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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

La critique de films d’Alix (IV)

Le cinéma d’Alix

Rappel des critères d’Alix

 

Pour le film :

Exceptionnel (un film de référence, sans contestation possible)

Parfait ou Excellent (à voir et à revoir sans modération)

Très bon (les films dont on se souviendra toujours)

Bon (le cinéma existe grâce à eux)

Moyen (on n’a pas perdu son temps pour autant)

Insatisfaisant (aïe, de grosses faiblesses mettent Alix mal à l’aise) / Raté (il faudra revoir sa copie, toujours selon les critères subjectifs d’Alix) / Nul (aucun espoir car un film nul le restera. Mais s’il n’y en avait pas de temps en temps, on ne pourrait plus désigner les meilleurs…).

 

Pour la musique du film :

Parfaite ou Excellente (on achètera le C.D.)

Bonne (on en fera de même)

Discrète (difficile de juger…)

Mauvaise (aucun scrupule à le dire, quand c’est mauvais, cela s’entend).

 

Les photos d’Alix sont de @ Serguei Kovalev – Fotolia.com

 

Western

LA POUSSIÈRE, LA SUEUR ET LA POUDRE/The Culpepper cattle co, un film de Dick Richards (1972) avec Gary Grimes, Billy Green Bush, Luke Askew, Bo Hopkins… Musique de Tom Scott et Jerry Goldsmith. Un film produit par Paul Helmick et distribué par la 20th Fox.

Voici un western sans concession : la dure vie des cow-boys du far-west y est décrite avec un réalisme à frémir. Oui, être gardien de vaches et les convoyer à travers d’immenses espaces n’est pas forcément une aventure romanesque. Non, les images d’Épinal ne correspondent pas au tableau dressé par un réalisateur soucieux de restituer les choses et les évènements tels qu’ils ont probablement existé. Dans la poussière crasseuse et suffocante des plaines arides et des déserts, les hommes comme les bêtes souffraient le martyr. Un destin terrible pour deux catégorie d’individus : les plus chanceux trempés de sueur gardaient l’espoir d’une vie meilleure et les plus malchanceux trouvaient la fin de la piste au détour d’un recoin qui sentait fort la poudre. Et tous évoluaient noyés dans la poussière. Entre ces deux catégories surgit pourtant un jeune plein de rêves qui voulait se frayer un chemin ; il s’engagea avec le groupe des cow-boys pour amener un énorme troupeau de bétail au nord du pays mais voilà, l’inexpérience et la violence le changeront pour toujours. Ce film est soigné avec sa musique parfaite, deux compositeurs de renom se sont associés au projet. Sans doute fallait-il ne pas se tromper dans le choix des thèmes et des sonorités : l’harmonica, le banjo, la caisse-claire et les tempos country ou de poursuite donnent le ton. Le choix, finalement, tout est une question de choix. Dans l’ouest sauvage infesté de blancs sauvages, il fallait tirer d’abord et se poser les questions ensuite, l’acte nécessaire de survie passait avant la réflexion pacifiste. Tuer ou être tué, c’était bien la seule question à se poser. Heureusement, la civilisation est passée par là…

* Un film sorti en DVD pour l’Europe en version française ; le doublage y est excellent, on reconnaît les voix des comédiens doublant David Carradine, Brian Dennehy, Matthew Broderick etc. Bon film et Bonne musique.

* Gary Grimes a commencé jeune à faire l’acteur : dans « Un été 42 » il obtint deux récompenses puis il enchaîna avec « Class’84 » et « Les cordes de la potence », deux belles prestations à ne pas manquer. Son parcours devint plus confidentiel par la suite, de mauvais choix professionnels pour de mauvais réalisateurs, hélas !

* Pour en savoir + sur le film, cliquez ici (infos Le western dans les films, une thèse d’El Lobo)

 

Guerre


9e ESCADRON/9 rota/9th company, un film de Fyodor Bondarchuk (2005) avec Aleksei Chadov, Fyodor Bondarchuk, Mikhail Evlanov, Konstantin Kryukov, Ivan Kokorin… Musique de Dato Evgenidze. Un film produit par Yelena Yatsura, Sergei Melkumov et Alexander Rodynansky. Un DVD Vidéodis.

L’Afghanistan est un État de l’Asie centrale coincé entre l’Inde et l’Iran. Largement influencé par les grecs et les indiens (des Indes) avant son islamisation au début du IXe siècle, le pays a subi toutes les influences. Au fil du temps en effet, de très nombreuses dynasties et tribus fonctionnant sur le mode féodal se sont entre-déchirées pour la possession du territoire. Civilisation brillante car très cultivée, le peuple Afghan en digne héritier se trouve réparti entre plusieurs communautés ; il aura connu les anglais, les russes et avant eux les cosaques avec un point commun : personne ne sera jamais parvenu à contrôler les plaines, les déserts et les montagnes qui culminent à plus de 6 000 mètres. Un pays magnifique malmené par différentes guerres d’où l’intérêt du film « 9e escadron ». Basé sur l’histoire vraie de l’invasion de l’Afghanistan par l’Armée rouge avant les changements radicaux en U.R.S.S. (devenue Russie), les années 80 furent celles d’un conflit inégal car attisé par deux systèmes en opposition, le capitaliste et le communisme, une guerre est-ouest se livrait aussi par pays interposé. Les images du film sont violentes mais comment pourrait-il en être autrement ? Sans aucune complaisance, le réalisateur démontre l’horreur des combats et l’inutilité des boucheries humaines : tant de morts et de tueries, pourquoi, ne sommes nous pas tous égaux en droits et en devoirs ? Conforme au traitement cinématographique des grandes productions hollywoodiennes, les russes et les ukrainiens démontrent une nouvelle fois leur capacité à produire de très bons films. Malgré quelques longueurs dans les scènes qui auraient gagné en impact en étant plus rigoureux au montage, malgré des visages aux crânes rasés qui se ressemblent beaucoup, en coupant certains états d’âmes insipides qui allongent inutilement le film, le cinéphile constatera que la maîtrise technique du réalisateur et les trucages sont au rendez-vous. La progression de l’action jusqu’à son paroxysme n’a d’égal que les grands films de guerre connus. « 9e escadron » présente la guerre vue par les russes, celle que l’on a cherché à occulter des médias pour pouvoir tuer sans publicité : pour présenter la guerre version afghane, il faudra voir donc visionner un autre film. À noter l’excellente musique du compositeur Dato Evgenidze : un orchestre symphonique, de longues notes tenues par l’orchestre à cordes, voici un rare moment de grande délectation auditive. Merci ! Car pour le reste du film le contexte sanglant donne plutôt envie de fuir. Appréciation d’Alix : un Bon film malgré ses longueurs et scènes répétitives, une Excellente et rare musique dotée d’une harmonisation riche et apaisante : le réalisateur superpose les contrastes, bravo !

Pour découvrir les films qui parlent de l’Afghanistan, cliquez ici (info Allociné)

 

Tranche de vie

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OSCAR WILDE, un film de Brian Gilbert (2002) avec Stephen Fry, Jude Law, Vanessa Redgrave, Jennifer Ehle, Gemma Jones, Judy Parfitt, Michael Sheen, Zoé Wanamaker et Tom Wilkinson. Musique de Debbie Wiseman. D’après le livre sur Oscar Wilde de Richard Ellman. Un DVD TF1 video.

