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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

Pour en savoir plus sur les compositeurs de musiques de films et leurs créations, parcourez les pages suivantes !

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

Filmvarnour (VI)

 

Aanor est une gentille femme mais à certains moments, il faut bien « mettre les points sur les i » : quand un film est mauvais, il est mauvais. Pour ne pas devenir désagréable dans une critique qui reposerait uniquement sur ses impressions personnelles du style « j’aime ou j’aime pas », l’analyse technique et artistique doit être effectuée avec une vision de spécialiste. Pour avoir passé une grande partie de sa vie à regarder des films, ce qui n’est pas un critère négligeable, peut-elle se prétendre spécialiste ? Les Mélodies Modernes disent oui ! Et vous, qu’en pensez-vous ?

 

 

Critères retenus pour critiquer le film :

Parfait, Excellent, Exceptionnel (à voir et à revoir sans modération en achetant le DVD ou le Blu-Ray) / Bon ou Moyen (le cinéma existe grâce à lui) / Insatisfaisant ou Nul (le réalisateur doit se poser des questions)

Pour critiquer la musique du film : Parfaite, Excellente, Exceptionnelle (on achète le CD) / Bonne ou Moyenne (il manque quelque chose, probablement une belle mélodie…) / Mauvaise ou Nulle (sauf pour les sourds et les personnes très malentendantes).

Classement des films par ordre alphabétique (sans tenir compte des articles le, la, les). Mise à jour jour après jour, tant bien que mal les jours de mauvais temps…

 

 

 

Des films pour enfants et pour (très) grands enfants…

 

 

Fantastique

Angel Mélodies ModernesAngel/An angel for May, un téléfilm d’ Harley Cokeliss (2002) avec Tom Wilkinson, Géraldine James, Hugo Speer, Angeline Ball, Julie Cox, John  Benfield, Nina Wadia… D’après la nouvelle de Melvyn Burgess. Musique Carl Davis. Une production Portman films/Spice factory/Barzo production/Ed Happer. Distribué par Elephant.

Si vous aimez les films fantastiques évoquant le voyage dans le temps et si vous êtes un(e) grand(e) sentimental(e), alors vous apprécierez beaucoup cette œuvre Très originale : il faut sauver May ! L’histoire joliment racontée donne envie d’en savoir plus sur tout un tas de questions restées sans réponses : peut-on découvrir les portes surnaturelles qui débouchent sur une cinquième dimension et peut-on revivre les périodes passées ? Pourrait-on alors – et dans quelle mesure avec quelles conséquences – changer le cours du temps ? Sans trucages impressionnants, le réalisateur démontre qu’il est possible de créer une atmosphère mystérieuse et passionnante sans pour autant déployer d’énormes moyens en effets spéciaux inutiles. Il suffit d’appliquer sa recette (et celle de l’écrivain à l’origine du téléfilm) : une bonne histoire puis de bons acteurs, une bonne musique, de bons décors, tout ce qu’il faut de talents dans l’équipe technique et artistique. Il est surprenant d’entendre la composition de Carl Davis : lyrique, symphonique, elle fait envie et rien d’étonnant à cela car plus de cent films, téléfilms et séries télé portent sa signature. Lorsqu’ Hollywood a décidé de réhabiliter les grands acteurs du cinéma muet (Chaplin, Keaton, Lloyd…), elle lui a confié la nouvelle illustration sonore de tous leurs films, il s’agit d’une démarche rendant un véritable hommage aux magiciens du 7e Art. Sans nul doute, Carl Davis en fait partie. Pourtant, il reste inconnu en France. Une nouvelle fois, cela n’a rien d’étonnant puisque la musique de film n’est pas valorisée dans notre pays à commencer par la négligence des médias vis-à-vis de nos propres compositeurs pourtant excellents, eux aussi. il n’y a pas que May qui devrait être sauvée…

 

Drame

Bury me behind the baseboard - Les Mélodies Modernes Bury me behind the baseboard, un film de Sergei Snezhkin (2009) avec Aleksandr Drobitko, Scetlana Kryuchkova, Aleksei Petrenko, Mariya Shukshina, Konstantin Vorobyov, Margarita Bycjkova… Musique de Svyatoslav Kurashov. Un film produit et distribué par Globus film studio.

À 8 ans, Sasha est complètement étouffé par l’amour immodéré de sa grand-mère. Malade, très mal dans sa peau, l’enfant est balloté entre ses grands-parents pas très diplomates et des parents absents dont une mère qui ne va pas en rester là… La bataille fait rage entre les idées éducatives des uns et l’absence affective des autres : élever un enfant, c’est une affaire sérieuse et Sasha va se le comprendre à ses frais en se retrouvant dans une situation inextricable. Aanor ne peut pas critiquer normalement ce film notamment sur le plan psychologique : l’œuvre n’est pas (encore) doublée en français. Pourquoi s’en priver ? Mystère, mystère… Pour Aanor, ce film semble Très original, bien filmé et bien joué. On attend la version française…

 

Comédie

Cesta z mesta - Les Mélodies ModernesCesta Z města, un téléfilm de Tomáše Vorel (2000) avec Tomáš Hanák, Babora Nimcová, Michal Vorel, Anežka Kušiakavá, Ljuba Skořepová, Boleslav Polívka, Eva Holubová… Musique de Michal Vích. Vorel film/Ceska televize/T.H.A.

