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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

Pour en savoir plus sur les compositeurs de musiques de films et leurs créations, parcourez les pages suivantes !

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

Filmvarnour (IV)

 

Aanor continue son petit bonhomme de chemin dans le milieu (très fermé) de la critique de films. Jeune et indépendante, bien installée dans l’ère (l’air) du temps et sûre de ses convictions comme de ses goûts, la voilà en démonstration sur une nouvelle page des Mélodies Modernes avec des commentaires enrichissants ouverts à la contradiction. Si le cœur vous en dit, vous savez comment la joindre ! Rappel de ses critères d’évaluation :

 

Pour le film :

Parfait, Excellent, Exceptionnel (à voir et à revoir sans modération en achetant le DVD ou le Blu-Ray)

Bon ou Moyen (le cinéma existe grâce à lui) / Insatisfaisant ou Nul (le réalisateur doit se poser des questions)

Pour la musique du film :

Parfaite, Excellente, Exceptionnelle (on achète le CD)

Bonne ou Moyenne (il manque quelque chose, probablement une belle mélodie…) / Mauvaise ou Nulle (sauf pour les sourds et les personnes très malentendantes).

 

Classement des films par ordre alphabétique. Mise à jour des rajouts jour après jour…

 

 

 

Drôles de drames : des enfants dans la tourmente.

Drame

L’arbre de Noël/The Christmas tree, un film de Terence Young (1969) avec Brook Fuller, William Holden, Bourvil, Virna Lisi, Madeleine Damien… D’après le roman de Michel Bataille. Musique de Georges Auric. Un film Corona, Jupiter Generale et Cinematografica.

Pascal, un grand garçon de 10 ans, fin, beau, intelligent, vit dans l’abondance de biens matériels et dans le bonheur familial. Sa relation avec son père -dont il a de qui tenir- et sa nouvelle compagne – très photogénique – est excellente. Verdun, le fidèle compagnon de papa dans la Résistance, s’occupe du gamin avec affection et pédagogie dans  la magnifique propriété du Château de Tolane dans les Alpes de Haute-Provence (lieu où fut tourné le film). Le malheur frappe pourtant tout le monde, même les plus riches et les plus chanceux d’entre nous. Atteint de leucémie suite à un accident aérien qui va l’exposer à de fortes retombées radioactives, l’histoire merveilleuse se transforme très vite en cauchemar. Le réalisateur Terence Young au sommet de sa gloire depuis longtemps va traiter le sujet avec tact en laissant s’exprimer son expérience. La démarche est réaliste, sobre et sincère sans utiliser les grosses ficelles de la sensiblerie à bon marché. Ce film ressemble à une roche brute et dure à l’extérieur mais tendre et compatissante à l’intérieur. Bourvil n’y trouvera pas son meilleur rôle car le personnage souvent franchouillard de Verdun est vu par un américain, la caricature s’impose parfois mais peu importe, intelligence et intensité marquent le spectateur de manière indélébile : âmes sensibles s’abstenir ! On ne reverra pas le petit Brook Fuller à l’écran, sa carrière commençant et se terminant avec « L’arbre de Noël » : sa voix enfantine aigüe et très snob digne des doublages à l’ancienne résonnera en revanche dans d’autres films. Pour Aanor, ce mélodrame est Excellent et la musique symphonique de Georges Auric Excellente, on reparlera de ce fameux compositeur dans les Mélodies Modernes. À noter en motard-policier l’apparition de Jean-Pierre Castaldi.

 

Western

Blauvogel - Les Mélodies ModernesBlauvogel, un film de Ulrich Weiß (1979) avec Robin Jaeger, Gabriel Oseciuc, Jutta Hoffmann, Kurt Böwe, Jan Spitzer… D’après le roman d’Anna Jürgen. Musique de Peter Rabenalt. Un film distribué par Icestorm.

Blauvogel signifie en français « l’oiseau bleu », un volatile symbolique bien présent dans le film de l’ex-Allemagne de l’est « Blauvogel ». Autant avouer qu’Aanor est très surprise par la qualité de la réalisation : l’histoire d’un gamin enlevé par une tribu iroquoise en remplacement de leur jeune fils décédé est non seulement crédible mais tout à fait attachante. Grands esprits, vie en pleine nature, les hommes à moitié nus, férus de chasse et de pêche, parvenaient à subvenir aux besoins cruciaux de la tribu : les indiens vivaient librement avant la guerre que se livraient les anglais et les français occupés à s’entretuer pour la possession d’un territoire qui ne leur appartenait même pas (les Français étaient alliés aux Hurons, les ennemis jurés des Iroquois, eux-mêmes alliés des anglais tout de rouge vêtus). En 1775, rien n’était donc rose dans cet immense pays au climat froid et rude, les drames succédaient rapidement aux moments de grand bonheur. En farouches guerriers victimes de la colonisation, les Iroquois semblaient symboliser une Allemagne de l’est résistante face aux assauts économiques et politiques des puissances étrangères (le capitalisme)… D’où le soin apporté à la réalisation : le jeu et le visage des acteurs, les décors, les paysages européens mais qui font parfaitement illusion, les costumes, tout sonne juste ! Le parti pris de démontrer les motivations légitimes des indiens est une démarche réussie : « Blauvogel », réalisé à l’origine pour un public enfantin, a parfois de fausses allures de documentaire. Bref, c’est une révélation ! Là où le bât blesse, c’est la langue allemande : que de problèmes de compréhension si on ne la comprend pas ! La postsynchronisation originale n’est d’ailleurs pas des meilleurs et la musique électronique du compositeur Pater Rabenalt, spécialisé dans la musique de film et l’écriture d’œuvres dramatiques pour la scène, n’ont rien d’affriolants. Dommage, le film révèle de nombreuses surprises dont certains plans particulièrement bien travaillés. Parole d’homme, il serait temps de traduire ces films en français et de nous en faire découvrir beaucoup d’autres, tant qu’à faire.

