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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

La critique de films d’Alix (VII)

 

Le cinéma d’Alix

 

 

Le cinéma critiqué positivement, c’est le pari que nous propose Alix. Et si les critiques sont négatives, elle s’en expliquera. Le sérieux et la justesse de ses commentaires n’engagent pourtant qu’elle-même : voici quelqu’un qui assume enfin ses responsabilités ! Rappel des critères d’Alix : 

 

Pour le film :

- Exceptionnel (un film de référence, sans contestation possible)

- Parfait ou Excellent (à voir et à revoir sans modération)

- Très bon (les films dont on se souviendra toujours)

- Bon (le cinéma existe grâce à eux)

- Moyen (on n’a pas perdu son temps pour autant)

- Insatisfaisant (aïe, de grosses faiblesses mettent Alix mal à l’aise) / Raté (il faudra revoir sa copie, toujours selon les critères subjectifs d’Alix) / Nul (aucun espoir car un film nul le restera. Mais s’il n’y en avait pas de temps en temps, on ne pourrait plus désigner les meilleurs…).

 

Pour la musique du film :

- Parfaite ou Excellente (on achètera le C.D.)

- Bonne (on en fera de même)

- Discrète (difficile de juger…)

- Mauvaise (aucun scrupule à le dire, quand c’est mauvais, cela s’entend).

 

Les photos d’Alix sont de @ Serguei Kovalev – Fotolia.com

 
 
 

 

Tranches de vie

CRIN BLANC, un film d’Albert Lamorisse (1953) avec Alain Emery, Laurent Roche, Clan-Clan, Pascal Lamorisse, Jean-Pierre Grenier (voix off)… Musique de Maurice Le Roux. Une production Les films Montsouris/Films production/Malavida/Actes sud.

Ce film est un bijou, une perle rare du cinéma français, à (re)voir absolument. En noir-et-blanc ce qui renforce la démarche artistique, le cadre de l’histoire ne peut pas laisser indifférent(e) : La Camargue, les cavalcades, le cheval blanc qui n’aimait pas les hommes jusqu’à ce que… Folco a 11 ans et une profonde amitié va se nouer entre l’enfant et l’animal rebelle. Sous la forme d’un conte, le film s’adresse en fait aux adultes : écologiste, il revendique la liberté, le droit à la différence, il valorise l’esprit d’indépendance, glorifie l’amour… Albert Lamorisse marque de toute son empreinte humaine une fable issue d’un autre monde, celui d’un cinéma parlant très proche du cinéma muet, descriptif et explicite (donc parlant) avec un côté certes désuet mais idéalement véridique. Artisanal, comme ce caméraman allongé dans une barque tirée par des chevaux pour un long et brillant travelling, terriblement beau par sa photographie, habile dans la mise en scène, le film est rendu très crédible par le jeu triste et prenant – tout à fait de circonstance – du jeune héros, acteur débutant qui n’oubliera jamais cette expérience (voir ici). Seule la musique de Maurice Le Roux a prit un sacré coup de vieux. Ringarde dans sa conception (un oiseau = des trilles à la flûte traversière), comme si les images ne parlaient pas déjà suffisamment d’elles-mêmes (les cors de chasse au moment de la poursuite, quelle horreur de style), la guitare classique, les tambourins et le fifre évoquent la Camargue. C’est un peu trop facile. Mais il apprendra le métier et apportera sa contribution à l’évolution de la discipline musicale. Maurice Le Roux n’était pas fondamentalement un compositeur pour l’image malgré plusieurs réalisations remarquables pour « Le ballon rouge » par exemple (délicieusement mélodique et finement orchestrale), voir ci-dessous. La qualité de son travail ne doit donc pas être mise en doute un seul instant. Disons que son cheval de bataille, son dada à lui, c’était la musique électronique. Formé à l’école d’Olivier Messiaen à l’instar de Pierre Boulez, ardant défenseur d’un mode musical unidirectionnel imposé avec snobisme dans les années 50-60 ce que n’aime pas du tout Alix… Inutile de se focaliser sur la question. (Re)découvrez d’urgence « Crin blanc », voici un Excellent conseil d’Alix. Vous n’en reviendrez pas. 

 

LE BALLON ROUGE, un film d’Albert Lamorisse (1956) avec Pascal et Sabine Lamorisse, Georges Sellier, Wladimir Popof, Paul Perey, Renée Marion, Michel Pezin, les enfants de Ménilmontant et les ballons de la région parisienne… Musique de Maurice Le Roux. Une production Les films Montsouris/Films production/Malavida/Actes sud.

