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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

Les musiques de films (IX)


Hans ZIMMER, compositeur

Ce compositeur va devenir le représentant d’une nouvelle génération de compositeurs. Son parcours n’est pas moins atypique que celui de ses prédécesseurs (de ses pères plus exactement) mais les situations rencontrées par le personnage sont très rocambolesques. Elles sont dans l’air du temps : toujours changeantes, compliquées et difficiles à suivre. Né en Allemagne en 1957, il fera le choix d’étudier la musique de façon libre et autodidacte. Très porté sur les sons électroniques, il gagnera l’Angleterre vers 22 ans et composera des « jingles », morceaux de musique de quelques secondes seulement servant à annoncer une émission ou à illustrer une publicité, une astuce utilisée pour provoquer chez l’être humain sensible au message diffusé des réactions de type « Pavlov » (voir article ci-dessous). Ces rencontres amicales et professionnelles l’amèneront du simple clip vidéo tourné avec son groupe pop célèbre The Buggles à l’illustration complexe de dizaines de films parmi les plus importants dès son arrivée à Hollywood. Avec la musique pour le film « Rain man » et une nomination aux Oscar, sa carrière outre-Atlantique prendra un départ fulgurant. Il ne perdra jamais pour autant le sens du commerce et du travail efficace. En créant son propre studio d’enregistrement et de production afin d’aider les débutants qui se lancent dans le métier, ce sera une manière généreuse et très élégante de « renvoyer l’ascenseur » au destin qui l’a fait connaître des réalisateurs de premier plan pour lesquels il a composé la musique du film : Barry Levinson (Rain man), Ridley Scott (Black rain) et Tony Scott (Jour de tonnerre), Ron Howard (Backdraft)…

 

Grâce au film de Riddley Scott « Gladiator » en l’an 2000, un succès mondial, son talent et celui de l’acteur qui ne rit jamais (Russel Crowe) exploseront au grand jour. La musique très accentuée de Hans Zimmer, renforcée par de fréquents coups de timbales, provoque une lourdeur excessive qui correspond parfaitement à l’esprit du film avec l’entrée des gladiateurs dans l’arène. Les scènes violentes de combats sont également valorisées par des arrangements très répétitfs dans la forme mais qui collent bien aux images. Avec « Le roi lion » il obtiendra un Oscar et la musique des dessins animés de la société de production DreamWorks lui seront confiées, « Le roi d’Égypte » en tête. Quant à sa musique pour le film « K2 » elle est une nouvelle fois exemplaire : les accentuations des rythmes collent parfaitement aux coups de pics des alpinistes sur le toit du monde. L’alternance des scènes d’action, de détente ou plus sentimentales sont ponctuées par une musique toujours adéquat, la marque de fabrique du compositeur. Depuis, il a créé un nouveau studio avec quelques uns de ses collaborateurs qui l’on suivi. Son parcours aurait certainement pu devenir plus serein s’il n’y avait les éternelles jalousies, rivalités, conflits et oppositions propres au milieu de la composition pour le cinéma. Les places y sont chères et déjà, du monde se presse à la porte : une nouvelle génération cherche à se forger une place au soleil, par exemple Marc Streitenfeld (qui vit avec la comédienne Julie Delpy), longtemps collaborateur d’Hans Zimmer, qui a composé la musique du film « Prometheus » de Ridley Scott (2012). Hans Zimmer s’était fait virer par le réalisateur à la suite d’un différend musical mais le maître n’a pourtant rien manqué : la superproduction s’avère désastreuse sur tous les plans (Ridley Scott est devenu l’ombre de lui-même). Alien que pourra…

Pour en savoir + sur Hans Zimmer : Site officiel du compositeur, cliquez ici (en anglais)

 

 

Policier

BLACK RAIN, un film de Ridley Scott (1989) avec Michael Douglas, Ken Katatura, Andy Garcia, Yūsaku Matsuda, Cate Capshow, Tomisaburo Wakayama…Musique d’Hans Zimmer. Un film Pegasus film partners/Twenty century fox.

« Black rain », que l’on ne s’est pas donné la peine de traduire en français par « La pluie noire  », fait référence aux retombées des explosions nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki en août 1945. Le film possède un scénario propice au suspense et les scènes d’action sont parmi les meilleures de la production américaine. La rencontre des stars U.S. et japonaises demeure une démarche rare et Très intéressante ; l’acteur Tomisaburo Wakayama fait preuve de luminosité dans un personnage humble et présent aux bons moments tout comme son compatriote Yūsaku Matsuda qui demeure très crédible dans la peau de l’ignoble et cruel Sato. Deux fois hélas, l’acteur mal connu en France décèdera de maladie quelques mois après la sortie de « Black rain » ; Tomisaburo Wakayama décèdera à son tour trois ans seulement après la sortie du film. Les côtés sombres que nous réservent la vie ne doivent pas occulter les aspects noirs du film : violence, combats meurtriers, les Yakuzas y mettent du leur ; avec cette bonne volonté de part et d’autre, les cadavres jalonnent le parcours impossible d’un novice des traditions japonaises (Michael Douglas) secondé par Andia Garcia, toujours aussi excellent ; alliés à des collègues policiers d’un autre genre, les deux mondes finiront par s’accorder sur le plan humain : « Le respect, c’est le lien de l’amitié ». On dit aussi que le respect ne s’apprend pas, que ça ne se commande pas mais que le respect se gagne : « Il est plus désirable de cultiver le respect du Bien que le respect de la Loi ». Avec ces citations diverses, il est facile d’entrer dans le sujet du film. Hans Zimmer, toujours aussi réservé sur l’emploi de mélodies, sait parfois en inventer une ; quand on a le bonheur de la découvrir, Alix n’est pas déçue. Le compositeur parvient à concilier les deux styles musicaux par l’emploi de sonorités propres à chaque continent. Le très beau thème utilise les cinq notes de la gamme pentatonique propre à la musique asiatique (voir ici) sur une orchestration polyphonique, un procédé que le compositeur n’a évidemment pas inventé mais qui fonctionne toujours aussi parfaitement. De manière moins réussie, les sons électroniques très agréables subissent la ponctuation « poum poum » de percussions indéterminées, une allusion aux coups distribués de part et d’autre, la spécialité d’Hans Zimmer. C’est son style pesant qu’apprécie modérément Alix…

 

 

Tranche de vie

RADIO FLYER, un film de Richard Donner (1992) avec Elijah Wood, Joseph Mazzello, Lorraine Bracco, John Heard, Tom Hanks, Adam Baldwin, Ben Johnson, Garette Ratliff et Thomas Ian Nicholas. Musique de Hans Zimmer. Un dvd Columbia Pictures.

