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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

Pour en savoir plus sur les compositeurs de musiques de films et leurs créations, parcourez les pages suivantes !

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

La critique de films d’Auregane (II)

Le cinéma d’Auregane

  Auregane - Les Mélodies Modernes

 

Les critères de film d’Auregane (et de ses nombreuses amies) sont les mêmes que ceux d’Alix et d’Aanor :

Auregane - Les mélodies ModernesTrès bon (les films dont on se souviendra toujours)
– Bon (le cinéma existe grâce à eux)
– Moyen (on n’a pas perdu son temps pour autant)
– Insatisfaisant ou Raté : non, non et non, il ne faudra plus financer un tel navet. À ce point de nullité, mieux vaut tout recommencer. Le réalisateur doit acheter une caméra pas cher, recruter des comédiens amateurs et reprendre son cycle d’apprentissage. Comme on le dit usuellement, c’est en forgeant que l’on devient forgeron !

Pour la musique du film :

– Parfaite ou Excellente (on achètera le C.D. les oreilles fermées)
– Bonne (on en fera de même)
– Discrète (difficile de juger…)
– Mauvaise (aucun scrupule à le dire, quand c’est mauvais, cela s’entend. Le compositeur devrait peut-être envisager une reconversion professionnelle…)

Les photos d’Auregane sont de @ Vasiliy Koval – Fotolia.com

 

 

États d’âmes d’enfants de France et d’ailleurs

 

 

Sports

Basket - Les Mélodies ModernesBasket/The basket, un film de Rich Cowan (1999) avec peter Coyote, Karen Allen, Robert Karl Burke, Amber Willenborg, Jock MacDonald… Musique de Don Caron. Un film Privileged Communications.

Inventé en 1891 dans une université américaine, le basketball n’a pas cessé d’évoluer. Dans « Basket », le réalisateur remonte aux premières compétitions de ce sport devenu très populaire sur toute la planète. L’histoire est doublée d’une intrigue psychologique très intéressante impulsée par le conflit de la Première guerre mondiale : comment intégrer deux jeunes orphelins allemands dans la communauté des patriotes yankees ? Bien joué et doublé (Karen Allen et le jeune Robert Karl Burke sont excellents), le film s’étale beaucoup sur des scènes parfois insignifiantes et Auregane s’ennuie, comme toujours, lorsque l’action se fait trop attendre. On se demande franchement si l’on va tenir jusqu’à la fin du film qui en vaut quand même la peine ! La musique est le fait le plus surprenant ; d’une lourdeur inimaginable tant que l’on ne l’a pas entendue, l’enregistrement effectué en Hongrie (l’Orchestre symphonique de Budapest) ne possède aucun charme, l’interprétation est triste et terne. Pour un opéra, on pouvait espérer plus d’entrain et de passion, ce qu’essaie pourtant de transmettre l’instituteur à ses ouailles qui découvrent autant la musique classique que le basketball. Dans un paysage sans relief rempli de poussière, il aurait fallu jouer plus finement sur les anachronismes et les différences culturelles entre les membres de la communauté en évitant les pièges du stéréotype. La mélodie de Don Caron, compositeur de musique classique, de ballet et d’opéras, est impossible à oublier à la fois pas pour ses qualités et ses défauts ; en ne parvenant pas à s’extirper d’une orchestration massive (90 musiciens, 45 choristes, plusieurs chanteurs ténors en soliste), le thème démarre avec deux notes, puis recommence en rajoutant une note supplémentaire, puis recommence avec d’autres notes encore, c’est l’adage « J’avance d’un pas je recule de deux ». C’est épuisant à entendre et le montage du film, en une heure seulement avec une musique de film plus légère, aurait permis de gagner les hauteurs de la création cinématographique pour son savoir-faire. Pour autant et malgré tout (scénario et réalisation insuffisamment maîtrisés), ne mettez pas ce film divertissant et très instructif au panier !

 

Tranche de vie

Boyhood - Les Méldies ModernesBoyhood, un film de Richard Linklater (2015) avec Ellar Coltrane, Patricia Arquette, Ethan Hawke… Un film Diaphana distribution (France).

Les critiques semblent dithyrambiques mais ce film est Archi nul. C’est évidemment à vous de vous forger votre propre opinion. Les arguments négatifs ne manquent pas : en version court-métrage de cinquante minutes, la cause était entendue alors pourquoi favoriser la production d’un film de plus de deux heures trente ? L’ennui est présent dès les premières images du film. En voyant un garçonnet s’allonger sur l’herbe devant son école et contempler les cumulus du ciel d’été qui le surplombent, le spectateur sait qu’il va s’endormir. La vie d’un enfant ordinaire issu d’une famille ordinaire à qui il n’arrive rien d’extraordinaire dans une petite ville ordinaire du Texas, on s’en contrefiche comme des amants de la mère de Mason et de Samantha, au centre de l’histoire (ordinaire). « Boyhood » fait penser à un nombril que l’on ne quitte plus des yeux (altruistes s’abstenir), un concept primaire mais existentiel qui montre au cinéma « la vraie vie banale trop ordinaire » de certains individus au quotidien, quitte à décevoir, normal. La lanterne magique s’est modernisée, vous savez, le cinéma de grand-papa qui permettait de rêver et de s’évader… Existe-t-il encore dans notre société contemporaine fortement repliée sur elle-même ?

