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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

La critique de films d’Alix (VI)

Le cinéma d’Alix

Rappel des critères d’Alix

 

Pour le film :

Exceptionnel (un film de référence, sans contestation possible)

Parfait ou Excellent (à voir et à revoir sans modération)

Très bon (les films dont on se souviendra toujours)

Bon (le cinéma existe grâce à eux)

Moyen (on n’a pas perdu son temps pour autant)

Insatisfaisant (aïe, de grosses faiblesses mettent Alix mal à l’aise) / Raté (il faudra revoir sa copie, toujours selon les critères subjectifs d’Alix) / Nul (aucun espoir car un film nul le restera. Mais s’il n’y en avait pas de temps en temps, on ne pourrait plus désigner les meilleurs…).

 

Pour la musique du film :

Parfaite ou Excellente (on achètera le C.D.)

Bonne (on en fera de même)

Discrète (difficile de juger…)

Mauvaise (aucun scrupule à le dire, quand c’est mauvais, cela s’entend).

 

Les photos d’Alix sont de @ Serguei Kovalev – Fotolia.com

 

Drame

 

TCHAO PANTIN, un film de Claude Berri (2003) avec Michel Colucci, Richard Anconina, Agnès Soral, Philippe Léotard, Ahmed Ben Smail, Mahmoud Zemmouri, Albert Dray… D’après le roman d’Alain Page. Musique de Charlélie Couture. Un dvd collector Pathé ! Ce film a obtenu 5 Césars en 1984.
Alix a beaucoup de mal à parler de Coluche tant l’émotion lui noue la gorge. Cet homme fier de ses convictions possédait une personnalité si attachante et si généreuse qu’il était proche des gens, de nous tous par l’apport de sa vision claire et sans fioritures de la société souvent merdique dans laquelle nous mijotons au quotidien. Coluche restera pour toujours dans nos mémoires. Comment oublier un être pareil ? En découvrant les déboires du trio infernal du film constitué de Lambert le pompiste de nuit, de Bensoussan le revendeur de drogue et de Lola la jeune femme au look punky on ne peut que s’étonner de la justesse du propos et de l’interprétation remarquable de l’ensemble des acteurs : Coluche aura prouvé ses qualités de comédien au-delà de l’image du simple comique véhiculée dans la plupart de ses films ; d’autres talents se seront lancés dans la même démarche avec la même réussite, on pense à Bourvil, à Fernandel et l’adaptation du roman d’Alain Page initiée par Claude Berri permettra de retranscrire à l’écran l’ambiance glauque propre à certains quartiers sombres de Paris aujourd’hui réhabilités. Le métier de pompiste, lui, a entièrement disparu mais pas le prix du pétrole à la pompe. Au total, la déshumanisation de notre société engendre de tels effets nocifs sur nos comportements que les remarques acérées et corrosives de l’ami Coluche nous manquent plus que jamais. Coluche était unique et ce film est Unique dans l’excellence à tous points de vue. La musique de Charlélie Couture, discrète et terriblement efficace, parfois composée d’un son unique lui aussi, renforce le poids des images sans jamais les alourdir. De toute façon rien n’est lourd dans ce film, seule l’équipe de vrais professionnels inspirés et passionnés a du poids. Revoir presque trente ans plus tard « Tchao Pantin» c’est redire adieu à Coluche, à Berri, à Léotard et aux quartiers populaires de Paris. C’est penser à quel point Michel Colucci n’a pas été remplacé. Alix déteste le p… de fusil offert à son ami Patrick Dewaere et exècre la moto liés à ces deux destinées tragiques. Coluche n’avait que 42 ans quand il nous a quitté. Quel p… de drame ! 
 

Tranche de vie

 

LE FILS DE L’ÉPICIER, un film d’Éric Guirado (2007) avec Nicolas Cazalé, Clotilde Duval, Jeanne Goupil, Stéphan Guérin-Tillé, Liliane Rovère, Paul Crauchet, Chad Chenouga, Ludmila Russo et Benoît Giros. Musique de Christophe Boutin. Un film TS Productions.

Un film français sans prétention, c’est ce que pensait Alix en voyant l’affiche colorée et… sans prétention. Tout de même, une camionnette transformée en magasin ambulant sur fond de montagne, cela pouvait-il justifier un long métrage ? Alix, curieuse et désireuse d’aider la création cinématographique, s’était rendue dans la salle obscure pour y découvrir une histoire passionnante inspirée d’un parcours véridique, celui d’une famille parisienne lassé du métro-boulot-dodo installée dans les Alpes (pour le film) avec un père ingénieur transformé en vendeur ambulant. Basé dans une alimentation générale au beau milieu d’une place de village très tranquille (en Corse dans la réalité), le père renouera avec ses solides attaches familiales pour suivre l’exemple de son grand-père déjà petit commerçant. Éric Guirado aura réalisé un court métrage précurseur sur une destiné choisie et assumée malgré les difficultés rencontrées : lorsqu’un métier repose sur le contact humain et créé un lien social irremplaçable, les finances ont du mal à suivre. Les mouvements vers le haut et le bas de la Bourse de Paris en sont la preuve chaque jour : les spéculateurs, les tradeurs et autres rapaces avides d’argent facile ne posséderont jamais une chose primordiale à savoir disposer des qualités nécessaires pour permettre à l’ensemble de la population de mieux vivre. Seul compte leur fric… Sympathique, bien joué, les personnages du film sont touchants et tout sonne juste dans une histoire à peine romancée. La musique, notamment, repose sur une orchestration simple : chant, mandoline, batterie, guitares… C’est sans prétention. Le village de Rossins est à l’honneur et le cinéma français d’auteur également. Ce film est une bonne action. Et que la montagne est belle ! Avis d’Alix : un Très bon film, une Bonne musique.

À noter la présence de Liliane Rovère (célèbre chanteuse de jazz) dans un rôle déjanté – ce qu’elle apprécie particulièrement, on l’a vue dans « J’invente rien » avec Kad Merad – et Paul Cauchet, incontournable, dans la peau d’un berger très fatigué…

Site d’un fan de Liliane Rovère (on le comprend aisément en fin connaisseur de la définition du mot talent), cliquez ici (info Le coin du cinéphage)

 

 

Psychologique

 

OBSESSED, un film de Steve Shill (2009) avec Beyoncé Knowles, Ali Larter, Idris Elba… Musique de James Dooley. Un dvd TF1 Vidéo.

« Obsessed », que nos cousins québécois appellent « Obsédée » et ils ont bien raison n’est pas un grand film incontournable ; il en possède pourtant tous les ingrédients. Sur une trame psychologique basée sur les relations humaines, l’action et les rebondissements ne manquent pas. Malgré cela le film n’atteindra pas les sommets d’« Obsédé » de William Willer en 1965 dans un scénario différent il est vrai. Bref, chaque acteur interprète ici un rôle difficile, d’ailleurs ils vous le diront tous, aucun rôle n’est jamais facile : le mari persuadé qu’il restera fidèle toute sa vie jusqu’au moment où la voie royale cède la place au cauchemar à cause d’une collègue de travail très entreprenante, une secrétaire intérimaire complètement obsédée et très dangereuse en présence d’une épouse qui ne verra rien venir… Comment va tourner cette histoire somme toute banale qui pourrait s’arrêter aussi vite qu’elle a commencé ? Va-t-elle déboucher sur un gigantesque combat de femmes ? Bien filmé, bien monté (sans jeu de mot scabreux), on ne s’ennuie pas de voir les efforts fournis par la jolie blonde écarlate de service pour s’attirer les bonnes grâces du beau mâle à peau noire pendant que sa charmante épouse doté d’un physique « plus enveloppé » l’attend sagement à la maison autour d’un bon petit plat chaud… Les clichés, les poncifs, les stéréotypes, on en rencontre pas mal dans ce film, même la scène finale rappelle celle de « La guerre des Rose ». On pardonnera donc aux bâtisseurs de cette première œuvre les quelques défauts de base, le réalisateur et les acteurs principaux étant sevrés depuis plusieurs années aux séries télé (Rome, Urgences, Les Soprano…) ; tous débutent sur le grand écran avec « Obsessed » sans manquer de talent ni de réussite. À noter que le film a été distribué en France sur dvd seulement mais pas dans les salles de cinéma (bravo l’esprit artistique) et le doublage en français reste néanmoins excellent. La musique est constituée de reprise des tubes de variété et malgré quelques notes qui se font entendre par-ci par-là sans passion, la contribution de James Dooley pour « Obsessed » reste minimaliste, dommage. Alix trouve ce film Bon et regrette l’absence d’un véritable travail de création autour de la musique du film.

