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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

Pour en savoir plus sur les compositeurs de musiques de films et leurs créations, parcourez les pages suivantes !

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

Les musiques de films (V)

Lalo SCHIFRIN, compositeur

Parler de Lalo Schifrin est difficile tant l’artiste est complet, son parcours est riche de rencontres et de succès. En effet, peu de musiciens possèdent tous les talents : pianiste émérite, compositeur et orchestrateur hors pair, chef d’orchestre, Lalo Schifrin est reconnu et apprécié pour ses connaissances quasi illimitées dans l’art musical sous toutes ses formes ; par exemple il saura facilement persuader tel réalisateur de la nécessité d’allonger ou de raccourcir la scène d’un film pour qu’elle colle parfaitement à la musique, il sera capable d’améliorer la technique ou la musicalité d’un grand interprète lyrique ou d’un instrumentiste réputé grâce à son goût et à son sens critique, il donnera envie aux autres artistes de se surpasser pour l’étonner. Lalo Schifrin bénéficie plus que jamais de l’estime de toutes les personnes qui œuvrent partout dans le monde pour la diffusion multiculturelle… Né à Buenos Aires au début des années trente, son père Luis, violoniste professionnel, fonda avec d’autres collègues l’orchestre symphonique de sa ville natale. Le petit Lalo, fils prodigue, étudia donc le piano avec Enrique Barenboim (le père de l’actuel pianiste Daniel Barenboim) : voilà de quoi bien démarrer dans le métier !

Mais un environnement musical très favorable dans les premières années d’une vie ne suffisent peut-être pas à donner une motivation suffisante pour une évolution épanouie et le second coup de pouce du destin viendra de la France où dès l’âge de 18 ans il étudiera au conservatoire de Paris avec Olivier Messian. Imaginez la scène : un jeune étudiant qui va écouter religieusement son vénéré professeur concentré sur son jeu et ses improvisations sur l’orgue de l’église le dimanche matin… Mais après une nuit sans sommeil ! En effet, Lalo Schifrin fréquente le milieu vivant et bouillonnant de la Rive gauche parisienne où il se fait remarquer pour ses qualités de jazzman (c’est un excellent pianiste improvisateur dans son style préféré, le cool jazz) et d’arrangeur catégorie Hors concours ; une double vie musicale qui scellera définitivement son orientation professionnelle. Ses choix personnels seront novateurs par le mélange du classique, du moderne, de la musique électronique, du jazz et du traditionnel. Instrumentiste et compositeur, Lalo Schifrin absorbe et intègre tout, il restera en ce sens un enfant passionné à l’appétit insatiable : il agit comme une éponge baignant dans l’univers sonore des peuples et des cultures du monde pour nous restituer avec bonheur la partition fédératrice de tous ces éléments. C’est pourquoi sa musique est originale, ses compositions sont uniques et ses arrangements sont immédiatement reconnaissables : l’Argentine, la France, les État-unis, le Mexique, Israël, l’Autriche (comme en 2008 à l’occasion d’une nouvelle grosse commande de l’état autrichien décidément très inspiré) et d’autres pays encore se reconnaissent dans ses sonorités influencées par toutes les cultures.

L’artiste est un être très sensible et l’homme travaille dur, il gère plusieurs carrières en même temps et devra malheureusement souvent faire des choix difficiles et cruciaux car pour lui aussi les journées mériteraient de durer plus de 24 heures ! Au milieu des années cinquante, Lalo Schifrin de retour à Buenos Aires créera son big band et Dizzy Gillepsie l’entendra. Ce dernier le recrutera comme pianiste et arrangeur dans sa formation : la carrière de Lalo Schifrin dans la partie nord du continent américain commencera avec ce troisième coup de pouce du destin. Finalement, sa chanson favorite pourrait être « Je suis né sous une étoile filante » (Wandr’in star du film Paint your wagonLa kermesse de l’ouest) car le talentueux musicien est né sous les meilleurs auspices, celui d’un ciel étoilé dégagé de tout nuage. La fameuse promenade d’Hollywood Boulevard l’a d’ailleurs immortalisé au sol et la France l’a nommé Chevalier des Arts et lettres. Lalo Schifrin, citoyen musical du monde, restera dans la mémoire collective comme un homme exceptionnel au parcours remarquable et par chance toujours inachevé. Merci Maître (tiens, MM ce sont aussi les initiales des Mélodies Modernes…) !

Pour en savoir + sur le concert de Marseille Les cent ans du cinéma, cliquez ici /Pour en savoir + sur le concert 2007 à Paris Le Festival Jules Verne Inventions, cliquez ici

Pour découvrir le site officiel de Lalo Schifrin, cliquez ici (en anglais)

Pour écouter le générique de Mannix, cliquez ici (site Les génériques tv). Il s’agit de la version 2 avec Lalo Schifrin dans la partie soliste ; le premier enregistrement utilisé comme générique la première année mettait à l’honneur le saxophone et non le piano.

 

Film de guerre

 

L’AIGLE S’EST ENVOLÉ/The eagle has landed, un film de John Sturges (1976) avec Donald Sutherland, Michael Caine et Robert Duvall. Musique de Lalo Schifrin. Un film distribué par T.F.1. Vidéo (France).

L’histoire pourrait être vraie : la tentative d’enlèvement de Winston Churchill pendant la seconde guerre mondiale en Angleterre. Il fallait bien le machiavélisme d’un groupe de dirigeants du Reich (Himmler en tête) pour imaginer un tel scénario mis en application sachant la guerre perdue… Si la tentative avait réussie, la face du monde serait-elle changée pour autant ? Les nazis auraient-ils triomphé du Monde Libre ? Parlerions-nous alémanique et non francique aujourd’hui pour ne pas parler sino-tibétain demain ? Personne n’est en mesure de répondre à cette question et peu importe dans le fond car le réalisateur John Sturges nous a déjà fait croire en l’héroïsme des « Sept mercenaires » et soutenir la bravoure de Steve Mac Queen dans « La grande évasion » . il pourra donc nous faire croire, par exemple, en la bêtise de Larry Hagman (qui fera des ravages au ranch de la famille Ewing quelques années plus tard) dans son rôle d’un commandant idiot, orgueilleux et frustré. Les avantages d’un bon scénario, d’une bonne réalisation et de grands acteurs sont multipliés par les voix françaises du doublage et par les qualités musicales de Lalo Schifrin. Le compositeur argentin très francophile saura donner un relief sonore européen de circonstance. Avec une mélodie mémorisable, ah !, quelle chance pour nous ! Un pur film d’action comme on les aime. Alix le trouve Très bon avec sa Bonne musique. Que demander d’autre ?

Pour connaître l’origine des mots alémanique (infos Lexilogos) et sino-tibétain (infos Wikipedia)

 

Drame

 

CLASS ’84 ou CLASS 1984/Class of 1984, un film de Mark L. Lester (1982) avec Perry King, Timothy Van Patten, Roddy McDowall, Merrie Lynn Ross, Stefan Arngrim, Michael J. Fox, Keith Knight, Lisa Langlois, Neil Clifford, Al Waxman… Musique de Lalo Schifrin. Un film produit par Arthur Kent. Un dvd PVB Éditions.

Ce film très dur fit scandale lors de sa sortie en 1982-83 : la France n’était pas encore préparée au changement de mœurs des jeunes d’âge scolaire dans un système éducatif complètement dépassé, pour preuve l’installation de détecteurs à métaux au portail des collèges américains quelques temps après la sortie du film. Violent mais terriblement crédible, le scénario s’inspire d’une histoire vraie, celle d’un professeur de musique harcelé par un groupe de jeunes « punk », plus précisément par son meneur Peter Stegman remarquablement bien joué par Timothy Van Patten. Alix a vu le film au moment de sa sortie en salle, dans celles qui n’avaient pas renoncé à le diffuser compte tenu du déchaînement de la critique, et la performance de l’ensemble des acteurs l’avait durablement marquée. « Class’ 84 » n’est pas sans rappeler un autre chef d’œuvre du cinéma moderne, « Graine de violence » avec Glenn ford mais une différence essentielle existe entre les deux films : dans ce dernier, le professeur se rebiffe et parvient à s’imposer ; dans « Class’ 84 », le pauvre professeur de musique très bien joué par Perry King subit la vindicte du groupe et doit en payer les conséquences, toutes les conséquences. Quant à Michael J. Fox formaté par la télévision, il débutait ici au cinéma et ne possède qu’un rôle secondaire ; son talent n’explosera au niveau international qu’avec Marthy McFly trois ans plus tard pour notre plus grand bonheur (Retour vers le futur). Le jeu de Roddy McDowall, l’un des acteurs les plus sympathiques et les plus attachants du cinéma américain, effectue une nouvelle fois une brillante performance ; sa voix française, comme l’ensemble des voix du doublage toujours extraordinaire (c’est notre grande spécialité artistique française), bonifie son talent et celui de tous les acteurs. La loi de la jungle règne dorénavant en maître dans bon nombre d’établissement scolaire, la drogue, le racket, le harcèlement, les menaces et les viols ne sont plus une simple vision de l’esprit. Pourtant en 1982 personne n’envisageait l’évolution de la société vers son côté le plus pervers même si les films commençaient à indiquer la marche à suivre : prendre conscience de l’ampleur du problème, se révolter ou se laisser détruire. Manger ou être mangé, telle serait la question ? Appréciation d’Alix sur le film : il est Exceptionnel et la musique Très bonne. Lalo Schifrin sera secondé par Alice Cooper, un des dieux du hard rock sous toutes ses formes (le punck rock, l’heavy metal, bref, la musique qui provoque et dérange les non initiés). Avec les chansons « Suburbanité », « You better not step out of line » et surtout « I’m the future/je suis l’avenir » composée par Lalo Schifrin (paroles de Gary Osborne) et interprétée par Alice Cooper, le sexe, la drogue et la violence sont légitimés. Le ton est clairement donné !

