1
Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

Pour en savoir plus sur les compositeurs de musiques de films et leurs créations, parcourez les pages suivantes !

2
La critique de film d'Alix

Critiques de films

3
Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

Les musiques de films (XIV)

Marc SHAIMAN, compositeur

Né dans le New-Jersey en 1959, Marc Shaiman appartient à la génération des jeunes compositeurs qui se mettra au service des spectacles et cabarets de Broadway tout proches de chez lui. Son énorme travail pour assurer les arrangements du « bâton de dynamite musical » que représente Bette Midler, l’artiste si dynamique et talentueuse, l’amènera avec son égérie vers le cinéma : les années 80 voyaient alors l’explosion des comédies sentimentales très américaines dans l’esprit comme « Quand Harry rencontre Sally » et « L’amour, la vie, les vaches… », deux plaisantes productions avec Billy Cristal. Dans ce dernier film un acteur-enfant faisait ses débuts prometteurs, Jake Gyllenhaal que l’on retrouvera dans « Le jour d’après » et « Le secret de Brockenbach mountain ». Dans « L’irrésistible North » en 1994 avec Bruce Willis c’est un autre enfant, Elijah Wood, qui poursuivait déjà sa longue carrière. Marc Shaiman y interprétait un second rôle. Les nombreuses compositions de Marc Shaiman s’entendront dans les excellents films « Misery », déjà de Rob Reiner en 1990 avec James Caan et dans le sulfureux « Bowling for Columbine » de Michael Moore en 2002, pour ne citer que quelques exemples. Il reprendra et développera le thème très célèbre de Vic Mizzy de la série « La famille Adams » (rappelez-vous les claquements de doigts : sol-la-si-do clac clac) pour la version cinéma de 1991. Dans « In and out », une comédie typiquement américaine de 1995 avec Kevin Kline, on y trouve le style de la musique de « L’amour, la vie, les vaches… », une partition très intéressante qui démontre les qualités variées du musicien. Très soignée et particulièrement bien étudiée dont un negro spiritual de toute beauté, les mélodies de ce dernier sont gaies et motivantes, les excellents musiciens se remuent les articulations dans tous les sens avec de fameux contre-chants, le tout est d’une grande finesse. Marc Shaiman maîtrise parfaitement les codes de la composition de musique de film. Facilement inspiré par le style western insufflé par Elmer Bernstein, totalement investi dans l’écriture typique de ce genre musical, sa musique est faite de mélanges harmoniques d’une très grande richesse, de changements de tonalités étonnants, d’un tempo très fluctuant et de cassures de rythmes phénoménales. Avec l’apport des synthés, voici une bonne musique de western sentimental et humoristique qui amène depuis les grands espaces une vraie bouffée d’air pur. Un bonheur rare.

Marc Shaiman restera également fidèle à ses propres valeurs pour ne pas faire trop de concessions à la seule création mélodique. Pourtant entouré par une multitude d’assistants (copieurs, arrangeurs, répétiteurs, chefs d’orchestre… pas moins de sept professionnels tapis dans l’ombre) comme on doit et on sait le faire aux États-Unis, Marc Shaiman pourra donc se concentrer sur la recherche mélodique à satiété, un confort dont un Michel Legrand ou un George Delerue ne voudront pas entendre parler : dans leurs aventures professionnelles américaines respectives, ils auront toujours préféré rester maître d’œuvre du début à la fin de la démarche artistique (composition, arrangements, écriture, direction d’orchestre). À chaque pays sa culture et ses habitudes de travail…

Ci-contre, jaquette du C.D. Varèse Sarabande « L’amour, la vie, les vaches…/City Slickers ». Un film de Ron Underwood avec Billy Cristal, Bruno Kirby, Jack Palance… Musique de Marc Shaiman. Un film Columbia Pictures. Un DVD Metro Goldwin Mayer France.

Pour en savoir un peu + sur le film, cliquez ici (infos Allociné?)

 

 

Mélodiste, vous avez dit mélodiste ? Dans le nouveau film de Adam Shankman « Hairspray » (2007), la comédie musicale explose avec les thèmes de Marc Shaiman. Comme toujours entouré d’orchestrateurs et d’instrumentistes hors pair, les airs entraînants, dynamiques et exubérants enchantent nos oreilles. À la condition expresse d’aimer le genre spécial du film. En effet, l’environnement urbain et l’intrigue développée sur fond de défense de la cause anti-raciale des hommes à la peau de couleur noire et des femmes de forte corpulence aux États-Unis sont imaginés par un iconoclaste ou plutôt par un être à part, un fantaisiste terriblement extraordinaire et provocateur, John Waters qui réalisera la première version de 1988 et obtiendra un grand succès populaire. D’ailleurs son film sera adapté pour les planches des théâtres de Broadway. Mais une nouvelle fois, il faut aimer le style très seventies et le côté peu orthodoxe du film assez déroutant sur la forme et certainement très américain sur le fond, même si la valorisation de ceux et celles qui souffrent du mépris d’une partie de la population pour leurs différences mal acceptées est un thème universel. Une production à part qui n’enlève rien aux qualités musicales grandissimes de Marc Shaiman qui sait, lui aussi, faire preuve d’originalité et de créativité. La preuve !

Pour en savoir + sur le film Hairspray et la prestation surprenante de John Travolta, cliquez ici (site officiel en français)

 

 

Drame

MISERY, un film de Rob Reiner (1990) avec James Caan, Kathy Bates, Frances Sternhagen, Richard Farnsworth et Lauren Bacall. D’après le roman de Stephen King. Musique de Marc Shaiman. Un film Castle Rock Entertainmant/MGM.