 

 

À couteaux tirés

 

GRAINE DE VIOLENCE/Blackboard jungle, un film en noir et blanc de Richard Brooks (1955) avec Glenn Ford, Anne Francis, Louis Calhern, Sidney Poitier, Margaret Hayes. Musique Rock around the clock de Bill Haley. Un film produit par Pandro S. Berman. Un DVD MGM.

Les problèmes rencontrés dans l’enseignement ne sont pas nouveaux, ils sont liés à une vie en vase clos d’un monde parallèle, celui de l’éducation. Les enfants et les jeunes passent la moitié de leur temps à l’école ou dans une ambiance directement ou indirectement rattachée au système éducatif (sports, activités artistiques etc.), un état de fait que l’on refuse de considérer comme étant primordial dans le parcours formateur d’un individu. Mais le temps passé à étudier est-il efficace et proportionnellement « payant » ? Autrefois les bancs de l’école étaient fréquentés parce qu’il fallait s’instruire, c’est-à-dire acquérir une base de connaissances indispensable à l’épanouissement personnel et à son intégration dans une société moderne ; l’école apportait aussi une ouverture sur le monde et sur les autres. Aujourd’hui l’école est devenue « un service à la carte » ; chacun va et vient dans les établissements scolaires et universitaires pour y trouver ce qui l’intéresse, la motivation essentielle des élèves et des étudiants demeurant l’espoir de trouver un débouché sur un futur et souvent hypothétique emploi intéressant (sous entendu bien rémunéré et le moins contraignant possible). Sur ce point personne ne peut trouver à y redire mais quand on veut bosser pour se stabiliser, entrer dans la vie active parce que les études « c’est pas son truc », il est préférable de quitter assez tôt le milieu estudiantin et apprendre un métier plutôt que de végéter en restant très éloigné des considérations du monde du travail. La bataille des chiffres fait rage sur le nombre d’emplois non pourvus en France ; cent mille, cinq cent mille, un million ? Les problèmes qui se posent sont énormes dans une époque trouble de licenciements massifs, de stagnation puis de récession économique en pleine crise boursière. Ne faudrait-il pas utiliser cette situation sombre pour changer enfin de système, enfin, enfin ? L’apprentissage à 16 ans a déjà fait ses preuves alors qu’attend t-on pour valoriser les métiers artisanaux au lieu de les laisser lâchement disparaître ? De très nombreux films relatent le passage obligé par l’école « pour s’en sortir » et le comportement des élèves comme celui des enseignants a souvent été disséqué, mis en avant et critiqué, certaines œuvres montrant sans concessions les difficultés quasi insurmontables des professeurs à assumer un métier de plus en plus risqué. Des « 400 coups » de Truffaut à la série « L’instit » en passant par « Le plus beau métier du monde », « Class ’84 », « Professeur Holland » ou le récent « Entre les murs », rien n’échappe à l’œil de la caméra. « Graine de violence » était le premier film du genre. Face à des élèves issus d’un environnement pauvre (le quartier de Harlem à New-York), le naïf professeur Dadier nouvellement nommé dans un lycée professionnel devra affronter une classe horrible : provocations verbales et physiques, coups de poing et de couteau, racisme, oisiveté et volonté d’en découdre quelque en soit le prix à payer, voilà ce qui faisait son lot quotidien. Sur la musique mythique de Rock around the clock reprise ensuite comme générique de la gentille série « Les jours heureux », les acteurs jouent tous parfaitement. À noter la présence d’un acteur qui commençait à émerger dans ce milieu, Sidney Poitier qui reprendra le rôle tenu ici par Glenn Ford en 1996 dans « Un prof en enfer ». Pour conclure simplement ce propos voici la question qui tue : la situation décrite dans le film est-elle devenue réalité en France 55 ans plus tard ? Oui ! Alix trouve ce film précurseur Excellent et la musique rajoutée Excellente dans le genre.

Être ado dans les années 50 : visitez le site Mémoire 60-70

 

 

Bien. Pas bien.

 

LA CAGE AUX ROSSIGNOLS, un film de Jean Dreville (1945) avec Noël-Noël, René Genin, Micheline Francey, René Blancard… et la manécanterie des Petits chanteurs à la croix de bois. Scénario de Noël Noël et René Wheeler d’après le roman de Clément Matthieu. Musique de René Cloërec. Un film et un dvd Gaumont.          

LES CHORISTES, un film de Christophe Barratier (2004) avec Gérard Jugnot, François Berléand, Kad Merad, Jean-Baptiste Maunier… D’après le film « La cage aux rossignols » de Jean Dreville. Musique de Bruno Coulais. Un film Gaumont.

Bon, soyons honnête, en critiquant « à chaud » les films « Les choristes » et « La cage aux rossignols », c’est-à-dire juste après le visionnage des deux versions, l’un s’avère être la copie conforme de l’autre. « La cage aux rossignols » possède un charme certain, rare et désuet, de la spontanéité aussi et beaucoup de justesse surtout. « Les choristes » en devient son ersatz. Certains plans sont carrément calqués tout comme la mise en scène et le montage : reproduits au détail près, le procédé « copier-coller » de Christophe Barratier met très mal à l’aise. Cette manière peu élégante d’opérer a quelque chose de malhonnête sur le plan intellectuel : on aimerait bien savoir où se trouve la création artistique ! La reproduction de ce qui existe déjà devrait être une interprétation sublime mais surtout pas un plagiat honteux. Le réalisateur Christophe Barratier, parti pour devenir un expert des films ayant un arrière-goût de déjà vu (La guerre des boutons, voir ci-dessous), justifie sa démarche par l’hommage qu’il souhaitait rendre à Noël-Noël tout en y apportant son point de vue basés sur des souvenirs personnels, une bonne idée malheureusement mal exploitée. Son film est bien entendu doté de réelles qualités et il n’est pas sans intérêt, il n’a pas connu le succès populaire sans raisons. C’est le fruit du travail d’un bon professionnel, aucun doute n’est permis sur ce point. Avec l’excellent « Faubourg 36 », il va prouver ses grandes capacités. Mais la gêne persistante du cinéphile averti provient d’un malaise plus profond : Alix connaissait « La cage aux rossignols » et la découverte d’un acteur peu inspiré sur ce coup-là, le sympathique Gérard Jugnot gesticulant très maladroitement sur un chant d’une très grande platitude, fait vraiment pitié. On lui connaît tant de talent et on lui doit tant de réussites qu’il mérite beaucoup mieux que ce triste sort. Le jeune héros du film, Jean-Baptiste Maunier, crève l’écran avec son visage angélique mais après ? Lui aussi joue froidement et sans facilité ce rôle dévitalisé, . Sa voix est pourtant superbe, il possède déjà une très bonne technique musicale mais cela n’en fait pas un comédien, c’est une erreur de casting… Le petit Maxence Perrin semble plus précoce pour jouer la comédie quant à François Berléand et Kad Merad, ils sont super. Par chance, le jeune Maunier va se rattraper en grandissant et apprendre son métier, fort heureusement, l’espoir et les progrès seront bien réels. Le compositeur de la musique du film n’a pas été bon non plus. Avec les Petits chanteurs à la croix de bois dans leur propre rôle, en 1945, c’était vraiment autre chose dans tous les domaines ! « La cage aux rossignols » raconte une histoire dans l’histoire, sur le décor naturel des années de l’espérance et du renouveau de l’immédiat après-guerre même si le tournage a commencé un mois avant le débarquement des alliés en Normandie. Un parfum de bonheur et de liberté soufflent dans ce film et, rien, absolument rien ne justifiait le battage exercé autour des choristes modernes qui auraient du rester plus longtemps devant leurs pupitres à travailler leurs gammes, ceci dit sans aucune méchanceté : la difficulté de certaines compositions de Christophe Barratier, violoniste de formation, rend le résultat approximatif et inintéressant sur le plan musical. C’est juste une évidence. Alix trouve le premier film Très bon et l’autre Pas bon, idem pour la musique.