À noter : une grosse interrogation subsiste pour Aanor concernant le traitement que l’on a fait subir aux animaux pour ce tournage : on y voit les images d’un chien stoppé net dans sa course par un fil relié à la patte pour simuler une flèche reçue dans le corps ; la pauvre bête en est toute retournée… Quant à la biche et le cerf, dans quelles conditions exactes ont-ils été égorgés ? Si on a la garantie, depuis plusieurs décennies, qu’aucun animal n’est maltraité pendant le tournage d’un film français ou américain (on l’espère), en était-il de même pour celui-ci ?

Un remake, diffusé par la télévision canadienne en 1994 avec John White et Colin Fox, existe sous le titre identique « Blauvogel » même si l’histoire semble moins riche et colorée… Aanor va suivre la flèche pour voir de quoi il y retourne exactement, on en reparle donc.

Pour en savoir + sur les compositeurs allemands de musiques de films, voir ici (page XV des compositeurs).  

 

Comédie

MontageBoy3Boy, un film de Taika Waititi (2003) avec James Rolleston, Te Aho Eketonne-Whitu, Taika Waititi, Ricky Lee Waipuka-Russel, Haze Reweti, Moerangi Tihore… et Feuille, la chèvre. Musique de Lukasz Buda, Samuel Scott et Conrad Wedde. Un film Arte éditions.

Ce film se résume en un mot : Sympa. Sans violence excessive à part peut-être quelques gifles et coups de poing ici et là, avec peu d’action mais de l’agitation quand les protagonistes souvent nonchalants le veulent bien (il fait si chaud…), cette tranche de vie bien ordinaire est menée par un jeune garçon rêveur et sympathique. Il interprète les souvenirs délirants de jeunesse du réalisateur bien talentueux nommé aux Oscars en 2005 pour un court-métrage (statique) proposé par Arte dans le bonus du dvd. Une carrière qui ne décolle pas pour autant, hélas. Aanor regrette également l’incapacité des français à doubler une première œuvre qui vaut le coup : elle déteste se farcir les sous-titres car c’est toujours au détriment des images et des subtilités du langage. Quand on pense à toutes ces réalisations non doublées en français… Quel gâchis ! 

 

Drame

Cornouaille, un film d’Anne Le Ny (2011) avec Vanessa Paradis, Samuel Le Bihan, Jonathan Zaccaï… Musique de François Eudes. Une coproduction française (Movie film, TF1, UGC, France 2…)

Cette fois-ci, Aanor va vraiment faire court : ce film prétentieux est Nul. Rien n’a retenu son attention, ni le scénario débile, ni les acteurs dupés dans des rôles de parigots transplantés, ni les magnifiques paysages très peu mis en valeur, ni les cadrages bien ordinaires, ni la musique du film archi-nulle si on la considère en tant que musique de film (mais bien à écouter dans un salon de thé). Quand aux finistériens, ils se marrent : les protagonistes marchent sur un chemin qui les amènent à une plage située à cinquante kilomètres de là pour en ressortir à l’autre bout du département… C’est à ces aberrations géographiques que pensait Aanor en se forçant à regarder ce machin pour tenter de justifier sa dépense exorbitante de vingt euros (pardon, 19,99 euros le dvd). Et si personne n’en voulait ? À qui va t-elle oser l’offrir ? Dans « Cornouaille », il ne faudrait retenir qu’un seul mot : Nouille, c’est ce pourquoi nous prend la réalisatrice. Pour le Corail, là, ce sera pour la prochaine fois, on l’espère ! Allez kenavo et sans rancune.

Drame

La couleur du coton/A painted house, un film de Alfonso Arau (2003) avec Logan Lerman, Scott Glenn, Arija Bareikis, Robert Sean Leonard, Melinda Dillon… D’après le roman de John grisham. Musique de Ruy Folguera. Un dvd Act’c/Hallmark entertainment.

L’Arkansas et ses vastes collines de coton dans les années 50. C’est le mois de septembre, le temps de la récolte. Des ouvriers ont été embauchés pour un salaire de misère, certains viennent pourtant du Mexique. Selon les caprices du temps et les difficultés relationnelles entre communautés, rien ne va se passer au mieux des intérêts de chacun. À travers les yeux d’un enfant, l’histoire humaine va se décliner sans le grand souffle épique des meilleures réalisations du genre, on pense immédiatement à l’incontournable « Les raisins de la colère » de John Ford. Ce qui frappe Alix, notre critique de film, c’est l’absence de générosité qui donne une désagréable impression de retenue malgré les moments forts et les scènes agitées. Peut-être est-ce la faute au personnage principal, un gamin au visage photogénique mais au jeu peu expressif, un spectateur distant de son environnement qui lui reste étranger ? La direction d’acteur n’est pas assez convaincante ou est-ce Scott Glenn, en patriarche résigné, qui reste trop « coincé » dans un personnage statique… La réalisation et/ou le montage sont lents et la mise en scène demeure théâtrale. L’action se déroule parfois dans un espace trop limité. Le manque de moyens et probablement la volonté de ne pas trop choquer atténuent la force des scènes marquantes. Les sentiments ne sont pas exacerbés. Mais Alix est assez spéciale elle aussi et elle ne peut pas toujours exprimer parfaitement ce qu’elle ressent. Vous y verrez sans doute plus clair car vous êtes également un spectateur averti. « La couleur du coton » possède une musique Excellente : jouée aux synthétiseurs, mélodique et très joliment arrangée, c’est la très bonne surprise de ce (télé)film qui mérite largement d’être vu. Mais ne vous attendez pas à de grands débordements autres que ceux engendrés par le climat parfois très violent. Tout comme les hommes, les plus bêtes et méchants, quand ils s’y mettent, ça fait toujours mal.