Le célèbre écrivain de romans à l’eau de rose Paul Sheldon vient de terminer son nouveau livre, différent des précédents. Il ne se doute pas encore à quel point son cauchemar vient de commencer. Kathy Bates aura obtenu un Oscar pour sa performance remarquable dans ce film exceptionnel, rien de très surprenant tant son jeu est adaptable aux comportements étranges – c’est le moins que l’on puisse dire – d’Annie, l’infirmière providentielle du malheureux Paul… James Caan est très bon lui aussi dans un rôle difficile et le doublage en français de tous les protagonistes renforce l’intérêt pour une histoire imaginée par Stephen King, sans doute sa meilleure inspiration. Seule la musique originale du film est reléguée au second plan : Marc Shaiman saura distiller ici et là quelques phrases légèrement atonales à la clarinette mais son travail restera bien discret, la faute au réalisateur qui a introduit plusieurs musiques additionnelles dont le Concerto n°1 pour piano et orchestre de Tchaikovsky (qui a en son temps inspiré Charles Chaplin pour la musique des Lumières de la ville). Modifiée pour Misery, l’arrangeur et chef d’orchestre Dennis Dreith assurera l’ensemble du travail musical pendant qu’une agence s’occupera de tout préparer à commencer par les partitions. Décidément, le système collectif de fonctionnement des musiques de films reste bien organisé dans la procédure américaine avec une tâche bien facilitée dès le départ pour le compositeur ! Tourné dans le Nevada, une région montagneuse magnifique, le réalisateur signe un chef d’oeuvre du cinéma dramatique et d’horreur – de psychologie, surtout -, un vrai régal. Alix trouve ce film Exceptionnel et la musique Discrète (on est très éloigné de la folie d’Hairspray ou du lyrisme de La vie, l’amour, les vaches). À noter le financement partiel du film par le Crédit Lyonnais alors implanté dans les studios hollywoodiens de la MGM par l’intermédiaire d’une filiale hollandaise qui fera son cinéma en pure perte. Quelle misère…

 

DES HOMMES D’HONNEUR/A few good men,, un film de Rob Reiner (1992) avec Tom Cruise, Demi Moore, Jack Nicholson, Kevin Pollack, Kevin Bacon, J.T. Walsh, Kiefer Suherland… Musique de Marc Shaiman. Un film Columbia Pictures/Castel Rock Entertainment.

Il s’en passe, des choses « pas très catholiques », à la base navale de Guatánamo… Depuis l’incarcération de suspects liés aux attentats du 11 septembre 2001 de New-York, la base navale fait couler beaucoup d’encre au niveau des pratiques exercées sur les prisonniers dont certains sont incarcérés de façon illégitime : mauvais traitements, humiliations, actes de torture, la légalité même du fonctionnement de l’institution (elle existe depuis plus d’un siècle) est remise en question par le gouvernement cubain. Les autorités américaines, la Cour suprême et le Conseil de l’Europe dénoncent aussi les pratiques répréhensibles d’une justice sans justice… La base américaine sert également de « tête de pont » pour la lutte indispensable contre le trafic de drogue et près de dix mille personnes y vivent ou y travaillent en permanence. C’est dans un climat militaire strict, dur et sévère (les Marines ne sont pas connus pour être des enfants de chœur) que se déroule l’action du film de Rob Reiner déjà auteur en 1992 des célèbres « Quand Harry rencontre Sally », « Stand by me/Compte sur moi » ou de l’inoubliable « Misery » (voir ci-dessus) alors sa réalisation pour « Des hommes d’honneur » est remarquable. À noter qu’il retrouvera dans sa société de production Castel Rock en 2007 Jack Nicholson dans « Sans plus attendre » en compagnie du non moins remarquable Morgan Freeman. Alors que se passe t-il donc à Guatánamo bay… ? En réalisant ce film, Rob Reiner était précurseur dans la dénonciation de comportements déviants et le procès pour meurtre dont sont accusés deux Marines crée un suspense fort. Les Mélodies Modernes ne vont pas vous en parler afin de ne pas déflorer l’intrigue mais elles vous recommandent vivement cette œuvre psychologique. Soutenue par une musique parfaitement adaptée à la fois mélodique et symphonique sur des rythmes de marche militaire (que ferait-on sans les indispensables caisses-claires !), Marc Shaiman va composer quelques chansons plus « actuelles » qui deviendront des succès populaires longtemps positionnés en tête des hit-parades. Alix estime que ce film est Très bon avec un Tom Cruise excellent, une Demi-Moore parfaite, un Jack Nicholson exceptionnel, un doublage français de qualité extraordinaire et une musique Très bonne de Marc Shaiman. Voici ce qui sert de base au film…

 

 


VANGELIS, compositeur

Vangelis Papathanassiou, comme son nom semble l’indiquer, est grec. Né en 1943 il saura tirer le meilleur parti de ses dons naturels musicaux en misant sur son travail, son ambition et son sens des affaires. Parce qu’un fait certain apparaît à la lecture des différents parcours des compositeurs de musiques de films : ceux qui savent « se mettre en avant » parviennent tôt ou tard au sommet de leur discipline artistique. Il ne suffit pas d’être motivé et très bien formé, que l’on soit musicien, compositeur ou interprète, il faut d’abord bien sentir la manière dont on doit préparer et mener une carrière -sa propre carrière- en étant suffisamment opportuniste, inspiré par les évènements de son époque et capable de s’adapter au contexte musical tout en se reposant sur ses centres d’intérêt. Vangelis l’autodidacte, membre du groupe Aphrodite’s Child avec Demis Roussos son compatriote, deviendra une valeur sûre dans la variété instrumentale. Il devra son premier succès planétaire à sa chanson « Rain and tears » composée en trente minutes sur le thème du Canon de Pachelbel, une musique classique d’une simplicité déconcertante avec un thème suivi de variations, le thème « se déplaçant » d’un pupitre à l’autre de l’orchestre comme l’écho dans la vallée (c’est la forme d’écriture dite en canon) ; sur le plan de l’harmonisation un mouvement de basse n’utilise que 8 notes, répétées sans cesse (les instrumentistes meurent souvent d’ennui en l’exécutant)… Dans cette affaire le mérite des compositeurs modernes en tant que re-créateurs est donc atténué mais la simplicité paie toujours, la preuve : des paroles accessibles, un thème connu, un contexte « new age » favorable et c’est parti pour la célébrité (et la rentrée de devises permettant d’aller plus loin dans sa démarche) !