Sur une idée extraordinaire, Albert Lamorisse va échafauder une nouvelle fable bercée de nostalgie dans un Paris de la Butte qui n’existe plus. Celles et ceux qui ont connu l’ambiance, le climat, l’environnement unique de Montmartre des années 30 à 50 comprendront le propos. Tout les éléments qui ont contribué à la réussite de « Crin blanc » se retrouvent amplifiés et sublimés dans « Le ballon rouge ». La musique de Maurice Le Roux, légère, aérienne et très joliment mélodique (on entre d’emblée le domaine de la musique de film version Alix), apporte un + important en soutenant des images qui n’en avaient pas vraiment besoin (Charlot et Jacques Tati ne sont pas loin) mais cette aide musicale renforce le climat poétique de l’histoire. Tout de même, un enfant jeune = un arrangement de boite à musique, une montée vers l’église = un orgue, c’est trop simpliste… Alix Adore ce film et sa musique très réussie. Il faut admettre que le compositeur n’en était plus à son ballon d’essai… 

 

02_BALLON_120X160.inddLE VOYAGE DU BALLON ROUGE, un film de Hou Hsiao-Hsien (1993) avec Wladimir Yordanoff, Anne Jacquemin, Françoise Seigner, Briac Barthélémy, Renan Mazéas… Simon Iteanu, Juliette Binoche, Hippolyte Girardot… Pas de compositeur attitré. Distribution Bac films.

L’affiche du film est à l’image du film : flou, sans talent, parfaitement inutile. On se demande bien ce que Binoche et Girardot font dans une galère pareille, une production censément inspirée du film « Le ballon rouge ». Une démarche poussée à son paroxysme puisque les personnes concernées par l’œuvre d’Albert Lamorisse n’ont même pas été invitées à la projection du « Voyage, voyage… ». Pa sympa, la production.  

À noter : dans le bonus du dvd « Le ballon rouge/Crin blanc », une rencontre décevante : celle de Pascal Lamorisse (le petit garçon du « Ballon rouge ») accompagné de sa fille qui se rendent tous deux à la première du film de Hsiao-Hsien, une initiative fortement amicale placée sous le signe de la curiosité et de l’émotion. Malheureusement, l’échange avec le jeune acteur du film du « Voyage… » tourne court puisque ce dernier se contrefiche totalement de savoir que « Le ballon rouge » existe depuis 1956 et qu’il est à l’origine de la pseudo inspiration du réalisateur asiatique. Mais difficile d’en vouloir au gamin compte tenu de son âge. En revanche, l’attitude dédaigneuse du réalisateur chinois et le snobisme de Juliette Binoche envers le fils d’Albert Lamorisse est inexcusable, un dédain de mise chez le couple professionnel ce soir-là. Preuve que ce sont bien les hommes (et les femmes, évidemment) qui ont la faculté de rendre intemporel un film poétique mais qui peuvent également transformer un navet vidéo en désastre cinématographique. C’est l’avis des Mélodies Modernes et c’est leur dernier mot.

 

 Drame 

Drame

INTOUCHABLES, un film d’Olivier Nakache et d’Éric Toledano (2011) avec François Cluzet, Omar Sy, Anne Le Ny, Audrey Fleurot, Clothilde Mollet, Alba Gaïa Kraghede Bellugi… D’après l’ouvrage de Philippe Pozzo di Borgo “Le second souffle”. Musique de Ludovico Einaudi. Un film Gaumont.