Christophe Barratier vient heureusement de se rattraper de manière époustouflante : son deuxième film « Faubourg 36 » est une pure merveille, un bijou de créativité, un succès à partager une nouvelle fois avec Gérard Jugnot, voir ici (page XIX des compositeurs, Reinhardt Wagner)

 

 

La passion, pas la raison

 

LES AMITIÉS PARTICULIÈRES, un film de Jean Delannoy (1964) avec Didier Haudepin et Francis Lacombrade (photo ci-contre), Louis Seigner, Michel Bouquet. D’après le roman de Roger Peyreffite (édition originale chez Flammarion). Adaptation de Jean Aurenche. Musique de Jean Prodomides. Un DVD distribué par René Chateau Video.

Ce film illustre avec délicatesse les différentes formes du mot courage. Courage, quel mot brillant qui devient magique lorsqu’il est associé aux sentiments : du courage et de l’amour, il en aura fallut à bien des personnes dans le cas présent. Pour commencer, le courage de l’écrivain amoureux des garçons qui le faisait savoir par l’écriture. Puis celui du réalisateur amoureux de la belle ouvrage qui se lança dans l’aventure et enfin le courage des distributeurs amoureux de leur métier. Tous auront vu leur bébé être interdit aux moins de 18 ans dès sa sortie ce qui vouait le film à un échec commercial certain, un acte qui restera une honte dans la gestion de la production cinématographique française. Le roman fut déjà enveloppé d’un parfum de scandale alors pensez donc, la Commission de censure du cinéma français ne voulait pas créer un autre scandale compte tenu du sujet censément scabreux et immoral du film : l’homosexualité n’était pas encore étalée au grand jour à l’époque, encore moins l’amour réciproque d’un adolescent pour un enfant, attitude que l’on appelle un peu trop facilement aujourd’hui à tort ou à raison selon le cas, la pédophilie, un thème moderne de société aussi difficile à aborder dans nos années 2000 que pouvait l’être celui de l’homosexualité dans les années 60. Paradoxalement, ce ne fut pas le clergé qui sonna le glas du long métrage : compréhensive et capable d’apprécier le traitement délicat et sensible du roman par un réalisateur fin et intelligent, la commission ecclésiastique contactée puis partie prenante dès le début compris que l’église ne serait ni critiquée ni à blâmer dans le déroulement tragique de l’histoire. En appréciant pleinement le film on comprend d’ailleurs très bien le comportement des responsables du pensionnat des Jésuites face à l’amitié amoureuse de deux collégiens, un milieu d’emblée rigide et intolérant mais qui saura faire preuve d’humanité en fonction de l’interlocuteur concerné : selon sa capacité d’écoute, de compréhension et son niveau hiérarchique, chacun assumera avec courage ses responsabilités. Du courage, le jeune acteur Didier Haudepin devra à son tour en témoigner longtemps dans la vraie vie : suite à sa remarquable prestation de comédien, son image publique restera symbolique de l’amour courageux d’un garçon pour une personne du même sexe et il ne le souhaitait pas. Il faut beaucoup de courage pour admettre et respecter le droit de chacun à vivre comme bon lui semble alors commenceront par exiger l’application des devoirs de tout citoyen : vivre selon ses envies, ses propres croyances et fortes convictions certes, mais sans nuire gravement aux intérêts d’autrui. Alors fondamentalement dans cette histoire, il faudrait retenir ceci : le long et douloureux combat pour faire admettre le droit à la différence, dans tous les domaines, n’est pas encore terminé ! Une chance cependant : la censure n’existe plus… Mais jusqu’à quand ? Pour Alix, ce film est Exceptionnel et la musique Très bonne.

« Au fil des décennies, la censure au cinéma aura autorisé bien des excès en condamnant des films qui ne le méritaient certainement pas. En préservant le public de certaines scènes très crues, trop violentes ou particulièrement choquantes, la censure continue de remplir sa mission coûte que coûte selon des critères fluctuants d’une époque à l’autre. Prisonnière entre le fait d’en faire trop ou trop peu, il lui faut continuellement trouver le juste milieu ». C’est ce que pense une nouvelle fois Alix, notre critique de film équilibrée qui n’a pas froid aux yeux…

 

 
 
 

Drame

 

L’ÉLÈVE, un film d’Olivier Schatzky (1996) Caspar Salmon, Vincent Cassel, Jean-Pierre Marielle, Caroline Cellier… D’après la nouvelle d’Henry James. Musique de Romano Musumarra. Un dvd One plus one vidéo.

Ce film traite lui aussi d’un sujet qui pourrait être scabreux mais qui est réalisé en demi-teinte ce que savait déjà faire Henry James dans ses romans. La relation de proximité entre le tuteur et son élève devient bouleversante à l’écran et reproduit fidèlement la trame de la courte nouvelle de l’écrivain homosexuel. Ce qui frappe le plus dans la réalisation exceptionnelle du film assez peu connu, c’est la parfaite maîtrise de l’art cinématographique. Décors, costumes, interprétation, cadrages, lumière, musique, rien n’est trop beau même si par-ci par-là, le manque de moyens se fait sentir, hélas. Du côté des acteurs, Vincent Cassel tient un rôle à la hauteur de sa rigidité et de sa froideur habituelles mais pas de souci le talent est bien présent. En la matière c’est tout de même le jeune Caspar Salmon qui dame le pion à tout le monde : son jeu est impressionnant de naturel. Sa diction et le timbre de sa voix sont très personnels et très agréables ; son attitude générale digne et fière tout comme son comportement « très classe » le rendent parfaitement crédible dans le rôle d’un enfant rêveur perdu au beau milieu d’une famille d’aristocrates (au fait, le sont-ils vraiment et vont-ils le rester ?). Son regard traduit une profonde intelligence qu’il ne met pas forcément au service de ses intérêts : il faut lui reconnaître des circonstances atténuantes à commencer par la maladie qui le ronge, pauvre diable. Dans le cheminement de la relation entre le Maître et l’enfant, le réalisateur développe les preuves mutuelles de méfiance, d’autorité puis de respect, d’admiration, d’amitié et enfin d’amour sans tomber dans le piège de scènes répugnantes et contestables donc pas de quoi en faire un drame ; les sentiments dominent et l’émotion circule bien. La critique d’Alix pourrait se faire à ce point plus cinglante : l’enchaînement des diverses scènes laisse à désirer ! Coupées à la tronçonneuse, sans logique ni finesse, le réalisateur a t-il oublié les techniques de transition si nombreuses au cinéma ? Elles ne sont pas exploitées d’où un manque de rigueur sensible au tournage comme au montage. Pas de problème en revanche pour la superbe musique de l’italien Romano Musumarra : ses compétences en matière de musique classique peuvent se décliner librement dans l’ambiance bourgeoise du film. D’une grande intensité psychologique, « L’élève » entre dans la catégorie des films rares aux moments inoubliables à (re)découvrir d’urgence. Pour Alix, voici un Très bon film et une Très bonne musique de film.

