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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

Pour en savoir plus sur les compositeurs de musiques de films et leurs créations, parcourez les pages suivantes !

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

La critique de films d’Auregane

 Le cinéma d’Auregane, de ses amies et des amies de ses amies…

 

Les critères de film d’Auregane (et de ses nombreuses amies) sont les mêmes que ceux d’Alix et d’Aanor :

Très bon (les films dont on se souviendra toujours)
– Bon (le cinéma existe grâce à eux)
– Moyen (on n’a pas perdu son temps pour autant)
– Insatisfaisant ou Raté : non, non et non, il ne faudra plus financer un tel navet. À ce point de nullité, mieux vaut tout recommencer. Le réalisateur doit acheter une caméra pas chère, recruter des comédiens amateurs et reprendre son cycle d’apprentissage. Comme on le dit usuellement, c’est en forgeant que l’on devient forgeron !

Pour la musique du film :

– Parfaite ou Excellente (on achètera le C.D. les oreilles fermées)
– Bonne (on en fera de même)
– Discrète (difficile de juger…)
– Mauvaise (aucun scrupule à le dire, quand c’est mauvais, cela s’entend. Le compositeur devrait peut-être envisager une reconversion professionnelle…)

Les photos d’Auregane sont de @ Vasiliy Koval – Fotolia.com

 

De l’horreur et des espoirs

 

Horreur

Nightmare 1 & 2 - Mélodies ModernesAmerican nightmare/La purge, un film de James DeMonaco (2013) avec Lena Headey, Ethan Hawke, Maw Burckholder, Edwin Hodge, Rhys Wakefield… Musique de Nathan Whitehead. Un film distribué par Universal.

L’idée était excellente, la réalisation l’est franchement moins. Des films d’horreur, Alix en a vu « à la pelle » et à la tronçonneuse aussi ; celui-ci ne lui déclenche pas une terreur inoubliable. Pourtant les scènes font peur mais elles sont trop liées à la violence des comportements, une habitude dans nos sociétés dites « modernes » et « civilisées ». Résultat, on tire à vue, on trucide et on massacre gratuitement juste pour le plaisir, une activité essentiellement humaine. C’est tout le thème du film : pendant une nuit, chaque citoyen peut se permettre ce qu’il veut sans crainte de sanction de la part de la police et de la justice. La caméra qui bouge parfois un peu trop et les astuces souvent faciles engendrent l’angoisse du spectateur et font de « American nightmare » un Bon petit film « de série B », sans plus. Il était pourtant possible de mieux faire en délivrant une explication rationnelle pour justifier si possible la mise en place de cette purge insensée et le scénariste pouvait aisément creuser la personnalité des personnages. On savait faire cela, avant, dans les « anciens » films… Côté psychologie, « American nightmare » aurait mérité un travail plus approfondi car les références d’Alix dans le genre sont terribles, pardon pour la comparaison : « Les chiens de paille » par exemple. Le travail de Sam Peckinpah, c’est tout de même autre chose !

Film à ne pas confondre avec celui de 2002 « American nightmare » de John Keeyes avec Debbie Rochon (l’histoire d’une femme serial killer). La suite, « American nightmare 2 / anarchy » est sortie en 2014 : que peut-on en dire sinon que le scénario repose sur une course-poursuite contre la mort en plein centre-ville avec des fous furieux en liberté, la violence est donc gratuite et navrante, l’horreur s’est amplifiée… Les Mélodies Modernes ne pensent pas vous en reparler.

 

Comédies

Camping 1 & 2 - Les Mélodies ModernesCamping 1 &t 2, deux films de Fabien Onteniente (2006 et 2010) avec Franck Dubosc, Fabien Gérard Lanvin, Richard Anconina, Mathilde Seigner, Claude Brasseur, Mylène Demongeot, Antoine Duléry, Christine Citti, Armonie Sanders, Benoît Simonpiétri, Alysson Paradis… Musique de Frédéric Botton et Jean-Yves d’Angelo. Films Pathé ! et TF1.

Que dire sinon « vive les vacances ! ». Pour avoir connu des moments exquis et des galères pas possibles dans les campings de France et de Navarre, Aurégane apprécie beaucoup ses moments de bonheur partagé et de convivialité transposés à l’écran. Franck Dubosc lui-même est resté très nostalgique du temps où il fréquentait les campings municipaux avec toute sa famille et les congés d’été restent un moment privilégié pour tous. Les blagues sont bonnes, l’ambiance excellente, les acteurs sont formidables. Pourtant l’ennui s’installe dans le deuxième film, moins surprenant : le scénario aurait dû être plus travaillé en permettant la rencontre de situations plus originales mais c’est toujours plus facile à dire qu’à faire, évidemment. Certains rôles sont délaissés, comme celui du jeune Benoît Simonpiétri, mieux « utilisé » car très convaincant dans plusieurs séries et téléfilms. C’est vrai que le petit ne s’appelle Nicolas… Franck Dubosc n’a pas démérité : ses deux films sont des Bijoux de détente et de dépaysement. À condition d’aimer le cinéma comique et de divertissement sinon faites le déplacement jusqu’aux « Flots bleus » pour une cure de jouvence ! Le compositeur Frédéric Botton, décédé entre les deux films à l’âge de 71 ans, aura composé de belles chansons pour de très nombreuses vedettes de la variété. Jean-Yves d’Angelo a repris le flambeau et nous reparlerons de ces deux compositeurs dans le site. Pour en savoir + : Frédéric Botton (infos Wikipedia).