Tom Hanks apparaît dès les premières images du film et c’est une heureuse surprise. Dans son rôle de narrateur il donne le ton du récit : l’histoire sera partagée entre poésie et drame. Dans la petite ville de Novato en Californie deux enfants vont réaliser leur rêve, « la grande idée » à partir de plusieurs éléments : le désir de voler comme les avions de l’aérodrome qu’ils admirent, relever un ancien défi des enfants du quartier et mettre en pratique un projet reposant sur un célèbre tricycle rouge fabriqué en 1917 aux Etats-Unis, le « Radio flyer », une sorte de chariot à trois roues. Les enfants ont toujours aimé construire des charrettes à roulettes pour dévaler le bitume et ce que vont réaliser in fine les deux gamins du film est impressionnant. On entre dans la peau des personnages, on adhère à leur parcours ; ils jouent très bien et leur réussite professionnelle dans le cinéma est évidente, du « Seigneur des anneaux » pour l’un à « La rivière sauvage (voir ici) » ou « Le monde perdu » pour l’autre. Hélas le fond de l’histoire se révèle être tragique : « Radio flyer » reste un drame sur la maltraitance des enfants devenus souffre-douleurs. Battu par un beau-père alcoolique, la fin du film s’avère terrifiante : comment le jeune Bobby va-t-il s’en sortir ? Le scénario original écrit par le réalisateur David Mickey Evans s’orientait vers un traitement plus radical de la question mais les producteurs en auront décidé autrement. C’est cet aspect mi-figue mi-raisin, l’évocation d’un drame sans traumatiser le spectateur, qui ne permet pas au film de décoller, paradoxalement. Très bien filmé en contre-plongée pour se mettre au niveau du regard des enfants avec des jeux d’ombres et de « lumière chaude » (un lever ou coucher de soleil par exemple), malgré les moments forts en joie, en peine et en révolte, le spectateur reste un peu sur sa fin car l’histoire semble traitée trop superficiellement ; l’œuvre ne semble pas aboutie. La musique en revanche est sans reproche : Hans Zimmer fait preuve d’originalité dans ses compositions par la valorisation de belles mélodies et d’arrangements « riches ». Par le timbre des instruments évoquant l’enfance, par les rythmes et les changements d’atmosphère, Hans Zimmer prouve une nouvelle fois ces talents de compositeur de musiques de films. Alix aime beaucoup ce film très attachant qu’elle juge Très bon avec sa musique Excellente.

 

 

 

Comédie

RASTA ROCKETT/Les apprentis champions/Cool runnings, un film de Jon Turteltaub (1993) avec Leon, Doug E. Doug, Rawle D. Lewis, Malik Yoba, John Candy… D’après une histoire vraie.Musique de Hans Zimmer. Un film Walt Disney.

Alors là, pas de doute possible : ce film est une excellente comédie. La Jamaïque tient à vie la place d’honneur du monde olympique pour l’exploit de ses enfants aux Jeux olympiques d’hiver de Calgary en 1988 dans un sport de glace ! Quatre athlètes, du débutant au sportif de haut niveau vont se lancer dans un pari fou : gagner sans armes ni bagages dans le dénuement le plus total. Impossible de partir de rien pour arriver à tout pensez-vous ? Eh bien non, nos amis n’ont pas usurpé leur réputation, la parole d’un jamaïcain vaut de l’or. Ils veulent coûte que coûte participer aux Jeux Olympiques ! Et ils l’ont fait, ils y sont allés, là-haut, dans cette glace et ce froid terribles, l’histoire du film s’est réellement déroulée telle quelle à peu de choses près. Jamaïque originelle, « Terre du bois et de l’eau », île magnifique où vivaient heureux les amérindiens issus de la forêt amazonienne, elle va attirer les yeux et l’attention du monde entier en cette année 88. L’esprit de compétition, la rage de se surpasser, la motivation collective, le désir de gagner, la fierté de réussir en terrassant Goliath témoignent de la nature humaine dans ses sentiments les plus forts. Comme dans une tragédie espagnole, chacun devra se déterminer : nos quatre compères et leur entraîneur déchu parviendront-ils à respecter leur contrat moral ? Après tout, peut-on être sûr d’y arriver quand tout se retourne contre vous ? La musique de Hans Zimmer est géniale : de l’ambiance tropicale à l’atmosphère gelée du Canada, de la torpeur des premiers instants aux grands moments de découragement en passant par le dynamisme incroyable des scènes d’action, le compositeur fera preuve d’une remarquable capacité d’adaptation. Alors pas d’hésitation : la musiquette « Rasta rockett » n’est pas douillette ni gentillette, c’est la chansonnette d’une conquête quand les athlètes font la poussette, yo man, avec leur bob c’est pirouette sur la planète, la réussite la plus complète des athlètes de la roquette… Sûr qu’avec une chanson pareille ils vont pouvoir financer leur voyage ! Très bon film et Très bonne musique pour Alix la critique de films.

Pour connaître le nom des comédiens français et québécois qui doublent les acteurs, cliquez ici (info Wikipedia)

 

 

Drame historique

12 years a slave Mélodies Modernes

12 YEARS A SLAVE/Esclave pendant douze ans, un film de Steve McQueen (2013) avec Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender, Lupita Nyon’go… D’après le récit autobiographique de Solomon Northup. Musique de Hans Zimmer. Un film distribué par la Fox et Summit entertainment.

Alix aurait aimé « accrocher » au film mais le récit Sonne Faux. L’histoire semble mal traitée (sans jeu de mot) par l’abondance de scènes surréalistes et de situations peu crédibles par rapport au contexte, l’esclavagisme. Particulièrement mal joué, l’identification au héros n’est pas facile car Chitewel Ejiofor manque singulièrement de charisme, idem pour Michael Fassbender. Tous deux sont mal dirigés et pas très bien doublés en français, pour une fois. La musique d’Hans Zimmer ne décolle pas davantage : la mélodie peu envoûtante reste prisonnière des morceaux de violon solo (qu’il n’a même pas composé ni arrangé) et de quelques extraits de musique classique (une démarche déjà habituelle chez le réalisateur, ça promet !). La musique de film ne sort pas grandie de cette aventure humaine pourtant extraordinaire et le racisme fortement généralisé après les lois d’abolition de l’esclavagisme doivent être dénoncées, pour ne jamais oublier. Oui, il a existé une époque terrible où des hommes exploitaient d’autres hommes en les ramenant à des « moins que rien ». Les scènes de souffrance et de torture, insupportables, sont basées sur des faits réels et possèdent une haute valeur pédagogique. D’un point de vue strictement cinématographique en revanche, elles deviennent totalement inutiles dans leur prolongement : le calvaire infligé à Solomon, contraint de rester debout, ligoté, dressé sur la pointe des pieds pour éviter l’étouffement par pendaison, serait plus efficace avec un montage plus serré (ceci dit sans mauvais esprit). La banalité de la gestion du film (plans larges e très longs sans images de coupe, par exemple), malgré son thème révoltant réclamant de l’audace visuelle et moins de belles images, ferait presque oublier la dimension tragique qui se joue devant nos yeux. Apparenté un moment à « La liste de Schindler » avec sa musique classée n° 4 au Top 100 des plus belles musiques de films, « Esclave pendant douze ans » ne tient pas la comparaison, l’intensité dramatique et la focalisation sur un personnage central inspiré étant peu prégnantes ; il aurait fallu de meilleurs acteurs et un meilleur réalisateur ! Dommage, un sujet aussi gravissime que la traite des hommes à couleur de peau noire en Louisiane au milieu du XIXe siècle méritait un meilleur traitement, c’est le cas de le dire cette fois-ci !