Intéressant et divertissant, ce téléfilm non doublé en français mériterait pourtant un peu plus de considération. Les situations rencontrées peuvent être facilement transposées en France ou dans n’importe quel autre pays soumis au dictat de la vie citadine : « boulot, métro, dodo », la seule grande nouveauté réside dans l’informatique qui veut tout contrôler… Mais pas à la campagne où l’on égorge encore le cochon, où les chasseurs tirent toujours sur tout ce qui bouge et où l’on se soûle comme il faut certains soirs ordinaires… Certainement caricatural sous bien des aspects (normal, c’est une comédie), le fond de l’histoire donne à réfléchir : l’amour dans le foin va-t-il triompher pour cet informaticien partagé entre épouse bétonnée et maîtresse verveinée ? Comment va réagir son gamin (le fils du réalisateur dans la vraie vie) élevé dans la modernité urbaine, ordinateur portable sous le bras et quantité d’images virtuelles dans la tête ? Réponse dans ce téléfilm Surprenant à la musique, hélas, trop basique : une chansonnette de variété à la mélodie très tonale à l’harmonie très simple (quelques accords répétitifs), on dirait une copie plus monotone et soporifique que la musique de Francis Lai (chabadabada) pour « Un homme, une femme » c’est dire…

 

Drame

Ciske le rat - Les Mélodies ModernesCiske le filou/Ciske de rat/Ciske the rat, un film de Guido Pieters (1984) avec Danny de Munk, Willeke van Ammelrooy, Carolien van den Berg, Herman van veen, Peter Faber… D’après l’œuvre de Piet Bakker. Musique d’Erick van der Wurff. Un film DFW dutch filmworks.

Récompensé par l’UNICEF car il dénonce l’injustice et les mauvais traitements infligés aux enfants, l’action de ce Très bon film se situe pendant la Seconde guerre mondiale. Basé sur le roman autobiographique d’un écrivain très connu en Hollande, Piet Bakker, la crédibilité de l’histoire repose sur des acteurs excellents et sur une musique joliment adaptée d’un compositeur né, justement, en 1945… Talentueux et polyvalent, rien ne l’arrête : ses études classiques et son ouverture d’esprit l’amèneront à travailler rapidement avec les plus grands artistes du pays dont Toots Thielemans l’harmoniciste. Alors voilà, les ingrédients étant tous réunis (du casting à la production), « Ciske le filou » est une véritable réussite. Comme souvent dans un scénario tournant autour d’un seul personnage, l’acteur juvénile occupe la place de choix : Danny de Munk crève l’écran, ce qui le rendra célèbre et honoré dans son pays. Sa continuité dans le cinéma cèdera le pas à une importante carrière de chanteur. Quand on est doué, tout est permis !   P.S. À quand la version en français ?

 

Comédie

Dva lidi v zooDva lidi v zoo, un film de Marie Poledňáková (1990) avec Martin et Jan Morávek, Miroslav Macháček, Jiřina Jirásková, Kateřina Macháčková, Marta Sládečková, Jan Hartl, Ladislav Mrkvička, Helena Růžičková… Musique de Petr Hapka. Un dvd Barrandov studio.

Deux frères jumeaux vont semer la pagaille dans le zoo de leur grand-père, un vétérinaire qui n’avait pas vraiment besoin de ça tant il a de responsabilités et de problèmes à gérer. Singes, girafes, éléphants, autruches, félins, bovins, reptiles, oiseaux… La collection vivante de ce grand zoo est impressionnante et fondamentalement pitoyable sur le principe. Comme chacun peut s’en douter, les animaux destinés aux plus de deux mille zoos de la planète ont tous été enlevés de leur milieu naturel par la force ; lors de la capture, du transport et de leur installation dans leur sombre prison, très loin de chez eux, ces êtres vivants et sensibles ont connu l’Enfer. Aanor espère que les responsables de zoo aiment leurs bêtes et s’en occupent du mieux possible mais elle ne peut s’empêcher de penser que ces lieux barbares devraient disparaître à jamais. Pour nuancer le propos, certains établissements, peut-être même la plupart, sont extrêmement soucieux du bien-être de leurs pensionnaires et le professionnalisme du personnel n’est pas remettre en cause ; sans eux, la vie des animaux serait écourtée et plus dramatique encore. Autrefois infâmes ménageries puis simples zoos, certains parc zoologiques permettent de nos jours à des espèces en voie de disparition de se reproduire en toute sécurité afin d’éviter leur Dva lidi v zoo - Les Mélodies Modernesextinction ; ces pauvres victimes sont en effet victimes de la déforestation, du braconnage et d’odieux trafics en tous genres. Les études d’observation effectuées quotidiennement au plus près des pensionnaires aident aussi à mieux comprendre le monde animal et même végétal afin de lutter plus efficacement contre les effets dévastateurs de la pollution principalement engendrée par l’homo sapiens. Pour en revenir au film très divertissant « Dva lidi v zoo », les jumeaux violonistes sont Formidables (malgré leurs mauvaises positions doigts-mains-bras sur l’instrument) et vont rapidement se faire remarquer par leur entrée en fanfare. La musique du film est issue de l’imagination d’un compositeur spécialisé bien connu en Slovaquie et ses arrangements, en l’absence de grandes mélodies, sont d’ Excellente facture : un mélange de synthés aux sons tenus et instruments d’orchestre avec une rythmique adaptée non assourdissante ce qui bonifie la comédie virevoltante riche en nombreux rebondissements. Vos enfants vont adorer. Par conséquent, les Mélodies Modernes lance une nouvelle fois l’appel aux diffuseurs : pourquoi ne pas doubler cette très bonne production qui le mérite car en v.o. et sans sous-titres… ça crin de cheval !

