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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

La critique de films d’Alix (III)

Le cinéma d’Alix

 

Rappel des critères d’Alix

 

Pour le film :

Exceptionnel (un film de référence, sans contestation possible) / Parfait ou Excellent (à voir et à revoir sans modération)

Très bon (les films dont on se souviendra toujours) / Bon (le cinéma existe grâce à eux)

Moyen (on n’a pas perdu son temps pour autant)

Insatisfaisant (aïe, de grosses faiblesses mettent Alix mal à l’aise) / Raté (il faudra revoir sa copie, toujours selon les critères subjectifs d’Alix) / Nul (aucun espoir car un film nul le restera. Mais s’il n’y en avait pas de temps en temps, on ne pourrait plus désigner les meilleurs…).

 

Pour la musique du film :

Parfaite ou Excellente (on achètera le C.D.)

Bonne (on en fera de même)

Discrète (difficile de juger…)

Mauvaise (aucun scrupule à le dire, quand c’est mauvais, cela s’entend).

 

Les photos d’Alix sont de @ Serguei Kovalev – Fotolia.com

 

 

Tueur en série

JACK L’ÉVENTREUR/Jack the ripper, un film produit et réalisé par David Wickes (1988) avec Michael Caine, Armand Assante, Jane Seymour, Ray Mcanally, Lewis Collins, Ken Bones, Susan George. D’après un fait historique. Musique de John Cameron. Un film produit par Euston films (Grande Bretagne).

Londres, août 1888. Un criminel peu ordinaire rôde sur la ville. Son nom : Jack l’éventreur. Qui ne connaît ce nom terrifiant, lié pour toujours à des scènes de cruauté et d’actes de barbarie ? Un nom mondialement plus connu que tout autre… Le travail de documentation effectué auprès des archives de Scotland Yard, des journaux de l’époque et des témoignages conservés ici et là permet au réalisateur et à son scénariste de nous proposer un téléfilm proche de la réalité. Crédible et passionnante, l’enquête piétine jusqu’au moment où… L’enchaînement des faits, des lieux, du mode opératoire des protagonistes sont restitués fidèlement dans le contexte de la Belle époque, pas si belle pour tout le monde ! L’inspecteur Abberline en charge du dossier sillonnera les ruelles étroites et lugubres du quartier de WhiteChapel avant de découvrir des indices sérieux et arrêter l’assassin… Les assassins ? La musique du téléfilm est parfaite, le compositeur John Cameron n’est pas un débutant : récompensé pour ses nombreux succès dont la version anglo-saxonne des Misérables version théâtre signée Robert Hossein, il composera par exemple la musique du film « Le jardin secret » ou du téléfilm « Jekyll et Hyde » dont le personnage est évoqué dans « Jack l’éventreur ». Autre curiosité, un auteur, acteur et metteur en scène américain se nomme aussi John Cameron et a tenu un rôle clé dans « Le jardin secret » version théâtre. Comme quoi tout se même et s’entremêle dans le milieu artistique pendant que tout se coupe et se découpe dans les rues de Londres. Alix a su rester attentive d’un bout à l’autre de l’enquête (malgré parfois quelques longueurs mais ce n’est même pas si sûr mon cher Watson) et s’est découverte une âme d’inspectrice en chef. Armand Assante y est excellent comme à son habitude. Un Très bon téléfilm et une Très bonne musique. Le doublage des comédiens français est excellent y compris les quelques paroles prononcées par les figurants, les petits crieurs de journaux pour ne citer qu’eux : quel souci de perfection !

Site officiel du compositeur John Cameron, cliquez ici.

 

 

Un autre tueur en série

FRENZY, un film d’Alfred Hitchcock (1971) avec John Finch, Alec McCowen, Barry Foster… Musique de Ron Goodwin. Un film Universal.

Londres, un tueur en série, des meurtres horribles où les victimes sont découpées en morceau : l’ombre de Jack l’éventreur plane à nouveau sur la Tamise ! Réalisé par un expert de l’émotion, Alfred Hitchcock aura réalisé l’ensemble de son œuvre avant ce « Frenzy » de référence, son film le plus abouti de l’avis des spécialistes. Sorti en 1971 il clôture le cycle de ses réalisations sur le sol anglais. Il faut reconnaître que celui-ci dispose d’un outil de travail envié par les sociétés de productions du monde entier : les studios Pinewood près de Londres. Des films à grand spectacle y sont produits chaque année et le complexe cinématographique dispose d’un argument de poids, la participation privilégiée du London Symphony orchestra basé au Barbican center, l’orchestre attitré des « Star wars ». James Bond 007, Batman, le code Da Vinci ont été tournés aux studios Pinewood dans ces décors gigantesques qui reproduisent fidèlement les quartiers des grandes villes occidentales (un quartier de Montmartre, un canal de Venise, une rue de Brooklin, Vienne, les maisons victoriennes de San Francisco etc.) mais Hitchcock se contentera d’y filmer les scènes intérieures préférant le quartier de Covent Garden pour les prises de vues extérieures. Michael Caine était pressenti pour le rôle mais il ne l’obtiendra pas. Peut-être est-ce un remord ou un regret qui le fera accepter 15 ans plus tard le rôle de « Jack l’éventreur », un criminel évoqué par Hitchcock lui-même dans son apparition en tant que figurant au début de son film « Frenzy » ? Si le maître du suspense s’est inspiré de Jack l’éventreur, Roman Polanski s’inspirera à son tour d’Hitchcock en tournant « Frantic » avec Harrison Ford, preuve que rien n’est jamais perdu. Juste un nœud de cravate ou une jambe qui dépasse de l’arrière d’une camionnette, l’une des scènes choc du film que les spectateurs ne sont pas prêts d’oublier. Un film qui fit sensation à sa sortie et changea le regard d’une femme lorsqu’elle le porte sur la cravate d’un homme… Alix aime beaucoup ce film qu’elle juge Excellent avec sa musique Excellente.

Pour le survol des studios Pinewood, cliquez ici (site officiel, en anglais)

 

 

Dessin animé

SALUDOS AMIGOS, un film produit et réalisé par David Wickes (1942) avec Donald, José Carioca et Panchito (personnages animés). Musique de Charles Wolcott, Edward H. Plumb et Paul J. Smith. Une production des studios Walt Disney. / LES TROIS CABALLEROS, un film de Norman Ferguson (1944) avec Donald, José Carioca et Panchito (personnages animés). Musique de Charles Wolcott, Edward H. Plumb et Paul J. Smith. Une production des studios Walt Disney.

