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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

Les musiques de films (VI)

Jerry GOLDSMITH, compositeur

Le parcours de Jerrry Goldsmith (1929-2004) est typique de celui d’un étudiant américain : démarrage du piano à 6 ans, études musicales à l’University Southern College avec un enseignant de musique classique qui a formé plusieurs futurs grands compositeurs de musiques de films (Henry Mancini, John Williams, André Previn) et au Los Angeles City College avec Miklos Rozsa, l’un des piliers du genre musical (en savoir + sur ce compositeur : ici). Peu de surprises également dans son parcours professionnel avec un début discret en qualité de copiste précédent un important travail de composition pour la compagnie CBS radio dans un premier temps puis CBS télévision avant de se mettre à composer pour le grand écran. L’une de ses premières musique de film en 1962 sera pour un chef d’œuvre d’intelligence et de modernité « Seuls sont les indomptés » avec Kirk Douglas (voir ci-dessous), un western écologiste.Mais l’enthousiasme de Jerry Goldsmith pour la science-fiction naîtra dans ces années soixante avec l’écriture des partitions d’une série télévisée à grand succès « Star Trek » et son adaptation pour le cinéma en 1979 : la capacité du compositeur à s’adapter à toutes les images va demeurer tout au long de son extraordinaire carrière l’une de ses remarquables cartes de visite.

 

C’est vrai qu’il trouve toujours les bons thèmes, les bonnes sonorités acoustiques avec l’emploi d’instruments rares comme le serpent (l’ancêtre du tuba) ou les steeldrum (la casserole, instrument traditionnel originaire du Venezuela) mais aussi l’électronique sans oublier de tirer toujours le meilleur parti des possibilités expressives de chaque instrument, par exemple chez les cordes (du violon à la contrebasse) les instrumentistes joueront en pizzicato (utilisation d’un doigt de la main droite au lieu de l’archet ce qui produit des sons frappés, courts et secs pour évoquer par exemple des gouttes de pluie qui tombent). Dans « Alien, le 8e passager », l’emploi des notes harmoniques produites par les violons (on effleure la corde avec le doigt de la main gauche pour créer les sons secondaires au lieu de poser franchement le doigt ce qui entraîne un son aérien, distant, pur et léger comme une âme qui flotte dans « La quatrième dimension » par exemple) mais surtout les sons aigus de la chanterelle des violons et l’utilisation d’une courte mélodie répétitive par les flûtes traversières feront de cette bande orchestrale un exemple magnifique qui sera largement copié par ses collègues et concurrents… Jerry Goldsmith écrira aussi les musiques d’ « Outland », « La planète des singes », « Runaway l’évadé du futur », « Total Recall » ou plus proche de nous « Le dernier château » avec les trompettes entendues dans « Rambo » … Des films de première importance qui auront révolutionné le genre grâce, notamment, au travail de recherche du compositeur très ingénieux qui possède la faculté de saisir le meilleur environnement sonore qu’il doit créer pour aider à la réussite totale de l’œuvre cinématographique.

 

Sa musique pour le film « La rivière sauvage » avec la brillante Meryl Streep et l’excellent Kevin Bacon relève de l’anecdote. C’est le compositeur français travaillant aux États-unis Maurice Jarre qui fut relevé, lui, de ses fonctions : ses musiques pour ce film furent jugées « trop molles » par le réalisateur Curtis Hanson. Appelé en catastrophe, Jerry Goldsmith disposa de quinze jours pour tout recomposer. Quinze jours, vous imaginer ça ! Mais il releva le défi. Il fit preuve d’opportunisme car il pensa à utiliser une mélodie traditionnelle irlandaise magnifique comme elles le sont toutes « The water is wide » entendue par hasard un jour et enregistrée quelque part dans sa mémoire pour composer vite fait bien fait un arrangement du thème et replacer les idées déjà exploitées lors de précédents films. Et voilà le travail ! La mélodie jouée à la flûte et l’orchestration rappellent beaucoup « Poltergeist », le compositeur utilise le même schéma d’orchestration du générique (voir ci-dessous l’analyse de la musique). Une superbe musique enregistrée au pied levé au nez et à la barbe de Maurice Jarre (découvrez la longue liste des musiques de films composées puis refusées pour un film : article ici (page XVIII des compositeurs)

 

Pour les deux premiers films « La planète des singes », Jerry Goldsmith utilisera l’écriture atonale. Pour « Congo » il évoquera à merveille l’ambiance sonore de l’Afrique par l’utilisation des percussions. Et pour le film « Papillon » qui raconte l’histoire du bagnard Henri Charrière envoyé dans l’enfer vert de Cayenne, il a utilisé l’accordéon, forcément, serions-nous français sans « le piano du pauvre » ? Pour avoir personnellement arrangé cette musique pour un orchestre de jeunes étudiants et d’amateurs passionnés, je peux affirmer que ses changements de tonalités, ses contre-chants et l’orchestration d’une très grande richesse font de Jerry Goldsmith l’un des plus grands compositeurs de musiques de films que nous aurons eu la chance d’entendre. Le septième art peut lui en être grandement reconnaissant même s’il n’aura pas collectionné les Oscars (un seul pour l’ensemble de sa carrière). Mais peu importe dans le fond puisqu’il aura connu le plus important facteur de satisfaction : l’affection d’un très large public partout dans le monde !

 

 

 

Analyse et exercice pratique

 

 

La rivière sauvage sauvage, thème principal du film : analyse

Jerry Goldsmith a disposé de peu de temps pour composer la musique du film « La rivière sauvage » (extrait partition ci-contre) et plusieurs éléments complémentaires mis en opposition lui posaient d’emblée de gros problèmes : il fallait évoquer l’eau à ses divers stades (la rivière paisible puis les rapides), l’évolution des paysages selon le moment de la journée ou de la nuit en fonction du déroulement de l’action (campement au bord de l’eau, fuite des victimes sur la falaise, point de vue général, gros plan…) et surtout créer une ambiance générale en parfaite adéquation avec le scénario tantôt calme tantôt mouvementé ; difficile de concilier sérénité et beauté s’enchainant à l’horreur ! La solution retenue fut la plus simple – et pour cause – : Jerry prit l’option du thème très mélodieux et tonal pour soutenir les images du canoë glissant sur l’eau et rajouta des musiques rythmées et percutantes à la limite de l’atonalité pour les scènes d’action. Vu les délais très courts avec lesquels le réalisateur Curtis Hanson lui demanda de composer, Jerry Goldsmith fit appel à son expérience suite aux énormes succès obtenus par ses précédentes musiques de films (Rambo, Poltergeist, Total Recall…) ; pour une fois, le maître se permettrait peut-être de ne pas trop en rajouter dans la nouveauté. Trémolos de violons, accords mineurs, timbales (parfois tout de même trop présentes), trombones, trompette, le tour était joué pour illustrer les côtés agités du film. Il restait à résoudre l’élément clé, incontounable, sensible et délicat : la mélodie principale. L’inspiration ne lui venant pas semble t-il, il fit appel cette fois-ci à sa mémoire. Une mélodie traînait dans sa tête : irlandaise, jolie, elle parle en gaélique d’une rivière sauvage… Il ne restait plus qu’à concevoir les arrangements originaux, un travail stylistique calqué sur celui réalisé pour lé début du film « Poltergeist ».

 

Analyse technique

– Les premières images du film « La rivière sauvage » montre Merryl Steep dans son canoë voguant paisiblement sur l’eau, l’instant est tranquille : utilisation d’arpèges à la harpe classique (un usage coutumier dans la musique lorsque l’on souhaite évoquer l’eau), tempo lent (55 à la noire)

– C’est une femme qui pilote : utilisation de l’instrument de musique le plus féminin, la flûte traversière (tonalité de Fa Majeur)

– L’action dure plus longtemps que le thème. Soit. Jerry Goldsmith passe au ton voisin (mesure 20) Si b Majeur – on rajoute un bémol -, le ton voisin permettant de ne pas créer de cassure ente deux tonalités afin de respecter la fluidité du langage musical. Substitution de la flûte traversière par la trompette (à l’octave inférieure) pour appuyer les efforts soutenus de la belle sportive

– Le canoë avance bien, l’action se confirme : nouveau passage au ton voisin, Mi b Majeur (on rajoute un troisième bémol), doublement des pupitres instrumentaux (davantage de cordes), démarrage du contre-chant aux violoncelles, crescendo vers la nuance Forté. La harpe continue de marteler l’avancée du canoë par ses doubles-croches. La mélodie passe aux violons jouant sur deux octaves. Les accords sont respectés dans les trois tonalités.