 

Guerre

 

L’ENFANCE D’IVAN/Иваново детство, un film d’Andreï Tarkovski (1962) avec Nikolaï Bourliaïev, Valentin Zoubkov… Musique  James Aubrey, Tom Chapin, Hugh Edwards, Roger Elwin… Un film en v.o. et sous-titré en français. D’après la nouvelle de Vladimir Bogomolov. Musique de Viatcheslav Ovtchinnikov. Un dvd distribué par Potemkine et Agnès B.

Jusqu’aux années 60, les films russes devront être accrédités par la censure du pays (il existe en effet à cette époque une multitude de freins à la création cinématographique y compris en France, dans une moindre mesure) ce qui posera parfois de gros soucis de création à Tarkovski. « L’enfance d’Ivan » restera pourtant comme l’œuvre-phare qui marque un tournant dans l’histoire du cinéma mondial : les réalisateurs poursuivront la modernisation du cinéma russe en laissant derrière eux les stéréotypes des différents régimes politiques, culturels et cultuels (l’orthodoxie) au profit de l’imaginaire et de la réalité délivrée sans concession. Le travail du réalisateur de « L’enfance d’Ivan » apportera sa pierre à l’édifice. Découverte à Venise lors de son fameux festival (la Mostra), cette première œuvre qui aurait pu être définitivement cataloguée comme « film de propagande » par la critique, deviendra un chef-d’œuvre du film contemporain ; le public et les « intellectuels » dont Jean-Paul Sartre défendront farouchement ses mérites. Basé sur des faits dramatiques décrits de manière crue en insérant quelques images d’archive terrifiantes au moment de l’épilogue (les malheurs de la guerre, les atrocités du nazisme, le traumatisme du peuple russe…), il faut replacer la sortie de l’ « Enfance d’Ivan » dans le contexte historique où les deux « super puissances » russes et américaines, plus largement encore l’est et l’ouest rivales, voulaient étendre leur influence par tous les moyens possibles et imaginables au-delà même les frontières planétaires (la tentative de faire marcher l’homme sur la Lune est issue de cette surenchère poussée dans l’absurde). En matière de cinéma, tout ce qui venait d’URSS était taxé de propagande mais sans entrer dans cette considération, le visionnage du film en noir-et-blanc avec ses cadrages soignés, avec ses portraits très expressifs, ses scènes impressionnantes où se mêlent l’émotion, le rêve et l’action font de l’« Enfance d’Yvan » un film apprécié de tous et unanimement reconnu. Mais pourquoi ne l’a t-on pas doublé en français ? Ses qualités artistiques sont le fruit des multiples talents d’Andréï Tarkovski, d’abord formé à l’art en général (la musique et la peinture) avant ses études à l’Institut national de la cinématographie de Moscou. Ce temple du cinéma créé en 1919 verra défiler les futurs grands réalisateurs russes, qu’ils soient conformistes ou novateurs comme Tarkovskï. Alix souhaiterait vous parler plus longuement de ce sujet passionnant mais un film, c’est comme une musique, une danse ou un tableau, il faut le voir avant d’en parler alors à vous de jouer maintenant ! À noter que la partition du film, très classique dans la forme et dans le style, est enregistrée par un orchestre symphonique dont le chef s’appelle Katchaturian, un nom qui rappelle un autre Katchaturian, Aram de prénom cette fois-là, compositeur de la célèbre « Danse du sabre ». Pour Alix, « L’enfance d’Ivan » demeure un film Exceptionnel mais sa musique est trop conventionnelle, c’est le lieu et l’époque qui l’impose…

 

 

Tranche de vie

 

L’ORANGE DE NOËL, un film de Jean-Louis Lorenzi avec Sophie Aubry, Jean-Yves Berteloot et Lys Caro (1996). Adaptation du roman de Michel Peyramaure par Béatrice Rubinstein et Jean-Louis Lorenzi. Musique de Bruno Coulais. Un dvd France 2 télévision.

Les instituteurs et les professeurs sont actuellement sur la sellette dans le cadre des nouvelles dispositions du gouvernement français sur les suppressions d’emplois et le non renouvellement des départs en retraite. C’est le moment de se rappeler que cette profession n’a pas été épargnée par le passé. Instruire la jeunesse coûte que coûte dans les villages isolés ne s’est pas fait sans combat. Les enfants représentaient encore au début du XXe siècle une main d’œuvre appréciable pour les travaux des champs et « perdre son temps » en usant son fond de culotte sur les bancs de l’école improvisée dans un bâtisse délabrée était mal très mal considéré. Ce sont les efforts des instituteurs solidement ancrés dans leur mission de formation qui ont apporté la connaissance et l’instruction dans les pays où l’on ne savait peut-être pas encore écrire. Ce téléfilm de Jean-Louis Lorenzi avec Sophie Aubry et Jean-Yves Berteloot relate la difficile acceptation d’une institutrice dans la Corrèze à une époque troublée par le déclenchement de la première guerre mondiale. Fils du réalisateur Stellio Lorenzi à qui l’on doit « La colline aux mille enfants » (1992), Jean-Louis traite avec justesse le parcours exemplaire de l’institutrice fraîchement débarquée de l’École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres qui entame sa première expérience professionnelle avec foi et conviction. Ce qui n’est pas incompatible avec la laïcité bien évidemment… Il faudra pourtant en convaincre les religieuses de « l’école du diable » comme les enfants se permettaient parfois d’appeler l’école privée catholique ! Alix pense qu’il s’agit d’un Très bon film avec une musique Discrète.

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Drame historique

 

JACQUOU LE CROQUANT, un film de Laurent Boutonnat (2007) avec Léo Legrand, Gaspard Ulliel, Judith Davis, Clamence Gautier, Albert Dupontel, Marie-Josée Croze… D’après le roman d’Eugène Le Roy. Musique de Laurent Boutonnat. Un film Pathé !

Ce film est très bon : histoire, action, sentiments, rebondissements, rien n’est épargné au spectateur. L’ouvrage original publié à la fin du XIXe siècle est retranscrit à l’écran de manière très satisfaisante. Les décors superbes et les images particulièrement artistiques – d’où l’importance de la photographie de plateau qui reste un métier primordial au cinéma – soutiennent l’intérêt d’un scénario poignant et terriblement humain. Pour véhiculer les émotions fortes, le réalisateur utilise le gros plan et même l’insert (un cadrage sur les yeux) pour nous révéler les sentiments des protagonistes, un choix évident dans la première partie du film avec les portraits rapprochés de Jacquou Le Croquant à neuf ans (Léo Legrand, voir montage ci-contre) ; le jeune garçon très photogénique avec son visage angélique saura nous décrocher à chaque instant une larme ou un sourire mais il aurait été préférable à ce stade de ne pas trop en abuser pour éviter une certaine forme de répétition et peut-être même de facilité. En écoutant attentivement la musique du film, Aanor ose la même réflexion : le thème joué plus de six fois de suite sans modification notable de l’arrangement est une procédure trop facile et répétitive : il ne faut jamais abuser des bonnes choses, M. Boutonnat, à la fois réalisateur talentueux et compositeur inspiré des compositions et vidéo-clips de Mylène Farmer, vous qui n’avez pas de cesse depuis trente ans de créer et de recréer les événements artistiques. Chapeau l’artiste ! Avec sa version réussie de « Jacquou le Croquant », il connaît au moins la chanson ! Alix trouve ce film Super malgré une musique un peu trop… Pas assez… Comment dire… Bonne mais

 

 

Chronique

 

PAULINE À LA PLAGE, un film d’Éric Romer (1983) avec Amanda Langlet, Arielle Dombasle, Pascal Gregorry, Féodor Atkine, Simon de La Brosse, Rosette… Musique de Jean-Louis Valéro. Les films du losange/Les films Ariane.

