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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

Filmvarnour (III)

Rappel des critères d’évaluation :

Pour le film :

Parfait, Excellent, Exceptionnel (à voir et à revoir sans modération en achetant le DVD ou le Blu-Ray)

Bon ou Moyen (le cinéma existe grâce à lui) / Insatisfaisant ou Nul (le réalisateur doit se poser des questions)

Pour la musique du film :

Parfaite, Excellente, Exceptionnelle (on achète le CD)

Bonne ou Moyenne (il manque quelque chose, probablement une belle mélodie…) / Mauvaise ou Nulle (sauf pour les sourds et les personnes très malentendantes).

Classement des films par ordre alphabétique. Mise à jour des rajouts jour après jour…

 

De A à Z faites votre choix !

Les chevaliers du ciel

Les chevaliers du ciel, un film de Gérard Pirès (2005) avec Benoît Magimel, Clovis Cornillac, Géraldine Pailhas, Philippe Torreton, Rey Reyes, Alice Taglioni… D’après la bande dessinée de Charlier et Uderzo. Musique de Chris Corner. Un film produit par Christophe Granier-Deferre, Éric et Nicolas Altmeyer, .

Les scènes d’avion sont très belles et très spectaculaires sans rappeler pour autant celles de son pendant américain « Top gun » réalisé vingt ans plus tôt (le film qui aura lancé la carrière de Tom Cruise et amélioré celle du compositeur Harold Faltermeyer, voir ici). Le dépassement du mur du son par un Mirage volant au raz du sol est à ne manquer sous aucun prétexte. Malheureusement le scénario des « Chevaliers du ciel » est pitoyable avec le comportement stéréotypé des acteurs proches de la caricature. Le ridicule ne tue pas… Le réalisateur est un habitué du fait car « Taxi » et « Riders » – sans parler d’un film avec les clowns tristes Éric et Ramzy – sont de la même veine, ça bouge, ça vibre mais ça ne décolle pas côté intellectuel. Dommage, le cinéma d’action en devrait pas devenir un spectacle grotesque. Sur une débauche de scènes très bien filmées et très bien montées, une question angoisse Aanor : pourquoi associer systématiquement le hard rock aux scènes d’action ? Ce choix primaire illustre l’ensemble de la démarche de Gérard Pirès qui n’opère pas vraiment dans la subtilité. Peut-être ne peut-on pas tout avoir ? Jugement d’Aanor : un film Moyen, très moyen mais des images superbes.

Cowboys et envahisseurs

Cowboys et envahisseurs/Cowboys and aliens, un film de Jon Favreau (2011) avec Daniel Craig, Harrison Ford, Olivia Wilde, Sam Rockwell… D’après la bande dessinée de Scott Mitchell Rosenberg. Musique de Harry Gregson-Williams. Un film Universal pictures et DreamWorks SKG.

 Damned, passez votre chemin, ce film est Nul !!! Une nouvelle fois, preuve est faite que l’adaptation d’un roman ou d’une bande dessinée ne mérite pas une adaptation à l’écran (c’est le cas pour « De l’eau pour les éléphants », par exemple voir ci-dessous). Harrison Ford est ridicule, Daniel Craig toujours aussi peu convaincant et les autres acteurs font probablement ce qu’ils peuvent pour tenter de sauver un scénario débile et très mal réalisé. La mayonnaise ne prend pas. Même la musique (au demeurant symphonique et plaisante) ne mérite pas l’attention d’Aanor car elle pastiche trop nettement les bonnes musiques de films de westerns. L’idée de départ était pourtant très séduisante en rappelant une fameuse rencontre entre passé et futur, rappelez-vous le scénario extraordinaire de « Retour vers le futur III »… Mais tout le monde ne s’appelle pas Zemeckis. Wanted !

 

La croisière

La croisière, un film de Pascale Pouzadoux (2011) avec Charlotte de Turckheim, Antoine Duléry, Line Renaud, Marilou Berry, Nora Arnezeder, Armelle, Jean Benguigui, Stéphane Debec… Musique d’Éric Neveux. Un film Mars distribution.

