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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

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Les musiques de films (XIX)

Alan SILVESTRI, compositeur

Lorsque l’on parcoure la biographie du compositeur on ne peut s’empêcher de penser que certains ont de la chance. Devenir l’un des meilleurs compositeurs de musique de film par le plus grand des hasards, quelle veine ! Il faut dire qu’Alan Silvestri est né en 1950, l’année où deux français, Herzog et Lachenal, gravissent pour la première fois l’Annapurna : un signe d’ascension fort que ne démentira plus l’américain tout au long de sa jeune carrière. Une paire de baguettes de caisse-claire de batterie entre les mains dès l’âge de trois ans, Alan Silvestri mènera son bonhomme de chemin dans l’esprit musical des années 60. Touchant à tous les instruments à vent et à percussion, il étudiera sérieusement la musique dans un collège parmi les plus réputés mais son idée de jouer et de composer pour son groupe rock à la mode l’amènera à tenter sa chance de Boston à Los Angeles en passant par Las Vegas. Sa rencontre avec Quincy Jones ne sera pas déterminante ; c’est un ami à lui qui l’entraînera dans la musique de film. En lui demandant son aide pour composer la musique d’un film de 1972 « The Doberman Gang » qui raconte l’histoire de braqueurs utilisant des chiens pour attaquer les banques (sans relation avec la série de romans de Joël Houssin et de l’adaptation cinéma de Jan Kounen avec « Dobermann » en 1997), en lui donnant la possibilité d’écrire pour un film disais-je, l’ami d’Alan Silvestri le faisait entrer définitivement dans le métier à l’âge de 21 ans seulement.

Suivirent les séries TV à succès « Starsky et Hutch » pour un épisode de l’année 1977, la musique du générique étant signée de Lalo Schifrin voir ici (pour en savoir + sur le générique français), « Chips », « Manimal » et les incontournables comédies aventureuses « À la poursuite du diamant vert », « Le diamant du Nil » sans oublier la remarquable trilogie « Retour vers le futur » grâce à sa rencontre avec le réalisateur Robert Zemeckis. À noter la comédie légère « J’ai épousé une extra-terrestre » en 1988 (photo ci-dessous) et les fameux « Judge Dredd » (un bide au cinéma on se demande bien pourquoi surtout avec une bande orchestrale élaborée !), « Mort ou vif » avec une mag,ifique Sharon Stone voir ici, « Forrest Gump » et son thème principal inoubliable au piano, « Au revoir à jamais » voir ici, « Seul au monde », « Volcano » voir ici, « Contact », « Van Helsing » bref, que des énormes succès… Et plus récemment « Beowulf ». Comment ne pas comprendre aisément le bonheur d’Alan Silvestri de composer pour des films pareils, excellemment joués et réalisés qui deviennent si populaires ! « Predator 1 et 2 » sont l’exemple même d’une écriture musicale réussie. Les percussions chaudes de l’Amérique latine et autres effets sonores mélangés aux violons de l’orchestre symphonique créent une ambiance extraordinaire ; la superbe bande-son du film amènera le compositeur à recevoir l’estime de la profession et l’admiration des spécialistes du genre musical. Alan Silvestri est un grand compositeur qui perdurera encore longtemps on l’espère dans la réussite professionnelle ; pour nos oreilles exercées ce sera… notre chance à nous !

Plusieurs critiques de films dont Alan Silvestri a composé la musique, cliquez ici pour accéder à la rubrique d’Alix

Pour en savoir + sur le compositeur, visitez son site perso. très bien fait (en anglais)

 

 

Western

MORT OU VIF/The quick and the dead, un film de Sam Raimi (1995) avec Sharon Stone, Gene Hackman, Russel Crowe, Leonardo Di Caprio, Lance Henricksen, Kevin Conway et Roberts Blossom. Musique d’Alan Silvestri. Un film Tristar Pictures.

