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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

Les musiques de films (XIIb) : Elmer Bernstein, suite

Drame

LOIN DU PARADIS/Far from Heaven, un film de Todd Haynes (2002) avec Julianne Moore, Dennis Haysbert, Dennis Quaid, Patricia Clarkson, Viola Davis… Musique d’Elmer Bernstein. Un film Focus Features.

Chaque musique de film doit posséder un signe distinctif, de préférence une mélodie mémorisable, au pire un fragment de mesures inoubliable. Certaines compositions ne possèdent ni l’une ni l’autre à l’exemple du travail fourni par quelques professionnels qui remettent en cause le principe artistique en ne jurant que par une vague notion « d’accompagnement » de la musique du film ; pour eux, moins on l’entend meilleure elle est (Pierre Jansen par exemple, voir ici). Pour les Mélodies Modernes, cette démarche n’est pas sérieuse. Elmer Bernstein n’a jamais rencontré ce genre de problème car il ne se pose pas trop de questions : sûr de son talent et de ses choix, chaque musique du compositeur est intéressante. Détenteur d’un style, d’une marque de fabrique, toutes ses partitions sont parfaitement identifiables. De plus, chacune d’entre elles possèdent une mesure ou deux tout à fait exquises comme la cerise sur le gâteau, une image très parlante pour le film « Loin du Paradis ». Baignant dans l’atmosphère hyper protégée des années 50 en Amérique, la mère de famille parfaite et l’épouse idéale est noyée de bonheur. Madame s’occupe, mène son petit train-train quotidien, se motive pour rien du tout, ne s’ennuie pas et ne se rend compte de rien : un jour… Reprise d’un film au scénario identique « Ce que le ciel permet » avec Rock Hudson (musique de Frank Skinner), Julianne Moore est présentement extraordinaire. Dennis Quaid, pas toujours très inspiré par ailleurs, trouve ici l’un de ses meilleurs rôles. Dennis Haysbert quant à lui dispose des pleins pouvoirs… La séduction, la relation amoureuse puis la rencontre fusionnelle auront guidé l’humanité toute entière. La vie étant ainsi faite, connaissant la nature humaine, rien ne peux plus surprendre le spectateur. Sauf le haut degré artistique du film : par la saturation des couleurs, par les cadrages et autres mouvements habiles de caméra, par le jeu complètement maîtrisé des acteurs sur une musique superbe d’Elmer Bernstein, les surprises sont de taille, façon de parler. La chute du film reste sans doute le seul bémol de l’histoire : le piment redevient guimauve, c’est la vie… Alix trouve ce film Très bon et la musique Excellente.

 

 

Un C.D. pour le plaisir d’entendre du Bernstein et du Moross

YANKEE SAILS ACROSS EUROPE et GRIZZLY !, musiques composées et dirigées par Elmer Bernstein et Jerome Moross. Un disque compact Intrada de la collection « Original television soundtracks ».

En septembre 1965 démarrait sur la chaîne télé américaine C.B.S. une série de documentaires réalisés par la célèbre société Le national geographic que l’on ne présente plus. Personne mieux que Elmer Bernstein ne pouvait saisir l’écriture idéale requise pour ce genre de musiques d’accompagnement. Avec la fanfare leitmotiv sur fond de cordes et de percussions syncopées comme à son habitude, Elmer Bernstein en est le spécialiste du genre, les différents épisodes auront entraîné les téléspectateurs assidus aux quatre coins du monde, des pentes de l’Everest aux plaines australiennes mais aussi, présentement, de la péniche du couple Johnson en villégiature en Europe sur les canaux français et sur la Seine aux frères Craighead à la recherche des traces laissées par le grizzly dans le Yellowstone. Les compositeurs laisseront libre cours à leur imagination dans ces feuilletons palpitants. Moins sclérosés, moins prisonniers des montages rigoureux des films à gros budgets où leur talent aura éclaté quelques années plus tôt (Les sept mercenaires pour l’un et Les grands espaces pour l’autre par exemple), nos sacrés musiciens pourront « prendre le temps de prendre le temps » et laisser se développer des thèmes superbes en rajoutant ici et là quelques effets sonores pour garder contact avec les images. Un documentaire télévisé ne se conçoit pas comme un long métrage de cinéma, la musique ne s’écrit pas non plus de la même manière. En ces années 60, il fallait avant tout « faire de belles images » et raconter une histoire extraordinaire sur le mode gentillet. Destinés à toute la famille, la société américaine raffolait de ces contes modernes à forte vocation scientifique et écologique. Comme quoi l’Amérique pollueuse de 2009 qui n’en finit pas de cracher sur la planète – probablement déjà dépassée en cela par les chinois et ce n’est pas un exploit – n’est pas complètement irresponsable, une prise de conscience du problème existe depuis longtemps dans le pays mais se doit de ressurgir aujourd’hui avec force. À l’écoute des musiques d’Elmer Bernstein et de Jerome Moross, on veut y croire. L’harmonica et autres instruments rares échangent leurs notes avec l’ensemble de musique de chambre fort de sa trentaine d’interprètes ; ils représentent tous les pupitres de l’orchestre symphonique et les arrangements, légers et bucoliques, soutiennent les images pleines d’espoir. De la beauté, une absence de violence, l’admiration de la nature et des animaux qui y vivent, le respect des peuples et de leurs cultures, l’authenticité, c’est cela que plébiscitait le téléspectateur. Quarante ans plus tard on en a besoin plus que jamais…