Comme c’est agréable de se laisser mener en bateau ! À l’occasion d’une comédie qui n’est pas sans rappeler son fameux modèle « La croisière s’amuse », Aanor passe un Assez agréable moment de détente et de sourire devant les mésaventures d’une bande de touristes très spéciaux… Gags, situations divertissantes et parfois grotesques, les acteurs semblent se faire plaisir et le spectateur s’amuse de pas grand chose, en tout cas l’ambiance au sein de l’équipe semble excellente ce qui transparaît à l’image. Charlotte de Turckeim est épatante et Marilou Berry, amincie, devient presque surprenante par son jeu excellent ! Quant à Jean Benguigui, malheureusement, il est abonné chez Ruquier et ferait mieux d’y rester (les notes pour sa prestation : 7, 8 et 7, ça fait pas la moyenne !). Antoine Duléry nous livre en revanche une prestation remarquable car il rend son rôle très crédible (on dirait Dustin Hoffman dans « Tootsie ») ; le chien, lui aussi, est excellent jusqu’au bout du voyage. Alix aurait souhaité que le film déroge pour une fois à la règle à savoir, tenir la distance au lieu de s’époumoner jusqu’à la fin, une caractéristique trop fréquente des comédies à la française. La bande son n’est pas exempte de tout reproche, elle Manque d’ambition : trop peu mélodique, pas assez harmonique, tout juste symphonique, à peine chantante et pas vraiment généreuse, le paquebot fait un peu pédalo. Le compositeur n’est pas inspiré, la réalisatrice a fait le choix d’Éric Neveux, un compositeur issu d’une école de management (!) habituellement orienté musique électro-techno-house-machin-chose… À ce stade on ne peut que regretter le manque de jugeote des producteurs : pourquoi les chanteuses présentes dans le film et qui ont déjà brillamment fait leur preuve (Line Renaud et Nora Arnezeder) ne nous poussent-elles pas la chansonnette ? Christophe Barratier aurait su gérer la jeune et belle blonde révélée dans son mémorable « Faubourg 36 » (voir ici)… Au lieu de ce moment de pure création artistique, on préfère nous rebalancer du delpech ou d’autre tubes pénibles du même genre car bien trop souvent utilisés à l’écran. L’air du large, il n’y a pourtant que ça de vrai !

 

De l’eau pour les éléphants

De l’eau pour les éléphants/Water for elephants, un film de Francis Lawrence (2011) avec Reese Witherspoon, Robert Pattison, Christoph Waltz… D’après le roman de Sara Gruen. Musique de James Newton Howard. Un film Twenty Century Fox.

Ne soyez pas déçus car en l’absence d’éléphants magnifiques, vous devrez vous contenter d’un pauvre diable. Cet éléphant fait pitié. Lorsque Reese Witherspoon a joué adolescente dans le « Kalahari » de Disney (voir ici), il s’agissait bien de nature et de beauté sauvage ; l’actrice en herbe y faisait preuve d’une grande détermination et de talent sans devoir se livrer à un pitoyable numéro de cirque. Les professionnels du spectacle vivant doivent bien se marrer avec « De l’eau pour les éléphants » : les animaux sont ballotés dans tous les coins sordides du pays à l’époque de la Grande dépression (celle des années 30, pas celle des années 2010…) et de les voir si malheureux provoque un rejet total du film ; ils font tellement pitié qu’ils ne donnent plus envie de s’intéresser au cabotinage des acteurs, encore moins de s’investir dans leurs problèmes romantiques d’une banalité affligeante. Pour Aanor, le traitement du roman de Sara Gruen ne tient pas la route ou plutôt la voie de chemin de fer. Ce qui passe bien à la lecture d’un roman autobiographique ne doit pas être forcément retranscrit aussi fidèlement à l’écran ! Par le tour de passe-passe d’un magicien manqué, il n’y a pas que les animaux qui sont maltraités. L’avis d’Aanor : un Mauvais film avec une musique trop facile. Passez donc votre soirée sous un vrai chapiteau avec de vrais numéros d’artistes, dans un vrai cirque sans ménagerie, évidemment !

Les enfants

Les enfants, un film de Christian Vincent (2004) avec Karin Viard, Gérard Lanvin, Brieuc Quiniou, Nicolas Jouxtel, Phareelle Onoyan, Martin Combes, Nathalie Richard… Musique de Thomas Dutronc. Un film Pathé !