Les courts-métrages de dessins animés sont entrecoupés de scènes réelles du Mexique et d’Amérique du sud alors franchement, lorsque Donald découvre les joies et les plaisirs du lac Titicaca (voir image ci-dessous), lorsqu’il gravit les montagnes escarpées à dos de lama, on atteint les sommets de l’art du dessin animé : aucune autre réalisation n’est plus emprunte de réalisme, d’imagination et de surprises. Et on rigole ! Image par image, le travail des dessinateurs des studios Disney est colossal et d’une maîtrise technique et artistique inégalée. Ces deux DVDs sont à consommer sans modération quelque soit son âge ! À noter un bémol : la suppression des images de Dingo en train de fumer dans « Saludos amigos » , une censure indigne d’une société moderne qui satisfait l’état d’esprit ambiant où l’on ne peut plus rien faire d’original sans être suspecté d’anormalité maladive. Une démarche similaire dans la censure se retrouve dans le troisième volet de cette série, « Mélodies du sud » et dans certains Tex Avery ou Lucky Lucke également, ce qui est révoltant. Qui n’a pas consacré une bonne partie de son enfance et de sa jeunesse à lire des bandes dessinées et à dévorer des films où l’on voyait les protagonistes fumer et boire à hautes doses, une caractéristique des séries télévisées américaines des années 70/80, rappelez-vous des membres de la famille Ewing dans le fameux « Dallas » qui passaient leur temps à siroter de l’alcool pour justifier les rencontres avec J.R. … Pourtant cette partie de la population française baignée dans un tel environnement médiatique socialement incorrect aujourd’hui, ne fume toujours pas et ne se shoote pas davantage à l’eau de vie, preuve s’il en fallait que le problème de la consommation à outrance de la cigarette et de l’alcool chez les jeunes ne se trouve pas dans les messages innocents véhiculés par les images des films, encore moins dans les dessins animés des années 40 ! Le mélange d’images réelles et de dessins animés était une démarche très originale ces années-là. Par la qualité de la réalisation on ne peut qu’apprécier la recherche constante des meilleurs cadrages et la beauté de l’animation très vivante des personnages inventés avec un talent fou ; le travail de synchronisation effectué avec les compositeurs et superviseurs musicaux atteint lui aussi la perfection. À noter, la mélodie jouée à la flûte traversière par Donald (en possession d’une flûte en bois alors que le thème provient d’une flûte en métal mais peu importe), un air très marquant et inoubliable. Soyons honnête et bon public, ces œuvres formeront avec quelques autres du même gabarit les piliers du 7e art : merci mille fois, Monsieur Walt Disney !

 

 

 

Un dessin animé tout aussi extraordinaire

MÉLODIES DU SUD, un film de Harve Foster et Wilfred Jackson (1946) avec James Baskett, Ruth Warrick, Bobby Driscoll… Musique de Daniele Amfitheatrof et Paul J. Smith. Une production des studios Walt Disney.

Bibi lapin, Basile et Boniface sont nés dans ce film, le troisième volet consacré à la superposition de personnages imaginaires sur des scènes réelles. Malheureusement cette œuvre provoque aujourd’hui un souci aux États-Unis : on lui reproche son côté méprisant et raciste vis-à-vis des personnes à couleur de peau noire. Deux écoles s’affrontent sur la question : celle qui prétend que le public de 2008 n’est pas celui de la ségrégation des blancs vis-à-vis des noirs américains ou africains (l’apartheid du 20e siècle) et qu’à ce titre, il faut laisser les œuvres en l’état afin de garder un témoignage sur ce qu’était la conception rétrograde et raciste de certaines sociétés dites modernes ; de plus, ce dessin animé est une création artistique complète, la dénaturer – comme pour toute œuvre aux qualités reconnues – reste une démarche condamnable. De l’autre, l’école des partisans du « politiquement et socialement correct » qui ne veulent plus aujourd’hui de cette différence fabriquée et instaurée pour diviser les populations. Mais à ce titre un dérapage est possible en étendant la mesure à toutes les formes de différences : il faudrait supprimer par exemple du répertoire classique la Walkyrie de Wagner ou pourquoi pas, les symboles de l’époque napoléonienne associés à des guerres et à des massacres… On en finirait pas alors de revenir sur tout ce qui n’est plus aujourd’hui présentable car les œuvres emblématiques sont toutes marquées du poids de l’histoire qu’elles représentent, en bien comme en mal ! En somme, seul doit subsister l’éducation pour expliquer le pourquoi du comment aux plus jeunes en soutenant sans faiblir le devoir de mémoire de chaque citoyen afin de ne plus revoir l’insupportable, l’esclavagisme, pour commencer. Pour Alix, ces films et leurs musiques sont Exceptionnels.

 

 

Au film du temps

Les films muets défilaient autrefois à 16 images par seconde, ce qui permettait au cerveau de recréer la continuité de l’action comme si de rien n’était. En deçà l’œil humain perçoit le scintillement des images qui se succèdent les unes aux autres et la projection à 24 images par secondes, la norme mondiale de référence, permet une grande fluidité tout à fait conforme à la réalité – que nous seuls percevons, les animaux voient les choses autrement -. La vidéo (Pal ou Secam) fonctionne, elle, à 25 images par seconde et les États-Unis comme le Japon utilisent une vitesse de défilement de 29,97 images (NTSC), histoire de ne pas faire comme tout le monde. La restitution du mouvement est donc fonction de la quantité d’images utilisées et de leur vitesse de défilement. Prenons une scène de 2 secondes : en filmant à 16 images par seconde et en la projetant normalement (à 24 images par seconde), vous obtiendrez un effet d’accéléré dans le style des « Histoires sans paroles » de nos dimanches soirs lorsque la 1e chaîne française diffusait les anciens films en noir et blanc de Charlot. En filmant à 48 images par seconde la même scène, vous obtiendrez en la visionnant (toujours à 24 images) un effet de ralenti, l’action sera ainsi décomposée. C’était bien là une des fonctions recherchées à l’origine du du cinématographe : la décomposition du mouvement. Toute une histoire.

 

 

 

Horreur

HITCHER/L’AUTO-STOPPEUR, un film de Dave Meyers (2006) avec Sean Bean, Sophia Bush, Zachary Knithon et Neal McDonough. Musique de Steve Jablonsky. Un film Rogue Pictures et Intrepid pictures en association avec Michael Bay.

Jim et Grace sont tous deux étudiants, il sont jeunes et beaux, ils s’aiment éperdument et partent rejoindre leurs amis pour des grandes vacances de rêve. La vie est belle quand on traverse les grands espaces américains en voiture, c’est le Paradis ! Un seul problème cependant : ne prenez jamais d’auto-stoppeur. La rencontre entre Adam et Ève avec le Diable personnifié, un psychopathe totalement cinglé et assassin, va transformer l’aventure sentimentale en cauchemar total. Devra t-on compter les morts avant que la police n’intervienne efficacement ? N’est-il pas plus fort que tout le monde ? Ce raod movie est une réussite du genre, les acteurs sont bons et le doublage en français est excellent. La musique de Steve Jablonsky reste bien adaptée au contexte ; ce compositeur touche-à-tout puisqu’il compose aussi bien pour le cinéma (The Island/L’ïle ou Amytiville version 2005), pour la télévision ou pour les jeux vidéos (Tranformers) sait se mettre en retrait lorsque l’utilisation de standards du rock ou de la chanson de variété semblent requise… Parfois tout de même il faudrait éviter un peu les clichés, cette vision idyllique de la liberté (L’Amérique, l’été, la voiture, les vacances, l’amour, la jeunesse, les grands paysages) est à ce prix : dommage, la démarche n’a rien d’original. Cette remarque d’importance secondaire n’occulte pas le fait suivant : on ne s’ennuie pas une seconde dans cette histoire tragique. C’est cela, la force du cinéma de bonne facture, dès les premières minutes du film on entre dans un scénario parfaitement crédible qui vous tient en haleine jusqu’au bout… Une version plus ancienne faisait également sensation, « Hitcher » avec Rudger Hauer en 1986 (musique de Mark Isham), primé au Festival du film policier de Cognac, une œuvre à redécouvrir d’urgence ! Alix a beaucoup aimé cette nouvelle version mais ne la recommande pas aux enfants les plus jeunes car on sursaute parfois sur son fauteuil et certaines scènes vous glacent le sang. Les cascades sont très spectaculaires, bravo à l’équipe de cascadeurs ! Un Très bon film avec sa musique Adaptée.