Jubilatoire, ce film est jubilatoire. Il faudrait ne pas aimer le cinéma pour empêcher l’enthousiasme vous gagner. Il y a d’abord la photographie, superbe, les cadrages, formidables, la musique, parfaite mais tous les corps de métiers représentés excellemment dans cette production ne seraient pas grand chose sans la présence éclatante des acteurs, tous parfaits dans leurs rôles respectifs. Sharon Stone nous livre une performance et n’aura jamais autant convaincue qu’avec son personnage hors du commun, la femme cow-boy intrépide et vengeresse. Elle fume, elle dégaine, elle cogne mais saura rester tellement féminine le moment venu… À coups sûr, Sharon Stone est magnifique et resplendissante. Un âge idéal, un regard qui tue, une beauté plastique dans une atmosphère enivrante : son visage expressif illumine l’écran et rarement une actrice aura été mise en valeur aussi bien que dans la poussière, la sueur et le sang d’un western. Un film dont elle avait foi puisqu’elle l’a coproduit. Le pari était pourtant osé après les monuments issus du couple amical et professionnel Sergio Leone/Ennio Morricone ; sans tomber dans le piège de la comparaison facile, Raimi le réalisateur et Silvestri le compositeur de « Mort ou vif » sauront donc rester originaux et créatifs. Un remerciement particulier doit également être adressé à Gene Hackman, l’un des meilleurs acteurs américains de tous les temps qui aura pu jouer tous les rôles, de l’incorruptible de la « French connection » au salaud absolu de « Mort ou vif ». Les voix françaises qui doublent tous ces talents sont d’une richesse incroyable et donne le relief supplémentaire nécessaire à la fusion du son et des images. Un film à revoir de toute urgence (et surveillez vos arrières, on ne sait jamais…). L’appréciation d’Alix : Excellent. La musique : Parfaite.

À noter que Sharon Stone n’est plus que l’ombre d’elle même quand elle dégaine. Dans le récent « Streets of blood » de Charles Winkler (2009), un film au titre aussi indigeste que son contenu (ne pas traduire un titre aussi simple en langue française pour la distribution en France relève d’une forme grave de débilité précoce), Sharon Stone fait peur en prenant de l’âge : rarement une actrice aura connu de parcours professionnel aussi chaotique. Pour avoir beaucoup misé sur son physique fort avenant, il faudrait maintenant penser à lui redonner des rôles forts en conformité avec ses propres aspirations, l’actrice démontrerait qu’elle possède toujours beaucoup de talent. Les réalisateurs américains commenceraient-ils à penser comme les réalisateurs français qu’après cinquante ans on ne vaut plus un clou ? Damned, encore une forme grave de débilité profonde…

 

Film catastrophe

VOLCANO, un film de Mick Jackson (1997) avec Tommy Lee Jones, Anne Heche, Gaby Hoffmann, Don Cheadle, Keith David. Musique de Alan Silvestri. Un film 20th Century Fox.

