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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

Pour en savoir plus sur les compositeurs de musiques de films et leurs créations, parcourez les pages suivantes !

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

La critique de films d’Alix (II)

Le cinéma d’Alix

Rappel des critères d’Alix

 

Pour le film :

Exceptionnel (un film de référence, sans contestation possible)

Parfait ou Excellent (à voir et à revoir sans modération)

Très bon (les films dont on se souviendra toujours)

Bon (le cinéma existe grâce à eux)

Moyen (on n’a pas perdu son temps pour autant)

Insatisfaisant (aïe, de grosses faiblesses mettent Alix mal à l’aise)

Raté (il faudra revoir sa copie, toujours selon les critères subjectifs d’Alix)

Nul (aucun espoir car un film nul le restera. Mais s’il n’y en avait pas de temps en temps, on ne pourrait plus désigner les meilleurs…).

 

Pour la musique du film :

Parfaite ou Excellente (on achètera le C.D.)

Bonne (on en fera de même)

Discrète (difficile de juger…)

Mauvaise (aucun scrupule à le dire, quand c’est mauvais, cela s’entend).

 

Les photos d’Alix sont de @ Serguei Kovalev – Fotolia.com

 

Aventures

PUR SANG, la Légende de Seabiscuit, un film de Gary Ross (2003) avec Jeff Bridges, Tobey Maguire, Chris Cooper, Elisabeth Banks, Gary Stenes, William H. Macy. Musique de Randy Newman. D’après une histoire vraie et le livre de Laura Hillenbrand. Un film Universal.

Vous aimez les histoires vraies ? Alors vous adorerez celle du cheval le plus extraordinaire de tous les temps ! Imaginez un succès populaire si important qu’il donne envie à votre patron de vous libérer une demi-journée pour vous rendre à l’hippodrome : dix mille personnes excitées courant dans tous les sens d’un bout à l’autre du champ de courses, quarante millions d’américains regroupés autour des postes de radio, un pays tout entier qui retient son souffle : nous sommes le 1e novembre 1939 et Seabiscuit va encore faire parler de lui. Pour toute une nation et depuis plusieurs années, le cheval représentait l’espoir dans une période de crise économique et sociale ravageuse. Ralph, l’animateur de la petite station de radio locale très bien interprété par William H. Macy, ne s’y trompera pas : une légende était en train de naître sous ses yeux. Il la racontera de manière vivante et passionné et le film nous détaille par l’image la manière dont les hommes – bons et les méchants – auront forgé le caractère de l’animal jusqu’à en faire le champion du 20e siècle. Une statue fut érigée à sa gloire en 1943 à Santa Anita près de Los Angeles où se déroule toujours de fameuses courses de chevaux. Évoquée dans le film de 1949 avec Shirley Temple puis dans le roman de Laura Hillenbrand paru récemment, c’est le film de Gary Ross qui honore le mieux la légende de Seabiscuit. La musique de Randy Newman est une nouvelle fois d’une étonnante efficacité. Lente, calme, sereine et parfois oppressante, elle dégage la sérénité et l’émotion nécessaires pour vivre l’aventure absolue. D’une écriture assez conventionnelle avec ses cors dominants, par des arrangements sans grande originalité, le compositeur démontrera pourtant très intelligemment à quel point simplicité et sensibilité créent le résultat désiré au-delà de toutes espérances. Avec ses plans superbes (photographie, lumière, cadrage, mouvements de caméra), la performance des acteurs et du doublage français – la cerise sur le gâteau -, ce film est une grande réussite du cinéma américain, le même état d’esprit de compétiteur qui aura fait courir Seabiscuit ! Alix trouve ce film Exceptionnel et sa musique Parfaite.

 

 

Drame

LE PIANISTE, un film de Roman Polanski (2002) avec Adrien Brody, Thomas Kretschmann, Frank Finlay, Maureen Lipman, Emilia Fox, Ed Stoppard, Julia Rayner, Jessica Kate Meyer … Musique de Wojctech Kilar (extraits des œuvres de J.-S. Bach, Frédéric Chopin, L.-V. Beethoven…). Pianiste interprète Jerzy Wolochowicz. D’après l’ouvrage auto-biographique de Wladyslaw Szpilman « Le pianiste ». Un film produit par Roman Polanski (co-production franco-polonaise-allemande). Distribué par Universal Pictures Video (France).

Il existe des films qui marquent les esprits par leur intensité, leur justesse, leur véracité. Il en existe d’autres qui font couler beaucoup d’encre. Il existe finalement une multitude de films qui sont plus ou moins intéressants, plus ou moins réussis… Mais « Le pianiste » de Roman Polanski n’est pas un film. Il devient donc inutile de penser qu’il sonne vrai, de se rappeler les scènes truffées de petits détails qui font toute la différence, de rester sous le charme du jeu de ce pianiste au destin extraordinaire. Non vraiment, « Le pianiste » n’est pas un film. C’est un chef d’œuvre. De ceux qui dépassent les références habituelles. On n’assiste pas à un spectacle comme pourrait l’être un simple téléspectateur, bien mieux que cela, on oublie tout pour entrer dans les images et dans la peau d’Adrien Brody dans ce qui restera probablement le rôle de sa vie, celui d’un juif persécuté par la fureur des nazis. Des chef-d’œuvres, qui peut se vanter d’en produire au moins un dans son existence ? Roman Polanski, bien sûr ! Couronné par la Palme d’Or du Festival de Cannes en 2002 et qui pourrait s’en étonner, la surprise viendra de l’Europe : oui, ici, il est possible de financer et de réaliser des chef-d’œuvres. Le cinéma du « vieux continent » n’a rien à envier aux autres cinémas d’envergure ; parfois, on redevient fier de sa production locale – à l’échelle du monde -. En effectuant un parallèle avec « La liste de Schindler » de Spielberg et la musique magique de John Williams, l’interprétation des compositions de Chopin pour « Le pianiste » dans un jeu tout en finesse du pianiste polonais Jerzy Wolochowicz restera elle aussi dans la mémoire auditive des cinéphiles ; la perfection et la beauté se sont faites musique pour contrebalancer le chaos et l’horreur d’un conflit pas comme les autres et il fallait vraiment être capable de gérer cinématographiquement ces oppositions. Retranscrire une émotion dégagée par un livre, retranscrire un témoignage poignant à travers le regard d’un comédien, il faut s’appeler Roman Polanski pour réussir ce tour de force. Pour tout cela, Maître, vous ne forcerez point le respect mais plus que cela, vous suscitez l’admiration et la reconnaissance du public qui vous sont définitivement acquises. Six millions de fois merci !

Alix estime que ce film est Exceptionnel à plus d’un titre avec sa musique jouée de manière Exceptionnelle.

 

Dites-leur que je suis un homme

LA TOURMENTE, un film américano-suisse de Roman Polanski (2009) avec Roman Polanski, Samantha, Mr District Attorney et Jack Nicholson dans le rôle du pianiste involontaire. Musique de Grincheux. Un film distribué par les Charognards Internationaux.