 

Tranche de vie

Detstvo Tyomy - Les Mélodies ModernesDetstvo Tyomy/Детство Темы/L’enfance de Tyoma, un téléfilm de Yelena Strizhevskaya (1991) avec Sergei Golev, Anna Kamenkova, Leonid Kugalin, Armen Dzhigarkhanyan, Zinoviy Gerdt, Lyubov Omelchenko… D’après le roman de N.G. Garin-Mihajlovskij. Gorky film studios.

Encore une histoire de gamin mal aimé pourrait-on dire ; mais quand les films et téléfilms sont bons, autant en parler et « Detstvo Tyomy » mérite d’être connu, ne serait-ce que par la présence de l’actrice russe Anna Kamenkova très célèbre dans les pays de l’est. L’actrice a commencé tôt à apparaître sur les écrans, à l’âge de six ans, une carrière qui l’amènera à interpréter de très nombreux personnages dont celui, difficile, de la mère de Tyomy (Tyoma en français). À la fois aimante et protectrice, la femme ne peut se résoudre à quitter un mari officier militaire violent et alcoolique qui bat leur fils rebelle… Pauvre gosse ! Le contexte du scénario, bâti sur l’ouvrage autobiographique de Nicolay Garin-Mihajlovskij (ou Garin-Mikhaylovsky) paru sous la forme d’une trilogie entre 1892 et 1895, décrit la période des tsars et des empereurs du XIXème siècle, une époque qui engendrera Alexandre Ier, très populaire pour avoir bouter Napoléon hors des frontières du pays avant le contrôle de l’Europe exercé par son successeur Nicolas Ier dans un continent en proie à des guerres de pouvoir interminables. Alexandre II le réformateur clôtura un siècle jalonné de conflits dont le peuple russe, hormis la caste dirigeante et la noblesse on s’en doute, en fera les frais au quotidien : pauvreté des paysans asservis avant les réformes d’Alexandre II en 1861, désolation dans les familles qui auront perdu leurs maris et leurs enfants dans les guerres coloniales et d’extension de l’empire, analphabétisme etc. Décédé en 1906, l’auteur connaîtra les débuts de la Révolution russe qui explosera un an plus tôt et pour cause. Dans l’Excellent « Detstvo Tyomy », l’esprit russe est clairement exprimé : il faut savoir affronter l’adversité, refuser la fatalité, puiser dans ses ressources personnelles, obtenir l’adhésion du plus grand nombre à sa cause et réunir autour de soi les patriotes qui vous aiment dans une grande nation fédérée (un rêve toujours présent chez les russes qui ne supportent pas tous l’indépendance de l’Ukraine). Malheureusement, le dvd n’existe qu’en édition russe sans version française. La Russie est pourtant l’une des grandes nations du cinéma ! Auregane commence croire que les années 90 datent de la préhistoire…

 

Comédie

Les femmes du 6e étage - Les Mélodies ModernesLes femmes du 6e étage, un film de Philippe Le guay (2012) avec Fabrice Luchini, Natalia Verbeke, Sandrine Kimberlain, Carmen Maura, Lola Dueña, Berta Ojea, Nuria Solé, Concha Galán, Audrey Fleurot, Marie-Armelle Deguy… Musique de Jorge Arriagada. Un film Les films de la Suane/SND/Canal +.

L’académie des César, dans sa grande mansuétude lorsqu’il s’agit d’honorer une comédie française (!), a récompensé Carmen Maura pour sa prestation fort honorable dans ce film mais c’est toute l’équipe qui aurait dû être félicitée. « Les femmes du 6e étage » est Génial. L’histoire, d’abord, rappelle le scénario du très dépassé « Papa, maman, la bonne et moi » en 1954 avec l’inoubliable Robert Lamoureux, les mœurs et usages de ces années-là n’étant plus adaptés à notre « modernité ». Faire reposer un film psychologique sur les mentalités de l’époque en l’adaptant à notre vision actuelle et à notre compréhension des relations humaines cinquante ans plus tard, voici une preuve d’une action de très grand professionnalisme. Fabrice Lughini est superbe car totalement convaincant et, chose rare, il ne parle pas tout le temps. La caméra sait utiliser la technique du cinéma muet où l’image, seule, permettait de véhiculer les sentiments. En filmant les regards, les mimiques, les gestes des personnages, le réalisateur empêche le spectateur de se noyer dans les paroles ce qui apporte à l’histoire une dimension supplémentaire à la fois poétique et intransigeante avec la crédibilité. En musique, tout bon musicien sait que les silences comptent autant que les notes. Idem pour le cinéma, l’image doit rester prépondérante sur un bla-bla inutile. La musique du film est également Excellente, toute en finesse et, nouvelle chose rare, joliment mélodique et très bien orchestrée avec des cordes chantantes. Rien d’étonnant à ce que les français se soient rendus en masse dans les cinémas (plus de deux millions d’entrées), un public toujours aussi bon public qui sait apprécier une œuvre bien construite et très bien réalisée. À tous ses étages.

 

Drame

Le garçon aux cheveux vertsLe garçon aux cheveux verts/The boy with green hair, un film de Joesph Losey (1948) avec Dean Stockwell, Pat O’Brien, Robert Ryan, Barbara Hale, Richard Lyon, Walter Catlett… Musique de Leigh Harline. Un film produit par R.K.O.