Encore un film catastrophe me direz-vous. Oui mais pas n’importe lequel. Après le premier du genre « L’aventure du Poséïdon » au début des années 70, de nombreux films se sont enchaînés avec plus ou moins de bonheur. « Le pic de Dante » fut fameux, « Volcano » sera fumeux. L’histoire est tellement invraisemblable qu’elle en devient totalement crédible et c’est ici le secret de sa réussite. Excellents acteurs, réalisation maîtrisée, effets spéciaux non spécieux mais spatiaux, la musique d’Alan Silvestri fait à nouveau des ravages. Bien dosée, elle saura rester calme et pondérée jusqu’aux débordements du volcan qui jailli sous Los Angeles, la ville des anges : l’orchestration symphonique jamais tonitruante fera alors des merveilles en soutenant parfaitement l’action. Dans cette situation désespérée ceux qui pourront prendre leur envol sont ceux qui pourront s’en sortir. Heureusement, toutes les bonnes volontés vont s’unir contre le mal absolu, celui que peut déclencher les entrailles de la Terre, l’éruption volcanique. C’est beau et tragique à la fois. Pendant le visionnage des séquences, lorsque chacun pense à sauver une autre vie que la sienne, on ne peut s’empêcher de penser que la solidarité entre les victimes est la conséquence d’une société soudée et bien organisée et c’est l’un des thèmes favori de la société américaine ; l’un de ses fondements auquel on adhère complètement. Par exemple la centralisation des secours en un commandement unique mené par l’héroïque Tommy Lee Jones permet de regrouper toutes les informations pour mieux répartir les interventions des sauveteurs. Un pour tous, tous pour un (un thème français et universel). La deuxième partie du film met en scène des citadins recouverts de cendre le visage hagard et ces images réalistes de désolation rappellent l’effondrement des tours jumelles du World Trade Center de New-York. La désorganisation des secours que l’on a dénoncé à l’époque était très éloignée de la réussite des acteurs de ce film de fiction. Au moment du drame véritable suivit en direct à la télévision et Alix se souvient encore de ces avions pénétrant dans les immeubles, des images pas si éloignées de la littérature et du cinéma, l’événement dont l’amplitude atroce n’avait jamais eu de précédent aux États-Unis arrêta la respiration du monde ; personne n’était préparé à un tel malheur. La réalité épouvantable de l’an 2001 venait de dépasser la fiction de 1997. Appréciation d’Alix sur le film : Excellent. La musique : Parfaite.

Cliquez ici pour voir la bande annonce du film

 

 

Vous nous entendez ?

En 1961 à Biourakan en Russie s’est tenu le premier congrès international consacré à l’exobiologie, la recherche d’une vie extraterrestre. Depuis, les radio-astronomes dont Franck Drake, à l’origine de la démarche, ne cessent de diriger leur radio-télescope vers l’espace avec beaucoup de doutes sur la fiabilité d’un résultat : quelle doit être la fréquence de réception ? Vers quelles étoiles pointer ? Quelle largeur de bande sélectionner ? Quel type de modulation ? Quelle sensibilité ? Quel système de décodage utiliser ? Si une civilisation extraterrestre est suffisamment évoluée pour nous envoyer des messages clairs, ne sommes nous pas sous-équipés pour les recevoir ? Peut-être nous considèrent-ils déjà comme des débutants qu’ils regardent avec amusement comme nous le faisons avec nos pauvres singes dans un zoo… Peut-être sommes-nous, sans le savoir, des rats de laboratoire, des cobayes livrés à eux-mêmes dans une réserve naturelle qui s’amenuise. Peut-être prennent-ils des paris sur notre devenir ? Cela reste encore la thèse de certains chercheurs qui pensent que les Ovnis sont un bon moyen de nous surveiller. Mais nous sommes comme Christophe Colomb incapable d’imaginer cinq siècles plus tard les voyages intercontinentaux à la vitesse du son… Un film à revoir : « Contact », avec la toujours excellente Jodie Foster sur une musique ad hoc de Silvestri. Et restez à l’écoute des Mélodies Modernes !

CONTACT, un film de Robert Zemeckis (1997) avec Jodie Foster et Matthew Mc Caunaughey d’après le roman de Carl Sagan. Musique d’Alan Silvestri. Un film Warner Bros.

 

 

Action/Fantastique

LE BERCEAU DE LA VIE/Lara Croft Tomb Raider, un film de Jan De Bont (2003) avec Angelina Jolie, Gerard Butler, Noah Taylor, Djimon Hounsou, Til Schweiger et Christopher Barrie. Musique d’ Alan Silvestri. Un film et un DVD Paramount.