Un homme d’âge mûr, une adolescente de 13 ans, une grande maison, de la drogue et de l’alcool… Selon ce que les médias veulent bien nous en dire, nous voici presque obligés de nous plonger dans un enchaînement de faits qui démarre par une relation sexuelle forcée, une décision de justice, une fuite dans le temps et dans l’espace puis un arrangement tardif, de l’argent, beaucoup d’argent et le Pardon… L’affaire devait être entendue une fois pour toutes. Hélas, que reste t-il aujourd’hui de cette petite partie d’humanité qui demeure en chacun d’entre nous ? Comment peut-on admettre que ces médias, en cette année 2009 s’acharnent encore sur un homme qu’une partie de la population mondiale souhaiterait tout d’un coup voir pendu par les roubignoles au nom d’une pseudo justice à retardement ? Au vu de la carrière brillante de Roman Polanski et de son parcours exemplaire en tant qu’artiste et citoyen de la Terre, personne n’a le droit de continuer à commenter l’affaire, son affaire, leur affaire à eux, à Roman et à Samantha, deux êtres qui n’auraient probablement jamais du se croiser ni se retrouver ensemble dans une sulfureuse maison californienne. Malgré le drame subit et/ou provoqué selon que l’on se place d’un côté ou de l’autre des parties en présence (sans jeu de mot scabreux), le scénario assumé et enterré par les deux principaux acteurs de ce mauvais film ne pourra pas entacher l’œuvre immense de Roman Polanski ; seul son c.v. de réalisateur souffrira d’un excès de zèle d’une société moderne pour le moins curieuse, cette magnifique association d’hommes et de femmes soudés prêts à se sacrifier par millions pour vaincre le Mal absolu mais qui peut facilement se diviser à l’infini quand un petit homme au roman bien trop malmené souhaite tirer sa révérence. Que l’on fiche enfin la paix au glorieux Polanski qui a bien mérité une retraite tranquille et que l’on se préoccupe plutôt des monstres sans scrupules, des dealers assassins, des criminels sans âme et de tous ces autres malades vraiment dangereux ceux-là qui arpentent les rues à la recherche d’une vraie victime innocente : ils traquent même leurs proies sur le web ! Inconnus, ces vrais salauds restent tapis dans l’ombre pour continuer à agir en toute impunité. Pourtant ils sont totalement libres et vivent sans remords, eux ! Alix Déteste « La tourmente », un film inventé par des sangsues au scénario faussement parodique teinté d’un parfum au vrai faux scandale avec sa musique répétitive beaucoup trop représentative d’une forme grave de la connerie humaine.

Quatre César pour Roman Polanski ou obtenus grâce à lui en 2011 (dont celui d’Alexandre Desplat le compositeur). C’est bien, c’est juste et c’est mérité.

« Dites-leur que je suis un homme » est le titre d’un film sérieux qui traite de la question dramatique du racisme, voir ici.

 

Pétrole et pétroleuses

Ces deux films ont plusieurs points communs. Tout d’abord l’histoire : d’un côté comme de l’autre, elle n’est pas crédible. Les aventures d’un affairiste du pétrole ou de femmes au destin extraordinaire auraient pu nous intéresser surtout quand l’on sait que des faits réels sont à l’origine des scénarios seulement voilà, les films sont mal joués. Daniel Day Lewis comme Sophie Marceau ne sont pas bons. Ils ne sont malheureusement pas les seuls : l’autre caractéristique négative commune aux deux films c’est la musique. Rarement Alix aura entendu une musique aussi nulle que pour « There will be blood (merci pour le respect de la langue française, un titre différent compréhensible par tous aurait parfaitement fait l’affaire !) ». D’horribles sons interminables et discordants alourdissent les images qui n’en avaient pas besoin : le portrait en long et en large du personnage joué par Daniel Day Lewis et la lenteur de certaines scènes ne méritaient pas qu’on en rajoute encore des tonnes. La musique ne respecte rien, ni les changements de plans, ni les fondus enchaînés de l’image qui signifient tout de même quelque chose sur le plan artistique, non ? Le compositeur Jonny Greenwood devrait très rapidement se poser des questions sur son avenir dans la profession. Du ce côté-ci de l’Atlantique le compositeur des « Femmes de l’ombre » semble à peine plus inspiré ; Bruno Coulais avait déjà habitué Alix à produire des musiques souvent insipides. La rengaine du film « Les choristes » avait fatigué ses oreilles : après un tel coup commercial épuisant il n’est pas facile de s’en remettre et pour Alix, c’est l’intérêt qu’elle porte au compositeur qui devient compromis ! Quand on adore le cinéma et la musique de film il est forcément délicat de critiquer une œuvre cinématographique ou musicale ayant nécessité des mois voire des années de travail mobilisant parfois plusieurs centaines de personnes. Des millions d’euros ou de dollars d’investissement sont en jeu et surtout des emplois et des talents qui méritent un minimum de respect. Du talent justement, Bruno Coulais n’en manque probablement pas mais c’est son style et ses choix qui ne plaisent pas du tout à Alix. Et quand le film est raté (acteurs et compositeurs sont réunis dans un ennui partagé ce qui est présentement le cas), que peut sauver la musique ? Dans le cas contraire, Alix vous le fera savoir. Ces deux films sont Ratés et leurs musiques sont Mauvaises, point barre.

 

 

Amour le jour…

ORGUEILS ET PRÉJUGÉS, un film de Joe Wright (2007) avec Keira Knightley, Matthew Macfadyen, Brenda Blethyn, Donald Sutherland, Judi Dench, Rosamund Pike, Jena Malone et Tom Hollander. D’après la nouvelle de Jane Austen. Musique de Dario Marianelli. Un film Universal Pictures en association avec Studiocanal.

Décrire les relations entre les hommes et les femmes, les bourgeois et les paysans, les citadins et les châtelains, les parents et les enfants, les solitaires et les familles nombreuses est toujours un travail délicat. Lorsque ces relations se déroulent dans l’Angleterre du XIXe siècle, ce travail devient une performance : un livre de Jane Austen démêle le vrai de l’imaginaire et évoque les mœurs probables de l’époque avec beaucoup d’élégance. Pendant qu’une bonne partie du pays anglo-saxon vivait dans la pauvreté, certaines familles comme les Bingley s’épanouissaient à l’ombre de leur châteaux somptueux et de leurs arbres centenaires dans d’immenses propriétés gérées par des valets dévoués et disciplinés. Parfois le destin pouvait frapper à la bonne porte et dans le cas d’ « Orgueils et préjugés » permettre à l’une des filles Bennet de rencontrer l’amour de sa vie… Le riche célibataire, la dote de mariage, les conventions, les us et coutumes, la hiérarchie, la jalousie, les conflits, les rapports de force, tous les aspects compliqués, grossiers ou raffinés des relations humaines sont évoqués dans ce film subtil et parfaitement maîtrisé. Un excellent divertissement visuel et intellectuel qui ne peut que raviver les nobles sentiments ; il nous rappelle que nous sommes aujourd’hui dans une période incroyable de l’évolution humaine où tous les repères ancestraux, les valeurs héritées et les codes développés au fil des siècles, les connaissances et les bonnes mœurs ont explosé : comment fait-on au XXIe siècle pour déclarer sa flamme à une jeune femme dont on est éperdument amoureux ? Bien malin celle ou celui qui peut donner une réponse adaptable à tous les cas de figure : quand il n’y a plus de règles, chacun doit faire comme il le sent et surtout comme il peut. Mais rassurez-vous, cette période de l’existence restera toujours difficile à surmonter pour ses terribles contradictions : vouloir sans vouloir tout en voulant, donner sans trop donner tout en donnant et sans compter, prendre sans trop prendre de peur de tout perdre… Rien ne sera jamais simple. C’est une question d’orgueil et de préjugés… Alix adore ce film qu’elle trouve Excellent. La musique de Dario Marianelli s’intégre Parfaitement dans le film. À noter plusieurs arrangements basés sur une formidable mélodie d’Henry Purcell extraite de la suite de danses « Abdelazer or the moor’s revenge » : une magnifique marche harmonique indémodable (pour en savoir + sur les marches harmoniques, voir l’encart jaune dans la page B.a-ba de la composition de ce site). Le doublage français est comme toujours fabuleux ; avez-vous entendu la voix naturelle (aïe !) de l’actrice Keira Knightley ? L’actrice française apporte énormément au personnage interprété par Keira Knightley, son doublage est délicieux grâce à sa voix royale. On a vraiment beaucoup de chance !