Les affiches des films « Hitcher » et la bande-annonce française, cliquez ici (documents cinemovies)

 

 

Aventures

AVENTURES DANS LE GRAND NORD/Island in the sky, un film de William A. Wellman (1953) avec John Wayne, Lloyd Nolan, Walter Abel, James Arness, Andy Devine, Mike Connors. Scénario de Ernest K. Gann d’après son roman. Musique de Emil Newman. Un film Paramount.

Ce film fut un grand succès dès sa sortie en 1953. Rarement le cinéma avait su décrire l’angoisse de cinq hommes totalement perdus dans un pays inexploré recouvert de neige, au nord du Québec, non loin du pôle glacé par ses – 70° centigrades. L’avion posé en catastrophe sur le lac gelé, l’attente des secours éventuels, la lutte contre le temps et la météo furent parfaitement retranscits à l’écran tout comme les sentiments forts de franche camaraderie entre confrères soudés par un même destin. Les marins perdus savent qu’ils peuvent compter sur l’esprit de solidarité des gens de mer tout comme les aviateurs peuvent le faire pour les membres de leur famille volante. À l’époque, on pouvait encore risquer sa vie en toute conscience pour en sauver une autre et ce film est une belle histoire d’amitié. Malheureusement la carrière de cette production fut courte : un an plus tard sorti le célèbre « Écrit dans le ciel » toujours avec John Wayne et ce film occulta le précédent, une mise à l’écart aujourd’hui pardonnée grâce au DVD. La musique du film est d’une étonnante efficacité, sobre et sans fioritures comme l’ensemble de l’œuvre. Composée par un musicien issu d’une famille de surdoués, les Newman (voir ici), elle saura devenir humoristique ou sérieuse sans jamais sombrer dans la pesanteur, normal pour un film qui décolle ! Ce type de roman d’aventure finira néanmoins par être largement battu en 1972 : « Les survivants » possède un scénario plus terrifiant encore (voir ci-dessous, bientôt). « Aventures dans le grand nord » doit donc être apprécié avec l’indulgence que l’on se doit d’avoir vis à vis des anciens films : volontairement tourné en noir et blanc, les moyens déployés en 1952 furent tout de même importants et nous permettent d’oublier les effets spéciaux fatigants des réalisations récentes. La chaleur des sentiments, le bruit superbe des moteurs, la beauté des avions à hélices, de longs plans au-dessus des nuages, le tout saupoudré de naturel et de simplicité sans oublier la présence du grand John, voici bien la formule adéquate pour un film dépaysant devenu un peu désuet – la rançon d’un film de référence à (re)découvrir d’urgence – car on ne sait jamais ce qui peut nous tomber dessus… Un Bon film avec sa musique Adaptée.

 

 

Fantastique

GÉNÉRATION PERDUE/The lost boys, un film de Joël Schumacher (1987) avec Corey Feldman, Jami Gertz, Coray Haim, Edward Hermann, Barnard Hugues, Jason Patric, Kiefer Suthrland et Dianne Wiest. Musique de Thomas Newman. Un film produit par Harvey Bernard et distribué par Warner Bros.

Inspiré par l’ouvrage culte d’Anne Rice « Entretien avec un vampire », ce film est une grande réussite du genre. Joël Schumacher, le réalisateur de « L’expérience interdite », de « Chute libre » et de « Veronica Guerin » ne sera pas le seul à tenter l’aventure du film d’épouvante car ce genre est certainement l’un des plus difficiles à maîtriser : il est si simple de tomber dans le ridicule… Suggérer plus que montrer, apporter la touche d’humour nécessaire pour relativiser l’angoisse et prendre une seconde de recul, provoquer une montée en puissance dans l’horreur jusqu’au point de non-retour, rendre l’histoire crédible en permettant au spectateur rivé à son fauteuil d’entrer dans la peau des protagonistes, voilà bien l’ambition affichée d’un pari risqué. Bien entendu, le producteur eut raison de lui accorder toute sa confiance – et les fonds nécessaires -, la réussite fut au rendez-vous. Les acteurs et les comédiens français qui doublent leurs voix sont formidables. Presque débutant, le tout jeune Kiefer Sutherland aura fait ses premières armes dans « Comme un chien enragé » et « Stand by me » que l’on ne présente plus : il retrouvera une partie de cette équipe gagnante dans « Génération perdue » qui deviendra son troisième grand film. La télévision n’en finira pas de lui permettre de développer son ego – comme tout bon artiste qui se respecte – avec la série culte « 24 heures chrono ». En chef de fil de la petite troupe de vampires terrifiants, il apporte dans« Génération perdue une crédibilité troublante à son personnage. Quant à Dianne Wiest, la maman des deux brebis égarées livrées à elles-mêmes, c’est Woody Allen qui la rendra célèbre du grand public. Justement, les deux jeunes plein de vie et d’avenir repérés par nos fameux vampires sont joués par Corey Feldman, l’enfant acteur qui se spécialisera dans les films à tournure humoristique « Maverick » et « Les banlieusards » ou d’horreur « Vendredi 13 » et « Les Gremlins » ; doté d’un physique d’éternel adolescent, il apparaîtra présentement un peu trop maniéré avec son visage très expressif (il en fait presque des tonnes), son frère aîné étant interprété par Jason Patric qui conservera quelques temps son apparence de beau brun typé tombeur de filles. Tous deux s’orienteront vers le monde de la télévision en tant qu’acteurs, scénaristes et producteurs. Autre comédienne de la même génération, la jeune et jolie Jami Gertz qui donnera le change à tout ce beau monde. Entrée dans le 7e art un peu par dépit, son projet de devenir une grande danseuse professionnelle ayant avorté, on le retrouvera à la télévision et dans la première partie de « Twister », rappelez-vous, la brune dépassée par les évènements… Mais dans « la vraie vie » il lui fallait aussi s’occuper de sa grande famille de trois enfants alors sa carrière fut mise un peu de côté ; d’ailleurs en troquant les planches de Broadway pour les caméras d’Hollywood, elle ne faisait que passer d’un monde impitoyable à un autre… Thomas Newman (le fils musicien digne héritier d’Alfred Newman, le père de la musique de film moderne voir ici) composera une musique très branchée avec un petit mouvement descendant de notes conjointes plus qu’agréable à entendre ; mieux qu’un thème complet, il saura le réintroduire tout au long du film pour remplir les fonctions de thème leitmotiv : un procédé bien vu et bon sang c’est dantesque ! Alix estime que nous sommes en présence d’un Très bon film de référence avec sa Très bonne musique sang pour sang adaptée. Croix de bois, croix de fer, si je mens…

 

 

Comédie

CACHE CACHE, un film de Yves Caumon (2005) avec Bernard Blancan, Lucia Sanchez, Antoine Chappey, Gaël Le Ferec, Éloïse Guerin, Saadia Bentaïeb, Dimitri Rafalsky et Jacques Boudet. Musique de Pascal Le Pennec et Thierry Machuel. Un film Sunday Morning Productions (et Canal +, le C.N.C…).