Bonus du dvd : une galerie photo originale (qui montre les difficultés à filmer des animaux), filmographie réactualisée des acteurs (ce qui permet à Aanor de savoir ce que sont devenus, une fois adulte, nos deux joueurs de violon d’Hamelin… Ils parlent de leur expérience mais que disent-ils ? Svp mettez-nous d’urgence un sous-titrage ) !

 

Aventures

L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet Mélodies Modernes L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet, un film de Jean-Pierre Jeunet (2013) avec Kyle Catlett, Jakob Davies, Helena Bonham Carter, Judy Davis, Callum Keith Rennie, Dominique Pinon… D’après le roman de Reif Larsen. Musique de Denis Sanacore. Un film distribué par Gaumont et The Weinstein compagny.

En choisissant pour personnage principal un champion du monde de kung-fu des moins de dix ans, Jean-Pierre Jeunet donnait à son film un élan dynamique certain. Photogénique et jouant spontanément, la caméra ne quitte pas son petit protégé et c’est tant mieux : le choix fut excellent car effectivement, comme aime à le répéter le réalisateur, avec Kyle Catlett, « il se passe quelque chose » à l’écran. Ce film, prévu pour être apprécié en relief (en 3D) dispose d’immenses qualités artistiques et cinématographiques ; certains plans et mouvements de caméra sont magnifiques, les paysages sont rendus avec une grâce et une profondeur rares. Mais le problème reste le même avec ce réalisateur talentueux : on s’ennuie à mourir. Alix s’est rapidement endormie dans « Amélie Poulain », a tenu le coup plus longtemps dans « Un (très très) long dimanche de fiançailles » (jusqu’à la disparition à l’écran de Jody Foster) et s’est efforcée présentement à tenir le coup jusqu’au bout. Le scénario semblait intéressant au départ mais il devient trop vite soporifique. De plus, si les films pour enfants son basés sur un petit cabotin (terme utilisé dans sa forme péjorative) alors c’est mal parti pour Alix qui ne comprend pas toujours les états-d’âme déversés ni certaines scènes censées faire rire ou révéler un message caché : Jean-Pierre Jeunet fait-il des films pour se faire plaisir ? Parfois drôle, parfois triste, parfois incompréhensible, la photographie et la lumière sont superbes mais le propos qui emprunte systématique la voix du second voire du troisième degré, à ce train-là, on finit par s’y perdre. Le scénario perd en cohérence et en efficacité ; ça fuse tellement de tous les côtés que l’on ne sait plus ce qui est important de ce qui relève de l’inutile suite aux délires de l’auteur du livre et des fantasmes du réalisateur. Si c’est le but recherché, pourquoi pas mais Alix N’aime pas le genre. La chute est à l’image de la conception américaine des épilogues qui permettent la reconstitution de la cellule familiale : où se trouve l’originalité affichée de prime abord ? Quant au compositeur et ses quelques notes de pseudo musique country, Alix se gardera de tout commentaire. Allez, roulez Jeunet, restez sur les rails et continuez à nous proposer des films pas comme les autres bourrés de qualités artistiques indéniables qui enrichissent le cinéma mais par pitié, traitez votre scénario de manière moins pénible, c’est-à-dire en étant moins torturé (ou tordu comme le titre), enfin bref, vous voyez ce que veut dire Alix. Sinon elle peut toujours vous faire un dessin…

 

Comédie

Eyjafjallajökull, un film d’Alexandre Coffer (2013) avec Danny Boon, Valérie Bonneton, Denis Ménochet,  Bérangère McNeese, Albert Delpy… Musique de Thomas Roussel. Mars distribution.

C’est une comédie « à la française » avec des acteurs très bons dans leurs rôles respectifs. Malheureusement, les péripéties sont mal cadrées et rendent l’histoire invraisemblable : dans le genre « je t’aime moi non plus », On en a vu tellement d’autres ! « 100.000 dollars en cavale », « Comme un oiseau sur la branche » et l’inoubliable « Un monde fou, fou, fou, fou »… justifiaient par leur réussite qu’une nouvelle histoire de course contre la montre, avec des personnages complètement déjantés, soit parfaitement maîtrisée – ce qui n’est pas le cas -. Dommage, il était possible de réaliser une grande comédie. La musique symphonique de Thomas Roussel reste intéressante elle aussi mais le jeune compositeur de musiques de films (35 ans) est un touche-à-tout ambitieux soutenu par ses relations de travail (la liste de ses tuteurs est impressionnante). Le musicien part dans toutes les directions et cherche à accroître une notoriété naissante avec, par exemple, son œuvre fusionnelle entre le D.J. américain Mills, pionnier de la musique techno 2e génération (!) et l’Orchestre national d’Ile de France (qui mange à tous les râteliers) introduisant dans l’orchestre symphonique les sons électroniques et les rythmes épuisants des musiques de boîtes de nuits. En transformant la salle de concerts classiques en rave-party, la musique techno et électro répond une nouvelle fois aux dictats d’un public plutôt jeune et peu exigeant, une logique fondamentalement commerciale et démagogique amorcée dans les années 80 qui « caresse dans le sens du poil » tout comme les expériences pédagogiques dégoulinantes de mièvrerie des orchestres nationaux orchestrées par un Ministère de l’Éducation nationale incapable d’agir efficacement pour l’apprentissage durable des enfants (au secours, Natacha Polony !) mais tout ceci n’est qu’un vaste débat. L’entreprise musicale très aisée sur la forme qui consiste à se lancer dans de la soupe musicale se révèle toujours médiocre sur le fond ce qui n’est pas pour enthousiasmer Alix, notre bonne vieille critique de films bien campée sur ses positions pour le coup, conservatrices. Les musiciens talentueux ne devraient jamais s’abaisser à faire n’importe quoi. Les arrangements du compositeur Thomas Roussel pour les chanteurs de la variété française ou pour les starlettes de la Star academy ne sont pas faits pour la séduire, Alix est puriste et trop allergique au mélange systématique des genres. La techno c’est bien (pour ceux qui peuvent l’aimer), la musique de film c’est bien, la musique de variété c’est bien, la musique classique c’est bien. Mais mixer tout ça dans une boîte de Pandore, c’est définitivement « niet » !