À noter : le thème principal d’Elmer Bernstein est fortement inspiré de la musique d’Alessandro Cicognini pour le film « Don Camillo Monseigneur » (voir ici) tourné quatre ans plus tôt et les arrangements de Yankee sails across Europe nous font replonger dans les musiques de « Quand les parachutistes arrivent », « Deux copines un séducteur » et « Big Jake » entre autres films. Autre fait très significatif du talent de Jerome Moross cette fois-ci : de superbes mélodies dans « Grizzly ! » avec un thème magnifique joué à l’harmonica accompagné de la guitare sèche puis des cordes et le très beau thème aux violoncelles du générique du National geographic. Un prolongement des autres disques de Jerome Moross (Les grands espaces et Les aventuriers du fleuve, voir ici).

 

 

Un DVD

GOLD, un film dePeter Hunt (1974) avec Roger Moore, Susanna York, Ray Millano, Bradford Dillman, John Gielgud. D’après le roman de Wilbur Smith. Musique d’Elmer Bernstein. Un film produit par Michael Klinger.

Une catastrophe au fin fond d’une mine d’or comme il en existe encore en Afrique du sud. Une explosion, des victimes, les risques du métier… À part qu’une main criminelle a allumé la mèche pour justifier la flambée du cours du métal jaune si convoité ! Ce film dévoile les dessous terrifiants de la Loi du marché. Tout ce qui est rare étant cher, le milieu maffieux n’hésite pas à tuer pour engranger de colossaux profits sur le dos des mineurs exploités. La finance internationale possède ses propres règles quand la concurrence fait rage, l’édition de ce DVD en est la preuve. La version éditée par la petite entreprise française spécialisée dans la réédition en DTS de films oubliés ou délaissés (jaquette de gauche) permet de retrouver un son ample et généreux. Ainsi l’oeuvre reprend des couleurs sonores dignes de la version cinéma et impossibles à apprécier en mono ou stéréo. La musique d’Elmer Bernstein est une nouvelle fois généreuse avec son thème positif (dans une tonalité Majeure), facilement mémorisable et si bien orchestrée qu’on en tomberait vite amoureux de celle-là aussi, sans oublier l’excellent doublage des comédiens français : pour toutes ces caractéristiques spéciales le son méritait bien un traitement DTS ! La directrice de cette société, Gislène Lassan, explique sa passion du cinéma (voir ici) et raconte pourquoi elle a confié la réalisation de cette version haut de gamme à une autre société française de modeste envergure mais performante, Maïa (voir ici). Seulement voilà, la qualité et le fait de marcher sur les plates-bandes des grandes Majors compagnies (Columbia, Warner Bros…) et celles de taille plus moyenne (T.F.1, M6…) suffisamment costaudes tout de même pour tenir le choc du commerce mondial auront raison de la toute jeune et petite PVB Editions. Engloutie dans un marché planétaire orienté sur la rentabilité mais certainement pas sur la qualité de la production locale dans le respect de critères artistiques évidents (un fait valable pour tous les produits du marché), la centaine de DVDs édités par PVB Editions sont devenus une rareté : l’aventure s’est soldée par un échec. Pourtant le trésor de guerre ne fera pas la fortune de leurs concepteurs, hélas pour eux. L’autre version DVD du film (jaquette de droite) que l’on peut trouver chez Seven sept (voir ici) reprend la version en DTS de PVB Editions : un transfert de compétence se serait-il opéré pour ce titre-là ? Et que sont devenus les autres titres en DTS notamment ceux d’anciens films français rares et passionnants ? Mystère, mystère… L’avènement du Blu-ray disque ne permettra plus un retour sur image : à la trappe les petits producteurs puisque tout le monde s’en moque ! Sauf Alix qui a Beaucoup aimé ce film et sa musique avec une mention toute particulière pour la qualité extraordinaire de duplication de la brève et défunte PVB Editions. La dernière séance…