L’Oscar de Vangelis pour le film de Hugh Hudson en 1982 « Les chariots de feu » repose, lui, sur une création originale et novatrice avec un thème excellent et parfait joué au synthétiseur et à l’échantillonneur (le sampler en anglais), un engin conçu pour reproduire presque à l’infini un son que l’on a introduit dans le logiciel (n’importe quel son, un pet de grenouille par exemple) et qui vous le restituera en notes de musique. C’est épatant ! Il demeure en tout cas évident que la maîtrise des outils informatiques et la capacité de programmer et de mixer des sonorités nouvelles ont permis à Vangelis et à son cadet et concurrent Jean-Michel Jarre (fils du compositeur Maurice Jarre voir ici) d’effectuer une percée remarquable dans un domaine en pleine évolution dans les années 60 et 70. Le film « L’apocalypse des animaux » de Frédéric Rossif en 1973 met en relief plusieurs thèmes mélancoliques d’une grande pureté mélodique et sonore. À l’aube de la brillante carrière musicale de Vangelis, sa collaboration avec Rossif lui permettra de s’imposer dans le genre Electro. Ils travailleront ensemble pour les autres documentaires du cinéaste animalier jusqu’à la prochaine rencontre du compositeur avec un autre réalisateur, Ridley Scott. Sortiront les films « Blade runner » avec Harrison Ford d’après le roman de Philip K. Dick – à qui l’on doit aussi « Total Recall » voir ici et « Planète hurlante » voir ici - puis « 1942 Christophe Colomb » avec Sigourney Weaver et Gérard Depardieu. Les compositions de Vangelis pour le film « Le Bounty » de Roger Donaldson en 1984 avec Mel Gibson et Anthony Hopkins (une réédition des versions de 1935 et 62) seront très belles mélodiquement et harmoniquement mais elles resteront toujours ici très controversées : les thèmes joués au saxo. dénaturent les images de l’époque à laquelle est censée se dérouler l’action du film, au XVIIIe siècle avec la mutinerie du Bounty soit cent ans avant qu’Adolphe Sax n’invente la famille des saxophones. Voilà une évidente faute de goût aggravée par la présence appuyée des synthétiseurs, eux aussi totalement anachroniques !

Pour retrouver l’héroïne du film « Blade runner », rendez-vous ici (film « Le jardin du Mal/The garden »)

 

Du documentaire au ton solennel qui décrit le procès des criminels nazis « De Nuremberg à Nuremberg » aux aventures passionnantes de Cousteau (qui fera également appel à d’autres compositeurs, Elmer Bernstein notamment), les films « Portés disparus » de Costa-Gavras en 1982, « Lunes de fiel » de Polanski en 1992 et plus récemment « Alexandre » d’Oliver Stone et « El Greco » de Tannis Smaragdis profiteront des compositions de Vangelis, des musiques à la fois acoustiques, électroniques et cosmiques écrites pour des superproductions dont certaines n’entreront pas toutes à coup sûr dans les annales des grandes réussites du 7e art mais peu importe puisqu’elles ont au moins le grand mérite d’exister. Vangelis produira parallèlement de nombreux albums dont « China » sorti en 1979 avec une superbe musique sensible et vivante « Chung Kuo » dotée d’un thème accrocheur qui repose sur l’enchaînement somptueux de deux accords. Description pour les connaisseurs :

dans une tonalité Majeure, on enchaîne l’accord parfait du Ie degré de la gamme à l’accord situé un ton en dessous, une opération qui peut se répéter un ton plus bas jusqu’au retour au premier accord. Par exemple au piano : ton de do Majeur, vous jouez do à la main gauche (basse) et l’accord parfait de do Majeur à la main droite au premier renversement soit : sol, do, et mi. Puis vous enchaînez sur l’accord de si bémol Majeur mais en conservant do comme note à la basse ce qui donne do à la main gauche, rien de changé, et fa, sib, ré à la main droite (accord de sib Majeur au Ie renversement). Vous pouvez revenir au premier accord ou rajouter à ces deux accords celui de mib Majeur soit encore et toujours do à la basse et mib, lab, do à la main droite (accord parfait de mib Majeur au Ie renversement). Puis retour à l’accord de do Majeur. Cet enchaînement crée une ambiance étrange, inquiétante, un moment d’attente, un effet harmonique très utile pour un film ! Il vous reste évidemment à composer la mélodie… À noter pour être complet que Vangelis utilise les deux premiers accords pour les enchaîner sur le ton voisin de fa Majeur puis fa mineur (le la devient bémol) tout en conservant le do à la basse « en bourdon » .

 

Vangelis le musicien aura su multiplier ses interventions ; il ne manque pas en effet de sollicitations même si la concurrence de la jeune génération née dans le synthétique et bercée d’électronique devient de plus en plus rude. Basé à Londres aux commandes d’un navire extraordinaire, la caverne d’Ali Baba, le temple de l’expérimentation, son studio d’enregistrement numérique nommé « Nemo » non sans humour, il continuera à créer, à recréer, à transformer et à triturer tous les sons dans tous les sens pour l’essence même de la musique, le plaisir de nos sens. Jamais à sens unique, polyvalentes et arrangeables à volonté, les mélodies essentielles de Vangelis seront reprises à diverses occasions, pour l’illustration d’émissions télévisées ou de sites Internet ou bien encore pour toutes sortes de médias (inclus les sonneries de téléphone mais il n’y est pour rien), sans oublier le concert « Mythodea » en 2001 avec chœurs et orchestre pour honorer la commande de la très sérieuse Nasa à la recherche de sons perdus entre la Terre et Mars… Avec ses chansons à succès, ses brillantes compositions instrumentales, sa recherche réussie dans un genre nouveau le tout emprunt d’une nostalgie communicative, il est aisé de proclamer sa dévotion au créateur et de pousser un bravo de satisfaction à l’artiste émotif doté d’une gestion pragmatique de sa carrière : l’homme aura parcouru bien du chemin depuis la fébrile et juvénile « Rain and tears » ! La musique des Chariots de feu sert d’emblème aux Jeux Olympiques de 2012 à Londres : quelle sacrée reconnaissance !

Pour en savoir + sur Vangelis, cliquez ici (biographie sur Tripmusic, en français)

Pour en savoir + sur la chanson « Rain and Tears », cliquez ici (infos Bide-et-musique, en français)

Pour en savoir plus sur le concert et l’analyse du DVD « Mythodea », cliquez ici (infos dvdreamscape, en français)

* C.D. ‘Vangelis Themes’, musique composée, arrangée, produite et réalisée par Vangelis. Un disque Polydor/Deutsche Grammophon (1989)

* DVD édition spéciale ‘Les chariots de feu‘, un film de Hugh Hudson (1981) avec Ben Cross, Ian Charleson, Nigel Havers, Cheryl Campbell, Alice Krige. Musique de Vangelis. Un film produit par David Puttnam. Chez Warner Bros Pictures.

