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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

Les musiques de films (VII)


James HORNER, compositeur

James Horner n’est pas un mélodiste né. Son style est surtout caractérisé par un soutien musical très imaginatif à l’ambiance des films auquel il est destiné. Ses orchestrations reposent sur un astucieux mélange d’instruments classiques et traditionnels comme pour le film « Braveheart » par exemple où la cornemuse sur fond d’orchestre symphonique donne des frissons dans le dos. Plutôt spécialisé dans la musique de films d’action, « Willow », « Glory » ou au scénario plus bâtit sur une intrigue intellectuelle comme « Appolo 13 », il demeure bien entendu tout à fait capable de composer de superbes mélodies romantiques, les films précités étant de parfaits exemples de sa maîtrise de l’art musical. L’une d’entre elle, entendue à satiété après un célèbre naufrage, est caractéristique de ses choix d’arrangeur : dans un film relatant la tragédie du Titanic, on aurait pu s’attendre à autre chose qu’une orchestration réalisée par des instruments électroniques avec l’emploi de choristes, choix qui semblait déjà un peu moins anachronique. Pourtant, le pari est réussit et nul n’aurait vraisemblablement fait mieux dans le genre. Il n’empêche, le compositeur se place aux antipodes de la conception d’autres collègues, Elmer Bernsteirn par exemple qui privilégia toujours la légèreté et la grâce sur une présence musicale parfois lourde et pesante comme peuvent être ces derniers temps les musiques de James Horner. Pour l’original film « Miracle sur la 8e rue » en 1987 il composera une musique superbe, aux thèmes variés et très bien orchestrés. Il travaillera sur certains effets musicaux qui remplacent les bruits et les mouvements des personnages comme s’il s’agissait d’illustrer un dessin animé. Une très belle réalisation pas toujours confirmée.

 

Car l’un des paradoxes de cet artiste, c’est sa capacité à enchaîner le pire et le meilleur. Comme toute personne particulièrement douée, sa production n’est pas constante. Il peut faire preuve pour tel film d’une très grande rigueur professionnelle et effectuer un travail de création et de réalisation exemplaires et pour tel autre film ne pas daigner s’y intéresser en utilisant des thèmes ou orchestrations déjà utilisés dans d’autres productions, sans parler des emprunts importants aux compositeurs de musique classique. Peut-être que la notoriété acquise avec la vente de plus de 30 millions d’albums sur toute la planète pour le célèbre tube de Céline Dion en reprise de sa musique somme toute banale du « Titanic » extraordinaire de James Cameron ne l’incite pas à se remotiver… On retiendra donc plutôt sa musique pour « Aliens le retour » avec la mélodie fantastique voyageant dans l’espace tonal et atonal, des violons et des altos en chant/contre-chant répondant aux montage des images du film en champ/contre-champ. Le travail effectué par Jerry Goldsmith pour « Alien le 8e passager » est exceptionnel de recherche et de créativité à tel point que le passage musical des flûtes traversières, qui se superposent dans un mouvement arpégé de quartes et de quintes, à été réutilisé par James Horner en 1998 dans « Le masque de Zorro » de Martin Campbell (avec Banderas, Hopkins et Greta-Jones) : petit canaillou ! Le compositeur, fortement influencé par le Maître, reprendra dans l’esprit les réalisations de son aîné en y apposant sa touche personnelle : la musique du film d’« Aliens le retour » est de la très belle ouvrage. Les cors, les cordes et les timbales résonnent encore dans nos oreilles de spectateurs totalement pris par un film de référence, l’originalité des compositions et des arrangements apportant toute leur dimension à l’ensemble de l’œuvre. Par l’emploi d’un soutien magistral à l’angoisse et à l’intrigue d’un film, la partition de James Horner se place au sommet de la création musicale cinématographique. Bref, pour avoir composé la musique de très nombreux films, « Jumanji », « Natty Gann » ou « Flight plan » avec Jody Foster plus récemment, James Horner reste, à 54 ans, l’un des « très grands » dont Hollywood ne pourrait se passer… Et nous non plus !

Biographie et liste des films dont la musique est signée James Horner, cliquez ici (infos Wikipedia) / Critique et commentaires sur le compositeur, cliquez ici (infos Cinezik)

 

 

 

Un film très intéressant

LES FOUS DU ROI/All the king’s men, un film de Steven Zaillian (2006) avec Sean Penn, Jude Law, Kate Winslet, James Gandolfini… Musique de James Horner. Distribution Gaumont Columbia Tristar Films France.

Ce film récent est très intéressant (la reprise d’un film de 1949 de Robert Rossen d’après le livre de Robert Penn Warren). Il s’agit d’une fiction basée sur l’histoire vraie de Henry P. Long, l’homme qui marqua toute une génération d’américains et plus particulièrement les habitants de la Louisiane d’où il était originaire. Huey n’aura jamais renié son pays rural et modeste ; mieux que cela, il revendiquait son droit à représenter le peuple et à agir en sa faveur. En prenant en main l’organisme à partir duquel il s’attaqua aux grands trusts financiers de l’époque, les pétroliers, l’électricité, et aux immenses fortunes indécentes (le richissime Rockefeller en tête) dans une période de misère avec la grande dépression des années 30, Henry P. Long parviendra à se faire élire facilement et largement gouverneur puis Président… Avant d’être assassiné. Il permettra l’entrée de La Louisiane dans la modernité par la construction de routes, d’écoles (le ramassage scolaire par les « school bus » jaune emblématiques du pays, c’est son idée et sa réalisation !), la création en masse d’emplois…Cet homme politique anachronique possédait une fougue, une facilité à captiver son auditoire qu’il devait probablement à son premier métier de représentant de commerce mais aussi à une ambition forcenée qui remontait à l’enfance : il voulait devenir LE président. Hélas, toute personne qui accède aux plus hautes fonctions fini tôt ou tard par se laisser dévoyer, comme dans les tragédies grecques ou l’on meurt par le bien qui vous a propulsé tout en haut de l’échelle. Voler trop près du soleil ne brûle t-il pas les ailes ? Affublé au départ de sentiments généreux, altruistes, nobles et sincères, que deviennent-ils lorsqu’on possède le pouvoir ? Faire des compromis, revenir sur sa parole ou accepter des contreparties, se lier d’amitié avec des personnes peu scrupuleuses et pas vertueuses, c’est le lot commun aux hommes et aux femmes politiques d’hier et d’aujourd’hui. Le pouvoir corrompt. Ou détruit. L’environnement de l’homme a profondément changé au fil des siècles mais l’être humain reste inébranlablement le même : nous sommes tous indispensables de notre vivant puis indispensables au cimetière, comme l’évoquait De Gaulle. Ce film, « Les fous du roi », est une œuvre sombre et tragique à l’image du roman de Robert Penn Warren, Prix Pullitzer en 1946. Mais c’est une aventure terriblement contemporaine ! Pour Alix : un film Très bon. La musique du film, signée James Horner, utilise une suite de rythmes simples, du plus long au plus court qui renforcent l’intensité dramatique, à savoir : dans une mesure binaire s’enchaînent une noire, deux croches, un triolet de croches, quatre doubles et une noire accentuée. Bien vu mais pas nouveau : cette technique simple a déjà été entendue dans bon nombre de films avant celui-ci. Alors à part ça quoi de neuf docteur James ? Pour Alix : une musique Très Moyenne.

 

Qui vivra verra

LA VIE DEVANT SES YEUX/The live before her eyes, un film de Vadim Perelman (2008) avec Uma Thurman, Evan Rachel Wood, Eva Amurri… Musique de James Horner. Un film Metropolitan FilmExport France.

Uma Thurman est une actrice épatante ; depuis « Kill Bill » elle a prouvé ses capacités de comédienne malgré sa silhouette svelte et sportive qui la prédestinait peut-être à autre chose, au mannequinat par exemple. À ce titre, très mal dirigée dans le pitoyable « Chapeau melon et bottes de cuir » de Chechik en 1998 (une réédition ratée de la fameuse série télévisée des années soixante avec la brune Emma Peel), notre blonde Uma Thurman véhiculera l’image d’une personne froide, distante, raide dans sa posture. Son regard d’un bleu superbe est d’ailleurs vide, il porte loin, l’actrice semble souvent absente, totalement perdue dans ses pensées… et ses amours tumultueuses ! Libre d’agir dans sa vie personnelle comme bon lui semble ce qui est fort respectable, les rôles dont elle sera affectée utiliseront cette apparence facile et trompeuse de la femme fatale jusqu’au génial Quentin Tarentino, metteur en scène qui saura utiliser les artistes à leur avantage pour le bien de tous, celui des films qu’il produit, pour commencer. Mais ici malheureusement, le spectateur malgré sa bonne volonté retrouve un scénario inconsistant qui ne la favorise pas ; Uma Thurman ne peut pas à son tour mettre en valeur une histoire alambiquée qui se déroule devant nos yeux. Malgré de gros efforts, on n’y comprends pas grand chose : en mêlant les scènes « d’avant » avec les scènes « d’après », celles de la jeune fille de 17 ans avec celles où elle évolue dans sa vie d’adulte mariée avec un enfant, on devine bien sûr le propos mais il est trop mal traité, une sensation persistante de déjà vu finit par fatiguer nos yeux qui n’en croient pas un mot. Quant au somnolent compositeur James Horner, il y fait de la figuration ; à peine rétabli de son succès avec « Titanic » qui semble avoir définitivement coulé son inspiration, la musique est dépourvue de mélodie et repose sur une note grave tenue qui sert de bourdon à l’orchestration forcément lourde, vous n’en croirez pas vos oreilles. « La vie devant ses yeux », un film à ne pas garder en vue. Note d’Alix : Insatisfaisant. Musique : Insatisfaisante. Un tel commentaire négatif, c’est plutôt bien vu, non ?