– Le barrage approche, le danger aussi : augmentation du tempo (75 à la noire), passage de transition avec les timbales, les violons en gammes rapides ascendantes et descendantes, entrée des cuivres, des bois et des percussions puis notes tenues aux cordes à la fin du morceau indiquant le changement de cadre (le domicile de Merryl Streep). Durée totale, moins de deux minutes trente. À noter pour rester honnête que Jerry Goldsmith compositeur et chef de l’orchestre disposait d’un assistant, de deux orchestrateurs, d’un préparateur de la musique (un copiste) et d’un superviseur. Un bon compositeur français, lui, aurait probablement tout fait lui-même de A à Z. Ceci dit la simplicité de l’écriture musicale paie toujours, rarement une musique de film d’introduction aura été aussi claire et limpide. C’est tout ce qu’on lui demandait. Pari gagné.

 

Exercice : recopier le thème dans les trois tonalités (FaM, SibM, MibM) sur une portée (écrivez dans le médium en gardant la mélodie dans la portée, évitez l’abus de ligne supplémentaires dans l’aigu), écrivez la partie de piano en dessous (clés de sol et de fa), trouvez les bons accords et chiffrez-les. Aidez-vous de la partition ci-contre pour reconstituer les accords à partir des notes des arpèges. Exercice complémentaire : inventez un contre-chant aigu dans la deuxième et troisième tonalités : en SibM dans l’aigu à la flûte traversière et en MibM dans le grave aux violoncelles. Prévoyez une portée entre celle de la mélodie et celle en clé de sol du piano. Soyez créatifs ! De nouvelles pistes de travail vous sont proposées en bas de la page B.a-ba de la composition.

 

 

 

Poursuite/Psychologique

 

SEULS SONT LES INDOMPTÉS/Lonely are the brave, un film de David Miller (1962) avec Kirk Douglas, Walter Matthau, George Kennedy, Gena Rowlands… Musique de Jerry Goldsmith. Un film Universal studios en noir et blanc.

Yves Boisset, réalisateur français que l’on ne présente plus, a dit de ce film qu’ « Il s’agit à mon avis d’une des plus belles et des plus courageuses histoires qu’Hollywood ait jamais entrepris de raconter ». Quant au réalisateur par défaut, l’homme qui aura produit et fortement marqué de son empreinte cette aventure, Kirk Douglas, il estime qu’il s’agit là de son meilleur film rien de moins que cela. Dans ses mémoires il cite ses nombreuses références en tant qu’acteur, réalisateur, producteur et artiste talentueux au parcours d’une richesse inouïe mais aussi bourré de regrets pour ne pas avoir été impliqué dans d’autres films que les siens ; pourtant aucun autre chef d’oeuvre ne l’aura autant influencé dans sa vie que « Seuls sont les indomptés ». À la vérité c’est bien lui qui aura influencé le film et non l’inverse ; doté d’un scénario idéal d’une efficacité incroyable, les messages symboliques du changement de société annoncé par la modernité pitoyable ponctuent les différentes étapes du film. Comme un leitmotiv musical, la mélodie de Jerry Goldsmith revient sans cesse quand ça va mal et les images cadrées sur les barreaux des fenêtres rappellent l’enfermement en opposition à la nature, à l’air pur et à la liberté, un sentiment admirable définitivement disparu. Le malaise du film provient bien du fait que l’on comprend le message véhiculé : nous ne sommes plus libres. Cinquante ans plus tard les enfants de la crise et du chômage plantés du soir au matin devant leurs jeux vidéos pourraient-il comprendre ça ? À noter le thème du compositeur Jerry Goldsmith, une mélodie fidèle dans ses deux premières mesures au thème entendu dans le film « L’île au trésor » (voir ici) avec Orson Welles, thème qui se décline en Majeur pendant que celui de « Seuls sont les indomptés » a été conçu en mineur dix ans plus tôt. Jerry Goldsmith venait de travailler à la radio puis à la télévision ; avec « Seuls sont les indomptés » il faisait ses premières armes. Il avait 33 ans. Pour nous aussi, cet évènement restera une révélation. Un film et une musique Exceptionnels pour Alix la critique avisée du site des Mélodies Modernes.

Bonus du dvd Universal Studios : la présentation de Bertrand Tavernier suivi d’un documentaire passionnant d’Éric Paccoud sur le film réputé comme étant « une parabole moderne ». Place aux braves ! Pour résumer, la caractéristique de ce film tient en quatre mots : maîtrise totale de l’art. Images, action, cadrages, choix du noir et blanc, scénario, musique, acteurs, doublages en français extraordinaires (de la valeur ajoutée)… Dépêchez-vous de le voir si vous ne le connaissez pas encore et surtout n’hésitez pas à l’acquérir pour le garder précieusement !

 

 

 

 

La Belle et la Bête façon Avoriaz

 

LINK, un film de Richard Franklin (1986) avec Elisabeth Shue, Terence Stamp… Musique de Jerry Goldsmith. Un dvd distribué par Studio Canal. Prix spécial du jury au Festival d’Avoriaz en 1986.

Le singe : un animal qui descend de l’homme à moins que ce soit l’inverse, l’homme descendrait du singe mais une chose est certaine, tous les deux sont bêtes, surtout l’homme. Dans la chaîne de l’évolution des espèces peuplant la planète Terre, nul ne sait qui a influencé l’autre. Les croyants vous diront qu’il n’y a pas plus de différences entre un homme, un singe et un ver de terre car tous les êtres vivants ont un patrimoine génétique commun. Du coup les 98% de gènes semblables entre l’homme et le singe restent à démontrer sur la base de tests fiables car personne pour l’instant ne sait le pourquoi du comment de la création et de l’évolution. L’origine de la vie reste une énigme sauf si Dieu, le Prophète ou toute autre divinité responsable de la création du monde s’est attelée à la tâche il y a bien longtemps. Pour ce qui est des simples constatations scientifiques, rien n’est simple et le constat amère effectué ces dernières années laisse apparaître un fait certain : tout est lié. L’homme et l’animal, le végétal et le minéral sont interdépendants. Il est impossible de concevoir une vie future sans tous ces éléments réunis. La démarche du professeur Steven, l’anthropologue réputé dans le film, est inverse : il est persuadé que l’homme est au-dessus de tout et il veut le prouver. Le singe est donc totalement déconsidéré mais Link, du haut de ses 40 années, va lui donner du fil à retordre : il va comprendre que les expériences négatives pratiquées sur lui n’étaient destinées qu’à une seule chose, préparer son passage « à la casserole » au bon vouloir du professeur excité et tourmenté. Que va faire Link – que peut-il faire – pour sauver sa peau de macaque ? Un film passionnant avec sa musique très « Jerry Goldsmith », surtout le thème et son arrangement liés au comportement clownesque de Link illustré par une véritable musique de cirque. Alix aime « Beaucoup Beaucoup » ce film et sa musique.

 

 

 

Serial killer

 

LA DISPARUE/The vanishing, un film de George Sluizer (1993) avec Jeff Bridges, Kiefer Sutherland, Nancy Travis, Sandra Bullock, Park Overall, Maggie Linderman, Lisa Eichhorn… Musique de Jerry Goldsmith. Un film 20th Century Fox.