 

Comédie historique

Bylo nas pet - Les Mélodies ModernesBylo nás pět, un feuilleton de Karel Smyczek (1995) avec Adam Smith, Jaroslav Pauer, Stephen Banyovsky, Jan Brynych, JanMüller, h Navratil, Dogmar Vestrnova. D’après les romans de Karel Poláček. Musique de Petr Hapka. Une production de la télévision tchèque/Areca multimedia s.r.o.

Le personnage principal du feuilleton s’appelle Piotr, un enfant très photogénique d’une dizaine d’année doté de grandes qualités qui vont lui permettre de vivre pleinement le début des années 30 en Tchécoslovaquie, un exemple de démocratie dans une Europe reconstituée après la Première guerre mondiale mais qui subira bientôt les conséquences dramatiques de la montée du nazisme en Allemagne. Le jeune garçon intelligent et fin observateur va connaître des aventures somme toutes assez banales pour un adulte mais qui deviennent facilement extraordinaires pour lui et pour ses petits camarades. Avec un doublage efficace, les français auraient pu s’enthousiasmer pour cette mini-série en six épisodes d’une heure chacun, Très bien réalisée et particulièrement esthétique, une constante dans les téléfilms tchèques avec une musique Excellente, une histoire issue des ouvrages célèbres largement autobiographiques de Karel Poláček. À noter que Piotr, dans « Bylo nás pět », se donne du mal pour jouer du violon sur un instrument bien trop grand pour lui et visiblement mal équipé (pas de coussin) : comment peut-on soigner les détails d’une belle production et négliger cet aspect technique aussi fondamental ? Pourtant l’enfant adore le son du violon et quand son frère en joue, il manifeste un plaisir immense. Pas son père de boulanger, très peu compréhensif et qui peut s’avérer violent au point de lui administrer régulièrement de sacrés fessées. Il aime pourtant son fils mais à sa manière… Le parcours de ce gosse attachant vaut la peine d’être vu sur une musique mélodique sifflée et orchestrée légèrement, rythmée, dynamique très agréable à entendre. Pour pouvoir s’intéresser davantage aux uns et aux autres, à quand un doublage en français ?

À noter : si vous souhaitez voir ce feuilleton dans son intégralité, ce qui semble évident, vérifiez bien que l’on vous propose tous les épisodes (6 au total), ce qui est bien moins évident !

 

Drame

Digging to china - Les Mélodies ModernesDigging to China, un film de Timothy Hutton (1998) avec Evan Rachel Wood, Kevin Bacon, Mary Stuart Masterson, Marian Seldes, Cathy Moriarti… Musique de Cynthia Millar. Un film Moonstone Entertainment.

Cynthia Millar, pianiste à la base, a étudié les Ondes Martenot en Angleterre puis en France avec Yvonne Loriod, une très grande musicienne et interprète née en 1923, la même année que l’invention de l’instrument par Maurice Martenot (sa sœur Suzanne Loriod, concertiste de renom, a poursuivi sa carrière au piano et a épousé Olivier Messiaen). Autant dire que l’environnement musical de Cynthia Millar, lié à la fois à l’époque traversée, très favorable au développement des ondes Martenot dans les formations orchestrales mais aussi grâce à son professeure et aux rencontres induites, deviendrait impossible à reconstituer. Dès ses études poussées au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, elle a pu rencontrer, se faire apprécier et travailler avec de grands musiciens et compositeurs dont Elmer Bernstein, le compositeur très attiré depuis longtemps par les sons purs et franchement hors normes des Ondes Martenot. Cynthia Millar deviendra son interprète de prédilection pour ses nombreuses musiques de films, « Loin du Paradis » en 2002 par exemple. En se produisant sur scène à partir de 1986, Cynthia Millar saura faire parler d’elle et devenir incontournable dans le milieu très fermé des concertistes de musique classique. Son talent pour la composition de musiques de films reste cependant à démontrer : la musique de « Digging to China » est Pauvre sur tous les plans, mélodique et harmonique. On retrouve pourtant les sonorités et couleurs des compositions d’Elmer Bernstein, arrangeur et chef d’orchestre pour l’occasion mais le cœur n’y est pas, la dEvan Rachel Wood - Les Mélodies Modernesimension non plus. Sans profondeur, que reste-t-il ? Plusieurs chansons de variété sont rajoutées au film par le réalisateur très peu prolifique Timothy Hutton, principalement connu comme acteur émérite (on se souvient de lui dans le formidable « Taps »). Il sait pourtant réaliser et se mettre en scène alors d’où vient le problème de « Digging to China » ? Probablement du récit et de sa gestion : les relations entre une gamine complètement fantasque et ingérable (Evan Rachel Wood devenue actrice professionnelle, voir « Mildred Pierce ») et un jeune adulte « attardé mental » manquent de naturel, de crédibilité, peut-être parce que le rôle pour la jeune actrice débutante est difficile à rendre crédible et que Kevin Bacon, de son côté, en fait trop, beaucoup trop. Les situations rencontrées manquent d’intensité. Pas facile pour Aurégane d’adhérer à l’histoire insuffisamment sentimentale pourtant alimentée par les frasques d’une mère indigne et alcoolique, par un père absent d’un motel perdu dans l’Amérique profonde de 1960… l’année de naissance du réalisateur. La boucle serait bouclée si la question suivante ne restait sans suite : quelles étaient les réelles motivations du réalisateur, sur le fond ? La réponse proviendra peut-être d’extraterrestres débarqués en Chine…

 

Reportage

Les génies de la grotte Chauvet - Les Mélodies ModernesLes génies de la grotte Chauvet, un téléfilm de Christian Tran (2015). Musique d’Agathe Max. Un film Arte.

