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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

La critique de films d’Alix

Le cinéma d’Alix
 

Dans le sein d’une amie

Alix a vu beaucoup de films. 5 000, 10 000, 15 000 ou plus comment savoir ? Une chose est sûre, en matière de cinéma elle en connaît un rayon. Alix n’est pas une professionnelle de l’image animée et ses critiques n’engagent qu’elle-même mais est cinéphile, ce qui lui donne de la légitimité. Le cinéma est sa plus fidèle amie depuis quarante ans. Gardons à l’esprit qu’un film est une œuvre aboutie, d’importance majeure et que de très nombreuses personnes et d’innombrables corps de métiers ont travaillé pendant des mois pour parvenir au résultat soumis à la sanction du public, l’avis le plus important. Un film, un téléfilm ou un documentaire touche chaque individu en son sein, il nous reste alors à apprécier l’œuvre, ou non. Mais on ne peut résumer un produit artistique aux seules notions personnelles « j’aime ou j’aime pas » ; c’est la raison pour laquelle on se doit de respecter tous les films quelque soit nos propres aspirations. Seuls les critères objectifs liés à la technique cinématographique sont peu discutables ; dès que l’on entre dans le domaine artistique en revanche, on peut ouvrir le débat car on pénètre dans la subjectivité. Selon le moment où le lieu, l’environnement et les préjugés, votre sensibilité et votre ouverture d’esprit, votre culture ou la taille de vos chaussures, nous ne percevons pas un film de la même manière. Une réalisation exceptionnelle pour l’un peut sembler ratée pour l’autre et inversement. Les appréciations d’Alix sont donc à prendre telles quelles et pour ce qu’elles sont, ni plus ni moins. Admettons simplement que les critiques constructives sont toujours les plus intéressantes et qu’une bonne culture cinématographique permet à Alix de rédiger ses commentaires : elle persiste et y appose son seing… de tout cœur !

 

Les critères d’Alix

 

Pour le film :

Exceptionnel (un film de référence, sans contestation possible)

Parfait ou Excellent (à voir et à revoir sans modération)

Très bon (un film dont on se souviendra toujours)

Bon (le cinéma existe grâce à lui)

Moyen (on n’a pas perdu son temps pour autant)

Insatisfaisant (aïe, de grosses faiblesses mettent Alix mal à l’aise) / Raté (il faudra revoir sa copie, toujours selon les critères subjectifs d’Alix) / Nul (aucun espoir car un film nul le restera. Mais s’il n’y en avait pas de temps en temps, on ne pourrait plus désigner les meilleurs…).

 

Pour la musique du film :

Parfaite ou Excellente (on achètera le C.D.)

Bonne (on en fera de même)

Discrète (difficile de juger…)

Mauvaise (aucun scrupule à le dire, quand c’est mauvais, cela s’entend).

 

Les photos d’Alix sont de @ Serguei Kovalev – Fotolia.com

 

 
Western

3h10 POUR YUMA, un film de Delmer Daves (1957) avec Glenn Ford, Van Heflin, Felicia Farr. Musique de George Duning. Un DVD Columbia Tristar.

Ce film est vieux d’un demi-siècle. Pourtant le jeu des acteurs est terriblement moderne et Glenn Ford campe le mauvais garçon sans scrupules avec une présence déconcertante. La réalisation de Delmer Daves, déjà remarquable dans « Cow-boy » avec le même acteur-fétiche, doit laisser rêveur plus d’un réalisateur actuel. Les cadrages, la lumière, les mouvements de caméra, les perspectives, les plans et la profondeur de champ jouant sur le gros plan avec l’action qui se déroule en arrière plan nous font apprécier le cinéma américain, tout particulièrement ici, le western psychologique. Nul doute que le duo italien de choc des années soixante (Sergio Leone derrière la caméra et Ennio Morricone devant son pupitre) s’en seront inspirés pour relancer brillamment le genre à leur manière dans les années 60. En effet la musique de George Duning est extraordinaire : deux thèmes soutiennent la trame du film d’un bout à l’autre, celui du bandit et de la femme du héros inflexible (l’épouse devrait-on dire mais le film, on s’en doute, est très machiste). Parfois simple mélodie sifflée, parfois chanson, le thème principal deviendra célèbre à l’époque où dans les salles de cinéma, les jeunes filles étaient embêtées de retrouver sur l’écran leur Glenn Ford dans un rôle de méchant, une fois n’est pas coutume. Un jeu d’acteur d’une très grande modernité dans un océan d’images d’une grande teneur artistique, le parti pris du noir et blanc trouvant ici sa justification. Cela commence dès le début de l’histoire avec l’arrivée de la diligence… pour se terminer sur le train de 3 heures 10 pour Yuma. À noter également la performance inoubliable de Van Heflin que l’on retrouve dans « Le salaire de la violence » du délaissé mais pourtant excellent réalisateur Phil Karlson. Allez, rejoignez les plaines du far-west ou passez votre chemin ! Et une nouvelle fois, saluez le talent infini des comédiens français qui magnifient l’ensemble par leur doublage de la voix. Ce DVD « c’est que du bonheur ! ». Appréciation d’Alix : un Excellent film. Appréciation sur la musique : elle est également Excellente !

P.S. La nouvelle version avec Russell Crowe et Christian Bale « 3h10 pour Yuma » est à rejeter de toute urgence : il ne vous faudra qu’une poignée de minutes pour assister au désastre et revenir à notre film original.