Une jeune femme et Pauline sa cousine vont à la plage. Pierre, un ex de la jeune femme vient à passer par là avec sa planche à voile. Henri, lui, s’intéresse aussi à la jeune femme mais Pauline jette son dévolu sur Sylvain, un ado de son âge. Pourtant Pierre reluque Pauline et la jeune femme n’arrive pas à faire son choix entre Henri et Pierre. Avec lequel la jeune femme va-t-elle se retrouver sous la couette ? Et Pauline, va-t-elle se laisser tripoter par Sylvain au grand dam de Pierre ? Puis c’est la fin des vacances, la jeune femme et Pauline repartent à Paris en laissant derrière elles des mâles dépités. Quelle histoire passionnante et extraordinaire ! Lorsque Alix a vu pour la première fois ce film Insatisfaisant à la musique absente, elle fut stupéfaite : la lenteur et la platitude qui s’en dégage semblent surréalistes. Arielle Dombasle débutait dans – on l’a compris – le rôle de la jeune femme, la jeune Amanda Langlet quant à elle confirmait un talent naissant mais que dire de plus ? Alix pense à un autre chef d’œuvre du cinéma d’auteur « à la française », un film d’un ennui plus que profond, « Le rayon vert » toujours d’Éric Romer, un rayon qu’Alix attend toujours de voir à la tombée de la nuit… Les films d’Éric Romer sont très spéciaux. Enfant de « La nouvelle vague » du cinéma de la fin des années 50 début 60, il apportera sa contribution à « dépoussiérer » le cinéma de papa. Alix n’adhère pas à ce cinéma indépendant et progressif des nouveaux réalisateurs des sixties avec une caméra subjective (un acteur s’adresse directement au spectateur face à la caméra – ce qu’Alix déteste-) ou posée sur l’épaule comme le créatif Claude Lelouch qui n’est pas du même courant de pensée que ses collègues de « La nouvelle vague », avec d’interminables plans fixes sur des comédiens figés contrairement au cinéma américain avec ses fameux travellings sur des comédiens de métier, avec des histoires de la vie quotidienne improvisées par des personnages ordinaires… Ces années-là, le ministre de la culture André Malraux aura favorisé l’éclosion des réalisateurs, acteurs et producteurs de « La nouvelle vague » avec bonheur et malheur (tout comme son instauration du système d’enseignement musical français devenu une catastrophe nationale, voir ici). Seberg, Lafont, Bardot, Léaud, Karina, Belmondo….Tous profiteront du second souffle du septième art français. Alix reste néanmoins très attachée au cinéma de Louis Malle, aux comédiens des théâtres hexagonaux, aux acteurs qui avaient un professionnalisme et des capacités extraordinaires et surtout à l’usage inévitable de la musique de film originale plus qu’à l’impression de futilité et d’improvisation forcée caractéristiques des films d’Éric Romer –c’est l’avis d’Alix notre critique- qui soit dit en passant, en connaît, un rayon…

 

 

La loi du Talion

 

À VIF/The brave one, un film de Neil Jordan (2007) avec Jodie Foster, Terrence Howard, Naveen Andrews, Nicky Katt, Mary Steenburgen… Musique de Dario Marinelli. Un film Warner Bros. Interdit aux moins de 12 ans. Bonus du dvd : Walk the city réalisé par Neil Jordan en hommage aux films de justiciers. À noter : cette collection WB est environnementale (réduction de CO2 en packaging recyclé, encre 100% végétable, dvd plus fin et de meilleure qualité).

Erica Bain va se venger. Rouée de coups par une bande de sauvages dans Central park à New-York, blessée, choquée, son ami va y laissé la vie. La perte de son chien enlevé par les agresseurs fini d’achever son calvaire. Bien malgré elle, son combat exceptionnel sent pourtant le vécu : Glenn Ford dans les années 50 (voir ci-dessus), Charles Bronson dans son rôle de justicier féroce ou Abel Ferrara avec son célèbre « Ange de la vengeance » trente ans plus tôt ont déjà donné le ton. Exit le Bronx devenu trop fréquentable à l’écran, exit le vengeur sans états d’âmes, il était quand même temps de nous proposer une version réactualisée d’un sujet vieux comme le monde. Hélas, la brillante Jodie Foster – que les Mélodies Modernes adorent – n’est pas totalement crédible dans son personnage masculinisé, un comble pour la femme moderne qu’elle représente auprès la gente féminine du monde entier ! Prise « À vif » dans un rôle d’Amazone, très convaincante dans l’excellent « Flight plan » (voir ici) ou plus déroutante dans le mitigé « Panic room », la géniale actrice intellectualise souvent à l’excès les personnages qu’elle incarne ce qui éloigne présentement le spectateur d’un mélodrame intelligemment dosé pour le rapprocher du simple cinéma d’action à la psychologie tordue : les nombreuses situations invraisemblables contribuent à accentuer ce sentiment désagréable. Le film reste néanmoins Très plaisant (et très violent) sans qu’il devienne un chef-d’œuvre : la musique ne contribue pas à son succès car elle demeure très Moyenne, sans grande originalité. Sarah McLahan, vedette canadienne de la chanson, étudiante en musique classique dans son jeune âge puis rockeuse convertie à l’adolescence, interprète une mélodie additionnelle qui passe inaperçue pour les Mélodies Modernes mais que ne pourrait renier Jodie Foster dans son combat personnel contre les violences faites aux femmes. L’impression d’ensemble reste donc plutôt mitigée mais tout de même positive. Était-ce le but recherché ?

Jodie Foster ne ferait plus recette : son nom à l’affiche des films n’attirerait censément plus la foule et c’est bien regrettable. Les critiques de cinéma (toujours les mêmes c…) retranchés dans leurs bunkers journalistiques sont à l’affût pour descendre celles et ceux que le public a délibérément monté sur un piédestal et ruinent ainsi en toute impunité la future carrière d’un film par des propos outranciers et totalement contestables. D’autres emmerdeurs patentés lorsqu’ils s’y mettent, les producteurs, peuvent eux aussi ruiner les espoirs des créateurs car ils n’aiment pas beaucoup les rôles principaux lorsqu’ils sont dévolus aux femmes prenant de l’âge, la « prise de risque financière » étant jugée trop importante. Voici bien un signe tangible de la maladie galopante de nos sociétés occidentales modernes uniquement orientées vers la mise en valeur d’un jeunisme profondément débile et superficiel… Jodie Foster est une actrice exceptionnelle qui n’a fini de nous surprendre par son talent et son professionnalisme tout « à l’américaine » avec sa recherche constante de la perfection artistique. Un beau programme de vie dans l’exemplarité. Maître de cérémonie aux César 2011, les très nombreux fans du public français attendent avec impatience ses prochaines prestations cinématographiques qui seront de toute façon d’un très haut niveau, espérons-le, pour le moins.

 

 

 

Tranche de vie

 

IL A SUFFIT QUE MAMAN S’EN AILLE, un film de René Féret (2007) avec Jean-François Stévenin, Marie Féret, Charlotte Duval, Salomé Stévenin, Vannessa Danne, Sonja Saurin, Elina Preveraud, Lisa Féret, Julien Féret… Un film JML distribution.