D’autres reportages en 2002 et 2003 ainsi qu’un long- métrage du réalisateur Werner Herzog auteur des fabuleux « Aguirre la colère de Dieu, Fitzcarraldo» permettent de s’intéresser de manière plus complète à cette prodigieuse découverte. « Les génies de la grotte Chauvet » montre simplement le travail de reproduction effectué sous la direction de l’artiste Miquel Barceló pour proposer au public une nouvelle grotte en copie conforme, l’original devant être préservée à tout prix ! Simplement, il faut le dire vite car 36 000 ans nous séparent des artistes du passé, une échelle représentée par l’accès à la grotte avec ses trente-six marches à descendre : à chaque pas, mille ans nous rapprochent des hommes préhistoriques. Seul hic à ce reportage Passionnant : sa musique. D’une Nullité incroyable autant techniquement que musicalement (quel son horrible de violoncelle, à moins qu’il ne s’agisse du violon électronique trafiqué de la compositrice), l’illustration sonore empêche la réflexion, la méditation et ne donne aucune profondeur ni dimension aux images. Une bien déprimante musique de (télé)film… Sur les murs, des beautés exceptionnelles d’hier. Sous les yeux, un fantastique travail de copistes inspirés. Dans les oreilles, un gâchis artistique contemporain. Sans doute un nouveau signe des temps…

 

 

Comédie

Graine de star - Les Mélodies ModernesGraine de star/Life with Mickey, un film de James Lapine (1993) avec Michael J. Fox, Christina Vidal, Cyndi Lauper, Nathane Lane, David Krumholtz, David Huddlenston, Victor Garber… Musique d’Alan Menken. Un film Touctone pictures.

Cette comédie est Touchante à plus d’un titre. Elle permet tout d’abord de revoir et d’entendre Michael J. Fox. Au sommet de sa gloire après les trois volets exceptionnels de « Retour vers le futur », l’acteur américain déploie un jeu dynamique et talentueux dans un numéro d’impresario fou très inspiré. Avec la voix formidable de Luq Hamet, le comédien habitué des planches de théâtre mais aussi des comédies françaises comme « Le placard, le boulet, Trois zéros, Tais-toi !, Albert est méchant… », Michael J. Fox est doublé mieux qu’il ne l’est avec sa propre voix, plus grave et plus sérieuse ! Ce film permet aussi de revoir Christina Vidal dans son premier rôle (pour de vrai) d’un premier rôle (sa fonction dans le film) et d’entenGraine de star - Les Mélodies Modernesdre la musique mélodique et très bien arrangée d’Alan menken, compositeur attitré des films d’animation de Walt Disney avec « Pocahontas, Le petit sirène, Aladdin… ». Une musique de film très bien orchestrée placée sous la vigilance de Marc Shaiman en superviseur musical, un compositeur très apprécié d’Auregane. Bref, voici du beau monde sur le plateau pour un scénario peu accrocheur car l’histoire, hélas, ne décolle pas. Résultat prévisible, le film fut un échec commercial et demeure peu connu du public. L’alternance du succès et de l’échec, c’est l’enfance de l’art…

 

Saga

 Le grand pardon - Les Mélodies ModernesLe grand pardon II, un film d’Alexandre Arcady (1991) avec Roger Hanin, Richard Berry, Gérard Darmon, Christopher Walken, Jill Clayburgh, Jennifer Beals, Alexandre Jouan-Arcady, Amidou, Jean Benguigui, Anna Berger… Musique de Romano Musumarra. Un film Gaumont, distribution T.F.1. vidéo.

Dix ans plus tard, l’action du « Grand pardon » est transportée aux États-Unis et la présence d’acteurs américains est une belle surprise. Les Mélodies Modernes adorent le jeu de Christopher Walken, admirable dans le légendaire « Dead zone », et son rôle du méchant maffieux dans « Le grand pardon II » apporte beaucoup au film. En revanche, le personnage incarné par Roger Hanin n’est pas assez utilisé au bénéfice de son fils interprété par Richard Berry et c’est bien dommage. Les scènes d’’action, efficaces mais trop rares, ne permettent pas d’oublier la lenteur de certaines situations redondantes, une caractéristique dans les deux films. Malgré cela, l’ensemble se tient bien avec la musique du compositeur italien Romano Musumarra remarqué dans « L’élève », un spécialiste de la chanson de variété peu habitué à œuvrer pour le cinéma. Pour Auregane, « Le grand pardon II » est Incontournable dans la longue liste des grandes réussites du cinéma hexagonal. Cocorico !

 

Drame

Jack - Les Mélodies ModernesJack, un film d’Edwouard Berger (2014) avec Ivo Pietzcker, Georg Arms, Luise Heyer… Musique de Julian Maas et Christoph M. Kaiser. Une distribution Freiwillige Selbstkontrolle der Filmwirtschaft (FSK6, Allemagne).