 

Horreur (et désespoir)

Grand piano, un film d’Eugenio Mira (2013) avec Elijah Wood, Kerry Bishé, Tamsin Egerton, Allen Leech, Jihne Cusack… Musique de Victor Reyes. Un film  Nostromo pictures/Antena 3/Telefonica productions.

Instrumentistes un tant soit peu connaisseurs de l’Art musical, fuyez ce film Médiocre ! Tout est fait pour désacraliser l’institution (Le Chicago concert hall) et les professions de concertiste, de chef d’orchestre, de musicien d’orchestre et plus discrètement de régisseur, y sont ridiculisées. C’est invraisemblable de pouvoir cumuler dans un scénario aussi débile des erreurs si grossières toutes dues à un manque de documentation et d’intelligence dans la préparation. Le film est pourtant assimilé aux chefs-d’œuvre d’Hitchcock : Elijah Wood aurait même vibré, à l’entendre dans l’interview promotionnel du film, pour l’histoire de ce pianiste capable de se produire sur scène après cinq ans d’absence sans répétition générale, un concertiste qui interprète une œuvre difficile en parlant, en  rédigeant des textes sur son téléphone, en faisant la navette entre les coulisses et son siège tout en écoutant un paranoïaque lui déblatérer des inepties dans l’oreillette… De qui se moque-t-on ? La musique symphonique contemporaine sans grand intérêt du compositeur Victor Reyes inconnu des Mélodies Modernes en tant que compositeur de musiques de films, renforce le malaise certain : tout sonne faux. Les efforts pourtant remarquables d’Elijah Wood pour interpréter un concertiste en action sur son clavier ne font pas disparaître tout le reste. Ce film est à fuir de toute urgence et surtout, ne l’achetez pas, il ne dure environ qu’une heure 10 minutes malgré les 90 minutes de délire (!) annoncées sur la pochette.

 

Thriller

Good day for it, un film de Nick Stagliano (2011) avec Mika Boorem, Robert Patrick, Lance Henriksen, Hal Holbroock, Jared Acosta, Chris Barnes, Kathy Baker, Richard Brake… Musique de Matthew Ryan. Un film MEP video.

Dur et cruel, ce film indépendant du tissu cinématographique US ne fait pas « dans la dentelle ». Un tueur sanguinaire est ses hommes de main, en fait, un terrible groupe maffieux, assassine et règle ses contentieux avec un ancien complice mystérieux ayant lâchement abandonné femme et enfant mais pourquoi et comment ? Un huis-clos pesant va progressivement s’installer dans le petit restaurant de ce « trou perdu » de Pennsylvanie. Puisque le réalisateur insiste sur les exactions d’hommes démoniaques, il lui est plus facile d’imposer la présence de « l‘ange », une jeune fille au visage photogénique, la belle actrice Mika Boorem déjà professionnelle depuis longtemps avec « Jack Frost, Le masque de l’araignée, Mon ami Joe, The patriot, Cœurs perdus en Atlantique… » ce qui provoque un puissant contraste entre le côté sombre et le côté lumineux du scénario dans un déluge d’armes à feu. La repentance toute protestante du héros malaimé est le « fonds de commerce » du cinéma américain ; il serait vain de chercher à énumérer tous les films concernés par cette démarche. La violence excessive de « Good day for it », un bon jour pour régler ses comptes, n’est tout de même pas à négliger et l’œuvre doit être fortement déconseillé aux enfants. Les scènes sont parfois longues mais elles permettent de développer en profondeur et sans précipitation le récit psychologique rempli d’état-d’âmes, on aime ou on n’aime pas, à chacun de voir. Aanor pour sa part trouve ce film Très intéressant, lumineux par la présence de Mika Boorem (quel sourire !) et parfaitement crédible (malgré ses excès) par la performance de « vieux routards » du cinéma (parfois très bon) de série B, Lance Henriksen et Robert Patrick. La musique est inexistante. Merci aux comédiens français pour leur doublage excellent, comme d’habitude, et aux distributeurs qui nous permettent de découvrir ce film dans de très bonnes conditions.

 

Comédie

Hals über ko^pf - Les mélodies Modernes Hals über kopf, une série télévisée (de 1986 à 1990) de la deuxième chaîne publique allemande fondée en 1963 (2DF). Musiques de Serge Weber et Jürgen Knieper, musiques additionnelles de George Gershwin et Leonard Bernstein. Une production Aviator entertainment.