Pour en savoir + sur le compositeur Elmer Bernstein, rendez-vous page précédente

et le C.D.

GOLD, musique composée et dirigée par Elmer Bernstein. Paroles de Don Black. Un disque compact Intrada.

À l’écoute du disque, le moins que l’on puisse dire c’est que l’on reconnaît vite le style d’Elmer Bernstein (instruments et arrangements). Une fois de plus le compositeur ne cède pas totalement aux canons rythmiques de l’époque, le milieu des années 70, en imposant ses tempos avec une basse qui marque le temps afin de permettre les envolées des flûtes traversières ; le dialogue entre les cordes et les vents rappellent toutes ses autres musiques. Sur des relents de soul music funky pop et sympathique, de jazz et de jerck, la chanteuse Maureen Mac Govern nous replonge sur un rythme de bossa-nova dans les entrailles du Poséïdon (voir ici) : John Williams et son love theme aurait-il inspiré notre ami Elmer ? Ici aussi la musique suit son cours comme les protagonistes du film suivent, eux, le cours de l’or. L’histoire se déroule en Afrique du sud et il fallait bien introduire quelques percussions chaudes pour coller aux images du pays tout comme le xylophone illustre à merveille le scintillement du précieux minerai mais c’est la couleur générale de la musique conçue par Elmer Bernstein qui permet de donner de la dimension et de l’espace à l’action du film. Le disque n’est malheureusement pas à la hauteur de notre attente : la présence énorme d’une réverbération rajoutée à posteriori en studio pour tenter probablement de masquer le manque de qualité du master original nuit terriblement au confort d’écoute et provoque l’effet inverse, celui de nous faire prendre beaucoup trop de distance avec les sons. C’est un peu comme si vous vous trouviez enfermé dans une chambre d’écho, une grotte ou une église par exemple, qui vous renverrait les notes de musique à retardement et complètement entremêlés… Ce disque n’offre donc pas un grand intérêt auditif sinon celui de retrouver quelques partitions de belle musique du maître. Si vos tympans sont exigeants, alors évitez-le car vous risqueriez d’être très déçu. Comme avec un bijou en simple métal doré qui séduit mais que l’on délaisse rapidement…

 

 

Cédez à la tentation !

LA FORCE DU SILENCE/Amazing Grace and Chuck, un film de Mike Newell (1987) avec Gregory Peck, Jamie Lee Curtis, William M. Petersen, Joshua Zuehlke et Alex English. Musique d’Elmer Bernstein. Un film Tri-star pictures. Un C.D. Varèse Sarabande VCD 47285.