 

Drame

Le dernier des fous, un film de Laurent Achard (2007) avec Julien Cochelin, Pascal Cervo, Annie Cordy, Fetouma Bouami… Pas de musique. Un film Ad Vitam/mk2.

Non, non et non : comment peux-t-on récompenser un navet pareil et que fait Annie Cordy dans cette galère ? Prix de ceci, prix de cela… Incroyable : Prix de la mise en scène à Locarno en 2006 ! Imaginez un enfant pas vraiment beau au visage fermé, inexpressif, au comportement mollasson et voyeur qui observe impuissant à la désintégration de son entourage familial. Bon. Et après ? La psychologie des personnages est-elle fouillée ? Peut-on partager la souffrance intérieure d’un enfant qui ne parle pas, qui ne sourit pas, qui ne fait rien ou presque… Les situations sont-elles captivantes ? L’histoire est-elle attachante ? Est-ce particulièrement bien filmé ? Pourquoi n’y a-t-il pas de musique ? Cerise sur le gâteau, le bonus du dvd, un court-métrage du réalisateur : huit minutes d’un plan Figé interminable qui ne montre rien, rien, rien. Tout est donc très simple pour Aanor : Laurent Achard est ni compétent ni… talentueux. À lui, maintenant, de prouver le contraire : il faut donner du mouvement aux images statiques, mettre vraiment en scène des personnages archi-coincés, éclaircir des images sombres qui ne démontrent rien et donner une fonction à ses contre-jours inutiles. Aanor ne demande que ça. Oui, oui et oui, monsieur le réalisateur, démontrez-lui vos capacités !

 

Drame

De Witte von Sichem - Les Mélodies ModernesDe Witte van Sichem, un film de Robbe De Hert (2001) avec Eric Clerckx, Willy Vandermeulen, Blanka Heirman… D’après le roman de Ernest Claes. Musique de Jürgen Knieper. Une production Visie Filmproductie/New-star Films.

Un premier film sur les aventures d’un jeune provincial a déjà été réalisé en 1934 par le belge Jan Vanderheyden  (à ne pas confondre avec le peintre Jan Van Der heyden) sur un scénario reprenant la trame et les personnages du roman d’Ernest Claes, écrivain belge fier de son enfance passée à Zichem dans son pays Flamand. Un affrontement entre les enfants et les jeunes du village rappelle dans ce film le conflit humoristique de « La guerre des boutons », l’histoire de la ville de Montaigu-Zichem reposant en partie sur une invasion des espagnols au XVIe siècle, de quoi générer un état d’esprit conflictuel persistant, peut-être. La description des situations cocasses ou dramatiques vécues par la population essentiellement paysanne se fait sans concession et le roman de Claes ressemble sur le fond à « Poil de carotte » écrit par Jules Renard quelques années plus tôt, en 1894. « De Witte van Sichem » est un drame épouvantable, celui d’un jeune adolescent martyrisé qui n’aura pas vécu son enfance normalement. Humilié, battu, déconsidéré, contraint à travailler comme un forcené de l’aube jusqu’au crépuscule, il symbolise une époque qui mettait facilement en avant la vie des gens ordinaires jusque dans leurs malheurs que ce soit dans les livres ou à l’écran. Les Frères Lumière ne donnèrent-ils pas leur première représentation publique à Paris en 1899 pour montrer au public émerveillé la vie qu’il menait au quotidien ? La sortie des ouvriers de l’usine, le repas de bébé, la baignade, le travail des forgerons ou l’arroseur arrosé deviendront des classiques de l’écran. Les mésaventures d’un adolescent incompris et maltraité par son père poussé à la tentative de suicide sont le thème central et universel de « De Witte » réalisé dans un cadre artistique très soigné, un village dont ses habitants semblent tout droit sortis d’un tableau de Van Der Heyden. Un Très bon point pour Aanor mais le film n’est pas traduit en français : est-ce la raison de son succès réservé au seul pays flamand depuis 1980, date de sortie du film ? La musique semble elle-aussi sortie d’une partition champêtre de musique classique assez banale simplement calquée sur les images, un procédé qui engendre un ennui, mais un ennui, vous pouvez pas imaginer à quel point… Une Mauvaise note sur ce point pour Aanor. Le bilan est donc mitigé.

 

Western

El Topo - Les mélodies ModernesEl Topo, un film d’Alejandro Jodorowsky (1970) avec Alejandro Jodorowsky, Brontis Jodorowsky, Robert John, Mara Lorenzio, David Silva, alfonso Arau… Musique d’Alejandro Jodorowsky (arrangements de Nacho Mendez). Un film Wild side video, Pretty pictures et Abkco films.

