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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

La critique de films d’Alix (V)

Le cinéma d’Alix

Rappel des critères d’Alix

 

Pour le film :

Exceptionnel (un film de référence, sans contestation possible)

Parfait ou Excellent (à voir et à revoir sans modération)

Très bon (les films dont on se souviendra toujours)

Bon (le cinéma existe grâce à eux)

Moyen (on n’a pas perdu son temps pour autant)

Insatisfaisant (aïe, de grosses faiblesses mettent Alix mal à l’aise)/ Raté (il faudra revoir sa copie, toujours selon les critères subjectifs d’Alix) / Nul (aucun espoir car un film nul le restera. Mais s’il n’y en avait pas de temps en temps, on ne pourrait plus désigner les meilleurs…).

 

Pour la musique du film :

Parfaite ou Excellente (on achètera le C.D.)

Bonne (on en fera de même)

Discrète (difficile de juger…)

Mauvaise (aucun scrupule à le dire, quand c’est mauvais, cela s’entend).

 

Les photos d’Alix sont de @ Serguei Kovalev – Fotolia.com

 

La folie des hommes en 14…
JOYEUX NOËL,un film de Christian Carion (2005) avec Diane Kruger, Guillaume Canet, Benno Furmann, Danny Boon, Gary Lewis, Daniel Bruhl. Musique de Philippe Rombi. Chants interprétés par Nathalie Dessay et Rolando Villazon. Une co-production européenne.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce film a le mérite d’exister : personne ou presque ne savait qu’une nuit de Noël, britanniques, allemands et français se réunissaient pour fraterniser au beau milieu des cadavres, des mitrailleuses et de la mort du champ de guerre. Incroyable, cette histoire est tout simplement incroyable : elle résume à elle seule la folie humaine. Pendant que les hauts gradés et les politiques trinquent au Champagne à l’abri du danger, ils envoient se faire tuer des millions de soldats dans d’horribles circonstances, celle de la guerre des tranchées de 14-18. Blessés, gazés, déchiquetés, agonisants ou laissés pour morts, amputés, devenus fous, la liste des traumatismes des soldats rescapés est dramatique, horrible, insoutenable. La musique de Philippe Rombi, compositeur totalement absorbé par la musique de film qui le nourrit professionnellement depuis 1999 mais qu’il affectionne depuis plus longtemps, a écrit une très belle mélodie au succès international ; magnifiquement interprétée par Nathalie Dessay, l’actrice Diane Krüger mime la cantatrice de manière tout à fait crédible pour un non spécialiste de la question. Le style d’écriture de Philippe Rombi, pur produit des conservatoires français, est très classique et convient très bien au scénario. Tout serait donc parfait dans le meilleur des mondes s’il n’y avait un profond malaise, celui que génère la guerre fratricide et congénitale qui ne même à rien aujourd’hui encore : État d’Israël contre État Palestinien, fraction armée contre gouvernement, minorité opprimée contre dictature… Quand l’être humain deviendra t-il adulte ? Alix trouve ce film Très bon et sa musique Très Bonne, des mots difficiles à prononcer vu la gravité du contexte.

Le cinéma et la musique de film, une histoire à la fois simple et complexe régie par l’esprit de famille : Guillaume Canet, Diane Krüger, Philippe Rombi, Christian Carion… Les uns avec les autres, parfois les uns sur les autres, tout repose sur le talent de chacun dans une conception archaïque où les plus ambitieux se feront une place au soleil. Acteur, c’est un métier artistique basé sur la hiérarchie, le relationnel et la communication mais d’abord et avant tout sur une histoire de gros sous donc de compromis, de concessions, de rapprochements, de séparations et de conflits d’intérêts. Sans agent motivé pour jouer des coudes en votre nom et si vous ne savez pas défendre vos intérêts, point de chance de se faire embaucher. La naïveté et la crédulité ne sont plus de mise dans les métiers artistiques ! Avec ces éléments-là, rien d’étonnant qu’un jour certains protagonistes se fassent la guerre. Joyeuses Pâques !

 

… n’a d’égal que celle de 40

LES ENFANTS DU PAYS, un téléfilm de Pierre Javaux (2006) avec Michel Serrault, William Nadylam, Emma Javaux, Pascal Nzonzi, Arthur Chazal, Ralph Amoussou, Jacki Ido, Cédric Ido et Allen Panell. Musique de Béatrice Thiriet. Un dvd France télévisions / Distribution Bac films / Collection Melimedias « Les incontournables »

Pourquoi est-il si difficile de composer une mélodie, une jolie petite mélodie ? Dans ce téléfilm très bien fait et très bien joué, la musique champêtre et guillerette de Béatrice Thiriet n’est pas suffisamment convaincante – et pour cause -. La chute de l’histoire n’est pas fameuse non plus – disons qu’elle aurait pu être améliorée – mais pendant 83 minutes on ne s’ennuie pas une seconde. Michel Serrault est fidèle à lui-même et le jeu remarquable de William Nadylam et de son régiment de tirailleurs sénégalais égaré dans l’immense forêt des Ardennes en 1940 rendent tout à fait crédible le drame naissant. On se demande aussi quelle raison pousse les réalisateurs français à ne pas employer plus souvent d’aussi bons comédiens. Alors enfants de tous pays, regardez l’histoire de ces hommes venus d’Afrique du nord depuis les colonies de l’Empire français pour mourir sur une terre qui n’était même pas la leur, du moins en avaient-ils le sentiment profond. Ils se seront néanmoins battus glorieusement au nom du drapeau tricolore : toujours exposés en première ligne ils seront parmi les premiers et les derniers à être massacrés par les nazis. Oui, les africains auront versés sang et sueur souvent par contraintre ( car personne n’a jamais envie de se faire tuer par plaisir ) afin que nous restions français en France. Depuis la sortie du film « Indigènes » en 2006 (voir ici) la pension des survivants a été revalorisée par le Parlement ; la reconnaissance nationale du sacrifice d’une communauté entière aura été si difficile à obtenir que l’on ne peut qu’en avoir honte aujourd’hui encore. Pourtant pendant longtemps y’en avait bon, Banania ! Et pourtant Joséphine Baker était l’enfant chérie du public et connaissait un succès fou ! Et pourtant, et pourtant… Allez donc comprendre quelque chose en l’humanité, nous qui sommes devenus frères avec les allemands. Fallait-il des millions de morts pour en arriver à ce degré de respect et d’amitié ? Alix trouve ce téléfilm Très bon malgré qu’il soit trop classique dans la forme, la chute restant discutable et sa musique beaucoup trop Discrète. Dommage, l’occasion était sans doute trop belle pour tenter de mieux faire encore.