 

Aventures

KALAHARI/A far off place, un film de Mikael Salomon (1998) avec Reese Witherspoon, Sarel Bok, Ethan Randall, Jack Thompson et Maximilian Shell. D’après les livres de Laurens Van Der Post. Musique de James Horner. Un film Walt Disney.

Tourné en Afrique dans de magnifiques paysages, les mésaventures de la jeune Nonnie vont l’entraîner dans le désert du Kalahari, traquée par des chasseurs d’ivoire sans scrupules. Son salut viendra de Xhabbo, un bushman qui communique avec les esprits. La musique du film se devait d’être à la hauteur d’un tel scénario et James Horner ne déçoit pas. C’était l’époque où il commençait à peine à comprendre ce qui lui tombait dessus avec le succès planétaire inexplicable de « Titanic » et de sa musique pas du tout exceptionnelle. Sa « grosse tête et les chevilles qui enflent » allait lui arriver un peu plus tard avec des compositions tristounettes et sans gloire. Dans « Kalahari » inutile de chercher longtemps le vrai héros du film : il s’appelle Sarel Bok et s’est fait remarquer en France par plus de huit millions de spectateurs avec « Les dieux sont tombés sur la tête ». Hélas, le public ne se sera pas déplacé en masse pour « Kalahari », un insuccès commercial loin des promesses du scénario et ce, pour une simple raison, le film vacille entre plusieurs genres. Par la violence de certaines scènes il ne peut s’adresser à de trop jeunes enfants (ce qui change beaucoup du style aseptisé des Walt Disney habituels) ; par la relation sentimentale de l’héroïne entretenue avec l’un de ses compatriotes le film flirterait davantage du côté du public d’adolescents ; par son traitement psychologique sans concessions il concernerait plutôt les adultes (lorsque Nonnie se met à se venger des hommes qui ont tués sa famille, elle ne fait pas dans le détail et se transforme en véritable Rambo woman…). Bref, ce film n’est pas classable. C’est dommage car on ne montrera jamais suffisamment le rôle épouvantable joué par les colons blancs en Afrique dans le pillage des ressources naturelles, dans l’extinction d’espèces animales extraordinaires sans parler des ravages provoqués par le racisme et l’esclavage. Dans l’idée développée ici et carrément stéréotypée de « rencontre de deux mondes que tout oppose », il semblerait que l’amitié naissante peu naturelle entre la jeune blonde Nonnie totalement imprégnée par la culture américaine (d’où son incapacité d’adaptation au début du film) en fait d’emblée une personne bien éloignée des préoccupations spirituelles de Xhabbo. Malgré le courage des uns et des autres, on se dit tout au long du film que chacun finira par repartir dans son monde quoi qu’il arrive… À condition toutefois de s’en sortir vivant ! Alix trouve ce film Bon et sa musique Bonne.

* Le livre de référence du film : « Le monde perdu du Kalahari » de Laurens Van Der Post chez Payot (Petite bibliothèque)

* Un autre film tourné dans le désert du Kalahari : « Les sables du Kalahari/ Sands of the Kalahari » tourné en 1965 par le réalisateur de « Zoulou » Cyd Enfield (voir ci-dessus) avec Stuart Withman. Musique de John Dankworth. Il semblerait que ce film soit peu connu en France

- Autres films : « La famille Suricate » et une série de documentaires « Kalahari family » (voir ici)

 

 

Aventures

NATTY GANN/The journey of Natty Gann, un film de Jeremy Kagan (1985) avec Meredith Salenger, John Cusak, Ray Wise, le chien Jed… Histoire de Jane Rosenberg. Musique de James Horner. Un film Walt Disney (Buena vista).

Le réalisateur Jeremy Kagan frappa un grand coup avec ce film. Né en 1945 à l’aube d’une ère nouvelle qui ne voulait « plus jamais ça » (la seconde guerre mondiale), il se spécialisera pourtant dans l’évocation des conflits de toutes sortes (le Vietnam) et soutiendra les démarches artistiques non conventionnelles (le Festival de Sundance de Robert Redford dont il sera l’une des chevilles ouvrières). Après de solides études universitaires qui l’amèneront dans la seconde partie de sa vie professionnelle à devenir lui-même enseignant, son travail se fera principalement pour la télévision dans des séries pas ou peu connues en Europe. C’est donc avec le film pour grand public « Natty Gann » (Natty étant la contraction de Nathalie) qu’il se fera connaître du monde entier y compris par le public russe expert en bons films : il y recevra une importante distinction lors du Festival de cinéma de Moscou, un exploit à une époque où la chute du Mur de Berlin ne relevait que du fantasme et de la fiction. Mais le secret de la réussite d’une oeuvre ne repose pas uniquement sur un seul élément, ce serait trop facile : l’histoire de Nathalie Gann est extraordinaire et les personnages sont exceptionnels, en tout cas ils le deviennent tout au long de l’histoire. Le film montre le comportement de la population soumise à la crise de 1935 et le courage d’une adolescente aidée par un loup qui souhaite coûte que coûte rejoindre son père embauché à plus de 3000 kilomètres de sa ville natale, Chicago. Y parviendra t-elle et à quel prix ? La musique de James Horner est à la hauteur de l’évènement, on peut même entendre distinctement une ligne mélodique agréable et parfaitement orchestrée pour coller aux images ou permettre au contraire de prendre de la distance (c’est sur ce point que réside l’art des compositeurs de musiques de films). Meredith Salenger, la jeune héroïne très convaincante, aura commencé sa carrière en dansant et en chantant dans la comédie musicale « Annie » (musique de Charles Strouse (voir ici) puis surviendra la sélection pour le premier rôle de « Natty Gann » ; volontaire et dotée d’un solide tempérament, sa performance orientera définitivement sa carrière qui prendra tout son sens. On la retrouvera, diplômes de psychologie en poche, dans une multitude de téléfilms très variés :« Les contes de la crypte, Poltergeist, Buffy contre les vampires, Cold case, Juste cause, 24 heures chrono » et dans les films « Le village des damnés » version 1995 (voir ici) ou bien encore dans « La montagne ensorcelée » version 2009 où le personnage qu’elle incarne s’appelle Nathalie Gann. 25 ans plus tard c’est résolument plus qu’un clin d’oeil du destin, preuve que ce rôle aura marqué bien des consciences. Quant à John Cusak il aura réussit dans les films en cinémascope, à chacun son chemin. Pour Alix, ce film demeure Excellent pour la famille dans l’esprit des films Walt Disney avec un côté édulcoré presque gnan-gnan mais si agréable parfois et la musique subtile de James Horner renforce le sentiment d’Excellence si l’on pardonne l’absence d’une vraie belle mélodie facilement mémorisable, décidemment, ce n’est pas le truc de James Horner. Le doublage français est génial, les paysages sont magnifiques. Une oeuvre artistique incontournable quand on aime les bons films d’aventures. Et profitez-en pour revoir les exceptionnels « Les raisins de la colère », « L’empereur du nord » et « Les grandes gueules » pour baigner dans la même ambiance !

 

 

Aventures

ApocalyptoAPOCALYPTO, un film de Mel Gibson (2006) avec Rudy Youngblood, Rraoul Trujillo, Dalia Hernandez… Musique de James Horner. Un film Icon productions.