Ce film est une sacré bonne surprise. Avec un scénario aussi original que simpliste, le réalisateur parvient sans peine à créer une ambiance sereine et chaleureuse : ce film sympathique va retenir toute votre attention. Parfaitement bien filmé, les effets comiques dans la mise en scène (le ballon qui flotte au dessus du puit par exemple) sont similaires au travail visuel effectué par Jacques Tati avec son côté envoûtant et poétique. On ne sent pas le temps passer, les acteurs sont tous excellents et désarmants de naturel. Triple fois hélas ! La fin, la toute fin du film pêche par manque de rigueur et déçoit terriblement, un peu comme un chauffard qui vous double et se rabat en vous « faisant une queue de poisson » ce qui gâche votre longue et formidable conduite. C’est vraiment dommage car une happy end à l’américaine, pour une fois, était amplement justifiée et aurait permis de faire entrer ce film dans le panthéon des productions de très grande qualité. Mais inutile d’exagérer l’importance de la chute, minimisons l’importance de cette brutale déception et restons sur une bonne impression : l’ensemble de l’oeuvre mérite largement notre estime et notre plaisir. La bande-son repose sur quelques notes et accords atonaux joués à l’accordéon avec parcimonie, histoire de renforcer la magie des images sans les étouffer, cette discrétion choisie est d’une efficacité redoutable. Alix redemande à être payée cash et vive le cinéma français quand il est aussi remarquable ! Un Très bon film pour Alix et une musique Parfaite.

 

 

Science-fiction

PLANÈTE HURLANTE/Screamers, un film de Christian Duguay (1995) avec Peter Weller, Roy Dupuis, Jennifer Rubin, Andrew Lauer, Charles Powell, Ron White, Michael Caloz… Musique de Norman Corbeil. Un film Columbia Tristar home video.

Pas de doute : le talent peut s’exprimer autrement qu’à coups de dollars. Ce film de science-fiction n’a pas bénéficié des moyens considérables qu’Hollywood peut et sait mettre à la réussite d’une production d’envergure et c’est tant mieux pour nous car l’atmosphère pesante et angoissante du roman de Philip K. Dick (1928-1982) y est parfaitement retranscrite. Peter Weller a décidément les robots dans la peau – rappelez-vous du film « Robocop» – et le voici une nouvelle fois confronté à leur évolution : qui de l’homme devenu machine ou de la machine devenue humaine gagnera le droit de régner en maître ? Philosophiquement très intéressantes et originales pour son époque, les histoires inventives dont sont issus les films « Blade Runner » voir ici, « Total Recall » voir ici et « Paycheck » font le bonheur des réalisateurs comme du spectateur admiratif du Beau travail accompli. Christian Duguay le québécois saura prouver la capacité de nos cousins d’Amérique du nord à réaliser des films de tout premier plan. D’après les critiques il paraît même que son œuvre est excellente pour un film de série B (propos péjoratif), alors acceptons cet augure en connaissance de cause en considérant que B signifie présentement Belle province et Bonheur absolu. De quoi ne rien regretter quand on a l’estime d’Alix qui adore ce film Excellent ; la musique de Norman Corbeil est très réussie, Bien adaptée au contexte. Bon, Brutal et Bruyant, voila ce qu’est cette production : une Bombe cinématographique !

Le site officiel de Philip K. Dick (en anglais), cliquez ici

 

 

Fable

LE LIÈVRE DE VATANEN, un film franco-québéco-belge de Marc Rivière (2006) avec Christopher Lambert, Julie Gayet, Rémy Girard, François Morel, Éric Godon… D’après le roman de Arto Paasilinna. Musique de Goran Bregovic. Un film Gaumont Columbia Tristar Films.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la critique professionnelle comme celle du public est mauvaise. Les plus féroces prétendent que ce film est nul et bien entendu, cela n’est pas le cas. Les plus virulents détracteurs sont toujours ceux qui seraient bien incapables de faire le quart de la moitié d’un cinquième de ce qui leur est proposé : à l’ouest, rien de nouveau ! Ce projet était donc ambitieux et pourquoi pas quand on sait que ce réalisateur a produit d’excellent films et téléfilms dont « Les Penn-sardines » (voir ici). Malheureusement tout se présentait bien jusqu’à la moitié du film avant de tomber dans la farce. Christophe Lambert se montrait depuis le début sous un jour sympathique et terriblement humain par sa recherche de ce qui est essentiel, l’amour de la nature et des animaux seulement voilà, le scénario dérape et engendre presque le grotesque. La quête philosophique s’estompe, la fable cède la place à l’ennui. Dommage, tout avait si bien commencé ! Mais rassurez-vous, le film est fortement recommandé aux jeunes enfants et reste parfaitement visible jusqu’au bout par toute la famille malgré ce sentiment terrible d’être passé à côté d’un chef d’œuvre potentiel. L’emploi de la technique du fondu enchaîné, abandonnée par les réalisateurs depuis longtemps, aurait par exemple apportée un plus à l’enchaînement des images magnifiques de paysages. Bref, Marc Rivière nous a posé un lapin. Il faut dire que la musique lourde, pompeuse et énervante de Goran Bregovic qu’Alix, décidément, n’aime pas du tout renforce l’impression générale négative au lieu de tirer l’âme du film vers le haut, but de toute bonne musique de film. Dommage une fois encore car Christophe Lambert est un formidable acteur mais mal, vraiment très mal utilisé : après sa performance extraordinaire et mémorable dans « Greystoke, la légende de Tarzan », jamais on n’aura su lui donner des rôles à la hauteur de son talent, « Highlander » peut-être et encore, Alix va le revoir. Dommage, cent fois dommage. Dans la recherche de la vie en harmonie avec son environnement, faudrait-il se contenter de ce que l’on a en espérant voir enfin un film conforme à son attente ou exiger mieux de suite ? Alix tripote sa patte de lapin porte-bonheur en attendant The Film with Christopher… Celui-ci réunit de très bons acteurs mais n’arrive pas à dépasser le niveau Moyen avec sa musique Très Mauvaise.

Plus de photos du film, les bandes-annonces, cliquez ici (infos Allociné)

Un premier film inspiré du roman existe et s’appelle « L’année du lièvre » (1975) de Risto Jarva.

 

 

Suspense

LES ENVOÛTÉS/The believers, un film de John Schlesinger (1987) avec Martin Sheen, Harley Cross, Helen Shaver, Robert Loggia, Richard Masur, Jimmy Smits… D’après le livre de Nicholas Condé. Musique de J. Peter Robinson. Un film M.G.M.