Oscar Wilde l’irlandais n’était pas un personnage comme les autres. Doué, inspiré, intelligent, il aimait les hommes et ne s’en cachait pas. Dans l’Angleterre puritaine de l’époque victorienne, autant dire que cela était mal vu ; il était impossible de faire comprendre à la haute société inconsciente des énormes bouleversements dont elle allait faire les frais que chacun était libre de vivre sa vie comme bon lui semblait. Le grondement des « laissés pour compte » de la révolution industrielle dans l’explosion des créations d’entreprises de toutes sortes et les changements de mentalités apportés par les théories de Darwin ne laissaient que peu de chance aux états d’âme d’un auteur à succès très spécial. Il deviendra pourtant célèbre par ses poèmes, ses conférences et ses pièces à l’esprit moqueur en insufflant un mode de pensée nouveau, la dénonciation de toute vérité qui dérange sous une forme humoristique et ironique très personnelle. Homme raffiné capable de se servir de ses poings, le comportement paradoxal d’Oscar Wilde affectera ses relations sentimentales qui feront de lui un mari très aimé par son épouse et adulé par leurs deux enfants tout en multipliant les rencontres amicales et platonique voire amoureuses avec des hommes orientés dans la même direction. Avec cette vie compliquée et bien remplie, l’artiste assumera néanmoins ses tâches avec plus ou moins de bonheur. Son aura et sa capacité à s’attirer les bonnes grâces des personnes de son entourage l’aideront à s’accomplir car tous s’accorderont à reconnaître son talent, son charme et sa fière allure du haut de ses 190 cm à forte corpulence. Jusqu’au jour où le père de Bogie, son jeune amant, déposera plainte pour les raisons que l’on imagine. Suivront un procès retentissant pour outrage aux bonnes mœurs de l’époque et un séjour en prison qui briseront son parcours professionnel. Une vie gâchée par son excès d’amour de la vie, en quelque sorte. Cet axiome littéraire facile n’aurait peut-être pas été renié par le spécialiste des vérités bonnes à dire, à l’image de ces enfants qui disent tout haut avec naïveté et naturel ce que tout le monde pense hypocritement tout bas. Un fait restera acquis : par ses bons mots et ses phrases poétiques, Oscar Wilde aura sensiblement marqué l’histoire de l’écriture contemporaine. Le comédien britannique Stephen Fry interprète l’artiste Wilde avec classe et brio.

Très bons : c’est l’appréciation d’Alix sur ce film et sa musique fine et légère, bien adapté aux diverses ambiances sveltes ou graves. Attention, certaines scènes du film sont très explicites sans être pornographiques pour autant (mais c’est osé) ! Pour en savoir + sur Oscar Wilde : Wikipedia

 

De cape et d’épée

LAGARDÈRE, un téléfilm d’Henri Helman (2003) avec Bruno Wolkowitch, Clio Baran, Yvon Back, Christian Hecq, Frédéric Van Den Driessche, Florence Pernel, Jacques Frantz, Ticky Holgado… D’après le roman de Paul Féval Le bossu. Musique de Marc Mader. Un dvd L.C.J. Editions.

L’histoire inventée par Paul Féval d’après des évènements et des personnages historiques véridiques est connue de tous, du moins, peut-on l’espérer. Qui ne connaît « la botte de Nevers », la devise de Lagardère « J’y suis ! » ou sa célèbre phrase « Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi » ? Paul Féval fils, écrivain comme son paternel, reprendra à son compte les aventures du personnage imaginaire en leur donnant une suite (la petite-fille de Lagardère…) mais également avant 1699, année de démarrage de l’histoire du bossu, par un prologue surprenant (la jeunesse de Lagardère….). Un éditeur français a eu la très bonne idée de regrouper l’ensemble des romans des deux écrivains dans l’ordre chronologique, un « pavé » qui demanderait aujourd’hui une adaptation gigantesque au cinéma. On ne peut pas pour autant reprocher au Septième son éventuel désintérêt pour le genre : entre « Les 3 mousquetaires » et « Le bossu », plus de 100 versions existent déjà dont le fabuleux dessin animé de Walt Disney avec Mickey, Donald et Dingo. Alors, une saga passionnante sur les plus beaux romans de cape et d’épée, pourquoi pas ? On l’a bien fait avec un certain parrain italien ou Pied-noir… « Le comte de Monte-Cristo », « La reine Margot », « La dame de Monsoreau », « La dame aux camélias », la trame et l’intrigue des romans des deux Alexandre Dumas (comme pour Féval, le père et le fils sont écrivains) ne sont pas forcément respectés. En effet, Alix estime que le cinéma et la télévision dénaturent allègrement les ouvrages qui doivent toujours être préférés à la mise en images mais le débat demeure stérile : un livre ne peut pas être comparé à un film et inversement. Ce qui compte, c’est le résultat et sans douter du bon jugement d’Alix, « Lagardère » est vraiment Épatant. Dans son costume du bossu, Bruno Wolkowitch est extraordinaire et parfaitement méconnaissance avec son petit air de Jean Marais : c’est loin d’être un coup d’épée dans l’eau !

Vive l’air et la mélodie ! Vive le cinéma !
 

Comédie

MAUVAISE FOI, un film de Roschdy Zem (2006) avec Roschdy Zem, Cécile De France, Pascal Elbé, Jean-Pierre Cassel, Martine Chevallier, Leïla Bekti, Bérangère Bonvoisin, Naïma Elmcherqui… Musique de Souad Massi. Un film distribué par Wild Bunch. Un dvd StudioCanal.

On accroche ou pas au thème du film : les relations amoureuses souvent tendues entre une femme juive et un homme musulman. Ils ne sont pas ou peu pratiquants mais leurs parents, eux, tiennent au respect des traditions de leur culte et de leur culture. Ce qui les unis : ils sont français. Ce qui les divise : un manque de communication. La franchise n’est certainement pas leur première qualité mais il faudrait n’avoir jamais été amoureux pour ne pas admettre parfois son inutilité pour arranger certaines situations. En clair, ils sont de mauvaise foi… Au bout de quatre années de vie commune tout de même, n’auraient-ils pas pu s’organiser autrement ? Le film est bien mené par Roschdy Zem décidément très à l’aise devant et derrière la caméra, c’est ça le don. Et puis il y a Cécile De France… Tous les acteurs sont crédibles et interprètent des personnages attachants, d’un côté comme de l’autre. C’est peut-être ici que le bât blesse. L’ensemble dégage un certain ennui par la sympathie que dégage les personnages et les situations s’enlisent durablement, on a l’impression que rien n’avance. Ce couple a de sérieux problèmes existentiels liés davantage à leurs « caractères de cochon » réciproques plutôt qu’à leurs différences ! Il aurait fallu mieux gérer un scénario à la base très intéressant mais l’aspect psychologique est plutôt bâclé, le film manque de piment, d’exaltation, de relief, de passion… L’explosion des talents réunis aurait pu se produire avec une histoire rendue plus intéressante par l’apport d’anecdotes croustillantes, de gags plus forts, en coupant certaines longueurs ou redondances… Pour Alix il s’agit d’une Bonne comédie qui ne décolle pas suffisamment. Quelques très bons moments néanmoins et une très agréable impression d’ensemble, un film à voir et à revoir avec plaisir. La musique du film est assez peu présente et n’est pas écrite par un spécialiste du métier mais par une jeune chanteuse – interprète de world music au talent très prometteur, Souad Massi, une artiste qui mérite toute notre attention. En résumé, à l’école, l’appréciation globale de l’instituteur sur cette production serait donc certainement : « Bien, peut mieux faire ». Normal, il s’agit de la première réalisation de Roschdy Zem et vivement la suivante !