 

Comédie

LES INVITÉS DE MON PÈRE, un film d’Anne Le Ny (2010) avec Fabrice Luchini, Karin Viard, Maichel Aumont, Valérie Benguigui, Véronica Novak… Musique de Béatrice Thiriet. Un film produit par Bruno Levy.

Le scénario du film est original : un retraité fortuné recueille sous son toit des personnes immigrées et sans papiers : la générosité sans bornes du patriarche va se heurter au bon sens familial et remettre bien des certitudes en question. Heureusement, il pourra compter sur le soutien de sa petite-fille mais l’histoire amusante du début va-t-elle sombrer dans le drame ? Les acteurs sont excellents et rendent les personnages de fiction tout à fait crédibles ; on y croit dur comme fer, à cette histoire dont plusieurs français naïfs en ont réellement fait les frais. Cette production se regarde d’une traite avec plaisir, on ne sent pas le temps passer, merci pour ce divertissement salutaire. Pourtant le reproche d’Aanor tient en un mot : mitigé. La musique est sans saveur, la compositrice habituée aux ambiances feutrées (voir la critiques ci-dessus et celle de « Lady Chaterlay ») n’a pas donné grand-chose d’elle-même : le pouvait-elle compte tenu de l’ambiance générale du film ? Pas vraiment comique, pas vraiment dramatique, il manque les coups de gueule des grands acteurs, des bagarres, des rebondissements surprenants et pourquoi pas un meurtre ? Bref, il manque du relief à ce film hormis la qualité d’interprétation des acteurs alors peut-être est-ce une faute de la réalisatrice, trop consensuelle ? Pour Aanor, « Les invités de mon père » est un Bon film avec une musique Insatisfaisante. Aïe ! L’orchestration du générique de fin sonne faux sur plusieurs mesures par le frottement de notes qui ne vont pas bien ensemble – sensible et tonique – : attention Béatrice, Mme Ancona au CNR de Versailles ne serait pas forcément contente !

 

Documentaire-fiction

MICROPOLIS, LA CITADELLE ASSIÉGÉE, un film de Philippe Calderon (2006) avec les Magnans. Musique de Frédéric Weber. Un film produit par Cité-Amérique et Les films du rêve. Distribution par les éditions www.mont-blanc-distribution.ch.

Des images incroyables vous attendent dans ce film incontournable. Qui pourait imaginer que la vie sous nos pieds est aussi bien organisée, aussi cruelle et tellement plus intelligente que notre petite société humaine ? Plusieurs civilisations d’insectes auront séjourné sur notre planète bien avant l’apparition des premiers primates et il est fort à parier qu’après la prochaine extinction de l’espèce dominante la plus débile jamais conçue dans l’Univers, ces mêmes créatures minuscules seront, elles, toujours bien présentes. Le désordre humain avec ses sociétés incompatibles les unes avec les autres dans une monstrueuse Tour de Babel n’a aucune chance face à l’Ordre des archiptères avec sa femelle à l’abdomen disproportionné, son mâle qui ne connaît pas la rupture de stock, ses ouvrières increvables et ses soldats prêts au sacrifice ultime pour assurer leur défense. La musique douceâtre, rythmée par les percussions africaines, semble légère comme un papillon avec les notes pincées des cordes de la harpe et de la guitare classiques conjuguées. Au pays des termitières géantes, le Burkina-faso en Afrique de l’ouest (capitale Ouagadougou), deux clans s’affrontent : les termites sédentaires et les fourmis nomades carnivores. Des images incroyables mais un problème apparaît au fur et à mesure que l’action se construit. Les déboires de la termitière géante ne semblent pas naturels : la foudre s’abat sur un arbre qui détruit en partie la cathédrale, les combats pour la survie sont visiblement provoqués, tout semble être fait pour embêter le plus possible une société qui n’en demandait pas tant. Le visionnage du reportage sur le tournage du film confirme le malaise : tout était factice y compris même les fourmis que l’on est allé chercher à droite et à gauche. Tout est donc faux, mais tout est néanmoins vrai. Un documentaire aurait su filmer les choses telles quelles. La fiction dérange tout pour tout reconstituer. Les comédiens amateurs du film ont-ils été consultés au préalable, ont-ils donné leur accord pour une mise à mort programmée ou les a t-on considéré comme quantité négligeable ? Alix a trouvé ce film Très impressionnant et extrêmement instructif mais sur le fond, un malaise perdure, Alix n’aimant pas les catastrophes annoncées quand elles sont directement provoquées par l’Homme. Dommage. La musique est bien Adaptée mais elle sans mélodie mémorisable, pour cela aussi, c’est dommage. Mais l’ensemble reste tout à fait exceptionnel. À noter que le dvd s’achète (neuf) dans certains supermarchés à moins de trois euros. Un prix adapté car… très petit !

Conséquence indirecte du film, une cité dédiée au monde des insectes a surgit du sol : Micropolis, en Aveyron (France). Pour en savoir +, cliquez ici

 

Le papillon en sursis

Réflexion. Le fait du jour. Après la collection « L’école de mon enfance » (voir ici le réflexion sur le sujet), voici l’horreur absolue, la collection monstrueuse aujourd’hui disponible chez votre marchand de journaux : elle se nomme simplement « Les insectes ». Si, si, c’est annoncé avec fierté dans la pub télé, ce sont de vrais insectes pour collectionneurs exigeants. Quand on sait à quel point l’extinction des insectes a atteint un niveau avancé il faut être fou pour proposer à la population une collection constituée de cadavres pareils ; quel taré a décidé un jour de déclarer la guerre au bon sens ? Imaginez un carton blanc placé par des scientifiques sur l’avant d’une voiture. Ils ont roulé pendant une vingtaine de minutes dans la campagne anglaise à une période de l’année où sont censés proliférer les insectes de tous poils.. Stupeur dans le comité des penseurs : aucun insecte n’est venu s’écraser contre le bristol ! Plus d’insectes cela signifie plus de fleurs ni plus d’oiseaux ni plus d’être humains. Élever des insectes pour les tuer avant de les vendre à des gosses dans le contexte actuel, c’est tout simplement dégueulasse… N’achetez surtout pas ça, laissons vivre les pauvres insectes et repoussons les moustiques avec de la lavande et de la citronnelle !