Avec le film récent de Mel Gibson « Apocalypto » la bande originale du film nous replonge dans l’univers extraordinaire de « La forêt d’émeraude » de Boorman, entre autres fims réalisés en Amérique du sud : les sons étranges d’une autre culture, l’atmosphère pesante et humide de la jungle amazonienne, les bruits et les décors fantastiques d’un autre monde si proche et si éloigné à la fois. Une excellente musique d’accompagnement de James Horner faite de percussions et d’instruments traditionnels peu usuels qui convient parfaitement aux images soignées de l’acteur-réalisateur décidé à nous surprendre à chaque création. Alors si vous n’avez pas encore vu ce film, n’hésitez pas ! Attention, plusieurs scènes violentes peuvent choquer les enfants. James Horner avait déjà commencé à entreprendre à ses débuts en 1986 un travail de recherche sur les sonorités exotiques avec le film peu connu mais suberbe de Christopher Cain « Where the river runs black », l’histoire d’un enfant perdu ramené par un prêtre à « la civilisation » au Brésil. Au passage, une question : qu’attendez-vous d’un film ? Si vous pensez que le Septième art est d’abord fait pour nous distraire et nous permettre de passer un très bon moment hors du temps, vous comprendrez aisément que l’on peut aimer voire adorer ce film. Les deux heures quinze nous gardent rivés sur nos sièges (contrairement au décevant « Ne le dis à personne » dans le même genre course-poursuite). Si on attend maintenant autre chose d’un film, grand intellectuel que nous sommes, il faudrait plutôt regarder un documentaire sur les périodes traitées (les Incas, les Conquistadores) ou prendre un ouvrage spécialisé sur la période historique en question ! Sans la garantie de passer un moment formidable… Pour Alix c’est un Bon film et une Bonne musique.

 

Comédie

*MIRACLE SUR LA 8e RUE, un film de Matthew Robbin (1987) avec Hume Cronyn, Jessica Tandy… Musique de James Horner. Un film Universal.

Un vieil immeuble et ses occupants âgés vont devoir affronter la dure réalité de « l’expansion économique » si chère à Jacques Fabbri dans « La soupe aux choux » (voir ici) : leur quartier va définitivement disparaître. En pleine rénovation, il ne reste plus qu’à placer quelques charges d’explosifs et donner quelques coups de pelleteuse pour voir s’écrouler un immeuble vétuste. S’il était resté en très bon état, au titre des monuments historiques ou des bâtisses d’intérêt remarquable, les autorités auraient peut-être fait le nécessaire pour le sauvegarder mais là, il faudrait un miracle pour sauver l’édifice et ses habitants. Seulement un miracle ? Basé sur un scénario original, les acteurs sont remarquables, le doublage est excellent, la musique semble adaptée, les trucages demeurent parfaits. Pourtant il manquerait une dose de quelque chose pour en faire un film exceptionnel, une impression que l’on retrouve dans « Cocoon », un autre film tourné par des acteurs « âgés » ; on y retrouvera avec plaisir Hume Cronyn et Jessica Tandy (voir photo ci-contre, en bas à gauche) qui ont derrière eux une très longue carrière cinématographique). Ces œuvres complètes manquent d’un brin de folie ou d’un exploit quelconque, le spectateur se trouvant plongé dans une fable qui se raconte comme une fable mais pas comme un film. Avec « Milagro » de Robert Redford (voir ici) ou plus récemment « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux » le sentiment persiste : ces films sont très bons, esthétiques, bien filmés et bien montés avec de vertueux sentiments dans une réflexion approfondie mais il leur manque toujours un petit « quelque chose ». Peut-être est-ce une impression toute personnelle d’Alix qui chipote un peu trop ou la faute d’un compositeur qui manque de brio ou bien alors d’un réalisateur trop timoré, à moins que ce soient les acteurs qui manqueraient d’éclat sur un scénario trop léger car destiné à toute la famille ? Des films que l’on revoit avec grand plaisir et c’est là l’essentiel. Il est probable qu’une fable ne puisse se décliner que fabuleusement même au cinéma, sans violence ni artifices, ceci dit sans affabuler comme un fabulateur affable. Appréciation d’Alix : un film à se repasser parce qu’il est Très bon. La musique de James Horner : Assez bonne, sans plus.

 

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L’HOMME SANS VISAGE/The man without a face, un film de Mel Gibson (1993) avec Nick Stahl, Mel Gibson, Margaret Whitton, Fay Masterson, Gaby Hoffmann, Geoffrey Lewis, Richard Masur… D’après la nouvelle d’Isabelle Holland. Musique de James Horner. Un film Majestic/Icon distribution.

Ce film pose fondamentalement la question de la relation prof/élève lorsqu’elle dépasse une situation académique : jusqu’où peut-on laisser aller ses sentiments, d’un côté comme de l’autre ? Lorsque l’étudiant demande à son prof d’être plus qu’un enseignant (de devenir un ami, un confident, un père ou une mère de substitution…) et inversement, lorsque le prof ne maîtrise pas son sujet alors tout peu basculer, parfois pour le meilleur et souvent pour le pire. Traité avec efficacité et émotion, le film de Mel Gibson est remarquable : la technique cinématographique est excellente avec des cadrages, des images, un maquillage, une mise en scène et une lumière très agréables. Les acteurs jouent bien malgré quelques excès dans certaines scènes (ils surjouent) ; le doublage français sait rester impeccable, une nouvelle fois. Seul bémol, l’histoire qui repose essentiellement sur les états d’âme du jeune Chuck : les gros plans sur ses mimiques envahissent un peu trop l’écran malgré son jeu intelligent, un parallèle un peu lourd dans son traitement visuel souhaité par le réalisateur avec le visage proportionnellement très abimé de Justin McLeod (toujours dans le film) défiguré par un accident dont personne ne sait rien. Jusqu’au jour où le rapprochement improbable entre les deux êtres cherchant à combler leurs frustrations va permettre au spectateur d’en savoir plus… Alix trouve ce film Très bon et la musique de James Horner Très plaisante mais sans mélodie intéressante, évidemment… À noter la performance du jeune Nick Stahl pour son premier grand rôle au cinéma : il fait partie de la profession, maintenant !

 

A va tard, B plus tôt, C l’heure du plumard
27096388avatar-bo-film-james-cameron-airtist-jpgAVATAR,un film de James Cameron (2009) avec Sam Worthington, Zoë Saldana, Sigourney Weather, Michelle Rodriguez, Giovanni Ribisi… Musique de James Horner. Un film 20th Century Fox.

Alix n’est pas déçue. Lorsqu’elle a entendu le battage médiatique fait autour du film elle s’est méfiée : ce chef d’œuvre annoncé bien avant sa sortie aurait coûté une fortune mais en battant tous les records de fréquentation dans les salles de cinéma (certains y retrouveront largement leurs billes) sa légitimité devenait populaire. Ceci dit fondamentalement, en quoi la question financière nous intéresse t-elle ? La tête bleue de ces avatars de synthèse n’inspirait pas confiance à notre ingénue d’Alix, un problème de génération sans doute : cette production s’adresse principalement aux enfants baignés dans les dessins animés et autres jeux vidéo débiles et violents depuis leur premier biberon. Pour apprécier pleinement « Avatar » il faut donc être né dans une ambiance totalement surréaliste ce qu’affectionne James Cameron. Avec « Terminator, True lies, Alien » puis le fameux « Abyss » qui fait toujours rêver Alix, le réalisateur nous avait habitué à la création d’un cinéma populaire de très grande qualité tout en le rendant passionnant pour les adultes ; en ce sens, « Alien le 8e passager » et « Aliens, le retour » resteront des modèles du genre, la perfection absolue. Puis vint« Titanic » et son côté trop fortement emprunté à Roméo et Juliette, un thème parfait pour les adolescents s’ils voulaient bien se donner la peine de croire un instant au couple improbable formé par K. Winslet et L. Di Caprio (au niveau glamour bonjour l’ambiance !) avant que ne surgisse des flots « Avatar » issu de l’imagination sans limites de Cameron. Hélas, le spectateur est tiré vers le bas. Après deux heures de film plutôt longuettes, Alix trouve la farce grotesque pendant le dernier tiers. Non, le message ne passe pas dans sa présentation primaire. Le scénario au goût de déjà vu ne suffit plus à la tenir éveillée, dommage, Alix aura raté les trucages extraordinaires et les scènes de batailles rangées parfaitement bien conçues à apprécier en relief, bien sûr, c’est du grand art sur ce plan-là ! Avec une musique de James Horner toujours aussi passe-partout sans thèmes leitmotive, le compositeur démontre qu’il reste fâché à vie avec la mélodie et d’ailleurs comment trouver l’inspiration en l’absence d’acteurs excellents ? La magnifique Sigourney Weaver y fait juste de la figuration. Alix pense qu’ « Avatar » ne mérite pas une seconde lecture malgré ses effets spéciaux inouïs et ses mouvements de caméra magiques, la signature du réalisateur étant édulcorée dans ce film Moyen à la musique encore plus Moyenne, une appréciation faite à chaud par rapport à l’inconsistance du produit très commercial. Tiens, je crois qu’Alix va se repasser « Alien » ou« Aliens le retour » histoire de revivre une aventure trépidante délivrée sans niaiserie… Avec des acteurs au visage expressif qui sont mis en valeur !