Encore un film psychologique au scénario de Déjà vu ! Sans action percutante, sans grands moments impressionnants, marqué par quelques invraisemblances, ce film est calqué sur l’ère du temps, celui des nombreux problèmes rencontrés par une famille éclatée dans une société indifférente. Les états-d’âmes des uns et des autres sont déballés sans surprise dans une relative monotonie car les enfants intériorisent beaucoup leurs sentiments, ils parlent peu ; nous sommes en Allemagne et pas dans un pays du sud où les gens s’expriment de manière plus expansive… Jack, âgé d’une douzaine d’année, doit s’occuper de son demi-frère deux fois plus jeune que lui quant à sa mère, totalement irresponsable, elle s’occupe d’elle-même et encore, il faut le dire vite : après ses virées nocturnes systématiques, elle se promène nue au petit matin dans l’appartement avec un amant qui ne l’a pas déshabillée que du regard, bref, elle rend jaloux son fils qui n’est pas épargné une seconde, le pauvre. Ce drame, sans excès visuels malgré les apparences, révèle un scénario en demi-teinte qui manque de force et de caractère. Pour Jack le détourné du droit chemin, son aventure est « mi-fugue mi-raison » !

 

Comédie

Kde padaji hevzdy - Les Mélodies ModernesKde padají hvězdy, un feuilleton de Jan Hřebejk (1996) avec Josef Kolínský, Jitka Asterová, Vendula Ježková, Anna Budínská, Marec Javorský, , Sylvie Kobližková, Svatopluk Beneš, Rotislav Ctvrtík, Jaroslava Hanusová, Vladimir Skultéty… Musique de Jan Maliř (John Painter). Un feuilleton produit par la télévision tchèque.

Rien détonnant à ce que ce feuilleton soit aussi Bien fait : enfant à l’époque du tournage, le personnage principal joué par Josef Kolínský est aujourd’hui un acteur renommé qui tourne principalement en République tchèque ; le réalisateur de « Kde padají hvězdy » fait partie, lui, de la liste restreinte des professionnels nominés à l’Oscar du meilleur film étranger (en l’an 2000) ; quant au compositeur de la musique du film, un artiste polyvalent (peinture, réalisation, musicien, créateur…) aux nombreuses distinctions, sa personnalité très appréciée à dépassée les frontières de son pays natal. Très orienté jazz, sa musique pour le téléfilm s’en inspire (générique), les autres scènes ne pouvant utiliser ce genre musical étant soutenues par l’orgue ou tout autre instrument aux notes tenues. Les enfants du sanatorium s’essayent même au rap… C’est musicalement assez rudimentaire mais efficace dans le contexte de l’histoire. Alors pourquoi ne pas nous traduire cette production au succès évident qui pourrait ravir les enfants français, les téléfilms tchèques misant toujours sur la qualité ? Mystère, mystère.. Mais il serait plus que temps de s’intéresser de plus près à ce qui se fait de mieux à l’est de la France et pas toujours lorgner sur les productions « industrielles » sans âme venues de l’ouest…

 

Sports

Over the top, Le bras de fer - Les Mélodies ModernesOver the top/Le bras de fer, un film de Menahem Golan (1987) avec Sylvester Stallone, David Mendenhall, Robert Loggia, Susan Blakely, Rick Zumwalt…Musique de Giorgio Moroder. Un film The Cannon group inc.

Ce film fut un échec commercial à sa sortie aux États-Unis mais il aura reçu l’approbation du public mondial, une chance inespérée pour les producteurs qui commençaient à avoir peur pour leur investissement. Après l’énorme réussite de « Rocky » (musique de Bill Conti) et ses suites qui élèveront dès 1976 Sylvester Stallone au rang de star, après les non moins énormes « Rambo » (musique de Jerry Goldsmith) à partir de 1982 et avant le très bon « Haute sécurité » (musique de Bill Conti en 1989), il faut bien admettre que son personnage de père indigne dans « Over the top » manque de saveur et de dimension. L’artiste joue bien mais c’est le scénario qui « pêche », la distribution brillante (dont l’enfant star David Mendenhall) ne parvient pas à combler ses déficiences, à l’image des autres films sirupeux de couples séparés ou divorcés genre « Kramer contre Kramer ». Ici, c’est la mère mourante qui confie l’enfant à son père absent, camionneur baraqué sillonnant les routes poussiéreuses des grandes étendues américaines pendant dix ans. La rencontre est évidemment explosive à l’image des combats très surprenants de bras de fer. Mais la table de compétition est bien moins spectaculaire que le ring de boxe… Bien filmé, bien monté, le film vaut le coup d’œil mais l’histoire manque singulièrement de relief. La musique de Giorgio Moroder n’est pas non plus des plus intéressantes. Spécialisé dans la chanson de variété pour une multitude de vedettes anglo-saxonnes dont la plus récente s’appelle Lady Gaga, le compositeur-arrangeur n’est pas un bon compositeur de musiques de films. Ses morceaux peu stylés pour « Over the top » subissent par conséquent l’usure du temps et les dégâts implacables occasionnés par la mode. Un « Turn-over the Top 50 » devait-on dire…

 

Comédie

Pourquoi maman est dans mon lit - Les Mélodies ModernesPourquoi maman est dans mon lit ? Un film de Patrick Malakian (1994) avec Benjamin Chevillard, Gérard Klein, Marie-France Pisier, Jean-Michel Dupuis, Lisa Martino… Musique d’Éric Lévi. Un film Alain Poiré/Gaumont.