Chris est un enfant comme les autres. Il vit dans une famille heureuse avec son papa qui aime son métier, une maman attentive et disponible qui s’occupe de ses deux grands garçons… un décor idyllique qui va subitement s’effondrer à cause d’une simple et banale machine à café. Le réalisateur britannique Schlesinger n’est pas un débutant quand il se lance dans le tournage des « Envoûtés », il avait déjà largement fait ses preuves avec « Marathon man », « Yanks » ; plus tard il endossera la combinaison d’acteur dans « Fenêtre sur Pacifique ». Sa plus grande réussite en tant que réalisateur fut néanmoins l’extraordinaire « Macadam cow-boy » en 1969 avec un duo de légende formé par Dustin Hoffman et Jon Voight sur une musique mélodique très vivante de John Barry. Il reçu trois Oscar pour son chef d’œuvre applaudit par la presse et le public unanimes, un fait plutôt rare (meilleur film, réalisation et scénario). Dans son film « Les Envoûtés » c’est un psychanalyste, Cal, qui va devoir affronter de toutes ses forces le Malin. Comment y croire, lui, le spécialiste du comportement humain qui maîtrise par déformation professionnelle toutes ses émotions et ses réactions ? Il se pourrait bien que ses nerfs en prennent un sacré coup… Le complot et les sacrifices, voilà les arguments démoniaques de ses proches qui mènent à son insu une démarche sectaire : qui sont-ils exactement et que veulent-il ? Le pauvre diable va devoir affronter des adversaires beaucoup plus forts que lui car très bien organisés. La musique du film est parfaite : présente à chaque phase importante du scénario sans nous bercer d’illusions, elle possède un pouvoir hypnotique par sa conception « à l’ancienne » qui rassemble mélodies et orchestrations variées. À noter la présence naissance des synthétiseurs bientôt employés à grande échelle dans la musique de film. Alix déteste les sectes, les fanatiques religieux et toutes les organisations secrètes mais elle respecte les croyances et convictions de chacun. Ce film permet donc de se faire une idée sur les dérapages meurtriers possibles des hommes gagnés par la folie. Un Très bon film et une Très bonne musique sur un doublage français toujours aussi extraordinaire, du premier rôle aux figurant qui n’a peut-être qu’un seul mot à dire (on reconnaîtra la voix française de « Columbo »). Même l’enfant est doublé par un jeune français à la voix parfaitement adaptée à son physique et à son jeu et non par une voix féminine d’adulte qui niaiserait ou prendrait le spectateur pour un auditeur débile. D’où la Mention spéciale au jeune Harley Cross qui joue très bien son rôle si difficile, il s’agit d’une prestation brillante comme celle de son père à l’écran le roi Sheen, impérial comme à son habitude ! À vous de découvrir les adeptes de l’Apocalypse, maintenant ou jamais.

À noter dans le film un plan tristement magnifique des deux tours jumelles du Word Trade Center, une image qui n’était pas prévue à l’époque pour provoquer un grand moment d’émotion et de recueillement à cet instant précis du scénario.

 

Les envoûtés - Les Mélodies Modernes

 

 

Comédie sérieuse

MOLLY, un film de John Duigan (1998) avec Elisabeth Sue, Aaron Eckhart, Jill Hennessy, D.W. Moffett. Musique de Trevor Jones. Un film M.G.M.

Comédie, comédie… Difficile de croire en la dénomination officielle du film tant se joue un véritable drame en son sein. Née autiste, Molly sera élevée dans un institut spécialisé ; pourtant son frère devra la « récupérer » et s’en occuper à la fermeture de l’établissement. Comment va t-il s’y prendre et comment Molly va t-elle réagir ? Une autre aventure les attend et pas celle que l’on imagine… Ce film est très bon et l’actrice Elisabeth Sue illumine l’écran de son jeu très adapté au personnage qu’elle interprète (quelque part elle nous rappelle une autre jolie blonde au grand tempérament, Kathleen Turner). Aaron Eckhart charmera pour sa part Alix qui lui trouve beaucoup de charme mais une seule certitude compte, l’un et l’autre sont d’excellents comédiens et c’est cela qu’il faut retenir. La situation délicate des parents devant élever des enfants autistes aux particularités plus ou moins prononcées est révélée tout au long du scénario et une pensée nous rappelle Lino Ventura et sa fondation, l’acteur au grand cœur qui savait de quoi il parlait. Bien entendu dans « Molly » le sujet est traité avec fantaisie et l’humour ne manque pas même si la situation est grave car le scénario reste inspiré d’une histoire vraie ; on se dit que tous les autistes doivent recevoir en permanence tout l’amour qu’ils réclament. Ces personnes handicapées perçoivent leur entourage de manière toute personnelle, les sons, les couleurs, les formes et les odeurs, tout leur apparaît différemment, une perception dénaturée liée à un problème physiologique du côté du cerveau et non psychique. Mais peut-être est-ce eux qui voient la réalité telle que nous devrions tous la voir si nous enlevions nos œillères, nos boules Quiès et nos langues fourchues ? Rien n’est malheureusement aussi simple et le courage d’accompagner le parcours de ses jeunes ou adultes restés enfants qui vivent au quotidien un destin pas comme les autres devrait être partagé par une société respectable et solidaire. Qu’en penses-tu, Molly ? Une très bonne musique accompagne le film, une expérience cinématographique valorisante qui devrait nous rapprocher des autistes, nous, tristes sourds et muets ordinaires que nous sommes ! Alix Aime beaucoup ce film et sa musique.

* Pour en savoir + sur la fondation de Lino, Perce-neige, cliquez ici / Pour en savoir un peu + sur l’autisme, cliquez ici (infos Autisme 75)

 

 

Aventures

LE VAGABOND/The littlest Hobo, une série télévisée de Dick Darley (1963) avec le chien London. Musique de Ronald Stein. Une production canadienne Nefertiti Productions.

Alix Adore !Comment ne pas craquer quand on est gamin(e) devant le comportement héroïque d’un berger allemand qui sauve des vies ? En 1966 l’ORTF (la télévision publique nationale) commençait la diffusion de cette série très sentimentale mettant en scène un chien intelligent, généreux et terriblement humain nommé London. Le noir et blanc n’avait alors aucune importance, seules comptaient les histoires toujours plus originales les unes que les autres. Le générique de Ronald Stein restera dans les mémoires ; un thème simple chanté dans la version anglo-saxonne par un crooner inspiré à la voix mélodieuse à la fois proche de la country music et du lyrique, Randy Sparks, renforcera l’ambiance tantôt champêtre tantôt citadine mais toujours aventureuse de l’action située dans les environs de Vancouver au Canada. Le compositeur, spécialiste de la musique de film pour le grand et le petit écran, utilisera les quelques secondes du générique court et évocateur pour écrire une belle mélodie d’une efficacité imparable dans le mode Majeur , c’est épuré et nostalgique à souhait, on en pleurerait de vérité. La caisse-claire jouée aux balais répond à l’écho des notes du piano dans l’aigu pour évoquer la marche du train sur la voie suivie par London et la musique martèle sa course en produisant l’effet recherché, un soutien léger aux images (contrairement à la lourdeur de l’arrangement d’Henry Mancini avec Baby elephant walk dans « Hatari ! » pour la marche d’un éléphanteau). Les paroles de Ronald Stein n’en seront pas moins adaptées au contexte : « De ville en ville, le monde est mon ami, je voyage le long de la voie sans fin ». Soixante-cinq épisodes d’une trentaine de minutes furent tournés pendant deux ans mais la France ne les diffusera pas tous ; pourtant ce chien errant et courageux restera dans les mémoires tout comme la musique, sans doute parce que Lassie et Rin tin tin étaient déjà passés par là. Sans la couleur des images et sans fioritures, sans violence ni allusions à caractère sexiste ou sexuelle, sans hémoglobine qui gicle à chaque changement de plan, sans cris ou agitation excessifs, cette série fera le bonheur des enfants bien élevés des années soixante. Pas celle des petits chinois habitués pour certains à manger du chien, de pauvres bêtes qui grandissent enfermées dans de minuscules cages puantes dans des conditions d’élevage sordides et innommables. Cela se passe aujourd’hui encore en Chine, ce pays gigantesque qui se prétend résolument moderne et civilisé mais qui autorise l’horreur absolue au quotidien, pour ne parler que du cas des chiens bien entendu… Alix tenait à rappeler ce point important : tout reste à faire pour la sauvegarde du monde animal, le chien étant le meilleur ami de l’homme qui doit à son tour le prouver à l’animal. On en est parfois très loin. Rappelez-vous ce roman écrit sur un chien génial, cette fabuleuse et terrible aventure sombre et noire qui craint, vous connaissez sûrement cette aventure de Jack… London !