Étonnant, déroutant, passionnant et Très prenant, voilà comment définir ce film pas comme les autres. Loin de se borner à un simple scénario de science-fiction, le réalisateur aborde des questions existentielles et sociétales fortes et prégnantes (comme on dit). Né dans une famille puritaine, Joseph Losey découvrira la dure réalité de la vie au moment les malheurs issus du crack boursier de 1929. Ses opinions politiques bien orientées à gauche (il subira le Maccarthysme dans les années 50 au point de devoir poursuivre sa carrière en Europe) se révèlent dans ses scénarios toujours élaborés, « Le garçon aux cheveux verts » n’ échappant pas à la règle : les problèmes de l’exclusion, de la mise à l’index, de la différence, bref, du sentiment d’abandon au rejet de la société, tout y passe et sans lourdeur excessive. Ce film aurait mérité un doublage français de qualité (forcément) et une rediffusion plus large, les problèmes engendrés par l’être humain n’étant pas vraiment différents sur le fond après soixante-dix années de pseudo évolution… Ce débat n’aurait-il pas engendré un film de Losey ?

 

Comédies

MMonsieur papa / Coût de chanceonsieur papa, un film de Philippe Monnier (1977) avec Claude Brasseur, Nicolas Reboul, Nathalie Baye, Daniel Auteuil, Brigitte Catillon, Claude Legros, Ava Darlan, Catherine Lachens, Josiane Balasko. Musique de Mort Shuman. Un film Gaumont.

Coût de chance, un téléfilm de Fenis Malleval (2013) avec Julie-Anne Roth, Yves Régnier, Christiane Millet, Romann Berrux, Lilly-Rose Debos… Musique de Nicolas Jorelle. Un dvd Italique/France 3/Tv5 monde/Angoa/Procirep/CNC…

Près de quarante années séparent ces deux productions reposant sur le même sujet : comment élever seul(e) son enfant. Grâce aux talents conjugués des participants (acteurs, réalisateurs, monteurs, compositeurs…), On y croit fermement, à ces histoires tragiques qui savent distiller un humour parfois grinçant ! La performance se trouve, d’un côté, avec Claude Brasseur et le jeune Nicolas Reboul bourré de naturel et dans l’autre (télé)film, on (re)découvre un Yves Régnier formidable ; l’excellence se trouve tout de même chez Christiane Millet, une grande dame du théâtre français. C’est également avec plaisir que l’on retrouve Catherine Lachens dans son rôle fétiche, celui de l’infortunée aguicheuse de service… À noter la musique très mélodique et entraînante de Mort Shuman, essentiellement présente aux deux génériques de « Monsieur papa » et qui remplit parfaitement sa fonction « racoleuse » contrairement aux compositions de Nicolas Jorelle, plus présentes tout au long de « Coût de chance » mais qui restent, hélas, trop légères et inconsistantes. Serait-ce un nouveau signe des temps ?

 

Science-fiction phénoménâlé

Nesmluvena setkani - Les Mélodies ModernesNesmluvenà setkání, un téléfilm d’Irena Pavlásková (1994) avec Petr Rícánek, Lukás Vaculík, Josef Abrhám, Martina Mensíková, Jan Kacer… D’après l’ouvrage d’ Irena Pavlásková et Nelly Pavlásková. Musique de Jiří Chlumecký. Un dvd vendu sur CVMC.

Auregane a porté son attention sur ce film un peu par hasard. C’est le scénario basé sur un enfant sauvage qui l’a attiré, une histoire remarquablement bien développée par François Truffaut dans son film « L’enfant sauvage » qui l’aura beaucoup marquée quand elle était jeune. De plus, le scénario de « Nesmluvenà setkání » est transposé dans le futur sur une autre planète, alors mélanger « L’enfant sauvage », « Mowgli »,  « Robby » et « Robinson Crusoé sur mars », quoi de plus intéressant ? Hélas, les moyens sont d’une pauvreté affligeante et les effets spéciaux, n’en parlons pas, les décors font penser à un film de science-fiction totalement dépassé des années 50 du style « Robot monster » alors passons. Ce qui l’a « accroché », c’est la performance de l’enfant, très photogénique et parfaitement crédible dans un jeu bien plus naturel que celui des adultes souvent « réfrigérés » (l’enfant qui rit et qui pleure se meut naturellement en tenue d’Adam devant la caméra, une démarche qui est nullement choquante compte tenu du contexte scénaristique et artistique mais qui ne serait probablement pas reconduite de nos jours, voir article ici). La critique d’Auregane est donc Mitigée à cause d’une ambiance générale manquant de chaleur humaine et de spontanéité, la faute à la mise en scène, vraiment déficiente. Pourtant, les acteurs sont connus et appréciés pour leur talent dans leur pays, la Tchéquie (la République tchèque est séparée de la Slovaquie depuis 1992, toutes deux parties de l’ex-Tchécoslovaquie très réputée pour ses nombreuses productions télévisées de grande qualité) ! Idem pour la musique : une note unique à la basse pendant de très longues dizaines de minutes, quelques notes pour un semblant de mélodie, des sons de synthés du début des années 80… En restaurant ce téléfilm et en le dotant d’un doublage conséquent, il deviendrait très regardable et peut-être davantage encore mais en l’état actuel (une copie médiocre d’une diffusion télévisée), sans langue française, mieux vaut ne pas espérer en tirer une grande satisfaction. Et pourtant, quelques scènes restent remarquables (par exemple, l’utilisation d’une tablette tactile numérique, d’un usage courant aujourd’hui mais certainement pas en 1994) et les les réalisateurs et les producteurs, toujours à la recherche de scénarios originaux, pourraient bien y puiser leur inspiration car l’histoire retravaillée mériterait une nouvelle adaptation pour un film à grand spectacle cette fois-ci. Pourquoi pas ? Chiche…

 

Drame

Oliver Twist 2007 - Les Mélodies ModernesOliver Twist, un téléfilm de Coky Giedroyc (2007) avec Timothy Spall, William Miller, Adam Arnold, Tom Hardy, Sophie Okenedo, Julian Rhind-Tutt, Edward Fox, Anna Massey… D’après l’œuvre de Charles Dickens. Musique de Martin Phipps. Un dvd produit par la B.B.C.