Avec ce film, le réalisateur amorce la venue de nouvelles séries de la télévision française : « L’instit » avec Gérard Klein puis « Joséphine ange gardien » pour laquelle Patrick Malakian, le réaliateur, tournera plusieurs épisodes. La trame de ce film Agréable repose sur les relations entre enfants et adultes ; les situations décrites sont parfois amusantes mais aussi mouvementées malgré un traitement édulcoré d’une histoire trop banale, sans surprises. C’est bien dommage. Lorsque l’aspect psychologique des personnages devient la seule raison d’être d’un film, mieux vaut être un excellent scénariste et dialoguiste. Tout le monde ne s’appelle pas Audiard ou Veber. Ceci dit, Marie-France Pisier et Gérard Klein jouent bien, le jeune Benjamain Chevillard également, l’histoire étant bâtie autour d’un garçon à la personnalité tourmentée et l’acteur fait très bonne impression (il ne fera pas carrière dans le cinéma pour autant). Curieusement, malgré les efforts déployés par les uns et par les autres, le film ne « décolle » pas, les scènes semblent « téléphonées » et aseptisées ; il aurait fallu mettre davantage de folie et de piment à tout l’ensemble. C’est le reproche à faire à ce traitement des histoires familiales imaginées pour plaire au plus grand nombre de spectateurs. S’ensuit une critique scolaire : « C’est bien mais peut mieux faire ». La télévision et le cinéma oublient aujourd’hui leur mission formatrice : nous apprendre à nous dépasser dans notre conception trop arrêtée de ce que doit être une société contemporaine moderne et intelligente ; pour cela, il ne faut pas chercher à « caresser dans le sens du poil ». Dans « Pourquoi maman est dans mon lit ? », on ne blesse personne, on ne vexe personne, soit, la démarche est louable mais par répercussion, on enthousiasme qui, vraiment ?

 

Suspense

La prion de verre 2 - Les Mélodies ModernesLa prison de verre 2/The good mother, un film de Steve Antin (2006) avec Jordan Hinson, Bobby Coleman, Angie Harmon, Joël Gretsch, Jason London, Shiloh Fernandez, Tasha Smith… Musique de Steven Gutheinz. Destination films distribution company inc.

Suite du film « La prison de verre » (compositeur, Christopher Young) ou plus exactement reprise du film, c’est un nouveau duo de jeunes qui prend la relève. Bobby Coleman possède un visage particulier très expressif mais c’est un an plus tard qu’il se fera vraiment connaître en vedette dans le surprenant « Un enfant pas comme les autres » avec John Cusack. Son rôle est secondaire dans « La prison de verre 2 ». Pour l’heure, la performance est signée Angie Harmon : l’actrice interprète une maîtresse de maison démoniaque, une déséquilibrée totalement incontrôlable prête à tout pour assouvir ses pulsions ravageuses et meurtrières. Angie Harmon, une grande femme brune chic et belle (elle est mannequin depuis l’enfance), interprète un personnage aux grands troubles psychiques ; l’actrice joue formidablement bien et démontre un grand professionnalisme. Oui, ce type d’individu existe, ce ne sont pas les médecins-psychiatres et autres psychologues qui vous diront le contraire. Grâce à son jeu très élaboré, les autres acteurs font un peu grise mine par manque de consistance de leur personnage, les rôles adjacents n’étant pas suffisamment mis en valeur. C’est la faute au titre français, une nouvelle fois mal traduit : plus qu’une suite de « La prison de verre », il s’agit d’un film bâti autour de « La bonne mère » qui est, en fait, un véritable démon. Le film s’articule autour de ce personnage principal et non autour des enfants comme dans le premier film, des orphelins qui savent rester des êtres fragiles suite au décès brutal de leurs parents. Ils vont tenter de survivre dans un huis-clos sans marge de manœuvre comme dans le brillant « 3615 code Père Noël ». Il était pourtant possible de mieux faire encore au niveau du scénario et de la musique tonale qui reste beaucoup trop fade. Pour Alix, ce film est Très Bon. Sachez le (re)découvrir sans à priori, il vous est recommandé par Auregane, notre critique de film qui vous donne son « feu verre » !

Pour en savoir + sur les compositeurs allemands de musiques de films, voir ici (page XVI des compositeurs).

 

Horreur

Rubber - Les Mélodies ModernesRubber, un film de Quentin Dupieux (2010) avec Roxane Mesquina, Haley Ramm, Stephen Spinella, Thomas F. Duffy, Devin Brochu… Musique de Quentin Dupieux et Gaspard Augié. Un dvd Melimedias.