* DVD édition collector the final cut ‘Blade runner‘, un film de Ridley Scott avec Harrison Ford, Rutger Hauer, Sean Young, Edouard James Olmos daprès le roman de Philip K. Dick. Un film produit par Michael Deeley. Chez Warner Bros Pictures.

 

 

Éric SERRA, compositeur

Éric Serra est un nouvel exemple de la réussite des musiciens autodidactes inspirés et motivés. Né en 1959, Éric Serra s’adonnera très tôt à l’écoute assidue des standards de plusieurs vedettes du rock qui auront bercé son enfance. Avec ses variantes le hard rock, le heavy metal, le rythmn’blues et même le jazz notre apprenti musicien déjà membre d’un groupe passera son adolescence à gratter, taper, pincer et pianoter. Dans sa spécialité la guitare basse, il travaillera en tant que multi instrumentiste avec Mory Kante, Didier Lockwood et Jacque Higelin jusqu’au jour où il sera présenté à Luc Besson. Leur collaboration deviendra fructueuse. Après un premier long métrage en 1981 ils fantasmeront ensemble sur l’univers souterrain fascinant du métro parisien avec Christopher Lambert et Isabelle Adjani, ce sera « Subway » en 1985 suivit d’une plongée en apnée dans « Le grand bleu » qui marquera toute une génération de cinéphiles en 1988. Suite à sa découverte de la beauté du monde sous marin, il récidivera avec « Atlantis » et ses musiques continueront à révolutionner la composition pour le cinéma en intégrant des sonorités jamais entendues dans une superproduction ; l’eau qui passionnait tant François De Roubaix demeure d’une richesse extraordinaire en Méditerranée et titille l’âme vagabonde d’Éric Serra. « Nikita », « Léon » en 1994, « Le cinquième élément », « Jeanne d’Arc », « Wasabi » (voir ici), « Bandidas », « Arthur et les Minimoys », il composera au moins une chanson pour chaque film et toutes deviendront des tubes. Même la musique du film « GoldenEye », un fameux James Bond 007 avec Pierce Brosnan revèle une musique totalement en adéquation avec l’action et l’intensité des images dans un style qui n’est pas celui de John Barry, le compositeur « chou-chou » de la série et auteur du formidable thème principal mais c’est ainsi, il faut l’admettre, à chacun son style et son talent et l’un comme l’autre n’en sont pas dépourvus ! Rajouté à cela quelques autres succès pour Walt Disney et pour le bébé du compositeur, son album « RXRA », le public ne pourra plus jamais vivre sans ses sons superbes.

 

La musique contemporaine, réflexions

La musique dite contemporaine n’aura tout de même pas attendu les créations d’Éric Serra pour découvrir des sons nouveaux (voir ici l’article du site sur la musique électronique à l’écran). D’un point de vue strictement technique je serais bien incapable de vous expliquer le pourquoi du comment de l’écriture contemporaine avec ses dessins excentriques et ses signes bizarres, tout n’est que machins et trucs complètement illisibles. Je n’ai jamais apprécié pleinement les immenses subtilités de la musique contemporaine dite à spectacle ou spectrale et ce n’est pas aujourd’hui que je soignerai mon hyper allergie aux œuvres sombres et tordues de Landowski et compagnie… De Cage en consorts je ne vois point d’avenir à leurs délires cacophoniques. Je dis oui à la musique contemporaine appelée aussi musique « concrète » mais à doses homéopathiques. Depuis le XVIIIe siècle les luthiers sont parvenus à atteindre la perfection en matière de conception et de réalisation d’instruments de musique et par ce fait ont permis les plus grandes virtuosités dans la technique instrumentale des meilleurs interprètes : les violonistes sont parvenus à tirer de leurs moitiés en bois le meilleur de ce qu’il était humainement possible d’en extraire. Le jeu instrumental et l’écriture se sont adaptées, les compositeurs ont atteint des sommets dans la création mais pas toujours complètement ; par exemple, les compositeurs de musique classique ont commis une énorme erreur de jugement en refusant d’inclure la famille des saxophones dans l’orchestre symphonique. Après la seconde guerre mondiale le monde artistique allait pourtant connaître un véritable bouleversement à l’image du changement des mœurs de la société et de la reconstruction de la nation meurtrie par deux guerres en moins d’un demi-siècle. Mais sur quelles bases musicales exactement ?

 

Par l’apport de l’enregistrement, des bandes-son, de la restitution des fréquences et la production de timbres inconnus, le changement sonore s’annonçait douloureux. En matière de musique classique, nul doute que la recherche et la création étaient passionnantes au tout début mais on ne comprends toujours pas le bien-fondé de l’ouverture sur un monde parallèle et abstrait. Personne ne peut imaginer changer radicalement du jour au lendemain le système d’audition de l’être humain formé et habitué probablement par les gênes et certainement par l’éducation au système tonal de Rameau et de Bach. Tout comme il est illusoire de penser, par extension, que l’on peut imposer de façon systématique un changement total d’orientation dans nos habitudes quotidiennes surtout lorsque ces changements sont aussi inattendus que désagréables. Depuis le milieu du XXe siècle la musique contemporaine cherche sa voie à défaut d’avoir rencontré l’adhésion du public : les œuvres sont peu jouées et restent confinées à leur destination première à savoir, être vaguement écoutées puis commentées par une élite pseudo intellectuelle et musicale d’un niveau de vie plutôt très aisé mais qui s’écoute parler et pense détenir la vérité. Il est certain que la musique contemporaine n’a jamais été l’apanage de la grande masse des auditeurs d’Europe n°1 par exemple mais les nouveaux comportements et les nouvelles habitudes de vie imposées à la population française se retrouve forcément dans la musique qu’elle écoute. À ce propos, hormis la confidentielle musique contemporaine, y a t-il vraiment quelque chose de valable dans l’actualité, une création qui soit destiné au plus grand nombre d’auditeurs et qui tienne musicalement la route ?