Avec ses trente quatre épisodes d’une durée moyenne de trente minutes, le scénario commun à toutes les aventures repose sur la disparition (volontaire ou non) d’un enfant : mais quel programme ! Traité avec beaucoup d’humour mais sans niveau constant, les histoires moralisatrices s’enchaînent avec des personnages stéréotypés et différents (sauf le policier affublé d’une « deudeuche » Citroën à la Jacques Tati qui veille toujours au grain et résout les problèmes des uns et des autres). Réalisé  finement sur des gags parfois très lourds (ils ne seraient jamais venus à l’esprit d’un Charles Chaplin autrement plus inspiré), le plaisir que peut éprouver un jeune public semble évident. L’un des épisodes les plus Amusants, celui dénommé « Das Lehmkind » met en avant un… zizi, une p’tite chose habituellement sans grande importance mais qui, ici, apparaît mystérieusement à la mère de famille paniquée qui ne s’attend pas à le découvrir à cet emplacement ! De quoi se faire tordre de rire les gosses forcément intéressés par l’anecdote il faut le souligner, très originale. On en dira pas autant de la musique, d’une grande banalité et simplicité avec sa chanson horrible interprétée par une chanteuse déjantée – c’est évidemment volontaire et peut-être opportun pour celui qui comprend parfaitement les subtilités du langage -. Allez, messieurs les producteurs, doublez-nous tout cela en français, qu’on rigole un peu dans une production mondiale généralement très violente et totalement déprimante qui rend malade nos enfants !

 

Tranche de vie

Hesher Mélodies ModernesHesher, un film de Spencer Susser (2011) avec Devin Brochu, Joseph Gordon-Levitt, Rain Wilson, Nathalie Portman, Piper Laurie, Madeleine Forney… Musique de François Tétaz. Un film The last picture company…

Une chose est frappante dans ce film Pas ordinaire : la gueule de l’emploi de ses acteurs. Aanor aime ça dans le cinéma américain : souvent, les personnages sont interprétés par des acteurs au physique parfaitement adapté à l’emploi, ce ne sont pas un Lee Marvin, un John Wayne, une Merryl Streep ou plus récemment encore un Elijah Wood qui diraient le contraire… Dans le rôle du « baba cool » déjanté porté sur le sexe et capable d’ultra violence, Joseph Gordon-Levitt « se la pète » de manière extraordinaire, une attitude caricaturale mais tout de même bien ciblée avec des mimiques criantes de vérité ; l’acteur réalise une véritable performance. Parfaitement bien doublé en français (sinon on aurait été déçus), son personnage nonchalant et culotté donne un sens au scénario bourré de nombreuses surprises. L’autre acteur est plus jeune mais tout aussi performant dans son rôle d’enfant naïf et candide (T.J. ne le restera pas longtemps, malheureusement pour lui), Devin Brochu, qui réalise une excellente prestation par sa gestuelle efficace (l’enfant bouge bien) et surtout, grâce à son visage expressif d’une très grande photogénie. Nathalie Portman, mignonne à souhait et très désirable car elle fait de l’effet à T.J. et à Hesher, reste un peu en retrait dans son jeu plus timoré mais elle n’y est pour rien, la faute en revient au scénario parfois flou et peu évolutif : la question de savoir où nous mène le film devient de plus en plus dérangeante au fil de l’histoire jusqu’à la chute forcément décevante, ce que craignait Aanor. Pourquoi le jeune réalisateur (âgé d’une trentaine d’années seulement), pour son premier long-métrage, a-t-il choisi « la queue de poisson » plutôt qu’une issue plus originale, punk à souhait dans le style « no future », histoire de finir de manière plus imprévisible et désordonnée une fin qui serait délicieusement archaïque, justement ? La question reste à débattre mais auparavant, il vous faudra supporter « Hesher ». Et c’est pas gagné, mec.

  Hesher Mélodies Modernes

 

 

Aventures

Jonathan Livingston le goéland/Jonathan Seagull, un film de Hall Bartlett (1974) avec les voix de James Franciscus, Juliet Mills, Richard Crenna, Hal Holbrook, David Ladd… et les voix françaises de . D’après l’ouvrage de Richard Bach. Musique de Neil Diamond. Un film Paramount.