Thriller, suspense, horreur, ce film qui mélange les genres est excellent. Petit à petit une montée en puissance vers le dénouement tragique (mais à quel point ?) est échafaudée par un réalisateur inspiré qui créé un climat oppressant : lorsqu’un malade décide de frapper fort, la victime peut craindre le pire. Le scénario est basé sur des faits réels, un bien gentil couple désireux de passer de vraies bonnes vacances et qui voit son monde basculer dans l’horreur. Réédition du film de 1989 « L’homme qui voulait savoir » avec Bernard-Pierre Donnadieu réalisé lui aussi par George Sluizer, l’acteur principal Jeff Bridges nous livre une performance renforcée par les rôles très importants de ses collègues Sutherland et Travis (que l’on retrouve dans « Fluke », voir ci-dessous). Sandra Bullock, alors au démarrage de sa carrière et deux ans avant l’agité « Speed » qui la propulsera au rang de star mondiale, ne fait qu’une brève apparition mais ce sont quelques minutes de vrai bonheur avant l’explosion finale… Kiefer Sutherland et Nancy Travis sont excellents grâce au doublage français réalisé par des comédiens professionnels. Le réalisateur hollandais George Sluizer est né à Paris et travaillera avec Werner Herzog pour « Fitzcarraldo » ; ce n’est qu’à l’aube de sa cinquantaine qu’il émergera dans le milieu très fermé du cinéma américain avec « La disparue » ; ancien élève du regretté institut IDHEC qui aura formé les meilleurs réalisateurs du cinéma, il abordera le métier par les courts-métrages d’où l’importance que l’on doit continuer à accorder à ce genre artistique afin de permettre aux plus motivés et sans doute aux plus talentueux d’entamer une carrière forcément difficile concurrence et finances obligent. Jerry Goldsmith aura lui aussi fréquenté les meilleures écoles et rencontré les plus grands spécialistes de la musique de film. À noter que son travail pour « La disparue » préfigure l’orchestration effectuée en catastrophe pour « La rivière sauvage » (ah, la flûte traversière, quel excellent placement mélodique !)…. Pour Alix, voici un Excellent film qui annonce « Breakdown » avec Kurt Russel (voir page suivante) avec sa Très bonne musique malgré les chansons de variété additionnelles.

 

Pierre Boulle est un écrivain à qui l’on doit « La planète des singes » mais aussi « Le pont de la rivière Kwaï ». Pour en savoir + sur cet auteur à succès, cliquez ici (infos Wikipedia)

Pour en savoir + sur Jerry Goldsmith, découvrez sa biographie magistrale et très complète ici.

Pour connaître le destin extraordinaire d’Henri Charrière, cliquez ici (forum Les ailes et les chaînes du Papillon)

Jerry Goldsmith a composé la musique du premier film La planète des singes mais pas celles des quatre suivants : pour TOUT savoir sur la série, c’est ici et maintenant !

Dossier sur la musique de film La musique à l’image, de l’or pour les braves chez Irma, Centre d’information et de documentation sur les musiques actuelles.

 

Roddy McDawall - Les mélodies modernes

 

 

L’homme a marché sur la lune il y a 40 ans. Paraît-il…

 

CAPRICORNE ONE/Capricorn one, un film de Peter Hyams (1978) avec Elliot Gould, Karen Black, James Brolin, Brenda Vaccaro, Sam Waterston, Telly Savalas et O.J. Simpson. Musique de Jerry Goldsmith. Un film produit par Paul N Lazarus III.

Trop beau pour être vrai. Dites-leur que la Terre est ronde, ils vous répondront « Prouvez-le moi » ; affirmez-leur que l’homme a marché sur la lune, ils vous répondront qu’ils en doutent, preuves à l’appui. Ainsi procèdent les gens sceptiques ; peu importe les trésors de diplomatie que vous utiliserez, les exemples que vous donnerez, les faits que vous citerez, rien n’y fera, leur jugement est déjà arrêté, ils ne changeront rien à leur idée ni à leur opinion toute faite. Les sceptiques sont aussi dotés d’intelligence, ils remettent en cause les vérités affirmées un peu trop facilement et se méfient de tout par simple esprit de contradiction. C’est ici que se trouve l’une des caractéristiques de l’être humain, sa capacité à se remettre en question. Les scientifiques ont des doutes sur la nature et l’origine du phénomène qui a engendré le détachement d’un morceau de la planète bleue pour former la lune, un bout de Terre installé là on ne sait trop comment à cause d’un phénomène cataclysmique inexpliqué d’où l’importance de connaître la nature du minerai qui la compose. Mais les sceptiques n’en croient pas un mot : Armstrong et Aldrin n’ont pas foulé le sol lunaire, Collins ne les regardait pas du hublot d’Appolo XI qui tournait au-dessus du Lem posé sur la lune. Avec ces photos qui sont vraiment douteuses et pour le moins curieuses, qui est vraiment dupe de la mascarade ? Mais qu’en pensez-vous, le complot existe t-il vraiment ? Des personnes très sérieuses dénoncent la mystification pendant que bon nombre de scientifiques reconnaissent l’incapacité d’un pays – quel qu’il soit – à envoyer des hommes sur la lune (et surtout les ramener vivants) en 1969… La technologie d’aujourd’hui n’y suffirait même pas, d’ailleurs, il faudrait encore dix ou vingt années aux américains pour préparer une (nouvelle) balade sur le caillou ! C’est qu’il fallait absolument, en 1969, battre les russes à tout prix sur le terrain de la conquête spatiale et justifier ainsi le programme Appolo aux contribuables… Témoignage rapporté à Alix par un téléspectateur : « Je me souviens bien de ces images nettes, extraordinaires sur le départ du Lem, quand il a quitté la lune pour rejoindre Appolo, nous étions collés au poste de télé, on buvait les paroles du commentateur et on croyait ce que l’on voyait même si c’était trop beau pour être vrai, inconsciemment, on restait dubitatifs ». Mais si le doute ne persistait point chez l’être humain, s’il n’y avait pas les empêcheurs de tourner en rond, si l’information provenait toujours d’une source unique, si on ne remettait jamais rien en question (à part certains faits historiques pour lesquelles les révisionnistes deviennent des criminels), ce serait déjà trop insupportable pour être vrai ! Pour conclure provisoirement ce chapitre, une question se pose : sont-ils en train de nous refaire le même coup avec la planète Mars ? Alix trouve le film « Capricorne one » Excellent et la musique de Jerry Goldsmith tout aussi Excellente.

Plusieurs forums sur la question de l’entreprise de démystification : ici avec futura-sciences, ici avec topito.com, ici avec webastro

Le livre qui tue : cliquez ici (site de Philippe Lheureux, un auteur passionnant… et crédible !

 

 

Faux brame et vrai drame (à répéter trois fois très vite)

 

 

Réflexion. Pour les personnes sceptiques, tout est faux sauf le rêve et la magie de l’instant. Sur cette photo, plus aucun doute sur les ombres contradictoires des projecteurs, le fond noyé dans le noir du studio, les marques de cadrage de l’objectif sur l’image pour faire vrai, l’absence de poussière sur les pieds du Lem qui est de toute façon bien trop petit pour accueillir à la fois deux hommes et le matériel nécessaire au décollage + les moteurs + le combustible (lequel, au fait ?) et puis il y a ces traces de pas au sol totalement intactes ce qui n’est possible que sur une surface molle possédant une atmosphère ; atmosphère, vous avez dit atmosphère ? Les caméras des astronautes ne sont pas protégées des rayons X, le passage des astronautes entre les zones ombragées (à moins 50 degrés) et exposées au soleil (à plus 150 degrés) modifieraient le comportement linéaire et incroyablement insouciant des astronautes. Les autres photos officielles sont encore plus troublantes c’est le moins que l’on puisse dire alors Mesdames et Messieurs de la N.A.S.A., il serait peut-être temps de lever le voile sur cette question : pourquoi nous faire douter que l’homme a bien marché sur la lune avec ces photos distribuées à tort et à travers alors qu’elles sont grossièrement truquées ? À moins que… Au fait, quels sont les résultats des analyses effectuées à partir des échantillons ramenés depuis la lune ? Un reportage télé conçu par Arte en 2002 met en avant les témoignages du conseiller du président Nixon, du colonel directeur des opérations spéciales de la C.I.A., d’un général, d’un journaliste et chroniqueur franco-américain célèbre, d’un des astronautes qui aurait marché sur la lune et de son épouse… Tout ça pour nous démontrer in fine que tout est faux. Réalisé très sérieusement avant de devenir parodique, ce téléfilm aura peut-être permis à ceux et celles qui savent et qui n’ont pas encore été assassinés de dévoiler la vérité sur un mode ironique. Le doute se trouve donc renforcé : l’homme a t-il marché vraiment sur la lune ? Certainement pas sur la seule base de ces documents dont plus personne ne croit à l’authenticité. Et tant qu’à faire, pourrait-on enfin tout savoir sur l’assassinat de J.-F. Kennedy, le décès de Marilyn, la disparition de l’inventeur du moteur à eau salée dans les années 60 ou l’inventeur de l’eau potable à partir d’eau de mer (c’est sérieux !)… sans en faire un drame ou pousser un brame, OK, fellows ?