Que dire ? Ce film est affligeant. Signe des temps modernes où plus rien ne fonctionne, les familles décomposées envahissent l’écran. Un homme et deux enfants, une femme et deux enfants… La rencontre, les amours, les déboires, tout se déroule en quatrième vitesse. Bon sang, comment cette comédie pourrait-elle intéresser quelqu’un ? Les personnages insipides n’en finissent pas de gesticuler sur des cris d’enfants surexcités. Rien dans ce film ne vaut le déplacement, même pas la musique archi-plate de Thomas Dutronc que la cousine et la grand-mère d’Aanor a-do-rent mais on ne sait toujours pas pourquoi. Aanor quant à elle trouve le scénario de ce film archi-Nul et sa musique tout aussi Nulle. Ça au moins, c’est vite dit.

Histoire d’O

Histoire d’O, un film de Just Jaeckin (1975) avec Corinne Cléry, Udo Kier… D’après l’ouvrage de Pauline Réage. Musique classique d’illustration. Un film Concorde.

Difficile de définir ce film qu’il faudrait vite replacer dans son contexte : les bonnes mœurs et les âmes bienpensantes des années 70 avaient jeté l’opprobre sur une œuvre écrite puis filmée au parfum scandaleux. Tamponné pornographique mais aussi – et plus justement – érotique, le film qui ne dépasse pas techniquement et artistiquement le niveau d’un film amateur de niveau moyen n’a plus aucune consistance : il ne revêt aucun intérêt. Les temps passent… Montrer la perversion sexuelle d’une jeune femme désireuse de se faire torturer et maltraiter de plaisir par quelques obsédés de la chose reste une démarche très difficile à décrire mais cette tentative fut en avance sur son temps avec un succès inespéré : qui ne connaît O (sous-entendu Odile) et son histoire sulfureuse ? Le titre du film est resté dans toutes les mémoires. « Histoire d’O » aura vraiment marqué son époque et émoustillé l’imagination débordante d’une génération d’adolescents excités par les affiches des films qui faisaient preuve d’imagination : avec « Emmanuelle », les années 70 ne manquaient pas de couleur ! La musique d’illustration reste sans intérêt dans ce contexte. « Histoire d’O » est tout de même une œuvre de référence Inclassable. Même si cela doit faire mal aux coincés de la dure réalité des fantasmes humains …

La influencia

La influencia, un film de Pedro Aguilera (2007) avec Paloma Morales, Romeo Manzanedo, Jimena Jimenez… Musique de Thomas Tallis. Un film espagnol sous-titré en français. Distribution par Bac films.

Ce film fut présenté à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes en 2007 ; l’auteur et producteur Pedro Aguiera signait alors son premier long métrage. Alix n’aime pas les films étrangers non traduits en français mais elle s’est tout de même laissée tenter par un film espagnol, après tout, il y en a si peu et les quelques œuvres qu’elle connaît sont fameuses « Cria cuervos » par exemple… Première surprise dans « La influencia », le doublage en français n’est pas handicapant car tout y est réduit au strict minimum : les dialogues, les actions, la mise en scène, les mouvements de caméra, les couleurs, bref, il s’agit d’un film minimaliste. Le réalisateur issu des Beaux-arts a fait ce choix délibérément : filmer la plongée dépressive d’une mère de famille en rendant le spectateur lui-même dépressif. Pour le coup, ce film est une véritable réussite car bonjour le stress ! D’un bout à l’autre du film Aanor sent la déprime s’installer après un long moment d’ennui, quelle galère ! Attention MM. les réalisateurs peu inspirés : à force d’imposer le réalisme à l’écran, on fini par détruire la création : des acteurs amateurs tristes et figés, des situations sclérosantes, plus de fantaisie, plus de rêve, plus de dynamisme, plus d’émotion… La vie quotidienne s’invite dans les salles et payer pour cela relève du masochisme. Bonjour la Nullité !

Nu de femme

Nu de femme/Nudo di donna, un film de Nino Manfredi (1981) avec Nino Manfredi, Eleonora Giorgi, Jean-Pierre Cassel, Georges Wilson, Carlo Bagno, Béatrice Ring, Donato Castellaneta, Giuseppe Maffioli… Musique de Roberto Gatto et Maurizio Giammarco. Un film en dvd distribué par René Chateau vidéo.