Souvent je me suis demandé quelle chose était le plus facile à reconnaître : la profondeur de l’océan ou la profondeur du cœur humain ». Lautréamont, Les chants de Maldoror (1868). Voici le film d’action par excellence. Angelina Jolie est parfaite en héroïne débordante d’énergie et de vivacité. Dans son rôle de sauveuse du monde, Lara Croft en mission très spéciale saura empêcher des hommes diaboliques d’ouvrir la boîte de Pandore. Réparties drôles et humour ne manquent pas dans un rythme soutenu où les scènes d’action s’enchaînent sans nous laisser un moment de répit. Tout juste quelques points d’orgue ici et là, le temps pour Lara d’embrasser son partenaire ou d’admirer les beautés de notre Terre… La musique d’Alan Silvestri est également exemplaire et s’adaptera aux images sans jamais les écraser. Lui au moins ne nous casse pas les oreilles avec des zim boum clac bang dzoïng assourdissants. Adepte de la mélodie, sa musique ne laisse pas indifférent et mêle partition classique et effets sonores proches du bruitage. Les effets spéciaux sont aussi très acceptables et l’on admirera la dextérité des cascadeurs ! Finalement dans cet épisode de Lara Croft, tout est réussit ; le cinéma, n’est ce pas d’abord cela, un divertissement où les bons triomphent des méchants, un passe-temps qui amène aussi à la réflexion et surtout nous dévoile des images incroyables ? En tout cas on sort de cette projection satisfait du très bon moment passé en compagnie d’une créature de rêve… Nul doute qu’Angelina Jolie pourra dorénavant s’éclater à pied et à cheval dans sa nouvelle propriété du sud de la France avec son mari Brad Pitt comme coéquipier. Les nouveaux aventuriers de la marche perdue… Alix trouve le film Très bon et la musique Très bonne.

Pour en savoir + sur Alan Silvestri, cliquez ici

 

James Bond féminin

AU REVOIR À JAMAIS/The long kiss goodnight,un film de Renny Harlin (1996) avec Geena Davis, Samuel L. Jackson, Patrick Malahide, Craig Bierko, Brian Cox, David Morse… Musique d’Alan Silvestri. Un dvd distribué par New Line Productions et Seven 7.

À force de présenter des super-héros genre Superman, James Bond et compagnie, il fallait bien qu’un jour un réalisateur inspiré nous présente une super-woman imbattable. C’est chose faite. Avant ce film il n’existait que de pâles représentantes du rôle interprété ici par Geena Davis (voir article ci-dessus), parfaite, superbe, impériale. L’histoire est passionnante car l’on se retrouve dans « Au revoir à jamais » quelques années avant les attentats du World Trade Center de New-York et déjà, la menace terroriste se faisait très pressante dans le cinéma américain. Pourquoi le scénario de ce film est-il si différent des autres ? Plutôt que de vous révéler la trame, sachez qu’il existe des agents secrets issus de la C.I.A. capablent de dispenser le mal absolu comme de véritable bêtes féroces au point de faire passer les fanatiques religieux pour de doux enfants de cœur. Cette vision moderne où les rôles sont inversés est celle du film ce qui le rend foi d’Alix très crédible : l’actualité démontre à satiété la perversion de l’être humain, le procédé consistant à accuser son chien de la rage pour justifier de le noyer restant vieux comme le monde. Les gens dangereux ne sont pas toujours là où l’on veut bien nous les désigner et le plus ignoble des assassins possède parfois une médaille ou une auréole derrière laquelle cacher ses véritables intentions : tuer sans ressentiment. Heureusement, Samantha Caine, l’adorable mère de famille à la mémoire défaillante saura réagir sans discernement pour nous sauver toutes et tous. Les situations invraisemblables s’enchaînent les unes aux autres ne laissant aucun répit au téléspectateur abasourdi, les scènes d’action et les explosions gigantesques nous faisant peur tant elles sont impressionnantes. Bravo, les cascadeurs ! C’est bien ainsi que s’exprime le cinéma de genre et « Au revoir à jamais » demeure un modèle inégalé. La musique d’Alan Silvestri est remarquable. Alors voici une histoire d’hommes et de femmes pas ordinaires. Alix note Très bien ce film et sa musique car vraiment quel spectacle et surtout quelle actrice tu fais, Geena !

 

Fantastique

VAN HELSING, un film de Stephen Sommers (2004) avec Hugh Jackman, Kate Becjinsale, Richard Roxburgh, David Wenham, Elena Anaya…Musique d’Alan Silvestri. Un film Universal.