La critique du film fut cinglante. Dans l’ensemble tous les commentaires pouvaient se résumer à « Ce film est un condensé de violence et de sottise » pendant que Francis Ford Coppola déclarait : « Quelle violence on montre à nos enfants » ! Le Canard enchaîné enchérissait le 6 octobre 1982 avec ceci : « Quand sorti Orange mécanique, John Frankenheimer confia à un ami : « Pour avoir fait un film pareil, Stanley Kubrick mérite la plus haute récompense qu’on puisse attribuer à un cinéaste après quoi on devrait le coller au mur et le fusiller ». Le réalisateur de Class ’84, Mark Lester, mériterait que l’on passe directement à la deuxième opération ». On se demande aujourd’hui ce qui est le plus effrayant, le film ou les critiques d’alors !

 

Drame

 

Film "Rage" - Les Mélodies ModernesRAGE, un film de George C. Scott (1972) avec George C. Scott, Richard Basehart, Martin Sheen, Bernard Hugues, Nicolas Beauvy… Musique de Lalo Schifrin. Un film produit par Fred Weintraub. Distribué par Warner Bros (édité en 1986 en France en k7 vidéo uniquement).

Ce film est rare car trop peu souvent diffusé à la télévision ; introuvable à l’achat sauf aux États-unis, la version DVD en version française n’a jamais été éditée. Rage ! Est-ce les effets de la conspiration internationale des différents groupes de pression qui nous mènent par le bout du nez : certains laboratoires et leurs produits expérimentaux utilisés à des fins douteuses, les fabricants de désherbants toxiques, les manipulateurs de maïs transgénique qui répandent les antibiotiques dans la nature, la mondialisation avec ses profits colossaux, les armes chimiques et leurs effets mortels constatés sur les animaux de laboratoire, des malheureux chiens et chats volés à leurs propriétaires… ? George C. Scott était passionné avant l’heure par toutes ces questions de pollution et de contamination ; il n’aura pas hésité une seule seconde à passer devant et derrière la caméra pour rendre compte d’un fait divers qui l’avait bouleversé à l’époque. Ce film est un cri de rage ! Alix a vu le film dans les années 70 et elle s’en souvient toujours : impossible pour elle d’oublier ce récit terrible où la vérité est étouffée à cause d’intérêts militaires et financiers énormes pourtant menacés par un homme, un seul homme mais enragé, qui veut venger la mort de son fils Chris, assassiné à l’âge de seize ans par une négligence criminelle impardonnable. L’expérimentation d’armes biologiques dans une plaine américaine amènera les campeurs occasionnels que sont Dan Logan et son fils vers une mort certaine. Ces images terrifiantes font crier de douleur : l’action est d’un impact tel qu’effectivement, bien des personnes et des institutions pourraient craindre pour leur réputation déjà mise à mal par ceux qui connaissent depuis longtemps les abus du système, ceux qui nous ont averti depuis longtemps : les écologistes. La vengeance d’un père mourant face à l’adversité provoquée par des salauds sans scrupules sert de scénario à George C. Scott, l’acteur géant aux mille et une prestations de grande tenue qui nous bouleverse une nouvelle fois. Basé sur une histoire vraie, le gazage accidentel de 600 moutons qui broutaient tranquillement dans l’Utah en 1968 (à Skull Valley), le film de George C. Scott en devient encore plus poignant sans avoir à douter de la crédibilité du scénario, politiquement incorrect et très dérangeant ; il n’est pas sans rappeler le combat de Sabine Azéma et de Richard Anconina dans le film de Robert Enrico « Zone rouge » (voir ici), une œuvre suffisamment forte elle aussi pour ne pas être sortie en France en DVD. Est-ce pour ces raisons dérangeantes ou pour d’autres, moins glorieuses encore, que nous sommes privés de les (re)voir ? Exigeons une édition en DVD et Blu-Ray car Alix ne se contente pas des versions en vidéocassette, l’image en cinémascope étant retravaillée pour le petit écran, une habitude de l’époque qui dénature totalement le travail des réalisateurs malgré certains efforts de recadrage et de mouvements artificiels de caméra faits en France. Bisque que rage ! Pour Alix, « Rage » demeure un film Exceptionnel avec sa musique Parfaite, comme toujours avec Lalo Schifrin (un thème léger à l’harmonica et quelques séquences atonales).

 

 

 

Fantastique

LES VISITEURS D’UN AUTRE MONDE/Return to Witch mountain, un film de John Hough (1978) avec Ike Eisenmann, Kim Richards, Bette Davis, Christopher Lee, Denver Pyle, Jack Soo, Anthony James, Richard Bakalyan, Ward Costello… D’après le roman d’Alexander Kay. Musique de Lalo Schifrin. Un film Walt Disney productions.

Tourné sur la côte californienne et dans l’arrière-pays montagneux, le scénario des « Visiteurs d’un autre monde » est très original. Ce film n’a pas rencontré le succès populaire contrairement à « La montagne ensorcelée », probablement par l’usure d’un scénario qui marqua les esprits dans le premier film, celui de deux enfants doués de pouvoirs surnaturels, un sujet très à la mode dans les années 70, comment oublier, par exemple, « Carrie au bal du Diable » ! Les studios Disney, évidemment, ne se laisseront pas aller à sombrer dans l’horreur ni dans l’explosion de violence à l’écran : « Les visiteurs d’un autre monde » ne sera pas à dominante rouge sang. ! Cette suite pourtant Réussie sera boudée du public, un problème récurrent chez les producteurs toujours prêts à nous resservir un plat réchauffé : peu de suites rencontrent l’intérêt d’Alix, notre célèbre critique de films, malgré les quelques exceptions notoires « Rocky 2, Aliens le retour, Star wars épisode 5, Manon des sources, Toy story »… Heureusement, « Les visiteurs d’un autre monde » conserve l’essentiel : de bons acteurs, un bon réalisateur, un très bon résultat artistique de tous les corps de métier (le responsables des effets spéciaux), un bon doublage français… et la Très bonne musique de Lalo Schifrin : une flûte traversière très « saoul music », des mouvements mélodiques de violons excités sur fond de percussions dynamiques, une pédale « wah-wah » pour la guitare électrique et l’emprunt d’une multitude d’instruments classiques, du jazz au traditionnel… L’orchestration empruntant les sons du synthé est remarquable, la musique entraînante est parfaitement bien adaptée aux différentes scènes, elle  permet de rendre l’ensemble très cohérent et surtout, crédible. La tâche était pourtant ardue sans les moyens numériques d’aujourd’hui qui permettent tout (et n’importe quoi) en matière de trucages visuels. Faire monter à la verticale Ike Eisenmann et de nombreux figurants (la scène du musée), tous pris de lévitation par la seule concentration de Kim Richards, est une véritable prouesse technique issue d’un savoir-faire de spécialistes (les treuils et les poulies sont cachées, les cordes sont effacées au montage). La psychologie bien cernée des personnages parfois caricaturaux (mais c’est dans l’esprit) demeure un atout qui conserve au film plus élaboré que le précédent, sa fraîcheur nécessaire malgré ses presque quarante ans. À noter dans le décor une maison victorienne qui sera détruite peu de temps après le tournage dans le cadre de la rénovation d’un quartier de Los Angeles. Autre bémol, le rôle à contre-emploi d’Ike Eisenmann : l’enfant qui jouait si bien dans « La montagne ensorcelée » avec un visage très expressif doit se contenter, adolescent, d’adopter une attitude figée pour interpréter un personnage raidi par un contrôle psychique récurrent assez pénible à supporter. Ce rôle très fade permet à Kim Richards de tenir  le rôle principal et de réaliser une très bonne prestation. Après un nouveau rôle dans un téléfilm américain « Devil dog » sorti la même année (1978) et toujours en duo avec Kim Richards, la dernière prestation d’Ike Eisenmann s’appréciera dans un volet de « Star Treck » qui clôture avec beaucoup de regrets une remarquable carrière d’enfant-star (voir ici le commentaire sur sa prestation dans La montagne ensorcelée).

 

Catastrophe

Le jour de la fin du monde - Les Mélodies ModernesLE JOUR DE LA FIN DU MONDE/When time run out, un film de James Goldstone (1980) avec Paul Newman, Jacqueline Bisset, William Holden, James Franciscus, Burgess Meredith, Edward Albert, Ernest Borgnine, Red Buttons, Alex Karras… D’après le roman de G. Thomas et M.M. Witts « The day the world ended ». Musique de Lalo Schifrin. Un film produit par Irwin Allen. Un dvd de la Fnac.