 

Science-fiction

Interstellar - Les Mélodies ModernesINTERSTELLAR, un film de Christopher Nolan (2014) avec Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Jessica Chastain, Bill Irwin, Ellen Burnstyn, Michael Caine… Musique d’Hans Zimmer. Un film Warner Bros et Paramount pictures.

Depuis l’excellent « Contact » avec Jody Foster, Matthew McConaughey ne rêvait que d’une seule chose depuis dix-huit ans, lui rafler la vedette dans le même type de film. Devenir le personnage central d’un film de science-fiction à gros budget, qui ne vendrait pas père et mère pour y parvenir ? Le problème, c’est que tout le monde ne s’appelle pas Zemeckis, Foster ou Alan Silvestri ; le scénario d’ « Interstellar » n’est pas celui de Carl Sagan et voici donc un film complètement Raté. Lent, mou, long, ennuyeux, ridicule, mauvaise copie d’autres films, les adjectifs ne manquent pas à Alix pour vous livrer sa déception. Le réalisateur ne lui plaisait déjà pas beaucoup depuis le renversant « Inception » et son avis ne changera plus à moins d’un virage à 180 degrés. Au niveau du travail d’Hans Zimmer, le temps de la retraite approche pour le compositeur vieillissant : Aix a entendu rarement une musique de film aussi Nulle. Ce n’est sûrement avec une note tenue interminable et un son aigu répétitif que le compositeur pourra redorer son blason. Ses idées ne décollent plus, ses arrangements manquent de dimension, la distance entre l’inspiration qu’il possédait à ses débuts et l’absence de tout s’allonge interminablement. La science-fiction, c’est aussi dans la musique de film qu’on la rencontre (du troisième type).

 

 

 

John DEBNEY, compositeur

John Debney est né dans un milieu qui le prédisposait à sa future réussite. Son père, Louis Debney, était producteur pour la chaîne de télévision CBS et pour l’entreprise Disney dans les années 60. Le parcours musical du jeune américain fut des plus classiques à l’image du cursus des études musicales du pays. Ce qui compte le plus en fait, c’est le gain de temps dont il bénéficiera : le compositeur n’aura pas à franchir toutes les étapes ni à contourner tous les écueils du métier. Quoique parfois, c’est le fils du cordonnier qui est le moins bien chaussé ! Le compositeur obtiendra les faveurs du public grâce à son travail pour les films destinés au jeune public dont le récent « Duma » (2005). « Inspecteur Gadget », « Le roi Scorpion », « Spy kids 1 et 2 » et sa première grande réalisation : « Hocus Pocus les trois sorcières » (1993) avec une Bette Midler formidable dans son rôle fantastique (une production Walt Disney). On lui doit la réalisation du logo « Touchtone Pictures » apparaissant au début des films. Mais le compositeur de musique de film, pour être motivé et trouver l’inspiration, doit être constamment sollicité par des scénarios d’un genre très différent. Tout naturellement il se proposera donc pour « The relic », un film d’horreur très réussit mais également pour l’excellente production « L’île aux pirates » en 1995.

De l’avis des spécialistes, il s’agit de sa meilleure partition, un coup de maître à seulement 39 ans ! Ce film aura coûté 92 millions de dollars, une broutille par rapport aux 200 millions de « Pirates des Caraïbes 3 ». Un coût exorbitant qui ne fait pas le talent car dans le rôle du pirate Morgan, Geena Davis est beaucoup plus crédible que son successeur Johnny Depp ridicule dans son personnage maniéré et stéréotypé. Autre réussite de John Debney, ses trouvailles sonores pour le film d’horreur « Souviens-toi l’été dernier » de Jim Gillepsie en 1997 avec les futures grandes vedettes féminines que deviendront Jennifer Love Hewitt et Sarah Michelle Gellar. Les sons stridents des violons rappellent ceux de Bernard Hermann pour « Psychose » (voir ici) mais la comparaison s’arrête là : John Debney apporte du nouveau dans l’orchestration avec de magnifiques coups de timbales doublés d’accords graves martelés au piano, un exemple de sa capacité à créer des ambiances musicales extraordinaires par l’originalité de ses orchestrations. La dernière grande composition de John Debney sera « La passion du Christ » de Mel Gibson (2004). Cette année-là, les fans de musique de film furent comblés par l’orchestration riche en dépaysement, le but de toute bonne musique du genre : coller aux images pour mieux les sublimer. Un film très réaliste qui fut sujet de discussion mais la musique, elle, échappa à la polémique : chez les connaisseurs de musiques de films, elle fit l’unanimité.

Pour en savoir + sur le compositeur, cliquez ici (site officiel en anglais)

 

 

 

Renny HARLIN, réalisateur
Geena DAVIS, actrice

 

Le film « Pirates des Caraïbes » (musique de John Debney) est exceptionnel à plus d’un titre. Pourtant le producteur du film Renny Harlin, marié à Geena Davis de 1993 à 1998, a toutes les raisons de ne pas en garder un très bon souvenir. Malgré sa modernité basée sur l’action et sur une psychologie des personnages intéressante qui en faisait un film en avance sur son temps, l’échec commercial de ce film boudé par les critiques de cinéma aussi bêtes qu’incompétents obligea le producteur – grand admirateur des films d’Errol Flynn – à fermer sa maison de production « Carolco Pictures ». Une autre création remarquable « Au revoir, à jamais » réalisé sur la même mouture enfonça un peu plus le producteur dans les problèmes financiers. Heureusement, « Peur bleue » sorti sur les écrans en 2000 lui sauva la mise. Débarqué de Finlande après avoir réalisé bon nombre de reportages et de courts métrages, il se fit remarquer en réalisant le troisième volet de la série des « Freddy » en 1988 puis avec « 58 minutes pour vivre » et « Cliffanger », deux films dynamiques avec l’excellent Bruce Willis et sa formidable voix française. Un film récent « Mindhunters » avec Val Kilmer et Christian Slater fait encore faire parler de Renny Harlin réalisateur et c’est tant mieux !