Plus de vingt millions de français se sont rendus dans les salles obscures pour apprécier ce film courageux mettant en scène un homme à la peau de couleur noire et un homme se déplaçant en fauteuil roulant, chose extrêmement rare pour le cinéma hexagonal. Pour dire les choses simplement, les noirs, les handicapés, les nains, les femmes âgées, bref, tous celles et ceux qui ont un aspect physique sortant des critères subjectifs déterminés on ne sait trop par qui ni pourquoi pour apparaître dans un film, ont peu de chances de faire entendre leur voix et surtout de mettre en avant leurs qualités artistiques. Il n’est un secret pour personne qu’un acteur à la peau noire a intérêt, dans un premier temps, à « faire le con » pour se faire connaître dans le milieu très fermé du spectacle avant que l’adhésion du public ne lui permette de s’affirmer tel qu’il est – et non tel qu’il se présente -, sa notoriété lui permettant d’ouvrir le champ de ses investigations dans l’interprétation. Ce sera le cas d’Eddy Murphy et de bien d’autres acteurs noirs contraints de passer par la case « amuseur public » avant de démontrer l’étendue de leur talent surtout dans le registre dramatique. Coluche, Louis de Funès et Muriel Robin eux aussi suivront un parcours de moins en moins atypique, celui des passerelles dressées entre la scène des théâtres et le cinéma « tout public ». Aujourd’hui l’évidence s’impose à tous : Omar Sy est un excellent comédien, c’est la grande surprise de « Intouchables ». Totalement crédible dans un jeu utilisant toutes les palettes du meilleur des mailleurs artistes de la Comédie française par exemple, Omar Sy permet d’adhérer à une histoire humaine formidable et passionnante. Sans être pour autant doté de qualités cinématographiques nouvelles ou exceptionnelles, « Intouchables » touche à cœur les français généreux en témoigne leur participation hebdomadaire aux associations de type Loi 1901 et les dons versés chaque année à une multitude d’organismes à but caritatif. Le français est ouvert à la diversité et accepterait bien plus volontiers des situations humaines anachroniques si le thème du film ne servait de prétexte unique : quand va-t-on revoir une personne clouée dans son fauteuil ou visiblement handicapée dans un rôle de premier plan et quand va-t-on revoir Omar Sy à l’écran ? Alix trouve l’histoire vraie d’« Intouchables » Excellente et la musique spécialement composée pour le film malheureusement trop Absente (le style du compositeur italien est taxé de « minimaliste » par les spécialistes ce qui n’explique certainement pas tout). L’opposition entre musique classique, jazz et de variété comme le tube du groupe « Earth, wind and fire » au demeurant excellent, est très habilement dénoncée par les réalisateurs du film qui ne sont plus à une démarche heureuse et inhabituelle près. Qu’ils en soient chaleureusement remerciés. C’est du grand art !

 

Dans les trois histoires suivantes toutes bien différentes les unes des autres, ce sont des gamins qui jouent les vedettes (désolé les filles, ce sera pour une autre fois !). Alix vous livre ses impressions : les chutes en « queue de poisson » ne doivent pas vous faire oublier à quel point le cinéma sait rester accessible à tous en nous informant des us et coutumes de nos compatriotes par le divertissement, un peu moins par l’information mais quelle chance nous avons de pouvoir bénéficier du cinéma, nous, les êtres humains, pauvres bêtes que nous sommes… Et comme Brendan, en toute situation, sachons rester zen !

 

 

LES AVENTURES DE TSATSIKI, un film d’Ella Lemhagen (1999) avec Samuel Haus, Alexandra Rapaport, Jacob Ericksson, Joans Karlsson, Sam Kessel, George Nakas, Minken Fosheim, Maria Bonnevie et Helge Jordal. Élu meilleur film européen pour enfants / Prix Eurokids. Un film Ivâst / Nosk Films sa. Distribué par la CIC / Aventi Best play.

Le petit garçon suédois n’a pas connu son père qui vit à l’étranger, un pêcheur de poulpes qui plonge en apnée quelque part dans le Paradis grec (du moins vu des glaces de Suède). En clair, le film n’est pas fait pour aider à la protection animale. Mais il met en avant des qualités humaines (affectives et liées à l’environnement) qui le rendent attachant. En l’absence de message écologique fort, le thème du film s’articule autour des relations parents-enfants grâce à la bonne bouille expressive de Tsatsiki (pas facile à prononcer, à ne pas confondre avec le tsatziki, un yaourt grec comme par hasard), un gamin bien déterminé à retrouver son père à partir d’une photo qui trône comme une icône dans sa chambre. Va-t-il y parvenir grâce à son entraînement régulier à la piscine municipale ou n’est-ce qu’un fantasme de plus d’un gosse à l’esprit trop imaginatif ? Le père de substitution, un policier gentil et attentionné contrairement à l’image des motards que l’on véhicule trop facilement (sans jeu de mot) pourrait-il l’en dissuader ? On ne s’ennuie pas beaucoup dans cette gentille production parfois un peu longuette aux trucages parfois ratés et aux accompagnements de musique rock amateur ; la production intéressera les adultes à l’âme d’enfant tout comme les enfants eux-mêmes à condition qu’ils ne soient pas déjà accrocs aux jeux vidéos violents et débiles : le charme qui se dégage du jeu de Tsatsiki (décidemment c’est imprononçable) et les situations volontairement contrastées du film rendent ses aventures bien éloignées d’un contexte plus guerrier. Les larmes et les situations dramatiques ne manquent pas pour autant, les rires et sourires non plus. Tant mieux car « Les aventures de Tsatsiki » est une Bonne pêche.