Londres était, au milieu du XIXe siècle, une capitale en plein mouvement ; de tous les côtés fusait les créations artistiques et Charles Dickens, en jeune reporter, aura sillonné avec une rare excitation la vie grouillante et exubérante de la cité jusqu’à en connaître parfaitement tous les endroits y compris ses vieux et bas quartiers. Loin de dresser un portrait de l’immense écrivain influencé par la Révolution française, Dickens aura connu la pauvreté et souffert de traumatismes graves, pas à la naissance mais plus tard et ses romans mettent en avant des personnages livrés à eux-mêmes, souvent malheureux (des orphelins, des prostituées). Auregane trouve que le téléfilm de la B.B.C. apporte du bon et du mauvais, le bilan est donc Mitigé. Côté intéressant : les acteurs sont excellents, le doublage en français est parfait y compris les plus jeunes, l’ensemble est bien filmé et bien monté. Côté négatif : la musique est nulle (c’est n’importe quoi malgré la volonté de se rapprocher d’une ambiance de musique de rue), l’histoire est trop dénaturée, il manque des moments forts, on subit trop de longueurs, une importance exagérée est donnée à certains personnages (déclinée en deux parties d’une heure trente, Oliver Twist, bien mignon et photogénique mais pas vraiment performant, ne dit pas un mot dans la deuxième partie où son absence fait cruellement défaut). Ce téléfilm manque d’audace, comme si, une nouvelle fois, on le destinait à un public familial qu’il ne faut pas trop brusquer… Pourtant, la réalité devait être terrifiante et le roman, pire que cela, ne laisse pas la place à la sensiblerie. Ce n’est pas aujourd’hui que l’on verra les versions précédentes étouffées sous un vent de modernité, elles sont à revoir d’urgence (par exemple, la version réussie de Roman Polanski réalisée un an plus tôt et qui centre le film sur le personnage principal avec une musique de Rachel Portman) !

 

L’enfance en danger

Père et fils, deux téléfilms - Les Mélodies ModernesL’ombre de mon père/My father’s shadow, un téléfilm de Peter Levin (1998) avec Peter Strauss, Henry Czeny, John Bourgeois, Bradley Reid, Jonathan Kroeker, Janet-Laine Green, Lindsay Frost… D’après le livre « Mockery of Justice : the true story of the Sheppard murder case » de Cynthia L. Cooper et Sam Reese Sheppard. D’après une histoire vraie. Musique de Louis Febre. TF1 vidéo. Avec les voix de Jim Redler, Nathalie Régnier, Jean Roche, J.C. Sachot, Bertrand Liebert, Carol Styczen et Mario Santini (Synchro-vidéo).

Peter Strauss, une nouvelle fois, démontre toute l’étendue de son talent dans cette histoire vraie. Le doublage est excellent, comme d’habitude lorsque les comédiens français s’en chargent mais la musique reste trop discrète et bien tristement insipide, dommage, l’absence de qualité au niveau d’un thème mémorisable engendrera toujours le désespoir des mélodies Modernes. L’enfance et l’adolescence sont donc au centre de ce film psychologique très intéressant, un enfant qui découvre le corps de sa mère ensanglanté et l’arrestation de son père chirurgien réputé mais vite accusé du meurtre odieux de son épouse. Le fils pas crédule et lourdement traumatisé par la tournure des évènements qu’on lui fait subir n’aura de cesse de tout faire pour parvenir à prouver l’innocence de son paternel : non, son père Sam Sheppard n’a pas violé et tué sa mère malgré les apparences et les preuves faciles retenues « à la va-vite ». Il aura fallu un deuxième procès et beaucoup de combats, de souffrance et de ténacité pour y parvenir. Ce scénario aurait censément (la polémique existe) inspiré les auteurs de la fameuse série « Le fugitif » avec David Janssen au début des années 60, reprise depuis en version télé et cinéma avec Harrison Ford en Norman Gimble « Le fugitif » en 1993 et avec Wesley Snipes « U.S. Marshals » en 1998, les deux films mettant Tommy Lee Jones en co-vedette. « L’ombre de mon père » est un Très bon téléfilm.

Sous le silence/The unsaid, un film de Tom McLoughlin (2001) avec Andy Garcia, Trevor Blumas, Chelsea Field, Linda Cardellini, peter Hanlon, Teri Polo, Dena Lang, Trevor Aikman, Brendan Fletcher, Vincent Kartheiser, David Millburn, Max Peters, Sam Bottoms… Musique de Don Davis. Un dvd Freemantlemedia/Dancebuy Ltd.

Tourné dans les villes de MooseJaw et Regina dans la région de Saskatchewan à l’ouest du Canada, le film annonce la couleur dès les premières images : immensité, paysages magnifiques s’étendant à l’infini, isolation des demeures, difficulté de communication… Un contexte mettant Auregane dans l’esprit du film : ce sera dur ! La musique orchestrale (une formation symphonique réduite avec quelques solos de piano ou de hautbois et des violons à l’unisson sur la chanterelle) retient rapidement l’attention car les compositions originales sont aussi arrangées et dirigées par Don Davis (les trois spécialités à la fois, c’est plutôt rare) ; quelques musiques additionnelles (chansons de la variété) sans grand intérêt pour Auregane, complètent l’ambiance sonore. Quant à l’histoire on s’en doute, elle est dramatique avec son scénario bouleversant : un psychothérapeute va s’occuper d’un adolescent « à problèmes », un jeune homme qui a de grosses difficultés relationnelles et son comportement violent et imprévisible en fait un « cas social ». Le pauvre bougre n’est pas sans posséder des circonstances atténuantes, une éducation très spéciale, par exemple… La rencontre avec un père de substitution, bien malheureux depuis le suicide de son propre fils adolescent, va nous faire vivre un Très bon moment de cinéma.