 

 

… Drame toujours !

REVIENS-MOI/Expiation/Atonement, un film de Joe Wright (2007) avec Keira Knightley, James McAvoy, Romola Garai, Saoirse Ronan, Vanessa Redgrave… D’après la nouvelle de Ian McEwan Expiation. Musique de Dario Marianelli. Un film Universal.

Ce film n’est pas un film dramatique, c’est un film démoralisant : le rôle principal est tenu par une gamine agissant en petite peste détestable, les femmes sont bardées de défauts et les hommes sont des lâches ou des idiots, le tout sur fond de guerre et de tueries. Avec une description quasiment caricaturale de personnages obligatoirement fictifs, l’histoire commence en 1935 dans une immense propriété anglaise : pendant qu’une bonne partie de la population européenne vivait dans la simplicité pour ne pas dire autre chose, un monde de nobles fortunés évoluait dans la superficialité de leurs états d’âmes insipides. Ce film est un déballage de sentiments ennuyeux auxquels il est impossible d’adhérer car tout y est exagéré. Pour commencer, les décors, les costumes, les lumières et le visuel sont tout à fait magnifiques mais totalement artificiels ce qui détourne le regard du spectateur de l’essentiel en rendant le propos peu crédible. Ensuite par le traitement du scénario avec de fréquents retours en arrière (la même scène est vue deux fois selon la perception différente des deux personnages) ce qui renforce la lourdeur du film déjà très lent par un montage habile, certes, mais truffé de longs travellings inutiles (l’un d’entre eux dure cinq minutes avec un fond d’image presque identique d’un bout à l’autre ce qui ne donne aucune dimension à la scène). Il manque quelque chose à l’ensemble, ce petit truc qui permettait de transformer un film banal en un chef d’œuvre absolu. Peut-être est-ce la faute à ce mauvais traitement du romantisme par un anglo-saxon qui ne l’est pas ou peut-être est-ce dû au manque d’efficacité dans l’enchaînement des scènes, en tout cas, la mayonnaise n’a pas pris chez Alix contrairement au film précédent (voir ci-dessus). Le doublage de la voix de Keira Knightley n’est plus aussi bon non plus, ceci dit sur le plan artistique et non technique : les comédiens français parlent sur un ton jeune et trop moderne ce qui manque terriblement de classe et de profondeur ; dans ce domaine aussi, il s’agit d’un mauvais rendu du contexte (la bourgeoisie britannique, les émotions, la guerre…). Les acteurs figés ne semblent pas très à l’aise dans une atmosphère générale qui manque de charme malgré de gros efforts pour essayer d’y parvenir. Pour résumer, la volonté exagérée de faire de belles images nuit gravement au réalisme des scènes. Bonne nouvelle malgré tout, une musique parfaitement réussie de Dario Marinelli, par exemple avec cette utilisation originale du bruit d’une machine à écrire pour créer des contretemps rythmiques, une excellente idée très bien arrangée ; les choix du compositeur (tempos, timbres des instruments, mélodies, arrangements…) sont d’ailleurs excellents. Bref une fois arrivé là, il vaut mieux lire le roman en écoutant le CD du film plutôt que de se baser sur une production d’envergure aux réelles qualités cinématographique mais qui demeure mal gérée, assez prétentieuse, pas convaincante et d’une tristesse absolue. Après le fameux « Orgueils et préjugés », la contre-performance pointe le bout de son nez. Alix trouve que « Reviens-moi » est Raté ; sa musique demeure en revanche Très bonne, c’est toujours ça de pris. Le compositeur et membre de l’équipe sollicitée pour les deux films reste, lui au moins, constant dans la justesse de son travail. C’est ce que l’on appelle sans doute le professionnalisme. Photo ci-contre : Keira Knightley et Saoirse Ronan.

 

La soupe aux choux produits

JUMPER, un film de Dory Liman (2007) avec Hayden Christensens, Smuel L. Jackson, Jamie Bell… Musique de John Powell. Un film 20th Century Fox. / BRUME The mist, un film de de Frank Darabont (2007) avec Thomas Jane, Marcia Gay Harden, Alexa Darabos, Nathan Gamble (photo ci-contre). Musique de Mark Isham. D’après le livre de Stephen King. Un film distribué par Metro Goldwin Mayer / LES LIENS DU SANG, un film de Jacques Maillot (2007) avec Guillaume Canet, François Cluzet, Marie Denarnaud… Un film Studio Canal. / LA JEUNE FILLE ET LES LOUPS, un film de Gilles Legrand (2007) avec Laetitia Casta, Stefano Accorsi, Jean-Paul Rouve, Michel Galabru… Musique d’Armand Amar. Distribué par Warner Bros.