 

Tranche de vie

LE GRAND CARNAVAL, un film d’Alexandre Arcady (1984) avec Roger Hanin, Philippe Noiret, Fiona Gélin, Musique de Serge Franklin. Un film Partner’s production, Alexandre films, TF1…

Dépaysant, sentimental et nostalgique. Ces trois mots résument un grand film haut en couleurs mené par deux monstres sacrés du cinéma français : Roger Hanin et Philippe Noiret. Une multitude d’autres acteurs au talent confirmé se sont joints à cette aventure tournée après les excellents « Le coup de sirocco » et « Le grand pardon » qui mettent à l’honneur des familles Pieds-noirs et juives peu ordinaires. Roger Hanin, quelle incroyable présence à l’écran ! Quel bonheur d’entendre tous ces « forts en gueule » parler pataouète, une langue issue d’un fabuleux mélange des cultures. Ici, on s’exprime beaucoup en criant car on se déteste autant que l’on s’aime, et passionnément ! La réalité est évidemment moins glorieuse car elle ramène au temps du colonialisme même s’il est vain de chercher à refaire le passé avec notre vision d’aujourd’hui, différente et nettement plus évoluée (c’est à espérer). L’action du film se situe en 1942 à l’arrivée des Alliés sur les plages d’Algérie, un pays dont l’histoire est pour le moins tourmentée : ce territoire immense d’une grande beauté, d’une grande richesse économique et culturelle, a connu de nombreuses guerres pour sa prise de possession ou pour sa défense entre colons et peuples légitimes. La question de la Résistance des résidents au nazisme, de la protection des enfants juifs victimes des rafles dans les écoles et de l’aide cruciale apportée par la communauté musulmane, la Collaboration au Régime de Vichy, le recrutement par la contrainte des jeunes du pays, toutes ces questions et bien d’autres sont abordées assez superficiellement dans le film mais il ne s’agit pas, à sa décharge, d’un « film de guerre », juste une « tranche de vie » animée et très divertissante. Sur une idée de Francis Veber et Alexandre Arcady, le rôle occupé par Philippe Noiret ne lui était pas dévolu. Peu importe, le duo actuel fonctionne à merveille. L’action se a musique de Serge Franklin est parfaitement adaptée au contexte… Il reste à savoir si vous appréciez la clarinette « à sons forcés » de la musique klezmer : l’instrument, très sollicité au niveau des phrases mélodiques qui mélangent tous les modes musicaux, réclame de l’instrumentiste une grande dextérité et un style certain (savoir à quel moment accentuer une note selon son importance dans le mode utilisé, par exemple). L’interprétation est exagérée mais c’est le style qui l’exige, les lamentations des uns ou les cris de joie des autres devant trouvent une illustration musicale par un phrasé riche et dynamique : la musique klezmer est mélodique, harmonique et rythmique. De quoi faire tourner la tête des danseurs… Alix trouve « Le grand carnaval » Excellent.

Pour en savoir + sur l’Algérie, cliquez ici (infos Wikipédia)

 

 

Tranche de vie

ZONE LIBRE, un film de Christophe Malavoy (2007) avec Jean-Paul Roussillon, Lionel Abelanski, Olga Grumberg, Elisa Tovati, Tsila Chelton et Mathilde Seigner. Musique de Jacques Davidovici. Un DVD T.F.1 vidéo/Arte France cinéma.

Tous les cinéphiles ne connaissent pas suffisamment Jean-Paul Roussillon. Dans un environnement de jeunisme où avoir 20 ans est un signe prématuré de sénilité, les français n’ont pas l’habitude d’apprécier « leurs vieux » comédiens dans des rôles cinématographiques de premier plan. Ce film pourrait néanmoins changer la donne. D’abord parce qu’il est réalisé par un acteur, Christophe Malavoy, qui connaît le milieu et ses meilleurs représentants, ensuite parce que le réalisateur respecte ses collègues. Normal, quand on aime, on sait comprendre et diriger une fine équipe de professionnels. Jean-Paul Roussillon comédien dans l’âme depuis longtemps (voir ci-dessous) accompli ici une performance d’acteur en portant le film à bout de bras. Présent, très investi dans son rôle de français campagnard, un « franchouillard » brave et sincère, ne voulant pas être emm… chez lui mais prêt à rendre service si nécessaire, bref, Jean-Paul Roussillon campe un personnage ordinaire de la vie quotidienne qui ne l’était pas du tout sous les années sombres de l’Occupation. L’action remarquable de M. Maury aura permis de sauver de la déportation des juifs voués à une mort certaine. Il nous faut ainsi garder à l’esprit que la collaboration française, honteuse et méprisante, aura également engendré des mouvements de bravoure et d’ héroïsme pour tenter de la contrer. L’histoire très bien filmée d’après le roman de Jean-Claude Grumberg évoque cette période de notre passé trouble sous la forme d’une chronique, une tranche de vie qui touche directement Alix là où ça lui fait du bien, droit au cœur. L’émotion ressentie par la justesse des sentiments évoqués fait espérer d’autres réalisations aussi enthousiasmantes même sous la forme de téléfilms. Avec Jean-Paul Roussillon tant qu’à faire. La télévision redeviendrait alors un instant cette télévision créatrice de fictions, de documentaires et d’émissions passionnantes, divertissante et instructive comme elle l’était presque toujours avant… Et là c’est un vieil ami d’Alix qui vous le dis. Un Excellent film, une Très bonne musique avec sa belle mélodie de Jacques Davidovici.

 

Présent sur les planches des théâtres hexagonaux depuis bien longtemps, Jean-Paul Roussillon aura tout joué. Sociétaire de la très estimée Comédie française, il a reçu 3 Molières pour ses qualités de comédien et de metteur en scène sans oublier la reconnaissance de son talent d’acteur par l’Académie des Césars. Présent sur la pellicule aux côtés de Jean-Paul Belmondo dans « Week-end à Zuydcoote » en 1964 il enchaînera les prestations avec sa voix chaleureuse ; sa diction parfaite le différencie d’ailleurs de certains acteurs à la formation moins complète : tous n’articulent pas toujours comme il le faudrait afin de se faire comprendre… Pour le huit-clos « Zone libre » ses qualités font à nouveau merveilles et assoient une présence incontournable. Jean-Paul Roussillon était toujours à l’affiche en 2008 dans le film d’Arnaud Desplochin « Un conte de Noël » avec Amaric et Deneuve… Un parcours remarquable qui le fait jouer depuis juillet 2009 sur la plus grande scène connue à ce jour, celle de l’Univers : Jean-Paul Roussillon brille de tous ses éclats au Théâtre du Paradis. Alors bons succès l’Artiste, on ne manquera pas de venir t’acclamer là-haut mais ne nous en veux pas si nous réservons notre place le plus tard possible !