* Pour écouter le générique, cliquez ici (infos Coucoucircus)

* Plus d’infos techniques sur la série, cliquez ici (infos AngelFire, en anglais)

Walt Disney sortira en 1962 le film La légende de Lobo, l’histoire d’un loup, avec Walter Pidgeon, musique des frères Sherman (Le livre de la jungle, Les Aristochats…). Sans oublier les films Lassie, Natty Gann (voir ici) ou Belle et Sébastien (voir ici)…

 

 

Road movie

MARRAKECH EXPRESS/Hideous Kinky, un film franco-britannique de Gilles Mackinnon (1998) avec Kate Winslet, Saïd Taghmaoui, , Pierre Clémenti, Amidou… D’après le roman de Esther Freud. Musique de John Keane. Distribué par The film consortium/ Greenpoint Films Ltd/L Films/French Production.

Ce film est un triptyque : bien joué, bien filmé, bien doublé (pour les acteurs non français ou francophones). Voici une réussite du cinéma européen avec pour première qualité, le Maroc. Dans ces paysages d’une grande beauté, au contact de la terre aride et poussiéreuse comme sur les sols couleur émeraude, dans les ruelles de la vieille ville ou à fleur d’eau sur les rives du lac, Julia fuit Londres et son mariage raté la tête pleine de rêves et d’insouciance. Avec elle, ses deux jeunes filles : sans argent, en quête de La Vérité, pourra t-elle mener à bien sa recherche intérieure et veiller parallèlement au respect de l’équilibre de ses enfants ? Quels personnages peu ordinaires, prévenants ou dangereux vont-elles rencontrer au détour du chemin ? « Road movie » passionnant, l’actrice Kate Winslet que l’on devrait plutôt appeler comédienne car elle est née dans un théâtre avec ses parents artistes nous prouve à quel point elle possède un jeu puissant et expressif. Sa voix française qui semblait trop jeune pour elle dans le film « Titanic » réalisé un an plus tôt prend en revanche ici toute sa valeur. Le doublage très jeune qui renforçait déjà le jeunisme peu crédible des deux protagonistes du film de James Cameron (un Leonardo De Caprio qui en faisait trop et une Kate Winsley peu convaincante) avait du mal à passer chez Alix mais dans « Marrakech express », le bonheur est à son comble : vous devriez connaître ce film si cela n’est encore fait. La musique s’adapte au contexte et reprend des tubes des années 70, ces airs écoutés par des « Babas cool » totalement à côté de la réalité du monde qui les entoure. De son côté, Saïd Tahmaoui est parfait dans un rôle pas facile et du côté des gamines, même son de cloche, elles sont formidables de naturel avec une nouvelle fois un doublage français exceptionnel. Ce film est une histoire sentimentale engagée et très originale ce qui fait crier Alix de plaisir : c’est bat les mecs, sensas y pis c’est cooooool ! Un film Parfait et une musique Adaptée.

 

 

 

Policier

GO FAST, un film de Olivier Van Hoofstadt (2007) avec Roschdy Zem, Olivier Gourmet, Catalina Denis, Jean-Michel Fête, Jil Milan… Musique de Agoria et Alexandre Azaria. Un film produit par Emmanuel Prévost.

Enfin ça y est ! Les réalisateurs auront su confier un grand rôle à leur enfant chéri présent depuis plus de vingt cinq ans dans les films français pour de brillantes secondes places, oui bien sûr, mais jamais principales jusqu’à ce jour. Roschdy Zem écume en effet les planches des théâtres et surtout les plateaux de tournages depuis suffisamment longtemps pour justifier une montée en puissance. Gageons qu’il ne quittera plus cette place de premier de la classe si convoitée car elle nous convient parfaitement : son talent mérite un traitement de faveur. Acteur très présent à l’image, dynamique à souhait et parfois tendre quand les sentiments peuvent s’exprimer librement dans un contexte dramatique, le personnage crève l’écran comme savaient le faire ses prédécesseurs (Gabin, Ventura et compagnie) ; le natif de la banlieue parisienne a parcouru pas mal de chemin et aura fait preuve de ténacité pour assurer son entrée dans la cour des grands : « Go fast » est un excellent film. L’histoire s’inspire de faits réels et garde sous pression le spectateur jusqu’à la fin, surprenante et très satisfaisante – sans être vraiment originale -. C’est sur ce point que la seule vraie petite critique pourrait porter, celle d’un scénario qui manque un peu de surprises mais une fois de plus, il fallait ne pas trop s’écarter du fil conducteur ce que l’on comprend parfaitement. Cette opération de police particulièrement bien menée au niveau international permettra de contrer le criminel trafic de la drogue, abominable, insupportable. Par l’abolition des frontières entre les pays de l’Europe, par le manque de connaissance des réseaux maffieux constitués d’enfoirés de salauds de trafiquants, il fallait bien un « super flic » pour assister l’équipe de spécialistes en charge du dossier. Notre héros pourra t-il s’en sortir vivant car à chaque moment, il risque sa peau pour le bien de la communauté ?! Au fait, l’occasion est trop belle pour ne pas la manquer : Alix dit merci à celles et à ceux qui infiltrent les milieux, traquent les tueurs, donnent le meilleur d’eux-mêmes pour la sauvegarde d’un mode de vie privilégié, le nôtre. Merci de remettre chaque jour vos capacités en question car à force de côtoyer la déchéance humaine d’une collectivité en déliquescence, on peut ne plus savoir très bien à un moment ou à un autre où l’on se situe. Soyez certain(e)s que vous êtes du bon côté. Policiers et gendarmes ce film vous rend justement hommage et Alix se joint à la grande majorité des spectateurs convaincus, à moins d’être difficile et de ne pas bien connaître ce qu’est une réussite cinématographique. Il n’est jamais trop tard pour s’y mettre, la preuve, en voici une. Alix trouve ce film Très bon et sa musique très Bien adaptée.

 

 

Psychologique

 

HOME, un film d’Ursula Meier (2008) avec Isabelle Huppert, Olivier Gourmet, Kacey Mottet Klein, Adélaïde Leroux et Madeleine Budd. Un film distribué par Diaphana Distribution pour la France.