Dernière nouvelle qui fera date : le président Barack Obama vient de renoncer à l’engagement de son pays afin de (re)conquérir l’astre mort. Non seulement de gros doutes vont subsister sur les alunissages supposés des missions Appolo mais on ne verra plus un astronaute poser à coup sûr son pied sur la lune. Les chinois prendront peut-être la relève. Pour beaucoup ce sera la soupe à la grimace.

Amarssissage du rover Curiosity en août 2012 sur la planète Mars : j’espère que l’on ne va pas nous refaire le même coup ! Sans parler des images en provenance de la lune via la Chine qui nous montre le sol lunaire : ils y auraient posé un engin… paraît-il.

 

 

Western

ONE LITTLE INDIAN/Un petit indien, un film de Bernard McEveety (1973) avec James Gardner, Vera Miles, Jody Foster, Pat Hingle, Jay Silverheels, Clay O’Brian… Musique de Jerry Goldsmith. Un dvd Disney.

Les films et téléfilms produits par la firme Disney reposent tous sur une belle histoire dépourvue de violence excessive ou d’images pouvant choquer. On n’y verra jamais, par exemple, les images d’un visage ensanglanté, d’immenses jets d’hémoglobine sortant d’une tête tranchée, tous les détails morbides d’une personne mutilée ou plus simplement, la belle poitrine d’une femme libérée sur un corps entièrement dénudé surtout s’il existe une connotation sexuelle. Les codes du puritanisme anglo-saxon y sont pour beaucoup et la pratique de l’autocensure est systématique chez la plupart des réalisateurs ce qui demeure une attitude détestable. Dans le domaine artistique, tout doit rester possible selon le contexte. Les productions sont destinées au public enfantin mais aussi familial, la prudence reste de mise : on ne peut pas tout montrer. Ces films et téléfilms très bien joués sont toujours réalisés par des professionnels talentueux ; les réalisateurs savent donner aux compositeurs de musiques de films toute l’importance qu’ils méritent. Ce vaste sujet est abordé dans le site des Mélodies Modernes ici et là en fonction des compositeurs concernés. C’est Jerry Goldsmith qui a composé pour « Un petit indien » une belle mélodie à la flûte traversière sur une orchestration très orientée « cordes » : quel plaisir ! Il aura confié son orchestration et ses plus grandes œuvres – tout comme l’a fait John Williams – à son arrangeur attitré Arthur Morton, un musicien complet œuvrant dans l’ombre des compositeurs de musiques de films pendant plus de soixante ans (ce vrai pro a débuté dans les années 30 avant de décéder à l’âge de 91 ans).  Les comédies musicales et les films chantés version dessins animés ou images réelles voire un habile mélange des deux (une spécialité Disney), se révèlent souvent passionnants malgré la redondance de certaines valeurs ; la principale, la morale, prédomine pour conforter le spectateur dans sa logique de pensée. La société américaine, comme d’autres sociétés, prônent la lutte du Bien contre le Mal ce qui tend à simplifier excessivement le scénario d’un film jusqu’à la caricature.

 

« Un  petit indien » n’échappe pas à la règle, ce sont les bons gros sentiments qui triomphent. Il n’empêche, cette orientation à la fois respectable et pénible du comportement stéréotypé attribué à chaque être humain (le gentil et le méchant), a permis de développer très tôt chez le jeune spectateur une connaissance des notions délaissées jusqu’au milieu du XXe siècle : celle des droits du gentil animal (la bataille pour faire admettre que l’animal est un être sensible et non pas un objet n’est pas encore gagnée). Par une éducation à deux pôles, l’enfant apprend aussi qu’il dispose de droits mais aussi de devoirs. La morale est prônée dans « Un petit indien » et la gentille famille reconstituée en sortira probablement valorisée, comme dans l’ensemble des œuvres de Walt Disney, son légendaire « happy end » est devenu un classique du genre ! Les notions universelles de bonté, de partage, d’humilité et d’amour en toute légitimité y compris le comportement à adopter face aux questions liées à l’argent sont typiques de l’Amérique qui veut nous démontrer, à travers ses films, que l’on peut être pauvre et heureux – ou désintéressé et épanoui -, bref, que le fric ne fait pas le bonheur. Ah bon ? Le succès intemporel de la maison Disney repose sur des considérations bien éloignées de la réalité de la vie quotidienne qui sont conformes à l’idée que se fait le jeune enfant s’il est abreuvé très tôt par ces productions très orientées. C’est le principe du cercle vertueux.

 

La cruelle réalité des vicissitudes de la vie le rappellera un jour à son bon souvenir mais le danger existe pour les esprits non formés de se créer une bulle protectrice avec des œillères bien arrimées : ce n’est certainement pas en édulcorant une vision réaliste du monde que l’enfant trouvera son équilibre, le repli sur un seul mode de vie et de pensée unique n’amène à rien de bon. Les scénaristes l’ont compris dans les années 70 et certains films comme « Kalahari » ou « Natty Gann » par exemple auront marqués une transition salutaire pour permettre à Disney d’entrer dans les considérations sociétales modernes (les problèmes de la délinquance, de la maltraitance, de la vieillesse, de la mort, les conflits intergénérationnels etc). Pourtant, la censure existe toujours de manière rétrospective. La non-sortie en dvd ou BluRay de « Mélodies du sud » (1946) en est le meilleur signe : l’homme à la peau noir, héros principal du film avec deux enfants bien blancs et des personnages animés en superposition, est présenté en « nègre » c’est-à-dire en esclave endurci par un travail épuisant dans les champs de coton. Ce qui ne l’empêche pas de rire, de chanter et de danser tout en remplissant les fonctions de grand-père de substitution particulièrement bienveillant envers la progéniture du bon maître compréhensif. Dénoncer les comportements stéréotypés évoquant sans ambiguïté l’esclavagisme et le racisme (les deux sont liés) n’effacera pas leur pratique officielle à certaines périodes sombres et lieux infréquentables de notre histoire humaine : il ne faut pas tenter de modifier les œuvres artistiques du passé même si elles sont choquantes et inenvisageables aujourd’hui. Il ne faut pas effectuer de nouvelles coupures, refaire à nouveau le montage, il faut rester intelligent et plein de bon sens. Montrons tout tel quel pour mieux commenter et pointer du doigt les travers épouvantables du passé.

 

Si une censure quelconque interdisait un jour la diffusion des images horribles des camps de concentration nazis sous prétexte qu’elles ne sont plus acceptables dans une société « évoluée », comment pourrait-on montrer aux jeunes générations ce que l’être humain a pu faire et comment pourrait-on entretenir la mémoire collective afin de rester vigilent et intransigeant ? Concernant Walt Disney et son équipe de « Mélodies du sud », voulaient-il faire étalage de leurs penchants racistes en supposant s’ils en eurent ? Probablement pas mais la polémique existe sur leur manière de concevoir un film orienté qui reste pourtant extraordinaire (c’est une prouesse technique et artistique rare et précieuse). De même, les auteurs de la nouvelle édition dvd des dessins animés de Tex Avery (années 40 et 50) ont retirés les images à connotation sexiste présentes à l’origine et que l’on trouve encore dans le coffret vhs… On ne leur en demandait pas tant dans cette opération de censure orchestrée par la nouvelle vague du « politiquement correct » !