Nino Manfredi était l’un des monstres sacrés du cinéma italien et européen. Acteur, comédien, chanteur, réalisateur, tout ce qu’il faisait se transformait rapidement en réussite totale. Ses débuts au cinéma il les doit indirectement aux acteurs français qu’il doublait avec conviction (dont Gérard Philippe). Son amour de la vie et son sens de la dérision l’amenèrent à se faire remarquer, sa passion et son talent faisant le reste. Avec sa personnalité très latine pour un cinéma italien en plein renouveau dans les années 601 (il parlait beaucoup, s’exprimait avec son corps, possédait une grande force intérieure), Nino Manfredi deviendra une vedette très populaire ; présent dans l’inoubliable  «  Pinocchio » de Luigi Comenchini en 1972 qui lancera en quelque sorte sa carrière, la comédie «  Nu de femme » dix ans plus tard ne la bouleversera pas. Sur un scénario mi-fable mi- fantastique, le film nous balade dans les ruelles de Venise sur ses canaux très fréquentés au moment du Carnaval. À la fois proche et distant de son épouse jouée par la belle Eleonora Giorgi, l’homme perdu va découvrir un tableau la représentant nue, de dos. Est-ce vraiment elle ou quelqu’un d’autre, un double ou sa jumelle qu’il pense reconnaître sous les traits d’une prostituée ? Dans un film très gentil et parfaitement décent qui sait divertir, la musique électronique d’accompagnement ne revêt aucun intérêt. Alors pour cette production mi-figue mi-raisin, Aanor donne tout de même une appréciation généreuse comme on sait l’être en Italie : «  Nu de femme » reste un Bon film dans le genre malgré une fin décevante.

 

Real Steel

Real Steel-Gants d’acier, un film de Shawn Levy (2011) avec Dakota Goyo, Hugh Jackman, Evangeline Lilly, Kevin Durand, Anthony Mackie… D’après la nouvelle de Richard Matheson. Musique de  Danny Elfman. Un film Touchtone Pictures/DreamWorks/Paramount Pictures.

Voici un film de science-fiction surprenant qui en rappelle bien d’autres car il est question de combats de boxe (on pense bien sûr au célèbre « Rocky ») : des robots en acier bourrées d’électronique s’affrontent sur les rings et franchement, le spectacle est à la hauteur avec ses effets spéciaux très réussis. La bonne bouille du gamin (Dakota Goyo) et le jeu très expressif de Hugh Jackman peuvent convaincre tous les publics. Ce film est très distrayant. La musique de Danny Elfman, malheureusement, n’est pas transcendante : son thème qui se veut « principal » est dépourvue de mélodie mémorisable à l’image de l’actuelle chanson de variété alors que dire ? L’occasion était pourtant idéale… Sa musique reste tout de même très agréable lorsqu’il s’agit d’arrangements dévolus à l’orchestre et l’idée d’y rajouter un groupe rock (voix, guitares électriques, batterie) assure la réussite du film dans les moments clés, quand l’enthousiasme devient communicatif. Côté musique additionnelle, autant ouvrir la radio sur une fréquence « jeune » et se boucher les oreilles. La critique d’Aanor demeure donc Très bonne pour l’ensemble du film et Bonne pour la musique mais qui n’invente rien. « Rocky », c’est quand même mieux !

Les risques du métier

Les risques du métiers, un film d’André Cayatte (1967) avec Jacques Brel, Emmanuelle Riva, Nathalie Nell, Delphine Desyeux, Christine Fabrega, Jacques Harden… D’après le roman de Simone et Jean Cornec. Musique de Jacques Brel et François Rauber. Un film Gaumont international.