En réunissant une nouvelle fois dans un film catastrophe plusieurs acteurs sous contrats avec le producteur Irwin Allen, le réalisateur a su tirer profit d’une situation pas vraiment très originale en ce début des années 80. Les superproductions magnifiques à gros budgets « L’aventure du Poséidon », « La tour infernale » et ‘Tremblements de terre » nous avaient fait vibrer pendant toute une décennie exemplaire sur ce terrain-là et il fallait bien la transposition d’un drame annoncé sur une montagne en feu pour maintenir notre intérêt. L’émotion sera présente à condition d’aimer le genre ; les personnages sont stéréotypés mais joués avec beaucoup de justesse sur un doublage français fantastique à en pleurer (quel plaisir pour les oreilles d’entendre ces sonorités maîtrisées, que ce soit la voix de Marcel Bozzuffi, celles de Perrette Pradier ou de Raymond Loyer). L’histoire nous prend à la gorge lorsqu’il s’agit de faire triompher la raison et l’intelligence sur la bêtise humaine et sa cupidité associée. C’est cela, le cinéma américain à grand spectacle et son aspect moralisateur vaut le détour malgré des effets spéciaux désuets. La musique de Lalo Schifrin est performante surtout dans sa partie atonale qui illustre les moments angoissants mais elle n’est pas aussi marquante que celles de John Williams pour les films précités (présence d’une mélodie inoubliable). Le jeune spectateur d’aujourd’hui va donc vivre un Bon moment de cinéma et c’est ce qui compte le plus : le film doit continuer à vivre malgré sa sortie dédaignée par le grand public. Un regret : l’inutilité du rôle confié à Ernest Borgnine, pourtant brillant acteur. Il faut dire que les productions de toutes tailles mais de grande qualité ne manquaient pas en ce temps-là concurrencés par les catastrophes en tous genres, bien réelles cette fois-là, qui se déclinaient sur les écrans des journaux télévisés (l’épouvantable séisme d’El Asnam en Algérie avec ses cinq mille victimes par exemple).

 

 

 

Mark Rydell - Les Mélodies ModernesMark RYDELL, comédien et réalisateur

Le film « The foxLe renard », musique de Lalo Schifrin, est un film spécial à plusieurs titres : en 1968, le réalisateur abordait le thème de la relation amoureuse entre deux femmes perturbée par l’arrivée d’un homme qu’elles n’attendaient pas… Un thème délicat traité finement. De plus, Mark Rydell réalisait son premier long métrage après avoir touché aux métiers de la scène. Comédien avec son futur collègue Don Siegel, formé à l’Actor’s studio, acteur dans Le privé, Havana, Face au crime, ami de John Cassavetes, il aura créé des spectacles à Broadway et réalisé des téléfilms avant de se lancer dans une carrière de réalisateur pour le grand écran (Reivers avec Steve Mac Queen, Deux farfelus à New-York, The Rose, La maison du lac, l’excellent film Les cowboys avec John Wayne – musique de John Williams voir la rubrique de ce film ici, La rivière, etc.) Son amour du jazz l’amènera probablement à s’intéresser au talent montant des sixties Lalo Schifrin à qui il confiera sa première musique de film : pour ces deux artistes hors normes, cette année sera bien leur baptême du feu. Le thème du film The fox, utilisé par la suite pour représenter les collants Dim, est un bon exemple de la technique usitée dans la composition musicale. Cet particularité est brièvement mais clairement expliquée dans l’article ci-dessus : il s’agit d’une marche harmonique typique. Bref, « Le renard » est un film incontournable, « Une œuvre rare, téméraire et sensible… » dixit la page de Wikipedia consacrée au réalisateur (cliquer ici : Mark Ridell, infos Wikipedia).

 

 

La marche harmonique, une technique formidable !

 

Vous prenez un fragment mélodique et harmonique puis vous le renouvelez deux fois au moins en partant du ton ou du demi-ton immédiatement supérieur ou inférieur : vous créez alors un mouvement qui pourrait s’apparenter à un escalier avec ses marches, en fait visuellement au niveau de l’écriture comme à l’écoute c’est toujours la même musique sauf qu’elle monte ou descend par étapes successives. Le meilleur exemple est celui utilisé par Lalo Schifrin dans le film « The fox – Le renard » (voir ci-contre et ci-dessous). Mi La Si Do Mi Fa, puis idem un ton plus bas Ré Sol La Si Ré Mi, puis un ton plus Do Fa Sol La Do Ré… On pourrait continuer ainsi à l’infini Si Mi Fa Sol Si Do (ne rajoutez pas un Fa dièse ou vous reproduisez la première phrase à l’origine de la marche, dans un autre ton). Michel Legrand adore utiliser encore et toujours cette technique, ses grands succès sont formés d’une marche harmonique : Les moulins de mon coeur du film « L’affaire Thomas Crown » ce qui lui a valu son premier Oscar, « Un été 42 » etc. La technique marche aussi et c’est le cas de le dire en montant (emploi à l’écriture très usuel dans la musique classique, fugue et contrepoint). À vous d’essayer : inventez votre propre marche harmonique ! Écoutez la musique de variété, le jazz, la musique instrumentale… Vous en trouverez une dans presque tous les morceaux de musique !

 

 

Le renard (The fox), thème principal du film : analyse

Fragment de deux mesures reproduit deux fois (fragments 1, 2 et 3 de la première portée)

– Mesure 5 le rythme change un peu afin de coller aux rythmes des paroles de la version chantée ce qui ne change rien au principe de la marche harmonique (un nouvel exemple de l’adaptation de la musique aux paroles d’une chanson)

– L’accord de la mesure 7 est un accord typique du jazz. Tel quel, cet accord n’est pas classable car il s’agit une septième de dominante à laquelle on a rajouté une note étrangère, le sol

– Fin de la première portée : les lettres D.C. signifie Da Capo pour indiquer le retour obligatoire première mesure

– Exemple prononcé de la technique utilisant une marche harmonique : lorsque vous faites la reprise (lorsque vous recommencez le morceau), passez à la Coda à la fin de la mesure 4 c’est à dire : enchaînez le fragment 1 au fragment 2 puis continuez sans transition dans la portée du dessous fragment 3 puis fragment 4 puis fragment 5 et pourquoi pas 6… Là on ressent bien le principe de la marche harmonique descendante

– Une nouvelle fois on remarquera que la mélodie est construite sur les notes des accords associés.

– À noter : l’accord de jazz et la deuxième portée sont rajoutés par FX pour servir d’exemple et ne sont pas de Lalo Schifrin

 

Lalo Schifrin a signé la musique de la première saison de « Starsky et Hutch » (voir ici ce qu’ils sont devenus, infos AlloCiné), la série télévisée à grand succès des années 80 ; quant à l’excellent générique français « Les chevaliers au grand cœur », cliquez sur le lien Bide et musique pour en savoir + sur les compositeurs et le parolier.Photo ci-dessus : l’une des meilleures séries TV avec Paul Michael Glaser (Dave Starsky) et David Soul (Ken  »Hutch » Hutchinson) que l’on retrouve dans « Les secrets du Sahara », voir ici

 

 

 

Bill CONTI, compositeur

Bill Conti est né le 13 avril 1942 à Providence, Rhode Island, USA. En parcourant la biographie de ce compositeur de musique de film, on peut constater là encore que le milieu familial et probablement aussi les gènes auront dirigé un enfant vers la musique : le petit Billy s’intéressera tout naturellement au piano, instrument de base des musiciens en herbe, dès l’âge de 7 ans. Son paternel, peintre et sculpteur talentueux, l’installera au clavier avant de l’incorporer au cursus de l’enseignement scolaire américain. Le système éducatif anglo-saxon est dans ce domaine précis tout à fait remarquable et exemplaire : si vous avez un quelconque talent artistique (ou sportif), musical en l’occurrence, le système éducatif mettra à votre disposition les moyens nécessaires pour vous permettre de vous élever à votre plus haut niveau. Vous serez accompagné tout au long de vos études par un tutorat efficace et vous trouverez sans grande difficulté à l’âge adulte un mentor car on aime bien les étudiants bourrés de qualités, bosseurs, doués et motivés même quand on est un enfant d’immigré italien… À contrario en France, lorsqu’un enfant veut devenir musicien professionnel, ses parents exigent qu’il passe d’abord son Bac juste au cas où… Dans notre pays la musique ne deviendra jamais une priorité, les études musicales sont associées à une activité de simple divertissement ; pourtant une autre approche plus valorisante permettrait au futur artiste de s’épanouir en laissant rapidement éclater son talent bouillonnant ! C’est en partie la faute à notre fichue Éducation nationale qui dévalorise les activités artistiques (et sportives) en étouffant les vocations naissantes… Voir la page critique de ce site Musique et éducation