Geena Davis est absolument géniale dans le film « L’île aux pirates », un rôle qui lui va comme un gant. Poursuites, cascades, action, c’est du grand art ! Du haut de son mètre quatre vingt trois, elle commença dans « Tootsie » de Sydney Pollack en 1982 puis enchaîna avec le film fantastique « La mouche », prit le temps de se marier avec Jeff Goldblum puis de jouer dans le célèbre road movie « Thelma et Louise » grâce auquel elle obtint son Oscar de meilleure actrice en 1991. Puis ce fut l’incroyable « Au revoir à jamais » en 1996 (voir ici) On a pu l’apprécier récemment dans la série télé à succès « Commander in chef » où elle interprète le rôle du Président (de la Présidente, pardon) des États-Unis. Une grande prestation individuelle malgré une certaine fadeur des divers scénarios échafaudés sur une vision géopolitique du monde toute américaine…

 

 

Comédie

FASHION MAMAN/Raising Helen, un film de Gary Marshall (2004) avec Kate Hudson, John Corbett, Joan Cusak, Hayden Pannettiere, Spencer Breslin et Helen Mirren. Musique de John Debney. Un film Touchtone pictures.

Gary Marshall, acteur à l’âge de 27 ans, scénariste à 30, producteur à 32, réalisera son premier long métrage à 36 ans. Issus de parents oeuvrant dans le domaine artistique, ses origines européennes par son père italien et les parents de sa mère immigrés d’Angleterre et d’Écosse, ne l’empêcheront pas de réaliser des films très américains dans la forme et le fond ; son plus grand succès date de 1990 et s’appelle « Pretty woman ». Autant dire qu’il affectionne les scénarios à l’eau de rose, très sentimentaux et parfois gnan-gnan mais qui ne manquent pas d’intérêt lorsque les rôles sont interprétés par de bons acteurs très bien doublés en français. C’est le cas pour « Fashion maman » qui permet de découvrir une actrice bourrée de naturel et de spontanéité, Kate Hudson. Ici aussi les gènes artistiques parlent d’eux-mêmes : fille de Goldie Hawn et du musicien-acteur Bill Hudson, belle-fille de Kurt Russell, son frère Olivier est également acteur. Un contexte favorable qui ne justifie en rien les performances d’acteurs mais permet tout de même d’accompagner la motivation des uns et des autres, la chance ne suffisant pas pour réussir dans le cinéma comme chacun le sait : le talent et l’ambition priment avant le reste. À son tour, le compositeur John Debney réussira à créer de la belle ouvrage : sa musique à l’orchestration classique repose sur des cordes très agréables à entendre et relève une production distrayante, sans prétention mais qui ne pourrait à ce titre se passer de l’apport fondamental de la musique. Plusieurs tubes de variété agrémentent les différentes scènes et John Debney parviendra à fusionner le tout. Un film très sympa avec sa musique Très bonne, voilà l’évaluation d’Alix qui ne vous emmènera pas en boîte pour autant : c’est sans fashion !

 

 

Action


MORT SUBITE/Sudden death,
un film de Peter Hyams (1995) avec Jean-Claude Van Damme, Powers Boothe, Raymond J. Barry, Dorian Harewood… Musique de John Debney. Un film Universal.

Plein les yeux plein les oreilles, on en prend un maximum dans ce formidable film d’action – catastrophe. Jean-Claude Van Damme joue les super-héros et honnêtement, il y arrive parfaitement ; c’est l’un de ses meilleurs rôles. Dans la peau du père de famille déterminé à sauver sa fille et si possible le Vice-Président américain (mais sa fille avant tout), le pompier de service très courageux qu’il incarne va affronter un groupe de terroristes prêts à tuer pour un gros paquet de dollars. Le thème du film rappelle évidemment un autre trouble-fête tout aussi dérangeant, Bruce Willis dans « Piège de cristal ». Avec un scénario pas très original on l’aura compris, le réalisateur Peter Hyams signe pourtant l’un des meilleurs films du genre ; les images rythmées et les scènes d’action permettent d’apprécier la folie meurtrière et la trame destructrice sans l’affolement des montages trop serrés ou des caméras qui bougent tout le temps. La musique de John Debney suit la même logique : elle utilise les ficelles du genre dans un contrôle sonore général, ses compositions et ses arrangements ne sont jamais tonitruants ou casse-ouïes. Le spectateur entendra les notes tenues jouées aux violons qui maintiennent l’unité entre les différentes séquences, il sentira les rythmes produits par les percussions qui soutiennent l’action et l’agitation des acteurs, il gardera sa respiration devant le grand spectacle qui lui est proposé grâce au tempo bien martelé, comme les secondes qui s’égrènent au compteur du stade… Les phrases musicales accompagnent les effets visuels comme dans les dessins animés où la musique se substitue au bruitage. La maîtrise de l’art des différents corps de métiers qui engendrent cette réussite cinématographique est donc totale, y compris le doublage des comédiens français toujours aussi extraordinaire (on reconnaîtra le voix de Jean-Louis Trintignant, le comédien parfait pour donner de la profondeur au méchant joué par Powers Boothe). Pouvu que le ciel ne leur tombe pas sur la tête ou que le sol ne se dérobe point sous les gradins : Jean-Claude Zorro Van Damme veille au grain fort heureusement pour nous… Alix la bombe des Mélodies Modernes trouve ce film Très bon dans le genre et sa musique Très bonne dans la forme et dans le fond, John Debney prouve une nouvelle fois son excellence en matière de composition de musiques de films.

 

 

 

Comédie

PALACE POUR CHIENS/Hotel for dogs, un film de Thor Freudenthal (2009) avec Emma Roberts, Jake T. Austin, Troy Gentile, Kyla Pratt, Johnny Simmons, Lisa Kudrow, Kevin Dillon, Don Cheadle, le chien Vendredi… D’après la nouvelle de Lois Duncan. Musique de John Debney. Un film Dreamworks.