 

Qu’elle se présente sous la forme d’une chanson de rue ou d’une première création pour orchestre symphonique, quand la musique collective de référence d’une génération d’auditeurs devient nulle alors on ne peut être qu’inquiet sur l’évolution de l’être humain. Oui, on a musicalement engendré tout et n’importe quoi depuis cinquante ans et nos références dans tous les styles musicaux « marquent le pas » ! Simpliste, insipide, passe-partout, sans âme, la mélodie moderne si chère à notre pays formé d’une multitude d’autres magnifiques pays (régions) a cédé la place au bruit contemporain. Qu’elle soit classique, de variété, de jazz ou traditionnelle, acoustique ou électronique, la mélodie est en train de disparaître comme a disparu le filtre salutaire des radio-crochets de nos parents et grands-parents pour la chanson de variété. Pourtant ils permettaient une sélection naturelle bienheureuse et salvatrice ! Le seul barrage à la médiocrité en 2009 repose sur le critère financier : une musique a de l’avenir si elle se vend vite et massivement et peu importe qu’elle soit dépourvue de mélodie agréable, d’arrangements riches ou de qualités d’interprétation. Elle sera pourtant considérée comme pas « top » par la grande majorité des gens que l’on prend trop souvent « pour des vaches à lait » incultes et dociles. La science a pourtant démontré que la musique classique diffusée dans une laiterie augmente la production de lait des vaches ce qui pourrait devenir un bon débouché pour la musique contemporaine qui ne se vend pas. Malheureusement elle reste insatisfaisante même pour l’ouïe d’un animal car elle appartient à la quatrième dimension. Alors concrètement doit-on s’en faire ? La fadeur musicale institutionnalisée a t-elle encore de beaux jours devant elle ? Heureusement qu’il nous reste la musique de film pour relever le niveau et honorer l’art musical…

* Pour en savoir + sur Eric Serra, cliquez ici, le site officiel

* Pour en savoir + sur un des piliers de la musique contemporaine, cliquez ici (infos L’éducation musicale dans l’Académie de Versailles, les Songs books de John Cage)

* Pour en savoir beaucoup + au sujet de la musique contemporaine, alors cliquez ici (infos Wikipedia, en français)

 

Comédie

WASABI, un film de Gérard Krawczyk (2001) avec Jean Reno, Ryoko Hirosue, Michel Muller… Musique d’Éric Serra. Un film produit par Luc Besson.

Il est impossible d’imaginer en France à quel point Ryoko Hirosue est une star au Japon. Jeune et jolie mais surtout bourré de talent et d’énergie, l’actrice chante et joue la comédie avec une facilité et un naturel extraordinaires, une carrière débutée à l’âge de 14 ans. Après plusieurs apparitions ici et là pour le mannequinat et la publicité, une série télévisée fera exploser sa côte de popularité. Très attentive aux opportunités qui se présentent dans le métier du show-biz, notre égérie répondra un gros « oui » à Luc Besson, le révélateur de talents, qui l’aura repéré suite à la présentation de son film « Jeanne d’arc » au pays du soleil levant. Une expérience pas très profitable pour l’actrice, contrainte d’apprendre par cœur des répliques en français dont elle ne comprenait absolument rien mais l’exploit parfaitement maîtrisé donne un charme fou au film : la miss Ryoko possède un accent très personnel tout à fait délicieux, un vrai régal auditif grâce au timbre de sa voix. Le film « Wasabi » aura tenu toutes ses promesses : un scénario épatant, de l’action avec des cascades bien faites, un contraste fort parfaitement développé entre l’inspecteur de policier Hubert joué par Jean Reno, sa fille excitée et excentrique jouée par Ryoko Hirosue et le troisième homme indispensable et gaffeur à souhait joué par Michel Muller. Un trio infernal ! Cette réussite ne serait pas complète sans la musique d’Éric Serra, décidément bien inspiré par l’histoire. Absolument pas déboussolé par le contexte étranger et les multiples rebondissements du scénario, le compositeur trouvera les sons, rythmes et mélodies adéquats. Exotisme, rires et émotions garanties, du bon cinéma français qui plaît « à l’international », un vrai travail d’équipe ! Cocorico ! Alix trouve ce film Très bon et sa musique Parfaitement réussie. Qu’on se le dise…

Entretient de Ryoko Hirosue à propos du film, cliquez ici (infos membre Lycos)

 

Une expérience de musique con temporaine

Ceci est une histoire vraie. Il était une fois trois jeunes instrumentistes de niveau professionnel déterminés à apporter la culture musicale dans les endroits peu habitués à recevoir des artistes. Pour se faire ils montèrent un trio, une association, un orchestre réunissant « les grands élèves » issus d’un conservatoire, les amateurs éclairés, les semi-professionnels et les professionnels aguerris. Après beaucoup d’efforts et de travail arriva le concert tant préparé dans un charmant petit village de France. Ce n’était pas le premier concert l’ensemble instrumental ni le dernier mais celui-ci allait devenir mémorable. Donc concert « en matinée » c’est-à-dire le dimanche après-midi à 15 heures en l’église du bourg. Super, la vie est belle c’est l’été, tout se présente bien. Deux cents ou deux cent cinquante personnes honorent de leur présence cette prestation qui promet d’être exceptionnelle avec un programme excellent et de haute volée (musique de chambre et programme symphonique, Bach, Vivaldi, Fauré… Le grand jeu). Mais l’évènement restera la production d’une œuvre rare, une pièce contemporaine « Variations sur un thème populaire ». Pendant une dizaine de minutes, les deux saxophones et le violon ont interprété une pièce très actuelle en utilisant toutes les facettes des instruments. Débutant sur le thème cher à nos chers cousins québécois « À la claire fontaine », une partie fugué tonale devient rapidement atonale et déborde sur des effets spéciaux extraordinaires : trémolos, sons produits avec le bois de l’archet, des flop flop réalisés avec les clés des saxos etc. Sombre et agitée, entrecoupée de passages d’une grande sérénité, la pièce surprend dans un premier temps par sa nouveauté mais l’œuvre séduit de plus en plus l’assistance. Les cinquante musiciens de l’orchestre semblent également surpris et très intéressés en témoigne leur attention soutenue. Dérangés dans leurs habitudes auditives mais finalement enchantés, tout le monde y croit. Le trio des jeunes virtuoses est visiblement inspirés et totalement investis par la composition ; concentrés, ils font preuve d’une grande musicalité : les personnes présentes assistent bien à ce qui devient déjà, il faut l’admettre, un é-vè-ne-ment !