Le professionnalisme d’Alan Silvestri n’est plus à démontrer. Depuis l’énorme succès mondial de l’une de ses premières musiques de films « Retour vers le futur » de Robert Zemeckis avec lequel il va beaucoup et très bien collaborer par la suite, ses prestations se reconnaissent toutes par leurs qualités. Pourtant le succès de son travail pour « Van Helsing » laisse Alix perplexe : pas de mélodie(s), pas d’originalité, la banalité s’installe malgré un énorme investissement intellectuel. Produire de la musique à l’octet près est avant tout une démarche technique ; la partie artistique intervient, elle, dans les choix du compositeur selon les souhaits (ou les ordres !) donnés par le réalisateur. La maîtrise de la composition moderne via ordinateur (ce que l’on appelle les MAO, Musique assistée par ordinateur) semble empêcher Alan Silvestri de composer une mélodie accrocheuse. Dans « Retour vers le futur », la chanson « The power of love » était extraordinaire ; on la doit à Huey Lewis et à son groupe The news très à la mode aux États-Unis depuis le début des années 80. La bande sonore de « Van Helsing » repose, elle, en grande partie sur les bruitages et effets sonores plus ou moins agréables permettant de donner du caractère à des personnages issus de l’imagination débordante du réalisateur : « La momie I et II» et « Le roi Scorpion » lui doivent leur existence. Nul doute qu’il va continuer à mettre en scène et pourquoi pas ? Produire des personnages hors du commun. Alix estime que « Van Helsing » est un Bon film et qu’Alan Silvestri propose une Bonne musique de film, sans plus toutefois. Il ne la sentait probablement pas à sang pour sang…

 

 

Bruce BROUGHTON, compositeur

Bruce Broughton est un hyperactif ; à la fois chef d’orchestre, compositeur, arrangeur, enseignant, conférencier, il consacre également du temps à la composition pour les jeux vidéos et autres musiques entendues ici et là (émissions, jeux, spots radio, jingles, téléfilms etc.) sans oublier la musique classique avec de nombreuses œuvres pour les instruments de l’orchestre, ses préférences se portant sur les vents. L’agenda de cet homme n’a donc rien à envier à celui d’un ministre et sa retraite n’est pas pour bientôt malgré ses 64 ans. Bruce Broughton est toujours partant pour un travail passionnant comme celui qu’il a pu effectuer dans « Le secret de la pyramide » en 1985, l’année de l’explosion de son talent car il signera aussi la partition de « Silverado » avant que Kevin Costner enfante « Danse avec les loups » cinq ans de préparation plus tard, une musique pour « Silverado » très mélodique et orchestrée selon les critères du genre : dynamisme et enthousiasme garantis avec les envolées des cordes, les cors glorieux, le rytme bien martelé et les arrangements « à la Elmer Bernstein (voir ici) ». Présent depuis longtemps comme compositeur occasionnel d’épisodes de séries T.V. (Gunsmoke, Hawaï police d’état, Sergent Anderson, Dallas, Pour l’amour du risque, L’âge de cristal…), sa musique n’est pas essentiellement mélodique à l’instar d’autres compatriotes plus inspirés par une écriture horizontale mais les idées de création musicale favorisant les ambiances souhaitées bouillonnent sous un crâne bien structuré : mener à bien une telle diversité de genres dans la composition verticale nécessite une organisation cérébrale de fer. La santé doit suivre aussi, ce que le public souhaite lui voir conserver longtemps. Le mélange des genres existe depuis le début du cinéma où les musiciens interprétaient de la musique classique pendant la projection des films muets et rien n’est plus proche d’une bonne musique de film qu’une composition classique colorée, de Honegger à Delerue, de Copland à Bernstein, il n’y a qu’un pas. À l’écoute des symphonies classiques de Broughton on se demande donc s’il ne s’agit pas de la musique de son prochain film. Comme quoi tout est lié, ce qu’à parfaitement compris le compositeur. On l’envie !