Ne manquez pas le site officiel de Souad Massi, cliquez ici

 

Policier

MATCH POINT, un film de Woody Allen (2005) avec Brian Cox, Scarlett Johansson, Emily Mortimer, Matthew Goode, Jonathan Rhys Meyers, Penelope Wilton… Musique d’ambiance constituée d’extraits d’opéras classiques. Un film distribué par T.F.1. video.

Ce film est difficile à classer dans un genre bien précis ; comme tous les films de Woody Allen, il s’agit d’un mélange des genres dont la base est une étude du comportement amoureux, pour faire court. Mais avec « Match point », en français Balle de match (on se demande bien pourquoi le titre n’est pas traduit) on atteint la perfection ; ce thriller, pardon, ce film policier est l’une des plus belles réussites de Woody auteur – réalisateur célèbre. Le suspense repose ici sur la chance de ne pas être découvert. Lorsqu’un individu cache son jeu, c’est à dire ses intentions réelles et sa propre personnalité, le menteur prend le risque de tout perdre… ou de gagner sur toute la ligne. Jeune moniteur de tennis né dans la pauvreté, Chris va t-il brûler les étapes de l’ascenseur social pour atteindre rapidement son but, devenir un privilégié de la haute société londonienne ? Son amour pour Nola l’américaine est-il compatible avec son ambition et l’amour inconditionnel que lui voue son épouse Chloé ? Comment va t-il s’en sortir ? Le stress de celui qui ment et se retrouve acculé à ses dernières extrémités est parfaitement bien retranscrit à l’écran par Woody Allen. Il faudrait n’avoir jamais menti à personne pour ne pas ressentir l’angoisse horrible face aux situations devenues impossibles à gérer, celles et ceux qui mènent une double vie par leurs liaisons parallèles se reconnaîtront… Un film à ne manquer sous aucun prétexte. Le doublage français est excellent (surtout la voix parfaitement adaptée de Chloé) mais celle de Chris laisse à désirer (trop fade). Au titre des doléances, la musique du film pour laquelle aucun compositeur n’a été sollicité. Malgré ces deux ooops, pardon hic, Alix trouve ce film Formidaibeul !

 

Comédies

L’EMMERDEUR, un film d’Edouard Molinaro (1973) avec Lino Ventura, Jacques Brel, Caroline Cellier, Jean-Pierre Darras, André Valardy et Edouard Molinaro. Scénario de Francis Veber. Musique de Jacques Brel et François Rauber. Un film CCFC. Un dvd T.F.1. video. / L’EMMERDEUR, un film de Francis Veber (2008) avec Richard Berry, Patrick Timsit, Pascal Elbé, Virginie Ledoyen, Laurent Paolini, Michel Aumont… Musique de Jean-Michel Bernard. Un film distribué par T.F.1. video.

Les aventures de l’atypique François Pignon reposaient sur une pièce de théâtre de Francis Veber intitulée « Le contrat », un titre évidemment judicieux quand on connaît l’histoire… Suivra un film de Molinaro avec l’incroyable duo Ventura/Brel, une référence en la matière ! L’auteur reverra pourtant sa copie : un scénario transposé dans la modernité, quelques coups de ciseaux ici et là, de nouvelles répliques et il deviendra producteur d’une nouvelle pièce interprétée par l’énergique duo Berry/Timsit, un spectacle excellent mais qui l’est un peu moins dans le film. La comparaison entre les deux versions demeure inévitable : dans le rôle de Pignon l’emmerdeur patenté, Jacques Brel possède une crédibilité que seul Lino Ventura, dans la peau d’un tueur froid et déterminé, peut contrebalancer. La musique de François Rauber et de Jacques Brel lui-même amène une touche humoristique très sympathique, la mélodie étant joué par Marcel Azzola, l’accordéoniste attitré du chanteur dans ses tournées mémorables, souvenez-vous de sa célèbre réplique « Chauffe, Marcel, chauffe ! ». Une présence humaine chaleureuse et communicative par des monstres sacré avec un Jacques Brel très motivé par sa nouvelle vie d’acteur, lui qui disait « Quand on bouge, ceux qui sont immobiles disent que vous fuyez ». Une définition parfaite pour François Pignon…

Patrick Timsit est un bon comédien tout comme Richard Berry ; ils excellent tous deux sur les planches mais dans le film de Veber ils se laissent aller à « en faire des masses » ce qui passe mal à l’écran contrairement au théâtre. Un piège dans lequel ils n’auraient peut-être pas dû tomber. Quelques scènes deviennent inutiles, un jeu d’acteur un peu lourd trop centré dans un même lieu en vase clos, peu de renouvellement dans les situations et « L’emmerdeur » nouvelle version devient répétitif, presque ennuyeux s’il n’y avait le plaisir et l’amusement qui nous poussent rapidement jusqu’au générique de fin. Avant de ressentir une forte envie de replonger dans la première version de Molinaro, histoire de revoir ses fondamentaux (c’est à la mode paraît-il)… Alix trouve Excellent le film de 1973 avec Lino et Jacques, Excellente la pièce de théâtre avec Richard et Patrick et Bon le film de 2008.

 

James Bond 007 (version Mr Bean)

JOHNNY ENGLISH, un film de Peter Howitt (2003) avec Rowan Atkinson, John Malkovich, Natalie Umbruglia, Ben Miller… D’après les personages créés par Ian Fleming. Musique d’Edward Shearmur. Un film Universal.

Qu’il soit Vipère noire, Mister Bean ou Johnny English, le comédien anglais Rowan Atkinson mérite toute notre admiration : le personnage fictif qu’il a su créer remporte l’adhésion d’un très large public comme auront su le faire avant lui de grands modèles, Charlie Chaplin, Jacques Tati, Jerry Lewis ou Alfred Hawthirn Hill (Benny Hill) entre autres. Le rôle de Rowan Atkinson dans « Johnny English » est tordant, tous les poncifs des vrais James Bond sont glissés dans cette comédie au rythme enlevé. On se met à souhaiter une suite qui nous rapprocherait encore un peu plus des anciens James Bond que l’on aime tant revoir, histoire de nous faire oublier l’indigeste « Quantum of solace » (voir ici) qui n’a de modernité que l’adjectif qui le défini le mieux : insupportable. Avec « Johnny English » pas de déception à condition d’aimer les grimaces et mimiques du comédien. De Louis De Funès à Mister Bean il n’y a qu’un pas, celui qui permet d’enjamber la Manche : les démarches de ces deux grands comiques ne sont pas nouvelles dans l’art du mime, Marcel Marceau étant le meilleur représentant de la très difficile discipline. Quoi qu’il en soit, on s’amuse, on rit, on s’enthousiasme pour les aventures d’un policier maladroit et instinctif… sur une musique très riche et enlevée d’Edward Shearmur, un collègue à Rowan mais formé par le compositeur Michael Kamen (voir ici) : issus du même milieu confessionnal et sacrément formateur, Shearmur et Atkinson se ressemblent professionnellement. Pour « Johnny English » comme dirait l’autre, « The perfection of art, is to conceal art » ce qui signifie « La grande finesse n’est pas celle qui s’aperçoit ». Une définition qui colle très bien à Mister Bean, pardon, à Johnny 007 ! Un Bon film et une Bonne musique pour Alix. Plus fatiguant car plus lassant, le deuxième volet « Johhny English le retour »

 

Drame

PELLE LE CONQUÉRANT/Pelle erobreren, un film de Bille August (1988) avec Pelle Hvenegaard, Max Von Sydow, Astrid Villaume, Erik Paaske, Bjön Granath, Karen Wegener… Scebario de Bille August. Musique de Stefan Nillson. Oscar en 1989, Bodilaward 1988, Palme d’Or Cannes 1988, Golden Globe 1989. Distribué par Columbia Tristar.