 

Arrive la fin de la prestation, tout le monde se lève, les flashs des photographes crépitent. « Standing ovation ». Monsieur Le Maire, pris par une émotion difficile à maîtriser, rejoint le trio infernal. « Bravo, vive l’audace, c’est exceptionnel. Présenter une œuvre aussi puissante en première exclusivité mondiale dans notre village est véritablement un honneur dont nous pouvons être fiers ; merci à vous, à la jeunesse, à votre talent de musiciens etc. » Sans vouloir en faire trop Monsieur le Maire rajoute : « J’espère que nous avons été à la hauteur de l’évènement, bien entendu l’œuvre était difficile à appréhender mais elle tellement forte, il s’y dégage tant de vitalité et d’énergie… etc etc etc. ». Les journalistes ne veulent évidemment pas en rester là. Les questions fusent : « Qui est ce compositeur ? Pourquoi avez-vous le privilège d’être les premiers à interpréter une telle composition ? »… Le trio des jeunes musiciens est mal à l’aise mais on les comprend : ils n’étaient pas préparés à tant d’émotion et de sollicitude. « Le compositeur s’appelle Georges Noumaîme et habite la région. Il ne souhaite pas apparaître en public, c’est un grand timide mais il reste déterminé à donner ses œuvres inconnues à jouer à tous ceux qui lui en feront la demande car il souhaite connaître la manière dont le public va réagir à ses oeuvres. C’est tellement nouveau, vous comprenez, ce n’est pas facile… ».

Vous avez deviné, Georges Noumaîme n’existe que dans l’imagination des trois protagonistes. Dans le bus qui amenait la fine équipe au concert, ils eurent eu l’idée d’écrire en vitesse quelques repères sur une partition : ici on s’arrête, ici on se regarde, ici on joue moins vite et on fait ploum ploum ploum ensemble et surtout on se donne un genre concertiste prout prout… Au bout de dix minutes l’œuvre fut écrite mais le plus dur restait à faire : trouver un titre et un nom de compositeur. Les derniers virages avant le village achèveront le processus fou engagé. Pas si fou que cela !

 

Sûr de leur technique et de leur musicalité, rodés au travail en commun et à la prestation publique, le trio aurait pu tout jouer. Pour autant il ne leur est pas venu à leur esprit de se moquer de quiconque ou de profiter de l’occasion pour se laisser aller à faire n’importe quoi. Le respect du public et des organisateurs étant sacré, le pari était osé mais il fut réussit comme ils le prévoyaient car les premiers bluffés étaient bien la cinquantaine d’instrumentistes présents dans l’église dont certains professionnels, allez, même avec un léger doute, ils y croyaient fortement, à Georges nous-mêmes ! Le résultat de la supercherie dépassa toutes leurs espérances.

Voilà bien une preuve que l’on peut faire passer la pilule de la musique contemporaine avec un semblant de mise au point préalable et une grande force de persuasion. Dans la démarche on se dit du coup qu’il pourrait devenir inutile de dépenser des milliards pour la recherche et l’expérimentation musicales, de proposer des stages onéreux, de verser des salaires mirobolants à de grands déconographes pour pondre à l’arrivée des œuvres concevables à la va-vite dans un bus scolaire vous ne pensez pas ? Alors pour la dernière fois, oui à la musique contemporaine car il en faut absolument mais non à la musique con temporaine comme valeur imposée ou système de référence absolu. Et sutout ne le dites à personne, la composition de Georges Noumaîme, c’était quand même un bon gag !

Pour en savoir + sur l’I.R.C.A.M. au Centre Pom pom pidou, cliquez ici (site officiel)

Bientôt ici (et peut-être) la vidéo du concert avec l’œuvre de Georges Noumaîme. Après avoir règlé le problème des ayants-droits (dans l’baba pour ne pas dire autre chose).

 

Où et quand la musique occidentale émerge t-elle en France (dans l’ordre chronologique) ?

- En bref, du côté de la Grèce ancienne et de la Rome Antique très certainement. Avant le Moyen-âge les chants grégoriens monodiques donc sans harmonie préparaient le terrain à l’entrée de la polyphonie vers le XIIIe siècle sous Charlemagne et Saint-Louis avec les troubadours et autres ménestrels.

- Puis Jeanne d’Arc apparue au XVe siècle ; le clergé commençait à assister aux premières messes d’église jusqu’à la Renaissance et le règne de François Ie (rappelez-vous Marignan en 1515). La chanson polyphonique avec Janequin ou Monteverdi et le choral firent à leur tour une arrivée remarquée, c’était l’essor des arts où chantaient les vers de Ronsard, où résonnaient les pensées philosophiques de Montaigne dans les délires maîtrisés de l’artiste des artistes Léonard de Vinci.

- Le premier conte écrit par Lafontaine avant ses célèbres fables s’appelait Joconde au XVIIe siècle et Le roi soleil Louis XIV fit construire le château de Versailles : nous sommes en plein classicisme. Ce dernier prit le temps de faire arrêter Fouquet, son Ministre des finances et patron de Lafontaine pendant que Molière et Lully se chamaillaient sur des opéras de Monteverdi, Delalande et Rameau. La sonate avec ses 3 mouvements (un rapide, un lent, un rapide) prit la forme d’une suite (+ de 3 mouvements) dans Bach, Telemann, Monteverdi et Haendel.

- L’opéra continua à ravir les sens de la Cour de Louis XV et Louis XVI à l’époque baroque. Rubens aurait pu dépeindre Couperin, Haydn ou Purcell et le baron Grimm se délectait des oratorios de son protégé Mozart. Mais des têtes allaient bientôt tomber…

- Le romantisme mit unterme aux interactions naturelles entre classique et baroque. Sous l’Empire, Hugo, Sand, Verlaine et Renoir virent la naissance du poème symphonique : ce fut l’explosion de la composition symphonique. Beethoven, Weber, Wagner, Rossini, Schubert, Schumann, Schubert, Berlioz, Mendelssohn, Chopin, la Liszt est trop longue. Aimez-vous Brahms ? Borodine et Moussorgsky enviaient peut-être Dvorak ; quant à Franck l’organiste peut-être rêvait-il de Carmen (de Bizet) ?

- Tout mouvement engendrant son contraire, un propos que n’aurait pas démenti Sartre ou Duhamel, la bande à Ravel ou celle de Satie s’épanouissait dans la musique du contre-romantisme : Fauré, Debussy, Stavinsky, Honnegger, Messian et Prokofiev soutenaient les changements de toutes natures y compris le développement du cinématographe et de l’enregistrement numérique.