N’oublions pas que « l’effet papillon » est un phénomène de rupture par l’homme d’une évolution lente et naturelle des espèces. En clair, une variété de papillon qui disparaît peut entraîner des conséquences irrémédiables sur l’évolution. Si nous sommes des êtres humains aujourd’hui, c’est parce qu’un papillon a bien fait son travail d’un jour : il a pollinisé des fleurs qui ont été mangées par d’autres insectes eux-mêmes mangés par des reptiles mangés à leur tour par des animaux finalement chassés par l’homme… Il y a quelques millénaires ! Que serions-nous devenus sans ce papillon ? Pour en savoir + sur l’effet papillon, cliquez ici (info Wikipedia).

 

Comédies

VICTOR, un film de Thomas Gilou (2009) avec Pierre Richard, Lambert Wilson, Clémentine Célarié, Antoine Duléry, Sara Forestier… Musique de Christophe Julien. TFM Distribution. / LE COACH, un film d’Olivier Doran (2009) avec Jean-Paul Rouve, Richard Berry, Anne Marivin, Mélanier Bernier, Didier Bezace… Musique de Pascal Jambry. Un dvd Mars distribution / Les films du lendemain.

Voici deux comédies françaises (dont l’une est tournée en Lettonie on se demande bien pourquoi) ce qui est une excellente chose en ces temps difficiles. Le problème, c’est que l’on se marre pas beaucoup. Sans relief, aseptisés, mous et traités de façon peu originale, ces deux productions ne dépassent pas le stade du divertissement sans panache. Pourtant avec des histoires intéressantes et une multitude d’acteurs de premier plan pour les développer (ah ! Pierre Richard et Richard Berry qu’Alix a-do-re) franchement il y avait mieux à faire, beaucoup mieux. Comme quoi la réalisation détermine énormément de choses. La musique aussi : il faut reconnaître qu’elles sont assez plaisantes et bien Adaptées mais demeurent du début à la fin sans surprises. La banalité gagne tous les secteurs professionnels concernés, bonjour l’ambiance morose ! Alors voici deux films que l’on peut résumer à deux mots : conventionnels et décevants. Un résultat nettement insuffisant pour passer le cap de la bonne critique émise par le public des connaisseurs et des professionnels. Au moins dans ces deux catégories souvent opposées, ces deux films auront su faire l’unanimité… Appréciation d’Alix au final, tout est très Moyen. Ce sera sans doute mieux la prochaine fois.

 

Comédiens

CE QUE MES YEUX ONT VU, un film de Laurent de Bartillat (2007) avec Sylvie Testud, Jean-Pierre Marielle, James Thiérée, Agathe Dronne, Christiane Millet, Miglen Mirtchev, Chantal Trichet, Jean-Gabriel Nordmann, Marc Rioufol. Musique de David Moreau. Un dvd Melimedias/Liberty productions.

Ce que les yeux d’Alix ont vu ? Un déballage de dvds d’occasion dans le troc-puces du coin un dimanche matin. Au fond d’un bac rempli de mauvaises copies Made in China et de dessins animés à la présentation médiocre, un film à la jaquette pas comme les autres a retenu toute son attention : Sylvie Testud peinte en Mona Lisa c’est quoi ce délire ? Acheté un euro, Alix pensait voir un film ordinaire mais la présence de Jean-Pierre Marielle et de James Thiérée renforçait son intérêt. Ce film se révèle être excellent. L’histoire est croquée par un ancien spécialiste en histoire de l’art devenu réalisateur, Laurent de Bartillat. Bien menée, la découverte du secret des tableaux du peintre Watteau se révèle passionnante : quel est le sens caché de ses toiles ? En existe t-il même un car Lucie, la jeune étudiante très déterminée, semble totalement délirer sur ce point comme le pense à l’arrivée son maître de recherche… Quelques défauts apparaissent tout de même au visionnage du film – pardon nul n’est parfait(e) – à commencer par le rôle de l’artiste de rue, un mime extraterrestre qui n’a pas dans le film une importance bien déterminée. Autres soucis, une caméra qui focalise trop facilement sur Sylvie Testud et un épilogue qui aurait pu s’envisager sous de meilleures étoiles… La musique du film est bien Adaptée mais souvent trop légère et toujours sans mélodie : est-ce donc plus difficile à composer, une belle mélodie, que de mettre à jour un secret bien gardé depuis bientôt trois cents ans ? Alix trouve ce film Super malgré ses imperfections. Réaliser un film plus intéressant que le Da Vinci Code avec très peu de moyens en comparaison, ce n’était vraiment pas du Watteau…

 

Bête city !

BIG CITY, un film de Djamel Bensalah (2007) avec Vincent Valladon, Paolina Biguine, Charlie Quatrefages, Eddy Mitchell, Atmen Kélif, Jérémy Denisty, Samy Seghir, Axel Boute… Musique d’Erwann Kermorvan. Un film Gaumont. Un dvd Melimedias « Les incontournables ».

Que fait Eddy dans une galère pareille ? Alix ne sait pas exactement comment vous parler d’un film dont il n’y a rien à dire parce qu’il est nul, si on le prend dans sa globalité bien entendu. Alix pourrait vous parler des points positifs mais ils sont tellement positifs qu’ils se transforment en handicap insurmontable : les images sont superbes, les enfants ont de belles gueules d’acteurs et sont très bien filmés, la lumière est chaude et les couleurs sont chatoyantes, tous ces aspects excellents sur le plan artistique donnent une impression générale insensée : la succession de diapositives magnifiques n’a absolument rien à voir avec les images d’un film. Le réalisateur voulait sans doute restituer l’ambiance d’un pays saturé de poussière et noyé dans la chaleur mais il en fait des images à haute valeur picturales : esthétiques à l’excès, elles sont beaucoup trop soignées, les cadrages sont bien trop travaillés pour rendre l’ensemble crédible une seule seconde en témoigne le visage d’un enfant déguisé en indien qui surgit entre deux coquelicots rouges, ça en devient ridicule. En décalage continuel entre ce qui est fait et ce qui aurait du être fait, Eddy Mitchell est pitoyable en vieil homme caricatural alors qu’Alix l’adore en dehors de ce contexte pour son immense talent (musique et cinéma). Quant au scénario ambitieux (le thème aurait pu devenir intéressant s’il avait été sérieusement exploité) il devient pitoyable, les enfants font du cabotinage et plus grave, certaines scènes les mettent en action dans des situations qui ne devraient être vécues que par des adultes. Ce film pose donc un problème sur le plan moral sans qu’il y ait mort d’homme pour autant. Damned, Alix souhaite achèver son propos très dur : « Big city » ne dégage aucune émotion, il n’est pas amusant, ça crie dans tous les coins, la musique est superficielle comme tout le reste, le compositeur breton Erwann Kermorvant imitant avec platitude les musiques des grands films de western (aïe !). Allez, passez maintenant votre chemin et ne vous arrêtez jamais dans ce trou perdu. Si vous avez des enfants, offrez-leur à coup sûr « Les cowboys » de Mark Rydell avec John Wayne (musique de John Williams, voir ici) mais ne leur donnez surtout pas en pâture un franchouillard « Big city » globalement Raté. Prenez tout de même le soin de leur expliquer – et ce sera toujours ça de gagné – à quel point il faut beaucoup de talent pour réaliser dans « Big city » une aussi belle photographie et des cadrages aussi irréprochables. L’éducation cinématographique et artistique de votre progéniture est à ce prix.