Il ne faudrait pas « pousser le bouchon trop loin » : sous prétexte de nous servir de nouveaux films en profitant du marché parfois juteux du cinéma avec les 3 vies commerciales d’un film (la sortie cinéma, la sortie DVD associée à la location et à la vente puis la diffusion télé), les producteurs nous servent des navets. La perte de qualité à tous les niveaux se ressent de façon systématique et les quatre films suivants « Jumper », « Brume/The mist », « Les liens du sang » et « La jeune fille et les loups » pour ne citer qu’ eux illustrent trop bien ce propos. Des histoires creuses et sans intérêt, des reprises (on dit remakes en anglais) qui nous donnent envie de fuir pour se replonger dans les versions originales histoire de se rassurer, des acteurs fades et sans âme sur un scénario mal maîtrisé. Le prolixe Stephen King alterne comme c’est souvent le cas chez les gens doués le meilleur (Carrie, Misery) avec le pire (Brume). De plus, au moment du tournage et du montage du film, le compositeur de la musique, généralement un professionnel aguerri, se laisse aller à faire un peu n’importe quoi : il œuvre dans la facilité comme s’il avait compris qu’un engagement total ne servirait pas à grand-chose pour relever le niveau (c’est le cas d’Armand Amar dans La jeune fille et les loups ou de Mark Isham dans Brume qui redeviennent excellents dans d’autres films de premier plan par exemple et respectivement Traque sur Internet et Indigènes)… Tout est donc bien lié. En point d’orgue du manque de réussite se trouve le doublage français. Toujours merveilleux et à forte valeur ajoutée, il se met au goût du jour en devenant franchement mauvais voire exécrable par l’utilisation d’expressions vulgaires, peut-être très à la mode chez une partie de la jeunesse mais qu’on ne devrait pas retrouver en permanence dans les films (dans Brume c’est flagrant et dans Jumper c’est navrant). Les voix sont disgracieuses, mal adaptées au physique et au jeu des acteurs. Quant aux dialogues, n’en parlons pas, c’est en essayant de regarder un mauvais film français (Les liens du sang) avec leurs phrases courtes entrecoupées par de longs silences pesants et inutiles que l’on regrette le temps du cinéma muet. Alix a donc pris la décision de ne plus se forcer à regarder jusqu’à la fin des films qui s’engagent trop mal ou qui commencent bien mais ne tiennent pas rapidement leurs promesses. Pour Alix une nouvelle fois, ces films sont Ratés et leurs musiques sont Mauvaises.

 

Tranche de vie
Tranche de vieLE NOMBRIL DU MONDE, un film d’Ariel Zeitoun (1993) avec Michel Boujenah, Thomas Langmann, Mustapha Adouani, Natacha Amal, Roger Hanin… Musique de Goran Bregovic. Un film et un dvd Studio Canal / France 2…C’est le film lent par excellence mais comment pourrait-il en être autrement ? Une ambiance se construit ainsi, sur un rythme calme qui tranche d’autant mieux avec les scènes de violence. Le personnage principal, un tunisien égoïste au comportement répugnant, est interprété par l’enfant du pays Michel Boujenah. Il fait chaud, très chaud et pas seulement au niveau du climat : la seconde guerre mondiale frappe à la porte de l’Afrique et le film nous entraîne dans le parcours de Bajou prêt à tout pour assouvir ses désirs. Avec son embonpoint, son indolence et sa capacité à agir d’abord dans son propre intérêt parce qu’il considère être mal aimé et délaissé par Dieu depuis la naissance, Michel Boujenah fait preuve de qualités énormes qui dépassent largement ses talents d’artiste comique. L’homme a fait ses débuts sur les planches et cela se voit : du stade de comédien il est passé à celui d’acteur avec « Trois hommes et un couffin », un cheminement heureux qui reste parfois impossible à effectuer dans le sens inverse car certains acteurs ne feront jamais de bons comédiens. C’est un autre déraciné, le réalisateur Ariel Zeitoun, qui réalise cette tranche de vie ; sur une période de plus de trente années, en fait jusqu’à la proclamation de l’Indépendance de la Tunisie, Bajou demeurera l’exemple même de l’égocentrique méchant et répugnant. Parviendra t-il à ses fins pour autant ? Saura t-il se faire aimer ? Autour de Michel Boujenah récompensé par un César pour sa performance se trouve une solide équipe d’acteurs et de comédiens ; Delphine Forest recevra également un César. Et puis il y a les habitants superbes et les paysages magnifiques de la Tunisie, un pays d’une incomparable beauté et d’une chaleur humaine extraordinaire. La beauté et la chaleur tout court, voilà bien une image d’Épinal que l’on garde de l’Afrique, le continent qui continue à faire bien des envieux ! Un film Très bon avec sa musique Adaptée.Voir ici l’article sur le nombril (page XXII des compositeurs)
Psychologique

HOOLIGANS/Identity document, un film de Philip Dais (1996) avec Richard Graham, Saskia Reeves, Perry Fewwick, Reece Dinsdale et Philip Glenster. Scénario de James Bannon. Un film produit par Sally Hibbin et la B.B.C. Prix du public du Festival de cinéma de Valenciennes.

HOOLIGANS/Green street Hooligans, un film de Lexi Alexander (2004) avec Elijah Wood, Charlie Hunnam, Claire Forlani, Marc Warren et Léo Gregory. Scénario de Dougie Brimson, Joshua Shelov et Lexi Alexander. Musique de Christopher Franke (reprise de nombreux tubes de la variété anglo-saxonne). Metropolitain film et video.

Deux policiers sont chargés d’infiltrer une bande de Hooligans afin d’identifier et d’arrêter les meneurs seulement voilà, en s’investissant dans leur mission avec conviction l’aventure va peut-être mal se terminer pour l’un d’entre eux (Richard Graham). Un parcours du combattant similaire attend un jeune américain (Elijah Wood) fraîchement débarqué chez sa sœur en Angleterre et ses problèmes relationnels n’ont aucune commune mesure avec les énormes difficultés qu’il va devoir affronter : un groupe de supporters va l’entraîner dans une spirale infernale. Se fera t-il embrigader jusqu’au bout ? Ces deux films sont épatants : ils témoignent par des scénarii originaux la violence qui peut régner dans le milieu des supporters fanatiques complètement drogués et imbibés d’alcool. Dans leur grande majorité pourtant, les passionnés du football soutiennent toujours leur équipe en rejetant les frasques des plus excités d’entre eux et n’acceptent pas les débordements des éléments incontrôlés présents dans les stades : la bonne réputation d’un club se fait en l’absence des agitateurs et des manipulateurs. Alix trouve qu’avec ces deux réalisations de valeur le téléspectateur va passer de bons moments de cinéma. Ces deux films sont néanmoins à déconseiller aux plus jeunes. L’appréciation d’Alix : de Très Bons films avec leurs musiques Adaptées.

Historique et caractéristiques du mouvement hooligans : cliquez ici (infos Wikipedia)

 

 

15 ANS ET DEMI. Un film de François Desagnat et Thomas Sorriaux. Musique d’Alexandre Azaria.

Impossible d’adhérer à l’histoire de ce film. Les dialogues demeurent niais et insipides d’un bout à l’autre, le scénario n’est pas maîtrisé et les cris insensés fatiguent rapidement l’oreille. Pour faire simple : ce film est mal joué, il est raté. On se demande vraiment ce que Daniel Auteuil vient faire dans cette galère, lui qui aura illuminé si brillamment le nec plus ultra du cinéma français avec Jean de Florette et Manon des sources (voir ici). Même dans Le placard il était excellent et dans La doublure (voir ici) il était encore bon, Francis Veber oblige. Mais la descente vers la sortie du théâtre s’amorce avec Mon meilleur ami puis L’invité, sans oublier le terriblement ennuyeux Dialogue avec mon jardinier ou les prétentieux 36, quai des orfèvres et MR73. Quant aux réalisateurs de 15 ans et demi, jeunes et plein d’avenir, ils devront tirer les conséquences de la mauvaise critique d’Alix et revoir quelque peu leur conception du cinéma : pour fournir un bon film il faut se mettre au travail avec davantage de rigueur. De plus, la bande sonore n’a pas relevé le niveau ; pire, elle enfonce le film dans ses défauts. Allez, oublions tout, ce sera mieux la prochaine fois. Pour ce film et sa musique, Alix dit « C’est Pas bon » et croyez bien qu’elle est désolée de vous le faire savoir !