 

Comédie

On a marché sur Bangkok - Les Mélodies ModernesOn a marché sur Bangkok, un film d’Olivier Baroux (2014) avec Kad Merad, Alice Taglioni, Chawanrut Janjittranon, Peter Coyote, Michel Aumont, Claire Nadeau, Claude Perron… Musique de Martin Rappeneau. Un film Pathé !

Bon, autant être clair, ce film est Raté à cause d’un scénario déficient, une habitude chez Olivier Baroux, un réalisateur de films dits comiques et d’aventures mais qui n’arrive pas à échafauder des scénarios intéressants. L’idée de départ était bonne mais les gags trop souvent improvisés ne fonctionnent pas, tout sonne faux. L’ennui et une lourdeur étouffent les qualités artistiques d’un film devenu inutile. Peut-être pas au niveau d’une révélation, celle de la petite héroïne nommée Chawanrut Janjittranon avec son parlé français tout à fait charmant avec sa pointe d’accent exotique et une articulation impeccable, une qualité sonore agréable à l’oreille renforcée par une musique Bien adaptée d’un autre enfant bien plus grand celui-ci, le digne héritier du réalisateur Jean-Paul Rappeneau, un artisan habitué au travail remarquable des plus grands compositeurs de musiques de films (Fiorenzo Carpi, Georges Van Parys, Georges Delerue, Michel Legrand…). Au fait, qu’est venu faire Peter Coyote dans « On a marché sur Bangkok » ? Il existe un autre film bien plus passionnant sur le thème de « l’homme qui pose le pied sur le lune avant tout le monde », en l’occurrence l’américain Neil Amstrong le 21 juillet 1969, juste avant le délai maximum fixé par le président J.F.K. dans le cadre du programme Appolo qui imposera un américain et non un russe sur le sol lunaire. Ce film dramatique c’est « Capricorne one »…

 

Comédie

La pierre blanche - Les Mélodies ModernesLa pierre blanche/Den vita stenen, un feuilleton de Göran Graffman (1973) avec Julia Hede, Ulf Hasseltrop, Cecilia Nilsson, Monica Nordquist, Betty Tuven… D’après le roman de Gunnel Linde « Exploits pour une pierre blanche ». Musique de Bengt Hallberg.

Blonds comme l’était « Robby », Tina dans « La montagne ensorcelée » ou Carol-Anne dans « Poltergeist » ou Simone Signoret, adulte, dans « Casque d’or », deux enfants sympathiques aux yeux bleus très moqueurs vont se livrer à différents exploits pour posséder une pierre blanche, un simple galet doté d’une blancheur écarlate visiblement difficile à trouver en terre suédoise… Ce feuilleton introuvable en commerce remonte au début des années 70 ; diffusé en France en 1980, il aura fortement marqué toute une génération de visiteurs rivés à la télé des mercredis pluvieux. Simple et efficace, le réalisateur aura su tirer parti d’une histoire mouvementée très populaire dans son pays qui aime décidément beaucoup les enfants et leur éducation stricte : pour légitimer les bêtises des gamins, rien de mieux que de les officialiser à l’écran ! Heureusement, tout le monde s’y retrouve, la morale et les bons sentiments finissent par triompher, l’honneur est sauf. Avec sa mélodie chantée et son ambiance « poétique », ce feuilleton aussi Charmant que désuet n’a pas d’équivalent ce qui en fait sa rareté. Comme une pierre blanche sur le sol suédois. Il faut reconnaître que les décennies 60 / 70 auront engendré les plus beaux chefs-d’œuvre du petit écran.

La caractéristique de tous ces feuilletons (l’histoire se poursuit d’un épisode à l’autre), à ne pas confondre avec les séries (une nouvelle histoire complète à chaque fois), tient en deux mots : musique et générique. Racoleuse, entraînante, forte de sa mélodie généreuse à l’accompagnement riche, le générique était chargé d’extirper le spectateur de son environnement quotidien pour l’immerger dans une ambiance générale forcément dépaysante. Il faut le savoir : autrefois, dans ces années-là, les jeunes ne regardaient pas la télé comme aujourd’hui. L’absence d’abondance des médias, les jeux plus simples issu de l’imagination et de l’esprit créateur étaient couplés aux deux ou trois chaînes de télé ce qui occupait l’essentiel du temps de loisir des enfants. L’éducation était beaucoup moins permissive même si les préceptes développés par Françoise Dolto commençaient à faire des ravages sur des réformes aussi expérimentales que dévastatrices de l’Éducation nationale ; elle aussi aura cassé bien des élèves avec la méthode globale, les maths modernes etc. Une chose est sûre, dans les cours de récré, on parlait de ce que l’on avait vu la veille « au poste ». La richesse des scénarios mettait toujours en vedette des personnages intergénérationnels issus de toutes les couches de la société ; riches, pauvres, toutes les générations comme les animaux de tous poils étaient représentés ce qui permettait à chacun d’y trouver son compte. Il serait vain de lister toutes ces productions dont certaines sont oubliées faute d’une édition en dvd ou BluRay. Pour ne parler que des séries françaises, dans quel état se trouvent maintenant les bobines de « Typhelle et Tourteron, 1975 », « Papa et moi » ou « Mon père et moi » (aucune trace d’existence sur Internet), les séries américaines « Les Monroes, 1966 », « Le ranch L, 1968 » et la musique touchante d’Hugo Friedhofer, « Le roi et moi, 1972 » et son formidable générique de Jerry Goldsmith (une des mélodies réutilise le thème du film de Richard Rodgers), « La barbe à papa, 1976 » avec Jody Foster, « Le voyage extraordinaire, 1977 » avec Ike Eiseinmann, les séries canadiennes sentimentales avec « Le vagabond, 1963 » et sa musique inoubliable avant un remake réussit quinze ans plus tard ? Ces rééditions-là, on les attend toujours. L’espoir fait vivre…