À noter que le scénario signé Djamel Bensalah (le réalisateur) et Gilles Laurent pour « Big city » est ni plus ni moins un copier/coller du scénario de Roberto Amoroso, Mario Amendola et Bruno Corbucci pour le film italien de 1973 « Kid, il monello del west », voir ici

Big city - Les Mélodies Modernes
 

Plutôt Nash que Nase

DANS SES RÊVES/Imagine that, un film de Karey Kirkpatrick (2008) avec Eddy Murphy, Yara Shahidi, Nicole Ari Parker, Thomas Haden Church, DeRay DavisRonny Cox, Martin Sheen… Musique de Mark Mancina. Un film Paramount.

Bonjour Eddy. Je m’appelle Alix et je suis critique de films. J’adore le cinéma depuis toujours et tu fais partie de mes acteurs préférés. Vraiment, tu sais être très drôle, énergique et plein d’entrain ; ton humour communicatif rempli de bonheur mes films préférés « Le flic de Beverly Hills I, II et III » mais tu sais également devenir grave et sérieux, rappelle-toi « Le flic de San Francisco ». Tes mimiques, tes grimaces, tes gestes et ton talent de comédien font de toi un être irremplaçable à l’écran. Ta voix française est exceptionnelle, cent fois merci Mel Hondo ! Hélas, tes apparitions dans les salles de cinéma sont trop rares, fait plus grave, elles sont trop souvent décevantes. Peut-être aimes-tu l’expérimentation en te laissant entraîner dans des rôles qui ne te vont pas ? Es-tu bien conseillé ? Est-ce si difficile de décrocher un bon rôle dans un bon film ? Tes nombreux personnages tous aussi foldingues que nigauds n’arriveront jamais à me faire oublier le rôle de ta vie, l’inspecteur Axel Foley pourfendeur d’idées reçues et de protocoles ingérables sur une musique magique d’Harold Faltermayer. Pourquoi ne pas plancher sérieusement sur un scénario en béton et se donner les moyens de nous amuser, de nous faire vibrer et de nous émouvoir une nouvelle fois ? Seulement dans mes rêves devrais-je dire car le récent film de Kirk Patrick glorifie le milieu de la finance générateur de misère et responsable de crise économique mondiale. Mais où est donc passé ta compagnie si admirable divinement contestataire ? Le fait d’avoir essuyé par le passé de gros échecs commerciaux freine peut-être les investisseurs de tes films ce qui perturbe aujourd’hui ta juste vision des choses ; est-ce la multiplication démesurée de tes activités (théâtre, comédien de doublage, vie sentimentale personnelle…) qui maintiennent rabattues tes oeillères ? Eddy, elles ne doivent pas te faire passer à côté de ta vocation originelle, la seule, la vraie, celle qui consiste à nous épater éternellement comme dans la série des flics de Beverly Hills que j’ai vu et revu si souvent… ! Pour Alix, le film « Dans ses rêves » est complètement Raté (sauf pour le doublage français exception faite du doublage de la gamine assuré par un enfant à la voix trop jeune) et la musique est Sans intérêt (malgré la présence d’un tube enregistré par un orchestre symphonique qui travaille ici au minimum syndical).

P.S. Recette pour ton prochain grand succès populaire, Eddy : élabore un scénario intemporel (la défense de la veuve et de l’orphelin) ou d’actualité (le combat pour la nature, les animaux en voie de disparition…), prends ton temps pour construire une histoire simple mais terriblement émouvante, rajoute au scénario beaucoup d’émotion et de rires tout en traitant de questions intelligentes de manière adulte sans oublier le cinquième élément du puzzle, recrute le compositeur à l’écriture extraordinaire pour assurer la musique du film . Tu souhaites obtenir un grand succès populaire depuis longtemps sans y parvenir vraiment ? Alors veille à mieux choisir tes personnages, Axel !

Pour en savoir + sur « Le flic de Beverly Hills », Eddy Murphy, Harold Faltermayer, Mel Hondo : cliquez ici

 

Mettez un tigre dans votre moteur !

L’INSTINCT DU CHASSEUR / Maneater, un film de Gary Yates (2006) avec Gary Busey, Ian D. Clark, Ty Wood, Diana Reis… Musique de Glenn Buhr. Un film distribué par RHI Entertainent.

Il s’en passe de drôles de choses dans la chaîne de montagnes des Appalaches : rêve éveillé, légende, chimère, enfant à l’imagination fertile, mutation génétique, monstre ? Pourquoi tant de morts aux membres déchiquetés ? Contrairement aux apparences, ce téléfilm pas si drôle que cela reste visible par toute la famille, les scènes d’horreur étant davantage suggérées que développées. Ici, pas d’effets spéciaux de niveau gore donc amateurs du genre, passez votre chemin ! Bien filmé, bien construit, bien joué et bien doublé, l’appréciation d’Alix ne peut être que Bonne pour ne pas avoir vu le temps passer. Le réalisateur, lui, prend son temps pour que nous puissions apprécier pleinement une scène ; à l’heure de la remise d’un Oscar pour une superproduction imbuvable aux moyens explosifs (Démineurs), le cinéma indépendant américain continue à produire de bons petits films et téléfilms qui permettent de passer un moment agréable seul ou à plusieurs. La musique adaptée n’est pas trop envahissante et le doublage français comme toujours excellent apporte sa franche contribution à l’ouvrage. Et puis la fin de l’histoire demeure aussi conventionnelle que l’ensemble de l’œuvre avec ce sacré thème de la famille américaine reconstituée… Tant pis si les dents de la mère ne cachent pas un tempérament de tigresse ! Pour Alix, c’est Bien.