 

 

 

Basil POLEDOURIS, compositeur

Basil Poledouris est né à Kansas city aux Etats-Unis mais une partie de lui-même est restée grecque. Élevé dans la tradition orthodoxe, il fréquentera autant l’église que les salles de cours de piano, instrument de base de la musique occidentale qu’il commencera à l’âge de 7 ans, un point commun à la grande majorité des compositeurs de renom. Le compositeur se destinait sûrement à une carrière de concertiste et ne s’était donc pas préparé à finir dans la pellicule seulement voilà, une nouvelle fois le destin allait frapper. Vers la fin de ses études il se retrouva étudiant avec de futurs grands réalisateurs, jugez plutôt : Millius, Kleiser et Lucas. C’est d’abord John Millius qui lui proposera de composer pour son premier film « Big Wednesday » en 1978 ; ce fut la troisième composition pour Basil Poledouris après deux essais transformés pour des films confidentiels en 1973 et 1977 puis vinrent « Le lagon bleu » de Randal Kleiser en 1980 et le fameux « Conan le barbare » également de Millius en 1982, le film culte des fans du genre. La carrière de Basil Poledouris fut définitivement lancée avec cette partition exemplaire. En utilisant le son des cors en avant de la masse orchestrale renforcée par des chœurs à l’instar de ce qu’aurait pu faire son professeur Miklos Rozsa (le Maître aura décidément formé et soutenu de brillants élèves jusqu’à les amener au statut de professionnels talentueux, bravo Monsieur le professeur pour avoir pratiqué les vertus de l’enseignement !), Basil Poledouris intéressera un autre réalisateur d’exception, Paul Verhoeven, le plus européen des américains (il est né en Hollande) : avec « Robocop » en 1987 et « Starship troopers » en 1997, leur collaboration allait devenir un modèle du genre.

 

 

 

 

Paul VERHOEVEN, réalisateur

En choisissant Basil Poledouris pour composer la musique du film de Paul Verhoeven « La chair et le sang » en 1985, nul doute que le réalisateur connaissait les goûts de son ami pour la musique ancienne médiévale revisitée par le cinéma, ce qui tombait à pic vu sa propre passion pour le Moyen-âge. En effet, Verhoeven se fera connaître avec une série télévisée sur ce thème « Floris » qui lui permettra de s’associer durablement à son acteur fétiche Rutger Hauer. Malgré la musique descriptive qui révèle l’âme des protagonistes et magnifie les images, le film « La chair et le sang » ne connaîtra qu’un succès somme toute discret mais il s’agit bien d’un fleuron du 7e art à redécouvrir d’urgence. Probablement parce qu’il sonne juste malgré la dureté du scénario avec ses hordes barbares. La justesse, c’est la marque de fabrique de ce réalisateur inspiré qui l’amène au succès mondial après vingt années fructueuses passées à Hollywood où il y a trouvé les moyens de faire les films qu’on lui demandait de faire (là où l’Europe l’incitait et l’incite toujours à faire des films selon ses convictions mais sans lui donner de moyens) : « Total recall », « Basic instinct », « Showgirls », l’ « Homme sans ombre »… Basil Poledouris continuera lui aussi à mener une voie sans ombre : « Le vol de l’Indruder », « Sauvez Willy » photo ci-dessus pour les musiques spécifiquement composées pour le film, « Lonesome Dove » en 1989, un téléfilm de six heures en quatre parties avec Robert Duvall et Tommy Lee Jones dans lequel Basil Poledouris démontre ses qualités de mélodiste, « Terrain miné », un film au thème écologiste cher à Steven Seagal très bon dans son rôle d’homme droit et loyal sur une musique où les cors pavoisent magnifiquement à la mélodie. Un an plus tard ce fut « Monsieur Quigley l’australien » avec l’excellent Tom Selleck et la voix française de Robert Redford avec une musique inspirée des compositions d’Elmer Bernstein aux niveaux thème et arrangement, une comparaison qui s’arrête là car Basil Poledouris possède son propre style ; citons également les puissants et enthousiasmants « Total Recall » dans lequel le réalisateur fait preuve de son génie et « It’s my party » avec sa partition pour piano solo, l’instrument de prédilection du compositeur puis « Amanda », « Breakdown » (une version réussie avec Kurt Russell), « Mickey les yeux bleus »… Malheureusement, le destin qui était favorable jusqu’alors au fameux compositeur finira par lui jouer l’un de ses mauvais tour : Basil Poledouris décèdera en novembre 2006 à l’âge de 61 ans seulement. Le meilleur de lui-même était pourtant à venir. La mort est décidément injuste.

 

Le site officiel de Basil Poledouris (en anglais) : cliquez ici

Pour en savoir + sur Paul Verhoeven, biogaphie, cliquez ici (infos allociné)

 

 

Science-fiction

TOTAL RECALL/Voyage au centre de la mémoire, un film de Paul Verhoeven (1990) avec Arnold Schwarzenegger, Michael Ironside, Rachel Ticotin, Sharon Stone, Ronny Cox… Musique de Jerry Goldsmith (voir ici). D’après la nouvelle de Philip K. Dick. Un film Columbia Tristar home video.

Certains noms d’emprunt ne s’oublient pas et Doug Quaid en fait partie. Interprété par Arnold Schwarzenegger, le champion du monde de Body Building (encore un mot anglo-saxon qui va arracher l’oreille de nos censés cousins québécois) démontre son talent d’acteur issu de ses capacités physiques et intellectuelles. Travailleur tenace et déterminé, son parcours personnel est exceptionnel et sa présence inonde le film. Par l’évocation de la manipulation de l’individu, en décrivant la lutte des classes, l’exploitation de l’homme par l’homme, la pollution planétaire, bref, un millier de sujets qui nous préoccupent tous, Paul Verhoeven fait preuve de son génie cinématographique, faire entrer le quotidien dans la science-fiction et non l’inverse. Par sa sensibilité européenne, il réinvente le genre et nous comble de plaisir car d’un bout à l’autre du film on ne s’ennuie pas ; on y (re)découvrir toujours quelque chose de nouveau. La richesse des situations, l’alternance des gros plans et des vues d’ensemble retiennent notre attention ; les décors, les effets spéciaux, les costumes, la musique… Tout participe à notre bonheur. Technique rééditée dans le subtil et non moins exceptionnel film « Starship troopers », les ingrédients de « Total Recall/Voyage au centre de la mémoire » constituent une victoire artistique majeure. Films populaires et internationaux devenus référence (culte), Hollywood aura mal digéré par le passé cette réussite cosmopolite (un autrichien, un hollandais…) mais c’est ainsi : tous les talents sont dans la nature et l’argent sonnant et trébuchant nécessaire au bouclage de l’énorme entreprise, lui, est bien américain alors l’honneur de la nation est sauf. Celui des habitants de la planète Mars également, grâce à Schwarzy ! Alix adore ce film qu’elle trouve Exceptionnel comme sa musique Exceptionnelle, parfaitement adaptée à l’histoire et fidèle à l’immense talent de Jerry Goldsmith (voir ici).

 

- Arnold Schwarzenegger est un acteur engagé politiquement, pour en savoir +, cliquez ici (infos Wikipedia)

- Autres appréciations d’Alix sur les films, cliquez ici et les autres films adaptés des romans de Philip K. Dick : « Blade Runner » et « Planète hurlante »

 

BLACK BOOK,un film de Paul Verhoeven (2006) avec Carice Van Houten, Sebastian Koch, Tom Hoffman, Halina Reijn, Waldemar Kobus, Derek de Lint… Musique d’Anne Dudley. Un film Filmworks / Pathé !

 

Paul Verhoeven (à droite de la caméra) dirige les acteurs dans « Black Book ». Pour en savoir + cliquez ici (site officiel du film, textes, photos, anecdotes)
 

Fantastique/Poursuite

CHERRY 2000, un film de Steve De Jarnatt (1987) avec David Andrews, Melanie Griffith, Pamela Gidley, Michael C. Gwynne, Marshall Bell, Harry Carey Jr, Laurence Fishburne, Brion James, Ben Johnson… Musique de Basil Poledouris. Un film Orion pictures corporation.