Décalage total : le film est insignifiant et sa musique est exceptionnelle. Alix a vu ce film à sa sortie en 1987 mais elle n’arrive pas à s’en souvenir. Rien, le vide total, c’est le trou noir. Mauvais présage. Tout comme le jeune héros du film lorsqu’il visite un abri antiatomique et qu’il décide d’arrêter le baseball pour protester contre les silos de missiles pointés sur la Russie. La guerre froide était pourtant derrière lui avec une opposition est-ouest en pleine déliquescence. L’action du film se situait donc une bonne décennie auparavant, quand les relations entre les deux blocs étaient bien plus tendues. Bref, lorsque un garçonnet pose une bonne question qu’il destine au Président des États-unis, sa chance d’être entendu repose sur la volonté d’une personne puis de deux puis de mille puis de millions d’autres qui lui feront écho. Peut-être le Président daignera t-il enfin en tenir compte ? Peut-être viendra t-il aussi rencontrer l’agitateur en herbe dans sa campagne… Qui sait ? Mais Alix s’en fiche dans le fond car elle reste sur une mauvaise impression. Elle ne se rappelle pas du film. Il faudrait nous donner la possibilité de le revoir pour confirmer ou infirmer cela mais il semble visiblement trop difficile d’éditer aujourd’hui une réalisation vite disparue des écrans pour cause d’insuccès. Trop « américain » dans son traitement, le film l’est probablement, sûrement même car l’aspect psychologique est assez spécial. En revanche la musique d’Elmer Bernstein reste superbe d’un bout à l’autre du film : le compositeur expose dans ce huit-clos larmoyant la palette sonore de ses capacités d’arrangeur de qualité, toutes les variations y trouvent leur place ! À l’écoute de la musique de « La force du silence » et de son thème principal regroupé autour des notes de l’accord parfait Majeur comme c’est souvent le cas chez notre bon vieux regretté compositeur, les images de « Les parachutistes » ou de ses meilleurs westerns reviennent rapidement à l’esprit, le chaudron de Taram, les fantômes d’ S.O.S., les 7 mercenaires ou les chevaux de Katie Elder ne sont pas bien loin. Souvent répété dans le C.D., le thème joué aux Ondes Martenot sur fond de piano et de harpe classique repris par d’autres instruments comme un message asséné qui doit passer, c’est après tout la base du scénario du film. Déclinée sous toutes ses formes, la mélodie comme on l’aime côtoie le hautbois, les violons en sourdine et les fameuses Ondes Martenot adorées du compositeur. Alors pour en finir avec cette appréciation d’Alix pendant que Chuck reçoit les médias et attend de pied ferme le Président, les amoureux des musiques de films d’Elmer Bernstein jubilent : grâce à « La force du silence », Elmer Bernstein nous délivre l’une de ses meilleures pages musicales. Quant au réalisateur, il est passé depuis du côté d’Harry Potter. Les mystères de Poudlard ont chassé les fantômes de la politique mièvre et sentimentale, critères peu crédibles comme on peut s’en douter. S’il vous plaît MM. les producteurs, éditez ce film en version française afin qu’Alix puisse s’en faire une nouvelle idée ! Et gloire au Maître ès musiques de films Elmer Bernstein !

 

 

Guerre

L’ULTIME ATTAQUE/Zulu dawn, un film de Douglas Hickox (1979) avec Peter O’ Toole, Burt Lancaster, Simon Ward, Denholm Elliott, Bob Hopkins… Scénario de Cyril Endfield d’après son propre ouvrage documentaire. Musique d’Elmer Bernstein. Distribué par Victory films (nouveau master haute définition en version française 5.1)

ZOULOU, un film de Cyril Endfield (1964) avec Stanley Baker, Michael Caine, James Booth, Nigel Greene… Musique de John Barry (voir ici). Un film Paramount.

Deux films à voir l’un après l’autre mais pas dans l’ordre chronologique. Dans « L’ultime attaque » (1979), les Zoulou encerclent les anglais en tuniques rouges et mènent un combat sans merci dans les paysages immenses d’Afrique du sud. Nous sommes en 1879 trois années seulement après « Little big horn » en Amérique où les tuniques bleues américaines sous les ordres du général fou Custer ont été massacrées. Un parallèle entre les deux champs de bataille est facile à dresser : d’un continent à l’autre, la Nation indienne et le Peuple du ciel auront du lutter corps et âme contre l’invasion des colons blancs. Dans le film de 1964 « Zoulou », l’histoire raconte le combat des soldats britanniques retranchés dans leur camp transformé tant bien que mal en fort Chabrol à l’africaine : y aura t-il une reddition ou vont-ils tous être tués par les Zoulou ? L’action est forte, les acteurs sont excellents, l’aspect psychologique est étudié mais principalement du côté anglais ; le jugement du comportement des militaires est dénoncé sans appel par les réalisateurs qui mettent en avant leur connerie. Inconscients et totalement embrigadés, pourquoi tant de morts pour la possession d’une terre aride qui ne leur appartenaient même pas ? Le peuple Zoulou existe depuis l’an 800 après J.C. ; victimes de l’Apartheid, les divisions et conflits internes ont engendrés des combats sanglants entre tribus mais lorsque tous les clans se sont regroupés pour combattre l’ennemi européen, la victoire se trouvait au bout des lances malgré les fusils et les canons anglais. La bataille de Isandhlwana en 1879 fut meurtrière. Le film « L’ultime attaque » la raconte, le film « Zoulou » reprend l’histoire à sa fin : les cavaliers Boers en fuite, l’annonce du massacre circule dans le camp anglais, le film commence là où se termine le précédent. Réalisateur puis scénariste des films, l’écrivain Cyril Enfield a raconté cet épisode tragique de la colonisation des tuniques rouges, la couleur des roses préférées des Tudor, la couleur du sang qui va gicler… Les musiques d’Elmer Bernstein et de John Barry sont Parfaitement bien adaptées au contexte. Alix vous recommande ces deux films Très très bons ;