Pelle (prononcer pelle et non Pelé) est un enfant mais peut-on parler d’enfance après avoir connu à son âge tant de misère et de souffrance ? Pour comprendre et apprécier le film il faut pouvoir s’imprégner du contexte particulier lié au XIXe siècle, au froid glacial de l’hiver des pays nordiques (le Danemark) et à la vie misérable du jeune Pelle accompagné de son père âgé et fatigué. Tous deux quittent la Suède pour espérer trouver du travail en Norvège car Lassefar souhaite « louer ses bras » mais trouvera t-il un riche propriétaire pour l’embaucher et leur donner un toit compte tenu de sa vieillesse et de la jeunesse de son fils ? La musique du film est résolument symphonique mais demeure très discrète malgré la présence forte dans la culture norvégienne de la musique traditionnelle basée sur un violon très spécial comportant cinq cordes et des barettes pour les doigts de la main gauche (comme sur la guitare) ; malgré l’orientation dramatique du film, l’absence de musique reste regrettable, le réalisateur et le compositeur n’ayant pas jugé bon de produire un travail de fond comme d’autres « couples » légendaires l’ont fait avant eux sur ce plan-là. Le film « Pelle le conquérant » se démarque donc du fameux « 1900 » par exemple (voir ici) une tranche de vie historique avec la collaboration Bertolucci / Morricone. Autre caractéristique de « Pelle le conquérant » très ambitieux mais aux moyens plus modestes : sa lenteur. Le montage est parfois rapide mais pas suffisamment varié, de manière générale une ambiance statique défini l’oeuvre pourtant très bien décrite : la photographie et les éclairages sont superbes, les gros plans sont d’une grande beauté et la maîtrise artistique est extraordinaire. Le déroulement saccadé des images de manière quasi imperceptible à l’œil provoque également une atmosphère étrange, une impression de film ancien pour gagner en crédibilité, un heureux effet renforcé par la brume et la dureté des décors d’un cadre sans concessions (saleté, froid, austérité). Même les scènes plus chaleureuses (accolades et embrassades) demeurent tristes et gelées alors pas de doute, il s’agit bien d’une tragédie. En provoquant de la distance par ces artifices, rien d’étonnant à ce que le petit Pelle soit figé et « absent » tout au long du film, un gamin qui semble tout le temps « ailleurs ». L’enfant est mignon et « crève l’écran » mais peut-être n’est-il pas si photogénique que cela car il se pourrait que le film soit trop centré sur lui et sur son visage pas toujours très expressif. Pour résumer il manque quelque chose à l’ensemble pour que le spectateur puisse se noyer dans les problèmes avec les protagonistes. Absence de rythme avec certains plans trop longs, excès de rigidité, acteurs pas si exceptionnels (Pelle joue t-il si bien, est-il correctement dirigé ?) ou peut-être est-ce un petit rien cinématographique oublié quelque part mais qui aurait fait toute la différence à l’arrivée ? L’explication résiderait-elle dans le comportement et dans l’état d’esprit des nordiques, deux attitudes tout à fait opposées à la vivacité et à l’exubérance des latins ? À chacun de juger mais quoi qu’il en soit, le film restera une oeuvre majeure dans l’histoire du cinéma mondial. À noter la fin en « queue de poisson » qui nous laisse justement sur notre faim. Alix trouve « Pelle le conquérant » Très bon et sa musique Anodine, hélas, une absence tragique qui rappelle qu’un long silence ou un bruitage ne remplacera jamais avantageusement une bonne musique de film !

Pour en savoir + sur la musique traditionnelle norvégienne, cliquez ici (infos site La Norvège en France)

 

Pelle le consuérant - Les Mélodies Modernes

 

Drame

Pelle le conquerant - Les Mélodies ModernesPELLE LE CONQUERANT/Pelle der eroberer, un film de Christian Steinke (1986) avec Stefan Schrader, Martin Trettau, Klaus Manchen, Karin Gregorek, Walfriede Schmitt, Maurice Zirm, Marianne Winscher… D’après le roman de Martin Andersen Nixø. Musique de Gerhard Rosenfeld. Un film distribué par www.moviebizz.com

Il existe donc une version un peu plus ancienne de « Pelle le conquérant » qui n’est pas « palmérisée, oscarisée et goldénisée » et c’est une sacré surprise ! Tout dans cette première version force le respect : le jeu des acteurs, l’ambiance générale (la lumière est superbe), le dynamisme et la crédibilité de l’histoire, voici donc un petit Pelle avec sa bonne bouille expressive qui ne manque pas de sérieux. Seule la musique est absente lors des passages qui se veulent lyriques (des images bucoliques très soignés) ; d’une réelle platitude, on dirait des extraits d’une symphonie classique plaquée sur un espace libre, sans voix off ou dialogues. Les bruitages très présents à l’écran ne laissent pas non plus au compositeur une grande marge de manœuvre, le réalisateur n’étant pas très porté sur la profession. Dommage, le film n’atteindra pas la perfection en l’absence d’une bonne musique de film. Bille August, réalisateur de la version du « Pelle le conquérant » de 1987/88 est un petit canaillou comme certains des personnages du roman : de nombreuses scènes semblent carrément copiées sur la version de Christian Steinke ce qui n’est pas glorieux au niveau de la création. Bien entendu, en suivant plus ou moins fidèlement le roman du danois Nixø, il est naturel de tomber sur une même gestion des scènes mais une fois vu les deux versions, le film d’August qui suit celui de Steinke de quelques mois seulement, ne mérite pas les Honneurs d’Alix complètement motivée par sa découverte d’un cinéma de l’ex Allemagne de l’est très inventif et particulièrement original.

 

Policier


!

UNE FEMME PIÉGÉE, un téléfilm de Laurent Carcélès (1999) avec Marion Cotillard, Jean-Marie Winling, Cédric Chevalme, Stéphanie Lagarde, Laurent Hennequin, Natacha Amal… Musique de Renaud Barbier et Frédéric Porte. Actuellement diffusé sur la chaîne Paris Première (voir ici).