À l’âge de 15 ans Bill Conti forme donc tout naturellement son premier groupe de « musicos » tout en jouant du basson dans l’orchestre symphonique de sa High school de Miami en Floride. Pianiste et jazzman il se lancera dans les arrangements et pour l’anecdote, c’est en accompagnant une danseuse de l’Université d’état de Louisiane qu’il rencontrera sa future épouse, Shelby. Diplômé de la Juilliard school of music de New-York, récompensé en 1965 pour avoir composé la meilleure chanson de l’année, il composera évidemment pour le cinéma mais il commencera par la publicité (les Pizzas Hunt, Coca-cola, Honda…) puis viendra le temps des émissions de télévision (Good morning america, ABC sports…), des reportages et génériques d’évènements culturels et sportifs (le marathon de New-York par exemple), puis les téléfilms avec l’extraordinaire musique de la série Dynastie au thème joué à la trompette sans oublier la formidable musique du feuilleton Nord et sud (pour l’écouter, cliquez ici, site Coucoucircus). Sa première partition pour un long métrage, il la doit au réalisateur de la « nouvelle vague américaine » Paul Mazursky pour un film intimiste du circuit indépendant, un road movie de 1973 avec Art Carney, « Harry et Tonto » qui relate une histoire touchante, celle d’un homme âgé plein d’humanité et de tendresse a qui l’on fait bien des misères, un personnage vrai, beau et vivant comme le sera quelques années plus tard Sylvester Stallone dans « Rocky ». Justement, Rocky, est-ce bien la peine de présenter ce film à petit budget (qui a rapporté cent fois plus que ce qu’il a coûté) et évoquer le thème principal du film « Gonna fly now » qui a propulsé Bill Conti au firmament des étoiles ? Il en obtiendra une sur le fameux macadam du « walk of fame » d’Hollywood en 1989. Pour en savoir + sur le film « Harry et Tonto » cliquez ici et lisez la critique « Ode à la vieillesse ». 

Son Oscar pour la saga « L’étoffe des héros » aura aidé à cette belle réalisation, un symbole honorifique de la reconnaissance officielle de son talent même si la musique de ce film n’est pas représentative de l’ensemble de son œuvre ; avec le thème principal et son orchestration très fortement empruntés à une œuvre de musique classique de Tchaïkovski, Bill Conti utilisa ce procédé peu glorieux compte tenu du manque de temps qui lui fut donné pour réaliser dans la précipitation quelque chose qui puisse « tenir la route » ou plus exactement la rampe de lancement… Comme il aime à le reconnaître, il venait d’être recruté pour remplacer « au pied levé » un collègue démissionnaire dont les compositions ne plaisaient pas au réalisateur et on comprend bien le procédé d’emprunt. Pourtant Bill Conti a le sens inné de la mélodie pour preuve ses autres thèmes pour ce même film et pour « La femme libre/An unmarried woman », « Les Maîtres de l’Univers » en 1987, l’une des musiques les plus appréciées des fans du compositeur malgré un film pas vraiment fameux ou encore le très bon « Haute sécurité » avec dans le film une musique à la gloire de Sylvester Stallone mécanicien tout aussi exaltante que celle de « Rocky » boxeur lorsqu’il s’entraîne dans la rue. Le film à petit budget « Boys on the run » en 2001, la fuite à travers les Appalaches de trois adolescents rebelles poursuivis par des terroristes (des fascistes américains), permettra au compositeur d’étirer jusqu’à épuisement un thème simple sur une orchestration légère, nature sauvage et recherche esthétique des images obligent. Voici quelques exemples évidents de son style caractéristique fait d’enthousiasme et d’énergie, des qualités communicatives qui se déclenchent à l’écoute de ses compositions qui nous apportent beaucoup de bonheur et de joie de vivre, une démarche liée aux traits de caractères des personnages pour lesquels ces thèmes sont créés. C’est bien l’exemple parfait de la fusion entre l’image et le son. C’est aussi la définition du grand potentiel créatif d’un fameux professionnel.

 

Drame

Boys of the run - Les Mélodies ModernesBOYS OF THE RUN, un film de Pol Cruchten (2001) avec Jesse Littlejohn, Raquel Beaudene, James Lafferty, Ron Perlman, Diane Robin… Musique de Bill Conti. Un film Vidéodis.

Ce film luxembourgeois peu connu n’est pas sans intérêt. Il permet de retrouver Ron Perlman, inoubliable dans « La guerre du feu » de Jean-Jacques Annaud en 1981, un acteur doit qui lui doit en partie sa carrière et qui aime l’embaucher à chaque occasion. Les jeunes acteurs sont pas mal non plus ; crédibles dans leurs rôles d’insoumis, le road-movie va être émaillé de scènes de violence et de grands moments sentimentaux. Hélas, comme toujours, c’est un problème : au lieu de faire monter la pression jusqu’au dénouement, le réalisateur se laisse aller à livrer les états d’âmes des uns et des autres jusqu’à ralentir considérablement l’action. Pour un peu, on se lèverait de son fauteuil pour leur dire de « se bouger les fesses » et d’aller de l’avant. L’autre surprise tout aussi mitigée vient de la musique de Bill Conti. Délicieusement mélodique et harmonique, la répétition de la formule finit par agacer. La guitare folk et le banjo qui nous rappellent la musique de « Delivrance », ça va bien cinq minutes. Pour conclure, « Boys of the run » est original par son scénario, intéressant par le jeu des acteurs (qui ont continué dans le métier) et l’ambiance générale très prenante mais le film reste Décevant pour sa réalisation trop poussive.

Les photos du film sont issues du travail professionnel d’Anthony Platt, photographe de plateau, voir ici

 

 

Tous les compositeurs de musiques de films se sont inspirés de près ou de loin des grandes œuvres de la musique classique, de la musique baroque ou des compositions contemporaines. Tous connaissent l’atonalité, le dodécaphonisme, la fugue et le contrepoint. Qui a copié sur qui ? Il faut savoir qu’avant l’arrivée récente de la musique de film, les compositeurs de musique classique s’inspiraient eux aussi de leurs prédécesseurs (Bach a passé sa jeunesse à recopier Vivaldi) ; la musique traditionnelle les aura également motivé (Bartók pourrait vous en parler en long, en large et en roumain) alors arrêtons un peu de commenter ce qui fait l’essence même de la musique vivante : sa ré-édition, volontaire ou non. À l’occasion d’une critique mal venue, établir une comparaison entre un début de thème de Machin (musicien de musique classique ou contemporaine, donc respectable) avec un début de thème de Truc (compositeur de musique de film, donc suspect) est inacceptable d’une profession. Laissons les compositeurs composer et restons simplement vigilants, nous, simples auditeurs avisés, sur l’absence totale de talent d’une poignée de tricheurs indignes et malhonnêtes pas musiciens dans l’âme.

 

 

 

Philippe Noiret - Les Mélodies ModernesPhilippe NOIRET, acteur et comédien

 

 

 

« L’artiste doit aimer la vie et nous montrer qu’elle est belle. Sans lui, nous en douterions ». Anatole France. L’artiste auquel je pense aimait fondamentalement la vie. Dans ses films et ses rôles de théâtre, il était présent, terriblement présent. On ne pouvait que le remarquer et l’apprécier, l’adorer, le chérir. Impossible aussi d’oublier sa voix. On oublie souvent à quel point le son d’une voix vous marque à jamais. Il le savait et avait appris à s’en servir mais pas seulement pour de bonnes raisons professionnelles. Lui, il avait simplement trouvé sa voix. Lorsqu’il parlait, déclamait, quand il racontait une histoire c’était le monde qui jaillissait de ses cordes vocales, un monde bouillonnant d’humanité qui animait sa passion de l’existence et l’amitié sincère pour ses compagnons de route. Il savait partager son bonheur de l’instant présent et peut-être était-il si conscient de la chance que nous avons d’exister ; son humour, à prendre au second degré et un sens inégalé de la dérision, lui donnait le recul nécessaire pour nous faire comprendre où se situait l’essentiel.

Sa conception de notre raison de vivre ? Admettre qu’au lieu de passer notre temps à nous plaindre tout le temps ou à exiger l’impossible au quotidien, l’être humain devrait devenir enfin adulte dans ses actes en sachant rester un enfant doux, docile et naïf – si terriblement attachant – dans la tête. Sa seule vraie raison de vivre, en fait, c’était l’amour. Fondamentalement. Le public le lui a rendu et ne l’oubliera jamais. Un grand comédien vient maintenant de rejoindre les meilleurs parmi les meilleurs au Paradis des artistes. À bientôt Philippe Noiret, permets-nous de garder longtemps à l’oreille la résonance et le timbre magnifiques de ta voix et de garder à l’esprit les plus belles musiques de tes films. Jamais une mélodie lourde de conséquences au piano (pour Le vieux fusil) ou un thème d’une grande douceur champêtre à l’ocarina (pour Alexandre le bienheureux) ne pourra être associée à une autre personne. L’osmose des talents réunis (réalisateurs, metteurs en scène, comédiens, compositeurs…) pour leur plus beau porte-voix, celle de Philippe Noiret, se trouvent dans le Sol La Si Do, Si Ré Do La… (thème au piano de François de Roubaix pour Le vieux fusil).