 

DEUX JOURS À TUER. Un film de Jean Becker. Musique d’Alain et Patrick Goraguer.

Encore un exemple de ce qui devrait être de l’excellent cinéma français mais qui bascule vers le Mauvais. Loin de trouver à redire sur le jeu impeccable d’Albert Dupontel qui se perfectionne avec l’âge et l’expérience ou sur la belle Marie-Josée Croze, parfaite dans son rôle d’épouse sidérée par l’attitude incompréhensive de son mari, force est de constater que le réalisateur n’arrive pas à tirer le film vers le haut. L’histoire avait pourtant l’accroche nécessaire pour nous entraîner loin dans la dérive d’un homme atteint, semble t-il, de folie humaine et l’exploitation cinématographique de cette conséquence aurait pu déboucher sur un sacré bon scénario seulement voilà, la montagne a accouché d’une souris. L’ensemble est décevant alors que tout s’annonçait si bien ! Le déplacement de l’histoire en terre irlandaise au milieu du film aura entamé l’inévitable gâchis. Il faudrait donc prendre en compte cet élément primordial pour le prochain tournage : le succès d’un film à vocation psychologique repose sur la qualité de la deuxième partie de son scénario et non sur son traitement soigné lorsqu’il se trouve être déjà sans surprise sur le papier, c’est de la peine perdue. Un film Insatisfaisant pour Alix mais sa musique est Intéressante (à suivre bientôt ici, un article sur Alain Goraguer).

 

Historique

MONGOL, un film de Sergueï Bodrov (2008) avec Tadonohou Asano, Sun Honglei, Khulan, Chuluum, Aliya, Ba Sen… Musique du groupe Altan Urag. Nominé pour l’Oscar 2008 du Meilleur film étranger. Distribué par Seven 7. Un DVD Metropolitan Film Export (France).

Les russes savent faire des films, nul doute sur la question mais on vient quand même d’en recevoir une nouvelle preuve. Dès la fin du XIXe siècle, la projection des films des frères Lumière dans les grandes villes soviétiques donnait envie aux plus passionnés d’entre eux de s’y mettre. Avec Anna Karenine en 1914 puis l’œuvre de référence absolue Le cuirassé Potemkine en 1925, Sergueï Bodrov nous propose aujourd’hui Mongol, un film formidable. L’aventure humaine extraordinaire du grand Gengis Khan y est décrite avec talent et conviction malgré quelques invraisemblances : l’apport de la sentimentalité toute romantique n’est peut-être pas en accord avec la réputation du conquérant sanguinaire et l’enchaînement de certaines scènes de manière très raccourcie nous rappelle que c’est du cinéma ! Avec Est-ouest de Régis Wargnier, le scénariste, réalisateur et producteur russe avait collaboré à la réussite de cet excellent film ; avec Crinière au vent, une âme indomptable il nous a fait pleurer de joie et de peine. Avec Mongol, il nous séduit. Les images sont d’une grande beauté tragique. Alix adresse ses félicitations au décorateur, à la costumière, au monteur et surtout au Directeur de la photographie. Vivement la prochaine réalisation d’envergure de Sergueï Bodrov car à 60 ans et sachant qu’à cet âge les artistes donnent toujours le meilleur d’eux-mêmes, franchement, ça promet ! Voici un Très bon film pour Alix avec sa Bonne musique.

Le site officiel du film (nombreuses photos superbes), cliquez ici

 

Guerre

MA GUERRE DANS LA GESTAPO/A woman at war, un téléfilm d’Edward Bennett (1991) avec Martha Plimpton, Eric Stoltz, Sean Chapman, Jack Shepherd, Kika Markham… D’après le roman d’Hélène Moszkiewiez « Inside the Gestapo ». Musique de Stanislas Syrewicz. Une coproduction Le Studio Canal + (France) et Palace Pictures (Royaume-uni).

Certaines soirées, on ne regrette pas de les avoir consacrées à la télévision. Parmi des centaines de programmes diffusés simultanément tous aussi affligeants les uns que les autres, le téléspectateur peut avoir la chance de tomber de temps en temps sur un téléfilm exceptionnel. « Ma guerre dans la Gestapo » en fait partie. Impossible d’oublier la performance d’actrice de la fille de Keith Carradine et de Shelley Plimpton. Ces deux acteurs se sont rencontrés en 1969 sur le plateau de tournage de la fameuse comédie américaine « Hair » avant que la cigogne ne leur apporte une fille formidable, Martha. Sa prestation dans le téléfilm « Ma guerre dans la Gestapo » demeure étonnante. Son parcours commencera dès l’âge de 9 ans pour la publicité puis n’en finira pas de s’étaler chaque année dans au moins un film ou téléfilm : en 1985 ce sera « Les goonies », en 1986 « Mosquito coast » avec Harrison Ford, en 1987 « Le bayou », en 1988 « À bout de course », en 1989 « Une autre femme » de Woody Allen… Personne ne peut oublier la bouille sympathique et très photogénique de Martha Plimpton (photo ci-contre prise en 2009), vous l’avez déjà certainement remarquée à l’une de ces occasions et son talent de comédienne y est pour beaucoup. Naturelle, sincère, dotée d’un tempérament bien tranché, elle joue avec l’énergie qui la caractérise dans la vie : cette femme est pleine et entière. Le personnage d’Hélène Moszkiewiez ne pouvait donc être qu’interprété par cette actrice très crédible d’autant plus qu’il s’agit d’une personne ayant réellement existé. Polonaise d’origine juive, totalement insoumise au comportement atroce de l’occupant, elle entrera dans la résistance au péril de sa vie ce qui ne se fera pas sans énormes sacrifices et échecs terribles. Des vies seront néanmoins préservées des fusillades, de la torture ou des camps de la mort, Treblinka en tête de liste. Vous devriez voir ce téléfilm pour comprendre ce qu’est une lumière maîtrisée, des décors et des costumes bien sélectionnés, une manière de filmer très agréable, fluide et limpide sur une musique parfaitement adaptée du compositeur russe Stanilas Syrewicz avec une mention spéciale au doublage français réalisé par les plus belles voix de la profession pour des acteurs eux aussi parfaits. L’histoire reste poignante sans devenir dégoulinante de bons sentiments sur des images volontairement horribles et pourtant le contexte malheureux les autoriseraient ; l’enchaînement des scènes nous laisse juste désireux de suivre avec assiduité le trajet exceptionnel d’une jeune femme tout aussi exceptionnelle. Vivement la sortie du téléfilm en DVD ou Blu-Ray car il faut se contenter pour l’instant de trop rares diffusion télévisées ce qui est navrant, les grandes réussites cinématographiques pour petit écran ne se voyant pas toujours là elles semblent parfois se trouver. Alix trouve ce téléfilm Excellent et la musique Parfaite.