 

« Un petit indien » n’a probablement jamais été diffusé en France. Dommage. On ne peut être qu’attendri par l’histoire d’un orphelin recueilli par une famille reconstituée. Ce film au thème récurrent et simpliste réserve tout de même quelques bonnes surprises : l’enfant n’a peut-être pas le tain si bronzé que cela et le visage pâle monte un chameau. Original. « Un petit indien » permet de revoir Jody Foster dans un de ses seconds rôles assez fade mais comme toujours, bien utile ; l’actrice verra sa carrière exploser quelques années plus tard avec, notamment, l’excellent « La petite fille au bout du chemin ». Quant au réalisateur McEveety, il s’est spécialisé dans la réalisation de séries télévisées très célèbres (La conquête de l’ouest, Drôles de dames, L’incroyable Hulk…). L’appréciation d’Aanor est donc positive : « Un petit indien » est Très Bon en se plaçant dans le contexte Disney des années 70 et la musique est Excellente. On attend juste une version doublée en français.

 

 

Science-fiction

L'âge de cristal, le film - les mélodies ModernesL’ÂGE DE CRISTAL/Logan’s run, un film de Michael Anderson (1976) avec Michael York, Jenny Agutter, Richard Jordan, Roscoe Lee browne, Farrah Fawcett-Majors, Peter Ustinov… D’après le roman de William F. Nolan. Musique de Jerry Goldsmith. Un film Warner Bros.

L’an 2274, au XXXIIIe siècle, le Caroussel est la grande cérémonie du peuple qui vit sous un dôme protecteur. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si un cristal, implanté dans la paume de la main, ne se mettait à clignoter lorsque vous atteignez l’âge de trente ans, l’heure de commencer votre résurrection, en fait, de vous faire désintégrer… En utilisant l’holographie, un procédé nouvellement inventé dans l’après-guerre, et grâce aux progrès effectués dans la prise d’images en relief par numérisation, le film a reçu l’Oscar des meilleurs effets spéciaux : le laser sortant du canon de révolver des limiers vaut bien celui du rayon des sabres-laser de la saga « Star wars » colorés à la main et dévoilés à la même époque sur les écrans (1977). Logan 5 et Jessica 6 (Heather Menzies dans le feuilleton télé) vont-ils parvenir à découvrir le Sanctuaire ? Le réalisateur Anderson, déjà fortement frustré par la coupure de plusieurs scènes (dont l’une montrait Jenny Agutter entièrement nue posant pour le robot dans la grotte de glace) exigée par les producteurs, aurait bien aimé concevoir trois films sur le sujet en s’inspirant des ouvrages de Nolan mais une question de droits d’exploitation et de rachat par les producteurs hollywoodiens qui se livrent à la guéguerre, verra la mutation de ces suites espérées en série pour la télévision (voir ici) avec de profondes modifications dans un concept déjà éprouvée dans la série « Le fugitif » : des personnes en fuite, un problème, on le résout et on recommence l’épisode suivant. Simple et efficace. La série connaîtra un très grand succès public lors de sa diffusion le dimanche après-midi sur Antenne 2 avant « l’école des fans » de Jacques Martin, la musique de Laurence Rosenthal apportant une large contribution. C’est le reproche que l’on peut faire à Jerry Goldsmith pLa cité des dômes de l'âge de cristal (le film, 1976)our le film. Sa musique, orchestrée par Arthur Morton, n’est pas mélodique et manque « d’accroche ». En réitérant sa technique d’écriture atonale utilisée dans « La planète des singes » huit ans plus tôt, le compositeur nous fait entendre des sons répétitifs, percutants et parfois pénibles dans les scènes se déroulant à l’intérieur (cordes, claviers, sons électroniques discordants) par choix artistique, évidemment. En jouant les contrastes, Jerry Goldsmith normalise son écriture pour les scènes extérieures des personnages à la recherche du Sanctuaire (orchestre symphonique et tonalité). Son collègue Laurence Rosenthal, une nouvelle fois, fera mieux dans le genre avec une mélodie et une orchestration inoubliables.

À noter : le producteur Joël Silver, père de la série des « X-men » et Simon Kinberg, le scénariste, tentent de faire aboutir depuis longtemps un remake de « L’âge de cristal » (un reboot comme on dit) ; s’il s’agit de nous pondre un film agité avec des sentiments aseptisés et une caméra qui bouge tout le temps dans un montage très serré, merci bien, vous pouvez le garder. Les cinéphiles préfèreraient voir éditer le dvd du feuilleton télévisé (et pourquoi pas les épisodes manquants jamais diffusés), une production inexistante aux États-L'Äge de cristal (le film) avec Mikael York et Jennu Agutter (1976)Unis qui ne connut pas le succès contrairement à l’Europe et surtout à la France. Pierre Arditi (que l’on ne présente plus), Francine Lainé (la voix d’Emma Peel dans « Chapeau melon et bottes de cuir ») et René Bériard (très présent à l’écran et dans le doublage de films) complètent cette réussite francophone avec la partition de Rosenthal et de ses collègues, d’une qualité sonore exceptionnelle. Sans oublier la jupe courte de Jessica si affriolante pour les ados de l’époque…

 

Lire l’article sur le feuilleton « L’âge de cristal » page XXVIII des compositeurs.

 

Suspense

Film Morts suspectes - Les Mélodies ModernesMORTS SUSPECTES/Coma, un film de Michael Crichton (1978) avec Geneviève Bujold, Michael Douglas, Elizabeth Ashley, Rip Tom, Richard Widmark, Ed Harris… D’après le roman de Robin Cook. Musique de Jerry Goldsmith. Un film United Artists/M.G.M.

On se demande comment il est possible, dans une même œuvre, de réunir autant de talents avérés ou naissants. Ed Harris, par exemple, tient dans « Morts suspectes » un tout petit rôle mais il débute dans le métier : douze ans plus tard, il sera à l’affiche du célèbre « Abyss ». Michael Douglas, lui, va y puiser une grande motivation dans un scénario fortement intellectuel qui lui plaît beaucoup et sa partenaire Geneviève Bujold, une magnifique actrice originaire de Montréal alors au sommet de sa gloire, saura confirmer tout le bien que l’on peut penser d’elle. Le réalisateur-écrivain-producteur Michael Crichton, présent dans tous les « gros coups » du cinéma américain avec « Mondwest, Runaway-l’évadé du futur, Le mystère Andromède, les Jurrasic park, Harcèlement, Twister, Soleil levant, Congo, Sphère, Prisonniers du temps »… lors de ses études de médecine, a connu l’auteur du roman servant de base au scénario (Robin Cook). Et le compositeur s’appelle Jerry Goldsmith ! Sa musique rappelle ses compositions pour les œuvres précédentes et suivantes trop nombreuses à citer, disons que « Morts suspectes » se situe entre « Les survivants de la fin du monde » et « Capricorne One » (voir ci-dessus), c’est dire ! D’autres talents vont rejoindre cet ensemble de compétences très relevé et le bonheur du téléspectateur d’aujourd’hui, pour ce film au suspense élaboré, reste entier. Action, science-fiction, réflexion, la caméra prend le temps de nous laisser voir le décor fantastique pour bien nous immerger dans l’univers particulier d’un milieu hospitalier de pointe. Achetez ce film Excellent pour votre collection de films incontournables, vous ne le regretterez pas. C’est un bon tuyau d’Alix !

Voir la critique de film d’Auregane sur l’année de sortie de « Trocadéro bleu citron » et de « Morts suspectes », 1978.