Dimitri TIOMKIN, compositeur

 

L’étude du parcours des compositeurs de musiques de films révèle l’existence d’un facteur commun à tous : la rencontre. Naître à Kremenchug en Ukraine pour se retrouver au conservatoire de Saint-Pétersbourg, à cela rien d’étonnant, il s’agit simplement de la rencontre de l’autodidacte (sa mère était tout de même professeur de musique) avec l’établissement de référence d’enseignement de la musique classique dans toute sa dimension russe. Son professeur de piano fut Felix Blumfeld et pour l’écriture et la composition il disposa d’un maître en la personne de Boris Goudounov alors directeur de la structure. Ces rencontres sont déjà plus intéressantes. Mais dans un pays tourmenté par la guerre civile et la Révolution, Dimitri Tiomkin tiendra le cap qu’il s’était fixé et c’est l’autre caractéristique commune aux compositeurs : la détermination. Il accompagnera au piano les films muets de Max Linder et divers spectacles de danse et ballets ; il tombera d’admiration pour les mélodies d’Irving Berlin. En vrai musicien il ne pouvait s’empêcher de s’enthousiasmer pour les rythmes syncopés du jazz, du blues ou des rags entraînants. En ayant composé et dirigé de grandes formations orchestrales pour les fêtes du peuple en URSS il passera par l’Allemagne où il se forgera une solide réputation de pianiste/concertiste dans le milieu classique en jouant avec l’exigeant Orchestre de Berlin. Suivra un séjour à Paris où il interprétera en 1928 le Concerto en fa de George Gershwin. Parfaitement trilingue, il honorera l’invitation d’un directeur de théâtre et organisateur de spectacles à Broadway lui aussi immigré d’origine russe et répondra également de manière favorable à l’invitation d’un collègue chanteur d’opéra très célèbre, Feodor Chaliapin qui enregistra comme La Callas une quantité astronomique de disques 78 tours : Dimitri Tiomkin franchira l’Atlantique direction New-York.

 

 

Un film incontournable…
… présenté dans un écrin !

Rapidement, la crise économique et la grande dépression des années trente inciteront Dimitri Zinevieviiomkin à se rendre de l’autre côté du pays, là où brillent d’autres lumières, celles d’un Hollywood en pleine expansion malgré le manque d’argent à investir suitch Te à la déroute boursière. Mais quand la population crève de faim on lui fourni du rêve, des paillettes et de l’espoir d’où le succès des films : Hollywood venait d’entrer dans son « âge d’or ». Les prochaines productions seront extraordinaires tout comme les rencontres du compositeur avec George Gherswin bien entendu mais également avec Franck Capra. Quelle chance de les avoir côtoyés ! Le réalisateur lui donnera l’occasion de faire ses preuves en tant que compositeur de musique de film. Avec ses toutes premières compositions pour le cinéma, « Lost Horizon » et « Mr Smith au sénat » avec James Stewart commenceront « les appels du pied » des meilleurs réalisateurs de l’époque. Parmi eux, un spécialiste du western, une pointure du genre, Henry Hathaway. La musique populaire sous toutes ses déclinaisons (russe, allemande, française, anglaise, américaine, mexicaine…) intégrée lors de son parcours déjà très riche ainsi que son goût de la grande masse orchestrale permettront la mise en valeur de ses talents de mélodiste. Son succès populaire, il le doit à des airs superbes influencés par toutes ces connaissances musicales. Le thème du film « Le train sifflera trois fois / High noon », de « Règlement de compte à OK Corral », de « Alamo » et la trompette lancinante et angoissante de « Rio Bravo » qui martèle le chant de la mort, le deguello, toutes sont devenues des musiques du patrimoine mondial ; elles rendront Dimitri Tiomkin célèbre et indispensable au cinéma pendant plus d’un demi-siècle. Le compositeur peut aussi remercier le talent des réalisateurs qui lui ont fait confiance dont Howard Hawks à qui l’on doit notamment « La captive aux yeux clairs » (photos ci-dessus) avec Hank Worden dans le rôle inoubliable de Pauvre Diable ! Les deux qualités principales de Dimitri Tiomkin resteront la quantité et la qualité de sa production musicale issues d’une capacité de travail énorme et d’une efficacité remarquable. Fréquemment en séjour à Londres ou à Paris, il sera nommé Président d’honneur de la Sacem et décoré par la France comme de bien entendu. Il décèdera en 1979 à Londres après une destinée exceptionnelle.

 

La captive aux yeux clairs, un film d’Howard Hawks (1952) avec Kirk Douglas, Élisabeth Threatt, Dewey Martin, Arthur Hunnicutt, Buddy Baer… Musique de Dimitri Tiomkin. Un film RKO. Un film psychologique incontournable !

Photo ci-dessus : John Wayne le brave, Dean Martin dans un rôle peu flatteur et Angie Dickinson la magnifique dans Rio Bravo, un film d’Howard Hawks (Warner Bros, 1959) . Voir ici le troisième film de « la trilogie Howard Hawks », El dorado, musique de Nelson Riddle.

Pour en savoir + sur son étonnante réussite, nombreuses photos, cliquez ici (site officiel, en anglais)

Pour en savoir + sur la liste de ses compositions, cliquez ici (infos Wikipedia)

Pour en savoir + sur la Révolution russe, cliquez ici (infos Wikipedia)

 

 

 

Reconstitution historique

 

LA TERRE DES PHARAONS/TLand of Pharaohs, un film de Howard Hawks (1955) avec Jack Hawkins, Joan Collins, Dewey Martin, Alexis Minotis. Musique de Dimitri Tiomkin. Un film Warner Bros.

Incroyable talent que celui d’Howard Hawks. Des milliers et des milliers de figurants, de véritables décors dignes d’Hollywood plus vrais que nature, des costumes colorés, voici une superproduction tournée dans la vallée du Nil qui raconte l’histoire d’un règne fameux, une intrigue historique ou supposée comme telle… Car la présence des Pharaons, à en croire les égyptiens eux-mêmes, aurait débuté 3 à 4 000 ans avant J.C. avec Horus, maître et seigneur, roi, demi-dieu ou dieu en tout cas, un dignitaire au rang extraordinaire. Pourtant ce n’est pas en son honneur que le peuple de l’Égypte dressera la Grande pyramide de Gizeh (plus exactement la Grande pyramide de Kéops sur le plateau de Gizeh), l’ouvrage le plus gigantesque jamais construit par l’homme avec la grande Muraille de Chine, dans un autre genre. Kéops, roi d’Égypte de la IVe Dynastie et représentant des dieux sur Terre voulait préparer son voyage dans sa nouvelle vie avec les trésors volés lors de ses combats (bien matérialistes et inhumains ) ; enfermé dans une pyramide inviolable dont les blocs se refermeraient derrière lui, il fit appel à un architecte prisonnier en échange de sa liberté et de celle de son peuple vaincu. Mais les égyptiens, volontaires à l’appel de leur monarque, deviendront vite esclaves du projet pharaonique et la construction coûtera cher en vies humaines. Que de moyens dérisoires mais terriblement efficaces déployés à l’époque pour réaliser un tel chef d’œuvre, c’est incroyable mais vrai ! Beaucoup de questions sans réponses demeurent néanmoins et le doute subsiste : est-on sûr que les égyptiens n’ont pas trouvé ces pyramides telles quelles ? Qui et comment les a t-on réellement construites ? Dans le film, pas d’effets spéciaux numériques dernier cri mais un cachet particulier aux films des années 50, un parfum, une atmosphère qui renforcent aujourd’hui la crédibilité des scènes et des situations. La musique de Dimitri Tiomkin est un ravissement total : le compositeur a su imaginer des sonorités qui pourraient évoquer les timbres et couleurs sonores entendues à cette époque mais Hollywood pourrait de toute façon nous faire croire tout et n’importe quoi alors ce qui compte à l’arrivée, c’est la justesse du scénario et l’équilibre des forces en présence : la musique orchestrale massive et imposante apporte sa contribution au succès du film grâce à ses mélodies atonales, un paradoxe de plus dans cette belle réalisation. Le cinéma dans sa version théâtre gigantesque en plein air en sort triomphant et nous, on en ressort gonflés à bloc. C’est peut-être ça les bons côtés de l’organisation pyramidale… Alix adore ce film Excellent avec la musique Excellente du Maître Tiomkin.

Pour en savoir + sur le règne des Pharaons, (cliquez ici (infos egyptos.net)

 

 

 

Western australien

 

HORIZONS SANS FRONTIÈRES/The sandowners, un film de Fred Zinnemann (1960) avec Robert Mitchum, Deborah Kerr, Peter Ustinov, Michael Anderson… Musique de Dimitri Tiomkin. Un film distribué par Warner Bros.