 

Victor le petit français…

L’ENFANT SAUVAGE, un film de François Truffaut (1969) avec Jean-Pierre Cargol, Jean Daste, Françoise Seigner et François Truffaut. Extraits musicaux d’Antonio Vivaldi. Un dvd distribué par la MGM.

Nu, sale, farouche, il se faufilait voûté dans les sous-bois. La rumeur disait bien qu’un être errait dans la forêt mais personne ne l’avait encore vraiment vu. En ce jour de l’été 1798, la paysanne en aura tellement peur que les chiens seront lachés sur « le sauvage : un mètre trente neuf, onze ans peut-être douze, la peau fine de couleur foncée, le visage ovale, yeux noirs, les cils et les paupières longs… ». L’enfant sera traité par les siens comme une bête de foire mais heureusement, le docteur Jean Itard à Paris s’en occupera sérieusement. Des écorchures, des déchirures, une quinzaine de cicatrices toutes différentes les unes des autres… Son premier problème sera pourtant ailleurs et expliquerait à lui seul les raisons de son abandon par ses parents. Pauvre petit d’homme ! Dans la véritable histoire de Victor de l’Aveyron qui aura abreuvé l’inspiration de François Truffaut, le pourquoi du comment ne sera jamais connu. Était-il vraiment si sauvage au point d’avoir pu se débrouiller seul pendant des années dans la nature ? Ce film, réalisé en noir et blanc – un parti pris -, révèle le professionnalisme du réalisateur français de surcroît scénariste et révélateur de talents : l’enfant acteur joue très bien son personnage difficile à interpréter et rend l’histoire passionnante, très crédible même si elle s’éloigne beaucoup de la réalité. Le cinéma doit toujours nous faire rêver et apporter sa contribution à l’acceptation de la différence. Pour Victor, rien n’est gagné. S’en sortira t-il, l’espoir est-il permis ? Un Excellent film pour Alix.

Une statue en mémoire de l’enfant sauvage est érigée à Saint-Sernin-sur-Rance, cliquez ici

 

… et les petites victoires à l’américaine !

LES NOUVELLES AVENTURES DE MOWGLI/The second jungle book : Mowgli & Baloo, un film de Duncan McLachlan (1997) avec Jamie Williams, Roddy Mc Dowall, Bill Campbell, David Paul Francis. Musique de John Scott. Un dvd distribué par Columbia Tristar.

Difficile de trouver intéressante une histoire d’enfant sauvage vivant seul ou entouré d’animaux encore plus sauvages que lui après avoir apprécié l’excellent film « L’enfant sauvage » de Truffaut ou savouré le superbe dessin animé « Le livre de la jungle » de Walt Disney. Pourtant le travail du réalisateur américain ne laissera pas insensible les plus jeunes téléspectateurs : un héros bien lisse et bien propre, des animaux bien gentils, des personnages à l’eau de rose pour une histoire bien simple mais ça marche, l’aventure se veut familiale. La présence de Roddy Mac Dowall pour sa dernière apparition à l’écran sauve a elle seule le film, quel talent notre cher Roddy non mais quel talent ! L’écrivain Rudyard Kipling pour sa part se sera peut-être inspiré des aventures de Victor de l’Aveyron pour construire la trame de son roman à moins de s’être laissé influencé par son séjour dans les colonies britanniques (les Indes) et la remontée de souvenirs d’une légende racontant les aventures d’un enfant élevé par les loups au plus profond de la jungle (voir ici Wikipedia). La musique de John Scott est terriblement efficace et relève également l’appréciation générale positive du film. Pourtant ce qui dérange d’un bout à l’autre, c’est le côté « lisse et transparent » de l’enfant acteur : cabotinage et singeries sont au programme de manière excessive voire pénible. Allez, il faut de tout pour faire un monde et séduire le plus grand nombre. Alix trouve ce film Très bon dans sa catégorie de films pour (très) jeunes enfants, la musique de John Scott est Parfaite.

Hommage à Roddy Mac Dowall, la crème des acteurs, page VI des compositeurs, cliquez ici.

 

Documentaire

LASCAUX préhistoire de l’art & La nuit des temps, deux films d’Alain Jaubert (Lascaux, 1995) et de Roger Verdier (La nuit des temps, 1944). Un DVD Arte video, Réunion des musées nationaux et Éditions Montparnasse.

La chapelle Sixtine de la préhistoire, voilà comment appeler la grotte de Lascaux. Pour l’avoir visité avant sa fermeture au public pour d’évidentes raisons de conservation (les dégradations liées à la respiration humaine qui modifie l’équilibre fragile de la grotte, l’attaque de champignons, la ventilation, la pollution…), Alix trouve que ce surnom demeure parfaitement justifié. Rien n’est plus beau que l’art pariétal exécuté de manière aussi artistique : oui, il y a plus de 15 000 ans, l’homme des cavernes connaissait le sens du mot beauté. Merci à cet arbre déraciné qui aura mis à, jour l’entrée de la cavité sur une petite vingtaine de centimètres ! Merci à Robot le chien qui aura flairé le bon coup en cette fin d’été 1940 en incitant son jeune maître et ses copains à y entrer ; merci à l’instituteur, au maire périgourdin, à l’historien, à toutes celles et ceux qui auront œuvré depuis lors pour valoriser ce bijou inscrit au patrimoine mondial de l’humanité… en péril. L’homme mais surtout la grotte de Lascaux sont en effet tous deux en voie de disparition. Rien n’est en effet plus scandaleux que le manque d’investissement pour préserver ce chef d’œuvre (la grotte) y compris sa réplique très sérieusement dégradée, Lascaux II ; prévue pour accueillir un maximum de touristes à proximité du sanctuaire et ne plus prendre de risques vis-à-vis des fresques originales, les animaux dupliqués sur les parois en béton par un artiste très doué sont elles aussi abîmées par manque d’entretien depuis une dizaine d’années. Merci au journaliste du quotidien Sud ouest pour cette révélation récente sur un « incroyable gâchis » y compris celui de l’utilisation de l’argent public : utilisé pour d’excellentes raisons, le suivi de la réalisation de fac-similés puis leur abandon lamentable se sont avérés catastrophiques. Comme c’est trop souvent le cas en France pour toutes les questions relatives à l’Art où l’on s’en fiche pas mal, c’est situation est désespérante. Voici un propos qui inciterait bien Alix à s’enfermer dans une grotte loin de la civilisation. Elle y dépeignerait l’environnement urbain qu’elle aurait fuit : des rapaces, des ours mal léchés, des gazelles, des mufles, des scorpions, des sangsues, des vampires, de grosses vaches et beaucoup d’autres bestioles répugnantes familières de nos entourages respectifs. Alors sur le fond, depuis 15 000 ans, qu’est ce qui a vraiment changé dans la vallée de l’homme ?