 

L’ENFANCE NUE, un film de Maurice Pialat (1969) avec Michel Terrazon, Raoul Billerey, Maurice Coussoneau, Pierrette Deplanque, Linda Gutemberg, René Thierry… Musique de  . Un dvd Eureka ! Collection « Masters of cinema ».

Premier long-métrage de Maurice Pialat sur un sujet délicat, celui du placement d’enfants abandonnés (ou plutôt « recueillis temporairement » comme le souligne le réalisateur) dans une région naturellement hospitalière et sympathique, le nord-est de la France avec ses mines de fer et ses bassins houillers. Le jeune François est caractériel et très instable mais rien d’étonnant à cela puisqu’il est balloté d’une famille à l’autre : la maison de pépère et mémère va lui apporter de la sécurité, du réconfort et de la tendresse… Pour un moment seulement ; le film se termine néanmoins sur une note d’espoir. Fréquemment analysé dans les collèges et lycées français, le film de Pialat se rapproche du documentaire, conséquence de sa manière de diriger les acteurs amateurs tout en cherchant à tirer le maximum des professionnels  « au feeling », sans plans longtemps étudiés et répétés à l’avance. Dans une ambiance nostalgique, ce Bon film n’est peut-être pas un chef-d’œuvre mais on ne peut pas s’en passer pour autant. On se dit juste que l’on a beaucoup de chance de connaître le petit François et de posséder ce dvd précieusement rangé auprès de ses illustres compagnons, « Les 400 coups », « L’enfant sauvage » ou « L’argent de poche » d’un autre François, Truffaut, celui-ci.

 

LE LIVRE DE JÉRÉMIE/The hear is deceitful above all things, un film d’Asia Argento (2005) avec Asia Argento, Jimmy Bennett, Peter Fonda, Ben Foster, Marylin Manson, Ornella Muti, Kip Pardue, Michael Pitt, Jeremy Renner, John Robinson, Dylan et Cole Sprouse, Wynona Ryder… D’après le roman de J.T. LeRoy. Musique de Marco « Morgan » Castoldi / Sonic Youth. Un film Palm pictures.

Réussi et dérangeant, voici ce qui pourrait résumer le film. L’actrice principale (qui se trouve être également la réalisatrice, une performance !) dirait plus exactement que son film est « bon et dur » tant elle aime le sexe : la mère de Jérémy, Sarah, une prostituée complètement déjantée, traîne sur les parkings des autoroutes américaines et dans les hôtels miteux pour assouvir son addiction au sexe offert sans retenue ni tabou ; son lot quotidien sont l’alcool, la drogue, le vagabondage et la violence, mais quel programme ! Le parcours de l’auteure du roman ayant servi de base au scénario d’Asia Argento connaît visiblement bien la chanson. Son livre plus ou moins autobiographique décrit des situations souvent impossibles à admettre tant le jeu des personnages est stéréotypé ; pourtant, ce Bon film est une sorte de témoignage sur l’errance d’une frange abandonnée de la population, livrée à son propre sort dans une société de surconsommation déshumanisée et complètement invivable. Le problème de fond qui se pose c’est l’enfant : le petit Jérémy va être directement impliqué dans la vie de sa mère et subir de plein fouet ses relations perverses ; les amants mal intentionnés vont s’en prendre au gamin, une horreur. Certaines scènes relatent des faits atroces de manière peu accessible au plus grand nombre d’où l’interdiction du film au moins de seize ans, les scènes les plus dures étant heureusement suggérées. La lumière du film est Exceptionnelle, certains portraits relevant du grand art, idem pour les cadrages très imaginatifs qui surprennent par leur beauté. Un contraste voulu et assumé par la réalisatrice. Ce qui accroche le plus l’attention du spectateur et provoque une angoisse lancinante du début à la fin de l’histoire reste le devenir du gosse : comment Jérémy va-t-il survivre à son cauchemar tout en gardant sa part d’innocence et de naïveté ? 

