffusée sans tapage dans l’émission pour enfants dirigée par Dorothée « Récré A2 », une génération entière a découvert avec enthousiasme le cheval noir, solitaire et rebelle proche de son jeune cavalier, brimé et mal aimé, Silas. Ce cheval que l’on veut représentatif d’un esprit libre galopant dans la nature sauvage, existe depuis bien longtemps dans la littérature enfantine et dans les productions remarquables que sont « L’étalon noir » et la série britannique « Prince noir/Black beauty » par exemple. Elles ont su populariser la légende de l’animal domptant l’homme (à moins que ce ne soit l’inverse) et de leur relation privilégiée. L’histoire de « Silas », ce sont les déboires d’Oliver Twist dans le style, côté mélodrame, difficile de faire mieux. Ce que l’on connaît moins, c’est le lieu de tournage de la série qui s’est déroulée en Bretagne, en grande partie à Locronan et autour de la magnifique baie de Douarnenez sur la grande plage de Sainte-Anne-La-Palud à Plonévez-Porzay. Réalisée par une équipe de la télé ouest-allemande (en collaboration avec Antenne 2) qui rivalisait d’ingéniosité pour contrecarrer les scénarios inspirés de la télé est-allemande, de nombreux comédiens et figurants français (et donc bretons) auront apporté leur concours à la réussite de « Silas ». Six fois hélas, personne n’a osé éditer la version française en vhs, en dvd ni encore moins en Blu-ray… C’est vraiment dommage car Patrick Bach est excellent dans un rôle difficile et le gamin, grand amateur de football avant son casting décisif, restera marqué à vie par ce premier tournage « exotique », un an avant « Jack Hollborn », une autre série à succès. L’artiste devenu professionnel réalisera une belle carrière en Allemagne réunifiée (cinéma, télévision, théâtre, doublages de films…) et il participe toujours, à l’occasion, au spectacle du théâtre en plein air de la ville de Bad Segerberg consacré chaque été au Far-West revisité par Winnetou sur les musiques de films du célèbre compositeur Karl May (voir ici). De la pointe du Finistère aux frontières de la Scandinavie, les romans d’évasion portés à la télévision nous font vivre d’Excellents moments de dépaysement !

Pour en savoir + sur le festival de Bad Segerberg, cliquez ici (en langue allemande).

 Patrick Bach dans Silas - Mélodies Modernes

 

 

Aventures

Un chien à la Maison blanche/First dog, un téléfilm de Bryan Michael Stoller (2010) avec Éric et Eliza Roberts, John-Paul Howard et Little Bear (le chien)… Musique de Harry Hansen. Un dvd Zylo.

Ce (télé)film met en vedette un chien et un enfant, une nouvelle fois pour un résultat plutôt Décevant. Rien ne motivera le spectateur même s’il est jeune et – par définition – plus tolérant qu’Aanor, notre critique de film adorée qui ne se laisse pas facilement convaincre. Adorable justement, ce chien l’est résolument mais ne joue pas très bien (il fixe trop souvent le dresseur) dans une réalisation assez poussive. La musique est inexistante. Cette histoire très originale méritait un meilleur traitement car les personnages sont fades, leur comportement demeure sans relief. Les acteurs ne jouent pas trop mal mais ils manquent singulièrement d’enthousiasme, l’ensemble est dépourvu de vie, de fougue, de Un chien à la Maison blanche / Smitty Mélodies Modernespassion. Est-ce parce qu’il s’agit d’un téléfilm tourné sans moyens ? Le réalisateur Bryan Michael Stoller, attiré dès l’enfance par le tournage et le montage de films en super 8, n’a pas produit beaucoup de (grands) films et sa mise à l’épreuve dans une superproduction n’en serait que plus intéressante, lui qui connaît la magnificence des prestations de son ex grand pote pendant plus de vingt ans, Michael Jackson !

Smitty le chien, un film de David M. Evans (2012) avec Brandon Tyler Russel, Freddie James, Peter Fonda, Mira Sorvino, Louis Gossett Jr, Jason London, Lolita Davidovich… Musique de Phil Marshall. Un dvd Zylo.