 

Comédie

Mon pire cauchemar - Mélodies ModernesMon pire cauchemar, un film d’Anne Fontaine (2011) avec Benoît Poelvoorde, Isabelle Huppert, André Dussollier, Virginie Efira, Donatien Suner, Corentin Devroey, Éric Berger… Musique de Bruno Coulais. Un film Pathé !

Le pire ne peut être déterminé qu’en fonction du meilleur, ce qui attend le spectateur de cette excellente comédie « à la française ». On s’amuse, on se marre, on rigole, les situations cocasses et les répliques fusent, c’est du Beau travail ! Il manque peut-être un peu plus de folie dans un scénario assez conventionnel car la retenue est souvent de mise ; Benoît Poelvoorde semble même avoir pris de l’âge (en gagnant en sagesse) et le jeu habituel (c’est-à-dire totalement introverti) d’Isabelle Huppert sur la musique (parfaitement inconsistante) de Bruno Coulais n’aident pas suffisamment à mener le film vers un destin qui aurait pu être fameux. Auregane est donc très positive car elle aime beaucoup les comédies légères et sans prétention, ces films que l’on regarde avec grand plaisir pour se sentir mieux ensuite. « Mon pire cauchemar » devient donc « un incontournable » du cinéma, dans le genre.

 

Tranche de vie

Le sourire - Mélodies ModernesLe sourire, un film de Claude Miller (1994) avec Jean-Pierre Marielle, Richard Bohringer, Emmanuelle Seigner, Chantal Banlier, Bernard Verley, Mathilde Seigner… Musique de Pierre Boscheron. Un film distribué par Studiocanal.

Il n’y a pas grand-chose à dire. Loin de la performance de Jean-Pierre Marielle dans « Les galettes de Pont-Aven » dans le même genre à la fois érotique, vulgaire, grossier et magnifique (ah, l’inoubliable « nom de D… de b… de m… », « Le sourire » dramatique et confidentiel n’a Pas enthousiasmé le public ni les critiques à sa sortie ; on peut le comprendre. C’est tout un art que de mettre à l’honneur la nudité de belles femmes et le scénario plus que léger rend la démarche rebutante, Auregane n’a pas aimé ce film. L’érotisme à l’écran n’est pas une fin en soi, il faut motiver et mériter ce choix difficile à assumer. Par chance, Claude Miller a beaucoup apporté au cinéma français en tant que réalisateur, acteur, auteur, producteur… et comme personnage très intéressant débordant de projets et d’intuition (il a lancé la carrière de Charlotte Gainsbourg avec « L’effrontée »). Les Mélodies Modernes ne lui en veulent donc pas une seule seconde pour « Le sourire » à la belle photographie et aux gros plans artistiques faciles sur un déballage de beau corps huilés !

 

Drame

Les survivants - Les Mélodies ModernesLes survivants/Alive, un film de Frank marshall (1993) avec Ethan Hawke, Josh Hamilton, John Haymes Newton, Bruce Ramsay, David Kriegel, Kevin Breznathan, Danny Nucci, David Cubitt, Gian Didonna, John Cassini, Richard Ian Cox, John Malkovich… D’après l’ouvrage de Piers Paul Read. Musique de James Newton Howard. Un film Touchtone/The Kennedy-Marshall company/Paramount.

Été 1972 : une équipe de rugby, un sport très populaire en Uruguay, monte à bord d’un avion les amenant au Chili pour disputer une compétition. Problème, il doit survoler la Cordillères des Andes. Deuxième problème et non des moindres, la tempête. Du fait de sa mauvaise trajectoire sous l’influence des bourrasques de neige, l’avion s’écrase sur la montagne et les survivants vont devoir attendre longtemps l’arrivée des secours, dans les tempêtes successives et, comme si cela ne suffisait pas, les dégâts engendrés par une avalanche. Sans nourriture, ils vont devoir tenir d’une manière aussi inattendue que terrifiante. Le scénario repose sur une histoire vraie et le réalisateur nous propose une version crédible très proche de la réalité. Les survivants, sans avoir été directement impliqués dans l’élaboration du film, lui reconnaissent des qualités qui font froid dans le dos. Le courage du capitaine de l’équipe de rugby, pourtant contrarié par le décès des cinq membres de l’équipage (pilote, co-pilote, navigateur, mécanicien et steward), va motiver le groupe qui doit s’organiser coûte que coûte dans ces circonstances épouvantables. La musique de James Newton Howard ne peut donc pas être lyrique ou enthousiasmante mais le compositeur saura utiliser la technique d’écriture adéquate : solo de guitare (pour évoquer les pays d’Amérique du sud), sons aigus et stridents (pour évoquer les problèmes auditifs), mélodie sur une très belle orchestration (pour représenter l’espoir) etc. L’ensemble convainc au point de verser une larme par moments. Pour Aurégane, ce film est Incontournable.