Voir d’abord « L’ultime attaque » puis « Zoulou ou ou ou ou ou », un chant impressionnant émis dans le grave par 25 000 combattants excités.

Horreur

MontageLeBonFilsIILE BON FILS/The good son, un film de Joseph Ruben (1933) avec Macaulay Culkin, Elijah Wood, Wendy Crewson, David Morse et Daniel Hugh Kelly. D’après le roman de Todd Strasser. Musique d’Elmer Bernstein. Un film 20th Century Fox.

Prévu au départ pour mettre en vedette le héros de « Maman j’ai raté l’avion », c’est finalement le duo d’enfants Culkin/Wood qui emportera l’estime des spectateurs plus que celle des critiques (forcément) : Elijah Wood donne parfaitement le change à son jeune collègue dans un rôle à contre-emploi. Joseph Ruben aura su équilibrer les forces en présence dans un film Très réussi sur les plans de l’angoisse et de la réflexion. Malgré quelques invraisemblances (c’est du cinéma), Alix ne s’est pas ennuyée une seconde dans ce drame psychologique intense, le doublage français participant bien sûr à créer une atmosphère très prenante. Des paysages magnifiés et des portraits chauds éclairés de manière très artistique  relèvent une image générale très soignée (on se rappelle de « Loin du Paradis », voir ci-dessus). Quelques plans sont extrêmement spectaculaires (comme dans Money train) et bonjour le vertige ! Pour Alix aucun problème, nous avons à faire un film Incontournable grâce à la musique Idéale d’Elmer Bernstein, très caractéristique de son style et de ses goûts personnels (la mélodie démarre sur une quarte juste suivie d’une quarte augmentée – c’est osé et rare – avant le retour des notes conjointes de la gamme Majeure, l’orchestration, le rythme, les Ondes Martenot) bien adaptés à l’esprit du réalisateur inspiré. Le côté apparemment enchanteur et enjoué des scènes montrant l’arrivée et l’installation d’Elijah Wood dans sa famille d’accueil (chez son cousin) ne pouvait que cacher le pire des scénarios, une confrontation entre le Bien et le Mal que le compositeur sait parfaitement faire en moins d’une mesure !

 

JOSHUA, un film de GeorgeRatliff (2007) avec Jacob Kogan, Sam Rockwell, Vera Farmiga, Celia Weston, Dallas Roberts et Michael McKean. Musique de Nico Muhly. Chanson et clip de Dave Matthews. Un film 20th Centure Fox.

Dans « Joshua » et « Le bon fils », un même drame se joue : la folie meurtrière d’un enfant. Chacun sait que nos chères têtes blondes ne sont pas toutes bien faites. Des traumatismes, des troubles du sommeil, des crises d’angoisse terribles, des soucis divers peuvent engendrer un comportement agressif ou un repli sur soi. La psychologie des plus jeunes d’entre nous relève d’une analyse spécialisée maîtrisée par la médecine mais pas par n’importe quel quidam. Ainsi, des parents mal informés ou peu au fait des questions liées aux problèmes psychologiques des uns et des autres ne voient pas toujours les tourments ou la perversité qui peut se cacher derrière le visage angélique de leur chéri(e) ; un comportement exemplaire peut l’être en apparence seulement. Par exemple l’enfant Marcel Landowski aurait arraché un jour les pattes d’une mouche à titre expérimental ce qui ne l’aura pas empêché de continuer ses expérimentations dans la musique contemporaine ni de réformer en profondeur l’éducation musicale en France (voir ici la rubrique musique de film consacrée à Laurent Petitgirard) . Qui ne connaît dans son entourage un môme prêt à la pire des bêtises juste pour assouvir une motivation personnelle pas catholique du tout ? Dans « Le bon fils », Mark vient s’installer chez Henry, une belle maison isolée près de la côte et son drame sera d’avoir perdu ses parents. Orphelin, il ne peut avoir d’emblée que des problèmes et mérite toute l’attention et l’affection de la famille Henry. Pourtant les problèmes vont surgir d’un esprit criminel qui n’est pas le sien !