 

 

Lutte contre la mafia


Lutte contre la mafiaAMERICAN GANGSTERS, un film de Ridley Scott (2007) avec Denzel Washington et Russell Crowe. Musique de Marc Streitenlfeld. Un dvd Paramount Pictures France.

Ce film est un bon film. S’il n’y avait qu’une seule raison pour le prouver, ce serait la suivante : il dure 2h.30 et Alix ne s’est pas ennuyée une seconde. Contrairement aux « Seigneur des anneaux » et autres « Harry Potter » qui sont interminables – ils sont bien entendu excellents mais trop longs à son goût – la psychologie des deux protagonistes d’ « American gangsters » repose sur des faits réels et cela se sent : la réalité dépasse souvent la (science) fiction et n’use d’aucun artifice pour retenir notre attention. L’opposition entre l’incorruptible et le salaud reste un thème indémodable. Quant au réalisateur, il n’a plus à prouver quoi que ce soit. Mouvements de caméra classiques sans la bougeotte insupportable qui caractérise un grand nombre de nouvelles productions visiblement parrainées par les médecins spécialistes des troubles visuels, montage pas trop rapide, une musique qui ne se fait pas remarquer… Mais peu importe l’analyse de l’œuvre, seul le résultat compte : ce film est assurément un très bon film. Attention, certaines scènes sont très réalistes et ne doivent pas être vues par les plus jeunes sauf s’ils sont déjà immunisés par les journaux télévisés et Internet. Loin de la niaiserie ambiante d’une l’histoire insipide et complètement farfelue, « American gangsters » nous fait entrer de plein pied dans le vécu des ripoux de la police soumis à la maffia des italiens qui se trouvent confrontés à un gros problème, un « black » solitaire et organisé, vendeur de drogue et tueur à l’occasion. Il dame pourtant le pion à tout le monde. Heureusement un enquêteur droit à l’esprit combatif mènera son action jusqu’au bout en forçant notre admiration. Tout n’est donc pas perdu. Appréciations d’Alix : un Très bon film avec la prestation remarquable de Denzel Washington. Optez pour la version longue ! Musique : sans avis. Pour voir la bande-annonce cliquez ici (infos Allociné)

 

Suspense

DÉRAPAGE/Derailed, un film de Mikael Halfström (2006) avec Clive Owen, Jennifer Aniston, Vincent Cassel, Xzibit, Rza, Melissa George et Addison Timlin. Musique de Edward Shearmur. Un film Buena Vista Home Entertainment (France).

Ce film est violent mais pas autant que peut l’être « la vraie vie ». Il suffit simplement de ne pas se trouver demain au mauvais endroit au mauvais moment. Si vous ne connaissez pas l’histoire il serait irrespectueux de vous la présenter alors gardons le suspens comme saurait le faire le maître Hitchcock. On pense à lui en voyant la trame se dérouler, un parfait thriller dans lequel les acteurs évoluent avec conviction et crédibilité ; Vincent Cassel, bilingue et professionnel avec ses études sérieuses de comédien en poche, apparaît une nouvelle fois comme le digne héritier de son père Jean-Pierre Cassel. Le réalisateur quant à lui contrôle tout dérapage de ses ouailles et orchestre l’ensemble de la composition cinématographique : bien filmé et bien monté, on ne s’ennuie pas une seule seconde. Un film décommandé aux moins de 12 ans pour les scènes violentes qu’il ne verront heureusement qu’au cinéma, bien entendu… À moins qu’ils ne franchissent eux-mêmes un jour la ligne blanche ! La musique est génialement bien adaptée à l’action par son heureux mélange de sons électroniques et de sons acoustiques (piano, guitare, harpe) même si l’on peut regretter l’absence de mélodie mémorisable, une de ces caractéristiques très désagréables des nouveaux compositeurs de musiques de films. L’avis d’Alix sur le film : Excellent. La musique : Bonne.

 

 

Drame

TRADE, un film de Marco Kreuzpainter (2007) avec Kevin Kline, Cesar Ramos, Paulina Gaitan,  Alicija Bachela-Curus, Katleen Gati… Musique de Jacob Lieberman. Un film distribué par Lions Gate Films.

Incroyable. Plus d’un million d’êtres humains, principalement des femmes et des enfants, sont vendus à des malades sexuels de part le monde chaque année. « La traite des blanches », la prostitution des mineurs, la pédophilie, l’esclavage, rien de ce qui peut motiver la folie humaine n’arrêtera la perversité des voyous et la lâcheté des escrocs. Mais les mots ne seront jamais assez forts pour décrire ce que nous montre parfaitement le film : le combat du pot de terre contre le pot de fer, l’impuissance des victimes face au crime organisé. Adriana la mexicaine et son frère Jorge, Veronica la polonaise, Ray l’américain, voici des prénoms que l’on oubliera pas de sitôt. Comme la sale gueule de ce russe horrible (l’acteur est très bon dans son rôle de criminel) ou le visage du jeune Cesar Ramos qui nous livre une véritable performance d’acteur ! Avec lui le combat des innocents pour rester digne et surtout vivant nous accroche l’âme et nous retourne le cœur. Les images, la réalisation, la musique, tout passe au second plan tant le thème dévoilé est fort et puissant. Diffusé pour la première fois au Festival Sundance de Robert Redford, personne aujourd’hui ne devrait passer à côté de ce cinéma d’auteur (au budget confortable quand même) qui rempli sa grande mission d’information par le divertissement. Un pari réussi qui semblait pourtant difficile à gagner. Avec un message clair et magnifique véhiculé par ce film, le public se doit en échange d’honorer le travail fourni, il faut absolument le voir et revoir. Quel est son message ? Celui que l’homme est capable à la fois du meilleur et du pire mais lorsque le mal absolu cherche à triompher du bien, les mesures à prendre pour le contrer doivent être prises sans retenue, sans pitié et sans pardon. Dans ce combat contre le trafic d’êtres humains, il est facile de savoir qui est qui. Il est malheureusement plus difficile de mettre hors d’état de nuire les meneurs et leurs complices afin qu’ils paient cher, très cher, leurs actes de salauds. C’est dramatique. L’avis d’Alix sur le film : Excellent. La musique : Bonne, adaptée au contexte.