Incroyable, ce téléfilm dame le pion à de grosses productions internationales super-coûteuses avec ses méga-vedettes. Son seul problème, il n’est pas être suffisamment connu. Tout dans ce téléfilm aux allures de très grand film coupe le souffle et Marion Cotillard démontre à 24 ans son énorme talent de comédienne ; il faut reconnaître qu’elle est entourée d’une sacré équipe d’acteurs, tous sont excellents. Les dialogues, les cadrages, la lumière, les décors… la réalisation, tout est parfait. L’intrigue reste bien menée du début à la fin, les multiples rebondissements totalement imprévus nous laissent à peine le temps de réaliser notre bonheur. Cette production est vraiment digne des meilleurs films tournés sur le thème du fugitif déterminé à prouver seul son innocence alors que tout l’accuse pour un meurtre qu’il n’a pas commis. Ici, c’est une femme simple au parcours ordinaire et sans histoires qui va assister au basculement de sa vie le jour où elle se fera basculer par… Mais il vous faut absolument voir ce film, pardon, ce téléfilm. Vous ne pourriez être déçus que par une seule chose, la musique. Composée par deux musiciens surtout motivés par les percussions qu’ils semblent bien maîtriser par ailleurs, ils oublient qu’une musique de film peut aussi faire la part belle à la mélodie, à l’orchestration (avec des instruments de l’orchestre, pas des synthés aux sons approximatifs tout à fait indéfinis) et sans poncifs (le son aigu persistant sur fond de rythmique répétitive dans les scènes de poursuite par exemple, merci messieurs mais on a souvent entendu ça). Se dire que l’on peut progresser dans l’innovation reste une richesse intellectuelle à prendre en considération indépendamment des compétences et de la qualification acquise depuis l’année de sortie du film, cette critique se veut donc positive. Finalement le problème une nouvelle fois c’est qu’une « Une femme piégée » dégage une telle perfection d’ensemble que l’on se demande comment on pourrait y apporter un quelconque progrès… Vite, une sortie en DVD et en Blu-Ray ! Alix trouve ce (télé)film Exceptionnel et sa musique probablement très bonne pour le néophyte mais Très Moyenne pour Alix la spécialiste.

 

Suspense
Le client - Les Mélodies Modernes

LE CLIENT, un film de Joël Schumacher (1994) avec Brad Renfro, Susan Sarandon, Tommy Lee Jones, Marie-Louise Parker, Anthony LaPlaglia, Anthony Edwards, Ossie Davis… D’après le roman de John Grisham. Musique d’Howard Shore. Un film Warner Bros.

Alix a deux bonnes raisons d’être à la fois heureuse et attristée. Heureuse parce qu’elle regarde ce film pour la troisième fois depuis sa sortie en salle en 1994 et qu’elle éprouve toujours autant de plaisir. Comme d’habitude pour assurer la réussite d’un bon film il faut réunir plusieurs ingrédients : un bon scénario, d’excellents acteurs excellemment doublés en français (un métier d’art typiquement hexagonal), une réalisation sans failles et une musique idéale, d’autres facteurs primordiaux venant se rajouter à la longue liste des nombreux corps de métiers concernés. Côtés acteurs, ils sont de premier plan : Tommy Lee Jones est fidèle à lui-même c’est à dire formidable, Susan Sarandon démontre à quel point elle s’avère être une très bonne comédienne et le jeune Brad Renfro, choisi parmi cinq mille candidats (!) crève carrément l’écran. Son naturel et sa gouaille toutes caractéristiques du milieu populaire de La Nouvelle Orléans (dans la version originale) auront assurés en grande partie le succès du film. Les voix françaises des uns et des autres sont également un véritable bonheur. La musique d’Howard Shore colle aux images et nous fait entendre des percussions dynamiques dans les scènes de poursuite sans nous casser pour autant les tympans par la présence de violons dans l’aigu, un équilibre obtenu entre deux pupitres quasiment opposés qui témoignent de la maîtrise de l’écriture harmonique et rythmique en l’absence de mélodie mémorisable, un luxe que tous les compositeurs ne peuvent s’offrir… L’autre raison d’Alix d’être malheureuse cette fois-ci touche au destin de Brad Renfro. Enfant-star à l’âge de onze ans avec « Le client » (il fut repéré par une femme directrice de casting un an plus tôt), il ne pourra se défaire de ses origines modestes d’enfant des rues, du moins, la relation entre son addiction pour les drogues dures et une enfance semble t-il difficile est facile à établir. Pas question néanmoins de porter un quelconque jugement sur le comportement de l’acteur ni d’opérer des raccourcis trop faciles mais on doit tout de même se demander comment un enfant-vedette à l’avenir assuré peut devenir un homme au destin brisé pour avoir pété les plombs un jour en se donnant la mort par overdose à l’âge de vingt-cinq ans seulement ! Décédé en 2008, Hollywood et le monde cruel qu’il engendre ne saurait-il pas protéger un minimum ses enfants ? Alix trouve ce film Très bon, la musique Très bonne et le destin de Brad Renfro pathétique : la drogue, bon sang mais quelle merde, quelle merde alors !

 

Documentaire

HOMO SAPIENS, un téléfilm de Jacques Malaterre (2004) avec plus de 150 acteurs. Narrateur Philippe Torreton (version française). Scénario de Jacques Malaterre, Frédéric Fougea et Pierre Pelot. Sous la direction scientifque d’Yves Coppens. Musique de Louis Dandrel. Une coproduction France 3 télévision, Productions Pixcom, France 5, la Radio télévion belge de la communauté francophone (RTBF), la Télé Québec, la Slovak TV… Warner Bros.

L’homme. Que sait-on exactement sur nos origines et sur notre évolution ? À la fois beaucoup et peu de choses. Huit millions d’années se sont écoulées depuis l’apparition de l’homme dans sa forme primitive. Les croyants vous parleront avec certitude d’Adam et Ève, du Prophète, d’Abraham, de Shakuyamin, des archanges, de Mahomet ou de tout autre personnage, dieu ou évènement dépassant largement le cadre de la vérité scientifique. Les athées et les agnostiques, eux, vous parleront peut-être des extraterrestres : sommes-nous des immigrés pour avoir colonisé la Terre après le pillage des ressources naturelles d’une autre planète, Mars, par exemple ? Tout au long de l’évolution humaine, les différentes civilisations ont pensé détenir la clé de nos origines : les incas, les romains, les chinois ou les celtes croyaient, croyaient… Pendant que les scientifiques continuaient de se lamenter sur leur manque cruel de preuves tangibles venant à l’appui de leurs théories, les pauvres, ils disposent juste de quelques convictions. Les ossements retrouvés en Afrique datent de quelques quatre millions d’années. Une équipe internationale dont Yves Coppens faisait partie ont ramené d’Éthiopie une femme australopithèque ou du moins ce qu’il en restait. Son nom : Lucy. De là à extrapoler sur sa vie, son environnement, ses copains de sortie en boîte du samedi, voilà un pas allègrement franchi par le documentaire « Homo Sapiens ». Pour tout savoir sur nos ancêtres même si on n’est sûr de rien, savourez la reconstitution extrêmement bien faite d’une équipe talentueuse. Les comédiens sont très bons, les effets spéciaux, les maquillages et leurs attitudes qui singent nos cousins éloignés révèlent tout de même un aspect étonnant : nous n’avons pas tellement changé ! L’Homo Habilis, qui est devenu habile puis l’Homo Érectus qui s’est dressé sur ses pattes arrières il y a quatre cent mille ans nous ressemblent terriblement. La différence entre l’Homo Sapiens et l’homme civilisé se trouve dans le miracle de la modernité qui a balayé notre comportement primaire ; heureusement, nous nous sommes nettement améliorés depuis (mais il faut le dire vite). Pourtant le malaise persiste en visionnant cette série, trop de doutes perdurent : qui sommes-nous réellement ? Réalisé avec intelligence et tact, présenté de manière très professionnelle, passionnante et didactique, le documentaire « Homo Sapiens » est une réussite totale mais ne répond pas aux questions que chacun se pose : quelle est notre mission sur Terre et en avons-nous une ? Ne devrait-on pas se contenter de vivre et d’apprécier l’instant présent en préservant notre avenir et celui de nos enfants ? Telle est la question mon cher Watson…

Alix trouve ces téléfilms Très bons et la musique malheureusement assez Ordinaire malgré l’emploi de sonorités rares et d’une recherche acoustique intéressante aux synthétiseurs. L’oeuvre générale de très grande qualité reste néanmoins assez conventionnelle dans sa forme , on ne remarquera donc rien de vraiment révolutionnaire sur le plan musical non plus !