Chaque personne gère ses propres difficultés avec plus ou moins de réussite et parfois, ceux qui souffrent le plus ne sont pas toujours ceux qui agissent le plus mal. C’est le cas de Joshua, un jeune pianiste calme et discret qui caresse avec délicatesse les notes de musique sur clavier mais peut tuer avec son esprit déréglé en voyant le mépris là où il ne se trouve pas. Le même concept est commun aux deux films : la folie juvénile n’est pas à l’endroit où on pensait la trouver. La méchanceté gratuite ou intéressée existe aussi dans les gènes : personne ne peut dire quelle est la part de l’inné et de l’acquis dans le fonctionnement de notre cerveau. Oui, on peut naître avec une nature foncièrement méchante. Par exemple Joshua…

Pour Alix, ces deux films qui ne plaisent pas à tout le monde car les enfants sont diaboliques possèdent une Bonne musique d’accompagnement et sont Très bons. Ils sont surtout terrifiants. À noter le rôle à contre-emploi de Macaulay Culkin après ses films comiques (ce qui a déplu) et le jeune acteur Jacob Kogan pour sa double performance : il joue lui-même les morceaux entendus dont un extrait de la Sonate n°12 de Beethoven. À 12 ans il possède déjà de multiples talents , sa carrière promet d’être riche et intéressante. Comme celle de Culkin et de Wood !

 

 

Horreur

LE LOUP-GAROU DE LONDRES/An american werewolf in London, un film de John Landis (1981) avec David Naughton, Jenny Agutter, Griffin Dunne et John Woodvine. Musique d’Elmer Bernstein. Un film distribué par Universal (France).

Encore un film d’horreur ringard de seconde zone diriez-vous d’emblée. Vous auriez tort. Ce film est remarquable en tous points. Ses trucages sont le fruit d’un travail extraordinaire du maître du maquillage, Rick Baker. On lui doit l’existence des fameuses créatures de la scène de la cantine dans La guerre des étoiles, des singes de Greystoke la légende de Tarzan, de Bigfoot, de Gorilles dans la brume, du Professeur Foldingue, de Men in black, de X-men… et de sa récente participation au film de Joe Johnston Loup-garou (Wolfman) qui le ramène en 2010 aux succès de ses débuts. Avec des trucages réalistes, il restait à trouver les acteurs capables de rendre l’histoire crédible sur un scénario bien maîtrisé. John Landis utilisera son savoir-faire en orchestrant tous les talents avec un humour noir décalé, une marque de professionnalisme rare et touchante. La musique d’Elmer Bernstein n’apparaît pas comme étant ici d’une importance déterminante, d’ailleurs, les principales scènes ne possèdent pas de musique en soutien. Le hurlement de mise à mort poussé par le loup-garou, lui, on l’entend parfaitement et pour cause. Du coup une belle mélodie au piano, des orchestrations de jazz et symphoniques, peu de longueurs dans les faits suffisent à marquer la présence du compositeur : quand il faut, Elmer Bernstein répond présent et écrit ce qu’il faut comme il le faut. L’artiste a de la classe ! Quant au doublage français il demeure impeccable, plus qu’une cerise sur un gâteau, il rend l’œuvre pleine et entière. Ne boudez pas votre plaisir plus longtemps et partez à la (re)découverte du magnifique pays anglais, promenez-vous dans la lande un soir de pleine lune. Une atmosphère vivifiante vous y attend et vous fera tomber votre masque d’étudiant épuisé par un travail trop prenant. Prenez trois mois de vacances, vous en deviendrez accroc ! Pour Alix voici un Excellent film.