Oscarisé en 1974 pour la Meilleure photographie et le meilleur montage, ce film très original aura fortement influencé les jeunes réalisateurs – et les spectateurs – épris de liberté. Un oiseau en plein vol évoluant au-dessus de la mer de nuages dans le soleil couchant est une image planante pour toute personne un tant soit peu sensible. Avec « Jonathan Livingstone le goéland », le lyrisme et l’anticonformisme triomphent dans cet esprit vraiment libertaire de la fin des années 60 – début 70. Sans comédien présent à l’écran hormis des oiseaux auxquels on prête une pensée et des comportements humains ce qui n’est pas sans créer un malaise (certaines scènes en deviennent ridicules), la musique de Neil Diamond possède toutes les sonorités et l’harmonisation préconisés par Lee Holdridge (voir ici) : trompette solo avec un thème simple impossible à oublier (la répétition des doubles-croches sur les notes de l’accord parfait Majeur) sur un délicieux tapis de cordes (involontairement, un violon domine parfois les autres dans l’aigu) ; les mouvements mélodiques (gammes et arpèges) à la harpe et au xylophone symbolisent le vol du goéland quant aux images des gouttelettes de pluie et du mouvement des vagues, elles sont soutenues par les sons aigus des petites percussions. Les paroles des chansons s’inspirent du livre de Richard Bach (qui se dit un descendant de Jean-Sébastien), un aviateur zélé proche d’un certain Petit prince à l’écriture tout aussi romanesque… Celles et ceux qui ont, un jour, ressentis des émotions fortes au contact de la nature et des quatre éléments (voler en avion, en planeur, en aile volante, en ULM ou en ballon dirigeable), sauter (en parachute, à l’élastique), naviguer, pratiquer l’alpinisme, plonger, foncer en attelage ou en char à voile (liste non exhaustive), savent. Ils savent ce qu’est la chance de pouvoir vivre au Paradis sur Terre en profitant pleinement de l’instant présent. Sûr de leur fait, sans douter une seconde de leur capacité, les aventuriers modernes se lancent comme Jonathan dans la recherche éperdue d’un état de grâce inspiré de l’idée qu’ils se font de la perfection : ils veulent la créer, la toucher, la dompter. Les musiciens et les artistes en général éprouvent eux-aussi les mêmes sentiments. Pas souvent mais quand cela arrive, c’est énorme ! Le film est une grande bouffée d’oxygène et d’exotisme qui nous fait nous remettre en question : nous sommes tous des Jonathan en puissance. Le discours des Mélodies Modernes donne raison à la démarche du réalisateur qui positive et cherche à nous faire apprécier ce que l’on a. Aimons donc la vie sans nous poser trop de questions… Aanor adore ce film Exemplaire (préconisé dès sa sortie dans les séances de psychanalyse pour se sentir bien) avec sa Belle musique qui donne envie de connaître davantage le monde de la musique de films, un domaine qui vous procurera d’autres émotions et pas des moindres car le métier favorise le rêve à l’écran et soutient son souvenir. Avec l’espoir, ces deux sentiments transposés au cinéma depuis son origine sont indispensables à la création artistique. Vive le cinéma, la musique de film, le rêve, l’espoir et créons, créons, il en restera toujours quelque chose !

 

Policier

Mea Culpa et À bout portant Mélodies ModernesMea Culpa, un film de Fred Cavayé (2014) avec Vincent Lindon, Gilles Lellouche, Nadine Labaki, Max Baissette de Malglaive, Gilles Cohen, Medi Sadoun, Velibor Topic, Cyril Lecomte… Musique de Cliff Martinez. Un film distribué par Gaumont. À bout portant, un film de Fred Cavayé (2010) avec Gilles Lellouche, Roschdy Zem, Gérard Lanvin, Mireille Perrier… Musique de Klaus Badelt. Un film distribué par Gaumont.

Dans la vie, il faut savoir ce que l’on veut. Soit on aime le cinéma d’action, soit on n’aime pas. Les créations de Fred Cavayé doivent être évaluées en fonction de critères objectifs, le goût de chacun déterminant la critique subjective que l’on peut ensuite partager, ou non. Tous les avis sont donc intéressants et celui des Mélodies Modernes est très positif : Aanor a adoré le rythme de ces deux films qui remuent les tripes avec leurs scénarios certes invraisemblables (mais c’est du cinéma !), les acteurs possédant un jeu très convaincant. Les scènes de poursuite sont extrêmement bien filmées et montées car elles ne saoulent pas excessivement le spectateur ; en la matière, les films « Jason Bourne » de Doug Liman sont à gerber. Bref, tout baigne dans la violence maîtrisée à part les musiques trop dociles qui manquent cruellement de mélodies ; notre époque impose un mode musical désincarné alors il faut bien s’y faire, ce n’est pas pour demain que la mélodie va refaire son apparition au cinéma : les percussions de Cliff Martinez comme les synthétiseurs redondants sur une basse unique de Klaus  Badelt, malgré la qualité de leur travail, le procédé demeure connu et trop facile, ça va bien un moment. Fred Cavayé est diplômé de la Femis, la fameuse école supérieure du cinéma qui forme les futurs grands professionnels même si, parfois, ils ne confirment pas tous le bien que l’on pouvait en penser. À ce titre, recevez monsieur Cavayé notre seule critique pour vos Excellents films : dotez-les de compositions tout aussi excellentes ! Autre critique sur le film « À bout portant », celle d’Alix, voir ici (musique de Klaus Badelt).

 

Fantastique (attention, arnaque fantastique !)

Le mur invisible Mélodies Modernes Le mur invisible/Die wand, un film de Julian Roman Pölsler (2011) avec Martina Gedeck et Luchs, le chien. D’après le roman de Marlen Haushofer. Chanson de Bernd Jungmair, Cornelius Dix et Jürgen Haiden, paroles de Julian R. Pölsler. Un film  FFF Bayern, Arte etc. Distribué par Bodega.

Ce qui est invisible dans le dvd, c’est la mention « Version originale, sous-titres français » à moins d’avoir de bons yeux. Bonjour l’arnaque. Vous achetez vingt euros un film que vous ne pouvez pas apprécier avec un doublage valorisant. Cette histoire commence mal et fini mal. Si l’histoire est passionnante, son traitement par un réalisateur expérimenté de la télévision allemande est Archi-nul. Les scènes interminables sans aucune originalité sont constituées de très belles images (bravo la lumière !) mais restent totalement figées ce qui rappelle les séances interminables de projection de diapositives de vacances familiales sur lesquelles chacun déballait ses états-d’âme… Qu’est ce qu’on s’ennuie ! Les animaux se font tuer, la fin est « en queue de poisson », l’actrice ne joue pas spécialement bien, même la musique est énervante : les extraits des Suites et Partitas de J.-S. Bach sont jouées de manière baroque par Julia Fischer, une jeune femme bosseuse et ambitieuse qui a commencé l’étude du violon par la méthode Suzuki pour continuer avec l’école russe… un style qui irrite au plus haut point Aanor (voir l’article du site sur Musique, films et éducation). Quant aux commentaires de certains critiques exprimés dans « Studio ciné live » ou de « Elle » par exemple, qui couvrent le film de louanges, ils nous dévoilent en fait leur incompétence et plus grave, leur méconnaissance totale du 7e Art. Sans musique de film dédiée composée par un compositeur attitré à part une chanson (presque) invisible, Aanor sort exaspérée de sa séance de cinéma en pensant que rien ne va plus de l’autre côté du Rhin. Remboursez ! Remboursez ! Ce film est à fuir de toute urgence (et rien ne vous y retiendra).