 

 

 

 

Hommage à Roddy McDOWALL, acteur, comédien et photographe

 

Roddy Mc Dowall - Les Mélodies Modernes

 

Il n’est pas un acteur comme les autres. Ses mimiques toutes personnelles sont caractéristiques de son jeu très expressif ; sur son visage, dans ses gestes et ses postures, Roddy McDowall est imprégné par son rôle, il rentre totalement dans la peau du personnage qu’il doit interpréter. Cette facilité expressive très particulière et tellement sympathique, quand on connaît la gentillesse du personnage, est peut-être héritée d’une vie précédente où il se produisait pour le cinéma muet : pendant que des acteurs tentent aujourd’hui encore de jouer la comédie en déployant des efforts surhumains, Roddy McDowall, lui, n’a pas besoin de parler inutilement ni de gesticuler dans tous les sens ; sans se forcer, le plus naturellement du monde, un simple sourire en dit long, un regard devient terriblement malicieux, une attitude fine dessine un personnage et le message passe cinq sur cinq auprès du spectateur. Dans le fond n’est-ce pas cela un vrai comédien ? Sa passion et son don, il les utilisera sur les planches de Broadway (dans les rôles de Norman Bates dans « Psycho » ou Octavian dans « Jules César»…) et ils resteront un témoignage de sa capacité à jouer tous les rôles au théâtre, à la télé ou au cinéma.

 

Né en Grande-Bretagne en 1928 d’un père écossais et d’une mère irlandaise, il débute dans un premier film à l’âge de 8 ans mais c’est dans l’un des plus grands films de l’histoire du cinéma « Qu’elle était verte ma vallée » (1941) qui évoque la dureté de la vie, les joies et les malheurs des mineurs du Pays de Galles que sa carrière démarrera vraiment pour ne s’arrêter qu’à son dernier souffle en 1998 (la musique de son dernier film est signée Alfred Newman, voir ici). Émigré aux États-Unis pendant la seconde guerre mondiale, il se fait vite repérer pour interpréter le premier rôle dans « Fidèle Lassie » (1943) avec celle qui deviendra pour toujours son amie et confidente Élisabeth Taylor alors âgée de 10 ans à l’époque du tournage. Un film qui sera suivi de nombreuses autres aventures dont « Mon amie Flicka » et qui feront passer Roddy McDowall du statut d’enfant-star à celui de professionnel au talent reconnu. Il continuera donc pour notre plus grand plaisir à nous faire partager sa bonhomie dans de très nombreux films. Un autre tournant important de sa longue carrière fut une performance tout à fait remarquable dans la série « La planète des singes » (de 1968 à 1973). Malgré les difficultés et les souffrances liées au port du masque gélatineux et à la nécessité de se déhancher en permanence (un rôle très ingrat), l’acteur parviendra à nous faire entrer dans la peau des personnages imaginés par Pierre Boulle. Le succès de chacun fut mondial (acteurs, réalisateur, compositeur…) et ainsi naissent les célébrités qui deviennent des légendes du cinéma…

Photos : jaquette intérieure du DVD 20th Century Fox « Qu’elle était verte ma vallée » et jaquette recto du DVD Walt Disney « L’honorable Griffin » : le premier est un film dramatique incontournable et le second une comédie très agréable à voir en famille.

 

 

 

 

Roddy Mac Dowall retrouvera sa partenaire et amie Élisabeth Taylor dans « Cléopâtre » en 1963 et enchaînera les apparitions dans diverses séries et feuilletons télévisés : « Mission impossible », « Les envahisseurs », « Batman », « Wonder woman », « La quatrième dimension », « Columbo », « Code Quantum »… Photographe au talent confirmé, l’acteur a exposé dès 1966 « Double exposition », titre général de ses œuvres très renommées. D’autres rôles majeurs émailleront son brillant parcours, toujours avec son admirable voix française de doublage signée Jean-Pierre Leroux (entre autres), notamment pour l’un des derniers films directement supervisés par le grand et unique Walt Disney « L’espion aux pattes de velours ». En 1983, « Vampire vous avez dit vampire ? » dont Brad Fiedel signera la musique voir ici marquera les esprits pour son côté novateur et entrera dans la mémoire collective pour devenir un film-culte des amateurs du genre même si certains jeunes d’aujourd’hui estiment que ce film n’est plus assez « gore »… Un film interdit au moins de 13 ans au moment de sa sortie en salle auquel s’affranchiront les enfants d’aujourd’hui ; formés à l’école des journaux télévisés et du pire sur Internet, ces vampires deviennent tout juste amusants ! Justement dans cette œuvre, la composition de Roddy McDowall restera représentative de son jeu tout en finesse et en légèreté. Un bon jeu d’acteur vaut toujours mieux que des images trop explicites même si – présentement – les effets spéciaux demeurent encore excellents. Toutes ces caractéristiques sont celles d’un homme intellectuellement évolué au cœur resté gros et généreux : fidèle en amitié, il ne divulguera jamais les lourds secrets d’Hollywood confiés par ses collègues et ami(e)s Judy Garland, Maureen O’Hara et tant d’autres… Roddy McDowall était un être humain exceptionnel à la personnalité attachante, je vous le dis !

Retrouvez Roddy dans sa dernière prestation en 1997 dans « Les nouvelles aventures de Mowgli », voir ici (musique du film de John Scott)

Galerie très complète de photos de la carrière de Roddy McDowall, cliquez ici

 

 

 

 

 

Carlo SILIOTTO, compositeur

Carlo Siliotto est l’exemple même du musicien accompli, celui qui peut tout jouer et tout faire tant son talent est grand. Il prouve avec quelques autres collègues présents dans ce site à quel point l’ouverture d’esprit demeure nécessaire pour permettre l’exposition de ses connaissances musicales. Romain de naissance en 1950 et ce n’est pas un hasard, il aura composé la musique de la série télé « Jules César » de Uli Edel en 2002. Pourtant sa première partie de carrière sera consacrée à l’interprétation de la musique dite « populaire » dans le sens flatteur du terme. En créant un groupe qui tournera dans les divers pays méditerranéens dans les années 70 et 80, tout particulièrement en Italie bien sûr mais histoire de se laisser entraîner par les sonorités des pays du monde en Afrique, en Grèce, en Allemagne, en Hongrie également, il entamera sa deuxième partie de carrière dans la musique de film dans les années 90. Les Etats-Unis l’accueilleront pour sa très belle partition entendue dans « Fluke », un film de Carlo Carlei de 1995, son compatriote réalisateur et scénariste l’ayant déjà sollicité avec bonheur deux ans auparavant pour « La course de l’innocent ». Musicien classique à la base, il s’orientera vers le métier de compositeur de téléfilms à gros budgets co-produits par les américains et les européens (« David » de Robert Markowitz en 1997 par exemple) et illustrera la biographie de Jean-Paul II… pour enchaîner sans transition au film d’action « The punisher » de Jonathan Hensleigh en 2004 (avec John Travolta).

Son travail le plus récent s’est entendu dans le film « The ramen girl » avec Brittany Murphy sorti en 2008. Auparavant il aura démontré sa capacité à s’adapter à tous les genres en conservant sa faculté de produire des sonorités parfaitement adaptées aux images quelque soit le contexte ou l’époque du film. Dans « Nomad » en 2004, un film de Sergueï Bodrov (Passer et Temenov sont co-réalisateurs) financé par le gouvernement Kazakh pour contrer l’impact du film « Borah » pas vraiment apprécié dans les grandes plaines du pays, les thèmes musicaux de notre ami savent rester simples par leur structure et sont valorisés par une orchestration toujours mêlée de sons acoustiques et électroniques, de rythmes anciens et classiques, de composition moderne sur des envolées lyriques aux accents de musique traditionnelle, une mixture colorée très difficile à obtenir avec légèreté. La difficulté de la tâche, voilà bien un problème que ne rencontrera jamais Carlo Siliotto dans plus de 76 musiques de films, téléfilms et séries. Quel talent, non mais quel talent !

Le site officiel du compositeur, cliquez ici (en italien, allemand et anglais)

 

FLUKE, un film de Carlo Carlei (1995) avec Matthew Modine, Nancy Travis, Eric Stolz, Jon Polito, Max Pomeranc. Musique de Carlo Silotto. Un film Metro Goldwin Mayer.