Jean Cornec, avocat, ancien président de la FCPE (la fédération de conseil des parents d’élèves du public longtemps appelée la Fédération Cornec), ardent défenseur de la cause laïque, est l’auteur du roman de 1962 dénonçant les risques du métier d’enseignant et il aura persisté en 1986 avec « Au préjudice du doute ». Son crédo tient en deux mots, la présomption d’innocence. De plus en plus sollicités, tiraillés entre la volonté de bien faire et le manque de reconnaissance, pris aux pièges du devoir de retenue et de l’investissement personnel abusif, les enseignants français ont du mal à trouver leur place – ils ne représentent plus l’autorité et ne possède plus le monopole de la transmission du savoir dont ils pouvaient prétendre jusqu’aux années 60-70. Devenir instituteur ou professeur représente aujourd’hui un risque certain et chercher à devenir un élève exemplaire reste également une démarche difficile. Comme dans toute activité mêlant les uns et les autres, l’erreur humaine dans les comportements et attitudes existent encore, c’est toujours ça que ne nous enlèveront pas les ordinateurs. La compréhension d’une démarche pédagogique et l’évaluation d’une situation conflictuelle n’est jamais un acte simple. Rien n’est jamais simple dans l’enseignement. Jacques Brel, avec toute son émotion et son talent, interprète donc un rôle difficile dans « Les risques du métier » avec beaucoup d’intelligence et de dignité ; le chanteur aura beaucoup travaillé son personnage avec Simone et Jean Cornec mais aussi avec André Cayatte et Armand Jammot, le coscénariste du film (producteur télé « D’aujourd’hui madame » et « Des chiffres et des lettres ») tout en gardant sa personnalité et sa sensibilité. Cela s’appelle réaliser une performance d’acteur. Malgré des scènes représentant des relations humaines datant des années 60-70 avec leur côté « Vieille France », le film reste intéressant d’un bout à l’autre. Aanor apprécie et le juge Très Bon. À noter la présence dans un petit rôle, Roland Demongeot, un an avant son tournage des « Aventures d’Huckleberry Finn ».

Lire la rubrique du site « Musique, films et éducation »

Sade

Sade, un film de Benoît Jacquot (2000) avec Daniel Auteuil, Marianne Denicourt, Isild Le Besco… D’après le roman de Serge Bramly. Musique de Francis Poulenc. Un film Alicéo/Cofimage 11/Studio Canal/TF1 films production.

La Révolution française, la Terreur, les têtes tranchées, l’amour extra conjugal vu par un pervers : il n’en fallait pas davantage pour lier le sang et le sexe au cinéma. Les mésaventures galantes et surtout charnelles du Marquis de Sade ne sont pas des plus passionnantes il faut bien le reconnaître ; le personnage présenté, très bien interprété par Daniel Auteuil car c’est un excellent acteur, ne pose pas problème. C’est plutôt du côté du scénario que l’on s’ennuie : manque de souffle, de dynamisme, de charme… Quelque chose ne va pas pour Aanor. Ce film serait-il trop gentil, trop conventionnel, pas assez révolutionnaire (quel paradoxe) ? Le personnage jouisseur de la vie et complexe en relations humaines a-t-il été correctement décrit par le réalisateur ? Bien sûr que non… Alors difficile de ressentir ce que ressentait à son tour un pareil phénomène dans une courte période : empathie ne rime pas avec XXIe siècle ! Ce film est donc À voir pour le travail remarquable effectué sur l’époque traversée (décors, costumes, accessoires…), pour le jeu très professionnel des acteurs mais aussi (et un peu beaucoup) par curiosité. Une fois l’acte accompli, vous reléguerez l’objet assagi sur l’étagère du bas de votre dvdthèque pour archivage, une vision en contre plongée qui ne déplairait pas au célèbre marquis à la pensée vicieuse…

 

Stupeur et tremblements

Stupeur et tremblements Mélodies ModernesStupeur et tremblements, un film d’Alain Corneau (2003) avec Sylvie Testud, Kaori Tsuji, Taro Suwa, Bison Katayama, Yasunari Kondo, Sokyu Fujita, Gen Shimaoka… Une production Bac films/Wild bunch distribution.

Ce film semble bizarre : les dialogues sont en japonais, la « voix off » demeure en français, la musique joue les grandes absentes, l’action est lente et l’histoire reste aussi extravagante que le personnage qui l’a écrit et vécu, Amélie Nothomb. On aime ou on n’aime pas l’écrivaine là n’est pas la question, c’est du film qu’il s’agit : Aanor s’est à la fois ennuyée et passionnée pour les mésaventures d’une jeune femme exilée au Japon dans son enfance puis lors de sa tentative d’y travailler. Mais les mœurs, les us et coutumes de la Belgique ne sont pas forcément compatibles avec l’état d’esprit nippon basé sur le registre travail, sacrifice et effacement de sa propre personnalité surtout lorsqu’il s’agit de faire « tourner » une entreprise… L’appréciation d’Aanor est la suivante : un film Inclassable, à la fois très intéressant et complètement soporifique, avec une délicieuse Syvie Testud omniprésente sur une lumière maîtrisée de l’ingénieur Yves Angelo déjà remarqué sur les tournages de « Malabar princess » et « Les mots bleus » (voir dans le site).