Génial, ce film est génial si l’on excepte sa morale toute anglo-saxonne : la fin du film est ponctuée de l’incontournable scène de reconstitution parfaite de la famille américaine, une habitude dont on fini par se lasser. Peu importe, l’ensemble du film reste un régal pour tout cinéphile averti : l’émotion et l’action sont omniprésentes et les chiens dirigés par des professionnels amoureux de leur art du dressage crèvent l’écran. Ils sont formidables (chaque rôle important est interprété par plusieurs chiens similaires). Quel pari fou que de faire tourner à la fois des animaux et des enfants lorsque l’on signe son premier long métrage ! Les deux adolescents sont bien doublés en français et la relève est assurée, ils jouent parfaitement sans en faire trop. Pas de cabotinage sur le pavé ! Le style général, éloigné de la mièvrerie, fait la part belle aux images très colorées, aux cadrages, à la musique symphonique de John Debney ; la technique emprunte fortement celle utilisée pour les dessins animés où chaque mouvement est accompagné d’un effet musical (une chute à l’image = une descente chromatique rapide, par exemple). Les mouvements de caméra et les scènes originales se succèdent à un rythme amusant et distrayant. L’épilogue vaut largement le détour ! Il faudrait être allergique à l’enthousiasme dégagé par les bonnes actions menées par des bénévoles généreux pour ne pas apprécier pleinement cet excellent divertissement dédié au sauvetage des animaux martyrisés par les hommes. Il faudrait être un ours pour ne pas aimer ou simplement comprendre « Palace pour chiens ». Infréquentables justement, la majorité des critiques français le demeurent : soit ils sont tombés sur la tête soit ils en sont dépourvus. Totalement incendié avant sa sortie par un conglomérat de commentateurs malhonnêtes, revues, magazines, quotidiens, ces sagouins se sont « payés le film ». Pourquoi ce lynchage ? Bizarre, bizarre. Comment peut-on dissuader à ce point le public de se rendre au spectacle en cassant dans l’oeuf une production plus que valable ? Si l’on dissuade de manière inconsidérée les spectateurs de se rendre dans les salles de cinéma, il y aura moins d’argent pour tourner les films et pour donner les moyens adéquats aux réalisateurs entreprenant : les producteurs ont besoin de l’adhésion du public pour continuer à financer des œuvres destinées… Au public ! Plus que de la mauvaise foi, il s’agit pour ces aboyeurs levés de mauvais poil de démontrer leur totale absence d’esprit critique – on se souvient encore de leurs commentaires lamentables pour la sortie de l’excellent « Faubourg 36 (voir ici) » -. L’appréciation d’Alix de « Palace pour chiens » est donc positive : c’est un Très bon film avec sa musique fusionnelle à laquelle il manque une belle mélodie pour devenir excellente, les deux chansons primées au « Top 50 » américain n’étant pas très satisfaisantes sur le plan de la technique d’écriture. Elles manquent de mordant…

 

Comédie

SWING VOTE/LE VOTE DU CŒUR, un film de Joshua Michael Stern (2008) avec Madeline Carroll, Kevin Costner, Paula Patton, Kelsey Grammer, Dennis Hopper, Nathan Lane, Stanley Tucci, George Lopez… Musique de John Debney. Un dvd Touchtone pictures.

Première remarque : le doublage est excellent (on y est fort heureusement habitué en France). Deuxième remarque : la musique est très agréable, normal, c’est du John Debney (pas d’agressivité auditive ni de non-sens musical). Troisième remarque : l’intrigue est intéressante (que ne feraient pas nos politiciens pour devenir Président de la République !). Quatrième remarque : la jeune fille, Madeline Carroll, pour son premier grand rôle au cinéma (elle a commencé à l’âge de 7 ans), joue sacrément bien. Enfin cinquième remarque : la fin est en « queue de poisson ». Au total, ce film vaut la peine d’être vu une fois. Alix, notre chère critique de film, regrette seulement le rôle dévolu à Kevin Costner, celui d’un personnage peu cultivé, bourru et sans manières, légèrement frappadingue voire débile mental sur les côtés, ce qu’il saura contredire avec grandiloquence vers la fin du film grâce à l’influence énorme de sa petite fille au cerveau, celui-là, bien développé… Denis Hopper est excellent et sa présence fait du bien au casting. Le vote d’Alix va donc se greffer sur le scénario du film : ni blanc ni noir, elle ne vous dira rien de plus et c’est bien fait pour vous. 

 

 

 

Henri BOURTAYRE, compositeur

Henri Bourtayre aura fréquenté les plus grands artistes français de music-hall. Son parcours rappelle celui de Luis Mariano dans le film « Mexico ». En effet, né en 1915 à Biarritz il sillonnera tous les cabarets et lieux de spectacle de son superbe pays Basque un paquet de partitions posé sur la tablette du clavier de piano ; parmi elles, des compositions originales qui feront la célébrité de son duo avec André Dassary. À l’aube de la seconde guerre mondiale suivit l’inévitable « montée à Paris » vers l’âge de 20 ans comme c’était le cas à l’époque lorsqu’on voulait tenter sa chance – heureusement, ça a bien changé depuis (il faut le dire vite). Ses pérégrinations le feront connaître du milieu artistique. Henri Bourtayre écrira pour Raymond Legrand (le père de Michel Legrand, voir ici), il travaillera aux Éditions Ray Ventura en permettant à Tino Rossi, Georges Guétary, Maurice Chevalier de chanter ses futurs succès dont bénéficieront aussi les nouvelles vedettes montantes de la période d’après-guerre, Luis Mariano et Jacques Hélian pour ne citer qu’eux. Ses mélodies, mises en paroles par son fidèle collègue et ami Maurice Vandair (« Fleur de Paris » qui deviendra le symbole de la Libération de la France) puis avec Henri Kubnick (le producteur d’émissions radiophoniques qui a inventé l’émission « Le jeu des mille francs » longtemps présentée par Lucien Jeunesse sur France Inter) permettront aux futures vedettes de la chanson que l’on sait d’obtenir un succès populaire sans précédent.

 

 

Les Bourtayre : tel père, tel fils…

Dans les années cinquante, il fera la connaissance du saltimbanque et amuseur public Robert Lamoureux, un véritable « chansonnier » comme on les appelait autrefois (compositeur, parolier, chanteur, conteur, scénariste… Tous les talents !). Henri Bourtayre illustrera donc tout naturellement les films de ce dernier dont la fameuse trilogie de « La septième compagnie » avec ses phases et expressions devenues cultes : « J’ai glissé, chef », « Le fil vert dans le bouton vert », « Du à l’ail » etc. La musique du générique, principal thème du film, est à reléguer au rang des meilleures marches militaires écrites pour un film avec celles de « La grande évasion » d’Elmer Bernstein, « Le pont de la rivière Kwaï » de Malcom Arnold, « La marche des gendarmes » de Raymond Lefèvre, « Le jour le plus long » de Maurice Jarre et Paul Anka… Henri Bourtayre, avec ses thèmes efficaces et ses orchestrations riches harmoniquement et rythmiquement parlant, nous a quitté en 2009 en nous faisant bien marcher tout au long de sa carrière de musicien. Il nous aura fait rire, rêver, chanter et danser aussi. Un grand merci, Henri !