Alix trouve ce dvd Indispensable. Et pour en savoir + sur la grotte de Lascaux, cliquez ici, Lascaux le site officiel et Wikipedia.

Et si le secret des peintures se trouvait simplement sous nos têtes ?
ARCHÉOCIEL, c’est le nom du site de Chantal Jègues-Wolkiewiecz (cliquez ici), chercheuse indépendante, Docteur ès Lettres et Sciences Humaines, Anthropologue, Ethnoastronome et psychologue, autant dire quelqu’un de compétent. Ses travaux portent sur plusieurs decennies d’observations, de recherches, de découvertes et de calculs exceptionnels et rejoignent ce que ses collègues, rares et peu écoutés, pensaient avant elle : les hommes des cavernes n’étaient pas les sombres idiots que l’on a bien voulu nous décrire depuis longtemps. Il est évident que la réalisation de ces magnifiques peintures artistiques ne représentant que des animaux à quelques exceptions près est motivée par quelque chose de grand et de profond mais quoi exactement ? La réponse vient de tomber du ciel : les hommes préhistoriques passaient leur temps à vivre avec la nature et non contre elle ce que fait l’homme moderne totalement déconnecté de son environnement naturel : contempler les ciel et les étoiles, prévoir l’arrivée du solstice d’été et décomposer les mouvements de la lune, après tout, il n’avaient que cela à faire, leurs soirées devant la télévision en 3D s’appelait la Voie lactée. Les plus talentueux d’entre eux auront gravés leur toit céleste sous un abri de fortune appelé Grotte de Lascaux. D’ailleurs toutes les grottes témoignent de la justesse des travaux scientifiques de Chantal Jègues-Wolkiewiecz : l’orientation des entrées des cavités par rapport à la position du soleil levant ou couchant, l’interprétation des signes du Zodiaque… Merci à la chaîne de télévision franco-allemande Arte de nous avoir proposé un reportage passionnant sur la question ; on attend fébrilement la sortie du dvd. Au fait, la communauté scientifique est divisée en deux groupes qui ne se côtoient pas (les ethnologues et les astronomes) et peu d’entre eux adhèrent aux thèses très sérieuses de la chercheuse. Non pas parce qu’elle est une femme indépendante et compétente, bien sûr. Seulement parce que la remise cause de notre civilisation basée sur l’évolution de l’espèce ne tient plus la route. Non, assurément non, l’homme préhistorique était moins primaire que nous pouvons l’être quand nous refusons d’admettre l’évidence. Quel choc ! 
 

Prière en rouge et noir

SEMANA SANTA, un film de Pepe Danquart (2003) avec Mira Sorvino, Olivier Martinez, Féodor Atkine, Alida Valli, Luis Lopez Tosar, Jorge Bosh, Peter Berling… D’après le roman de David Hewson. Musique d’Andrea Guerra. Un dvd Buena Vista Home Entertainment.

Séville, une ville pas comme les autres (Sevilla en espagnol), phare artistique et culturel du sud de l’Europe, va devenir le théâtre de meurtres horribles liés de près ou de loin à la traditionnelle fête de Pâques très religieuse, la Semana Santa – la semaine sainte. Quelle est le malade qui se cache sous la tenue cagoulée d’un rouge vif couleur sang qu’il va faire couler avec acharnement pour d’obscures raisons, est-ce un fanatique ? Une jolie jeune femme va mener l’enquête. Fraîchement débarquée dans la capitale de l’Andalousie, l’ambiance devient de plus en plus fervente dans la rue quand le point culminant de la fête religieuse, la nuit de la Madrugá, voit le criminel s’exciter sur les gêneurs de sa vie : comment notre frêle policière va t-elle efficacement mettre un terme à ses agissements ? Quel secret renferme cette histoire compliquée remontant aux années sombres de l’Espagne, celle de la guerre civile où deux camps s’affrontèrent jusqu’à la mort, les franquistes et les républicains ? Le fascisme a t-il encore quelque chose à voir avec ces assassinats et pourquoi ? C’est un vrai plaisir de revoir dans ce polar une très grande actrice et comédienne des années 1930 à 2000 (quelle carrière, vous imaginez ça un peu ?!), la fiancée de l’Italie, Alida Valli. Présente dans de nombreux films italiens mais aussi américains et français, « Semana Santa » sera sa dernière prestation au cinéma ; merci cent fois au réalisateur Pepe Danquart pour ce très bel hommage rendu à la merveilleuse actrice italienne dans toute sa splendeur. Elle fut si belle dans sa jeunesse, elle illuminait l’écran ! Quelle présence et quel regard toujours aussi envoûtant, Alix adore les actrices italiennes et Alida Valli tout particulièrement, nous en reparlerons. Pour résumer Alix estime que ce film est Très bon malgré deux bémols, un tout petit bémol accidentel (de passage) pour l’acteur Olivier Martinez, très bon dans son rôle mais qui parle trop mollement par rapport à son personnage nerveux et impulsif et l’autre bémol, un gros double bémol celui-ci attribué à la corrida filmée comme une activité culturelle alors qu’il ne s’agit que d’une minable boucherie à ciel ouvert, pauvres pauvres taureaux (le parallèle entre la mise à mort de l’animal et les coups de couteau du tueur est évident, c’est bien pensé et bien fait). La musique du film demeure Parfaite du début à la fin, un subtil mélange de chants à l’unisson, de choeurs et d’orchestre symphonique, félicitations d’Alix au compositeur pour son talent. Il manquerait juste une petite mélodie mémorisable…

Site officiel d’Alida Valli, l’incontournable et infatigable artiste, cliquez ici (très nombreuses photographies de sa carrière, en français, italien et anglais)

 

Au bout du pont le Cannes y pont la poule y couve (à répéter trois fois très vite) !

LE RUBAN BLANC, un film de Michael Haneke (2009) avec Christian Fiedel, Leonie Benesch, Ulrich Tukur, Ursina Lardi… Palme d’or du Festival de Cannes en 2009 et Golden globe du meilleur film étranger en 2010. Un dvd TF1 vidéo. / ANTICHRIST, un film de Lars Von Trier (2009) avec William Dafoe et Charlotte Gainsbourg (Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes 2009). Un dvd M6 Vidéo. Autre critique ici.