Comment qualifier ce film ? Il s’agit vraiment d’un ovni du « cinéma de minuit », pas exactement celui de Patrick Brion qui initia à partir du milieu des années 70 la diffusion de films rarement vus à la télévision mais plutôt d’un ovni du premier type version « midnight movie », des films diffusés au milieu de la nuit aux États-Unis dès les années 50 pour permettre la découverte d’œuvres « de série B », des films réalisés sans grands moyens mais toujours surprenants. « El Topo » fut le premier d’une longue liste. Côté qualité d’image (cadrages, lumière, réalisation…) tout y est parfait. Côté musique aussi, le réalisateur-scénariste-acteur est aussi compositeur et assez bon dans l’esprit (on dirait parfois du Morricone…). Acteurs, décors, montage, tout va donc pour le mieux. Ce qui coince, c’est l’histoire et sa transposition théâtrale. En voulant raconter une fable cruelle et plutôt alambiquée, Alejandro Jodorowsky surfe sur les valeurs d’une vague hippie en plein déclin dans les années 70 : il faut tout montrer, tout oser quitte à choquer et déranger le plus possible. Deux ans après le massacre d’étudiants à Mexico et un an après Woodstock avec la fameuse prestation de Bob Dylan, le réalisateur se laissait déborder par ses sentiments. Il faut par conséquent comprendre sa motivation ce qui n’est pas une entreprise facile aujourd’hui. Le parallèle établi entre un enfant innocent de sept ans évoluant nu (c’est le propre fils de Jodorowsky) et El Topo fortement armé qui défie les Quatre maîtres du désert pour l’amour d’une femme avant qu’elle ne le trahisse (vous suivez ?) n’est pas banal : l’enfant est, par exemple, chargé d’abattre un bandit en lui donnant le coup de grâce (l’enfant représenterait la partie inconsciente du personnage principal). Dans un étalement de sang et de mares d’hémoglobine, Aanor reste perplexe. Le message peut passer ou ne pas passer mais avec le temps, une chose est sûre, la conception et la perception du cinéma changent. Dans sa grande mansuétude, Aanor trouve un intérêt évident à cette œuvre Hors normes. Mais peut-être ne croit-elle pas suffisamment aux ovnis ? 

 

Fantastique

Eva, un film de Kike Maillo (2011) avec Daniel Brühl, Claudia Vega, Marta Etora, Alberto Ammann, Lluis Homar, Anne Canovas… Musique de Sasha et Evgueni Galperine. Escandalo films/Wild side video.

Ce film est basé sur un scénario au goût de « déjà vu ». Un robot se prend pour un humain, un androïde plus qu’humain fait son Rem du feuilleton « L’âge de cristal », une gamine joue « Une si jolie petite peste », un chercheur en manque d’inspiration ne suit pas la procédure jusqu’au moment où il prend « La mouche »… Bref, rien de bien nouveau sinon les effets spéciaux qui demeurent très intéressants. Les ingrédients semblaient réunis pour réaliser un meilleur film, plus prenant, plus palpitant, certaines scènes démontrant la volonté du réalisateur de créer la surprise. Dommage qu’en la matière et malgré ses efforts infructueux, on en a déjà vu et des tonnes… Pour Aanor, ce film prometteur est Décevant par son scénario prévisible et par son traitement académique, l’épilogue à l’américaine ramenant le spectateur à l’hégémonie cinématographique yankee plutôt qu’à une production qui se voulait avant tout originale et catalane !

 

Comédie/Aventures

Gritta von Rattenzuhausbeiuns - les mélodies ModernesGritta von Rattenzuhausbeiuns, un film de Jürgen Brauer et Hans-Erich Bush (1985) avec Nadja Klier, Hermann Beyer, Mark Lubosch, Wolf-Dieter Lingk, Anna Bollena, Maria Nesselkrautia, Suheer Saleh, Kuno Gebhardt Müffert, Fred Delmare… D’après le roman de Bettina et Gisela von Arnim. Musique de Stefan Carow. Un film DEFA distribué par Icestorm.

Dans cette page de critique de films mettant en vedette un ou plusieurs enfants, il fallait évoquer « Gritta von Rattenzuhausbeiuns » pour la qualité générale d’une production exceptionnelle. Rythmé, dynamique, l’intérêt du spectateur ne fléchit pas dans une histoire à la Lewis Caroll : jeune fille en recherche d’affection suite au remariage de son père, un inventeur fou vivant dans un château peuplé de rats, l’histoire fantastique va entraîner Gritta, son amoureux et une ribambelle de gosses, du couvent aux grands espaces de la campagne avoisinante. Cette agitation reste bien sympathique en mélangeant le sérieux et l’humour…  Gritta sourit souvent ! Le tact et l’intelligence de la réalisation sont remarquables. Les scènes sont irréprochables, colorées ou volontairement épurées avec une variété de plans assez surprenants (enchaînement d’un gros plan, dune contre plongée, d’une vue panoramique…), un montage épatant. La richesse du scénario doit beaucoup à la plume de la  romancière Bettina von Arnim, amie de Goethe et de Beethoven, une socialiste remplie d’admiration pour Karl Marx et très appréciée en Allemagne de l’est avant la réunification. Rien de surprenant alors à voir son œuvre produite et réalisée comme il se doit. Aanor trouve ce film Excellent  mais regrette qu’il ne soit pas doublé en français. Il n’est peut-être pas trop tard pour s’y mettre…

 

Saga

MontageMaîtresPainIV Les maîtres du pain, un téléfilm de Bernard Lenteric (1993) avec Wladimir Yordanoff, Anne Jacquemin, Françoise Seigner, Elisabeth Margoni, Paul Crauchet, Briac Barthélémy, Renan Mazéas, Roger Dumas, Martine Sarcey… D’après le roman du réalisateur. Musique d’Alain Margoni. Un dvd L.C.J. Éditions Productions.