Site officiel du film, cliquez ici (infos en allemand) / Trade, les photos du film sur CineMovies

 

Comédie

FALLAIT PAS !, un film de Gérard Jugnot (1996) avec Gérard Jugnot, François Morel, Jean Yanne, Martin Lamotte, Michèle Laroque, Claude Piéplu, Micheline Presle, Jacques Jouanneau, Thierry Lhermitte, Sophie Desmaret… Musique de Khalil Chahine. Un film non édité (pour l’instant) en DVD.

Voilà c’est une certitude, Gérard Jugnot est un très bon acteur qui sait très bien se diriger et diriger ses collègues. Entouré d’une pléiade d’artistes décoiffants que l’on aime voir souvent (Lamotte, Laroque, Lhermitte and Co.) une histoire rocambolesque et invraisemblable devient grâce aux jeunes et moins jeunes comédiens une aventure intéressante et terriblement divertissante. Aidé en cela par la réalisation, les lumières, les costumes… et la musique de Kallil Chahill dont on reparlera bientôt dans ce site, la surprise d’un scénario riche et inspiré attend le spectateur à chaque changement de plan. Claude Piéplu et Micheline Presle sont toujours fringants et très drôles, Jean Yanne est parfait dans son rôle de gourou taré (c’est un pléonasme) quant aux deux autres rescapés de la Bande du Splendid avec Jugnot, Lamotte et Lhermitte, ils sont égaux à eux-mêmes ; la belle Michèle nous la fait une nouvelle fois super Laroque. Explosions, meurtres, coups de feu, armes, couteaux, menaces, truands… Un film pourtant visible par tous et qui se termine très très bien, une spécialité qui n’est pas qu’américaine ! Cerise sur le gâteau, la musique du générique de fin interprétée par notre ami Renaud (composée par Renaud et Khalil Chahine). Chouette, vivement une sortie en DVD que l’on se régale encore dans son fauteuil. Et merci Gérard Jugnot pour tes multiples talents (voir ci-dessous Monsieur Batignole, voir ici Faubourg 36), à condition de bâtir le film sur un scénario original au lieu de se fourvoyer dans des ré-éditions fades et sans âme (Les choristes par rapport à La cage aux rossignols par exemple voir page suivante) ! Alix a trouvé « Fallait pas ! » Très bon et la musique de Khalil Chahine Très bonne. Comme quoi, fallait bien !…

 

 

Guerre

MONSIEUR BATIGNOLE, un film de Gérard Jugnot (2002) avec Jules Sitruk, Gérard Jugnot, Violette Blanckaert, Daphné Baiwir, Damien Jouillerot, Michèle Garcia, Ticky Holgado, Sam Karmann, Jean-Marie Winling… Musique de Khalil Chahine. Un DVD distribué par Bac distribution.

Ils s’appellent des Justes et leur action de sauver des Juifs pendant la seconde guerre mondiale leur vaudra d’entrer dans le Yad Vahem attestant leur courage désintéressé. Plus de 200 000 personnes auront pu éviter la déportation grâce au courage des français qui refusaient en bloc la persécution des nazis menant à l’Holocauste – la Shoah – mais combien d’autres auraient pu être sauvés sans la participation voire le zèle de l’administration française du régime de Vichy ? Sans parler des dénonciations individuelles et souvent anonymes de « gens ordinaires » envahis par la jalousie, la méchanceté, la suspicion, l’intoxication et par ignorance aussi de ce que la délation pouvait engendrer : déportation, vol de ses biens, chambres à gaz et mort atroce à l’arrivée. Peu de films dénoncent avec impartialité le rôle exact tenu par les fonctionnaires dans une administration française collaborant avec l’ennemi ; cette délicate question est néanmoins abordée dans le film de Gérard Jugnot. Oui, il a existé de fortes amitiés vis-à-vis des nazis surtout au début de l’Occupation quand une bonne partie de la population s’était laissée bernée par l’attitude affligeante du vieux Pétain, héros de la guerre précédente. Des hommes et des femmes au péril de leur vie, à titre personnel ou pour ne pas trahir leurs opinions religieuses, politiques ou philosophiques, auront par chance décidé de franchir ici et là ce pas essentiel vers l’entraide et la solidarité avec les victimes des bourreaux quitte à mettre en danger leurs propres vies et celles de leurs familles. Il y eut aussi un certain De Gaulle… La musique du film « Monsieur Batignole » s’adapte parfaitement à l’époque traversée, celle de la fanfare allemande avec sa grosse caisse se mêlant à l’accordéon, celles des mélodies juives se mêlant aux accords de jazz manouche, le tout dans un Paris transformé. Ce film est très bon, Alix l’Adore, sa musique aussi. Encore une réussite du grand Jugnot qui a compris qu’en 1939, le Père Noël n’était pas le seul à être une ordure. Heureusement pour nous tous, Papy fit de la Résistance… Splendide !

Pour en savoir + sur la France sous l’Occupation, un livre, cliquez ici (infos L’express)

 

Mâle de mer

LA VENGEANCE DANS LA PEAU, un film de Paul greengrass (2007) avec Matt Damon. Musique de John Powell. Un film Universal Pictures.