Pour en savoir + sur la biographie et les compositions d’Henri Bourtayre cliquez ici (infos Wikipedia)

 

 

 

Jean-Pierre BOURTAYRE, compositeur

Jean-Pierre Bourtayre est né en 1942 à Paris. Bercé dès son plus jeune âge par les sonorités d’un milieu musical en pleine effervescence, il se lance adolescent dans les rythmes de son temps plutôt que de s’investir dans les études classiques rébarbatives du conservatoire. Mélodiste comme son père Henri Bourtayre, il composera pour le groupe Les chats sauvages, Eddy Mitchell, Dick Rivers, Danny Boy et ses Pénitents, Richard Anthony, Jean-Claude Pascal, Françoise Hardy, France Gallet pour Séverine qui remporta le Concours de la chanson 1971 de l’Eurovision ; avec « Un banc, un arbre, une rue » (paroles d’Yves Dessca) la jeune chanteuse représentait la Principauté de Monaco pendant que Serge Lama chantait pour la France « Un jardin sur la Terre » (il débuta par cette chanson sa longue collaboration avec Alice Dona). Ce sont les grands tubes de Claude François dès 1970 qui feront exploser le talent de compositeur de Jean-Pierre Bourtayre : « Y’a le printemps qui chante », « Une chanson populaire », « Le téléphone pleure », « Toi et moi contre le monde entier », « La musique américaine », « Alexandrie, Alexandra » et « Magnolias for ever ». En collaborant avec un des meilleurs paroliers français Etienne Roda-Gil, il composera pour Marcel Amont la superbe chanson « Bleu, blanc, Rouge » en l’honneur de la superbe Provence, également pour Nicole Croisille, Marie Laforêt, Georgette Lemaire, Sylvie Vartan, Genevève Thibaut etc. Les compositions de Jean-Pierre Bourtayre pour la série « Arsène Lupin » avec Georges Descrières marqueront la mémoire collective des téléspectateurs avec les deux chansons « l’Arsène » (1970) et « C’est le plus grand des voleurs » (1974) chantées par l’ami Jacques Dutronc. En 1972 il s’était déjà frotté aux « Évasions célèbres » de l’ORTF avec de multiples réalisateurs connus et comme acteur un certain Georges Descrières (sans oublier Etcheverry, Duchaussoy, Fabbri, Velle, Wauthion… que des bons) ! Résolument, le musicien Jean-Pierre Bourtayre aura été très prolifique et le mot compositeur aura pris, grâce à lui, toute sa valeur. Bon sang ne saurait mentir…

Site Tout sur Arsène Lupin (infos d’un passionné par le personnage de Maurice Leblanc)

 

 

 

Dominic FRONTIERE, compositeur

Dominic Frontiere est un grand professionnel de la musique de film. Il a mené sa carrière musicale comme le fait tout artiste particulièrement doué et déterminé. Né en 1931 dans le Connecticut, l’enfant se lancera jeune dans l’apprentissage de divers instruments à vent et à cordes en passant par la batterie complète ce qui lui permettra d’obtenir très tôt la dimension nécessaire à son futur métier d’arrangeur. Trois rencontres l’amèneront au sommet de l’art musical : celle de son professeur Joseph Biviano, l’un des fondateurs de la plus importante société d’accordéonistes du continent nord américain, association créée en 1938. Ce virtuose du « piano du pauvre » poussera le jeune Dominic Frontiere sur la scène du Carnegie Hall de New-York à l’âge de douze ans pour un récital en solo. Adolescent, il rejoindra la formation de Dick Contino, le fils d’immigrés italiens qui se fit remarquer dans les concours télévisés où il y gagna de nombreux prix. C’était l’époque où un accordéoniste pouvait déclencher l’admiration d’un public en délire. Désireux d’aller de l’avant, après ces trois années au service de « la bande de Dick » et du producteur Horace Heidt, il se remettra à l’étude de la musique classique (composition et orchestration) à l’Université d’état de Los Angeles (UCLA). Dans les années 50 les postes liés à la musique dans les studios de cinéma et à la télévision étaient tous pourvus, les places étaient rares et un débutant n’avait que peu d’espoir d’y trouver un emploi. Cette seconde rencontre sera déterminante pour Dominic Frontiere et porte un nom glorieux : Alfred Newman. Remarqué par l’homme à la double casquette (compositeur et Directeur musical de la 20th Century Fox cliquez ici pour en savoir +), chaudement recommandé à son frère Lionel Newman, celui-ci le prendra sous son aile protectrice et formatrice comme il l’a fait pour bien des compositeurs devenus célèbres par la suite (John Williams, Jerry Goldsmith, Patrick Williams entre autres).

 

Dans un premier temps, la tâche principale de Dominic Frontiere consistera à réaliser un travail de fond, cette partie ingrate du métier qui consiste à arranger les compositions des autres en l’occurrence celles de son mentor. Mais la polyvalence de Dominic Frontiere l’incitera à « monter » parallèlement un sextet de jazz, à arranger des thèmes sud-américains pour un festival branché et il réunira une vingtaine d’accordéonistes parmi les plus fameux du moment pour produire plusieurs albums de musique instrumentale de morceaux connus. Mais à force de se rendre indispensable pour les autres il se décidera à tenter sa chance : il composera lui-même pour la pellicule ce qui fut rapidement fait. Cette troisième rencontre d’importance se fera avec la télévision : l’explosion des séries et feuilletons du petit écran dans les années 60 lui permettra de laisser libre court à son imagination mélodique et harmonique très fertile et tout à fait remarquable : « Au-delà du réel » en 1963 puis en 1966 « Les Envahisseurs » voir ci-dessous et « Le cheval de fer » avec Dale Robertson dans le rôle du gentleman Ben Calhoun, le gentleman qui se déplace à travers les plaines du far-west à bord de son train personnel… sans oublier les films à grands spectacles toujours dans la même ambiance western « Pendez-les haut et court » avec Clint Eastwood (1968), les incontournables « Chisum » et « Les voleurs de trains » avec John Wayne (en 1970 et 1973) pour lesquels Dominic Frontiere parviendra à imposer sa patte à une époque où les producteurs ne juraient que par Morricone suite aux succès des œuvres de Sergio Leone. Il sera sollicité en 1977 par le célèbre chanteur/auteur américain de country/blue grass/jazzy Dan Fogelberg et lui offrira une mélodie non moins célèbre « Nether Lands ». Relation de cause à effet le hollandais Paul Verhoeven lui demandera en 1982 d’écrire la partition de son téléfilm français « Un enfant de lumière » avec Robert Castel. Depuis les années 80, notre ami s’est investi dans la musique électronique. À 76 ans on parle moins de Dominice Frontiere, viendrait-il de commencer une retraite heureuse bien méritée ? Merci Monsieur Frontiere, votre musique est sans limites et vos mélodies perdureront dans la galaxie !