Pour en savoir + sur ce sujet inépuisable, cliquez ici (infos Wikipedia, voir aussi la page consacrée aux chants grégoriens)

Quant à la musique traditionnelle celtique, son origine serait double : l’héritage des gallois et des celtes continentaux qui vivaient au Ve siècle ; pour en savoir + sur cette passionnante question, cliquez ici (infos Musiques bretonnes)

 

 


John CARPENTER, scénariste, réalisateur et compositeur

L’ombre d’Hitchcock plane dans ce film et l’empreinte du maître du suspense rejoint la patte du maître de l’horreur John Carpenter. De sérieuses études musicales en poche, le réalisateur va s’orienter vers le cinéma car le western et les films de science-fiction dont il raffole vont lui révéler sa véritable vocation artistique. Fortement inspiré par « Planète interdite » avec sa musique électronique innovante (voir ici), il tournera un premier film avant son célèbre « Assault » qui a donné lieu, en revanche, à une reprise complètement ratée en 2007. Le réalisateur se lancera dans une troisième aventure avec un scénario personnel bâtit sur une histoire vraie, celle d’un voyeur qui harcèle les femmes seules repérées dans l’immeuble d’en face grâce à son télescope et depuis son appartement. Tout le monde s’est permis un jour de jeter un coup d’œil sur la manière de fonctionner de ses voisins, avec une bonne paire de jumelles rien de plus facile mais ici, le voyeur devient un terrifiant assassin. Il faudra tout le courage d’une jeune femme pour faire admettre à la police que ce maniaque pervers existe bel et bien. Spécialiste reconnu et apprécié dans l’écriture d’histoires exploitables pour le grand et le petit écran, John Carpenter s’est lancé jeune dans la réalisation de ses propres scénarios. Il tournera en dix jours seulement avec un petit budget ce « Meurtre au 43e étage » au titre américain plus intéressant : « Quelqu’un me surveille ou quelqu’un m’observe ! », un film destiné au départ à la diffusion dans les salles de cinéma mais la légèreté du scénario et la peur de déplaire à orienté les producteurs vers la réalisation d’un téléfilm. Le rôle principal sera confié à Lauren Hulton mannequin de l’époque qui débutait avec talent au cinéma (mais qui en fera peut-être un peu trop par moments dans cette première prestation).

 

La même année commenceront le tournage du premier « Halloween : la nuit des masques » qui rendra célèbre Jamie Lee Curtis (la fille de Tony Curtis « Amicalement vôtre ») et Donald Pleasence. Plusieurs films extraordinaires jalonnent la carrière de John Carpenter dont « Starman », une fable humaine et écologiste en avance sur son temps (voir ici) tout comme le film futuriste « New-York 1997 » avec Kurt Russell, Lee Van Cleef, Donald Pleasence et Isaac Hayes compositeur de la musique du film « Shaft » (voir ici) ; un autre excellent film prémonitoire « Invasion Los Angeles » décrit l’horrible société de sur-consommation dans laquelle vivent les nantis à l’insu des plus innocents d’entre nous. La comédienne Adrienne Barbeau, épouse du réalisateur à cette période de son existence, est présente dans ces films et dans « Meurtre au 43e étage » ; sa participation aux films de son mari étant assurée, elle obtiendra par sa compétences le premier rôle dans « Fog » (c’est elle l’animatrice de la petite station de radio d’Antonio Bay avec la somptueuse voix de la comédienne française qui la double Voir photo ci-dessous). Emprunts d’un esthétisme irréprochable et d’une ambiance fantastique, les films de John Carpenter marqueront définitivement l’histoire du cinéma mondial. En étant inspiré par les meilleurs il devient à son tour l’exemple à suivre. Les dernières réalisations laisseront néanmoins les fidèles insatisfaits : « Le village des damnés » en 1995 (voir ici), « Gosts of mars » en 2001 ou la sortie d’une nouvelle version de « Fog » laisseront septiques ses plus grands fans : le maître aurait-il perdu son savoir-faire ? Attendons la suite pour constater qu’il n’en sera rien, John Carpenter va encore nous étonner !

* « Meurtre au 43e étage », un film de John Carpenter (1975) avec Lauren Hulton, David Birney, Adrienne Barbeau et Charles Cyphers. Musique de Harry Suckman (d’après les souhaits de John Carpenter). Un dvd Warner Bros.

* « Fog », « The thing », « New-York 1997 », « Invasion Los Angeles »… Des films à (re)voir AB-SO-LU-MENT ! À noter la présence de Janet Leigh (voir ici Bye Bye Birdie), une très grande comédienne ici présente aux côtés de sa fille Jamie Lee.

* Pour vous rendre sur le site officiel de John Carpenter, cliquez ici (en anglais)

* Pour voir un extrait de « Fog » avec Adrienne Barbeau, cliquez ici (vidéo sur YouTube).

 

 

Fantastique (1995)

LE VILLAGE DES DAMNÉS, un film de John Carpenter (1995) avec Christopher Reeve, Kristie Alley, Linda Kozlowski, Michel Paré, Meredith Salenger…. Musique de John Carpenter et Dave Davies. Un film Universal.