P.S. Dans le bonus du dvd, un commentaire du réalisateur glace le sang, comprenez ceci : « Peut-être que la femme imagine le mur invisible et qu’il n’existe que dans son imagination… ». On dirait du Michael Heneke, un autre réalisateur autrichien contemplatif dont on fait souvent une montagne de ses films soporifiques.

 

Fantastique

Philadelphia Experiment Mélodies ModernesPhiladelphia experiment, un film de Stewart Raffill (1984) avec Michael Paré, Nancy Allen, Éric Christmas, Bobby Di Cicco, Louise Latham, Stephen Tobolowsky… D’après le roman de Charles Berlitz. Musique de Kenneth Wannberg. Un film Cinema group ventures/New pictures/New-York pictures/Artedis.

En 1943, l’armée américaine aurait réalisé une expérience consistant à faire disparaître un destroyer, l’USS Eldridge, par une technique mal maîtrisée, la téléportation. Comme on peut s’en douter, des témoignages de survivants confirment le déroulement de cette expérience ratée à l’issue dramatique pendant que d’autres témoignages font penser à une énorme blague ridicule. Sur le fond, du point de vue de la physique quantique avec ses théories modernes à base de calculs mathématiques, de formules et d’expériences de laboratoires ou de chocs d’électrons dans les accélérateurs à particules, rien n’empêche de penser qu’il est possible de déplacer des objets dans l’espace et dans le temps par une simple ligne téléphonique, par exemple. Le temps de dilate, l’espace se contracte disait Einstein. Les phénomènes paranormaux, Uri Geller en a fait sa spécialité (forcément décriée) et certains magiciens n’hésitent pas à se servir de leurs dons extrasensoriels (télépathie, sixième sens, visions prémonitoires, à distance etc.). Les phénomènes surnaturels existent bel et bien, personne n’en doute de nos jours. Mais en la matière, qui peut dire ce qui est vraiment réel de ce qui relève de l’imagination ? Pouvons-nous voyager dans le temps (dans le passé ou dans le futur), pouvons-nous déplacer les objets sans les toucher, uniquement par la pensée ? Le film « Philadelphia experiment » est passionnant sur ces questions sans arriver à la hauteur de son prédécesseur sorti quatre ans plus tôt, « Nimitz, voyage au bout de l’Enfer » (musique de John Scott), librement inspiré d’un roman japonais mettant en scène des « Guerriers de l’Apocalypse » ? L’acteur principal Michael Paré aura continué une carrière cinématographique pour tourner, récemment, une nouvelle version de « Philadelphia experiment » (un téléfilm canadien). Aanor retrouve avec plaisir une actrice qu’elle aime bien, Nancy Allen, la co-équipière de Peter Weller dans « Robocop 1 et 2 » quant à la musique, le thème principal est formé d’une succession de quintes, les mêmes que celles utilisées par Dimitri Tiomkin pour sa fameuse chanson – mélodie de « Règlement de compte à OK Corral » puis par Dominic Frontiere pour « Pendez-les haut et court » alors sur ces faits, rien de spécial. Le travail de recherche et de création effectué par John Scott pour « Nimitz » n’en reste que plus remarquable…

 

Western

Soldat bleu/Soldier blue, un film de Ralph Nelson (1970) avec Candice Bergen, Peter Strauss, Donald Pleasance, John Anderson, Jorge Rivero, Dana Elcar… Musique de Roy Budd. Un film distribué par Avco embassy pictures.

La relation entre le scénario du film et la guerre du Viêt-Nam est évidente. L’armée « de l’Oncle Sam » aura massacré toute une population en 1968 ce qui provoqua, lorsque les faits furent révélés, l’indignation du peuple américain. Il restait au réalisateur à effectuer une transposition en 1864 où l’armée US massacra tout un village indien à Sand Creek dans les Rocheuses. Le film ne nous épargne rien : scènes de meurtre et de viols, mutilations et violences multiples, les scalps tapissent l’écran d’un rouge sang… Ce western fut une bombe à retardement qui aurait pu entrer dans la catégorie « film d’horreur » tant sa musique, elle aussi, fait peur. Sur les sonorités peu gracieuses de la « world music » de la période « yé-yé », la chanteuse canadienne très engagée Buffy Sainte-Maire, d’origine amérindienne et épouse du compositeur de musique de film Jack Nietsche (voir ici « Vol au-dessus d’un nid de coucou »), distille son interprétation toute personnelle et bien particulière pour ne pas dire les choses autrement. Pourtant le jazzman Roy Budd nous permet d’entendre une jolie mélodie sur un léger arrangement qui aurait mérité de plus grands développements (notamment par une orchestration symphonique). Le jeune compositeur débutait alors dans le métier et son orientation plus orchestrale se produisit dans les films suivants (Les oies sauvages, le commando de sa Majesté…). Malheureusement, son projet ambitieux de réhabiliter d’anciennes musiques de films (comme l’a fait Elmer Bernstein, Bernard Hermann et tant d’autres) ne pourra pas voir le jour : il décèdera à l’âge de 46 ans seulement. « Soldat bleu » est à voir pour son originalité (mais doit être déconseillé aux enfants) et pour son imbrication dans le milieu de la musique de film. : il s’agit d’un nouveau témoignage très partisan mais réaliste sur les périodes sombres de l’histoire de notre non-humanité.  À noter la présence d’un jeune débutant : Peter Strauss, qui saura se faire connaître dans des rôles plus intéressants encore (par exemple, le feuilleton « Le riche et le pauvre »).