René Féret n’est pas un débutant ; l’homme pas si tranquille a réalisé de nombreux films sur une base commune, les états d’âme de personnages ignorés du grand public mais qui ont néanmoins quelque chose à raconter. René Féret aime parler de son propre parcours atypique, un acteur/producteur/réalisateur qui reste tourmenté par sa destinée, une introspection psychologique qu’il mène jusqu’au ressentiment, celui d’être un « remplaçant » de son frère décédé avant sa naissance, un trouble obsessionnel grave, visiblement, mais qui n’en possède pas ?! La source du problème existentiel de René Féret et ses préoccupations quotidiennes jalonnent un cursus professionnel remarquable : les films de René Féret ne sont pas comme les autres et de ce point de vue-là, c’est une chance pour le cinéphile. En utilisant dès que possible sa progéniture dans les films, la petite Marie Féret interprète le rôle d’une gamine s’éloignant de sa mère divorcée pour se rapprocher de son père, un homme « brut de pomme » mais qui va l’aimer à sa manière. Il finira par obtenir la garde de l’enfant malgré une difficulté supplémentaire imprévue… Par la description de journées ordinaires de français ordinaires aux problèmes parfois extraordinaires, « Il a suffit que maman s’en aille » tient toutes ses promesses. Hélas, Alix s’ennuie parfois ! Les scènes lentes et stéréotypées alternent avec des moments plus intéressants voire même passionnants car les personnages sont toujours attachants mais l’œuvre, d’un point de vue général, voit s’enchaîner le meilleur du cinéma français au moins bon du cinéma amateur de type super 8 et inversement proportionnel. Ce manque de constance dans la production provient peut-être des acteurs eux-mêmes : la jeune Marie ne semble pas particulièrement à l’aise (mais le métier va rentrer) et la direction d’acteur laisse parfois à désirer malgré la présence impressionnante de Jean-François Stévenin dont le talent n’est plus à démontrer. Alors est-ce un manque de rigueur dans un scénario trop orienté perso ? Une volonté d’émouvoir à tout prix sans y parvenir par excès d’arguments psychologiques redondants ? Est-ce la faute à une trop grande retenue des sentiments ou à l’absence d’une musique de film adaptée ? En utilisant des compositions de musique classique parfois archi rabâchée, le réalisateur méprise l’élément bâtisseur qui fait un grand film : sa musique originale. C’est donc tout un ensemble artistique qui demanderait une analyse approfondie pour révéler les absences d’un film Insatisfaisant et Alix n’en a pas le temps ni les moyens. Notre critique préfère orienter son analyse vers le visionnage de l’intégrale des films de René Féret ce qui lui permettra de vous en reparler, notamment le récent « La sœur de Mozart » sur un sujet très prometteur avec… Marie Féret. Il ne faudrait tout de même pas qu’un Féret s’en aille !

 

Tranches de vie

 

STAND BY, un film de Rock Stephanik (2000) avec Dominique Blanc, Roschdy Zem, Patrick Catalifo, Jean-Luc Bideau, Cécile Brume… Sans musique. Un film T.F.1. Video/CTV/CNC. César 2001 de la « Meilleure actrice » remis à Dominique Blanc. Film récompensé à Buenos Aires, Le Caire, Kiev, Avignon… Prix Cyril Collard. / LE TERMINAL, un film de Steven Spielberg (2004) avec Tom Hanks, Catherine Zeta-Jones, Stanley Tucci, Chi Mac Bride, Dego Luna. Musique de John Williams. Un film DreamWorks home entertainment.

D’un côté, une superproduction : Tom Hanks dans le rôle d’un touriste pas comme les autres, Catherine Zeta- Jones en hôtesse de l’air et Steven Spielberg aux commandes du film avec un compositeur inspiré aux claviers. Hélas, le scénario est d’une banalité affligeante même si l’histoire engendre des situations cocasses. Tout démarre bien avec un passager bloqué dans la zone franchisée d’un aéroport. Un parcours intéressant et original qui nous permet de découvrir l’environnement hostile du béton et de ses voyageurs stressés. Face à l’incompréhension des autorités américaines et d’un fonctionnaire zélé prompt à appliquer le règlement et rien que le règlement, Viktor Navorski l’étranger de passage va devoir s’installer et faire des rencontres étonnantes. Commence alors un étonnant travail d’intégration. Jusqu’à nous ennuyer profondément. On s’intéresse au film pendant une heure de temps et puis après on s’endort. Par contre du côté de l’aéroport d’Orly il se passe des choses bien plus pimentées : plantée au beau milieu de l’aérogare, Hélène, timide et naïve, va se retrouver « plantée là » par son mec ; la femme éconduite va sombrer dans une déprime profonde. Quels chemins va-t-elle devoir emprunter pour remonter la pente et obtenir sa revanche sur un destin tragique ? Un film brillant et interprété avec excellence par deux valeurs sûres du cinéma français, Dominique Blanc et Roschdy Zem. À noter l’absence de musiques remplacées par des sons et des bruitages créés par le réalisateur et Valérie Deloof. C’est bien pensé. La chanson du générique « Marisfnaash » est interprétée par Natacha Atlas. Alix a beaucoup aimé ce film qu’elle trouve Très bon avec son ambiance sonore Bien adaptée.

 

 

 

Aventures

 

LA MORSURE DU LÉZARD/Le passage/Holes, un film d’ Andrew Davis (2004) avec Khleo Thomas, Shia LaBeouf, Sigourney Weather, John Voight, Patricia Arquette, Tim Blake Nelson, Byron Cotton, Brenden Jefferson… D’après le roman de Louis Sachar. Musique de Joël McNeely. Un dvd Walt Disney video.

J’fais des trous, des p’tits trous, rien que des p’tits trous… La chanson magique de Serge Gainsbourg qui l’aura fait connaître pourrait parfaitement servir de générique à ce film pas comme les autres. Le désert, des prisonniers, la chaleur, des bestioles peu ragoûtantes, un maton dur et débile, une tenancière bizarre, si bizarre… Cette maison de correction, mieux valait ne jamais la fréquenter. Pourtant le destin y réunira plusieurs délinquants qui n’en sont pas vraiment. Jusque là rien d’extraordinaire alors où réside l’intérêt du film ? Dans son scénario aux multiples rebondissements qui nous font remonter le temps avec un doublage français toujours aussi formidable dans une ambiance de folie qui règne en maître… Une histoire rocambolesque, une femme-bandit, un trésor, des évadés que le hasard n’a pas fait se rencontrer et qui ne favorisera pas leur séparation… Ce film doit être vu en famille pour ne pas s’y ennuyer car il s’agit d’une production Disney par définition lisse et peu violente. Mais quand c’est bien filmé, bien réalisé, bien joué et bien doublé avec une musique correcte (assez quelconque toutefois), il serait inutile de détourner la tête. Un trou dans vos connaissances cinématographiques pourrait se faire jour alors creusez-vous un peu la cervelle pour savoir où acheter le dvd et partez à l’assaut du désert, tête de pioche que vous êtes ! Pour Alix, voici un Bon film avec sa musique Adaptée.

Comédies

 

LA GUERRE DES BOUTONS, un film d’Yves Robert (1961) avec Martin Lartigue, François Lartigue, Pierre Trabaud, Jean Richard, Jacques Dufilho, André Treton, Michel Isella, François Boyer (co-scénariste du film)… D’après le roman de Louis Pergaud. Musique de José Berghmans. Un film distribué par Warner Bros

Yves Robert adorait la campagne ; il y vivait avec son épouse la comédienne Danièle Delorme. La vie en plein air aura stimulé à l’évidence leur imagination pour concevoir une nouvelle version du romain de Louis Pergaud déjà porté à l’écran en 1936 « La guerre des boutons ». La chance aidera à trouver les bons apprentis comédiens parmi plusieurs centaines d’enfants auditionnés : Martin Lartigue, fils du photographe Jacques-Henri Lartigue se retrouvera sélectionné ce qui comblera de bonheur Yves Robert : avec sa célèbre phrase « Oh ben mon vieux, si j’aurais su j’aurais pas venu » Petit Gibus aura prononcé cette réplique devenue culte pour toute une génération d’enfants à l’esprit rebelle et d’adultes attendris ; moment fort du film, les distributeurs n’y avaient pas vu un succès annoncé. Alors ce sont les américains qui financeront la distribution mondiale de « La guerre des boutons », des distributeurs hexagonaux pris en flagrant délit de « manque de nez creux ». Petit Gibus avec sa bouille de titi parisien, sa gouaille et sa spontanéité deviendra Bébert deux ans plus tard dans « Bébert et l’omnibus » avant un parcours personnel qu’il orientera vers la peinture. En ayant abandonné adulte le milieu du cinéma qu’il trouvera bien trop ingrat à son goût, Martin Lartigue expose dorénavant en France et à l’étranger. Un artiste né ne se refait pas ! À noter dans « La guerre des boutons » la présence de son frère François dans le rôle de Grand Gibus : il est devenu pour sa part comédien professionnel.