 

Policier

LE TRIOMPHE DES INNOCENTS, un film écrit et réalisé par James Glickenhaus (1993) avec Scott Glenn, Jesse Cameron, Sheila Tousey, Darlanne Fluegel, Zitto Kazann. Musique de Joe Renzetti. Produit par Fanck K. Isaac. Distribué par S.G.E./Camay Court Productions inc.

Scott Glenn ne déçoit jamais les fans de bon cinéma. Présent dans les films de référence comme L’Étoffe des héros ou Le silence des agneaux, il reste convaincant dans cette production indépendante du circuit cinématographique américain avec son thème surprenant autant qu’il amuse : un agent du F.B.I. se trouve en effet être complètement dépassé dans une enquête très sérieuse menée conjointement par son jeune fils prodige de douze ans très en avance pour son âge, héritage et compétence paternelle obligent ! Doué d’un esprit analytique et d’un raisonnement infaillible qui lui permettent de comprendre le pourquoi du comment d’un crime, parfaitement à l’aise entouré d’ordinateurs (devenus ringards aujourd’hui mais peu importe), l’enquête du policier en herbe suit son cours : un assassin enlève les enfants pour assouvir ses fantasmes maladifs criminels horribles. L’innocence triomphera t-elle des forces du mal ? Dans ce long métrage, action, émotion et aventure sonnent juste et on ne s’ennuie pas une seconde. Le doublage français est d’une très grande qualité, comme d’habitude ; on reconnaîtra la voix du comédien qui double le célèbre robot Johnny 5, vous savez, cette fameuse voix d’une richesse peu commune et d’un enthousiasme très communicatif (voir ici article sur Charles FOX). Pour Le triomphe des innocents pas très connu mais qui mérite toute l’attention d’Alix, son appréciation est sans ambiguïté : pour le film et sa musique, c’est Tout bon !

 

Psychologique

LES ÉVADÉS/The shawshank redemption, un film de Franck Darabont (1994) avec Tim Robbins, Morgan Freeman, Bob Gunton, William Sadler, Clancy Brown, Gil Bellows et James Withmore. D’après la nouvelle de Stephen King. Musique de Thomas Newman. Un film produit par Niki Marvin. T.F.1 Vidéo.

Andy Dufresne n’est pas un prisonnier comme les autres. Il est innocent mais ça, évidemment, un nombre important de personnes incarcérées le pense et parfois à juste raison, malheureusement pour eux et pour la crédibilité du système judiciaire. La particularité d’Andy Dufresne, il faut plutôt la chercher du côté de son intelligence. Doté du sens de l’observation, capable de supporter l’insupportable grâce au soutien de son ami Red, le prisonnier va adopter une ligne de conduite remarquable. La soumission à la discipline de fer du milieu carcéral est-elle un mal nécessaire pour fuir le régime épouvantable d’un directeur de prison assassin et totalement pervers ou y a-t-il « anguille sous roche », est-ce une stratégie qui dissimule autre chose ? Qu’espère t-il réellement ? Un film boudé par la critique à sa sortie et confiné dans quelques salles obscures mais le bouche-à-oreille fonctionnant à merveille, le public a loué et acheter ce film d’une rare intensité. Les rôles sont parfaitement bien répartis, l’histoire est passionnante, pendant plus de deux heures ont reste accroché au parcours incroyable de ce prisonnier hors du commun. Ambiance assurée, seconds rôles impeccables, doublage en français d’une qualité extraordinaire, musique adaptée et très professionnelle, tout concoure à nous faire passer un excellent moment de cinéma : l’évasion à domicile, que demander d’autre ? Un Excellent film et une Très bonne musique.

De nombreux films se sont inspirés de la vie carcérale et parmi eux, des chefs d’œuvres : « Le prisonnier d’Alcatraz », « Papillon », « Le pont de la rivière Kwaï », « Le reptile » avec Kirk Douglas et Henry Fonda en 1970, « Haute Sécurité » avec Sylvester Stallone et Donald Sutherland sur une formidable musique de Bill Conti en 1990 et plus récemment « Le dernier chateau » en 2002 (musique de Jerry Goldsmith) avec Robert Redford qui a effectué sa première prestation de prisonnier 22 ans plus tôt, en 1980, dans « Brubaker » sur une musique extra de Lalo Schifrin : dans un second rôle on peut déjà y voir… Morgan Freeman !

Quelles sont les deux grandes qualités communes à tous ces excellents films ? Le doublage en français et une musique de film exemplaire, deux prestations assurées par les meilleurs des meilleurs. Cliquez ici pour accéder à la liste des films dont le centre d’intérêt s’appelle prison (infos Wikipedia)

 

Morgan FREEMAN, comédien et acteur

Morgan Freeman va bien, ouf ! L’acteur, qui est aussi comédien pour avoir commencé sa carrière sur les planches de Broadway avant de se retrouver devant une caméra, s’est parfaitement remis d’un récent accident de la circulation survenu au mois d’août 2008. Des rumeurs alarmistes sur son état de santé avaient couru mais tout va aussi bien que possible, un peu de casse au niveau du bras et du coude, surtout beaucoup de frayeur ce qui aura permis de le revoir très vite sur nos écrans, fort heureusement, en témoigne sa remarquable performance dans le récent film de Clint Easwood « Invictus ». Avec la voix grave et profonde du comédien français Benoît Allemane qui lui va comme un gant, c’est géant. Pour en savoir + sur l’accident de Morgan Freeman qui n’est plus qu’un mauvais souvenir, cliquez ici (infos France 24)

 

Policier

TAKEN, un film de Pierre Morel (2008) avec Liam Neeson, Maggie Grace, Famke Janssen, Goran Kostic, Katie Cassidy, Radivoje Bukvic, Olivier Rabourdin… Musique de Nathaniel Méchaly en collaboration avec le groupe belge de rock alternatif Ghinzu. Un film produit par Luc Besson, Le Pogam et Osborne. Distribué par Europa corp.