 

 

 

L’ENFANCE D’IVAN/Иваново детство, un film d’Andreï Tarkovski (1962) avec Nikolaï Bourliaïev, Valentin Zoubkov… Musique  James Aubrey, Tom Chapin, Hugh Edwards, Roger Elwin… Un film en v.o. et sous-titré en français. D’après la nouvelle de Vladimir Bogomolov. Musique de Viatcheslav Ovtchinnikov. Un dvd distribué par Potemkine et Agnès B.

Jusqu’aux années 60, les films russes devront être accrédités par la censure du pays (il existe en effet à cette époque une multitude de freins à la création cinématographique y compris en France, dans une moindre mesure) ce qui posera parfois de gros soucis de création à Tarkovski. « L’enfance d’Ivan » restera pourtant comme l’œuvre-phare qui marque un tournant dans l’histoire du cinéma mondial : les réalisateurs poursuivront la modernisation du cinéma russe en laissant derrière eux les stéréotypes des différents régimes politiques, culturels et cultuels (l’orthodoxie) au profit de l’imaginaire et de la réalité délivrée sans concession. Le travail du réalisateur de « L’enfance d’Ivan » apportera sa pierre à l’édifice. Découverte à Venise lors de son fameux festival (la Mostra), cette première œuvre qui aurait pu être définitivement cataloguée comme « film de propagande » par la critique, deviendra un chef-d’œuvre du film contemporain ; le public et les « intellectuels » dont Jean-Paul Sartre défendront farouchement ses mérites. Basé sur des faits dramatiques décrits de manière crue en insérant quelques images d’archive terrifiantes au moment de l’épilogue (les malheurs de la guerre, les atrocités du nazisme, le traumatisme du peuple russe…), il faut replacer la sortie de l’ « Enfance d’Ivan » dans le contexte historique où les deux « super puissances » russes et américaines, plus largement encore l’est et l’ouest rivales, voulaient étendre leur influence par tous les moyens possibles et imaginables au-delà même les frontières planétaires (la tentative de faire marcher l’homme sur la Lune est issue de cette surenchère poussée dans l’absurde). En matière de cinéma, tout ce qui venait d’URSS était taxé de propagande mais sans entrer dans cette considération, le visionnage du film en noir-et-blanc avec ses cadrages soignés, avec ses portraits très expressifs, ses scènes impressionnantes où se mêlent l’émotion, le rêve et l’action font de l’« Enfance d’Yvan » un film apprécié de tous et unanimement reconnu. Mais pourquoi ne l’a t-on pas doublé en français ? Ses qualités artistiques sont le fruit des multiples talents d’Andréï Tarkovski, d’abord formé à l’art en général (la musique et la peinture) avant ses études à l’Institut national de la cinématographie de Moscou. Ce temple du cinéma créé en 1919 verra défiler les futurs grands réalisateurs russes, qu’ils soient conformistes ou novateurs comme Tarkovskï. Alix souhaiterait vous parler plus longuement de ce sujet passionnant mais un film, c’est comme une musique, une danse ou un tableau, il faut le voir avant d’en parler alors à vous de jouer maintenant ! À noter que la partition du film, très classique dans la forme et dans le style, est enregistrée par un orchestre symphonique dont le chef s’appelle Katchaturian, un nom qui rappelle un autre Katchaturian, Aram de prénom cette fois-là, compositeur de la célèbre « Danse du sabre ». Pour Alix, « L’enfance d’Ivan » demeure un film Exceptionnel mais sa musique est trop conventionnelle, c’est le lieu et l’époque qui l’impose…

   

THE ARTIST/L’artiste, un film de Michel Hazanavicius (2011) avec Jean Dujardin, Bérénice Bejo, John Goodman, Penelope Ann Miller et le chien Uggy… Musique de Ludovic Bource. Un film distribué par The Weinstein company et Warner Bros.