Pour en savoir + sur Martin Lartigue, cliquez ici (infos Cinemotions)

Les deux nouvelles versions de « La guerre des boutons », celles de Yann Samuell et Christophe Barratier, sorties simultanément en 2011 – bravo la concurrence ! -, ne sont pas dignes d’intérêt en comparaison du film d’Yves Robert, toujours inimitable. Avec de beaux paysages et de belles scènes d’action pour Samuell (la course des enfants dans le champ de blé c’est bien filmé) ou une fin attendue et bien banale pour Barratier, la version de John Roberts en 1994 souffre également d’un manque de fraîcheur et de spontanéité. Si j’aurais su j’aurais pas vu…

 

BÉBERT ET L’OMNIBUS, un film d’Yves Robert (1963) avec Martin Lartigue, Blanchette Brundy, Pierre Mondy, Jean Richard, Michel Serrault, Jacques Higelin, Raymond Lefebre, Pierre Tornade… D’après le roman de François Boyer. Musique de Philippe Gérard. « La guerre des boutons » et « Bébert et l’omnibus » plus un bonus de quatre heures sur Yves Robert sont réunis dans le coffret dvd La Guéville Vidéo / Studio Canal.

La la la le voici le voilà qui revient le Petit Gibus sur une musique du compositeur Philippe Gérard. Contrairement au thème de « La guerre des boutons » avec ses trois notes de l’accord parfait Majeur, la musique de « Bébert et l’omnibus » est liée à l’époque du tournage du film ce qui permettrait presque de réentendre quelques succès de Piaf ou d’Yves Montand pour lequel il écrira la fameuse « Chansonnette ». Sifflés ou joués à l’accordéon, les thèmes discrets nous plongent dans l’atmosphère des années 60. Nostalgiques s’abstenir… Yves Robert aimait les gens et la vie, nul doute qu’il relèverait aujourd’hui plus que jamais tous les travers de notre société complètement déjantée. Là-haut avec ses potes ils doivent bien se marrer et trinquer à notre santé : imaginez Philippe Noiret dans son lit à ficelles (voir ici Alexandre le bienheureux qui a révélé le talent de compositeur de musiques de films Vladimir Cosma) faisant son cirque mieux que ne le ferait Jean Richard sur le quai…. Enterré à Paris au cimetière Montparnasse, les fans du grand Yves déposent régulièrement sur le perron de son pavillon parisien (c’est une boutade) des boutons multicolores en mémoire de « La guerre des boutons ». Comment douter après cela de l’impact philosophique des films du grand Robert sur toute une génération ?

 

 

Tagada tagada tsoin tsoin

 

APALOOSA, un film de Ed Harris (2008) avec Ed Harris, Viggo Mortensen, Renée Zellweger, Jeremy Irons, Bruce Hericksen… D’après le roman de Robert B. Parker. Musique de Jeff Beal. Un film distribué par New Line cinema.

Le western : on en a vu tellement d’excellents qu’il devient impossible d’apprécier celui-ci. Sans fond, sans âme, sans style et sans vitalité, « Appaloosa » ne parvient pas à retenir l’intérêt d’Alix. Par moments, on pense même assister à la projection d’un film amateur, sympathique bien entendu avec des acteurs qui se sont payés un long métrage histoire de se faire plaisir mais le ridicule n’est jamais très loin. De nombreuses scènes sont involontairement amusantes tant on frôle le manque de maîtrise, tout sonne faux, comme un morceau de musique mal arrangé et mal interprété du style « Pierre et le loup » de Prokofiev joué par un quatuor flûte à bec, violon, clarinette et contrebasse version pouët pouët (cul cul la praline ou bling bling selon vos préférences). Il vaut donc mieux passer son chemin et ne pas s’arrêter dans cette ville maudite du grand ouest sauvage, Ed Harris (photo ci-contre), inoubliable dans « Abyss » devra revoir entièrement sa copie s’il souhaite continuer en tant que réalisateur. Tout le monde ne s’appelle pas Eastwood ni Morricone, d’ailleurs à ce sujet, la musique est d’une telle nullité qu’elle en rajoute une couche vers le bas et il ne s’agit pas de peinture à l’eau. Le compositeur s’appelle Jeff Beal et Alix n’a pas envie de savoir qui il est, du moins pour l’instant. Bref, il reste les chevaux et les paysages. Avec plusieurs beaux paquets de millions de dollars de budget, ça fait quand même cher le galop… Alix trouve ce film Insatisfaisant et sa musique Nulle. Mais ce n’est qu’un avis, à chacun de se faire le sien… À noter la réapparition de la voix française du comédien qui a doublé Paul Newman tout au long de sa carrière (le juge dans le tribunal au milieu du film). Sachez également qu’il existe une première version de « Appaloosa » avec Marlon Brando et John Saxon sortie en 1966 : ça, c’est davantage une bonne affaire dont Alix vous reparlera !

 

 

 

Un réalisateur qui nous veut du bien

 

HARRY, UN AMI QUI VOUS VEUT DU BIEN, un film de Dominik Moll (2000) avec Laurent Lucas, Sergi Lopez, Mathulde Seigner, Sophie Guillemin, Liliane Rovere, Dominique Rozan, Michel Fau, Victoire de Koste, Laurie et Lorena Caminita. Musique de David Sinclair Whitaker. Un film distribué par Paramount Home Entertainment (France).

Autant vous le dire de suite, Alix a vu cet excellent film trois fois : lors de sa sortie en salles parce que « le bouche à oreille » laissait entendre qu’il était excellent puis deux nouvelles soirées se sont imposées avec « Harry, un ami qui vous veut du bien ». Une critique trop acidulée et mal embouchée pourrait reprocher au réalisateur Dominik Moll un scénario un peu tordu, des personnages mous au jeu trop plein de retenue, un manque d’énergie général, des situations finalement invraisemblables (les parents de Michel sont trop absents), un scénario mal maîtrisé. Oui, l’évolution du film aurait pu être différente et plus logique. Mathilde Seigner elle-même doutait de la crédibilité du scénario avant de s’engager finalement et sans regrets à embrasser le rôle de claire, l’épouse du pauvre Michel, un père de famille qui ne verra pas très clair aux sombres desseins de son ami car dépassé par les évènements… Sauf qu’à la fin du film dans la fameuse scène du couteau (un grand poignard en peau de nuit ?) il saura trancher dans le vif du sujet : quand on doit faire un choix pour sauver une situation catastrophique, un grand mou peut sortir de sa torpeur dérangeante et devenir excessif ; entretenue tout au long du film, l’économie de jeu de l’acteur suivait bien entendu les indications de son réalisateur. Certains plans (les vues aériennes) et une multitude de scènes sont étonnantes : bravo pour la mise en scène, les cadrages et mouvements subtils de la caméra ! La musique du début et de fin, une sonatine pour piano composée par David Whitaker provoque un décalage certain avec les images : perçue ici et là elle ne fait pas pas très musique de film et ressemble plutôt au parti pris de Kubrik dans « The Shinig » très porté lui aussi sur la musique classique (une symphonique de Bartok), un choix discutable mais qui renforça à l’époque le succès du film. Le réalisateur Dominik Moll ne se cache pas de cette référence célèbre ni des « Docteur Jekyll et Mister Hyde » et « Les oiseaux ». N’oubliez pas, Messieurs les réalisateurs, qu’une bonne musique de film doit rester une oeuvre originale spécialement conçue pour votre film : évitez les emprunts dans la forme ou dans le style ! Le compositeur britannique David Whitaker restera donc plus connu pour son gros travail fourni depuis les années 50 dans les compositions classiques ou dans les arrangements de chansons et autres tubes de variété tout en composant très justement pour quelques films (notamment de vampires anglais) au hasard de ses rencontres professionnelles histoire de démontrer que le talent musical n’a pas de retenue, lui. Alix note ce film Très bon et sa musique Bien adaptée au contexte. À revoir et à réentendre sans réserve !