Ce téléfilm se décline en trois parties et aura réuni plus de dix millions de téléspectateurs, une présence devant l’écran très appréciable pour une histoire sentimentale simple et personnelle articulée autour du fabuleux métier de boulanger. En adoptant deux enfants de l’Assistance publique, le « maître du pain » savait-il exactement dans quelle saga il s’engageait ? Cette histoire touchante et passionnante qui s’étale sur deux générations aurait mérité une suite toute aussi passionnante, une démarche prévue par le romancier-réalisateur Bernard Lenteric. Son roman n’aura pourtant pas retenu l’attention des décideurs et pourvoyeurs financiers de la télévision française ce qui reste bien regrettable pour nous. Aanor n’hésitera pas à se repasser cette saga à la musique agréable lorsque les faiseurs de bon pain frais artisanal commenceront à lui manquer. Son appréciation est à la hauteur de la création : Très Bon !

 

Drame

Le père de mes enfants, un film de Mia Hansel-Love (2008) avec Louis-Do et Alice de Lencquesaing, Chiara Caselli, Grégoire Canvel, Alice Gauthier, Manelle Driss, Dominique Frot… Un film des Films du losange.

Que dire ? S’inspirer de la vie et du décès accidentel du producteur hyperactif Humbert Balsan sans lequel la réalisatrice n’aurait sans doute pas pu faire son film, pourquoi pas ? Raconter les incidences de ce drame sur toute sa famille et sur un entourage professionnel effondré par sa disparition, pourquoi pas ? Mais fallait-il qu’Aanor s’ennuie d’un bout à l’autre de l’histoire ? La première chose que devrait apprendre la réalisatrice, c’est à ne pas se passer d’un bon compositeur dédié ; en utilisant des musiques banales issues du domaine de la chanson de variété, on ne construit rien de solide. Seule la chanson « Que sera, sera » interprétée par Doris Day et composée à la demande d’Hitchcock par le célèbre duo Livinston/Evans pour « L’homme qui en savait trop » tire le film de son naufrage auditif. La deuxième leçon à retenir, ce sont les états d’âme personnels : vous n’intéressez personne, Madame ! Où se trouve le rêve, l’imaginaire, le merveilleux, la création, la nouveauté, bref, le vrai cinéma dans un film aussi ch… ? Pour Aanor, c’est un nouvel exemple de ce qu’elle Déteste le plus dans les films d’un genre assez spécifiquement français, hélas : chercher à transposer tel quel à l’écran ce que l’on vit dans la réalité. Dans cette disposition d’esprit, autant faire du reportage et laisser la toile aux professionnels qui connaissent la définition du terme musique de film, déjà, pour commencer. À moins de s’appeler Truffaut…

 

Drame

Pixote, la loi du plus faible, un film d’Hector Babenco (1981) avec Fernando Ramos da Silva, Jorge Julião, Gilberto Moura, Edilson Lino, Zenildo Olieira Santos… D’après le livre de José Louzeiro. Musique de John Neshing. Un film Carlotta. Distribution GCTHV avec le concours du CNC (France).

Une bande de gamins livrés à eux-mêmes écument les rues de São Paulo au Brésil en 1980. Mensonge, trahison, intoxication par la cigarette ou la drogue, bagarre, meurtre, prostitution, violence, viol, vol, racket, maladie, chantage, contrainte, braquage à main armée, carence alimentaire, rafle et centre de redressement, agression sexuelle mais aussi homosexualité, transsexualité, découverte de l’amour et de son corps… On se demande ce qui aurait pu être épargné à ces orphelins d’un autre monde, celui des bidonvilles de São Paulo en cette fin de décennie d’un Brésil qui change. Le réalisateur argentin Hector Babenco décrit sans concession la vie des gamins en rapportant des propos crus sur des images choquantes mais terriblement bien maîtrisées. Ce film est dur et Excellent. Il s’agit d’un cinéma réaliste qui prend complètement à la gorge le spectateur tant le personnage principal, Pixote, sait convaincre par son jeu naturel et talentueux. Son parcours malheureux « dans la vraie vie » est dévoilé dans le film-bonus du dvd « Pixote in memorian » d’une grande longueur : abattu à l’âge de 19 ans seulement dans des circonstances troublantes, Fernando n’aura pas eu la chance de s’extirper d’un contexte brutal et ravageur. « Pixote, la loi du plus faible », envoyé au comité de sélection du Festival de Cannes en 1981, sera refusé et renvoyé à New-York, par erreur. Ce détour involontaire permettra au film de se faire connaître et de rencontrer le succès mondial. Le réalisateur viendra en France en tant que membre du jury en 1989 sous la présidence de Wim Wenders (42e édition), une manière élégante de reconnaître sa précédente faute de jugement sans conséquences fâcheuses : ne pas nous permettre de connaître un jour Pixote !    