Pour en savoir + sur Rick Baker le roi du maquillage et des effets spéciaux, enquête sur un surdoué, cliquez ici (un dossier horreur.net, en français)

 

 

Science-fiction

SATURNE 3, un film de Stanley Donen (1980) avec Kirk Douglas, Farrah Fawcett, Harvey Keitel. Musique d’Elmer bernstein. Un dvd Incorporated television company (TC) / Tanscontinental film.

Elmer Bernstein n’aura pas rencontré de nombreuses occasions lui permettant de composer pour les films de science-fiction ce qui est un mal pour un bien : d’un côté il souhaitait varier la nature des films pour lesquels ses dons de compositeur étaient sollicités afin de ne pas devoir toujours se cantonner au même style (le jazz, la musique de film des westerns) et d’un autre côté, notre intérêt, sa fidélité aux films tournés avec John Wayne et ses potes à selles permettra d’engendrer les plus belles pages musicales de la spécialité. Dans « Saturne 3 » les compositions d’Elmer Bernstein n’atteignent pas la dimension de ses autres musiques de films : quelques sons électroniques, des accords atonaux, une ambiance musicale symphonique qui soutient parfaitement bien l’action du film mais qui ne se laisse pas séduire ; le film lui-même n’est pas incontournable. Kirk Douglas et Farrah Fawcett (Majors suite à son mariage avec l’ « Homme qui valait 3 milliards » Lee Majors) sont très bons dans ce trio complété par l’excellent acteur Harvey Keitel, les décors et le thème tiennent le choc des années mais le huit-clos spatial a quelque chose de peu angoissant : Hector le robot ne fait pas peur et l’ensemble reste feutré. « Alien le 8e passager », « Aliens », tant de films exceptionnels sont déjà passés par là et la comparaison inévitable relègue « Saturne 3 » au banc des films de série B. Il ne faut donc pas trop en demander à l’œuvre pour ne pas bouder son plaisir. Alix trouve « Saturne 3 » Bon et Farrah Fawcett superbe. Un bel hommage à la drôle de dame décédée dans l’épreuve en 2009.

Fantastique

ROBOT MONSTER un film de Phil Tucker (1953) avec George Nader, Claudia Barrett, Selena Royle, John Mylong… Musique d’Elmer Bernstein. Un dvd Bach films

TOBOR LE MAÎTRE DU MONDE/Tobor the greats, un film de Lee Shomlem (1954) avec Billy Chapin, voir ici le commentaire d’Alix.

Avec Ro-man XJ2, pas de surprise : personne n’a peur. Un déguisé dans la peau d’un gorille ayant servi dans « Tarzan » avec Johhny Weissmüller – le gamin du film le défini comme un « Vieux pneu dégonflé » -, un casque de scaphandrier à peine bricolé mais la vitre en moins, de bons gros sentiments et des clichés très américains, des acteurs qui semblent sortis du cinéma muet dont une femme à la poitrine généreuse qui se fera draguer jusqu’au point de se marier la minute suivante (!), des trucages qu’un enfant réussirait à mieux faire (on aperçoit une personne cachée dans le noir qui tient à bout de bras la maquette d’une fusée en feu !), des transistors d’un autre âge électronique, voici une histoire d’une nullité inconcevable aujourd’hui. Ce n’est pas une série B mais une série Z. Un an avant l’unique et fabuleux film de Charles Laughton « La nuit du chasseur » (voir ici) et deux ans avant l’incontournable « Planète interdite » (voir ici), le réalisateur totalement fauché Phil Tucker s’offrira tout de même les services d’Elmer Bernstein alors au début de sa carrière. Le musicien âgé de trente ans débutait son extraordinaire parcours de compositeur de musiques de films après s’être fait remarqué à la radio pour ses arrangements de grande qualité. Dans « Robot monster », le violoncelle mélodique et mélodieux domine l’orchestre symphonique ce qui témoigne déjà d’une patte artistique personnelle indéniable ; les timbales martèlent la démarche de Ro-man et quelques sons électroniques ponctuent l’ensemble. Au total l’auditeur ne trouvera pas de quoi s’enthousiasmer devant ces poncifs musicaux mais passons, la partition ne sera jamais réécrite, le film non plus. Il est Nul et sa musique demeure, elle, Correcte.