Pour écouter des extraits de ses compositions, cliquez ici (site officiel)

Film« Le secret de la pyramide/Youg Sherlock Holmes » de Barry Levinson (1985) avec Nicolas Rowe, Alan Cox, Sophie Ward, Anthony Higgins, Susan Fleetwood, Nigel Stock, Patrick Newell et Frddie Jones. Scénario de Chris Columbus. Musique de Bruce Broughton. Un film Paramount présenté par Steven Spielberg.

 

Wes CRAVEN, réalisateur

Le réalisateur Wes Craven nous a habitué à des films d’horreur devenus légendaires comme « La dernière maison sur la gauche », « La colline a des yeux » ou bien encore « Les griffes de la nuit » avec l’inoubliable Freddy (joué par Robert Englud). Après le terrifiant et très original « L’amie mortelle » il enchaîna les succès populaires : « Scream » et « Red Eye, sous haute pression » mais aussi, malheureusement, les échecs commerciaux avec « Un vampire à New-York » (Eddy Murphy y est pourtant formidable), « La musique de mon cœur » et « Cursed ». Très préoccupé par l’image, les cadrages, les mouvements de caméra, bref, tout ce qui fait l’intérêt de son métier de réalisateur, Wes Craven est parvenu à marquer de son empreinte le genre cinématographique. Il se détache de ses collègues par sa direction d’acteurs : chacun sait où, quand, comment et pourquoi il doit jouer d’une certaine manière et pas d’une autre afin d’assurer la réussite de ses images. Les scènes se succèdent de manière très liée pour soutenir au mieux l’angoisse et l’intrigue ; dans « Red Eye, sous haute pression » par exemple, les deux tiers du film se déroulent dans un avion d’où un huit clos oppressant suivi de prises filmées en extérieurs : créer plusieurs ambiances opposées et très différentes dans leur gestion technico-artistique dans un seul et même film relève bien de la haute performance, un travail rare salué unanimement par la critique et le public. L’acharnement tranquille de Wes Craven (c’est un homme qui ne s’énerve jamais sur un plateau de tournage) est lié aux messages qu’il souhaite véhiculer, il n’a pas été universitaire en psychologie pour rien ! En faisant reposer les scénarios sur un fond intellectuel souvent hautement philosophique malgré les apparences, ses films ne deviennent pas d’innocentes productions banales ou aseptisées. L’horreur, c’est l’image d’une giclée de sang d’un rouge vif qui émane puissamment d’un corps éventré mais c’est aussi l’angoisse produite par l’attente d’une image qui n’arrivera pas. On frémit de peur à l’idée que Freddy va apparaître et non au seul moment de son apparition. Faire peur dans la subtilité sont des ficelles du métier parfaitement acquises par le réalisateur qui peut suggérer l’horreur sans forcément la montrer, exception faite de sa première œuvre de jeunesse où il s’était autorisé des débordements sanguinolents pour ne pas dire d’épouvantables scènes de boucherie (La dernière maison sur la gauche). Tout un programme !

 

Marco BELTRAMI, compositeur

La musique devient une alliée incontournable dans les films d’horreur en général et dans ceux de Wes Craven en particulier ; elle est très réussie dans « Red Eye, sous haute pression » en agissant efficacement dans le développement de l’ambiance malsaine antre le tueur et sa victime. Pas mélodique du tout, elle repose sur l’utilisation des synthétiseurs et des effets sonores usuellement utilisés par la grande majorité des compositeurs intervenant pour le cinéma. Par chance elle n’est pas excessivement lourde comme quelques collègues savent involontairement le faire. Italien exilé au États-unis pour perfectionner ses études musicales, il se lancera jeune dans la musique de film pour parvenir à la quarantaine rugissante avec un palmarès étonnant : on lui doit des réalisations d’importance dans leur genre fantastique ou horreur : « Scream, Mimic, The faculty, Dracula 2001, Terminator 3 – le soulèvement des machines, Trois enterrements… » et les films français « L’instinct de mort » et« L’ennemi public n°1 ». Sollicité dans son domaine d’intervention privilégié, Marco Beltrami s’y trouve très bien et ne semble pas vouloir en changer. Riche, célèbre et certainement très heureux (quel musicien ne le serait pas à sa place) pourquoi lui viendrait-il à l’idée de modifier une recette qui marche ?