 

Aventures/Drame

 

SA MAJESTÉ DES MOUCHES/Lord of the files, un film de Peter Brook (1963) avec James Aubrey, Tom Chapin, Hugh Edwards, Roger Elwin… D’après le roman de William Golding. Musique de Raymond Leppard. Un film en v.o. sous-titré en français. Distribution Carlotta films.

Alix a vu ce film ancien par curiosité : s’agit-il d’une nouvelle « Guerre des boutons » ou d’un ancien « Les survivants » ? Filmé en noir-et-blanc dans les années 60 sans grands moyens par le britannique Peter Brook, davantage metteur en scène de théâtre que réalisateur de films, l’histoire repose sur les aventures des survivants d’un crash d’avion survenu à proximité d’une île déserte. Ses occupants, essentiellement des enfants, vont devoir survivre en abandonnant l’éducation stricte qu’ils ont reçu et qui ne les a sûrement pas préparé à affronter un tel  drame : comment vont-ils faire ? Naturellement, un chef de groupe va émerger et tâcher de garder le contrôle de la situation en étant suivi, dans un premier temps, par l’ensemble des membres du groupe fasciné par le cadre exotique extraordinaire du lieu perdu en plein océan (la grande plage de sable fin et lagon pour se baigner tout nu, la vie sans surveillance des parents, le sentiment croissant de liberté totale, ce sont de sacrés vacances !). Le meneur aidé par son bon sens et son intelligence (les lunettes du myope de service vont permettre d’allumer le feu) va pourtant être chahuté, un garçon plus grand et plus âgé refusant le marché : il veut prendre les rênes du pouvoir. Les conditions se dégradant vite (pas de toit, pas de  confort, plus de nourriture ni de vêtements), un cochon aura le malheur de passer par là ; il fera les frais de la violence montante des enfants. Devenu symbole du clan dominant, la tête de la pauvre bête trône sur un pieu et attire les mouches. Fétichisme, endoctrinement, cruauté, châtiments corporels, cohabitation forcée, la barbarie va s’instaurer petit à petit. Le film prévu pour un public enfantin s’adresse en fait aux ados et aux adultes compte tenu de sa forte emprunte psychologique. Malheureusement à ce stade il est regrettable de ne pas disposer d’une traduction française, les sous-titres ne laissant pas la place aux subtilités du langage. Autre regret, les aspects relationnels trop épurés car seul compte la dérive sectaire des enfants : il s’agit bien en ce sens d’une nouvelle « Guerre des boutons » avec un enjeu dramatique, la survie du groupe. Le livre très poignant de William Golding bourré de symboles psychologiques (l’opposition intelligence/bêtise, gentillesse/méchanceté, égocentrisme/altruisme etc.) est de loin préférable au film de Peter Brook malgré ses qualités artistiques indéniables (l’apport du noir-et-blanc est évident tout comme le naturel des jeunes acteurs amateurs). Qu’en a donc bien pensé Harry Hook, le réalisateur de « L’île oubliée », la version américaine en couleur de 1990 qui s’est engagé dans une version encore plus édulcorée et visible par le public enfantin cette fois-ci ; son film demeure correct mais il lui manque bien quelque chose. Sa Seigneurie Alix trouve donc « Sa majesté des mouches » de 1963 Très Bon et la musique royale Très bien adaptée au contexte tribal (flûte traversière ou en bois, petites percussions, atonalité…, des idées reprises et améliorées par Philippe Sarde pour « L’île oubliée », voir ici).

L’écrivain Wiliam Golding appréciera à s a juste valeur le roman de Richard Hugues « Cyclone à la Jamaïque ».

 

 

Fantastique

 

L’EXPÉRIENCE INTERDITE/La brèche/The lifeforce experiment, un film de Piers Haggard (1994) avec Donald Sutherland, Mimi Cuzik, Vlasta Vrana, Miguel Fernadez, Corin Nemec… D’après une histoire de Daphne du Maurier. Musique d’Osvaldo Walvia. Un film Edito distribué par Fravidis.

Le grand Alfred Hitchcock aura porté trois nouvelles de la célèbre romancière anglaise Daphne du Maurier à l’écran : « L’auberge de la Jamaïque » publié en 1936, « Rebecca » en 1938 et « Les oiseaux » en 1952. Cette nouvelle histoire d’une expérience interdite directement sortie de l’imagination fertile de l’écrivaine mérite de s’y intéresser un moment tout comme l’a fait Piers Haggard pourtant spécialisé dans la réalisation d’épisodes de séries très diverses pour la télévision britannique ; ce travail pour le grand écran donnera un résultat assez satisfaisant du point de vue artistique (images et musique). Basée sur des synthétiseurs aux sons aujourd’hui désuets, la bande sonore imaginée par un compositeur resté inconnu s’intègre bien au suspense : verra t-on ce que peut vivre un mort après son décès ? Qu’y a t-il après le dernier souffle du mourant ? Donald Sutherland va t-il le découvrir et qu’en pense la CIA ? D’un abord difficile, le sujet traité demeure recommandé aux aventuriers du sourire perdu car bonjour la déprime ! Sans dévoiler l’intrigue jusqu’au bout, l’histoire triste d’emblée ne s’oriente pas vers le mélodrame, heureusement. Le milieu scientifique n’a jamais donné crédit aux croyances populaires ou religieuses. Les uns pensent que le corps est un tout et qu’il est impossible de dissocier une quelconque forme de vie sans le moteur qui le fait vivre au quotidien : quand le cœur s’arrête de battre, tout s’arrête. Pour les scientifiques, l’homme n’aurait donc pas d’âme. Les croyants, évidemment, pensent le contraire dans toutes les religions : si nous vivons en faisant le mal autour de nous alors le Paradis ou toute autre endroit béni nous serait définitivement fermé. Les expériences post-mortem vécues par quelques rares personnes revenues à la vie alors que les médecins les voyaient perdues décrivent toutes un tunnel où une lumière blanche très apaisante les attend…Il est pour le moins curieux que les mondes médicaux et scientifiques ne soient pas penchés sérieusement sur la question de la vie après la mort. Mais peut-être appartenez-vous à cette autre catégorie de personnes qui considèrent que la vie mériterait que l’on fasse plus et mieux pour en profiter pleinement et durablement plutôt que de délirer sur une suite qui ne connaît pas de fin ? Allez, assez raconté d’histoires maintenant et jugez par vous-mêmes le bien-fondé de « L’expérience interdite » à travers ce film qui fait vivre un cinéma pas encore crépusculaire. Alix trouve ce téléfilm Intéressant et sa musique tout autant.

LA VIE APRÈS LA MORT, le point de vue de 1000 questions.net, cliquez ici (en français)

 

Vous vous trouvez dans une situation fâcheuse ? Faites comme Alix qui adore le cinéma, la musique de film et les Mélodies Modernes : sachez garder votre calme et votre raison en toute occasion. Restez zen !

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