 

Comédies

Tendre poulet - Les mélodies ModernesTendre Poulet, un film de Philippe de Broca (1978) avec Philippe Noiret, Annie Girardot, Catherine Alric, Hubert Deschamps, Guy Marchand, Paulette Dubost, Roger Dumas, Simone Renant, Monique Tarbès… D’après l’œuvre de Jean-Paul Rouland et Claude Olivier. Musique de Georges Delerue. Les films Ariane/Mondex films.

Malgré les dialogues de Michel Audiard, on pouvait espérer mieux de ce film qui repose sur les seules épaules des comédiens. Des têtes d’affiche aux seconds rôles, ils sont extraordinaires et cela suffit, dans le cas présent mais pas dans le deuxième volet « On a volé la cuisse de Jupiter », voir ci-dessous. Vasé sur une véritable enquête policière, le scénario de « Tendre poulet » est palpitant : qui est le mystérieux tueur au poinçon ? La musique de Georges Delerue joue les contrastes, à la fois présente et légère, lente et rythmée comme l’ambiance générale contrastée du film, parfois molle, parfois vive, avec une Annie Girardot surexcitée pour l’époque mais bien tristement conforme au comportement des français d’aujourd’hui. La mélodie jouée assez péniblement au saxophone alourdit la bande son bien plus chantante avec les voix remarquable de Philippe Noiret dans les graves, d’Annie Girardot (photo ci-contre) dans les médiums et de Catherine Alric dans les aigus ; la musique devient donc Superflue. À la lumière de tous ces aspects, le spectateur trouvera de quoi se distraire en passant un bon moment en très bonne compagnie. Il faut toujours savoir bien s’entourer, un propos qui tombe à pic.

On a volé la cuisse de Jupiter - les Méloides ModernesOn a volé la cuisse de Jupiter, un film de Philippe de Broca (1980) avec Philippe Noiret, Annie Girardot, Francis Perrin, Catherine Alric, Marc Dudicourt, Paulette Dubost, Roger Carel… D’après l’œuvre de Jean-Paul Rouland et Claude Olivier. Musique de Georges Hatzinassios. Les films Ariane/Mondex films.

Georges Delerue n’a pas composé pour deuxième volet des aventures du duo Noiret-Girardot, peut-être était-il préoccupé par l’écriture de la musique du « Dernier métro » de Truffaut sorti, lui aussi, en 1980 ?! Avec un scénario moins intéressant que « Tendre poulet », le film aux situations rocambolesques n’accroche pas vraiment malgré la très bonne présence de Francis Perrin, peut-être à cause des approximations de la réalisation. Certaines situations assez rares font tout de même franchement rire (celle du train qui s’arrête contre le visage de l’acteur est excellente, le comédien semble très peu rassuré), d’autres amusent, certaines provoquent carrément l’ennui avec des gags complètement ratés. Le bilan est Mitigé sauf pour la musique du film, Excellente. Contrairement au Georges français (Delerue), ce Georges-là a choisi de composer dans une grande légèreté mélodique et harmonique ce qui rend ses musiques très agréables à entendre ; elles reposent sur les sonorités et rythmes de son pays avec un résultat merveilleux. Cette très bonne adaptation au contexte du film séduit les Mélodies Modernes qui adressent au compositeur toutes ses félicitations et remerciements ! Ce n’est pas volé…

 

Un ovni

The Annunciation - Les Mélodies ModernesThe Annunciation/Angyali üdvözlet, un film d’Andreas Jeles (1984) avec Péter Boscor, Júlia Merô, Eszter Gyalog, György Belme, Róbert Borók, Evelin Fehér, Attila Dobay… D’après la pièce d’Imre Madach « La tragédie de l’homme ». Musique Musique D’Istvan Marta. Un dvd Award films international.

Ce film hongrois est un ovni (objet volant non identifié). Le scénario mélange les époques, la faute à Ève qui croque la pomme dans l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal : la voilà condamnée, avec Adam tout aussi complice et fautif, à voyager dans le temps sous le contrôle de Lucifer pour connaître les malheurs engendrés par l’être humain au temps de l’Empire romain. Les deux tourtereaux bannis du Jardin d’Éden vont connaître la crucifixion, la Révolution française et les guerres engendrées par un Empire britannique en pleine époque Victorienne… Sans oublier un vampire, des zombies et l’embaumement. Bref, c’est un mélange étonnant et détonnant pour un film joué uniquement par des enfants. Le réalisateur semble doué mais sa vision de l’histoire de l’humanité à partir des écritures bibliques relève de la folie douce. En demandant aux jeunes amateurs de jouer comme des adultes confrontés à des situations d’adultes, ils manquent totalement de naturel mais l’ensemble, très bien dirigé, ne manque pourtant pas d’intérêt en restant totalement déroutant. Rapidement, les attitudes figées et une certaine lassitude contrebalancent un jeu convaincant et la photographie Superbe qui rappelle le cinéma italien des années 50 : esthétique, créateur d’ambiance et hautement psychologique. Quelques sons électroniques d’une musique atonale et un ou deux petits chants à l’unisson aident à créer une ambiance surréaliste. Le montage très maîtrisé par des plans jamais trop longs ni trop courts ne fait pas oublier l’essentiel, hélas, l’absence de doublage français. Ce film rare, impossible à débusquer, n’est pas édité dans une version de qualité. Qu’attend-t-on pour donner une seconde vie à des œuvres quasiment inconnues et peu ordinaires qui reflètent la richesse du cinéma européen ? Alae jacta est…

 

Drame

Tom et Lola - Les Mélodies ModernesTom et Lola, un film de Bertrand Arthuys (1990) avec Neil Stubbs, Mélodie Collin, Cécile Magnet, Marc Berman, Catherine Frot…Musique de Christophe Arthuys. Un film vhs Fil à Film.