Le réalisateur né en 1974 est un o.v.n.i du cinéma français comme le 7e Art en produit de temps en temps. Son film « Rubber » est Incensé. Tourné en quinze jours avec deux appareils photos (qui font aussi office de caméra, on n’arrête pas le progrès) avec un budget, tout de même, de plusieurs centaines de milliers d’euros, son scénario est d’une débilité affligeante. C’est l’histoire absurde d’un pneu doté de la vie, pervers et assoiffé de sang ; pendant que ses victimes agonisent dans la vallée, un public très spécial observe à distance, sur la colline, son manège meurtrier… La musique du film, concoctée par ses soins avec un deuxième acolyte de la même veine, est électronique et complètement insipide. Héla, l’un ne va pas souvent sans l’autre. Pire encore, la présence du talentueux et jeune Devin Brochu, si remarquablement mis en scène dans « Hesher », est une vraie insulte au métier d’acteur. Comment peut-on diriger aussi mal des comédiens ou plutôt, ne pas les diriger du tout ? Le réalisateur fait preuve d’un « j’menfoutisme » vis-à-vis des codes, des règles et des usages du cinéma qu’il prétend ouvertement pourfendre dans un état d’esprit déjanté et assumé. Se vouloir original et vouloir innover ne signifie pas que l’on a du talent… Le résultat est sans appel : le réalisateur a engendré un navet absolu pourtant apprécié de certains artistes connus comme Éric et Ramzy, ce qui n’est pas en soi très rassurant. Vous l’aurez compris, « Rubber » mérite d’exister avec un réalisateur qui doit poursuivre dans son action déprimante car il faut de tout pour faire un monde. On peut néanmoins s’interroger, au passage, sur les financements dont disposent certains « électrons libres » pour faire ce qu’ils veulent pendant que d’autres, si doués, n’arriveront jamais à rien faute de moyens et de considération du milieu cinématographique. Mais Quentin Dupieux ne doit peut-être rien à personne et dans ce cas, son mérite est bien réel et respectable. Les Mélodies Modernes auraient simplement aimées ne pas avoir à critiquer sévèrement un travail conceptuel, artistique et technique d’une piètre qualité pour ne pas dire autre chose. Auregane, sérieuse dans sa démarche de critique de films, va quand même s’acheter son dernier film « Réalité » sorti en 2014 avec Alain Chabat mais elle craint le pire… Les Mélodies Modernes y reviendront à moins qu’elles ne s’en remettent pas. Attendons juste un pneu, pour voir.

 

Sports

Terre battue - Les Mélodies ModernesTerre battue, un film de Stéphane Demoustier (2014) avec Charles mérienne, Olivier Gourmet, Valérie Bruni Tedeschi, … Pas de compositeur de musiques de films. Distribué par T.F.1 vidéo.

Ce premier long-métrage d’un jeune réalisateur spécialisé dans les courts-métrages et films documentaires n’est pas sans intérêt, bien au contraire. La présence d’acteurs professionnels au talent reconnu y est pour beaucoup quant au reste, c’est-à-dire la partie immergée de l’iceberg, c’est Cohérent. Le scénario repose sur l’ambition démesurée d’un garçon de 11ans obsédé par sa réussite au tennis. En intégrant le centre national de formation à Paris, sait-il ce qui l’attend ? Son père au chômage veut créer une entreprise et sa mère n’est pas très présente à ses côtés alors un entourage familial compliqué et tendu va-t-il pouvoir l’aider à trouver sa voie ? La chute de l’histoire est surprenante. L’enfant n’est pas photogénique (il possède un visage peu expressif) et même s’il ne joue pas très bien la comédie, son talent de tennisman lui permet de rendre son rôle très crédible. Voilà déjà un autre point positif de « Terre battue ». Et la musique dans tout ça ? Le réalisateur s’en fiche totalement. Absente du film, rien ne peut être pire sur les plans artistique et déontologique. En produisant des documentaires sur les compositions indigestes de l’Ircam, le réalisateur Stéphane Demoustier est-il en capacité de comprendre qu’une musique de film, à plus forte raison dans un long-métrage, s’avère toujours structurante d’un point de vue technique en devenant même indispensable à nos oreilles ? Espérons qu’il saura à l’avenir mieux s’entourer dans sa société de production car sa future réussite professionnelle doit intégrer les aspects négligés relevés dans « Terre battue », l’absence choquante de compositions musicales dédiées, pour commencer.

 

Guerre

The search - Les Mélodies ModernesThe search, un film de Michel Hazanavicius (2015) avec Abdul Khalim Mamutsiev, Bérénice Bejo, Maksim Emelyanov, Annette Bening… Musique de Ludovic Bource. Un film Warner Bros.

Après le succès de « The artist » qui n’avait pas enthousiasmé les Mélodies Modernes, le réalisateur Hazanavicius se fourvoie dans un scénario mal maîtrisé qui plus est, remake d’un film précédent. Sans grande émotion à part le dénouement peut-être, avec sa manière de filmer et une mise en scène sans grand intérêt, ce long-métrage aux longueurs interminables (déjà amputé de vingt minutes pour cette même raison) est Très décevant. Le visage peu expressif de l’enfant aux yeux écarquillés et l’indolence de Bérénice Bejo dépriment Auregane d’un bout à l’autre du film, à oublier très vite. Comme si cela ne suffisait pas, la musique est carrément Nulle. Reste-t-il encore un artiste dans l’avion ?