Une famille unie, une maison, une autoroute. Il n’en fallait pas davantage à la réalisatrice Ursula Meier pour donner naissance à un scénario original lié à son imagination mais aussi à la réalité : qui n’a pas remarqué un jour sur les bords d’une autoroute ces maisons où la vie s’écoule comme si de rien n’était ? Pourtant le bruit, la pollution, la répétition des mêmes contraintes viennent à bout des nerfs les plus solides. Ce film est Très bon avec des acteurs excellents : les parents sont des artistes éprouvés, leurs enfants sont des non-professionnels et nous surprennent par leur jeu puissant. Hélas, les scènes amusantes et dramatiques jouent à cache-cache comme si l’histoire avait du mal à trouver un sens. Le problème rencontré lors du visionnage se situe ici : le scénario prend une tournure inhabituelle pour se terminer en « queue de poisson ». L’aspect philosophique fort qui aurait pu se dégager de l’histoire passionnante n’aboutit pas complètement : le spectateur est libre d’interpréter les évènements à sa manière ce qui donne un manque de consistance à l’œuvre. Les personnalités de chacun ne sont pas assez « creusées », il manque des informations sur leur parcours, leur caractère, la raison qui les pousse à agir ainsi. D’où viennent-ils, quel métier fait le père de famille, pourquoi la mère est-elle aussi spéciale ? Pourquoi habitent t-il cette bâtisse, pourquoi sont-ils restés vivre là ? Pourquoi ne se révoltent-ils pas et pourquoi se replient-ils sur eux-mêmes ? Les comportements des différents membres de la famille sont parfois outrés et provoquent une réaction du spectateur teintée d’ambiguïté : les sentiments contradictoires et les situations invraisemblables progressent dans une superficialité infantile regrettable. Cinq personnes ont pourtant planché sur le scénario. Dommage, Alix trouve tant de choses formidables qu’elle est déçue de devoir rester « sur sa faim ». À ce stade du propos, détailler ce qu’elle pense vraiment du film ne revêt pas beaucoup d’intérêt car le grief principal est ailleurs : l’absence de musique de film. La réalisatrice franco-suisse n’a pas jugé bon de prévoir des plages musicales suffisantes pour un compositeur qui aurait su apporter de la liaison, du rythme, de l’émotion, bref, soutenir le propos. Cette faute technique et artistique est impardonnable même si le jugement d’ensemble demeure excellent, impossible de bouder son plaisir. Oui, il fait chaud et tout le monde en souffre, oui, le bruit devient vite insupportable, oui, on déprime avec les protagonistes mais sans entrer systématiquement dans leur choix de vie, une tendance qui se retrouve dans le film suivant « L’enfant d’en haut » en 2012 : le jeune Kacey Mottet n’est pas bien utilisé dans le rôle principal (une histoire toujours aussi compliquée à suivre et mise en scène de manière trop flottante). Au fait, pourquoi avoir tourné « Home » en Bulgarie dans des conditions apparemment difficiles ? 

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Comédie

HORS DE PRIX, un film de Pierre Salvadori (2006) avec Gad Elmaleh, Audrey Tautou, Marie-Christine Adam, Vernon Dobtcheff, Jacques Spiesser, Annelise Hesme… Musique de Camille Bazbaz. Un film co-produit par Philippe Martin, Fance 2 cinéma, France 3 cinéma, . Tovo films et KS2 Production. Distribué par TFM Distribution.

Vivre dans le luxe et s’endormir sur un matelas de billets de banque n’engendre pas forcément le bonheur mais ça y contribue largement a-t-on l’habitude de dire. Il en est largement question dans le film du réalisateur Pierre Salvadori « Hors de prix » qui traite une nouvelle fois des relations humaines tantôt faciles tantôt impossibles entre l’homme et la femme avec un tact et un humour bien personnels. Par l’étude approfondie des comportements à l’origine de situations cocasses, en l’absence de violence ou de méchanceté gratuite, loin de la niaiserie contemporaine ambiante, le spectateur redécouvre les quiproquos de « la vraie vie » : les sentiments exprimés et dévoilés dans « Hors de prix » rendent les personnages imaginaires proches de nous. Malgré les excès obligés d’une comédie débridée, les scènes de rencontre, les déchirements et la saine réflexion qui en découle nous replongent dans le monde infini des sentiments humains complexes, une démarche difficile à mener à bien. Le réalisateur s’en sort avec les honneurs. À ce petit jeu du chat et de la souris, du riche et du pauvre, du chanceux et de l’infortunée, Gad Elmaleh et Audrey Tautou sont excellents tout comme les seconds rôles. Il faut admettre que les salaires mirobolants des deux vedettes parfois payées un million d’euros par film (paraît-il) les rendent crédibles à l’écran puisqu’ils vivent déjà dans un milieu sans pitié en partie constitué de gens privilégiés et d’ambitieux sans vergogne. Pour en savoir plus sur le sujet, consultez donc la presse « people » et un journal satirique célèbre (celui qui n’a jamais eu de publicité) car ils ne racontent pas toujours que des conneries ! La musique du film est signée d’un artiste pas comme les autres, Camille Bazbaz : bâties sur les cuivres et les percussions dans une orchestration très jazz version big band, les compositions énergiques signent une fructueuse collaboration entre le crooner musicien et le réalisateur sociologue qui ne date pas d’hier : ce film est le quatrième bébé d’une amitié professionnelle solide et cela se sent, le dynamisme et la créativité l’emportent sur la routine. Une belle et saine émulation entre artistes inspirés et volontaires. Dommage cependant qu’Alix ne partage pas toujours les choix du compositeur. Ici et là, une belle mélodie sur un tapis de violons auraient assuré la complémentarité avec les images mieux que les cuivres et les « drums » révélés par de brillants interprètes, certes, mais parfois totalement anachroniques comme ce serveur pas vraiment à sa place dans un hôtel de luxe… Tout finira bien par s’arranger fort heureusement. Note d’Alix sur le film : Très bon. Sur la musique : Très bonne malgré les réserves d’Alix sur quelques choix discutables. Un film parfait doit comporter des imperfections pour être parfait.

 

 

 

Drame

MESRINE un film d’André Genovès (1983) avec Nicolas Silberg, Caroline Aguilar, Gérard Sergue, Michel Poujade, Michel Beaune, Jean-Pierre Pauty, Louis Arbessier, Philippe Rouleau, Claude Faraldo, Jean-Pierre Farcy et William Sabatier. Musique de Jean-Pierre Rusconi. Distribué par Studio Canal. / MESRINE un film en deux parties de Jean-François Richet (2008) avec Vincent Cassel, Cécile de France, Gérard Depardieu, Roy Dupuis… Musique de Marco Beltrami. Un film Pathé !