L’Australie et ses étendues magnifiques, sauvages et immenses. Ce pays méritait bien un film sur le mode des westerns américains avec un héros irlandais le tout réalisé par un anglais : ici, le Commonwealth se porte bien (un royaume sans statut légal hérité de la domination coloniale de l’Angleterre sur le monde et formé par seize états indépendants liés à la reine Élisabeth II, c’est le pendant de la francophonie). Ce film est donc excitant car on y trouve tous les ingrédients du genre : les paysages et les grands convoyages de bestiaux (présentement des moutons), les imprévus de la route (la tempête de feu !), la stature fière et imposante de Robert Mitchum, la belle Deborah Kerr qui démontre une nouvelle fois sa capacité à jouer parfaitement tous les rôles, les défis, les bagarres, les grands sentiments, le bon bougre (Peter Ustinov) et l’éternelle famille américaine (australienne, pardon) reconstituée… Tout se termine bien et tout le monde est content. Ce film n’a pas fait date dans l’histoire du cinéma pourtant on regrette son absence du commerce car il se regarde en famille avec beaucoup de plaisir, ses deux heures et dix minutes passent sans avoir envie de bailler… La musique de Dimitri Tiomkin est forcément adaptée au contexte : légère et guillerette avec des accents irlandais pour Robert Mitchum (et pour cause) dans le cadre du sacro-saint thème-leitmotiv cher à notre compositeur toujours très inspiré pour imaginer des mélodies simples et superbes (voir ci-dessous) arrangées dans tous les styles possibles. Alix aime ce film qu’elle trouve Bon comme sa musique.

À noter : la magnifique région dévoilée dans le film n’existe plus. Adieu maison, prairie, rivière et animaux sauvages. On y a construit en 1967 le lac artificiel et le barrage hydroélectrique de Jindabyle. Comme le lac de Serre-ponçon en France, seule une petite île émerge de la surface des eaux… une étendue qui se rétrécie comme une peau de chagrin avec le réchauffement climatique !

 

 

Un thème sur l’accord parfait Majeur : analyse

Dimitri Tiomkin a composé un thème facilement mémorisable que l’on entend à tout bout de champ : chanté, chantonné, sifflé, joué à l’harmonica ou par un groupe de musiciens du cru… Dans l’analyse suivante, partons du principe que nous sommes dans la tonalité de Do Majeur pour simplifier la démonstration

– Première mesure : sur six notes, cinq appartiennent à l’accord de Do Majeur !

– Idem deuxième mesure : sur huit notes, six appartiennent au même accord ! Les autres notes sont des notes de passage qui assurent la liaison entre les notes de l’accord de DoM (le Ré et le La).

L’accompagnement dans sa version minimaliste (arrangement 1) consiste à stationner sur chaque temps en DoM sur le premier degré de la tonalité (I) ce qui est une très bonne chose pour jouer vite la mélodie comme on le ferait pour un morceau traditionnel (accords limités tournant généralement autour des trois principaux degrés de la tonalité : I, IV et V soit Do, Fa et Sol) ; les mesures 1 et 2 sont rigoureusement identiques

En revanche si l’on recherche une orchestration plus évoluée (arrangement 2) on peut le faire à la manière de Jerome Moross (voir ici) : avec la même mélodie, on utilise cinq degrés différents (I, IV, VII, II, V et I) au lieu d’un seul soit :

– Mesure 1, premier temps l’accord de DoM, 3e temps FaM 7ème de dominante avec le Mib

– Mesure 2, premier temps Lam 7e mineure (le bécarre devant le Mi est un bécarre de précaution), deuxième temps RéM 7e de dominante auquel il manque le La (mais l’accord reste valable à partir du moment où l’on dispose de l’intervalle de 7e mineure formé par le Ré et le Do sans oublier la tierce Majeure formée avec le Fa dièse) puis troisième temps l’accord de SolM auquel on rajoute dernier temps – à volonté – le fa bécarre pour le transformer en 7e de dominante facilitant le retour à la case départ (retour sur le Ie degré, DoM). Pas mal, non ?

 

 

 

Aventures/Historique

 

LES 55 JOURS DE PÉKIN, un film de Nicolas Ray (1963) avec Charlton Heston, Ava Gardner, David Niven, Flora Robson, John Ireland, Harry Andrews, Kurt Kasnar… Scénario de Philippe Yodan et Bernard Gordon. Musique de Dimitri Tiomkin. Produit par Samuel Bronston. Avec le soutien du C.N.C.

La critique fut unanime à l’époque de la sortie dans les salles de cinéma : « Un modèle de composition », « Une imagerie somptueuse », « Un Alamo chinois », « Saisissant, plein la vue, pendant 2h.30 on plonge avec délices et frissons au coeur de la Cité interdite ». Bien entendu pour tous ceux qui connaissent la musique de film, Dimitri Tiomkin et son sens aigu de la mélodie superbe aura apporté sa large contribution à la réussite de ce grand film d’aventures. Charlton Heston saura rester fidèle à lui-même d’un bout à l’autre de l’action, c’est à dire imposant et magistral ; il sera entouré de David Niven au mieux de sa forme et d’Ava Gardner toujours magnifique dans ses rôles de femme fatale. Basé sur des faits réels, la révolte des Boxers fut menée par les chinois révolutionnaires prêts à en découdre avec la dynastie Mandchoue dirigée par l’Impératrice Xici et les grandes puissances étrangères représentées par leurs délégations diplomatiques. La Chine, fondée sur les sociétés secrètes, les familles et les clans, acceptait mal la présence des forces occidentales décidées à imposer l’économie de marché, ce système capitaliste qui aura fait vivre par exemple la fameuse Compagnie française des Indes et son comptoir de première importance basé à Lorient dans le Morbihan ; un commerce avec les Indes et l’Asie créé par Colbert dans les années 1620 et qui permettra à la ville bretonne de se tourner davantage encore vers la mer avec ses célèbres pompons rouges, les célèbres fusiliers marins de la base de Lann-Bihoué créée par Richelieu dans les mêmes années et représentés dans le film. Alix adore le contexte historique qui insuffle au film un développement extraordinaire : le choc des cultures avec le commerce de l’opium en toile de fond, les décors majestueux (les studios madrilènes en Espagne) au parfum exotique, les centaines de figurants et une mise en scène soignée, un parti pris pour le modèle occidental et américain qui prête à sourire aujourd’hui avec son état d’esprit romantique aussi vivifiant que désuet… Alix, votre critique de film préférée, adore ! Son appréciation : un film Parfait et une partition musicale Parfaite !

Pour en savoir + sur le contexte hitorique, cliquez ici (info Wikipedia)

Pour en savoir + sur les pompons rouges, cliquez ici (infos Ecole des Fusiliers marins de Lorient)

La critique des films par Alix, cliquez ici

 

 

 

 

Alexandre DESPLAT, compositeur
Comédie comme Eddy

 

LA DOUBLURE, un film écrit et réalisé par Francis Veber (2006) avec Gad Elmaleh, Alice Taglioni, Daniel Auteuil, Kristin Scott Thomas, Richard Berry, Virginie Le Doyen et Danny Boon. Musique d’Alexandre Desplat. Un film Gaumont.

Non, ce compositeur n’est pas la doublure d’un autre compositeur. Il en vaut même le double. Sa formation l’a amené du Conservatoire national supérieur de musique de Paris à Los Angeles pour apprendre la composition avec Jack Hayes, l’orchestrateur très connu des plus grands compositeurs de musiques de films américains (l’arrangeur d’Elmer Bernstein voir ici ou Burt Bacharach voir ici). Et voilà comment on peut passer du simple au double. Que de références prestigieuses ! Pour découvrir le parcours riche et varié d’Alexandre Desplat, il faut vous rendre sur le site officiel et le site complémentaire non-officiel. Ainsi vous disposerez du don de double-vue sans voir tout en double. Vous pourrez également imprimer et faire un double des infos intéressantes et pourquoi pas ? Imaginer travailler un jour en doublon avec lui sans qu’il vous fournisse pour autant le double de sa clé de sol. Vous pourrez tenter l’aventure et jouer quitte ou double mais Alexandre Desplat travaille seul et ne souhaite pas de « double-je » : il ne veut pas se faire doubler ! Dans « la doublure » (un film qui n’est pas doublé puisqu’il est français), la musique d’Alexandre Desplat sait être présente sans excès avec son côté humoristique basé sur le rythme : dès le générique l’esprit est parfait compte tenu de la légèreté du propos. Un divertissement très agréable qui doit en partie sa réussite à la musique. Preuve qu’un bon film avec une bonne musique vaut le double et permet aux artisans du film de toucher le double de la somme prévue. Mais là n’est pas le propos, pas de double-jeu, partez à l’écoute des musiques d’Alexandre Desplat. Et redoublez d’attention dans « La doublure » histoire de ne pas finir comme François Pignon qui s’est « fait payer par un type trop riche pour dormir avec une fille trop belle dans un lit trop petit… ». Trop fort, c’est trop fort !

Le site officiel d’Alexandre Desplat, cliquez ici

Le site non officiel, cliquez ici

Les choix musicaux d’Alexandre Desplat seront une nouvelle fois très judicieux dans le récent film « L’ennemi intime » de Florent Emilio avec Magimel et Dupontel, entre autres. Un film remarquable dont on reparlera. Pour accéder au site oficiel du film, cliquez ici

Alexandre Desplat était membre du jury du Festival de Cannes 2010. Gageons qu’il aura su défendre les intérêts de la musique de film. Voir aussi la critique des films primés à Cannes en 2009 ici (la critique d’Alix page V)

 

Comédie comme elle dit !