À noter le montage très spécial réalisé par quelques Homo Débilitus pour la diffusion du documentaire au pays de l’Oncle Sam : pour le public américain qui doit être ménagé dans sa composante puritaine, toutes les scènes qui laissent apparaître un sexe de près ou de loin (chez les mâles on en voit quelques uns qui se promènent au gré du vent et du mouvement et pour cause) ont été systématiquement coupées (les scènes ont été coupées, pas les …). Une bêtise qui n’est pas nouvelle mais qui dénature une création francophone et européenne pleine de tact et de délicatesse. Franchement, pour qui prend t-on le public ?

 

Homo Sapiens - Les Mélodies Modernes
 

Une histoire d’homme (I). Même pas éclectique

DANS LA BRUME ÉLECTRIQUE, un film de Bertrand Tavernier (2009) avec Tommy Lee Jones, John Goodman, Peter Sarsgaard… Musique de Marco Beltrami. Un film produit par Little Bear, Ithaca Pictures inc. et TF1 International France.

Aïe les oreilles ça fait mal. Dès le début du film l’excellent Tommy Lee Jones (photo ci-contre) et sa voix française extraordinaire (le même comédien français qui double Robert Redford) jouent aux abonnés absents. Conséquence désastreuse, le film part sur une très mauvaise base : l’acteur américain semble peu inspiré et sa voix hexagonale modifiée devient carrément nulle, pauvre Tommy ! Après un très mauvais départ auditif les images d’une grande mollesse se suivent et se ressemblent toutes. Le réalisateur Tavernier amoureux du cinéma américain et des grands films policiers des années 50 pensait peut-être parvenir au même résultat que ses illustres prédécesseurs : essayer d’accrocher le spectateur dès la première minute du polar avec comme finalité un peu trop ambitieuse pour lui, l’amener dans une spirale infernale pleine de suspense, de rebondissements et de surprises. Hélas c’est l’ennui qui s’installe rapidement et qui fait décrocher Alix pourtant amoureuse de la Louisiane, de son ambiance et de ses gens qu’elle connaît si bien. Allez, il faut regarder ce film et écouter sa musique pleine de poncifs pendant dix minutes histoire de respecter le travail effectué par de bons professionnels quand ils ne se plantent pas comme c’est le cas ici et passer ensuite à autre chose. On ne peut pas être bon tout le temps, surtout dans la brume électrique un jour de grève à EDF. Note d’Alix : un film complètement Raté. Quant à la musique elle demeure Sans intérêt car on a déjà fait beaucoup mieux dans le genre. Rendez-vous au prochain Bayou !

P.S. Il y a également en France de très beaux paysages et de sacrés histoires à raconter. Alors pourquoi s’expatrier pour finir sur un résultat aussi décevant ?

 

Une histoire d’homme (II). « Allo, Ma Paire ? »

LE MISSIONNAIRE, un film de Roger Delattre (2009) avec Jean-Marie Bigard, David Strajmajster, Arthur Chazal, Michel Chesneau, Thiam Aïssatou… Musique d’Alexandre Azaria. Un film EuropaCorp, TF1, Canal +, TPS…

D’une question à l’autre celle-ci est positive : pourquoi Bigard n’est-il pas plus souvent utilisé comme acteur ? Il est excellent et il possède la gueule de l’emploi, le terme gueule étant ici employé très positivement car c’est pour Alix un grand compliment : les meilleurs acteurs du cinéma mondial en possèdent tous une et une belle encore ! Le physique de l’amuseur public numéro un en France est lui aussi est très avantageux, on lui trouverait même un côté John Wayne dans ce film… Bigard, vous avez dit Bigard ? Contrairement à la brume impénétrable du film précédent (voir ci-dessus), ce sacré missionnaire n’est pas un enfant de chœur mais il s’en sort plutôt bien, avec les honneurs même. Oui, on rigole pas mal dans cette comédie enlevée et par moment on se marre franchement : la plupart des gags sont pensés et distribués avec une grande délicatesse. Jean-Marie Bigard délicat ? C’est bien la preuve de ses capacités à s’adapter à toutes les situations car il prend le soin de rassembler au lieu de diviser, de diffuser l’amour au lieu de promouvoir la haine, de distribuer les messages de paix entre les religions plutôt qu’entretenir les guerres séculaires. Il se permet même aujourd’hui d’émettre des doutes sur les versions officielles timorées des attentats du 11 septembre 2001. Autant dire qu’il n’œuvre pas dans la facilité et il a bien raison : seuls les idiots ne se posent jamais de questions. La foi de Jean-Marie Bigard dans la vie est communicative comme son portable dans le film sans lequel il ne serait rien : par bonheur Samantha Oups viendra le tirer d’affaire, enfin, on l’espère car tout ne se présente pas au mieux pour notre sympathique et involontaire curé de campagne ; la pègre niçoise aura t-elle le dernier mot ? Alix trouve cette comédie très plaisante et rafraîchissante dans un lieu de tournage magnifique, le village de Banon en Ardèche. Un petit bémol en revanche pour la musique pas tout à fait à la hauteur de l’évènement à cause de ses nombreux emprunts volontaires et peu courageux à d’autres mélodies et orchestrations autrement plus célèbres (La panthère rose, la musique de westerns vue par Ennio Morricone, une chanson italienne célèbre…). Un peu d’originalité dans vos arrangements, Monsieur Azaria, ne copiez pas systématiquement vos excellents inspirateurs et n’hésitez pas à devenir plus créatif à l’image de votre réalisateur éclairé ! Note d’Alix sur cette comédie généreuse si Bigard Bigard : un Bon film vraiment Très plaisant et Très distrayant, une Bonne musique mais qui reste Très moyenne au niveau de l’état d’esprit très moyen du compositeur. Dommage, un tel paradoxe, pour un missionné !

 

Une histoire de femmes (I) : émois, et toi, Éloi...

TU PEUX GARDER UN SECRET ? un film d’ Alexandre Arcady (2008) avec Pierre Arditi, Juliette Arnaud, Corinne Puget, Christine Anglio, Linda Hardy, Géraldine Nakache, Eric Berger, Ary Abbitan, Laurence Boccolini… Musique d’Erwann Kermorvant. Un dvd distribué par T.F.1. Video.

L’affiche est alléchante, d’abord parce qu’on y trouve Pierre Arditi qui demeure un gage de sérieux et de qualité (Alix l’adore !), ensuite pour le nom du réalisateur qui a déjà fait très largement ses preuves, enfin parce qu’une comédie, par les temps qui courent, ne peut que faire du bien aux zygomatiques en voie de disparition. Hélas, le film démarre plutôt mal : un trio de femmes très excitées n’en finit pas de jacasser sur une musique lourde de plus en plus pénible car trop présente. Deuxième fois hélas, l’entrée en scène du grand professionnel Pierre Arditi ne sauve en rien le naufrage annoncé car il doit se borner à remplir quelques espaces libérés de mots et de phrases insipides pendant les pauses du trio infernal (ah !, quelle chance que l’être humain de sexe féminin doive prendre sa respiration par moment). Sans originalité de part et d’autre, dépourvu de relief, la présence de quelques acteurs et actrices présentement sans talent provoque l’ennui du spectateur qui ne pousse pas le supplice jusqu’au bout : Alix ne connaît même pas la fin du film, elle s’est épargnée la totalité d’une comédie où l’on ne rit pas. Ce n’est plus un secret pour personne. Alix trouve ce film Raté comme sa musique alors sans aucune méchanceté ni mépris vous la connaissez, Alix se permet de vous conseiller simplement et gentiment, mesdames et messieurs les artistes, de réviser vos gammes et arpèges afin de nous proposer mieux la prochaine fois. Beaucoup mieux.