Super 8

Super 8, un film de Jeffrey Jacob Abrams (2011) avec Joël Courtney, Elle Fanning, Kyle Chandler… Musique de Michael Giacchino. Un film Paramount.

Vous avez vu « Les Goonies », « Le club des cinq », « Stand by me » ou « Alien » ? Alors ne regardez pas « Super 8 », vous serez déçus. Steven Spielberg a commencé sa carrière en réalisant des films super 8, un format de film amateur très prisé depuis l’entre guerre et modernisé en 1964. Son film préféré montrait le déraillement de son train électrique et des conséquences désastreuses sur la moquette… Quelques décennies plus tard son ami, collègue et assistant J.-J. Abrams devenu réalisateur professionnel rajoutera au scénario primaire un cousin d’« E.T. », un pseudo monstre sorti de nulle part ou plutôt si, de l’espace, peut-être débarqué du vaisseau de « Rencontres du troisième type ». Quand les grands enfants ne savent plus trop quoi faire de leurs dollars, ils les emploient à produire des films débiles, inutiles et violents surtout pour un public ciblé jeune – c’est le cas de « Super 8 » -. Rien de nouveau dans celui-ci, rien de bien intéressant, rien de nul car le travail des artisans du film est colossal (au niveau des effets spéciaux notamment) mais la déception générale est à la hauteur du non-évènement cinématographique : les ambitions futuristes des amateurs de super 8 étant reléguées aux calendes grecques, ce sont les seuls obsédés des jeux vidéos qui y trouvent leur compte. Quant aux adolescents indulgents qui n’ont encore rien vu, Alix leur recommande « Wargame » par exemple ; c’est aut’chos’. Les temps changent mon brave monsieur et tout se dégrade, les temps changent ! Aanor trouve ce film Inintéressant. Ci-contre, l’affiche américaine du film plus explicite que l’affiche française.

Pour voir le film super 8 du site Mélodies Modernes, cliquez ici

Tomboy

Tomboy, un film de Céline Sciamma (2011) avec Zoé Héran, Jeanne Disson, Sophie Cattani, Mathieu Demy… Musique de Para one et Tacteel. Hold up films.

Céline Sciamma, la réalisatrice, vient d’entrer dans la trentaine et ses préoccupations cinématographiques sont centrées sur le passage de l’enfance à l’adolescence puis au monde adulte. Cette envie de traiter à l’écran un sujet existentiel parfois délicat en se basant (pourquoi pas ?) sur sa propre expérience ne fait pas d’elle pour autant une réalisatrice talentueuse. Sur le fond, l’histoire est hyper simple : une gamine se prend pour un garçon et fait ce qu’elle peut pour intégrer le groupe du « sexe fort » avant que la supercherie, évidemment, n’éclate au grand jour. Bon mais après ? La jeune actrice est figée, son visage inexpressif ne compense pas les autres enfants qui ne sont pas, eux non plus, de bons comédiens. Les situations rencontrées sont statiques, on tourne en rond, le film qui se veut intimiste est en réalité un huit-clos faussement psychologique dans lequel on s’ennuie à cent sous de l’heure. C’est une caractéristique des nouveaux films : on ne montre pas grand chose, on n’explique rien, on gomme tous les excès et le spectateur doit se débrouiller avec un film lisse, froid, aseptisé, fonctionnaire dans le mauvais sens du terme, bref, un documentaire aux qualités soporifiques. Au fait, avec un budget d’un millions d’euros, à quel type de spectateurs s’adresse le film ? En nous démontrant dès le départ que le garçon manqué est bien une fille sur le plan physiologique (au cas où en en douterait) et que la gamine va bien devoir l’admettre une heure vingt plus tard (!), la réalisatrice construit son film sur une intrigue bien maigre ; même un apprenti psychiatre n’y trouverait pas son compte. Aanor pense qu’il ne faudrait pas poursuivre dans cette voie de garage cinématographique sans un réel scénario en béton (comme le béton de la cité du film mais sans la musique nullissime rattachée), une histoire qui pourrait se dérouler dans un contexte pensé, fouillé, historique ou géographique (on pense à « Jeux interdits » par exemple). Les critiques dithyrambiques de la profession rend Aanor Perplexe : s’agit-il de femmes tourmentées au même parcours initiatique que Sciamma ou des hommes vidés de leur pragmatisme ? Le cinéma d’auteur(e) c’est bien et même indispensable mais quand il repose uniquement sur les états-d’âme ordinaires d’une réalisatrice ordinaire qui n’a pas encore fait ses preuves, ça va bien cinq minutes.