La question de la robotisation de l’homme n’est pas un phénomène nouveau ; à l’ère de l’informatisation tous azimuts, l’androïde Cherry faisait déjà des ravages ! Belle comme le jour, grande, blonde (évidemment), le malheureux possesseur d’un modèle rare de femme poupée qui dit « oui à tout » notamment à ses pulsions amoureuses y trouvait largement son compte. Un malheureux propriétaire car à force de s’exciter sur son engin tant désiré il l’aura complètement détraqué : le jouet cassé va obliger le mâle insatisfait à débusquer un modèle similaire entreposé au fin fond de la Vallée de la mort ; il devra affronter un type peu recommandable et collaborer avec une (vraie) femme pour y parvenir. Vision d’Apocalypse, sentiments confus et stéréotypés, action et réflexion, le film reste plaisant par son judicieux mélange de « Mad Max » et de « L’âge de cristal » entre autres films de référence du genre. « Cherry 2000 » est surprenant par son originalité et ne laisse pas indifférent. Avec des scènes spectaculaires et un brin de dérision lorsque c’est nécessaire pour atténuer l’impact des morts qui jalonnent la recherche du bonheur, une véritable mannequin surnommée « La plus belle fille du monde », Pamela Gidley, connaîtra son heure de gloire au milieu des années 80 mais ne pourra présentement rivaliser avec le jeu d’actrice brillantissime de Melanie Griffith magnifiquement bien doublée en français, à cause d’un rôle débile et très limité de poupée gonflable améliorée par le génie informatique. La musique de Basil Poledouris vaut le détour même si elle reste assez discrète : à la fois symphonique et électronique (évidemment) par petites touches subtiles à la flûte traversière, basée sur les cordes, le compositeur s’est amusé à mélanger les styles et les formes. Le « love theme » joué au hautbois sur un accompagnement cordes-flûtes en mouvement de tierces répétées est superbe, mystérieux, évanescent y compris dans sa version où prédominent les violons à la mélodie mais cette composition originale est insuffisamment utilisée. Le rythme régulier des autres arrangements de Steven Scott Smalley sur les indications de Basil Poledouris rappellent sans cesse la marche d’un robot (le réalisateur nous permet de revoir deux antiquités dont Robby de « Planète interdite ») et les fans resteront jusqu’au bout sur leur faim : lorsqu’ils cherchèrent à acquérir le disque du film enregistré par un orchestre hongrois qu’Alix n’affectionne pas trop de manière générale, il fallait le trouver sous le manteau à un prix fou compte tenu de l’édition très limitée ! Ce phénomène de masse rencontré à l’extérieur des matchs de foot lorsque les billets se revendent très cher au marché noir est lamentable. La musique ne devrait jamais devenir un commerce au-delà du raisonnable. Côté informatisation forcenée, les robots présents dans les salons asiatiques et les hologrammes installés en France dans les aéroports se rapprochent de leur géniteur. Les différences s’estompent. L’électronique a déjà commencé son œuvre de transformation radicale de l’être humain, nous devenons des clones idiots et disciplinés. Alors prière lire commentaire Alix : film Bien et musique Excellente. Toi avoir compris message ?

 

Aventures

QUIGLEY L’AUSTRALIEN/Quigley Down Under, un film de Simon Wincer (1990) avec Tom Selleck, Laura San Giacomo, Alan Rickman… Musique de Basil Poledouris. Un film M.G.M. Un C.D. M.G.M. records et Prometheus records, réf. XPCD 162, site Internet : http://www.soundtrackmag.com

Impossible de ne pas aimer ce film. D’abord parce qu’on ne peut pas être un partisan du bon cinéma sans aimer les westerns, les films dépaysants, les histoires d’amour et la défense des opprimés contre les persécuteurs, des ingrédients tous réunis dans « Quigley l’australien », la chaleur torride, le bush et les fusils en prime. Action et sentiments forts alternent du début à la fin. À ce titre, Basil Poledouris aura su composer une partition symphonique mêlant l’héroïsme et la magnificence des musiques de westerns avec les sonorités typiquement australiennes, normal, puisqu’il s’agit d’un tireur d’élite américain qui débarque sur l’île, le son de l’instrument de musique aborigène de référence étant le didjeridoo en eucalyptus (une sorte de trompette). Les chants étranges et profonds qui émanent de la nuit des temps permettent aux esprits de veiller avec bienveillance sur ce film et sur sa musique ! Le parcours de Quigley (Tom Selleck) est ponctué par l’utilisation mélodieuse de la clarinette en alternance avec la flûte traversière, instrument féminin par excellence censée soutenir les apparitions de sa compagne d’infortune, la folle Cora (Laura San Giacomo). Les paysages sont surdimensionnés et l’orchestration, comme les meilleures musiques de films, donne la profondeur supplémentaire aux décors naturels somptueux. Le rythme très country music, parfois lourd, évoque la rusticité des personnages, les rythmes de folk music rappellent quant à eux la simplicité et la rudesse de la vie de ces personnages tournés vers l’extérieur, en tout cas, ils sont en contact permanent avec la nature. Finalement, Basil Poledouris est parti du fond de l’histoire : un américain (clarinette) débarque dans les plaines australiennes (musique de western version Elmer Bernstein) pour mener un combat à sa manière (tempo lent, basses bien marquées, timbales pour une marche pesante qui indique le pas assuré du héros) ; l’homme est fier (cors, violons exubérants) et se retrouve avec une femme pour le moins curieuse (flûte traversière, guitare folk) avec laquelle il traversera le pays la nuit (notes tenues aux cordes, jeu doux et vaporeux, harpe classique, atonalité, le mystère est certain). L’orchestre est excellent avec des pupitres très bien fournis, 16 musiciens au moins composant le pupitre des premiers violons, 16 autres les seconds violons etc. De somptueux passages de cordes jouant en notes tenues vous attendent dans le C.D. ; si vous aimez la musique de film symphonique vous serez enchantés par les compositions de Basil Poledouris. Le doublage français du film est lui aussi excellent. Alix trouve ce film Très bon et sa musique Excellente. Alors qu’attendez-vous ? DVD et CD : en route vers l’aventure au pays des enfants de la balle (de revolver) !

Pour en savoir + la culture musicale aborigène avec son didjeridoo, cliquez ici (infos Terre sacrée)

 

Thriller/suspense
 

BREAKDOWN POINT DE RUPTURE un film de Jonathan Mostow (1997) avec Kurt Russel, J.T. Walsh, Kathleen Quinlan… Musique de Basil Poledouris. Un film produit par Martha et Dino de Laurentiis, Speeling films et Paramount pictures. Un dvd 20th Century Fox.

La grande mode en ce moment consiste à produire des films interminables : 2 heures, 2 heures 30 ou 3 heures… En les voyant Alix se dit qu’un film plus court est toujours mieux monté et devient plus intéressant, les exemples de ces films fleuves ne manquent pas mais la liste serait trop longue à vous donner… « Breakdown point de rupture » ne dure qu’une petite heure et 29 microscopiques petites minutes. Pourtant Alix n’arrive pas à comprendre comment il est possible en si peu de temps de réaliser un film aussi brillant, passionnant et terriblement angoissant. Réponse : le talent. Dans le site des Mélodies Modernes, ce terme revient très souvent pour une simple raison : le milieu du cinéma en général avec son doublage par des comédiens français pour les films étrangers et de la musique de film en particulier permettent de réunir des femmes et des hommes dotés d’un talent fou. Sans l’invention des frères Lumière (voir ici) comment auraient-ils fait pour s’exprimer avec tant de bonheur ? Voilà bien la bonne question. Dans « Breakdown point de rupture » tous les corps de métier nécessaires à la réalisation d’un film génial sont réunis, en premier le réalisateur et scénariste de son propre film Jonathan Mostow, l’acteur Kurt Russel qui trouve ici l’un de ses meilleurs rôles avec « New-York 1999 » (voir ici) et le compositeur Basil Poledouris tout à fait remarquable dans ses choix musicaux. Prenez-en de la graine, vous les futurs professionnels du cinéma : quand on veut faire créer un climat de peur-panique sur un sujet crédible et même véridique – la disparition inexpliquée de milliers de personnes chaque jour – on crée « Breakdown point de rupture » pour nous permettre de passer un agréable moment si on aime le genre. La dernière minute de l’œuvre devient alors libératrice et nous fait regretter une chose, une seule, la durée trop longue des nouveaux films. Alix l’a revu quatre fois depuis sa sortie cinéma et reste toujours aussi enthousiaste. Vive le cinéma efficace ! Son appréciation sur le film et sa musique : Excellents !

 

Philippe SARDE, compositeur

Parler des compositions de Philippe Sarde n’est pas une mince affaire tant est complexe l’écriture du personnage. Je devrais plutôt dire de la personnalité car en effet aucune autre musique ne ressemble à celle de Philippe Sarde. Probablement parce qu’elle est liée à une idée musicale pure. Philippe Sarde est un vrai compositeur car il ne négligera jamais les sons au détriment de tout autre élément du film. Une idée musicale lui vient à l’esprit ? Alors il compose comme bon lui semble selon son inspiration du moment, en version mélodique ou atonale peu importe ce sera de toute façon du cinémascope et il saura choisir ce qui convient le mieux à l’ambiance générale du film. Mais attention, le réalisateur devra en échange tenir compte du phrasé musical et ne pas imposer systématiquement un minutage draconien sous peine d’échec de la collaboration. Le compositeur pourrait ainsi fournir un travail minimaliste et alimentaire, bien éloigné de ses capacités. Ainsi, qui mieux que son frère Alain Sarde le producteur pourrait le comprendre ? Probablement Hubert Rostaing son orchestrateur attitré depuis ses débuts et qui sait transférer l’hyper sensibilité du compositeur. En s’imprégnant de l’atmosphère du film, Philippe Sarde dépasse bon nombre de ses collègues : ses musiques semblent être l’épine dorsale sur laquelle sont tournées les images. De fait, la musique du film de Jean-Jacques Annaud « La guerre du feu » en 1981 d’après le roman de Rosny Aine brillamment scénarisé par Gérard Brach est en tout point admirable et peut être considérée comme une des plus grandes musiques de films jamais composées depuis l’origine du cinéma.