Jacques Mesrine aurait aujourd’hui 73 ans s’il n’avait pas été abattu par la police en ce triste mois d’octobre 79. Triste parce que personne ne mérite de mourir exécuté en place publique. Mais Jacques Mesrine vivrait peut-être aujourd’hui s’il n’avait pas lui aussi retiré la vie à d’autres personnes, s’il n’avait pas massacré un journaliste, rencontré des malfrats très mauvais conseillers ou faux amis, s’il n’était pas allé au Canada et s’il n’avait pas cherché à braver la Loi en s’évadant par principe. Peut-être n’aurait-il pas du s’engager dans les commandos parachutistes pendant la guerre d’Algérie et ne pas ramener avec lui une arme pour tirer sur les Forces de l’ordre, sur d’autres hommes qui avaient simplement le tort de ne pas partager les mêmes convictions que lui. Alors peut-être serait-il ici parmi nous s’il avait pu garder son emploi lorsqu’il voulait se ranger car il n’était pas trop tard pour opérer un virage à 180 degrés. Il n’est jamais trop tard pour réaliser que l’on peut toujours agir autrement sans pour autant renier son passé, nous avons tous le droit de garder notre dignité. Nous sommes tous tributaires de ce que nous avons fait ou pas fait un jour et rien ni personne ne pourra jamais nous enlever nos actes passés qu’ils soient bons, mauvais ou simplement ordinaires. Mais chacun a le droit de se ressaisir en restant lui-même tout en agissant différemment afin de s’insérer autant que faire se peut dans une société difficile qui accepte très mal la différence, celle que l’on perçoit chez les anarchistes, les révoltés, les insoumis ou chez les fortes personnalités pour ne citer qu’eux. Jacques Mesrine possédait sans doute ce sentiment de puissance absolue que l’on ressent lorsqu’on se sent différent des autres mais son tort a résolument été de se mettre en marge de la société par une voie parsemée de violence et de fusillades, un parcours personnel extraordinaire qui ne pouvait que mal se terminer. Il le savait, l’issue serait tragique. Jacques Mesrine a connu la vie apparemment captivante d’un truand déterminé qui revendiquait par la force son statut très spécial… Avant de se transformer en ennemi public numéro un recherché par toutes les polices du monde car il en a fait baver plus d’une dans plusieurs pays et sur plusieurs continents ! L’homme aux centaines de déguisements a connu le destin pathétique d’un tueur fabriqué par un système pervers qui autorise et récompense la violence à un moment donné mais qui la refuse et la combat une fois la guerre finie. Serait-elle vraiment finie ? Jacques Mesrine avait des principes car c’était d’abord un être doté d’un cerveau, de la vue et de l’ouïe, d’une intelligence, d’une capacité à vivre à sa manière et pas selon le dictat d’une société décevante qu’il n’acceptait pas et réciproquement. Pourtant il n’aurait jamais tiré sur une femme ou sur un enfant par plaisir ou sans raison comme l’aurait fait sans retenue un malade chronique. Mesrine n’était pas ainsi car il pouvait aimer. Comme bon lui semblait mais avec ses mots et ses attitudes, il connaissait l’amour qu’il vivait juste à sa manière. Ses faveurs, ils les destinaient à quelques uns seulement, à des potes, à des compagnons de route ou autres collègues de travail si l’on peut s’exprimer ainsi. Et à Sylvia… Mesrine était un homme libre, impulsif et incontrôlable qui vivait au détriment de ses compatriotes. D’autres issues plus heureuses, des rencontres différentes, le temps d’une réflexion approfondie, plus de chance, un autre destin, une autre époque, moins de haine et de révolte, une personnalité mieux maîtrisée l’aurait fait devenir quelqu’un d’autre. Un autre Jacques Mesrine qui n’aurait fait feu de son arme intellectuelle que pour tuer le temps. Alix trouve que le film de Genovès se rapproche des livres autobiographiques de Mesrine en nous dévoilant les aspects de sa personnalité. Appréciation : un Très bon film. Alix trouve en revanche que Vincent Cassel en fait trop et dresse un portrait caricatural et excessif. Appréciation : un film décevant et Insatisfaisant. Enfin, Alix n’a vu que cinq minutes du téléfilm « Chasse à l’homme » d’Arnaud Selignac (2006) avec Richard Berry : la caméra bouge tout le temps et ça, elle ne le supporte pas. Appréciation : un téléfilm Raté pour cette raison.

Pour revoir un film inspiré très librement par le personnage Jacques Mesrine, revoyez l’Excellent « Inspecteur Labavure » avec Coluche !

 

 

 

Drame

NUIT NOIRE, un film d’Alain Tama (2005) avec Clotilde Courau, Thierry Fortineau, Jean-Michel Portal, Marie Denarnaud, Ouassini Embarek, Atmen Kelif, Abdelhafid Metalsi… Musique de Cyril Morin. Un dvd Les incontournables Mélimédias.

En France en 1941, il ne faisait pas bon être français et juif (de culture ou de confession juive) mais en 1961 le temps n’était pas plus clément pour un français d’origine algérienne, pour un parisien né en Algérie (alors française) ou pour une personne de culture ou de confession musulmane. Les discriminations et les préjugés criminels envers ses propres concitoyens ou contre les membres des communautés diverses accueillies marque un pays de manière indélébile : en la matière, l’histoire de France est jalonnée de moment dramatiques et de luttes pour l’abolition des privilèges, de l’esclavage, du despotisme et de toute forme de xénophobie qu’elle aura parfois, hélas, elle-même engendrée ou exacerbée. Les époques traversées par un chômage de masse, la chute boursière, la perte des valeurs traditionnelles, des repères constructifs, les climats sociaux parsemés de grève et d’incompréhension où les diférentes parties en présence sont renvoyées dos à dos, la dégradation d’un environnement politique vers une crise majeure sont toutes favorables aux exactions contre une frange de la population désignée comme étant la seule responsable de tous les maux – alors qu’elle en subit toujours de plein fouet les premières conséquences -. En 1941 comme en 1961, un nom commun à ses deux périodes épouvantables vient à l’esprit : Maurice Papon. Préfet régional à Constantine pendant deux ans dans les années 50, cet ancien militaire devenu fonctionnaire d’État aura permis l’usage de la torture pour tenter de contrer la guérilla déclenchée par le FLN et sa branche armée l’ALN, un mouvement nationaliste créé pour combattre la colonisation du pays. Du côté des indépendantistes comme de celui des colons, la violence s’exercera avec un facteur aggravant pour le régime administratif en place : sa légitimité. Qui demanda de légitimer la torture et l’exécution sans procès ? Qui demanda l’autorisation du tir à vue selon son faciès et la condamnation sans présomption d’innocence ? Qui demanda au préfet de police de Paris de réprimander avec autant de perversité la manifestation anti OAS en cette sombre nuit du 17 novembre 1961 ? Qui lui avait demandé vingt ans plus tôt de favoriser les rafles conduisant droit en Enfer toute personne désignée par l’occupant nazi ? En tant que secrétaire général pétainiste de la Ville de Bordeaux et résistant actif contre l’occupant selon ses défenseurs, les méthodes de Maurice Papon sont décrites sans concessions dans « Nuit noire ». Le film brosse du fonctionnaire un portrait terrifiant. Les faits, d’abord : un massacre a vraiment été perpétré le 17 novembre 1961 à Paris. En gérant la FPA, la force de police auxiliaire fondée par le Premier ministre Michel Debré, la répression sanglante gérée par Maurice Papon fut meurtrière. L’histoire ne retiendra pas pour autant cette nuit tragique avec l’importance que l’évènement le nécessiterait car les deux parties en présence à l’époque (l’État français et le GPRA, le gouvernement provisoire algérien) étaient en travaux d’approche à l’aube des accords d’Evian de 1962 permettant l’indépendance de l’Algérie. Le téléphone portable et Internet n’existaient pas encore… Alix n’a pas connu cette période trouble de l’histoire de France alors il lui est difficile de s’en faire un jugement précis et impartial. Son commentaire sur le film sera donc le suivant en se basant principalement sur les faits : celui qui tient une arme dans la main et qui s’en sert de manière criminelle devra répondre de ses actes quoi qu’il arrive. Un mauvais usage de ses prérogatives lorsque l’on est responsable d’une administration peut s’avérer beaucoup plus dangereux encore qu’un simple révolver tenu dans une main innocente ou coupable. Si le film « Nuit noire » devait n’avoir qu’une seule qualité, ce serait celle d’exister pour ne pas oublier les conséquences de la folie humaine. S’il devait en avoir une deuxième se serait celle de nous transmettre des informations essentielles sur notre histoire contemporaine. Le savoir ne peut s’acquérir qu’à ce prix. Alix trouve ce film Exceptionnel.

Pour en savoir + sur la question brûlante, cliquez ici (info Wikipedia)

 

 

 

« Les choses sont ce qu’elles sont et non pas ce qu’elles auraient pu être si elles avaient été différentes ». Alix, philosophe modèle et modèle de philosophie.

 

 

LA CRITIQUE DE FILMS (suite ici)

 

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