 


RESTONS GROUPÉS,un film de Jean-Paul Salomé (1998) avec Emma de Caunes, Samuel Le Bihan, Judith Henry, Hubert Koundé, Bernard Le Coq, Bruno Lochet, Antoinette Moya, Claire Nadeau, Michel Robin, Bruno Solo… Musique d’Alexandre Desplat. Une coproduction Les films Alain Sarde et Frédéric Bourboulon, T.F.1. Films Productions, Little Bear, Canal +, la Sofica Studios Image 3. Un dvd distribué par Universal.

Qui n’a pas encore connu de voyage à l’étranger qui tourne mal ? Fondamentalement sur le principe, inutile d’aller loin pour vivre ce genre d’expérience traumatisante : le car sans confort, l’hôtel sale et bruyant, un groupe insupportable d’excités, les vols de papiers, les vampires moustiques et les déceptions qui s’accumulent… En dressant une liste similaire des déboires possibles d’un groupe de touristes français nouvellement débarqué aux States, le réalisateur Salomé s’en donne à cœur joie. Son film ressemble à une histoire vécue : des tas de problèmes, beaucoup de cris, pas mal de sourires et quelques francs éclats de rire. Les situations sont variées et originales, le scénario tient la route un peu mieux que ses passagers d’une autre planète, la Gaulle. Parce que là où le bas (Dim) blesse, c’est qu’il nous fait un peu trop passer pour ce que l’on est pas. Voyous, gueulards, voleurs, agressifs, dangereux, franchement cette liste-ci est trop longue. Un récent sondage très sérieux prouverait que le français est très mal apprécié à l’étranger avec une côte de popularité placée loin derrière les anglais, les allemands et les autres. Soit. Le français est râleur, souvent mécontent et toujours très critique. Mais il est aussi terriblement attachant, sympathique et cultive sa liberté d’esprit ; il n’aime pas faire partie d’un moule préétabli et n’a pas été formé dans une école militaire dès son plus jeune âge. De plus il adore davantage ses langues régionales que les langues étrangères ce qui ne fait donc pas de lui un être si détestable bien au contraire ! Peut-être aurait-on pu jouer sur ces différentes couleurs du français moyen ; au lieu de cela cette production est caricaturale, certaines scènes deviennent carrément lourdes en s’imposant dans l’inutilité (trop de bla-bla). Pourtant on ne s’ennuie pas à l’écoute de la musique d’Alexandre Desplat complètement adaptée aux situations (avec certains emprunts à la chanson de variété française et américaine, on versera une larme pour le regretté Jo Dassin) ; le compositeur et chef d’orchestre signe même une très belle mélodie jouée à la guitare classique sur un tapis de violons suaves… à moins qu’il s’agisse d’un tapis de roulette slave à Las Vegas ou d’une partie de roulette russe au Colorado ! Alix aime Bien ce film et sa musique. À revoir et à entendre avec plaisir. Mais attention restons groupir, je vous ai à l’ail…

Zi oveurzes critics of ze films by ze délicious Alix, please cliquire…

 

 

Comédie sentimentale

LES BIENFAITS DE LA COLÈRE/The upside of Anger/Une femme en colère, un film de Mike Binder (2005) avec Kevin Costner, Joan Allen, Erika Christensen, Evan Rachel Wood, Keri Russell, Alicia Witt, Mike Binder… Musique d’Alexandre Desplat. Un film Media 8 / Metropolitan.

Une comédie romantique, voilà de quoi nous évader de la routine ou des problèmes de toutes sortes qui nous tombent dessus à un moment ou un autre. Sauf que la comédie est acide : décrire les relations entre une mère de famille « plaquée » par son homme et ses quatre filles pas toujours faciles à gérer est une démarche difficile, en tout cas, c’est un pari osé et gagné de l’acteur et réalisateur Mike Binder. Son scénario original, fouillé sur le plan psychologique et très solide de manière générale aura convaincu les acteurs, des grosses vedettes aux actrices montantes malgré un « petit » budget alloué au tournage, un film « Made in Angleterre » avec quelques scènes du Michigan et de Detroit ; la supercherie est totale grâce au miracle habituel de la réalisation. Avec un financement européen, un doublage français remarquable (par exemple la voix de Kevin Costner, le comédien Bernard Lanneau), une musique toute en finesse d’Alexandre Desplat (ses orchestrations sont vraiment très chantantes merci les cordes !), un rythme agréable et quelques rebondissements surprenants, la mayonnaise prend pour nous faire passer un moment très divertissant. Malgré quelques longueurs peut être ici et là mais « qui assurent » pour rester dans l’ambiance, on veut absolument savoir comment l’histoire va se terminer. Une fin sans surprise dans cette comédie « à l’américaine », évidemment. Mais les surprises naissent tout au long du film. Alix vous le Recommande, histoire de changer de la violence des nouveaux films sans consistance. Bien fait pour nous !

 

 

Comédie

MOONRISE KINGDOM, un film de Wes Anderson (2012) avec Bruce Willis, Edward Norton, Bill Murray, .Frances McDormand… Musique d’Alexandre Desplat. Un film Focus features et Studio canal.

Ce film américain ne présente Aucun intérêt. Bruce Willis semble de plus en plus se fourvoyer dans des productions tristement alimentaires. Money is money…

 

 

Fantastique tac toc

 

L’ÉTRANGE DESTIN DE BENJAMIN BUTTON. un film de David Fincher (2008) avec Brad Pitt et Cate Blanchett. D’après la Nouvelle de F. Scott Fitzgerald (1920). Musique d’Alexandre Desplat. Une coproduction Paramount et Warner Bros.

Non, ce n’est pas possible : ce film a coûté une fortune (un nombre et huit zéros derrières, une belle somme en clair) a tel point que deux studios s’associeront au projet dont personne ne voulait. Tiré de la nouvelle de Fitzgerald, plusieurs tentatives ont été avortées avant que la peur de l’échec ne gagne les réalisateurs. Mais David Fincher a dit « chiche » et il aurait mieux faire de suivre ses prédécesseurs : son film n’est pas intéressant. Auteur de « Seven » et de « Fight club » toujours avec Brad Pitt son acteur fétiche au jeu très peu expressif sauf lorsqu’il est filmé par Jean-Jacques Annaud dans « Sept ans au Tibet » (voir ici), ce dernier se retrouve au centre d’une histoire invraisemblable traitée à l’écran de manière très ennuyeuse. Difficile de ne pas s’endormir tant le propos traîne en longueur. Pourquoi réaliser un film de deux heures trente quand une heure de moins engendrerait un montage plus serré et donc passionnant ? Quelques bons moments réveillent pourtant le spectateur lorsque le destin est opposé aux actes prédestinés mais franchement il n’y a pas de quoi « fouetter un chat ». Bref, la seule chose qui provoque une émotion vraie semble être la musique d’Alexandre Desplat, belle et enthousiasmante. Alix donne comme appréciation Insatisfaisant à ce film insipide sauf pour la musique qui est Très belle : vive le bon goût français !

Bruce Willis détonne et des tonnes…

 

 


OTAGE/Hostage,un film de Florent Siri (2006) avec Bruce Willis, Kevin Pollack, Ben Foster, Jonathan Tucker. D’après le roman de Robert Crais. Musique d’Alexandre Desplat. Un dvd Warner Bros / Metrofilms.

Du cabotinage, encore et toujours du cabotinage. Dans ce film très intéressant dans sa première partie puis décevant jusqu’à son épilogue ridicule, Bruce Willis en fait des tonnes. Contrairement au film « Le cinquième élément » de Besson qui l’avait beaucoup amusé à tel point qu’il ne cachait pas sa décontraction excessive d’un bout à l’autre d’une histoire abracadabrante, le deuxième réalisateur français à le faire tourner dans son propre pays ne le dirige pas avec des pincettes. Ici, c’est le public qui semble être pris en otage : pour libérer une ado et un enfant retenus prisonniers par trois jeunes gens particulièrement violents et excités, un seul sauveur parviendra à surmonter tous les obstacles, à combattre tous les opposants, à vaincre tous les méchants. Mince alors, on ne l’avait pas deviné ! Les explosions, les tueries, la maffia, les policiers jaloux ou peu compréhensifs, bref, Bruce l’intrépide ne laissera aucune chance aux surprises impossibles à créer dans un scénario cousu de fil blanc. Dès le début les dés sont pipés : le spectacle devient lourd, fatiguant et pénible. Ce film n’apporte rien de nouveau au cinéma qui nous en a déjà montré des tonnes, justement, avec un Bruce Willis bien plus intéressant comme dans l’excellent « Piège en eaux troubles » quinze ans plus tôt. Le compositeur Alexandre Desplat réalise par la force des choses une partition elle aussi fatigante car répétitive et sans surprises : absence de mélodie mémorisable, orchestration variée mais qui repose sur la note unique, ceci n’est pas sa meilleure affaire. Allez, « Otage » doit être vu une bonne fois pour toutes en appréciant ses nombreuses qualités intrinsèques (on est au cinéma d’action tout de même !) et puis rendez-vous à la prochaine guerre urbaine. Alix trouve ce film Moyen et sa musique Moyenne. Pourtant avec un budget conséquent provenant en partie des deniers personnels de l’acteur qui souhaitait faire tourner sa fille dans une grosse production – et pourquoi pas ? – le réalisateur Florent Siri disposait des moyens pour sortir de la moyenne…

 

Suspense

 

THE GHOSTWRITER, un film de Roman Polanski (2009) avec Ewan McGregor, Pierce Brosnan, Kim Catrall, Olivia Williams… D’après le roman The ghost de Robert Harris. Musique d’Alexandre Desplat. César 2011 de la meilleure musique écrite pour un film. Un dvd Pathé !