 

Mettez votre disque (microsillon ou compact), fermez les yeux. Vous êtes entourés des meilleurs instrumentistes du monde dans le genre : le London Symphony orchestra, le London Philharmonic orchestra, Les percussions de Strasbourg, La chorale des Ambrosian singers, Syrinx et Michel Sanvoisin respectivement à la flûte de pan et à la très rare flûte traversière contrebasse (elle mesure plus de deux mètres et se situe deux octaves sous la flûte alto habituelle voir photo ici). Lorsque ces deux derniers instrumentistes s’échangent les notes du thème principal du film, la magnifique mélodie semble surgir du fond des âges et nous transporte auprès des trois guerriers Ulams à la recherche de la flamme qui sauvera leur clan d’une mort certaine : le groupe qui détient le feu détiendra le pouvoir. Mais ils devront affronter un danger inconnu et redoutable : le désir, cette curieuse petite chose hormonale qui attire chimiquement deux êtres humains l’un vers l’autre. Depuis l’âge de pierre pour le meilleur comme pour le pire et je ne vous apprends rien, on n’a pas fini d’en jouir ni d’en souffrir.

 

Philippe Sarde a composé un nombre très élevé de musiques de films toutes fantastiques. Né en 1945 à Neuilly-sur-Seine il étudiera dans la capitale française la composition avec Noël Gallon, l’enseignant de l’École normale de musique de Paris à qui l’on doit les livres de solfège et de théorie musicale parmi les plus utilisés dans les écoles de musique et conservatoires français. Sur une base plus que solide (pour parler un langage actuel je devrais plutôt dire qu’il a acquis de bons fondamentaux…), notre apprenti musicien volera de ses propres ailes et c’est une chance pour lui comme pour nous. L’indépendance d’esprit et la faculté d’initiative doivent rester le moteur des créateurs même si cela leur apporte parfois de trop grandes déconvenues (incompréhension et jalousie en tête de liste). En faisant la rencontre de Claude Sautet et en intervenant sur son film-événement « Les choses de la vie » en 1970, ce sera la situation idéale : le démarrage de la carrière de Philippe Sarde sera lancée avec le succès que l’on sait. « Le chat » de Pierre-Granier Deferre d’après le roman de Georges Simenon la même année puis « Max et les ferrailleurs », « La veuve Couderc », « La grande bouffe » de Marco Ferreri, « César et Rosalie » de Claude Sautet, « L’horloger de Saint Paul » avec le duo Noiret/Rochefort (le premier long-métrage de Bertrand Tavernier d’après un roman de Simenon), bref, les années suivantes verront l’explosion du talent de Philippe Sarde jusqu’à « Les témoins » d’André Téchiné en cette année 2007. Parfois sollicité en fonction de sa notoriété pour quelques compositions minimalistes comme dans « Un sac de billes » par exemple (voir ici la critique du film), sa chance aura été d’être associé aux films les plus formidables du cinéma français et international tout en ayant côtoyé les meilleurs actrices et acteurs tricolores et internationaux (Gabin, Signoret, Montand, Patrick Dewaere qui nous a quitté trop tôt et bien d’autres phénomènes encore). Pour cette présence indiscutable depuis plus de trois décennies sur les bandes-son du 7e art français, Philippe Sarde fait partie de la mémoire du cinéma par sa plus remarquable représentation artistique, la musique de film, surtout lorsqu’elle est signée d’une main de maître. En ce qui concerne notre ami aucun souci à se faire, c’est une affaire qui n’en fini pas de rouler !

 

Liste des compositions de Philippe Sarde, cliquez ici (infos Wikipedia)

Interview du compositeur,

cliquez ici (reportage Cinezik, en français)

Site de Jean-Jacques Annaud, blog officiel avec des infos sur le mixage des musiques de ses films signées Philippe Sarde, cliquez ici

 

Drame

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Un sac de billes, un film de Jacques Doillon (1975) avec Richard Constantini, Paul-Éric Shulmann, Joseph Goldenberg, Reine Bartève, Hubert Drac, Gilles Laurent, Michel Robin, Hans Verner… D’après le récit de Joseph Joffo. Musique de Philippe Sarde (voir ici). Un film Gaumont.

Terribles années 1930 et 40 que celles du nazisme : le mal engendré par la folie humaine atteindra les sommets de l’horreur avec l’instauration des Camps de la mort. Pendant que les rafles et les déportations s’accéléraient à un rythme industriel (comment a t-on pu laisser faire ça ?) deux enfants tentaient de fuir les nazis et le régime collaborationniste de Pétain. Leur seul problème au yeux de l’occupant : ils étaient juifs. Leur parcours détaillé dans le récit de Joseph Joffo rencontrera l’intérêt de Jacques Doillon spécialisé dans les problèmes des adultes vus par des yeux d’enfants, un témoignage moderne d’une époque que l’on ne devra jamais oublier ; en ce sens « Un sac de billes » demeure incontournable. Le réalisateur saura adapter sa propre vision du récit par une mise en scène rigoureuse (peut-être trop académique, c’est le reproche d’Aanor) afin de mettre en relief le combat pour la survie dans un environnement hostile constitué d’atrocités impossibles à vivre. Joseph et Maurice devront prouver à plusieurs reprises leur appartenance au Judaïsme en baissant leur pantalon (la circoncision, confondue avec la castration, était un des éléments qui aura alimenté la folie des nazis et de tous les persécuteurs de manière générale, au fil des siècles) tout comme ils devront apprendre le mensonge. Se disputer avant de se réconcilier, rester solidaires et connaître l’amour pour leurs proches ou pour la jeune Fançoise, s’aimer et détester, tous les sentiments humains sont évoqués dans le film de Doillon quitte à déplaire : les spécialistes trouvent le récit de Joffo plus passionnant que le film aux qualités pourtant indéniables – les acteurs, petits et grands, jouent remarquablement bien -. Aanor trouve « Un sac de billes » Très réussi et se demande pourquoi une nouvelle version n’a pas encore vu le jour tant le sujet mériterait un traitement actualisé comme le cinéma sait le faire, on pense immédiatement à Spielberg et son extraordinaire film « La liste de Schindler » (musique de John Williams classée n° 4 au Top 100 des plus belles musiques de films, voir ici). La musique d’ « Un sac de billes » est Absente : quelques notes d’accordéon et l’affaire est entendue. Philippe sarde n’a pas eu la possibilité, visiblement, de pouvoir s’exprimer dans un film qui semble tout de même un peu trop conventionnel.

 

Policier

ADIEU POULET, un film de Pierre Granier Deferre (1975) avec Lino Ventura, Patrick Dewaere, Victor Lanoux, Julien Guiomar, Pierre Tornade, Françoise Brion, Claude Rich… D’après une histoire vraie. Musique de Philippe Sarde. Un dvd TF1 Vidéo.

Voici un film inoubliable car il regroupe plusieurs monstres sacrés du cinéma français : en tout seigneur tout honneur Lino l’éternel, ancien lutteur et catcheur qui jouera toujours avec naturel en imposant son grand professionnalisme, un acteur au jeu franc et sincère ; puis l’exceptionnel Patrick Dewaere qui apportera une nouvelle fois dans « Adieu poulet » sa fougue et son jeu très moderne, un peu « à l’américaine » pour ses années 70 qui permettent petit à petit aux comédiens de révéler leur talent de façon moins conformiste, un remarquable artiste (comédien, compositeur, interprète) qui nous quittera à l’âge de 35 ans seulement en pleine période de déboires sentimentaux. Sans oublier la compagnie de Victor Lanoux, Pierre Tornade et bien d’autres encore, la distribution demeure extraordinaire ce qui permet de ressentir la justesse du film. Le propos, les dialogues, la mise en scène, tout est crédible car l’histoire repose sur un authentique fait divers. Il faut également citer Philippe Sarde pour son talent de compositeur de musiques de films. Sa musique reste fidèle à ses énormes capacités créatrices : une simple mélodie, un son tenu au synthétiseur ou une orchestration plus volumineuse s’adaptent parfaitement aux images. Le compositeur aura toujours aimé travailler avec des réalisateurs qui l’inspirent d’où son rejet du « nouveau cinéma français », une nouvelle « Nouvelle vague » qui fait office de raz-de-marée dévastateur : il semblerait que plus grand chose n’attire le musicien dans les films au rythme saccadé, aux non performances d’acteurs médiocres et au manque de projets collectifs dans lesquels le compositeur trouverait – ou se ferait – sa place (pour la bonne cause). La musique de film composée spécialement pour un film n’intéresse plus beaucoup de réalisateurs actuels qui oublient le volet artistique du métier. Pourtant un film ne doit pas être considéré d’abord et avant tout comme un simple produit commercial. Du coup c’est contre toute une société qu’il faudrait livrer un combat car hélas, l’époque demeure invivable pour les vrais musiciens trop facilement dépréciés au bénéfice de jeunes sans compétences particulières ni connaissances profondes mais qui réussissent quand même au culot dans un niveau général qui tire par le bas. Ces propos n’engagent pas le compositeur mais Alix sait que Philippe Sarde regrette notre incapacité, en France, à évoluer selon les conditions de travail offertes aux compositeurs expérimentés aux Canada et aux Etats-Unis par exemple : chez eux, de manière générale bien entendu, l’âge est synonyme de compétence et d’expérience, les jeunes et les nombreux collaborateurs musicaux (arrangeurs, copistes…) savent respecter la hiérarchie. Philippe Sarde le sait puisqu’il y a travaillé et reçu au passage en 1981 un Oscar pour la musique de « Tess » de Polanski (en plus de son César en 1980). Alix trouve « Adieu poulet » Excellent et sa musique Très bonne. Un film de référence du (bon) cinéma français !