 

 

Une histoire de femme (II), un bonheur diabolique

À LA FOLIE PAS DU TOUT,un film de Laëtitia Colombani (2002) avec Audrey Tautou, Samuel Le Bihan, Isabelle Carré, Sophie Guillemin, Clément Sibony… Musique de Jérôme Coullet. Un film Téléma – TF1 films production.

« Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi ». En reprenant ce propos de Paul Féval destiné à l’origine pour son héros Lagardère et en l’appliquant présentemment à Angélique pour son amant Loïc, cette réplique célèbre pourrait devenir : « Si tu ne me donnes pas ton amour, alors je viendrais te le pendre ». Cardiologue, Loïc ne sait pas encore qu’une jolie jeune femme l’adore et veut l’épouser coûte que coûte. Jusqu’où ira t-elle et comment s’en défaire le cas échéant ? Son Loïc qu’elle aime tant, son chéri, elle l’aime vraiment beaucoup, passionnément, à la folie… Et nous aussi, on aime cette histoire comme les acteurs qui l’interprète : Audrey Tautou et Samuel Le Bihan y sont excellents. Malgré quelques invraisemblances du scénario et une orientation trop prévisible du film qui privent le spectateur d’une chute originale (dans les deux sens du terme), l’ensemble reste tout de même de très bonne fracture – pardon, facture -. Il faut le savoir, le tableau idylique des amoureux transis va petit à petit s’effriter, se déchirer, les amants vont s’auto-détruire. Peut-être l’amour sera t-il le plus fort ? Tout n’est pas si simple, méfions-nous des apparences qui sont souvent trompeuses. Du côté de la musique du film, elle ne laisse pas une impression impérissable. Comme il fallait s’y attendre en ce sombre XXIe siècle peu orienté vers une excellence en la matière, l’absence de mélodie extraordinaire et d’arrangements sortant de l’ordinaire déçoivent énormément Alix qui souhaitait entendre dans « À la folie pas du tout » du Cosma ou du Talgorn, ces deux-là ayant déjà démontré leurs capacités créatrices. Au fait, pourquoi la musique de film reste t-elle en retrait par rapport à ses illustres prédécesseurs ? Pourquoi faut-il s’appeler Christophe Barratier (voir ici Faubourg 36) pour donner à la musique d’un film toute son importance ? Allez les enfants on peut faire mieux ; la musique de film a encore de beaux jours devant elle. Soyez inventifs et déterminés dans vos compositions !

Alix donne une note très positive dans l’ensemble, cette production et sa musique méritant la mention Très Bien. Cette appréciation la plus honnête possible s’apprécie sans rejet ni folie : il vaut mieux laisser ça aux acteurs du film !

 

Ignoble

DITES-LEUR QUE JE SUIS UN HOMME/A lesson before dying, un téléfilm de Joseph Sargent (1998) avec Don Cheadle, Cicely Tyson, Mekhi Phifer, Irma P. Hall, Brent Jennings. D’après le roman d’Ernest J. Gaines. Musique d’ Ernest Troots. Distribution DVDY Films.

Le problème : Jefferson est noir. Évidemment être de peau noire n’est en rien un problème en soi, peut-être et même sûrement est-ce une excellente chose. Mais en vous précisant le contexte du film vous comprendrez mieux la nature du problème, présentemment, la Louisiane en 1948. Oui, cet état du sud sera capable de condamner un homme à la chaise électrique pour un triple meutre qu’il n’aura pas commis. Pour une seule raison falacieuse, la couleur de sa peau. Sans procès équitable, méprisé, humlié, désigné d’avance coupable par la vindict des blancs racistes, Jefferson retrouvera sa dignité bafouée d’être humain en la présence réconfortante de l’instituteur. À la demande de sa mère et de sa tante, ce dernier saura trouver les mots justes et adopter l’attitude nécessaire pour permettre au jeune homme innocent d’affronter l’intolérable, le couloir de la mort. Sur une musique bercée de relents d’airs cajuns dans l’atmosphère étouffante et oppressante du scénario, les dialogues français et leur interprétation par des acteurs français de doublage font mouche : Jefferson n’aurait jamais du mourir ainsi ni se laisser embringuer dans cette boutique ce matin-là ni se lever cette maudite journée ni même naître pauvre et encore moins noir tant qu’à faire. S’il avait su…

Alix estime que ce film est Indispensable pour ne jamais oublier à quel point l’homme peut devenir monstrueux lorsqu’il fait preuve de racisme et à quel point des natures terriblement humaines peuvent apporter la preuve du contraire.

 

Fantastique

TOBOR LE MAÎTRE DU MONDE/Tobor the great, un film de Lee Shomlem (1954) avec Billy Chapin, Charles drake, Karin Booth, Taylor Holmes, Steven Geray, Henry Kulky… Musique d’Howard Jackson. Un dvd Bachfilms. / ROBOT MONSTER, un film de Phil Tucker (1953), musique d’Elmer Bernstein : voir ici.

Avec Tobor et Ro-man, voici deux séances offertes pour le prix d’une. Si le premier film possède de réelles qualités malgré son statut de série B, le second demeure d’une nullité insoupçonnée, c’est un vrai « navet » (voir le commentaire d’Alix dans la page consacrée à Elmer Bernstein) ! Réalisés tous deux dans les années 50 avec un budget pour cinéastes amateurs alors que l’engouement du public pour les romans d’anticipation explosait, « Tobor le maître du monde » présente un intérêt cinématographique certain : le robot en fer blanc imaginé par Robert Kinoshita, spécialiste du genre à Hollywood servira de référence un an plus tard pour la conception de Robby, le robot prestigieux du chef d’œuvre « Planète interdite ». Pour donner le change à Tobor (robot en verlan), l’enfant candide mais pas forcément innocent se nomme Billy Chapin, un « pro » de l’écran malgré son jeune âge. Pas si innocent que cela car sa curiosité va l’amener à faire connaissance avec Tobor, un prototype prévu pour piloter les fusées sans la présence d’un homme, pour le meilleur et pour le pire… Billy Chapin saura se faire remarquer en 1955 dans un autre chef d’œuvre « La nuit du chasseur » (voir ici), un film malheureusement peu ou pas apprécié à sa sortie, concurrence oblige : en 1955 de grands films monopolisaient déjà les toiles avec « Oklahoma ! », la suite des « Don Camillo, La rivière de nos amours, À l’est d’Eden, Les diaboliques »… Mais « La nuit du chasseur » réussira sa résurrection grâce aux médias d’aujourd’hui qui véhiculent une image très positive du film, une reconnaissance tardive de la critique mais amplement justifiée. Les Mélodies Modernes tenaient à s’en faire l’écho. « Tobor le maître du monde » est à voir lui aussi mais il est malheureusement présenté en V.O. ; Alix trouve ce film curieux et Intéressant. La musique est simple, elle repose sur une orchestration symphonique d’illustration des images, un travail à la fois Honnête et Banal.

 

 

Tranche de vie

QUAND LA MER MONTE, un film de Yolande Moreau et Gilles Porte (2004) avec Yolande Moreau, Wim Willaert, Jacques Bonnaffé, Nand Buyl, Séverine Caneele… Musique de Philippe Rouèche. Un dvd Melimedias collection Les incontournables.