Que dire de ce film sinon qu’Alix l’a vu sans grand enthousiasme : on s’y ennuie assez vite car il est trop long, les scènes sont répétitives. Il est étonnant que cette œuvre à la fois originale et tellement conventionnelle soit reçue avec les honneurs à tous les festivals du monde entier, à croire que l’on ne produit plus rien de bon… Les principaux intéressés sont d’ailleurs les premiers à s’étonner d’un tel succès, leur Oscar à la main, que ce soit Dujardin le cabotineur ou Bource le compositeur. La musique, justement, n’a pas beaucoup d’intérêt : elle ressemble à tant de musiques exemplaires qu’il est difficile, à chaque morceau différent, de ne pas tomber dans la comparaison, toutes sont clonées sur les grandes musiques de films du cinéma hollywoodien. Même la musique de Bernard Herrmann composée pour le film d’Hitchcock « Sueurs froides/Vertigo » et parfaitement adaptée à cette œuvre inoubliable est reprise quasiment telle quelle par Ludovic Bource dans « The artist » avec une légèreté dérangeante : où se trouve la création dans cette démarche si facile ? Assisté de sept arrangeurs car il y avait du boulot à fournir, c’est à Bruxelles que le chef d’orchestre débutant a enregistré proprement mais froidement ses compositions avec un certain Lei Wang comme Premier violon solo. Le choix de délaisser les orchestres français ne fait pas très plaisir à Alix, du moins, elle se rassure en pensant que l’entreprise artistique ne s’est pas déplacée trop loin… Quant au film en lui-même, globalement, on peut s’amuser un moment du jeu décontracté et expansif de Jean Dujardin mais il devient un peu lourd et grassouillet dans un rôle qui rappelle Gene Kelly, une belle référence tout de même pour l’amuseur public français number one (pour Alix qui n’oubliera jamais l’excellence de la série « Un gars, une fille »). Le petit chien est dans sa fonction, impeccable. Finalement, la vraie surprise du film, c’est Bérénice Bejo : délaissée en Amérique mais césarisée en France (ouf, justice est faite !), la belle actrice très photogénique au visage expressif crève l’écran par un jeu tout en finesse et en subtilité. Difficile de ne pas en tomber amoureux : son mari de réalisateur a fait un travail remarquable, certains plans sont inoubliables (clin d’œil, sourire, la scène du porte-manteau est formidable). Alors pour résumer la pensée d’Alix, Jean Dujardin est bon mais il lui manque quelque chose, Bérénice Bejo est extraordinaire, le compositeur n’est pas convaincant malgré ses efforts mélodiques et le film demeure Pas trop mal, il dure simplement une demi-heure de trop (il aurait fallu raccourcir certaines scènes ici et là). Le pari du film muet en noir-et-blanc est en tout cas gagné. De là à avoir envie de le revoir sans tarder…

 

MontageJevoustrouvetrèsbeauJE VOUS TROUVE TRÈS BEAU, un film d’Isabelle Mergault (2005) avec Michel Blanc, Medeea Marinescu, Wladimir Yordanoff, Eva Darlan… Musique de Bob Lenox et Alain Wisniak. Un film Gaumont.

La première très bonne surprise de cette comédie, c’est la grâce de l’actrice roumaine Medeea Marinescu : cette jolie femme populaire en Roumanie et jusque là inconnue en France illumine le film, elle rayonne, elle est resplendissante, je vous trouve très belle, Madame ! Son jeu très expressif mais jamais caricatural donne le change à un vieux routier du cinéma hexagonal rompu à toutes les situations : Michel Blanc en agriculteur replié sur lui-même et plutôt inculte rend son personnage à la fois insupportable et touchant ; l’acteur réalise lui aussi une excellente performance. En rajoutant les autres rôles tous à la hauteur des situations extravagantes rencontrées, le bilan s’impose : Isabelle Mergault a réalisé un très bon premier film drôle, tout en finesse. La qualité des images (cadrages, couleur, costumes, décors, lumière…) comme celle des dialogues passionnants, des bruitages, de la prise de son et de la musique du film très bien adaptée avec le cymbalum cher à Vladimir Cosma dans sa musique du Grand blond (ils sont fous ces roumains) forcent l’admiration, le spectacle demeure entier jusqu’au bout. Certaines mauvaises langues vous diront peut-être que la réalisatrice s’est laissée emporter par ses bons sentiments avec une fin bien gentillette. Et bin c’est bin vrai et c’est tant mieux, merci les vedettes ! Comment ne pas espérer un épilogue heureux dans la logique du film rythmé par des scènes d’un grand professionnalisme ?! Quel dommage de ne pas retrouver cette équipe dans une autre œuvre originale, amusante et pleine de tendresse ! Merci Isabelle and Co pour ce Très Bon moment de cinéma dans les paysages magnifiques de la Drôme provençale. Alix en redemande, nous aussi !  

 

 La musique de film, la photographie… Alix l’artiste vous remercie pour votre soutien et vous souhaite une très bonne balade sur les Mélodies Modernes !  

 

À SUIVRE…

 

Aanor, la collègue d’Alix, vous attend page suivante pour la suite de la critique de films, cliquez ici !

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