Tombe la veste (réflexion)

Garçon ou fille, mode d’emploi. Une réflexion d’Aanor après son visionnage du film Tomboy.

Notre société moderne rencontre un problème que les générations passées n’ont pas connu : l’égalité des sexes. Lorsque la femme restait à la maison pour élever les enfants, faire le ménage, les courses ou pour travailler la terre et récolter les fruits et légumes du potager, pour préparer le dîner du brave mari qui rentrait épuisé, tout fonctionnait à merveille ! Le chef de famille allait conter fleurette dans le pré d’à-côté ? Ce n’était pas un problème mais la femme, elle, était répudiée en cas de simple soupçon d’adultère… Ah c’était l’bon temps pour les hommes ! Quelques révolutions, suffragettes et féministes plus tard, l’égalité homme-femme prend enfin le dessus : tout le monde doit être traité de la même manière pour le plus grand bien de l’humanité. Sur toute la planète ? On en est loin… Les spécialistes vous diront que les différences continueront toujours à exister entre les deux sexes (sur le plan physiologique, y compris au niveau des hémisphères cérébraux qui ne sont pas sollicités de la même manière selon que l’on soit x ou y) mais les réfractaires à tout ancrage intellectuel, idéologique, culturel ou cultuel vous diront que l’essentiel doit reposer sur une éducation plus juste qui abandonne le conditionnement sexiste au bénéfice du développement de la personnalité propre à chacun(e), en clair, que rien n’est inné. De fait en matière d’acquisition, les mots se féminisent, les professions se féminisent, les hommes se féminisent mais les femmes aussi prennent de la force, elles ont appris à cogner dur et ça peut parfois faire mâle ! Les journaux font leurs gros titres sur les femmes battues (la parité devrait également permettre de parler de temps en temps des hommes battus car il y en a), les enfants sont élevés par leur(s) père(s) qu’ils soient vrais ou faux (géniteurs ou adoptifs), les familles sont décomposées- recomposées et disséminées à droite – à gauche métro-boulot-dodo oblige. La femme moderne mène la danse pendant que l’homme orchestre la petite troupe… Rien pourtant ne fonctionne à merveille : les enfants restent plus que jamais sous le contrôle de la femme (avec les inconvénients que l’on sait, par exemple au niveau du système éducatif féminisé à 80 ou 90 pour cent contre 50 pour cent seulement en 1950 dans les écoles primaires françaises), elles reçoivent toujours plus aisément la garde des enfants en cas de divorce, elles restent de toute façon des victimes potentielles là où l’homme conserve ses prérogatives indécrottables (violence, bêtise, art de mal boire…). Les corvées de ménage sont subies principalement par les femmes (les agents d’entretien des collectivités et entreprises sont des femmes cassées à l’âge de quarante ans par un travail répétitif et épuisant), de nombreuses professions restent curieusement orientées unisexe (par exemple compositeur de musiques de films avec 99% d’hommes !). Rien n’est simple et la société actuelle ne semble pas avoir réglé ses problèmes. Le suicide chez les ados reste un cruel sujet d’actualité pendant que les plus jeunes trinquent par l’attitude angoissée des adultes face aux difficultés du moment : l’homme et la femme craignent le futur en ne préparant pas un monde viable pour tous ! La femme n’est plus heureuse. L’a-t-elle jamais été ? Était-elle plus épanouie deux siècles en arrière ? Loin des questions existentielles et intellectuelles redondantes, il serait temps maintenant d’assumer son propre statut. Que l’on naisse fille ou garçon, il faut faire avec et chaque partie peut faire valoir ses droits, des faits incontournables qui nous ont effectivement façonné : la femme féconde et procréée, l’homme est doté de muscles. La complémentarité doit par conséquent être maintenue et non la parité, l’androgynie restant un phénomène marginal et anecdotique pour les amoureux de science-fiction. Pour ce qui est de l’intelligence, du don artistique, de la beauté, hommes et femmes redeviennent de toute façon égaux. Vraiment égaux ? Aanor.