 

Drame

The nature of Nicholas - Les Mélodies ModernesThe nature of Nicholas, un film de Jeff Erbach (2002) avec Jeff Sutton, David Turnbull, Ardith Boxall, Tom McCamus… Pas de compositeur de musique de film. Un dvd Al!ve/cmtv Laservivion Berlin.

Le réalisateur canadien est connu des festivals de cinéma qui existent sur la planète et « The nature of Nicholas » reste son premier long-métrage. Spécialisé dans les clips vidéo, son film utilise les mêmes codes : priorité à l’image et à l’enchaînement des scènes, ce qui est très bien, sur un scénario alambiqué, ce qui l’est moins. Point Positif, le film est beau avec ses mouvements de caméra artistiques dans une photographie très soignée (lumière, décors etc.) ; les acteurs, eux aussi, jouent très bien malheureusement il n’existe aucune version doublée en français. Quel scandale ! Le problème de fond vient du scénario. Au lieu d’échafauder une histoire passionnante autour d’une idée somme toute assez banale (les sentiments homosexuels chez l’enfant) en insistant sur les questions existentielles fortes (vouloir embrasser son ami), le scénariste-réalisateur construit une intrigue morbide dont on finit par ne plus rien comprendre. Le père décédé à la guerre devenu zombie tente de détourner son fils de ses sentiments exacerbés (quelle relation y avait-il entre eux de son vivant ?), un dédoublement de la personnalité mis en image sans clarté et peu séduisant. À vouloir être trop original, on devient vite ennuyeux par manque de capacité à convaincre. C’est le cas pour « The nature of Nicholas » dont le déroulé engendre peu à peu le désintérêt, la faute au réalisateur qui se noie dans ses délires personnels. Dommage. Encore fallait-il le savoir. Comme on dit, qui trop embrasse…

 

Comédie

Montage Tous les papas... - Les Mélodies ModernesTous les papas ne font pas pipi debout, un téléfilm de Dominique Baron (1999) avec Corentin Mardaga, Fanny Valette, Alessandro Sigona, Natacha Lindinger, Carole Richert, Marina Vlady… Musique d’Alain Ranval et Jean-Philippe Goude. Un film France 2/Rendez-vous production/RTBF…

Le papa de Simon est une maman bis, la mamie comprend que sa fille est une tata mais le papi, lui, n’aime pas vraiment les tatas. Freddy Berthot, le voisin, un gros plouc, encore moins. Le coq Pavarotti se fiche pas mal de tout ce remue-ménage mais pas la nouvelle meuf du quartier, Jennifer, aime Simon malgré l’obstruction de son frère Max, un meneur et faiseur d’histoires qui roule des mécaniques… Pas de papa qui fait pipi debout pour Simon mais deux femmes qui s’aiment évoluant dans un environnement perturbé : les gens sont tantôt mous, tantôt énervés, agités et excités, râleurs, cogneurs, revanchards… Bonjour les stéréotypes. On se demande comment il est possible de vivre sereinement dans un contexte pareil. Avec des dialogues plus intéressants (beaucoup moins de jurons et de grossièretés), des situations moins figées et moins prévisibles, avec des enfants jouant mieux la comédie (on se croirait dans « Joséphine ange gardien »), avec une réalisation plus performante (un peu moins de psychologie et un peu plus de cinéma svp), avec une musique plus présente (quelques notes à la guitare ou aux synthés, c’est bien peu pour deux compositeurs annoncés au générique), alors « Tous les papas ne font pas pipi debout » deviendrait un téléfilm abouti et très réussi. Tel quel, il reste très Honnête, a le mérite d’exister et de divertir sur un sujet sociétal délicat et très sensible, l’homosexualité féminine d’un couple avec enfant. Il était juste possible de faire autrement, Auregane ne demandait pas mieux.

 

Comédie

Tu seras un homme - Les Mélodies ModernesTu seras un homme, un film de Benoît Cohen (2013) avec Jules Sagot, Aurélio Cohen, Éléonore Pourriat, Grégoire Monsaingeon, Clara Bonnet… Musique du groupe « The french cowboys ». Un film Shadow production distribué par Les films Zelig.

Un jeune homme d’une vingtaine d’années va faire le babby-sitter pour un enfant délaissé par son père et par sa mère (encore un, on se demande parfois pourquoi les gens font des enfants) ! La rencontre très difficile des deux personnages que tout semble opposer va se transformer petit à petit en relation amicale qui va perturber l’environnement familial et déstabiliser les protagonistes, dans le bon ou dans le mauvais sens selon le côté où l’on se place. C’est le propre fils du réalisateur qui joue le rôle de Léonard dans le film et son épouse joue celui de la mère d’où une complicité très intéressante entre tous les acteurs. La crédibilité du scénario n’est pas à remettre en cause non plus car le baby-sitter a réellement été employé par le réalisateur quelques années auparavant ce qui lui a donné l’idée du film. Cette entreprise familiale sympathique, sans points communs avec le film de George Sidney « Tu seras un homme, mon, fils » avec Tyrone Power en 1956, débouche sur un film franchement plaisant grâce au gamin – mignon et bon comédien – mais qui ne réserve aucune surprise tant son partenaire semble, lui, très peu à l’aise dans son jeu. En clair, la tête et le comportement mou du babby-sitter ne lui reviennent pas. Autre critique défavorable, le manque d’intelligence dans les comportements entre un jeune adulte resté « grand enfant » et un gosse qui veut grandir trop vite. L’aspect psychologique édulcoré de certaines situations « téléphonées » et la longueur interminable de certains plans sans aucun intérêt, sinon de justifier l’écoute d’une musique de variété pré-enregistrée, font de ce divertissement Honorable un rendez-vous manqué avec la force et la puissance qui émane d’un grand film qui n’aurait pas à s’appeler « Star wars » pour autant…