 

Historique

Pixote - Les Mélodies ModernesLe prince et la pauvre/Hearths in Atlantis, un film de Gilles Foster (2000) avec Jonathan et Robert Timmins, Adrian Quinn, Alan Bates, Jonathan Hyde… Musique de Stanislas Syrewicz. Elephant films/Hallmark entertainment.

Le thème du film est connu, l’échange de vies, un procédé très répandu dans les jeux de rôles. Un petit londonien vivant dans la pauvreté en 1535 prend la place du prince et inversement, le prince découvre la pauvreté de ses ouailles… Alors tout est dit ! Ce scénario à la fois simpliste et intéressant s’adresse avant tout aux enfants. Baigné de bons sentiments, sans action ni violence hormis une ou deux petites cascades bien gentilles, les sourires charmeurs des deux enfants, jumeaux dans « la vraie vie », contribuent à rendre agréable une belle histoire d’amitié. « Le prince et le pauvre » contentera les plus jeunes téléspectateurs car le réalisateur est un expert en matière de téléfilms, il en a fait sa spécialité en Grande-Bretagne. Le soin apporté aux costumes et aux décors est exceptionnel, la figuration, les cadrages, la lumière et la musique symphonique révèlant bien des talents. Le doublage français très professionnel apporte sa grande contribution avec Bernard Alane, Julien Bouanich, Robert Darnel, Paul Nivet, Michel Papineski… Les anglais, les français pour le doublage et l’équipe hongroise dans toute sa diversité a effectué un excellent travail pour cette coproduction Bien sympathique. D’autres versions existent, nous en reparlerons ici même.

 

Tranche de vie

Les petites fleurs rouges - Les Mélodies Modernes Les petites fleurs rouges/Little red flowers, un film de Zhang Yuan (2006) avec Dong Bo Wen, Zhao Rui, Li Xiao Feng, Chen Li… D’après le roman de Wang Shuo. Musique de Carlo Crivelli. Un film Eureka ! Fortissimofilms.

Présenté aux festivals de Cannes, Berlin et Sundance, ce film y a fait sensation. Très original par son scénario et par le jeu de son acteur principal, un gamin de quatre ans stoïque et déjà rebelle, ce film d’un autre monde, d’un autre environnement et d’une autre manière de vivre, est totalement dépaysant. Le réalisateur chinois, soutenu dans sa démarche par l’Italie (il s’agit d’une coproduction) et par l’Occident de manière plus générale, reste peu apprécié des autorités de son pays trop critiques vis-à-vis de sa conception moderniste et contestataire. La maîtrise artistique de Zhang Yuan est évidente tout comme la mise en scène. Certains éléments très colorés (avec une dominante rouge, évidemment) trahissent le contexte de l’histoire et l’œuvre n’a jamais été traduite en français : le mandarin avec des sous-titres anglais, quelle « douce corvée » pour Aanor ! Peut-être serait-il temps, monsieur le distributeur, de faire un réel effort en doublant des films qui en valent vraiment la peine car des films chinois si intéressants, y en a-t-il beaucoup d’autres ? Et vous obtiendrez une petite fleur rouge sur le tableau pour votre bonne action…

 

Comédie

Quand je serai petit, un film de Jean-Paul Rouve (2012) avec Jean-Paul Rouve, Miljan Chatelin, Benoît Poelvoorde, Arly Jover, Xavier Beauvois, Gilles Lelouche, Lisa Martino, Miou-Miou, Claude Brasseur… Musique d’Emilie Simon. Un film coproduit par Elia films, les films du monsieur, Mars films etc.

Ce film est involontairement une gentille arnaque à tous les niveaux. D’abord le titre, qui n’est pas écrit en bon français. Ensuite, le nom de Claude Brasseur apparaît en troisième position sur l’affiche pour un rôle, malheureusement, très secondaire. Quand à la vision du nom d’Émilie Simon dans la posologie, cela a fait peur à Aanor avant qu’elle ne franchisse la porte de la salle obscure. La compositrice est un pur produit de l’Ircam, l’institut parisien de recherche sur la musique contemporaine créé par le multimilliardaire Pierre Boulez sur l’inculture musicale des français, une structure complètement dépassée aujourd’hui mais qui engouffre encore beaucoup (trop) d’argent public en subventions : pas de crise ni de récession pour les sectaires de l’électronique ! Et le scénario du film ? C’est une histoire à dormir debout ! Tout ne commençait pourtant pas trop mal. On se demandait juste à quoi jouait le personnage principal interprété par Jean-Paul Rouve (quand l’homme n’était pas derrière la caméra) : il repère sur les quais un gamin qui lui plaît, change son comportement, délaisse son boulot et suit le blondinet jusqu’à son école puis son domicile tout en dupant sa famille avec un alibi bidon. Serait-il attiré par les petits garçons ? Ce sujet comme un autre ne serait sûrement pas facile à porter à l’écran et le thème n’a pas été retenu par le réalisateur : Mathias, 40 ans, fait simplement une projection débile de son enfance sur un gosse qui lui ressemble. C’est tout. Alors on s’ennuie. De plus l’enfant ne joue pas particulièrement bien, seul Benoît Pelvoorde comme à son habitude s’en sort avec les honneurs ; les trop brèves apparitions de Miou-Miou et de Claude Brasseur n’arrivent pas non plus à calmer la lassitude d’Aanor quant à Jean-Paul Rouve, il ne semble pas du tout inspiré dans son rôle, lui qui était excellent dans « Podium ». La musique doucement insipide d’Émilie Simon n’aide pas davantage Aanor à recouvrer sa sérénité. Cerise sur le gâteau, une séquence avec le concertiste manqué Jean-François Zygel, un pédagogue autoproclamé engagé un temps par la télévision française en manque de cours éducatifs soporifiques… Aanor ne l’aime pas. Ce film est Inintéressant malgré ses qualités techniques et artistiques ; l’histoire est sans fond et le destin des personnages, alors là, on s’en contrefiche totalement !