La vallée de Gwangi

La vallée de Gwangi, un film de Jim O’Connolly (1969) avec James Franciscus, Gila Golan, Richard Carlson, Gustavo Rojo, Freda Jackson, Laurence Naismith… Musique de Jerome Moross. Un film Warner Bros.

Ce film est très original. Dans l’ouest américain, des personnages au comportement hors du commun vont se rencontrer et crever l’écran : une cowgirl vedette d’un rodéo acrobatique, son ancien amant devenu homme d’affaires, son amoureux transformé en dépité de service, un paléontologiste anglais, un gamin mexicain, des gitans, des cow-boys et des monstres préhistoriques. Tous vont s’affronter ou se donner la main. En mélangeant les genres (le western et le film fantastique), le réalisateur britannique pas très connu à l’international malgré ses deux saisons de la série  «   Le saint »(avec Roger Moore) va faire preuve de passion et de courage pour imposer sa vision imaginative du cinéma. Entouré de grands professionnels dont le responsable américain des effets spéciaux Ray Harryhausen, le pilier des films fantastiques, et Jerome Moross dans l’une de ses dernières compositions pour le cinéma. Le film de Jim O’Connolly est une réussite dans le genre : beaucoup d’action, de la réflexion comme dans « King Kong », des effets spéciaux très surprenants comme dans « Un million d’années avant J.-C. », « Jason et les Argonautes »ou« Le choc des Titans » version 1981), une musique dynamique aux sonorités chaudes à l’harmonisation parfois excessive car un peu trop lourde, bref, tout concourt à passer une Excellente soirée en famille. À part le sort réservé aux animaux une nouvelle fois malmenés malgré leur intelligence diabolique, les pauvres…

 

Winter

L’incroyable histoire de Winter le dauphin/Dolphin tale, un film de Charles Martin Smith (2011) avec Nathan Gamble, Cozi Zuehlsdorff, Harry Cornick Jr, Ashley Judd, Kris Kristofferson, Morgan Freeman… D’après l’histoire vraie de Winter le dauphin. Musique de Mark Isham. Un film Warner Bros.

Ce film est une véritable histoire d’amitié entre un jeune garçon et un animal en souffrance, Winter le dauphin. Réellement sauvé de la mort après une blessure et un échouage nécessitant l’amputation des nageoires caudales, son aventure a pris un nouveau départ avec l’adjonction d’une queue artificielle, une opération de reconstruction réussie contre toute attente au plus grand bonheur de Winter qui vit paisiblement dans l’Aquarium de la ville de Clearwater en Floride. Pour cette histoire généreuse très bien préparée (afin de ne pas trop perturber le dauphin) qui devient par moments très touchante, on ne peut dire que bravo ! L’être humain, par son activité industrielle et son implantation exponentielle sur toute la planète, pille sans vergogne les ressources naturelles : les poissons et les mammifères marins vont prochainement disparaître des rivières et des océans alors dans ce tableau très pessimiste, il existe encore des initiatives individuelles et parfois collectives qui rattrapent un peu la dégueulasserie humaine. Aanor trouve ce film Très bon et très gentil car il s’adresse à un très large public : il était impossible de choquer les enfants par des images ou des propos trop dérangeants. Dommage car le scénario aurait gagné en profondeur et en intensité. La mise en scène est peut-être un peu poussive également avec quelques scènes bien longues sur les états d’âme des uns et des autres mais bref, passons… Les intentions sentimentales « à l’américaine », on connaît (le Gentil qui triomphe sur le Méchant, la famille reconstituée vers la happy end du film etc.). La musique du film signée Mark Isham ne laissera pas non plus un souvenir impérissable mais elle est très bien adaptée à l’ensemble de l’œuvre avec ses orchestrations variées : mélodique (merci monsieur), symphonique (une soixantaine de musiciens), jazzy, électronique… Toutes ses spécialités auditives sont réunies dans un seul film, la démultiplication de son talent, une démarche qu’affectionne tout particulièrement le compositeur. Nous aussi. Tout le monde il est beau…

 

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