Après « La mémoire dans la peau » qui bougeait déjà pas mal dans tous les sens du terme, un film qui n’était pas néanmoins sans intérêt, le deuxième volet « La mort dans la peau » devint vite insupportable. Le paroxisme est atteint avec « La vengeance dans la peau », dernier volet de la trilogie. Comment peut-on autoriser la diffusion d’images dont le regard ne peut rien fixer ? Dans les écoles de cinéma comme dans tout bon club de cinéastes amateurs qui se respectaient, on apprenait autrefois le B.a-ba de l’art cinématographique. Avec une caméra on savait ce que l’on pouvait faire et surtout ce qu’il était interdit de faire car les générations précédentes avaient analysé et établi les codes de bonne conduite du professionnalisme. Parmi ces règles : ne pas filmer sans avoir bien solidement fixé la caméra sur son socle ; commencer et terminer un panoramique ou un travelling par une image arrêtée, ne pas monter le film en plans trop serrés, utiliser la technique du « champ/contre-chant », utiliser avec parcimonie les artifices du métier, par exemple le « fondu enchaîné » (transition entre deux images qui se superposent l’une à l’autre) ou le « fondu au noir » (pour les fins de scènes). Puis Claude Lelouch et Christian Zuber entre autres acolytes sont passé par là, on s’est autorisé avec bonheur à filmer « caméra sur l’épaule » ou « caméra au poing » à leur exemple. Hélas, on est allé beaucoup trop loin dans la démarche en se donnant toutes les libertés. Le résultat est terrifiant, que de films complètement ratés ! Alix pense qu’il faudrait payer cher pour trouver un seul spectateur qui puisse justifier les motivations artistiques du réalisateur et du monteur. C’est fait pour donner du mouvement aux poursuites ? Peut-être ne connaissent-ils pas « Ben-Hur »… C’est alors fait pour renforcer l’intensité dramatique ? Peut-être n’ont-ils pas vus « Vol au-dessus d’un nid de coucous »… Pour donner du rythme ? Pour soutenir l’action ? Alix aurait trop de contre-exemples à citer. Alors pour apprécier « La vengeance dans la peau » avec un acteur au jeu pas vraiment expressif, jugez par vous-mêmes et munissez-vous d’un comprimé contre le mal de mer : chaque séquence ne dure pas plus de deux secondes et la caméra bouge tout le temps. Mais quelle mouche de la bougeotte a donc frappé certains cinéastes surexcités aux portes de la maladie pathologique ? Alix n’a Pas du tout aimé ce film et n’a pas entendu la musique à cause de son mal de crâne.

P.S.Pour se changer les idées, Alix, n’allumera pas la télé : elle pourrait tomber sur un autre navire en détresse visuelle, l’agité «Lost/Les disparus » par exemple !

 

Comédies

AH ! SI J’ÉTAIS RICHE, un film de Michel Munz et Géard Bitton (2002) avec Jean-Pierre Darroussin, Valéria Bruni-Tedeschi, Richerd Berry, François Morel, Zinedine Soualem… Musique de Michel Munz. Une production Telema TF1 Films Production et la participation de TPS cinéma. LE CACTUS, un film écrit et réalisé par Gérard Bitton et Michel Munz (2005) avec Clovis Cornillac, Pascal Elbé, Alice Taglioni, Pierre Richard et Jean-Pierre Darroussin. Musique de Michel Munz. Un film TF1 Films Production, édité par UGC Vidéo.

Inutile de faire durer le suspense, le verdict est sans appel, ces comédies françaises sont très réussies. Alix l’exigeante sourit beaucoup et quelques scènes sont vraiment extrêmement drôles. Les comédiens sont tous excellents. Dans « Ah ! Si j’étais riche », Jean-Pierre Darroussin nous fait entrer dans la peau d’Aldo, un simple employé ordinaire, le triste représentant d’une entreprise de cosmétiques mais qui ne restera pas longtemps si démuni que cela… Valéria Bruni-Tedeschi et Richard Berry sont merveilleux de facilité et de naturel (c’est ça le talent), François Morel et Zinedine Soualem sont eux aussi totalement investis par leurs personnages respectifs ; le spectateur n’a aucune peine à adhérer à l’histoire et se prend d’affection pour l’image de nous-mêmes renvoyée par le film : nous sommes tous quelque part des Aldo en puissance ! Comme quoi nul besoin des décors monstrueux d’Hollywood ou de la machinerie énorme de certaines productions (très) coûteuses pour divertir et honorer le cinéma de fiction teinté de réalisme. On en redemande, la preuve, le réalisateur et son complice ont poursuivi leur chemin sur la même inspiration dans « Le cactus » avec Clovis Cornillac et Pascal Elbé, un duo absolument irrésistible. À noter dans « Ah ! Si j’étais riche » la présence sympathique de Darry Cowl et d’Henri Guybet, entre autres acteurs sympathiques et quasi- légendaires avec notre bien-aimé Pierre Richard dans « Le cactus ». Alix a Beaucoup aimé les deux films. La musique principale de l’un et de l’autre est signée du réalisateur Michel Munz et convient Vraiment bien, avec les autres musiques rajoutées, à l’esprit léger des différentes scènes . Quelle capacité créatrice pour un bilan sacrément positif !

 

 

Fantastique

LES DEUX MONDES, un film de Daniel Cohen (2007) avec Benoît Poelvoord, Florence Loiret-Caille, Natacha Lindinger, Michel Duchaussoy, Augustin Legrand, Pascal Elso. Musique de Richard Harvey. Un film Gaumont International.