 

Cape et épée

LE BOSSU, un film franco-italien d’André Hunebelle (1960) avec Jean Marais, Bourvil, Sabina Selman, Jean Le Poulain, Ethubert Noël, Paulette Dubost, Alexandre Rignault, Douking, Edmond Beauchamp, Paul Cambo et François Chaumette. D’après l’oeuvre de Paul Féval. Musique de Jean Marion. Un dvd distribué par Gaumont.

LE BOSSU, un film franco-italo-allemand de Philippe De Broca (1997) avec Daniel Auteil, Marie Gillan, Fabrice Luchini, Vincent Perez, Yann Colette, Jean-François Stevenin, Didier Pain, Claire Nebout et Philippe Noiret. Musique de Philippe Sarde. Un dvd distribué par T.F.1.

« Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi ». Avec le duc de Nevers et sa botte imparable à l’escrime, Blanche de Caylus, Aurore, son cousin jaloux Philippe de Gonzague, voici une phrase et quelques noms inoubliables de la littérature française issus de l’imagination fertile du breton de Rennes Paul Féval (père), son fils ayant emprunté à son tour le chemin paternel. L’écrivain possédait avec son confrère Charles Dickens qu’il a rencontré en 1863 la même fibre romancière et nombreuses sont les adaptations de leurs œuvres pour le cinéma. L’action sans cesse renouvelée et les situations élaborées sur le plan intellectuel justifient pleinement une recherche poussée dans l’art du cadrage et du montage afin de ne pas décevoir les lecteurs déjà imprégnés d’images colorées. Les histoires rocambolesques quasi historiques auront motivé plusieurs générations de comédiens ; l’un des plus brillant dans le genre restera pour toujours Gérard Philippe dans son rôle de « Fanfan la tulipe » (musique de Georges Van Parys, voir ici). Tout aussi brillant dans la peau d’un héros « de cape et d’épée », Jean Marais reste épatant dans la version du Bossu de 1960 en présence de très grands acteurs et de comédiens qui renforcent la haute tenue artistique de l’œuvre d’Hunebelle. Puis la télé s’y est mise avec « Lagardère » en 1967, un feuilleton en six épisodes de Jean-Pïerre Decourt avec Jean Piat, Sacha Pitoëff, Jacques Dufilho, Dominique Paturel, Jean-Pierre Darras… Sur une très belle musique bien syncopée, évidemment, de l’excellent Jacques Loussier. Moins théâtrale mais tout aussi performante, la version cinéma de 1997 nous entraîne dans les aventures extraordinaires des personnages de Paul Féval sur une musique superbe de Philippe Sarde. Totalement investi par l’ambiance et le dynamisme du film, le compositeur propose plusieurs mélodies dont le thème principal très chantant est arrangé pour orchestre symphonique, un gros travail d’écriture qui débouche sur un résultat très probant. De toute façon les violons ne pouvaient pas être mis de côté dans le style imposé du scénario… Encore fallait-il être capable d’assurer la jonction entre le modernisme évident du film dû au jeu des acteurs (Daniel Auteuil et ses partenaires sont formidables) et le contexte historique rigoureux ; ce difficile mixage dans le temps et dans l’époque a été matérialisé dans les partitions de Philippe Sarde. Voilà ce que l’on appelle un véritable travail de création artistique ce que semble un peu trop souvent mépriser les jeunes réalisateurs. Oui à la musique électronique mais non à son emploi répétitif et sans saveur (techniquement, il s’agit bêtement d’empiler des sons atonaux sur une base en bourdon avec un tas de percussions affolantes). Un stage chez Claude Carliez, le maître vénéré des cascadeurs, aurait pu apporter aux nouveaux réalisateurs et compositeurs timorés le goût du risque musical et de l’entreprise… de fer ! Alix donne une note Excellente aux deux films et à leurs musiques. Foi de bossu.

 

Comédie

LES GALETTES DE PONT-AVEN, un film de Joël Séria (1975) avec Jean-Pierre Marielle, Bernard Fresson, Dolores Mac Donough, Andréa Ferreol, Jeanne Goupil, Claude Piéplu, Romain Bouteille, Dominique Lavanant… Musique de Philippe Sarde. Un dvd Studio Canal.

Ce film n’est pas comme les autres. Déjà à l’époque de sa sortie il avait fait scandale auprès de ceux qui ne supportent pas les histoires de fesses portées à l’écran mais il avait en revanche fait forte impression à ceux qui savent garder l’esprit ouvert. « Les galettes de Pont-Aven » est une énorme farce menée par plusieurs acteurs impayables dont Jean-Pierre Marielle. Voyageur de commerce représentant en parapluies, Henri Serin, étouffé par sa femme et ses deux gosses, terriblement frustré de ne pouvoir vivre de sa peinture, se retrouve au hasard de ses rencontres confronté à des personnages cinglés, bourrés de problèmes ou simplement attachants : le sympathique curé (Claude Piéplu) et sa soeur plus que curieuse, le bistrot de village et ses occupants chaleureux, la voiture qui tombe en rade, le peintre amateur qui ne pense qu’à se faire « du pèse » quand il n’est pas porté sur « la chose » avec sa Milou québécoise bien « bigornée »… Le sexe, c’est pas le truc d’Henri qui voit d’abord en la femme désirable ses courbes, ses formes et ses fesses. Normal, il est peintre, sa vision est artistique. Mais il n’empêche, les phrases graveleuses, les scènes de coucheries, les images de nudité et l’ambiance parfois dérangeante initiée par des comportements malsains – un parti pris du réalisateur – ne destine pas le film aux plus jeunes. Reste un fait certain : Jean-Pierre Marielle est parfait, nul doute que sa réputation d’excellent acteur provienne en grande partie du film. Bernard Fresson est lui aussi génial quant à Dominique Lavanant en racoleuse habillée en bigoudène, elle ne décoiffe pas de ridicule : le Finistère-sud vu par des parisiens a évidemment ses limites. La musique de Philippe Sarde (deux compositions) sert d’illustration sonore : une orchestration pour accordéon, une musique de fond à la plage… Rien d’original ou de provoquant dans son travail si on le considère de manière séparée ; c’est l’ensemble du film qui fait preuve d’originalité et d’esprit de provocation ce qui n’est pas sans rappeler « Les valseuses » de Blier. Alors voyez la mer si belle, la femme si belle, son corps, ses cuisses, son c… exposées dans « Les galettes de Pont-Aven » ; riez, buvez, peignez, gueulez et jurez avec Jean-Pierre Marielle « Nom de D… de B… de M…. ! » juste pour l’humour et l’amour qui l’accompagnent dans son parcours d’homme tourmenté. Alix trouve ce film Très Bon et sa musique Discrète, trop discrète sans doute comme dans « Mumu » le film récent de Joël Séria dans un genre bien différent, voir ici.

 

Comédie

ATTENTION, UNE FEMME PEUT EN CACHER UNE AUTRE, un film de Georges Lautner (1983) avec Miou-Miou, Roger Hanin, Eddy Mitchell, Rachid Ferrache, Dominique Lavanant, Charlotte De Turckheim, Renée Saint-Cyr… Musique de Philippe Sarde. Un film Gaumont (collection dvd Gaumont à le demande).