 

 

Les envahisseurs


« Les Envahisseurs, ces êtres étranges venus d’une autre planète. Leur destination ? La Terre. Leur but ? En faire leur univers. David Vincent les a vus. Pour lui, cela a commencé par une nuit sombre le long d’une route de campagne tandis qu’il cherchait un raccourci que jamais il ne trouva. Cela a commencé par une auberge abandonnée et par un homme que le manque de sommeil avait rendu trop las pour continuer sa route. Cela a commencé par l’atterrissage d’un engin spatial venu d’une autre galaxie. À présent, David Vincent sait que les envahisseurs sont là, qu’ils ont pris une apparence humaine. Il s’est fixé pour tâche de convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà commencé… ». Avec ce texte annonciateur d’épisodes palpitants, la série n’a pas perdu en crédibilité ni en réalisme grâce aux effets spéciaux très simples mais terriblement efficaces, le principal étant la disparition d’un extraterrestre, un trucage très télévisuel. Une modernité qui surprend grâce au jeu de l’acteur Roy Thinnes et de la voix française du comédien Dominique Paturel (Jean Berger est le formidable narrateur), grâce aussi à la musique de Dominic Frontiere car elle contient tous les éléments angoissants et surnaturels de l’intrigue : quelques demi-tons joués lentement avec conviction par les instruments graves de l’orchestre d’harmonie (trombone et tuba) contrebalancés par les sons bien marqués et répétés des flûtes traversières qui tournent autour de la note tonique (dans la tonalité mineure, on alterne la gamme harmonique qui inquiète et la gamme mélodique ascendante qui rassure). Ces dualités nous ramène à l’individu qui veut sauver l’humanité contre les extraterrestres qui veulent la détruire. La musique intelligente dans sa conception soutient donc parfaitement la raison d’être des images !

Une série créée par Larry Cohen et qui vient de sortir chez TF1 Vidéo. À ne pas manquer… avant qu’il ne soit trop tard !

Pour en savoir + sur Dominic Frontiere, cliquez ici (site d’un fan hollandais, textes en anglais) et ici (infos Space age pop, en anglais)

Pour en savoir + sur la série télévisée « Les envahisseurs », cliquez ici (infos Science-fiction story, en français)

Pour en savoir + sur le chanteur Dan Fogelberg, cliquez ici (site officiel en anglais)

Et pour en savoir + sur le téléfilm et la trilogie « Un enfant de lumière », cliquez ici (infos en français)

Pour écouter le générique des Envahisseurs, cliquez ici (site Les génériques tv).

 

Policier

COLOR OF NIGHT/La couleur de la nuit, un film de Richard Rush (1994) avec Bruce Willis, Jane March, Ruben Blades, Lesley Ann Warren, Brad Dourif, Lance Henriksen… Musique de Dominic Frontiere. Un film interdit au moins de 12 ans (version longue).

Pas d’ambiguïté possible : ce film dans sa version longue est résolument érotique et comporte plusieurs scènes d’amour torrides. La caméra ne dévoile pas tout ce qui empêche le film de tomber dans la catégorie des films « classés x » mais tout de même, le fait de montrer en gros plan les attributs de Bruce Willis flottant dans la piscine sous les lichouilles de Jane March ne constitue pas un intérêt cinématographique certain ; filmé sans talent particulier, le voyeurisme ne permet pas de sublimer la relation sexuelle. Jane March se marre d’ailleurs trop facilement et Bruce Willis fait tant de grimaces qu’ils en deviennent ridicules. Par contre la trame du film est intéressante, débusquer l’assassin d’un psychanalyste qui se trouve être l’un des ses patients. Problème, tous les personnages du film semblent complètement tarés même ceux qui occupent des postes à responsabilité ce qui déroute le spectateur ; le film sombre vite dans la caricature. On pourra néanmoins apprécier Brad Dourif dans un personnage atypique qu’il connaît bien car personne n’oubliera jamais son excellente performance dans l’extraordinaire « Vol au-dessus d’un nid de coucou » voir ici). La musique de Dominic Frontiere se résume à une chanson auréolée de succès à l’époque de la sortie du film mais qui n’a plus aucun intérêt. Sa musique reste cependant agréable et bien adaptée aux images par le mélange orchestre/synthés malgré certaines lourdeurs et facilités. « Color of night » est un film Moyen réalisé dans la belle période d’acteurs encore fringants ; les courses poursuites réussies et les cadrages soignés (deux personnes éloignées restent nettes grâce à l’utilisation d’un filtre séparateur) sont soutenus par une musique Moyenne car dépassée par son temps. Comme on dit, « On ne peut pas être et avoir été »…

 

 

 

Frédéric TALGORN, compositeur

Connaissez-vous Frédéric Talgorn ? Non, peut-être pas. Connaissez-vous le violoniste André Rieu ? Oui, probablement. C’est bien là que réside la différence entre les personnes qui aiment le vedettariat et les travailleurs de l’ombre que l’on connaît peu. Indépendamment de toute considération d’ordre qualitatif sur le professionnalisme de chacun, il nous faut connaître l’existence des musiciens qui apportent une large contribution à l’art musical sous toutes ses formes pour leur permettre de maintenir le niveau atteint ces dernières décennies dans la musique de film ; il faut admirer leur travail et leur talent car ils ne manifestent, eux, aucun intérêt à soigner leur propre popularité. Dans la musique classique il en est de même, certaines personnalités ont suivi leurs destins sans se soucier de leur notoriété naissante. 1961 est une année très intéressante en ce sens. Savez-vous que le compositeur Olivier Messiaen fut un novateur et que l’une de ses passions était les chants d’oiseaux ? Une démarche qui ne fut pas comprise par son entourage professionnel ni par le public, pourtant, le « qu’en dira t-on ? », ce n’était vraiment pas son problème. Heureusement pour nous. Ses compositions marquent une étape fondamentale dans l’évolution de la musique en général. Il épousa cette année 1961 la pianiste Yvonne Loriot qui fut son élève puis l’interprète majeure de ses œuvres ; elle enseigna l’analyse et la composition musicale au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, une belle réussite professionnelle. C’est avec cette dernière que Frédéric Talgorn étudiera la composition, lui qui a vu le jour en cette fameuse année 1961 ; il étudiera aussi la direction d’orchestre avec Jean-Jacques Werner alors au début de sa brillante carrière de chef d’orchestre entamée en… 1961. Quant à Frédéric Talgorn notre brillant musicien toulousain , malgré des études classiques plus que solides, il ne recevra pas de propositions musicales satisfaisantes en France et partira tenter sa chance aux États-Unis du côté de la côte californienne. Son évolution professionnelle dans une discipline musicale en pleine expansion dans les années 70, la musique de film, passait certainement par cette pérégrination.