Pour avoir une description très détaillée de la musique du film Fluke, cliquez ici (infos Goldenscore)

 

 

 

 

John ADDISON, compositeur


Un enregistrement réussi ne dépend pas uniquement de la qualité d’un orchestre et de ses musiciens. La compétence du chef et la haute tenue de l’ensemble ne suffisent pas toujours à contenter les auditeurs ! L’Orchestre de la B.B.C. de Londres fait partie de la liste de ces formations dont le niveau de technicité des musiciens n’est pas à remettre en cause. En charge de diverses missions (concerts, récitals) dans plusieurs genres musicaux (classique, opéra, théâtre, musiques de films, séances d’enregistrement les plus diverses) avec un chef qui voyage beaucoup de par ses nombreuses casquettes (direction d’orchestre en Angleterre, Allemagne, Belgique, Canada, Espagne, Etats-Unis, Japon) il manque pourtant quelque chose de difficile à définir à la première écoute du CD « The film music of John Addison ». Voici pourquoi. La musique de la série télévisée des années 70 « Colorado (Centennial) » avec une pléiade d’acteurs célèbres (Robert Conrad en tête de liste) est véritablement superbe. Écrite en deuxième partie de carrière dans la période la plus féconde du compositeur, celui-ci aura imaginé un thème « porteur » dans sa tonalité majeure et son mouvement ascendant : l’orchestration basée sur les sons des tambours lancinants des indiens d’Amérique et sur les clairons des Tuniques bleues représentés par les trompettes sont caractéristiques du style John Addison : gravité et légèreté. Un mariage heureux entre la musique et le scénario avec pour effet des images ainsi sublimées. Malheureusement dans le CD en question l’interprétation du BBC Concert Orchestra est trop molle. L’oeuvre est jouée trop lentement par rapport à l’original entendu au générique de la série TV et la prise de son néglige les envolées des violons ; les pupitres des cordes semblent étouffés, absents. Les trompettes finissent par fatiguer l’oreille. Vivement un nouvel enregistrement dynamique et fidèle à l’original (voir ci-dessous) !

 

 

 

« Un pont trop loin »

Pour ce film de guerre les différences entre la version d’origine et ce nouvel enregistrement sont frappantes : d’un côté, la lourdeur prédomine, il n’y a aucun relief sonore, pas de vie ni de John Addison style ; « The film music of John Addison » est enregistré par un orchestre trop imprégné par la musique classique. Un jeu propre mais aseptisé. Dommage… Sur l’autre CD maintenant, « A bridge too far/Un pont trop loin » le dynamisme, la profondeur de son dans les contre-chants des flûtes piccolos, des fifres et des violons nous font pénétrer dans l’univers sonore de John Addison. Pourtant la musique est la même d’un disque à l’autre mais quitte à me répéter l’impulsion donnée par John Addison lui-même avec sa baguette de chef ainsi qu’une prise de son soignée et signée John Richards (à qui l’on doit l’enregistrement de la musique du film « Nimitz » voir ici) ne peuvent être comparées à l’autre CD…

John Addison est né en Angleterre dans le Surrey en 1920 et il décèdera en 1998 ; sa dernière composition, il l’aura consacrée au basson, à l’honneur dans un concerto classique. Il aimait résolument les sons graves, les basses et les trombones et son style, peut-être le doit-il à ses études… Et à son comportement exemplaire lors de la seconde guerre mondiale : libérateur de la ville de Caen, blessé et décoré comme il se doit, personne d’autre mieux que lui ne pouvait concevoir une partition brillante et représentative du désastre de l’Opération Market Garden en Hollande à Arnheim à la fin de l’année 1944, un évènement à la base du scénario de « Un pont trop loin ». Le compositeur illustrera les scènes du film par des thèmes arrangés selon la nature des images mais les scènes de combat resteront sans musique afin de ne pas édulcorer les faits de guerre, un choix commun du réalisateur et du compositeur. D’autres films sur l’action militaire des soldats britanniques au long des siècles lui permettront d’exprimer son talent par la composition de marches et de nombreuses pièces comiques, ironiques ou satiriques mais sans jamais tomber dans l’excès en témoigne sa partition pour « La charge de la brigade légère » en 1968.

Étudiant puis professeur au Royal College of Music en 1948, il deviendra le compositeur attitré de la B.B.C. et composera pour le film « Tom Jones » (4 Oscars en 1963 dont un pour la musique) ; à l’occasion du film « Le rideau déchiré » en 1966, Hitchcock prendra même la peine de virer Bernard Hermann une fois tout le travail de composition réalisé et enregistré, son bras droit de compositeur n’étant pas assez mélodiste au goût du Maître du suspense . Quant à Carol Reed réalisateur du fameux « Troisième homme » en 1949, celui-ci priera John Addison de composer à son tour un thème à succès pour « L’homme de Berlin » en 1953. Les impondérables liés au montage final du film en décideront autrement, le public aussi. La musique restera dans l’ombre. On ne peut pas être gagnant à tous les coups !

Au fait, lorsque vous achetez un disque compact, préférez les enregistrements en ADD au lieu du « tout numérique DDD » uniquement valable pour les sons électroniques ou les sons aseptisés. Beaucoup d’orchestres classiques et de musiciens utilisant des instruments acoustiques pensent que rien ne vaut la modernité : prise de son et gravure du master en numérique. Résultat, un son parfait… et parfaitement ennuyeux. Sommes-nous clonés, devons-nous tous produire le même son ? Vive la différence ! Pour restituer le plus fidèlement possible le vrai beau son d’un vrai beau instrument de musique d’un vrai bon musicien comme on peut l’entendre dans une chapelle ou au coin d’une rue, honnêtement, enregistrez-vous en Analogique… Comme les Mélodies Modernes !

Photo d’Alix (ci-dessus) de Lev Dolgatshjov (voir la page Amour et beauté, cliquez ici)

 

 

 

 

Colorado saga

 

D’après le roman fleuve « Centennial » de James Michener. Traduit de l’américain par Jacques Hall et Jacqueline Lagrange pour sa première parution en version française chez Flammarion en 1975 sous le titre « Colorado saga », un énorme pavé ! C’était la contribution de l’écrivain aux cérémonies de célébration du bicentenaire de l’indépendance des Etats-Unis le 4 juillet 1976 (Proclamation de l’Indépendance). Il fallait bien tout le talent du romancier pour couvrir l’histoire du Nouveau monde de ses origines jusqu’aux années soixante dix. Dans le roman, il nous parle bien sûr de la formation des continents mais aussi de leurs occupants, ces dinosaures qui peuplaient la Terre et vécurent heureux pendant cent trente-cinq millions d’années. Une preuve indiscutable qu’un petit cerveau dans un corps énorme a la vie tenace… bien plus que celle d’un autre mammifère au gros cerveau dans un corps rempli d’eau à 95 pour cent, cet animal que l’on appelle un homme et qui n’existe que depuis deux petits millions d’années seulement. Une chance pour nous que cette sacrée météorite soit venue un jour nous dire bonjour ! Ensuite la plus belle créature issue des plaines du Colorado déserta le pays pour gagner la Sibérie via l’actuel Alaska en empruntant un isthme qui n’existe plus. Le niveau des océans en ces temps lointains permettait de rejoindre à pied les deux continents. Pourquoi les magnifiques chevaux du Colorado ont-ils quitté en masse le riche territoire qui les a vus naître ? Nul ne le sait. Puis ils arrivèrent en Europe, en Arabie… Les bisons et leurs ancêtres, les serpents, les loups, les faucons et toutes les créatures voulurent se faire leur « place au soleil ». Les indiens, déjà, pratiquaient une gestion écologique de leur environnement. Ils ne s’entretuaient que rarement malgré les rivalités entre tribus et prélevaient de la nature juste ce qu’il leur fallait pour survivre. L’apparition de l’homme blanc, le pilleur de ressources, lui qui aura volé la terre des indiens, changea définitivement l’équilibre naturel établi au fil des millénaires et mit fin à l’heureux partage entre les différentes créatures. Pasquinel, un coureur des bois, un français du Québec qui avait échappé aux combats terribles menés contre les anglais, ne voulait pas, lui, entrer dans ce système pervers et exécrable du commerce sans vergogne.