Voici bien longtemps qu’Alix n’avait pas vu un aussi bon film. L’indicateur inflexible et incontournable de l’intérêt qu’elle peut éprouver à regarder un film repose entièrement sur sa capacité à ne pas s’endormir en le regardant. Après une journée de boulot dans un lieu triste avec des gens pénibles à faire un travail merdique, il lui faut s’évader à tout prix en entrant dans l’univers fantastique du cinéma à domicile. Bien sûr elle s’offre une toile de temps en temps dans la grande salle du multiplex pour soutenir la profession et retrouver les amies mais rien ne vaut le confort d’écoute et les qualités de pénétration d’un film que l’on reçoit chez soi bien calée dans son fauteuil devant son home cinéma. Bonne nouvelle donc : Alix est restée très éveillée d’un bout à l’autre du thriller « Taken »(merci pour ce titre anglais archi-nul qui ne représente rien et sonne creux). Action, rebondissements, scénario crédible et passionnant, rien n’a échappé à l’attention d’Alix la cinéphile. Liam Neeson est très convaincant dans le rôle agité d’un père hyperactif, une première pour cet acteur aux prestations plutôt tranquilles et intellectuelles. Son travail forcé pour apprendre les techniques rapides de combat au corps à corps est tout à fait remarquable. Bravo le monteur ! La lutte contre la prostitution des jeunes filles, la drogue et les réseaux maffieux constitués de bêtes sauvages et insensibles nécessite forcément la réalisation musclée d’un film choc où la violence est omniprésente. La musique est très bien adaptée aux images même si elle reflète le style de notre temps, électronique et assez impersonnel malgré les tentatives de faire mieux que les autres. Des bruits, des sons, quelques harmonies classiques et trois départs de mélodie, l’ensemble est ingénieux et formidablement bien conçu mais ce n’est pas du tout la tasse de thé d’Alix : sans mélodie mémorisable aux violons, c’est pas bon ! Quant à Luc Besson, qu’il continue encore longtemps à soutenir la production européenne en nous permettant de découvrir ces réalisateurs de talent. Un bémol cependant : la caméra bouge vraiment un peu trop (avec un montage trop serré) dans les scènes de poursuite de voitures, cela devient pénible et tellement, tellement inutile ! Après « Le Casse » et « Frantic », tout fin connaisseur du 7e art ne pourra qu’apprécier ce nouveau produit fini de la même trempe, un film à marquer d’une pierre blanche, une oeuvre Parfaite avec sa musique parfaitement Adaptée. On en redemande. Hélas, « Taken 2 » est raté car trop banal…

Site officiel du compositeur Nathaniel Méchaly, cliquez ici / Site officiel du distributeur Europa Corp., cliquez ici / La bande annonce du film, cliquez ici (infos fan-de-cinema)

 

Avec ces 4 films, la folie en veux-tu en voilà ?!

Nous vivons entourés de fous. Lorsqu’il s’agit de doux dingues pas de problème mais si vous croisez le chemin d’un psychopathe alors là, fuyez à tire d’ailes comme la tourterelle de Julien Clerc. Dans un western comme dans la fiction, les vrais et faux malades inspirent depuis toujours les meilleurs acteurs et nous n’oublierons jamais la performance extraordinaire de Jack Nicholson dans « Vol au-dessus d’un nid de coucou » (voir ici) ; d’autres exemples réels servent de prétexte à l’élaboration d’excellents scénarios : le militaire reconverti en shérif, l’agricultrice devenue empoisonneuse, les victimes du médecin fou ou du tueur en série, tous veulent notre peau en nous donnant des sueurs froides dans le dos ! Grâce au jeu des acteurs calqué sur le comportement invraisemblable et parfois criminel de nos concitoyens, Glenn Ford, Laurent Lucas, Muriel Robin et Alan Feinstein veulent solder leur compte. Ces quatre films et leurs musiques parfaitement bien adaptées illustrent bien le fait que l’homme et la femme sont potentiellement dangereux. En fait, on le sait déjà, l’être humain est un terrible prédateur…

De Bons films, de Bonnes musiques :

* « La loi du Talion/The man from Colorado », un film de Henry Levin (1948) avec Glenn Ford et William Holden. Musique de George Duning. Un dvd Columbia Tristar home video.

* « Qui a tué Bambi ? » un film de Gilles Marchand (2003) avec Laurent Lucas, Sophie Quintin, Catherine Jacob. Musique de François Eudes, entre autres participants. Un dvd Aventi. Nominé aux César 2004

* « Marie Besnard l’empoisonneuse », un téléfilm de Christian Faure (2006) avec Muriel Robin. D’après une histoire vraie. Musique de Carolin Petit (voir ici). Un dvd T.F.1.

* « Chasse à l’homme en Californie », un téléfilm de Bruce Seth Green (1993) avec A. Martinez, Richard Jordan et la voix française du comédien Serge Sauvion qui double un autre lieutenant de police, Peter Falk alias Columbo. Musique de Sylvester Levay. Un dvd Fremantle Media home entertainment.

 

Comédie

ComédieDOCTEUR JERRY ET MISTER LOVE/The nutty professor,un film de Jerry Lewis (1963) avec Jerry Lewis, Stella Stevens, Del Moore, Kathleen Freeman et Les Brown et son équipe de renom. Librement inspiré de la nouvelle de R.L. Stevenson. Musique de Walter Scharf. Un film produit par Ernest D. Glucksman. Distribué par Paramount Pictures.

Jerry Lewis a aujourd’hui plus de 80 ans et croyez-vous que cet hyperactif va en rester là ? Malgré de nombreux et graves ennuis de santé, une vie agitée et la perte de nombreux amis partis rejoindre le Paradis des artistes, il monte pour Broadway une comédie musicale avec l’un des meilleurs compositeurs américains, Marvin Hamlish et ce n’est pas une arnaque (voir ici), la première est prévue pour 2010 ! Le film « Docteur Jerry et Mister Love » est largement inspiré de la nouvelle de Robert Louis Stevenson « Docteur Jekyll et Mister Hyde », une histoire reprise sous différentes formes plus ou moins réussies. Celle-ci est loufoque et complètement déjantée à l’image de son initiateur, Jerry Lewis. Son don, son intelligence et son immense travail (des heures et des heures passées à imiter les expressions enfantines par exemple) sont à la base de sa réussite professionnelle exemplaire mais sa capacité naturelle à déclencher l’hilarité restera pour plusieurs générations un modèle du genre. Nous, les français, nous sommes habitués depuis toujours au comique de situation, celui des gens du cirque et autres artistes de rues présents depuis le Moyen-âge qui fédéraient déjà le public. Molière utilisait les jeux de mots et les sous-entendus, les phrases et le comique de ses personnages dénonçait ironiquement les mœurs de l’époque. Plus tard Louis De Funès, notre héros national, cèdera la place à Coluche puis à Laurent Gerra mais bien entendu, ils sont très nombreux à nous avoir beaucoup fait rigoler et c’est peut-être là le revers de la médaille. Lorsqu’on est « un marrant », lorsque l’on passe son temps à chercher la faille et à l’exploiter pour tourner une situation en dérision, histoire de ne pas se prendre au sérieux, on passe souvent pour un c… Le respect et l’estime sont alors difficiles à obtenir, une fois catalogué « amuseur public », vous êtes fichu ! Malgré ce poids à assumer coûte que coûte, Jerry Lewis a su donner du relief et de la profondeur à son personnage. Le naïf idiot et maladroit est en réalité emprunt d’humanité et de sensibilité ; la morale et le bon sens sont souvent dictés par ses êtres sensibles au grand cœur qui savent nous transmettre une émotion forte par l’humour et la parodie. En ce sens, les films de Jerry Lewis sont emprunts d’une profondeur et d’une gravité que l’on ne perçoit pas au premier degré. « Jerry, tu es unique et c’est pour cela que tu resteras le meilleur ! », parole d’Alix la cinéphile. Un Excellent film et une Très bonne musique.Michel Leeb a rendu hommage à Jerry Lewis dans un de ses premiers sketches « La machine à écrire », à voir dans le DVD « Comiques de toujours, volume 3 » (cliquez ici). Jerry Lewis a reçu en 2009 un Oscar d’honneur pour l’ensemble de son œuvre. C’est bien la moindre des choses…