Avec l’écriture pour plusieurs films dont « Edge of sanity », une nouvelle version de Dr Jekyll et Mr Hide de Gérard Kikoine (1989) avec Anthony Perkins (un film très réussi pour un réalisateur que l’on pensait seulement spécialiste de films pour adultes), Frédéric Talgorn composera la musique du parcours de la flamme olympique des mémorables jeux d’hiver d’Alberville en 1992. Quel sacré souvenir ! Puis suivront « Fortress » de Stuart Gordon (1993), un bon film de science-fiction avec Christopher Lambert, « Les chroniques du jeune Indiana Jones » pour lequel « 50 minutes de musique fut composée en douze jours ! » dixit le compositeur sur son site officiel, « Heavy Metal 2000 » des réalisateurs Coldewey et Lemire (d’après la bande dessinée du même nom), « Les aiguilles rouges » (voir jaquette et photo ci-contre) et d’autres encore… Frédéric Talgorn trouvera également le temps de diriger l’excellent Royal Scottish national orchestra pour un superbe ré-enregistrement de la musique de Franz Waxman « Peyton Place » (voir ici) et la très belle musique de John Barry « Born free/Vivre libre » (voir ici) sans oublier la saga des « Star wars/La guerre des étoiles » (voir ici). La musique classique est honorée elle aussi par le travail de Frédéric Talgorn : un concerto pour trompette et plusieurs concertos pour violon témoignent du domaine de prédilection du compositeur, la musique symphonique classique. Alors il va nous falloir dorénavant composer avec ce talentueux musicien dont on retrouve le nom au générique de nos soirées cinéma, histoire de bien confirmer si nécessaire que sa musique reste descriptive, mélodique et romantique à souhait. En deux mots : son écriture est superbe et parfaite. Mister Frédéric Talgorn n’a pas fini de nous enchanter, au moins 1961 fois de plus !

 

 

Site officiel du compositeur Frédéric Talgorn, cliquez ici

Les aiguilles rouges au Pays du Mont-Blanc, à admirer au moins une fois dans sa vie sinon on n’aura rien vu, cartes, plans et photos, c’est ici

 

Avé moi !

Astérix aux Jeux olympiques, c’est un film à grand spectacle pour lequel il faut tendre l’oreille vers la musique… Nul doute que la partition originale de Frédéric Talgorn est à la hauteur des moyens déployés, elle n’a rien à envier aux plus grandes musiques du cinéma américain : les orchestrations sont d’une grande beauté dans un équilibre des pupitres (le mixage) remarquable. Mais le film parfois très drôle n’en reste pas moins médiocre au niveau des gags proposés et du comportement des acteurs : Alain Delon sait rendre César génial, Gérard Depardieu reste lui aussi excellent, Franck Dubosc aura trouvé le ton juste pour illustrer son personnage amusant comme dans la bande dessinée mais Benoît Poelvoorde en revanche devient vite pénible voire insupportable dans son interprétation d’un Brutus rendu trop débile. Un film plutôt raté au final pour un défi aux dimensions hollywoodiennes qu’il fallait relever mais pour ce qui est du brio ce sera mieux la prochaine fois, impossible n’est pas gaulois !

Pour en savoir + sur ce troisième volet des aventures d’Astérix, cliquez ici (infos Cinémotions)

 

 

 

 

Les petites vedettes du grand écran

Depuis le début du cinéma les enfants sont associés aux scénarios. La photographie, le cinéma, la vidéo, la presse, Internet, nul moyen de diffusion d’images ne peut échapper à l’émotion provoquée par un sourire ou une larme de gamin(e) en témoigne le jeu naturel et spontané de Jackie Coogan dans « Le kid » (de/avec Charlie Chaplin). L’éducation, la vie, l’avenir sont liés à la présence indispensable des enfants et nos sociétés actuelles partout dans le monde doivent se pencher d’urgence sur la croissance démographique jamais atteinte : dans moins de quarante ans nous passerons de six à neuf milliards d’individus. Les enfants sont les sujets de nombreuses histoires traitées au cinéma dans tous les styles et dans toutes les époques. Du petit Victor (Jean-Pierre Cargol) de « L’enfant sauvage » de François Truffaut (voir ici) à Jules Sitruck dans « Les aiguilles rouges » (avec Jules-Angelo Bigarnet et d’autres jeunes comédiens), les petites filles comme les p’tits gars restent les grandes vedettes de productions inoubliables. La comédie musicale américaine a lancé la carrière de l’enfant prodige Shirley Temple dans les années 30 mais le milieu sans pitié du 7e art aura parfois tué le destin des plus faibles ou des plus malchanceux, il suffit de suivre le parcours difficile des deux enfants de « E.T. l’extraterrestre » de Steven Spielberg pour comprendre à la fois la beauté et la dureté de ce métier. Pour vivre pleinement une passion il faut être bien armé et protégé surtout si le cinéma s’impose à vous car des petites stars de l’écran n’ont parfois pas demandé à le devenir. Mal préparées, leur vie a basculé et leur avenir s’est trouvé compromis. Des dégâts psychologiques terrifiants survenus chez les uns sont heureusement contrebalancés par les succès énormes obtenus par les autres à l’exemple de l’attachant RoddyMac Dowall (voir ici) ou de la merveilleuse Jody Foster et il est impossible de dresser ici une liste même partielle des films dont les enfants sont les vedettes : ils sont trop nombreux ! Un état qui pourrait néanmoins commencer par le dernier film de Djamel Bensalah « Big City » dans lequel évoluent uniquement des enfants (et un seul grand enfant, Eddy Mitchell). La musique est signée Erwann Kermorvant, un breton de Lorient (voir ici la critique d’Alix)

 

* Retrouvez Jules-Angelo Bigarnet dans Malabar Princess en 2004 (photo ci-contre avec Jacques Villeret), musique de René Anbry cliquez ici (page XIII des compositeurs)

* Pour en savoir + sur les enfants-vedettes, cliquez ici (infos Today Stars, en français)

* Le site officiel de Jules Sitruck, cliquez ici

* Autre site consacré aux enfants acteurs, cliquez ici (infos Little Stars, en français)

* Rappelez-vous des Trois frères, le film de/avec Les inconnus, on y avait découvert le talent d’un autre petit comédien très prometteurCliquez ici (page Spectacle)

 

Accès page suivante : Dave GRUSIN, Fred KARLIN, Claude BOLLING, Fiorenzo CARPI, Mario NASCIMBENE, Woody GUTHRIE, Eric WEISSBERG, Jim HELMS compositeurs / David CARRADINE acteur / La musique country comme musique de film

 

 

 

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