 

Drame

Vie sauvage - Les Mélodies ModernesVie sauvage, un film de Cédric Khan (2013) avec Matthieu Kassovitz, Céline Sallette, David Gastou, Sofiane Neveu, Romain Depret, Jules Rimanic, Jenna Thiam, Tara-Jay Bangalter, Amandine Dugas… D’après une histoire vraie « L’affaire Xavier Fortin ». Musique de Mathias Duplessy. film. Une production Las films du lendemain et Les films du fleuve. Une distribution de FranceTV/Le pacte.

Voici un nouvel exemple des films bâtis sur une histoire vrai mais qui ne s’engage pas assez en faveur d’un camp ou d’un autre. On ne peut pourtant pas plaire à tout le monde ! En racontant de la manière la plus neutre possible la démarche honorable d’un père de famille décidé à élever seul ses enfants alors que la garde avait été confiée d’emblée à leur mère, le réalisateur met en avant la performance de Mathieu Kassovitz et de Céline Sallette, excellents dans leurs personnages respectifs. L’histoire pourrait demeurer passionnante mais au fil des évènements l’ennui s’installe car bien des questions se posent sans nous apporter d’éléments de réponses. Le réalisateur joue sur la relation atroce entre un père et une mère déchirés pendant plus de dix ans qui veulent imposer à leur progéniture une éducation hors normes ou très conventionnelle. Avec des faits exposés brutalement sans faire preuve du moindre tact (comment tuer une poule) ou de la plus élémentaire des psychologies (on se met d’abord la main sur la gueule et on discute après), Cédric Khan expose les état-d’âmes des uns et des autres sans nous faire vraiment « entrer » dans le film. Au lieu de se rapprocher de la réalité supposée de « l’affaire Fortin », on a l’impression désagréable, par moments, que l’on regarde un documentaire et le réalisateur aurait pu faire un peu plus de cinéma ! Peut-être manque-t-il des scènes d’action, de justesse dans les propos volontairement limités (et trop crus !), peut-être les enfants ne jouent-ils pas assez bien ou ne sont-ils pas assez mis en valeur ?! Quelque chose ne passe pas malgré les qualités techniques et artistiques de l’œuvre hélas non aboutie. « La vie sauvage » demeure néanmoins un Bon film à voir malgré sa musique inexistante, un très mauvais point à souligner. Sauvage !

 

Saga

Le violon rouge - Les mélodies ModernesLe violon rouge/The red violin, un film de François Girard (1998) avec Carlo Cecchi, Irene Grazioli, Anita Laurenzi, Jean-Luc Bideau, Christoph Koncz, Jason Fleming, Samuel L. Jackson, Sylvia Chang, Greta Scacchi…Musique de John Corigliano. Un film distribué par Metropolitan FilmExport/Lion Gates Films.

Les canadiens savent faire des films, qui pourrait en douter ? « Le violon rouge » est un Très bon film mais qui n’est pas destiné à tous, malgré ce que l’on pourrait en penser, avec un propos éprouvant et une orientation morbide (du sang, des malades, des morts…), le montage reste compliqué et certaines scènes sont assez violentes. De Crémone en Italie en 1681 à Montréal (Québec) de nos jours, le parcours du violon au vernis rouge gorgé d’histoire à la sonorité exceptionnelle va nous faire transiter par Vienne, par le monde itinérant des gitans, chez un aristocrate anglais et par la Chine au moment de la Révolution culturelle. Les images (photographie, cadrage, montage) sont superbes et l’histoire est passionnante. Ce film très ambitieux, trop peut-être, souffre néanmoins de quelques défauts (lenteur de certaines scènes, manque de crédibilité de certains instrumentistes quand ils jouent du violon etc). La musique est évidemment conçue par un compositeur de musique classique, John Corigliano, une démarche un peu primaire mais qui peut se comprendre. La plus grande gêne est occasionnée par le montage que l’on ne comprend pas facilement. Celui qui n’éprouve que du bonheur dans toute cette agitation, c’est le petit Christoph Koncz alors âgé d’une dizaine d’année (photo ci-contre, en bas à gauche). Le concertiste australien plus connu en Allemagne qu’en France apparaissait déjà avec son talent malgré le sourire d’Auregane, notre spécialiste du violon qui sait que l’on ne peut pas jouer correctement sur un violon entier (de taille normale pour un adulte) quand on est trop petit… Une incohérence levée par les luthiers ayant fabriqué des violons de taille réduite pour les rejetons sans que l’on sache vraiment si, au XVIIe siècle, ils y avaient encore pensé. Probablement que non. La lutherie « moderne » aura fait le nécessaire en pensant à Jean de la Fontaine qui avait bien raison : on a souvent besoin d’un plus petit que soi.

À suivre…

 

Suite de la critique de films d’Auregane, page III

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Aurelio Cohen - Les Mélodies Modernes

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