C’est une reprise du film de Wolf Rilla (voir ci-dessous) et John Carpenter ne fait pas mieux. On y retrouve le docteur Alan Chafee et l’action est transposée aux Etats-Unis ; bien entendu le suspense reste entier mais le film est victime de son époque. D’abord les enfants, qui ne peuvent plus être tous méchants et sans âme comme c’était le cas en 1960, vous pensez bien, ce serait intolérable et inacceptable pour les parents Dolto de 2008 prompts à réagir pour avoir dégradé l’image de marque de la jeunesse… Comment pourrait-on véhiculer le fait qu’un enfant puisse devenir cet être froid dénué de sentiments, calculateur et insensible ? Le 7e art moderne pourrait commettre un délit qui n’existe pas encore mais que l’on ne saurait tarder d’instaurer : l’interdiction de véhiculer dans les films des idées subversives, par exemple celle que le martinet de grand-père dans la vitrine du Musée parental de l’horreur était doté de réelles vertus éducatives… Nous vivons dans une société où l’on ne peut plus rien dire sur personne ni sur les enfants en particulier alors n’ouvrons pas le débat ; ensuite parce que le film contient malheureusement plus de sang et de violence que l’original malgré le réalisateur qui se serait retenu paraît-il, un choix conforme à son tact coutumier. Autre signe des temps qui changent, le chef de file du groupe d’enfants n’est pas un garçon mais une fille, la gente féminine étant curieusement absente du premier film ce qui a justifié la création d’un nouveau personnage, le docteur Verney joué par Kristie Alley ; l’enfant resté gentil est sensible sera sauvé par son action. Quant à Christopher Reeve, il interprétera dans « Chassé croisé (Above suspicion) » avec Joe Mantegna et la divine Kim Catrall (musique de Michael Hoenig) cette même année 1995 le rôle d’un policier exemplaire victime d’une arrestation qui a mal tourné : handicapé physique, paralysé des deux jambes et condamné au fauteuil roulant, sa tendance suicidaire le poussera à organiser son propre assassinat. Un rôle prémonitoire. Quelques mois plus tard, l’acteur regagnera son ranch pour monter sur ce damné cheval qui lui rendra la vie impossible, lui qui était allergique aux chevaux… Quel terrible destin que celui de Superman !

Alix aime moins cette version du « Village des damnés », un film Moyen avec sa musique décevante, John Carpenter nous a habitué à mieux.

 

Fantastique (1960)

LE VILLAGE DES DAMNÉS/Jack the ripper, un film de Wolf Rilla (1960) avec George Sanders, Barbara Shelley, Michael Gwynn. Scénario de Stirling Silliphant d’après le roman de John Wyndham Les coucous de Midwich. Musique de Ron Goodwin. Un film Warner Bros.

Un film anglais en noir et blanc. On s’en rend vite compte par le style si particulier aux films so british avec une description flegmatique et minutieuse de l’ambiance bucolique de la campagne anglaise avec ses notables et ses villageois tranquilles… La photographie est superbe, les plans sont variés et soignés. Midwich est donc un village sans problèmes qui ne s’attend pas à recevoir la visite d’extra-terrestres. Pire, ils sont enfantés par les femmes en âge de l’être au grand désespoir des responsables civils et militaires : que va-t-il se passer ? Dans le contexte de la guerre froide que se livraient les deux grands blocs russes et américains, la nouvelle de John Wyndham est sans ambiguïté : la menace communiste tant redoutée est sous-jacente dans ce scénario. Auteur de nombreux romans de science-fiction, il aura traité les météores, les monstres, les machines, le temps, la vie… Un auteur à succès qui donne envie à Steven Spielberg de monter un scénario lié à son roman « Choky » dont il vient d’acquérir les droits cet été : c’est l’histoire d’un jeune garçon qui se sent de plus en plus investi par un esprit étranger d’origine extra-terrestre jusqu’à en devenir son porte-parole. Quant au réalisateur du film « Le village des damnés », Wolf Rilla, il aura du subir dans sa vie de jeune allemand d’origine juive les affres de la montée du nazisme dans son pays jusqu’au point de devoir se réfugier en Grande-Bretagne avec sa famille avant qu’il ne soit trop tard ; son action pour la B.B.C. sera exemplaire durant la seconde guerre mondiale. Il finira sa courte carrière d’homme de l’art dans le sud de la France en exerçant un tout autre métier. Son père, réalisateur prolifique, continuera, lui, son œuvre en Allemagne après la guerre, certaines de ses réalisations permettront à Robert Hirsch en 1966 de tourner sous sa direction comme Harry Baur, Gabrielle Dorziat, Pierre Renoir et Albert Préjean (le père de Patrick Préjean) l’avaient déjà fait en 1934. Autre talent d’exception réuni dans cette production d’exception, le scénariste américain Stirling Silliphant à qui l’on doit les célèbres films « L’aventure du Poséïdon » et « La tour infernale », les épisodes télévisés de « Rawhide » ou de « Rin Tin Tin ». Alix adore « Le village des damnés » pour son esthétisme et le climat inquiétant qu’il instaure. Un film Excellent, une musique et un doublage français Excellents.

 

Fantastique

CHRISTINE, un film de John carpenter (1983) avec Keith Gordon, John Stockwell, Leigh Cabot, Dennis Guilder, Will Darnell, Harry Dean Stanton… D’après le roman de Stephen King. Musique de John Carpenter. Un dvd Columbia.

Malgré le temps passé (une bonne trentaine d’années) ce film de John Carpenter reste excellent. Bâti sur un scénario original qui donne vie à un tas de ferraille appelé voiture, l’homme se fait dicter sa conduite par la machine. Cette situation déjà exploitée à de nombreuses reprises dans plusieurs films de renom – « La Coccinelle » pour ne citer qu’un exemple – est parfaitement bien gérée dans « Christine » ; les quelques longueurs ou états d’âme désuets n’empêchent pas d’adhérer à l’histoire. Loin d’être cloué à son fauteuil par la peur ou l’angoisse car on en a tout de même vu d’autres depuis, le déroulement de l’intrigue et la scène finale donnent plus que satisfaction : John Carpenter reste le maître du film fantastique. Les principaux jeunes acteurs, Keith Gordon et John Stockwell tous deux nés en 1961, mèneront chacun une carrière multiple dans le métier (acteur, scénariste, réalisateur, producteur) après s’être fait remarquer dans le film devenu fétiche à sa sortie. Alexandra Paul quant à elle se distinguera au cinéma mais surtout à la télévision. Côté musique, John Carpenter reste fidèle à lui-même et l’on ne peut qu’apprécier ses choix en matière de musiques additionnelles fort nombreuses : The Rolling stones, Abba, Little Richard, Ritchie Valens… Pas de doute, on est dans le bain de la nouvelle génération des années 80 nostalgique des années 60, modèle de voiture oblige. Alix trouve ce fil Très bon, juste un peu trop long.

 

 

 

Moi aussi je partage la passion d’Alix pour la musique de film. Comment en serait-il autrement quand on s’appelle Beauté ?

 

Accès page suivante : la musique de film des westerns allemands (par T. Blain) / Georges VAN PARYS, Graeme REVELL, Jean-Claude PETIT, Laurent PETITGIRARD et Carolin PETIT, compositeurs

Mots-clés :

A lire également