Alix n’avait pas d’à priori : « Un film fantastique français avec un acteur comique belge », ça se présentait plutôt bien. Pourtant et allez savoir pourquoi, le public a souvent considéré que seuls les américains pouvaient maîtriser le cinéma fantastique… Est-ce simplement une histoire de gros sous ou d’auto-flagellation des français ? Bon nombre d’œuvres témoignent de la capacité de l’Europe à produire des films fantastiques extraordinaires et les maîtres d’œuvres d’Hollywood dans le genre ne sont pas moins que des européens exilés pour une simple raison, la promesse de fonds nécessaires à la création artistique d’envergure. L’ambition d’un scénariste, d’un réalisateur, d’un comédien ou de tout autre artisan du film est bien de travailler avec des moyens financiers conséquents et pas avec des bouts de sparadrap ! Preuve s’il en est de la capacité de l’Europe à produire des films imaginatifs, voici « Les deux mondes » de Daniel Cohen. Voici une histoire bien ficelée avec des effets spéciaux et une musique de Richard Harvey réellement fantastiques. Quant au choix de Benoît Poelvoord il fut judicieux car l’acteur déborde de vitalité et de crédibilité. Bref, il joue très bien et contribue largement au succès du film. Tous les acteurs se démènent comme il faut sans trop en faire, le rythme reste excellent. Au final, c’est vraiment divertissant et parfait pour toute la famille. Pour une fois, on sera épargné d’un excès de violence gratuite. D’autres films ont traité le voyage dans le temps et le trucage qui consiste à figer l’image avec un seul individu se déplaçant dans les millièmes de millièmes de secondes est brillamment apparu aux téléspectateurs français dans un épisode de la série américaine « La troisième dimension » dans les années 60. Honnêtement, Alix raffole de cela ! Trois bémols cependant à ce concert de louanges : les sous-titres ne sont pas faciles à lire, la chute du film est bien ingrate (l’infidélité est trop facilement pardonnée en France alors que le thème cher aux américains reste depuis toujours la reconstitution de la famille) et concrètement, la musique n’aurait-elle pas pu être confiée à un compositeur français ? Le choix d’un réalisateur n’est pas discutable mais les compositeurs étrangers ne sont pas les seuls à être très compétents ; Alexandre Desplat par exemple aurait fait un travail différent pour ce film mais qui aurait été tout aussi… Fantastique ! L’appréciation d’Alix : Très bien. La musique : Parfaite.

Site officiel du site ici / Les anecdotes du tournage ici (infos Movies Yahoo !) / Site officiel de Benoît Poelvoorde ici

 

Road Movie

LA BARBE À PAPA/Paper moon, un film de Peter Bogdanovich (1973) avec Ryan O’Neal, Tatum O’Neal, Madeline Kahn, John Hillerman, Randy Quaid. Musiques du films issues des grands succès des années 30 ; la musique du générique « Paper moon » est d’Irving Berlin et Harold Arlen –l’auteur d’Over the rainbow- et donnera involontairement son nom au film Paper moon. D’après le roman « Addie Pray » de Joe David Brown. Un film produit et réalisé par Peter Bogdanovich. Film et DVD Paramount.

Au départ, personne ne semblait vouloir de ce film. Le roman de Joe David Brown vendu à cent mille exemplaires avait pourtant toutes les chances d’inspirer un scénariste mais voilà, ni John Houston ni Paul Newman n’en voulaient. Le hasard voulu que le scénariste et réalisateur Peter Bogdanovich fut immédiatement disponible après un projet avorté pour se lancer dans l’aventure avec la Paramount. Son ex-épouse le conseilla et il auditionna les amis de la famille, les O’Neal : il lui fallait absolument trouver un père et sa fille véritablement complices dans la vraie vie pour rendre plus crédible la relation privilégiée des deux protagonistes à l’écran ! Le naturel et les dons de Tatum, fille de Ryan O’Neal (photo ci-dessous), firent des merveilles : doté d’un sens aigu de la répartie, très à l’aise devant la caméra, l’enfant sera récompensé par l’Oscar du meilleur second rôle féminin du haut de ses 10 ans seulement (personne à ce jour n’a battu cet exploit) car la gamine à la voix rocailleuse donne plus que le change à son acteur de père. Tatum est bien doublée en français par une femme qui aura assuré le doublage d’une grande quantité de jeunes acteurs dans les années 60 et 70 ; on reconnaîtra également dans ce film le tout jeune Randy Quaid dans un rôle court mais efficace.

 

La barbe à papa… et sa mouche tache !

(suite)

À sa sortie le film fut acclamé par les spectateurs davantage que par la critique et son intérêt réside dans l’atmosphère si particulière aux années 30 : récession, prohibition, poussière du Middle West américain avec ses immenses étendues sans arbres du Kansas et ses villes inchangées du Missouri, tous les éléments s’imposent comme décor naturel. Sur un excellent scénario et une réalisation parfaite, la lumière et la photographie jouent avec les contrastes artistiques rendus possibles grâce au noir et blanc qui cimente l’ensemble de l’ouvrage : un choix judicieux que n’aurait pas renié l’ami du réalisateur, Orson Welles. Ce film inspira en 1974 une série télévisée de treize épisodes d’une demi-heure chacun « Mais qu’est-ce qui fait courir papa ? » avec Christopher Connelly et un autre enfant-vedette, Jodie Foster (photo ci-contre).

À noter que la langue française permet également de donner un excellent titre au film « La barbe à papa » : c’est vraiment de circonstance !

Alix Adore ce film pas suffisamment connu de tous (l’un des favoris d’Eddy Mitchell qui nous permet sa redécouverte en version remastérisé, merci pour cette brillante séance, Eddy !) avec ses supers ajouts de Bonnes musiques blues, country et folk ; on reconnaîtra une mélodie joué par Victor Young et son orchestre. Le thème du générique sera repris comme leitmotiv dans la série télé du même nom. Allez, bonne soirée musique, paroles et cinéma !

 

Psychopathe

MONSTER, un film de Patty Jenkins (2003) avec Charlize Theron et Christina Ricci. Un DVD Media 8 Entertainment.