Polanski à la réalisation, Pierce Brosnan en maître de l’intrigue, Ewan McGregor en écrivain fantôme que l’on appelle « un nègre littéraire », voici des valeurs sûres du cinéma avec une apparition très sympathique du fabuleux méchant Elie Wallach de nos chers westerns délaissés. Rajoutez à ce brillant générique un compositeur efficace aux commandes de ses claviers électroniques, Alexandre Desplat et vous avez tous les ingrédients réunis pour nous faire passer un très bon moment cinématographique. Le thème musical original est parfaitement adapté à la situation, c’est une heureuse composition que vous découvrirez dans le film. Bien entendu ce thriller efficace repose sur un suspense qui va crescendo ; les spectateurs allergiques aux intrigues intellectuelles compliquées devront néanmoins s’abstenir. La ressemblante avec certaines affaires véhiculées actuellement par les très sérieux médias sur de sordides questions de fric, d’armement, d’assassinats dirigés par des maffias de consortiums internationaux remplis d’affairistes sans scrupules donne à réfléchir : sommes-nous vraiment avec ce film dans la fiction ou n’est-il pas un exemple parlant du monde impitoyable dans lequel nous baignons ? Appréciations d’Aanor : sur le film, Excellent et sur la musique, Très bonne. Alexandre Desplat y gagne le deuxième César de sa carrière.

 

 

Drame

EXTRÊMEMENT FORT ET INCROYABLEMENT PRÈS/Extremely loud and incredibly close, un film de Stephen Daldry (2011) avec Thomas Horn, Max Von Sydow, Tom Hanks, Sandra Bullock, Viola Davis… D’après le roman de Jonathan Safran Foer. Musique d’Alexandre Desplat. Un film Paramount et Warner Bros.

Rien que le titre donne des regrets à Aanor. Après avoir péniblement suivi la démarche du jeune héros jusqu’au bout du film, elle s’est dit qu’un meilleur titre – dans le genre – était possible :  « Extrêmement long et incroyablement ch… ». Comment peut-on produire de tels navets ? Bien filmé mais très mal joué, incroyablement insipide et incommensurablement fastidieux, magnifiquement éclairé mais astronomiquement prévisible, Aanor ne rejette pas les qualités indéniablement artistiques de la chose, elle dénonce juste un scénario inimaginablement mal cadré. En tout cas le compositeur Alexandre Desplat confirme, lui au moins, son talent et sa grande capacité à trouver les bons sons aux bons moments. Sa mélodie intéressante se fond dans une orchestration symphonique très réussie. Mais en fin de compte, « Billy Elliot », c’était quand même extraordinairement mieux…

 

 

The Kolossal katastrophes men

Monuments men Mélodies ModernesMONUMENTS MEN, un film de George Clooney (2014) avec George Clooney (on n’est jamais aussi bien desservi que par soi-même), Matt Damon, Cate Blanchett, John Goodman, Bill Murray, Jean Dujardin, Hugh Bonneville… D’après le livre de Robert M. Edsel. Musique d’Alexandre Desplat. Un film de la Columbia Pictures et de la 20th Century Fox France (fallait bien s’y mettre à deux pour supporter un tel projet).

Financièrement, George Clooney ne s’est pas trompé puisque le film a rapporté le double de ce qu’il a coûté (150 millions de dollars, paraît-il). En France, un million de personnes se sont rendues au cinéma pour le voir. C’est bien. Mais que peut-on dire de plus sinon que ce film est artistiquement Nul ? L’histoire très intéressante est mal cadrée, mal mise en scène, les acteurs sont visiblement fatigués, ils ne dégagent aucune énergie (sont-ils démotivés ou mal rémunérés ?), tout est statique et Jean Dujardin fait de la figuration, les dialogues sont insipides, les scènes plates demeurent d’une lenteur et d’une lourdeur monumentale… Aanor ne peut pas voir ce film en peinture tant il est raté. La musique d’Alexandre Desplat pourtant de grande qualité semble avoir servie pour un film des années 70 avec son thème entraînant (joué mollement) et orchestré à la Ron Goodwin… Décalée elle aussi, l’aventure hasardeuse se transforme en tableau surréaliste. George Clooney estime qu’il a manqué de temps et de moyens pour faire ce qu’il voulait. Les Mélodies Modernes pensent plutôt qu’il a fait un mauvais film. Ne le regardez pas et si c’est trop tard, ne le recommandez à personne et oubliez-le très vite. « Attention à ta réputation, George, ton prochain bébé cinématographique devra être un surdoué mais en es-tu seulement capable ? Chiche ! »

 

 

Tranche de vie

La fille du puisatier - Les Mélodies ModernesrLA FILLE DU PUISATIER, un film de Daniel Auteuil (2011) avec Astrid Berges-Frisbey, Daniel Auteuil, Kad Merad, Sabine Azéma, Jean-Pierre Darroussin, Nicolas Duvauchelle… D’après l’œuvre de Marcel Pagnol. Musique d’Alexandre Desplat. Un dvd TF1/Pathé !

Daniel Auteuil souhaitait renouer avec le succès de « Jean de Florette » et « Manon des sources » et on le comprend : ce film de Claude Berri (en deux parties) des années 80 aura révélé toute l’étendue du talent de Daniel Auteuil dans un rôle admirable et difficile (Ugolin aurait d’ailleurs pu s’appeler Coluche mais l’artiste au grand cœur avait refusé la proposition du réalisateur de « Tchao Pantin »). Avec « La fille du puisatier », un nouveau drame de Marcel Pagnol qu’il aura lui-même mis en image en 1940 avec Raimu et Fernandel, le brillant Daniel Auteuil nous permet de retrouver l’ambiance magique de la Provence authentique à travers la verve du personnage et la beauté de sa fille jouée par Astrid Berges-Frisbey, un personnage rendu très intéressant par le jeu tout en finesse de la jeune femme. Ce film à revoir à l’occasion des 120 ans de la naissance de Marcel Pagnol possède une belle musique d’Alexandre Desplat, un compositeur très apprécié des Mélodies Modernes et son utilisation de la chanson « Catari, catari » de Cardillo chantée par Caruso est une excellente idée. Pour « Jean de Florette », Jean-Claude Petit avait arrangé le thème de « La force du destin » de Puccini ; joué à l’harmonica, ce fut un véritable moment de grâce dans les compositions pour musiques de films. Ici, le charme prend une nouvelle tournure avec un peu moins d’effet sonore : il aurait fallu imposer le thème tout au long du film avec plus de conviction. « La fille du puisatier » est un Très bon film avec une Très bonne musique de l’oscarisé Alexandre Desplat. Le public ne s’y est pas trompé : il s’est déplacé en masse dans les salles de cinéma (+ de 12 millions d’entrées). Marcel Pagnol peut en être fier.

 

 

Catastrophe

Godzilla 2014 Mélodies ModernesNESDéfGODZILLA, un film de Gareth Edwards (2014) avec Aaron Taylor-Johnson, Ken Watanabe, Elisabeth Olsen, Juliette Binoche, Sally Hawkins, David Strathairn… Musique d’Alexadre Desplat. Un film Legendary/Warner Bros.

Après la version originale japonaise aujourd’hui totalement dépassée de 1954 puis celle très réussie de Roland Emmerich en 1998 avec Matthew Broderick dont le jeu d’acteur et la voix française de Jean-Pierre Michaël plaisent beaucoup à nos critiques de film, Gareth Edwards s’est autorisé, on se demande bien pourquoi, à réaliser une troisième version Sans aucun intérêt. Pire, on s’y ennuie à force de revoir des personnages et des scènes largement inspirés de films précédents ; les clichés sont tellement nombreux qu’une multitude d’œuvres reviennent à l’esprit. La musique d’Alexandre Desplat suit la même procédure ; les musiques de la saga des « Alien » et celles de nombreux autres compositeurs font une apparition auditive avant de disparaître dans l’océan des lamentations… Il aurait vraiment mieux valu donner une suite au « Godzilla » d’Emmerich tel que c’était prévu initialement plutôt que de nous servir cet ersatz de montres insipides au corps géométrique même pas stylisés. En ce sens, quelle horreur !

 

D’autres critiques de films d’Aanor, l’amie d’Alix, cliquez ici

 

Le site des Mélodies Modernes m’informe sur un métier sous-estimé : compositeur de musiques de films. Et je commence à mieux connaître les grands esprits qui se cachent derrière leurs superbes créations !

Accès page suivante : Jerry GOLDSMITH, Carlo SILIOTTO, John ADDISON compositeurs / Roddy MAC DOWALL comédien et photographe

 

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