Le coureur des bois québécois démontrait que la morale, la fidélité, le courage et l’intelligence pouvaient briller chez un être dépourvu de toute culture générale. Sa connaissance et son savoir, il les détenait du terrain par l’expérience obligatoirement acquise pour assurer sa survie : dans un pays réputé hostile il était imbattable. Les indiens de toutes les tribus le respectait car il respectait les indiens, un statut durement gagné. Bourré de certitudes « Ici, la moitié d’un homme, ça ne vaut pas grand chose », Pasquinel a toujours fait face. Son histoire extraordinaire et celle de ses compatriotes se trouvent dans le roman de James Michener et dans la série télévisée « Colorado », deux réussites en tous points. La musique de John Addison y fait des merveilles avec un thème et des arrangements formidables. Curieusement, certains internautes se plaignent de l’édition actuelle d’Universal : ils ne trouvent pas sur ce nouveau dvd la version en langue anglaise sous-titrée en français. Peut-être sont-ils dépourvus d’oreilles car la version française rassemble le nec plus ultra des doubleurs français, Dominique Paturel entre autres. Quel plaisir pourrait-on éprouver à se coltiner la version américaine avec ses sous-titres approximatifs lorsque l’on peut disposer d’une version française plus que remarquable ? Mystère, mystère… Un fait certain : cet enchantement pour nos tympans convient admirablement bien aux images magnifiques de la série, Colorado oblige. Alors ne boudez pas vos sens aguerris et à vos télécommandes !

« Colorado », une série de 1978 (diffusée en France en 1980) avec son téléfilm pilote de 2X180 mn et ses 10 épisodes de 120 mn. Avec la fine fleur des séries télé de l’époque : Robert Conrad (Les mystères de l’Ouest), Richard Chamberlain (Shogun, Les oiseaux se cachent pour mourir), Raymond Burr (L’homme de fer), Gregory Harrison (L’âge de cristal), David Janssen (Le fugitif), Robert Vaughn (rappelez-vous de Napoléon solo Des Agents très spéciaux…) et Richard Crenna, Dennis Weaver, Timothy Dalton, Lynn Redgrave, Donald Pleasance… Musique de John Addison. Qui dit mieux ? Chez Universal Pictures Video (France). À part l’épisode pilote, la qualité de duplication est peu satisfaisante pour un DVD mais l’ensemble est néanmoins supportable. Un dvd recommandé par Nostalgie.

 

 

Ils ont osé, ils l’ont fait, ça y est !

 

Réflexion. Depuis des millénaires, cette région magnifique du monde est restée vierge de toute activité humaine visible. Autrefois partout en Amérique, les indiens vivaient en osmose avec la nature nourricière puis les visages pâles ont envahis la terre sacrée. Refoulés jusqu’au confins du Colorado devenu centre touristique de première importance, quelques indiens viennent enfin de céder au charme vert, sonore et trébuchant des ingénieurs en mal de béton : une passerelle vient de s’ériger dans le paysage immaculé du Grand Canyon, merveille absolue de la nature. Et bientôt des hôtels, des restaurants, un casino et pourquoi pas une pissotière pour uriner directement jusqu’au fond du gouffre, un kilomètre et des poussières plus bas… ? Vive le progrès, vive le tourisme de masse, vive les dollars ! Et tant pis pour John Wayne s’il se retourne dans sa tombe et tant pis pour l’esprit de Geronimo qui devra s’envoler vers une région plus tranquille. Mais en trouvera t-il encore une ?

Pour voir en photos et en vidéo la passerelle en verre, cliquez ici (infos Tromb n’ Rock)

 

 

 

 

Espionnage

 

LE RIDEAU DÉCHIRÉ/Torn Curtain, un film d’Alfred Hitchcock (1966) avec Paul Newman, Julie Andrews… Musique de John Addison. Un film Universal.

Berlin-ouest, Berlin-est, le Rideau de fer, l’espionnage, le cadre révélateur des tensions politiques entre les nations à une période pas si lointaine que cela ne pouvait que servir les intérêts machiavéliques du réalisateur Hitchcock. Sur fond de « guerre froide », le long du Mur de Berlin édifié en 1961, Paul Newman joue les espions dix ans après son premier rôle au cinéma. Dirigé par Hitchcock, il ne semble pas très à l’aise dans la peau de son personnage. Julie Andrews non plus, sans doute l’actrice est-elle encore auréolée de ses précédents succès « Mary Poppins » et « La mélodie du bonheur » qui lui colleront à la peau durant toute sa carrière ; sa crédibilité dans les rôles plus sérieux ne fera pas recette (difficile en effet de s’investir dans un personnage qui ne correspond pas à l’attente de vos fans !). Le scénario indique lui aussi des signes de faiblesse ; quelques situations invraisemblables lui font perdre son intérêt dans le déroulement prévisible de l’intrigue avec des alibis mal négociés, des réactions illogiques, des explications manquantes… Tout ne se digère pas très bien même si l’on ne doit pas se poser trop de questions ce que souhaitait toujours le grand Alfred à propos de ses films : l’on doit se poser peu de questions mais de bonnes questions. Alors en voici une : qu’est devenu son compositeur attitré Bernard Hermann ? Le musicien si performant dans le remarquable « La mort aux trousses » aurait-il abandonné le Maître du suspense ? Preuve de l’attachement du compositeur à sa collaboration avec Hitchcock, cinquante minutes de musique originale seront enregistrées et subiront le prémontage. Hélas, les producteurs et Hitchcock souhaitaient autre chose, une autre couleur sonore plus « positive » et « jazzy » ; l’apparition du réalisateur au début du film est soutenue par le thème de la série télé « Alfred Hitchcock présente », un clin d’œil musical que n’aurait probablement pas osé Bernard Hermann.

 

Remercié et remplacé par John Addison dans un style différent (mélodique sur une orchestration riche et variée), les deux hommes ne travailleront plus jamais ensemble. Le film reflète cette absence d’homogénéité : malgré les compositions intéressantes de John Addison en phase avec ses commanditaires, la version de Bernard Hermann devait être passionnante. En orientant le film vers le drame, en renforçant le^s côtés sombres et terrifiants, il y avait certainement un bon « coup à jouer ». Finalement, l’ambiance de travail sur le plateau était mauvaise : le jeune Paul Newman avait une idée différente de ce que devait être son jeu d’acteur et Hitchcock souhaitait au départ d’autres comédiens, Cary Grant et Tippi Hedren découverte par lui-même en 1961 dans « Les oiseaux ». La scène de l’assassinat est frappante : Hitchcock voulait démontrer à quel point il est difficile de tuer un homme quitte à tricher sur la crédibilité de la scène ; il faut se rappeler que nous sommes en 1966 et que le réalisme ne giclait pas encore sur l’écran : « Le gaucher » Alias Paul Newman aurait certainement agit plus rapidement à son goût… Une ambiance malsaine régnait donc lors du tournage à l’image de l’intrigue assez lourde distillée par le film et sa musique un peu fatiguante, un fait non recherché mais largement provoqué… On ne peut pas toujours être le meilleur : cette année 1961 voyait la sortie de chef d’œuvres comme « La grande vadrouille, Le docteur Jivago, Le grand restaurant, Paris brûle t-il ? Un homme une femme, La canonnière du Yang-Tsé, Arabesque, Le bon, la brute et le truand, Qui a peur de Virgina Woolf… », de nombreux coups de couteaux aux idées reçues… À noter la présence inoubliable des comédiens français Marc Cassot et plus encore Martine Sarcey (Martine Rouchaud de son vrai nom), l’une des plus belles voix du cinéma : colorée, utilisant une large tessiture, sachant parfaitement articuler et jouer sur les intonations, ils sont un délice pour les oreilles.

Pour en savoir +, découvrez le site très intéressant Le cinéma d’Alfred Hitchcock, cliquez ici

 

 

Accès page suivante : James HORNER, Philippe SARDE compositeurs / Paul VERHOEVEN réalisateur / Rae Dawn CHONG, actrice

 

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