 

Western

SUR LA PISTE DE LA GRANDE CARAVANE/Hallelujah train, un film de John Struges (1965) avec Burt Lancaster, Lee Remick, Donald Pleasence, Martin Landau, Brian Keith, Jim Hutton, Pamela Tiffin, John Anderson… Musique d’Elmer Bernstein. Paroles d’Ernie Sheldon. Un film United Artists.

L’alcool : le monde serait-il ce qu’il est sans ce maudit poison ? Les habitants de la ville de Denver vont pourtant devoir affronter un drame sans précédent : le manque de whisky ! Les Tuniques bleues de la cavalerie, les indiens, les escrocs, les habitants allumés et les Dames de la tempérance vont unir leurs forces pour transformer un western ordinaire en film complètement délirant. Le début des années 60 était propice à la production de films gigantesques : de grandes aventures, beaucoup de vedettes qui se battaient parfois pour un simple rôle de figuration, des aventures extraordinaires, des situations folles dans un scénario « en béton », d’énormes moyens financiers… « La grande course autour du monde » ou les inégalés « La conquête de l’ouest » (voir ici) et « Un monde fou, fou, fou, fou » (voir ici) en font partie ; ces deux derniers furent tournés avec trois caméras en format Cinérama – le film est également diffusé simultanément par trois projecteurs -, le spectacle fut donc garanti, plein les yeux plein les oreilles ! Des sous, le compositeur de la musique du film Elmer Bernstein n’en manquera pas : fort d’un budget de 150 000 dollars ce qui est considérable pour l’époque, il travaillera ses thèmes et ses arrangements pour les 80 musiciens de l’orchestre symphonique et les 40 choristes, tous sévèrement sélectionnés pour la parfaite maîtrise de leur art. Fort de ses précédentes réussites dont les fameux thèmes de « La grande évasion » et des « Sept mercenaires », Elmer Bernstein disposa de deux semaines pendant l’été 1965 pour enregistrer les 105 minutes de musique symphonique. Connaissant ses capacités créatrices lui qui adore surprendre l’auditeur aux détours de la partition par des fragments rythmiques et harmoniques complexes, les mélodies ne pouvaient être que parfaites avec certains passages carrément superbes (voir bientôt ci-dessous la description technique). Le mélange cordes – vents – percussions est génial, une orchestration enrichie par le timbre très agréable des voix féminines non plus en partie mélodique ou en contre-chant mais en tant que partie harmonique pleine et entière. Quand les voix fusionnent avec l’harmonisation orchestrale, c’est délicieux pour les tympans. Alors oui, le style instantanément identifiable du compositeur fait recette avec ses arrangements signés Leo Shuken et Jack Hayes que l’on ne présente plus. Du film « Sur la piste de la grande caravane » se dégage une énergie incroyable, la marche des Dames de la tempérance et le thème principal provoquent l’enthousiasme. Le film connu un grand succès populaire et la musique d’Elmer Bernstein davantage encore par les nombreuses versions entendues dans les orchestres pour défilés (la marche tout particulièrement), preuve de l’importance d’une mélodie mémorisable. Sur le plan psychologique, la parodie tourne en revanche au vinaigre, l’histoire a un peu vieilli probablement faute aux situations répétitives ; la prohibition est également un concept qui s’éloigne de la mémoire collective à une époque où tout est permis même la dépénalisation envisagée du cannabis. Hélas, plus on a accès aux interdits et moins on semble se réjouir des plaisirs de la vie dont le cinéma est l’une des grandes composantes : la production de comédies délirantes se compte aujourd’hui sur les doigts d’une main, le spectateur étant noyé sous un déluge de drames et d’histoires pathétiques. C’est à croire que plus on boit, plus on fume et plus on a le vin triste. Les Dames de la tempérance « en connaissaient un rayon » sur la question, on aurait mieux fait de s’en inspirer et n’oubliant pas trop facilement la mélodie humoristique d’Elmer Bernstein ! Alix trouve ce film Très bon et sa musique Exceptionnelle.

 

 

À suivre…

 

Site officiel d’Elmer Bernstein (sa vie, son oeuvre, sa filmographie, photos, achat de CD… textes en anglais), cliquez ici.

 

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