Ces deux films ont un point commun : ils ont été primés au Festival de Cannes en 2009. Pourtant ce qui les distinguent le plus ne se trouve pas dans les récompenses glanées ici et là. Leur point commun se résume en un seul mot : l’ennui. Haneke, le réalisateur du « Ruban blanc », nous avait déjà habitué à la lenteur de ses films avec « Dogville » en 2003 et surtout avec l’indigeste « Caché » où le premier quart d’heure du film consiste en un seul plan fixe d’une ruelle dont tout le monde se contrefiche totalement. Alix, toujours aussi mal lunée lorsqu’il s’agit de se farcir un film mou, statique, rigide et psychologiquement insipide, s’était rapidement endormie malgré la présence de Nicole Kidman dans le premier et de Daniel Auteuil dans le second. Avec « Le ruban blanc » elle vient de battre son propre record personnel en trouvant le sommeil au bout de deux minutes seulement, une chance car Alix aura évité l’image d’un canari transpercé par une paire de ciseaux ; c’est l’un des nombreux raffinements du film. La succession de quelques belles images de diapositives et la « voix off » lancinante ne sortiront pas Alix de sa torpeur, bien au contraire. Pour ce qui est de Lars Von Triers réalisateur danois de « Antichrist », on peut rajouter à ses films la pornographie, d’ailleurs, il en a fait la spécialité d’une de ses sociétés ; c’est une autre sorte de raffinement cinématographique. Dès les premières images, William Dafoe et Charlotte Gainsbourg font l’amour. Contrairement à Haneke où la violence est souvent suggérée, son collègue danois n’y va pas par quatre chemins. Pour s’assurer que l’on comprend bien ce qui se passe au cas où l’on serait tous devenus des débiles profonds, il nous donne à admirer en gros plan et au ralenti s’il vous plaît l’appareil reproducteur masculin s’enfonçant avec assurance dans l’appareil génital féminin, le tout sur l’eau de la douche qui gicle sur les deux parties concernées… Inutile de vous faire un dessin, Alix avait les boules car elle ne supporte pas ce procédé visuellement choquant surtout quand on la prend à froid ! Du coup la suite de l’histoire ne donne pas envie de s’y pencher : sombre, lent, mou (pas toujours…), Charlotte Gainsbourg et William Dafoe sont ridicules et valent beaucoup mieux que cette farce assez minable. Pourtant ces deux films semblent faire l’unanimité de celles et ceux qui s’y connaissent en cinéma : « Fascinant et vertigineux, on est ébloui par l’esthétisme du film..», « Subversif et magistral, on est saisi aux tripes… », Mesdames et Messieurs les Critiques, les Professionnels avisés, les Grands philosophes du Septième art, les Présidents de jurys estimables, vous devenez affligeants. Mais que l’on se rassure, Alix la chroniqueuse autoproclamée ne fera jamais partie de ces sommités : elle aime le cinéma et se permet en spectatrice assidue dotée d’un esprit critique de Détester ouvertement ces deux films. Ah oui un dernier point commun entre eux : aucun compositeur n’a été recruté. À part quelques chants ou quelques notes entendues ici et là, un mot est absent des considérations des réalisateurs fats et coquins : la musique. Pour Alix, c’est un signe qui ne trompe pas. Le palmarès 2010 risque de confirmer la tendance à moins que le compositeur talentueux Alexandre Desplat, membre du jury puisse faire entendre sa voix sur l’importance prédominante de la musique dans un film…

 

De l’or Monsignor…

EAGLE’S WING/L’étalon de guerre, un film d’Anthony Harvey (1979) avec Martin Sheen, Sam Waterston, Harvey Keitel, Stéphane Audran… Musique de Marc Wilkinson. Un dvd Seven Sept.

Vous voulez voir un film rare mais précieux comme tout ce qui est recherché par les meilleurs spécialistes ? « Eagle’s wing » n’est pas un film ordinaire ; tourné à une époque où les indiens n’avaient pas encore très bonne presse malgré quelques tentatives heureuses ici et là avec « Little big man » ou « Un homme nommé cheval » par exemple, ce film est résolument européen dans le style et dans l’esprit tout en restant fidèle aux canons du genre : poursuites, choc des culture et confrontations des intérêts divergents des uns et des autres, cupidité et avidité des bons et des méchants… Humour, dérision, émotion, les scènes légères alternent avec les situations beaucoup plus dramatiques, résolument, vous n’avez pas le droit d’ignorer plus longtemps ce petit bijou cinématographique. Marc Wilkinson une fine lame de la musique de film a composé une partition parfaite qui soutien les images superbes des grands espaces. Le compositeur anglais né à Paris en 1929 s’est fait remarquer grâce à sa participation au film « If » qui racontait la révolte des étudiants dans une Angleterre conservatrice très à l’écart de la tempête qui couvait sous les crânes de 1968… Là encore si un adjectif devait définir « Eagle’s wing » ce serait le mot Liberté. Celle du réalisateur Anthony Harvey à qui l’on doit de grandes réalisations oscarisées « Un lion en hiver » pour n’en citer qu’une, la liberté d’esprit de Martin Sheen qui aura toujours su choisir ses rôles en fonction de ses propres aspirations souvent à contre-courant de la pensée du moment et qui n’a pas donné la priorité à ses intérêts professionnels (on se souviendra de son engagement professionnel risqué dans « Apocalypse Now ») et aussi cette liberté si chère aux grands penseurs et philosophes, Liberté chérie… Les créateurs en ont tellement besoin ! Un Excellent film pour Alix.

Autres trésors du Septième art à (re)découvrir sur le site www.sevensept.net

 

Aventures

HEIDI, un feuilleton télévisé de Tony Flaadt et Joachim Hess (1978) avec Katia Polletin, Kathi Böhm, René Deltgen, Stefan Arpagaus… D’après le roman de Johanna Spyri. Musique de Siegfried Franz. Un dvd L.C.J.