 

Science-fiction

La route/The road, un film de John Hillcoat (2009) avec Viggo Mortensen, Kodi-Smit McFee, Charlize Theron, Robert Duvall… D’après le roman de Cormac McCarthy. Musique de Nick Cave et Warren Ellis. Un film 2929 Productions/Dimension films.

Sombre, triste, noir, une fin plus que dramatique, ce film apocalyptique est Sans intérêt, pourtant, Aanor adore les films de science-fiction au thème identique. L’histoire pourrait donc être parfaitement valable si elle était mieux racontée, une ou deux scènes (lorsqu’ils découvrent l’abri souterrain par exemple) sont bonnes mais l’ensemble ne tient pas la route : les personnages ne sont pas attachants, Charlize Theron en devient même ridicule. Passez votre chemin et rendez-vous au prochain film de Hillcoat qui ne pourra que mieux faire, le pire étant derrière lui !

 

Comédie

Les textiles, un film de Frank Landron (2004) avec Barbara Schulz, Alexandre Brasseur, Magali Muxart, Simon Bakhouche, Angélique Thomas, Philippe Cura, Xavier Aubert, Jackie Berroyer, Sonia Vollereaux, Félix et Zoé Landron… D’après une histoire vraie. Musique de Jean Dindinaud et Thomas Cubitsch. Un film Ocean-films, TPS star…

Réaliser un film sur la confrontation entre personnes dénudées et personnes habillées débarquant sur une île de naturistes sans le savoir était une excellente idée. Loin des clichés et des habituels reportages de l’été, une fiction pouvait permettre de comprendre l’état d’esprit remarquable des uns et le manque de naturel des autres. La France est le Paradis des naturistes et la population a saisit depuis les années 60 les avantages à vivre sans apparats ni scrupules. Hélas, le réalisateur, caméra vidéo miniature au poing (quelle drôle d’époque, est-ce toujours du cinéma ?) nous livre un film sans intérêt, sans saveur, sans piment, sans âme. Les enfants sont les seuls à avoir peser le pour et le contre de la situation dès le départ : ils veulent passer de bonnes vacances et le reste n’est pas leur problème. En abordant le thème des relations amoureuses et sexuelles voire homosexuelles, en détaillant le manège des marcheurs (des voyeurs) dans l’eau et des pervers dans les dunes, des échangistes la nuit, le réalisateur mélange la philosophie naturiste saine et pure avec les motivations de celles et ceux qui ne vivent que sous la ceinture. En se contentant d’aborder les sujets sans oser jouer la carte de l’action, son film est sans rebondissements. Pourquoi tant de retenue et de fausse pudeur ? En mère de famille scrupuleuse, Barbara Schulz joue bien la textile coincée qui lutte contre le bon sens alors pourquoi ne pas avoir bâti une histoire prenante autour de son dilemme au lieu de déballer un état de fait bien banal (je ne veux pas devenir naturiste, je ne peux pas, ça me dégoûte car je suis butée) ?! La musique lourdement rythmée par une orchestration pesante (contrebasse, cordes, percussions, guitare sèche et claquements de mains) est comme le reste, conventionnelle et Ennuyeuse. Il y avait tellement mieux à faire et à entendre… et à mieux montrer ! Au fait, qu’est ce qui vous f ‘rait plaisir ?

 

Horreur

TheHoleII The Hole,un film de Joe Dante (2009) avec Nathan Gamble, Teri Polo, Haley Bennett, Chris Massoglia, Bruce Dern… Musique de Javier Navarette. Un film Bold films.

Le scénario n’est pas très original. Avec « The gate/La fissure » en 1987 et bien d’autres films encore, le sujet était déjà largement abordé, celui de la remontée du Diable qui émerge des Ténèbres par un accès qui n’aurait jamais du s’ouvrir… Malgré quelques lenteurs et effets spéciaux peu impressionnants (on est habitué à Joe Dante), le jeu des acteurs et la mise en scène talentueuse du réalisateur arrivent tout de même à garder Aanor clouée sur son fauteuil jusqu’à l’épilogue. Pas question de trembler d’effroi ni de transpirer, rien n’est vraiment très surprenant dans le film car on en a vu tellement d’autres…  Mais franchement, pas question de s’ennuyer si on aime le genre. Voir ce film en 3D semble ne pas apporter grand chose de plus. Au final, cette Honnête production permet de revoir ensuite ses classiques : « Poltergeist, L’exorciste… ». Et avec ceux-là, pas question de quitter son fauteuil de toute la nuit ! La musique du compositeur quinquagénaire espagnol Javier Navarrette (catalan avant d’être espagnol car il est né à Barcelone) ne séduit pas Aanor qui attend toujours une belle mélodie et non pas des sons sans saveur, sans surprise, sans… relief !