De bons acteurs occupent l’écran dont un chien pas vraiment doué ou pas très bien dirigé par son dresseur. Dans le genre, il existe une très grande quantité de films dont la vedette sait se livrer en faisant du cabotinage ! L’histoire de « Smitty », très intéressante, demeure très actuelle par les sentiments exprimés et par les comportements rencontrés, surtout la confrontation entre l’éducation stricte « à l’ancienne » et celle, moderne, de « l’enfant-roi » auquel tout est permis. Moderne, c’est d’ailleurs vite dit puisque le Roi soleil Louis XVI était déjà traité en demi-Dieu par sa Cour… Dans le genre pédant, le jeune Brandon Tyler Russel répond présent. Le réalisateur, principalement scénariste pour les très bons « Class of 1999 » ou « Radio Flyer » par exemple, se fait plaisir en exploitant son sujet de prédilection, l’enfance au cinéma. Pourtant, il manque quelque chose à son film pour qu’il devienne très bon. Aanor se souvient de Louis Gosset Junior dans l’excellent « Shining » et dans une quantité astronomique de films plus ou moins réussis (+ d’une centaine de grosses productions et le double dans les téléfilms et séries US, c’est dire !). Ici, sa performance est limitée par un rôle sympathique mais peu évolutif. La musique de Phil Marshall, élève d’Aaron Copland, n’a rien de spécial comme ses interventions comme compositeur ou arrangeur pour « Un long dimanche de fiançailles », « La plage », « Nell », ses nombreuses musiques pour la pub ou les récents « 44 inch chest (non diffusé en francophonie) » ou « Behind the Burly Q (idem, un documentaire de son épouse Leslie sur les films burlesques) ». Pour résumer, « Smitty » ne laissera Pas un grand souvenir de son apparition cinématographique.

 

Drame

Une vie inachevée - Mélodies ModernesUne vie inachevée/An unfinished life, un film de Lasse Hallström (2005) avec Robert Redford, Jennifer Lopez, Morgan Freeman, Becca Gardner, Josh Lucas… D’après la nouvelle de Mark Spragg. Musique de Deborah Lurie. Un film Miramax.

Les films de ce réalisateur suédois (qui possède la sensibilité européenne) baignent tous dans une atmosphère spécifique ; que ce soit dans « Une vie inachevée » ou « Casanova » par exemple, on y rencontre toujours une ambiance très soignée liée au contexte du scénario. Lumière, direction d’acteurs, cadrages, mouvement de caméra, le film est impeccable et très agréable à regarder. Hélas, la réalisation est parfois poussive sur une histoire qui suit un cheminement particulièrement lent. C’est vrai, Rome ne s’est pas faite en un jour… mais le problème concerne le décalage existant entre un cinéma « moderne » où tout va (souvent trop) vite et le cinéma de « grand-papa » où tout semblait avancer au ralenti. Bref et pour faire simple, « Une vie inachevée » est un Très bon film avec sa musique Trop discrète qui permet au final de passer un moment très agréable en compagnie d’excellents acteurs, dans une région magnifique, sur un impeccable doublage français. De plus, l’histoire n’est pas inachevée. Que pourrait-on demander de plus au cinéma, à moins d’être un ours mal léché (comme un critique professionnel, par exemple) ?

 

Drame

Zmory Mélodies ModernesZmory/Cauchemars/Nightmares, un film d’Emilia Zegadlowicza (1978) avec Tomasz Hudziek, Piotr Lyzak, Baunislaw Pawlik, Teresa Marczewska, Hanna Skarzanska… D’après le roman d’Emila Zegadlowicza « Nightmares ». Musique de Zygmunt Konieczny. Un dvd distribué par CVMC.

La Pologne vient de se faire envahir par la Wehrmacht, nous sommes au début de la Seconde guerre mondiale. Mikolaj, douze ans, va se retrouver coincé entre une famille déséquilibrée et l’église catholique elle-même tiraillée entre les diverses communautés en place et le conflit dramatique qui va terrasser le pays et sa population. La mère du petit Nicolas (Mikolaj en polonais), un enfant bien plus malheureux que son acolyte français, l’aime profondément mais hélas, la pauvre femmes est gravement malade. Quant à l’oncle du gamin, il trouve son chemin dans l’alcool ; après plusieurs décès, la grand-mère qui va le prendre sous sa protection le méprise, les enseignants sont sadiques et pratiquent les châtiments corporels, par chance les prostituées sont accueillantes (!), un garçon de son âge va même tenter de le séduire, bref, bonjour l’entourage ! Ce roman sentimental et provocateur englobe tant de situations complexes qu’il aurait mérité plusieurs volumes, c’est une saga plus qu’une simple histoire d’atmosphère ! L’éducation stricte de l’école catholique n’empêchera pas Mikolaj de se poser des questions sur sa sexualité, des pensées subversives et des actes réprimés par l’église qui vont le faire souffrir énormément. Adolescent puis adulte, il saura peut-être faire la part des choses. Les scènes d’amour (pour ne pas dire autre chose) sont très explicites et cet érotisme latent, pour le coup, aura privé le réalisateur de la notoriété qu’il méritait de la part des critiques de son pays, une œuvre Réussie fort justement sélectionnée par le Festival de Cannes 1979. Aanor attend maintenant bien sagement la sortie d’une version française. Pour elle comme pour le petit Nicolas, l’espoir fait toujours vivre !

 

 À SUIVRE…

 

 

  « Le soleil à fleur de peau, libre et épanouie, il ne me manque que ma Harley pour filer dans le vent ! » Aanor, la toujours jeune belle rebelle.

 

La critique de films d’Aanor, sa première page qui relate de grandes émotions cinématographiques, c’est ICI

La critique de film d’Auregane, notre nouvelle critique, c’est ICI

La liste des films et des compositeurs, tous les liens, voir ICI

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