Difficile de trouver quelque chose de nouveau à raconter sur Heidi. De nombreuses versions sont réalisées presque tous les ans à travers le monde mais celle de Flaadt et Hess est la meilleure, de l’avis des spécialistes. Les deux enfants qui jouent les rôles principaux sont parfaits ; choisis parmi de nombreux candidats, leurs personnages respectifs d’Heidi et de Peter seront pourtant leur seule expérience cinématographique. En revanche la jeune Kathi Böhm dans le rôle de Clara, la petite-fille du célèbre chef d’orchestre Karl Böhm, continuera une brillante carrière à la télévision et au cinéma. Le comédien luxembourgeois René Deltgen assurera à son tour une prestation de très grande qualité mais qui sera pour lui aussi sa dernière apparition à l’écran, pour raison de santé. Bref, tout a déjà été dit et écrit sur le monde d’Heidi mais peut-être pas sur le compositeur de la musique du feuilleton, Siegfried Franz. Pianiste dans ses jeunes années (Alix n’arrête pas de vous dire que l’étude du piano comme instrument de base mène absolument à tout, en voici une nouvelle preuve), le musicien dans l’âme étudiera dans la meilleure école de Mannheim avant de devenir soldat pendant la seconde guerre mondiale. Il formera sous l’Occupation les chefs de choeurs de l’armée allemande, des troupes qui savaient défiler en se faisant aussi remarquer pour leurs maîtrise du chant guerrier (la grand-mère d’Alix se souviendra toujours de les avoir vu parader en chantant terriblement bien). À la Libération, Siegfried Franz changera de costume pour revêtir celui de chef d’orchestre au théâtre de Hambourg où il composera plusieurs opéras et musiques de films. Pour lui aussi, Heidi sera une dernière prestation de très grande qualité. Son fils s’orientera vers le cinéma ; caméraman, il se pourrait qu’il ne puisse s’empêcher, dès qu’il aperçoit le sommet d’une montagne, de siffler la belle mélodie composée par son père, une mise en valeur du générique du célèbre feuilleton par un thème simple, très efficace dans le style d’une musique allemande populaire ou bavaroise. Excessivement tonale aux temps bien marqués avec son harmonisation simple qui favorise la danse, c’est la joie de vivre qui symbolise le mieux cette version d’Heidi. Alix la recommande aux enfants, son appréciation est en conclusion Très bonne (images et son).

 

C’est fantastique !

LES AUTRES/The Others, un film d’Alejandro Amenábar (2001) avec Nicole Kidman, Alakina Mann, James Bentley, Fionnula Flanagan, Christopher Eccleston… Musique d’Alejandro Amenábar. Un film Mars distribution / Dimensions films / Studio Canal.
Le réalisateur espagnol né au Pérou Alejandro Amenábar est aussi compositeur à l’instar des talents conjugués en musique et en cinéma du français Christophe Barratier (voir ici), du hollandais Dick Mass (L’ascenseur, Amsterdamned, Issue de secours) ou de John Carpenter (voir ici). Quel bonheur que de pouvoir maîtriser l’image et le son même temps ! L’association de ces deux fondamentaux est très performante dans « Les autres », l’orchestre symphonique très lyrique aux arrangements légers (pas de redoublements de pupitres, des phrases mélodieuses sont jouée uniquement par un seul instrument soliste, pas d’usage excessif des timbales etc.) soutient une histoire originale. Le style général demeure très fluide et gracieux… Comme peut l’être un fantôme. Il vous faut voir ce film pour la première fois afin de mieux apprécier l’œuvre, vous apprécierez davantage encore la fin plus que surprenante. Au fait, ne soyez pas déprimé(e) avant de regarder l’œuvre car il est angoissant et fondamentalement stressant ; votre état ne pourrait pas s’améliorer et renforcerait même votre mine de déterré(e) ! La présence forte de Nicole Kidman parfaitement entourée par les autres (rôles) et l’excellence du doublage en français nous font passer un très bon moment cinématographique. Alix juge ce film Très bon tout comme sa musique parfaitement Adaptée.
 

Drame

LA NUIT DU CHASSEUR/The night of the hunter(1955), un film de Charles Laughton (1955) avec Robert Mitchum, Billy Chapin, Sally Jane Bruce, Shelley Winters, James Gleason, Peter Graves, Lillian Gish. Musique de Walter Schumann. Collection L’âge d’or du cinéma américain.

La première curiosité du film apparaît au générique : le nom de Charles Laughton est associé à une brillante carrière d’acteur et il y a de quoi se demander s’il ne s’agit pas d’une erreur. En effet, le personnage hors du commun est essentiellement réputé pour ses performances de comédien. Très présent et terriblement efficace dans les pièces de théâtre et dans son rôle du capitaine Bligh des « Révoltés du Bounty », il devient également excellent derrière la caméra : « La nuit du chasseur » est révélateur de ses multiples possibilités d’expression artistique. Hélas, l’échec commercial à sa sortie sur les écrans ne lui permettra pas de continuer sur une voie pleine de promesses, idem pour le compositeur dont on ne reparlera plus dans le milieu de la musique de film. Le gâchis des talents est tout de même moindre que celui provoqué par un malade mental brillamment incarné par Robert Mitchum dans l’un de ses meilleurs rôles. Deux enfants vont subir le harcèlement d’un assassin et l’affrontement se fera dans la pire des situations : fuir entouré d’adultes incrédules. L’environnement de l’œuvre crée une seconde surprise. Le climat généré par la justesse des cadrages, de la mise en scène soignée, du montage judicieux, de la lumière magnifiée par le noir et blanc n’a d’égal qu’une excellente musique mélodique et harmonique qui participe à son tour à la perfection du jeu des acteurs. Le chat et la souris, le mal et le bien, l’innocence et le bourreau, l’opposition entre deux fortes entités joue à fond dans un climat envoûtant. L’expérience de Charles Laughton relève donc bien de l’exploit pour une première réalisation. Parfois le suspense semble un peu désuet car les rapports humains ont bien changé : la peur ne se nourrit plus des mêmes jeux et ne se décline plus de la même manière suggérée. La peur du Diable est remplacée par la peur de son voisin, la mère n’est plus démissionnaire mais victime, les assassins ne sont plus de grands malades mais simplement de pauvres frustrés, la vie campagnarde s’est bétonnée et « La nuit du chasseur » s’est transformée en boîte de nuit où l’on chasse l’ennui… Et parfois même le Diable ! Pour Aanor ce film est Excellent et la musique Excellente.

À noter la version très honnête de « La nuit du chasseur » par David Greene (2002) avec Richard Chamberlain, Diana Scarwid… et Burgess Meredith, musique de Peter Manning Robinson, un dvd Diana Kerew productions.

« Le cinéma, un plaisir chaque jour renouvelé. Vous pouvez compter sur moi pour vous le rappeler ! ». Alix, la critique libre et indépendante qui ne vous raconte pas d’histoires.

 

 

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