La thérapie génie permet, grâce aux connaissances acquises dans le domaine de la recherche médicale, de soigner des patients autrefois condamnés à une mort certaine. Par la modification de l’ADN d’un individu, l’organisme reçoit l’aide de la science afin de permettre à l’organisme de pallier à ses déficiences. La recherche nécessite beaucoup d’efforts de la part des professionnels de la santé qui doivent bénéficier de crédits très importants. Tous les films permettant d’aider cette connaissance d’une des plus belles activités humaines sont les bienvenus. Dans « Tom et Lola », pas question de dénoncer les excès des laboratoires pharmaceutiques ou les pratiques de médecins peu scrupuleux bien au contraire. Attentionnés et dévoués, procéduriers aussi, ces derniers ne pourront pas maîtriser l’aspect psychologique et fortement relationnel développé chez deux enfants confrontés au drame, celui de vivre nus sous une cloche en plastique pour se protéger en permanence des attaques microbiennes : dans l’air circulent des quantités inimaginables de micro-organismes terrifiants pour Tom et Lola dépourvus d’un système immunitaire efficient. Emprisonnés, frustrés, ils survivront tant bien que mal… Jusqu’au jour où l’aventure les attend. Aurégane a vu ce film quand elle était jeune et elle en garde un Très grand souvenir. Compatissante envers une réalisation parfois poussive (l’action est lente), l’histoire est passionnante et attendrissante. Difficile aussi de se rappeler de la musique du film car aucun diffuseur ne s’est engagé à sortir le film en dvd ou BluRay même s’il existe une version en cassette vhs… Un pis-aller au pays de la modernité. Il n’y a pas que la science qui manque, visiblement, de crédits et surtout d’audace.

 

Comédie

Une heure de tranquillité - Les Mélodies ModernesUne heure de tranquillité, un film de Patrice Leconte (2014) avec Christian Clavier, Carole Bouquet, Rossy de palma, Stéphane De Groodt, Valérie Bonneton, Sébastien Castro… Musique d’Éric Neveux. Un film Fidélité films, TF1 films production, Canal+, Wild Bunch…

Non, Christian Clavier n’est pas Louis de Funès, Carole Bouquet n’est pas Claude Gensac, Patrice Leconte n’est pas Jean Girault même s’il s’amuse à filmer caméra à l’épaule, « à la Lelouch », de manière très réussie il faut bien le reconnaître. Quant au compositeur Éric Neveux, il ne s’appelle pas Raymond Lefèvre. Bref, l’équipe de pros réunie autour du réalisateur des « Bronzés » ne parvient pas à faire décoller le film, qui se veut comique mais qui ne l’est pas dans les faits, aucun rictus n’apparaît sur le visage d’Auregane pendant son visionnage. La faute au scénario, aux dialogues, aux situations peu originales mais certainement pas à Christian Clavier qui sait être excellent dans son personnage. Carole Bouquet est toujours aussi « évaporeuse » et Stéphane De Groodt se démène comme il peut. La musique est ennuyeuse alors pour résumer, « Une heure de tranquillité » ne vaut pas Une heure quinze d’ennui profond sur son canapé. Dommage, on pouvait certainement s’attendre à mieux et l’acheteur du dvd à vingt euros est bien mal récompensé avec des bonus nuls !

 

Drame

Whiplash - Les Mélodies ModernesWhiplash, un film de Damien Chazelle (2014) avec Miles Teller, J. K. Simmons, Paul Reiser, Melissa Benoist, Austin Stowell, Jason Blair… Musique de Justin Hurwitz. Un film distribué par Sony pictures.

Pour devenir instrumentiste professionnel, il n’y a qu’une seule solution : il faut bosser encore et toujours, d’où l’expression « faire ses gammes ». Les études musicales poussées sont mal connues en France, le grand public ne sait pas ce que cela implique ; il est pourtant aisé d’imaginer les sacrifices, les déceptions en tous genres et les désillusions que va rencontrer l’apprenti musicien… mais aussi les joies immenses et les petits bonheurs du quotidien. Dans « Whiplash », du nom d’un morceau de jazz composé par Hank levy, la musique est omniprésente et c’est un vrai plaisir que d’entendre jouer de la batterie complète avec autant de virtuosité ; l’acteur Miles Teller fait illusion dans une spécialité instrumentale qu’il connaît bien étant batteur dans un big band pendant ses études universitaires. Problème, son professeur est un vrai despote comme on en rencontre parfois dans son parcours estudiantin mais sans atteindre ce niveau de sadisme. Le rôle très bien joué par J.K. Simmons mais les traits du personnage sont quand même forcés, le comportement des protagonistes est excessif, une habitude chez le réalisateur de « Grand piano » pas trop apprécié de nos critiques de films. Plutôt que de s’orienter vers une carrière de musicien, Damien Chazelle, l’américain au nom bien francophone (son père est mathématicien, sa mère écrivaine et enseignante), a choisi d’écrire et de réaliser fort brillamment des films très intéressants mais hélas, caricaturaux et peu crédibles. Issu d’un court métrage parfait, « Whiplash » version cinéma s’avère Bon mais Trop long. Le commerce d’un « court long métrage », assimilable à un film d’une heure, pourrait-il s’envisager car parfois, il vaut mieux se déplacer pour assister à deux très bons films d’une heure chacun que de se farcir les longueurs d’un film d’1h47 qui méritait un montage « plus serré », plus rythmé !

Suite page II de la critique de films d’Auregane.

 

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