 

Catastrophe

The Impossible,un film de Juan Antonio Bayona (2012) avec Tom Holland, Ewan McGregor, Naomi Watts, Samuel Joslin, Oaklee Pendergast, Johan Sudberg… Musique de Fernando Velasquez. Un dvd Warner Bros.

Sans à-priori, Aanor s’est dit qu’elle allait voir un film-catastrophe, un genre qu’elle apprécie beaucoup et qu’elle connaît bien. Ses références sont nombreuses ! Le raz-de-marée dévastateur de décembre 2006 en Thaïlande est décrit avec réalisme dans ce film espagnol à travers le parcours affolant d’une famille et de l’aîné de ses enfants, à l’instar de la réalisation de Spielberg pour « L’empire du soleil » voir ici. Malheureusement, il manque quelque chose à « The impossible ». Les adultes et les enfants jouent Bien, Tom Holland est parfait ; il se sera fait remarquer dans la pièce musicale de théâtre « Billy Elliot » suite au succès du film du même nom (musique d’Elton John), un domaine artistique très prisé dans les pays anglo-saxons et méprisé en France, c’est misérable… Alors on pleure car l’émotion est bien présente, on s’ennuie un peu dans certaines scènes trop longues, on apprécie la musique douce et orchestrale éloignée du chaos mélodique des compositeurs modernes nés dans un synthé made in China. Mais il manque quelque chose à cette production basée sur une histoire vraie, un cas qui n’est pas rare : souvent, la volonté de se rapprocher de ce qui est réellement arrivé dans « la vraie vie » ne permet pas de se laisser aller, le script en souffre toujours. Ce cinéma réaliste n’est pas celui d’Aanor qui aurait préféré vivre cette histoire terrible en suivant le trajet de plusieurs personnes (y compris thaïlandaises) plutôt que de focaliser les caméras sur le vécu d’un garçonnet bien sympathique mais un peu trop sûr de lui. Il n’arrive pas à convaincre totalement. Peut-être que l’ambition des uns et des autres transparaît trop à l’écran (Naomi Watts n’en aura pas manquée pour parvenir à ses fins professionnelles) ou peut-être et plus simplement est-ce devenu difficile à Aanor de s’émouvoir sur le récit d’un drame dont elle compatit à coup sûr…

 

Drame   

Zlati uhori - Les Mélodies ModernesZlati úhori/Golden Eels, un film de Karel Kachyña (1979) avec Vladimir Menšik, Sláva Špánková-Hozová, Rudolf Hrušinský, Radoslav Brzobohatý, Eliška Balzerová, Martin Mikulás… D’après la nouvelle d’Ota Pavel. Musique de Luboš Fišer. Un film de la télévision Tchécoslavaque. Un dvd de la télévion tchèque (2010).

Pourquoi s’intéresser à ce téléfilm ? Parce qu’il fait partie de ce que la télévision tchécoslovaque, dans les années 70 et 80, a produit de mieux en la matière. Les nombreuses réalisations, toujours talentueuses car très bien dirigées, étaient structurées autour des principes défendus par la pensée politique en vigueur, des histoires mouvementées et originales mettant en scène des enfants vivant la plupart du temps dans la campagne tchèque ou slovaque. La Tchécoslovaquie en tant que telle, avec ses frontières bien définies et Prague comme capitale, fut officiellement créée en 1919 dans le cadre du traité de Saint-Germain-En-Laye près de Paris. Puis la guerre ou plus exactement, les guerres, finirent par provoquer en 1993 la séparation en deux pays autonomes. Diffusés en France pendant les vacances d’été et doublés comme il le fallait, ces téléfilms sont tombés dans l’oubli et c’est bien regrettable. Comme si une doléance ne suffisait pas, la musique de ces téléfilms que l’on ne rediffuse pas est aussi de très grande qualité, mélodique, entraînante et orchestrale ; c’est le cas avec « Zlati úhori » malgré quelques plages musicales commençant et se terminant un peu trop brutalement, disons sans finesse au niveau du montage (pas de superposition avec les dialogues, pas de changement évident d’atmosphère nécessitant l’arrêt de la musique etc). Pour faire simple, soit la scène comporte de la musique (succession d’images ou vues panoramiques), soit elle n’en comporte pas (dialogues), un principe qui remonte un peu aux origines du cinéma parlant. Sans chipoter ni jouer les grandes spécialistes pour autant, Aanor vous conseille ce téléfilm basiquement sous-titré en anglais ce qui n’a rien de très plaisant il faut l’avouer. Inspiré de la nouvelle autobiographique de l’écrivain – journaliste – commentateur sportif Ota Pavel (ancien joueur de hockey sur glace), le téléfilm Excellent situe l’action pendant la Seconde guerre mondiale. Embarqué dans la campagne avec sa famille pour fuir les nazis, un petit garçon va pêcher avec son grand-père interprété par le grand comédien Vladimir Menšik ; en s’approchant d’une anguille pas comme les autres, du moins l’imagine t-il, va t-il découvrir le véritable sens de la vie ? Va t-il comprendre la raison de la disparition de ses parents ? Aanor ne vous en dira pas plus. À quand un doublage en français ?

 

Ne soyez pas impatient(e)s, je continue ma critique de film avec de nouveaux articles chaque semaine… Aanor.

 Les photos d’Aanor sont de Zastavkin @ fotolia.com

Capture d’images des films et montages de FX

 

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