Que du bonheur ! Pour employer une expression très à la mode actuellement, ce film, c’est un vrai plaisir. Quelle joie de retrouver Miou-Miou dans un rôle de femme bourrée de contradictions (c’est un pléonasme dans ce contexte) forte et sensible, dure et émotive, présente et totalement absente à la fois ; Roger Hanin, gouailleur, râleur mais tellement attachant (c’est la nomination de François Mitterand en 1981 qui a permis de mettre fin à son éviction scandaleuse des écrans pendant plus de dix ans) ; Eddy Mitchell, qui adore le cinéma et qui lui rend à chaque fois un vibrant hommage ; Rachid Ferrache, un an après le colossal succès du film avec Belmondo « L’as des as » (il est depuis 2011 prof de chant à la Star Academy diffusée sur NRJ12). Alors merci à tous pour ce grand moment de détention, d’humour et de sens de la dérision sur une musique très agréable de Philippe Sarde. Quel reproche pourrait-on faire à ce film très français dans l’esprit, objectivement ? Pour Alix la qause est entendue : voici une Excellente comédie. À noter l’apparition du réalisateur du film Georges Lautner dans un rôle de figuration (en médecin), un procédé utilisé par Alfred Hitchcock.

 

Aventures/Drame

L’ÎLE OUBLIÉE/Lord of the flies, un film de Harry Hook (1990) avec Balthazar Getty, Chris Furrh, Danuel Pipoly, Badgett Dale, Andrew et Edouard Taft, Gary Rule, Terry Wells, Braden MacDonald, Angus Burgin, Martin Zentz, Brian Jacobs, Vincent Amabile, David Wenstein, Chuck Bell, Everado Elizondo, Michael Greene… D’après la nouvelle de Sir William Goldins. Musique de Philippe Sarde. Un film Castle rock entertainment/MGM.

« L’île oubliée » est une reprise du film de Peter Brook « Sa majesté des mouches » de 1963, un film remarquable en noir et blanc (voir ici). Dans ce cas était-il raisonnable de retenter l’aventure ? Oui sur le plan artistique si le film est réussi ; non s’il est raté. En clair, la comparaison étant inévitable, le réalisateur n’avait pas le droit à l’erreur. La première impression est formidable : la flûte à bec, la flûte irlandaise (le tin whistle) puis le violon annoncent parfaitement la couleur. Par ses choix instrumentaux et une orchestration symphonique très riche (le choix de la caisse claire est étonnant), Philippe Sarde et ses quatre orchestrateurs anglais se sont engagés dans l’épreuve à bras le corps. Son mélange de nombreux styles musicaux (baroque, classique, traditionnel, atonalité..) est impressionnant : si vous cherchez toujours un exemple parfait de ce qu’est une vraie musique de film, ne cherchez plus ! Et de ce qu’est un grand orchestre non plus (le London symphony orchestra avec Michael Davis au violon solo). Les jeunes acteurs sur fond de chorale enfantine se contentent en revanche de faire illusion mais facteur agravant, le doublage français ne suit pas : certaines voix sont parfaites, d’autres pas du tout. La différence entre ceux qui savent doubler et ceux qui ne savent pas est très dérangeante. Autre problème, la modernité du langage et son intonation : l’action est censée se dérouler dans les années 1960 ! Le scénario, par son côté rigide et militariste (les références à l’armée sont nombreuses) fini tout de même par séduire : les enfants vont recréer ce qu’ils ont connus, ils vont singer le monde des adultes avec ses gentils et ses méchants. Deux clans font se former et tout va aller de mal en pis. Le roman est puissant, intelligent et psychologiquement très évolué avec des personnages aux comportements opposés. Le film de 1963 restitue bien l’ambiance cruelle du roman. Il manque quelque chose à celui de 1990. Appréciation d’Alix : « L’île oubliée » demeure un Bon film. À noter que huit enseignants ont été réquisitionnés pour faire cours aux gamins pendant le tournage… Même sur une île déserte, on ne perd pas le nord !

Pour en savoir + sur le roman (c’est très bien expliqué), cliquez ici (infos Wikipedia).   

              

Voyage au bout de l’ennui

LA PRINCESSE DE MONTPENSIER, un film de Bertrand Tavernier (2010) avec Mélanie Laurent, Gaspard Ulliel, Grégoire Leprince-Ringuet, Raphaël Personnaz, Lambert Wilson… D’après la nouvelle de Madame de La Fayette. Musique de Philippe Sarde. Un film StudioCanal.

Premier choc : la musique. Dès le générique, elle apparaît comme étant trop lourde par rapport aux images : elle nécessiterait une autre orchestration que celle illustrant un troupeau de bison en pleine charge. Techniquement et musicalement, évidemment, il n’y a rien à dire sur le fond, c’est du Philippe Sarde et il sait parfaitement ce qu’il a à faire mais disons qu’il s’agit d’une question de goût, Alix est déçue. Heureusement, tout rentre dans l’ordre avec les instruments anciens typiques de l’époque mais le compositeur semble dépité par un scénario très confus. Pour juger les qualités d’une musique de film, Alix ne manque pas d’esprit critique et de compétence mais elle reste aujourd’hui sur sa faim, dommage. Deuxième choc : la beauté plastique de Mélanie Laurent. Par chance ou par choix, la jeune actrice montre au spectateur les dessous de l’histoire par quelques détails corporels valant le déplacement. Bien mise en valeur par de superbes costumes et décors, par de justes mouvements de caméra et des cadrages impeccables où la lumière sublime les personnages, c’est beaucoup de bonheur pour une époque terrifiante faite de drames, de guerres, de meurtres et de viols. On vient de loin… Au fait il ne s’agit pas d’un documentaire mais d’un film de fiction. Hélas, Bertrand Tavernier ne s’est pas inspiré d’un roman d’Anne et Serge Golon et Mélanie Laurent ne s’appelle pas Angélique alors on s’endort autour de minuit un dimanche à la campagne. La faute au scénario et à son traitement. Et les acteurs ? Lambert Wilson reste fidèle à son image de jeune premier (un peu sur le retour quand même), il joue trop mollement, absorbé par des états d’âme qui ne flattent que son égo ce dont tout le monde se contrefiche. La princesse ne convainc pas non plus : Mélanie Laurent croit-elle seulement en son rôle ? Les autres acteurs sont fades à part un ou deux comédiens ici et là qui savent jouer et surtout bien articuler contrairement à Gaspard Ulliel qui baisse toujours la tête en débitant son texte comme le ferait un enfant d’école primaire récitant sa poésie sans la ressentir ; peut-être l’acteur a t-il quitté trop tôt son école de cinéma ? À l’avenir, s’il devait monter sur les planches d’un théâtre en s’exprimant ainsi, nul doute qu’il se ferait chambrer ! Ah oui, encore un mot sur le scénario tranchant : qui va coucher avec qui ? Cette phrase résume un film qui rejoint la (longue) liste des productions françaises ennuyeuses que l’on oublie vite. Dommage, dommage, Alix voulait y croire et se préparait à la fête mais elle n’aura jamais commencé : la princesse est brumeuse sans être électrique. Laissez passer ! Globalement Insatisfaisant malgré ses énormes qualités visuelles et artistiques, le film possède une musique Moyenne car très prévisible. Allez, rendez-vous au prochain Tavernier, ça ira mieux, la princesse deviendra dès lors enchanteresse !

 

Rae Dawn CHONG, actrice

Rae Dawn Chong est née en 1961 à Edmonton au Canada, l’année de naissance de nombreuses étoiles du cinéma. Une année chérie qui marque aussi le début des sixties si importantes pour la musique instrumentale et la musique de film comme vous avez peut-être pu vous en rendre compte en parcourant les pages de ce site. Lancée par Jean-Jacques Annaud dans le monde entier, la carrière de Rae Dawn Chong était inscrite sur les Tables du cinéma : son père Tommy, acteur / scénariste / réalisateur / producteur et sa sœur cadette Robbi, actrice, témoignent des énormes capacités artistiques de la famille. Présente dans de nombreux films et téléfilms, on retiendra ses performances dans différents rôles, de « La couleur pourpre » de Steven Spielberg en 1985 à « Commando » de Mark L. Lester la même année avec Arnold Schwarzenegger, « Darkside les contes de la nuit » de John Harrison en 1990 et « Crying Freeman » de Christophe Gans en 1995. Dans le récent téléfilm simple et sans prétention « Impact » de Sam Irvin (voir jaquette ci-contre), sa prestation n’est pas sans intérêt. Alors pourquoi bouder son plaisir en regardant un téléfilm presque paisible mais tellement agréable à suivre lorsqu’il est parfaitement doublé par des comédiens français à la voix fabuleuse, le tout sur une musique de Peter Allen elle aussi agréable à entendre car très bien adaptée ? Une production à petit budget mais très honnête qui n’est pas sans rappeler « Meteor » (voir articles précédents ci-dessus).

 

 

Accès page suivante : Raymond LEFÈVRE, George FENTON, Harold FALTERMEYER, Paul MISRAKI et Klaus BADELT compositeurs / Eddy MURPHY acteur

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