Ce film ressemble à une autre réalisation d’envergure, « Thelma et Louise », un road movie dont on raffole de ce côté-ci de l’Atlantique seulement voilà, les apparences sont trompeuses, ces deux films ne se ressemblent pas sur le fond. Aileen a subit de terribles épreuves dans son enfance et elle en restera traumatisée toute sa vie. Prostituée, traînant saoule dans les bars ou dans la rue, elle va rencontrer une femme également très mal dans sa peau, une jeune fille qui voudrait bien s’émanciper parce qu’elle préfère les filles. Aileen, contre toute attente, va donc tomber follement amoureuse de sa rencontre d’un jour et toutes deux vivront une poignante histoire d’amour. Les conséquences du parcours d’Aileen et sa passion dévorante pour Selby l’amèneront hélas dans le couloir de la mort ; lorsqu’elle a tué pour la première fois, Aileen était en situation de légitime défense. Pas les fois suivantes. Il s’en suivra une longue plongée impardonnable dans le folie meurtrière. La première tueuse en série d’Amérique laissera pourtant des regrets à ses amis et à ses compagnons d’infortune par la non-prise en compte d’éléments qui auraient pu expliquer ses évidents troubles mentaux. Le parcours d’Aileen s’est assombri par le fait qu’il est facile d’être armé aux États-Unis d’Amérique ; en cas de meurtre, la victime n’est évidemment plus là pour témoigner et donner sa version des faits. C’est une des raisons qui incite certains à opter sans détour pour la Loi du Talion (œil pour œil, dent pour dent) et la peine capitale décidée par la Justice semblait la seule fin possible pour Aileen. N’aurait-on pas pu la prendre en charge médicalement ? Ne pouvait-on rien faire en amont avant qu’elle n’entame son irréversible descente aux enfers ?

Aurait-on eu alors à dénombrer autant de victimes ? Les systèmes de détection d’une personnalité déséquilibrée et gravement dangereuse pour son proche entourage ou pour le public et pour elle-même existent bien mais la santé mentale de nos concitoyens, surtout ceux et celles qui sont les moins gâtés par la vie, qui s’en préoccupe vraiment ? Comment peut-on laisser s’enfoncer quelqu’un sans être coupable de non-assistance à personne en danger ? Mais peut-on soigner ou exiger d’un adulte qu’il se soigne de force contre sa volonté ? Fondamentalement, pourquoi faut-il toujours attendre les actes extrêmes pour réaliser l’ampleur d’un problème engendré par un malade mental ? Au fait ne sommes nous pas tous plus ou moins cinglé(e)s sans pour autant commettre des actes meurtriers sans retour possible ? Ce film dérangeant amène à réfléchir sur la nature humaine. C’est en tout cas une histoire extraordinaire de femmes pas ordinaires… Alix a trouvé ce film Très bien réalisé ; à noter la performance remarquable et oscarisée de Charlize Théron totalement métamorphosée et méconnaissable (comparez la jaquette du DVD avec la photo ci-contre) qui en fait quand même un peu trop, par moments, dans son jeu de psychopathe droguée et alcoolique. La musique d’ambiance est Discrète. Un film basé sur une histoire vraie qui fait froid dans le dos.

 

Tranche de vie/western

LITTLE BIG MAN, un film d’Arthur Penn (1970) avec Dustin Hoffman, Martin Balsam, Jeff Corey, Chief Dan George et Faye Dunaway. Musique de John Hammond Junior. Une production Millar-Penn. Un film Paramount.

Les formidables aventures d’un grand petit homme, voilà bien un sacré programme ! Les pérégrinations de Jack Crabb et du vieil indien Cheyenne qui va le prendre sous sa protection ne sont pas toutes sorties de l’imagination débridée d’Arthur Penn, les deux personnages hors du commun ont réellement existé. Jack Crabb aura tout connu et sera passé de la vie d’un blanc à celle d’un indien, un parcours exceptionnel relaté dans le roman de Thomas Berger sous le titre « Les mémoires d’un visage pâle » que le réalisateur se chargera avec conviction de transcrire à l’écran. Le chef d’œuvre « Little big man » fait lui aussi sauter bien des certitudes. Opposé à la vision unique proposée par le cinéma de son pays qui consiste à dire que l’homme blanc à apporté la civilisation aux indiens, Arthur Penn nous parle des grands maux débarqués avec les colons : les maladies inguérissables (syphilis en tête de liste), l’alcool frelaté, le scalp que l’on devait prélever sur la tête de l’ennemi (le blanc prouvait ainsi le nombre d’indiens qu’il prétendait avoir tué, une pratique reprise à leur tour par les indiens) et ces foutues armes à feu jusqu’alors inutilisées par les peuples amérindiens. Aujourd’hui il ne viendrait à l’esprit de personne de penser que l’invasion de l’Amérique – de toutes les Amériques – s’est faite sans violence et sans massacres. Pourtant quelques hommes auront tentés de vivre en parfaite harmonie avec la nature et les indiens, ce sont les coureurs des bois dont beaucoup sont venus de France pour d’établir au Québec voir ici la série Colorado (John Addison, compositeur) ; mais phénomène bien connu, ceux qui veulent en découdre parviennent plus facilement à leur fin que ceux qui veulent évoluer dans la paix et l’harmonie…

Le respect de la nature, du minéral et des animaux qui permettait à la multitude des peuples amérindiens de vivre sans dégradation irrémédiable et rapide de leur environnement a été bafoué par « les êtres humains à visage pâle ». Le massacre des bisons, la pollution de l’eau par la multitude des bovins importés, le développement des élevages intensifs, le fil de fer et le cheval de fer (le train), les industries minières et pétrolières, la construction des villes… L’homme blanc n’a jamais pris en considération les préoccupations de l’indien qui subissait de plein fouet la dégradation irrémédiable de son environnement ; la volonté maladive de certains responsables politiques et de généraux fous (Custer en chef de file) restait fixée sur l’éradication de la race indienne et de sa culture. L’indien avait déjà assez de difficultés avec la gestion des tâches quotidiennes très pénibles et les combats entre tribus qui pouvaient devenir sanglants, sa vie était difficile et méritoire. Il est vrai que l’homme vaquait néanmoins à ses préoccupations pendant que la squaw (parfois les squaws car l’indien était polygame) s’occupait de tout le reste ; parvenue à un âge avancé, la veuve pouvait même se retrouver seule et lamentablement rejetée par les siens. Les indiens n’étaient pas non plus des enfants de cœur.