Irène est actrice et se produit avec son spectacle (un one woman show) sur les scènes de théâtre, les maisons de la culture, les salles de concert mais aussi dans les foyers de personnes âgées et dans les galas sous chapiteau… Une vraie vie d’artiste qui nécessite un minimum d’organisation et de sérieux. Il ne faut pas non plus stresser pour un rien et rester concentrée même dans les couloirs avant l’entrée sur les planches malgré qu’en véritable professionnelle, Irène connaisse parfaitement son texte. Répéter et rester zen, la journée d’Irène est bien rôdée : dormir, manger, se déplacer et jouer. La seule liberté qu’elle s’autorise s’appelle Portable : par les nouvelles que lui donne son mari sur la couleur des carreaux à choisir dans le cadre de la rénovation de sa maison, Irène lui demande de transmettre la bise à son fils et voilà un quotidien bien règlé. D’ailleurs le spectacle va commencer. Celui du spectateur devant son poste de télévision car ce film est excellent surtout lorsque la panne d’essence intervient. Sur cette petite route entre deux bourgs, que va t-il se passer exactement et qu’est ce qui va commencer là ? Ne boudez pas votre plaisir plus longtemps si vous n’avez pas encore vu la mer monter : Yolande Moreau et Wim Willaert, un acteur incroyablement bon (une vraie découverte !) sont tous deux fascinants. Tous les acteurs d’ailleurs, du plus grand au plus petit rôle sont criants de naturel et de justesse. On y croit sans problème. Bravo, ce film est touchant par ses personnages attachants et Alix a-do-re ! Un film Parfait et une musique étonnamment Très bonne. Une production bardée de récompenses (César de ceci et de cela, Prix Louis Deluc…) ; rien d’étonnant à cela en revanche car la capacité à savoir ce qui est bien n’a pas encore tout à fait disparu chez nos compatriotes francophones. À noter la présence de ce dvd dans les bacs de certains distributeurs à un prix de 3 euros environ (un film en 5.1 qui permet de bien apprécier la fanfare avec sa basse en cuivre qui ne fait pas semblant de jouer, les arrangements sont excellents). Quel plaisir !

 

Drame

Il saprofita - Les Mélodies ModernesIL SAPROFITA/The profiteer, un film de Sergio Nasca (1974) avec Al Cliver, Valeria Moriconi, Leopoldo Trieste, Janet Agren, Rina Franchetti, Nerina Montagnani, Clara Colosimo, Giancarlo Badessi, Carlo Monni… Musique de Sante Maria Romitelli. Un film Cecchi Gori home video.

Le saprophyte est un organisme indépendant qui se nourrit de la décomposition de la matière (minérale, végétale et vivante) ; il récupère en somme tout ce qui l’intéresse chez les autres, en vrai et bon opportuniste. La comparaison avec le rôle du mâle de service dans ce film fortement provocateur est immédiate puisque le personnage masculin adopte le même type de comportement, celui d’un tombeur égoïste et profiteur. Dans le personnage de l’enfant handicapé, Al Cliver fait une forte impression ; sa première apparition à l’écran dans le rôle principal lui ouvrira une belle carrière cinématographique, principalement en Italie ; on le retrouvera par exemple avec plaisir en 1980 dans l’intéressant et original « Black cat » de Lucio Fulci. Dans la version parfaitement remasterisée d’« Il saprofita », le scénario permet de mettre en avant les mœurs et comportements relationnels en vigueur dans une certaine bourgeoisie italienne des années 70. Très croyants, rigides, guindés et visiblement imbus de leur personnes, l’ambiance familiale n’est pas celle que l’on croit. D’un côté, le blond ténébreux, de l’autre, l’enfant paraplégique qui veut grandir trop vite et qui va plus ou moins involontairement (il est voyeur sur les bords) découvrir l’importance de l’argent, du sexe et de la quête du pouvoir dans un monde d’adultes auquel il n’est pas encore admis : trop jeune, incapable de tout faire seul, il va peut-être payer le prix fort pour son audace et sa curiosité. Au milieu de ces deux protagonistes très présents, la bonne de service plus discrète va pourtant jouer un rôle bien particulier… La chute du film, terrible, en est vraiment une et « Il saprofita » mérite l’appréciation d’Alix : c’est un Bon film. Présenté au Festival de Cannes en 1974 dans le cadre de la sélection officielle, il mériterait un doublage en français. De ce point de vue-là, il ne serait pas trop tard pour en profiter !

 

Fantastique

LE JARDIN DU MAL/The Garden, un film de Don Michael Paul (2006) avec Adam Taylor Gordon, Lance Henriksen, Brian Wimmer, Mary Sean Young, Victoria Justice, Claudie Christian… Musique de Jon Lee. Un film Seven Sept vidéo.

La Bible a servi de toile de fond à bon nombre de films : le jardin d’Eden, le fruit défendu, Adam et Ève, le serpent… On a déjà donné, merci. Aucun détail de l’histoire n’est à nouveau épargné au spectateur dans « The garden » et mieux vaut s’y connaître dans la trame pour dénouer le pourquoi du comment, le réalisateur en rajoutant une couche par un traitement alambiqué. Les quatre cavaliers de l’Apocalypse permettent de se rappeler l’excellent film de Vincente Minelli de 1962 avec Glenn Ford (musique d’André Previn) mais sinon que dire de celui-ci ? Plat, sans saveur avec un Lance Henriksen spécialisé dans les films d’horreur… L’acteur pourtant très professionnel ne donne pas envie de s’intéresser au personnage qu’il interprète comme c’est souvent le cas sauf dans « Alien » peut-être. L’étincelle, il faut la trouver dans le regard d’un enfant-acteur photogénique, Adam Taylor Gordon. Sans en faire trop, sans cabotinage excessif, le jeune Sam crève l’écran. Il était déjà présent dans « Treize à la douzaine » trois ans plus tôt (il faut le saisir au vol dans ce film car ses deux apparitions durent une quinzaine de secondes et son nom est égratigné au générique) et dans « Cellular ». Le réalisateur Don Michael Paul éprouve visiblement beaucoup de plaisir (non sans mal) à cadrer sous tous les angles son visage angélique. Ce film unique en tant qu’acteur principal semble rester le rôle de sa vie, un beau cadeau du ciel pour Adam Taylor Gordon. Très sérieux dans son jeu d’acteur, à la fois présent et distant, le choix du réalisateur se justifie pleinement mais s’avère insuffisant : de très belles images et une photographie superbe (contre-jours, pénombre, jeux de lumière) ne font pas un film de fiction, l’ennui s’installe rapidement et plus grave, l’œuvre ne fait pas peur. La musique est d’une Nullité rare, quelques coups de percussions, un violoncelle qui se la joue caverneuse et l’affaire est entendue, c’est pitoyable. La réalisation reste déficiente car elle est liée à un scénario fatiguant. Pour Aanor, ce film dit d’horreur est globalement À voir pour la performance d’Adam Taylor Gordon (présent aussi dans Cellular), la présence de Mary Sean Young (l’héroïne de « Blade Runner », voir ici) et la beauté de certains éclairages très artistiques, pour les cadrages particulièrement bien soignés et pour un doublage français excellent. C’est déjà pas si mal.

 

 

« Ce n’est pas fini… Retrouvez-moi page suivante, suivez la critique ! ». Alix, Femo Sapiense.

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