 

Drame

La traversée du phare (1999) et Les inséparables, deux téléfilms de Thierry Redler avec Jim Redler, Katty Loisel, Corinne Touzet, Thierry Redler, Jim Redler, Romain Redler… Musique d’Olivier Visconti. Un film produit par Jean-Luc Azoulay et Martine Chicot. Un dvd T.F.1. Video.

Ces deux téléfilms sont comme leur musique, agréables mais sans surprise. Les côtés Positifs : les téléfilms sont bien filmés, bien éclairés, les cadrages et le montage rendent les œuvres intéressantes, les cascades sont réussies et « font vrai » : lorsque les enfants sautent ou jouent avec le vide, on a peur pour eux ! Côté Négatif, les acteurs jouent mal ; les plus jeunes ont été choisi pour leur bonne bouille et ils récitent leur texte en l’absence de spontanéité. Les adultes, malgré leur métier, ne sont pas plus convaincants. Ils auraient probablement pu donner le meilleur d’eux-mêmes en présence d’enfants naturellement plus doués. Une mention spéciale quand même à Jim Redler dans son interprétation excellente d’un russe désœuvré ; devenu professionnel dans le doublage des films, il ne devrait pas délaisser le métier compte tenu de ses capacités évidentes. Les dialogues sont parfois lourds, l’enchaînement des situations est souvent poussif mais le scénario est bien ficelé, on veut savoir comment l’histoire va se terminer. C’est la musique qui résume le mieux l’impression générale d’Aanor : mélodique au piano sur une orchestration classique, elle est agréable avant de devenir assez rapidement ennuyeuse. So phare away…

 

Western

Le trésor du pendu/The law and Jake Wade, un film de John Sturges (1958) avec Richard Widmark, Richard Taylor, Patricia Owens, Robert Middleton, Henry Silva… Musique de Fred Steiner. Un film de la M.G.M.

Complètement dépassé, ce film est complètement Dépassé. Le méchant Richard Widmark se heurte au gentil Robert Taylor (subtil : c’est un ex-méchant reconverti) et tous deux ne sont pas convaincants. Le scénario est primaire, les dialogues pénibles, l’action végète, l’affrontement final en devient ridicule. La musique, affreusement lourde, reste trop souvent présente (selon les usages de l’époque chez les réalisateurs peu inspirés) ; Fred Steiner aura pourtant collaboré avec les plus grands musiciens du cinéma (compositeurs et/ou arrangeurs), son activité principale restant orientée sur les orchestrations pour des séries télévisées très connues (Rawhide, Star Trek…). Il n’a pas de lien de parenté avec Max Steiner, compositeur d’ « Autant en emporte le vent ». Rajoutons à cela l’excellent doublage en français, l’ambiance géniale des westerns, les paysages extraordinaires des grands parcs nationaux de l’ouest américain et la Mesa est dite !

 

Drame

Uskyld/All the matters is past, un film de Sara Johnsen (2012) avec Maria Bonnevie, Kristoffer Joner, David Dencik, Maria Heiskanen, Tea Sandanger, Asmund Høeg, Emil Johnsen, Paula Siu… Musique de Marc Blanes Matas. Un film produit par Zaklina Stojcevska/Tuff.

Que dire sinon qu’il s’agit d’un film Épouvantable ? D’un côté, il montre des images rafraîchissantes d’enfants heureux et épanouis inondés de nature, se roulant dans les champs de blé, admirant les animaux sauvages et se baignant nus dans la rivière, une pratique toute norvégienne qu’ils conserveront une fois devenus adultes et ils ont raison, tant mieux pour eux. De l’autre côté du miroir, hélas, c’est l’horreur absolue : du sang, des cadavres, des meurtres. Pourquoi tant de haine alors que tout semblait bien parti ? Deux frères et deux femmes dont une policière vont occuper l’écran et l’aventure humaine est au bout du chemin, à la lisère du bois où se joue un drame terrible. C’est bien dommage de procéder ainsi : avant le démarrage certain de l’histoire, le spectateur sait déjà ce qui va se passer, un peu à la manière de Peter Falk dans son rôle légendaire du lieutenant « Columbo ». Ce n’est pas sérieux et le peu de succès du film y puise sa raison. La réalisatrice, visiblement talentueuse pour créer des films de qualité, devra revoir ses scénarios, à l’avenir. Peut-être qu’en piquant une petite tête dans la rivière sauvage retrouvera t-elle une nouvelle motivation ? On le lui souhaite, à nous aussi !

 

SUITE DANS « LA CRITIQUE DE FILMS D’AANOR PAGE VII« 

 

 « Me baigner nue dans la rivière ? C’est ma vie, mon rêve, j’adore ça ! Pas vous ? » . Aanor, l’ingénue des Mélodies Modernes.

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