 

Reconstitution historique

Reconstitution historiqueDEUX SOEURS POUR UN ROI/The other Boleyn girl,un film de Justin Chadwick (2008) avec Scarlett Johansson, Nathalie Portman, Éric Bana, Kristin Scott-Thomas, Mark Rylance, David Morrissey… D’après le roman de Philippa Gregory. Musique de Paul Cantelon. Une coproduction Columbia pictures, BBC Films, Universal, Wild Bunch, Wild side video…L’histoire n’a pas de leçon à donner à nos contemporains et inversement, nous ne sommes pas différents de nos ancêtres. Depuis toujours, l’homme et la femme n’ont point cessé de se chercher et de se trouver ; dans ce cas évidemment la face du monde pouvait s’en trouver changée elle aussi. Dans la cour des Tudors, tous savaient que le roi d’Angleterre était un adepte de la jeunesse et de la beauté. Le duc de Norfolk n’hésita donc pas à envoyer sa fille aînée Anne Boleyn gagner les faveurs d’Henri VIII. Ambition, argent, gloire et pouvoir, c’est finalement Mary qui donnera naissance à Elisabeth (d’Angleterre) pendant que leur frère risquera gros. Deux soeurs, un frère, une famille, des héritiers, des conspirations, pour en savoir plus sur les intrigues et les faits historiques n’hésitez pas à vous régaler avec ce film, vous passerez un très bon moment. On s’en doute, le sort des Boleyn raconté ici n’est pas conforme au roman ni à l’histoire avec un grand H ; il vous faudra donc vous reporter à d’autres sources pour bien vous informer de la réalité. La musique est écrite par un américain au nom bien français, Paul Cantelon. Issu d’études classiques très poussées il s’orientera néanmoins vers le rock alternatif, allez savoir pourquoi. Adepte du punk rock et de ses sous-genres (britpop, post-britpop, rock gothique, grunge, shoegazing…) le compositeur violoniste, pianiste et accordéoniste mène son groupe de rock alternatif tambour battant depuis 1992. Auteur d’une petite dizaine de musiques de films, l’écriture symphonique pour « Deux soeurs pour un roi » rappelle les compositions de Vivaldi et de Pergolèse dont le début de certains thèmes sont similaires, idem pour les choix des orchestrations (un solo de guitare classique et orchestre à cordes par exemple). Il aurait peut-être été plus sain d’utiliser les musiques en version originales plutôt que de se lancer dans ce qui pourrait ressembler à de pâles copies. Heureusement en matière de musiques de films, l’auditeur accepterait les versions alternatives proposées si elles s’adaptaient bien aux images qu’elles sont censées desservir. Ce n’est pas le cas présentement mais à chacun de se faire sa propre opinion : le choix d’une musique douce pour accompagner un condamné à mort est un exercice risqué, l’opposition entre l’image et le son permettant de déboucher sur une complémentarité n’est pas un exercice de style permis à tout le monde. Alix aime Beaucoup ce film et moins sa musique qu’elle juge Insatisfaisante malgré qu’elle soit agréable et bien écrite ; le problème vient du fait qu’elle est nettement trop décalée par rapport à certaines scènes. Le rockeur adepte de la musique traditionnelle irlandaise se serait-il fourvoyé dans la complexité d’une orchestration bien trop classique ?Pour en savoir +, infos Wikipedia

 

En plein vol

LE PEUPLE MIGRATEUR, un film Jacques Perrin, Jacques Cluzaud et Michel Debats (2001) avec les oiseaux migrateurs et toute la beauté du monde. Musique de Bruno Coulais. Un dvd Studio Canal.

Fou est le terme à employer pour cette œuvre phénoménale. Filmer les oiseaux ne peut être qu’un pari fou. La caméra est positionnée sur un ULM (un appareil volant ultra léger motorisé) et semble se déplacer en même temps que les oiseaux en vol ; même si la plupart d’entre eux sont apprivoisés et dressés comme pour le film « L’envolée sauvage » en 1996, le respect du cadrage et de la netteté de l’image sont révélateurs d’une maîtrise technique et artistique optimale. L’audace est folle. Les équipes de Jacques Perrin sont allées au-delà de l’imaginable en gérant les scènes secondaires en arrière plan comme on savait le faire jusqu’aux années 70, une technique que l’on utilise plus que très rarement (pendant que l’action principale se déroule au premier plan on aperçoit une autre action qui se déroule simultanément au fond de l’écran). « Le peuple migrateur » est un film inoubliable. En ULM mais aussi en hélicoptère, en ballon dirigeable, en aile volante, en delta plane, en hélicoptère version modèle réduit, tout les moyens de locomotion auront été utilisés pour suivre le périple des oiseaux migrateurs. Un exploit cinématographique qui a remporté les faveurs du public (à part quelques grincheux désabusés totalement insensibles à la beauté du monde) mais pas suffisamment des critiques professionnels car ce chef d’œuvre rempli de passion et d’émotion, d’une véracité rare, sans effets spéciaux, qui décrit la nature telle qu’elle existe et continuerait d’exister si l’homme n’était pas en train de tout f… en l’air, n’a pas reçu de distinction de première importance. Lamentable. La beauté et l’émotion ne rapportent pas de points. Si, le César du meilleur montage comme si le film se résumait à cette question importante, certes, mais pas unique. De qui se moque t-on ? Comme d’habitude c’est le public qui est considéré comme quantité négligeable, évidemment, lui seul reconnaît en expert la qualité du travail effectué. Laissons les animaux vivre leur vie et retirons les armes aux chasseurs, respectons les beautés de la nature et arrêtons de vouloir tout contrôler. C’est un peu dans cet état d’esprit que le compositeur Bruno Coulais imagine sa musique : loin des sentiers battus par les procédures classiques, il préfère s’entourer de divers talents (des enfants chanteurs bulgares, des voix d’hommes corses, des chœurs de Sofia, des voix venues d’Amérique…) avec une dominante vocale presque systématique chez le compositeur. Bruits imitant le vol des oiseaux, onomatopées avec le souffle jusqu’à en perdre sa respiration, Bruno Coulais fait de l’expérimentation. Ce n’est pas ce que l’on était en droit d’attendre. Alix N’aime pas les choix du compositeur. Loin de remettre en cause la valeur de ses réalisations, Alix préfère les musiques de films qui se font entendre et jamais oublier tout en s’intégrant aux images, un sentiment difficile à exprimer mais qui contrecarre la technique évaporeuse de Bruno Coulais : ses orchestrations alourdissent les images et font prendre paradoxalement trop de distance avec le contexte. Problème, il souhaitait obtenir l’effet inverse. Fin du commentaire d’Alix avant que ça ne vole trop bas.

Commentaires détaillés sur la musique du film, cliquez ici (info Cinézik)

 

Le désert en dessert ne dessert que des airs nécessaires. Faut le dire vite, sincère, ça sert !

LA CRITIQUE DE FILMS (suite ici)

 

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