Comme dans les autres parties du monde et depuis toujours, le choc des cultures en Amérique aura engendré bien des drames, un état de fait caractéristique de l’humanité dans son perpétuel besoin d’expansion. Et maintenant, qu’allons-nous faire ? Coloniser la planète Mars comme nous avons colonisé chacun petit arpent de terre de la planète bleue ? Mais bon sang, on en aura jamais le temps ni les moyens ! Alors comme le dirait le vieux et respecté chef indien Dan George au crépuscule de sa vie : « Demain sera un bon jour pour mourir ! ». Alix trouve que ce film est un chef d’œuvre, il est Exceptionnel et la musique, soumise aux influences diverses de la musique traditionnelle des uns et des autres, est adaptée de manière Parfaite.

Les secrets de tournage du film, cliquez ici (infos Allociné, en français)

Le chef indien The-Wah-No anglicisé Chief Dan George est présent dans plusieurs épisodes des séries télé Chaparral, Bonanza, Kung Fu, Colorado, Matt et Jenny, L’incroyable Hulk et autres feuilletons de Walt Disney. Il est également présent aux côtés de Clint Eastwood dans son film fétiche « Josey Wales hors-la-loi » qui dénonce lui aussi à sa manière le manque d’amitié et de cohabitation avec les indiens. Heureusement, Chief Dan George ne se contentera pas de jouer l’indien de service à la demande des studios ce qui serait déjà bien en soi : il défendra haut et fort la cause de ses compatriotes tout au long de sa vie, une cause qui aura été largement malmenée depuis la colonisation de l’Amérique par l’homme blanc. Gloire, respect et admiration. Chef !

 

Comédie

DIDIER, un film d’Alain Chabat (1999) avec Alain Chabat, Jean-Pierre Bacri, Isabelle Célinas, Zinedine Soualem… Musique de Philippe Chany. Un film distribué par Pathé !

« Didier » est un chien qui se transforme en homme… Pour notre plus grand plaisir. Basé sur un scénario original qui aurait pu rapidement tomber dans le grotesque, Alain Chabat par ses talents de réalisateur et de comédien nous fait entrer dans cette folle aventure pleine d’émotions. Et on rigole beaucoup ! Le cinéma français est donc mis à l’honneur dans une comédie légère et passionnante qui n’hésite pas au passage à égratigner le milieu maffieux d’un certain football professionnel aux enjeux financiers colossaux. La performance de l’artiste est d’autant plus intéressante qu’elle est liée à la présence sympathique de Jean-Pierre Bacri : l’incrédulité, la naïveté et l’humanité de son personnage va droit au cœur d’Alix. Un film qui sera pleinement apprécié par les amis des animaux et particulièrement par toutes celles et ceux qui aiment les chiens. Certaines scènes sont vraiment très émouvantes on en pleurerait presque… Foi de canidé, le tout servi dans une édition DVD d’une qualité rare (image et son restaurés). Merci Didier, tu nous épates ! Alix Aime beaucoup ce film tendre et sympathique ; la musique d’accompagnement est signée de son ami et compagnon de route Philippe Chany. Bien

Du flair, Alain Chabat n’en manque pas. Né à Oran alors française, rentré en métropole en 1963, il retournera sur le continent de sa petite enfance avec « Astérix et Obélix : mission Cléôpatre » en 2001 avec le succès que l’on sait. De l’Algérie au Maroc en passant par Paris, l’artiste est un citoyen du monde disposé à faire rire la planète entière mais il nous prouvera toujours au bon moment qu’il est avant tout un comédien au poil.

 

Alain, Didier, Jules et les autres…

L’ambition d’Alain Chabat, finalement, ne devrait pas s’arrêter à notre seule petite galaxie insuffisamment grande pour permettre l’explosion de son énorme talent. Scénariste de films, animateur, inventeur du quatuor « Les nuls » (Laubry, Farrugia et le très regretté Bruno Carette), c’est à la radio puis sur Canal + qu’il pourra mettre à profit ses capacités dérangeantes : il aime dire ce qu’il pense, faire ce qu’il veut et si possible nous faire comprendre que bon, tout ça c’est bien joli mais qu’il faut savoir à un moment aller (se faire) voir ailleurs. Parce qu’il préfère comme tout le monde philosopher tranquillement dans un coin perdu en pleine nature surtout à l’heure de la digestion après un bon cassoulet, l’artiste n’aime pas l’environnement agressif de nos sociétés dites « modernes » faites de bruit et de fureur. Sa vie, il l’aurait préféré proche de l’univers gentil, protégé et intelligent des personnages de Walt Disney qui auront tous forgé – quoi que l’on dise et quoi que l’on pense – nos caractères à tous et notre manière de penser : « Le journal de Mickey » et « Disney dimanche » avec l’ami Pierre Tchernia ne sont pas éloignés du « Belle et Sébastien » ou du « Manège enchanté » de la jeunesse d’Alix. Alors du tournicoti de Zébulon, Alain Chabat en gardera le préfixe pour nous saouler d’exploits amusants en continuant à nous toucher là où ça fait du bien. Des zygomatiques de la cousine Berthe avec l’excellent « Gazon maudit » aux couilles du grand-père d’Alix avec « Le cousin » d’Alain Corneau, gageons que l’acteur/amuseur public approuvé par les chiens (sauf ceux de sa profession) saura encore nous enchanter. Un bémol pourtant et cela n’engage qu’Alix, ses dernières prestations « RRRrrrr !!! » en tant que réalisateur ou « Papa » en tant qu’acteur semblent en dessous de ses possibilités créatrices. Alors pour relancer ses futurs projets, on lui signerait bien un nouveau Shreck en blanc !

Pour en savoir + sur Alain Chabat, cliquez ici (infos Alain Chabat on the web)

 

LA CRITIQUE DE FILMS (suite ici)

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