Son complice Wes Craven n’aura pas hésité, lui, à prendre des risques professionnels en embauchant comme premiers rôles dans ses films des acteurs peu ou très peu connus en leur temps : Sharon Stone dans « La ferme de la terreur » en 1980 et Johnny Depp quatre ans plus tard avec « Les griffes de la nuit ». Dans « Red eye, sous haute pression » il a volontairement recruté des acteurs pas encore affublés d’une grosse tête comme celle qui caractérise chaque vedette internationale : le film y a gagné en crédibilité et leur jeu, sous la direction du maître, a débouché sur un résultat de tout premier ordre. Un acteur – comédien irlandais, une actrice canadienne, un compositeur italien… Vivement la prochaine brochette de talents internationaux réunis autour d’un nouveau scénario en béton ce qui sera peut-être le cas prochainement avec la sortie de « My soul to take (titre français encore non défini) » ! Une affaire passionnante à suivre…

 

Action

RETOUR EN ENFER 4.0/Live free or die hard,un film de Len Wiseman (2007) avec Bruce Willis, Justin Long, Timothy Olyphant, Cliff Curtis, Maggie Q… Musique de Marco Beltrami. Un film 20th Century Fox.

En mettant en scène un policier loyal et intrépide, John McClan, l’équipe à l’origine du succès des films de Bruce Willis peut se féliciter : il sont parvenus à faire entrer dans la légende un personnage de fiction. Du début à la fin de la projection, pendant plus de deux heures de temps sans un seul moment de répit, le spectateurs retient son souffle en restant collé à son fauteuil : action, cascades, explosions, courses poursuites, combats au corps à corps… Tout ce que le cinéma peut imaginer en violence, John McClane le met en pratique. Pourtant, dans la lutte très primaire des gentils contre les méchants, la mayonnaise prend. Le mérite en revient au réalisateur Len Wiseman qui ne sera pas tombé dans le piège facile de la caméra tremblante ni du montage fiévreux. Par la conception intelligente des plans et des scènes parfaitement liées entre elles, sans jamais nous donner mal à la tête par un rythme non maîtrisé cachant une misère artistique, le film se déroule avec fluidité pour le plus grand bonheur des cinéphiles. La musique de Marco Beltrami suit le même processus dur mais efficace sans jamais provoquer de fatigue auditive tenace ou insupportable. Savoir utiliser toutes les facettes de la composition et des appareils électroniques sans provoquer de nuisances sonores préjudiciables aux images relève bien de l’exploit. Alix souhaite citer le nom du comédien français Patrick Poivey pour l’excellence de son travail de doubleur sur des paroles parfaites. On en a de la chance, en Francophonie, de pouvoir apprécier pleinement d’aussi bons films aussi bien doublés ! Avec le jeu plein et très présent de Bruce Willis, bravo pour cette touche d’humour, d’ironie et de jeux de mots fameux. Une note de réflexion nous amène même à philosopher sur le pouvoir tout puissant de l’informatique et des médias qui manipulent nos vies de manière quotidienne. Ce retour en Enfer commence par les portes du Paradis. Pour Alix, ce film est Excellent et sa musique Parfaite (il lui manquerait peut-être une jolie petite mélodie moderne mais l’époque du thème leitmotiv est révolue, enfouie sous les décombres du cinéma de papa !).

 

Aventure

LE VOL DU PHOENIX/Flight of the Phoenix, un film de John Moore (2005) avec Dennis Quaid, Tyrese Gibson, Giovanni Ribisi, Miranda Otto, Tony Curran, Sticky Fingaz, Jacob Vargas, Hugh Laurie et Jared Padalecki. Musique de Marco Beltrami. Un film 20th Century Fox.

La musique n’est pas mélodique et les scènes d’action sont soutenues par les arrangements électroniques. Ils reposent tous sur une note tenue au niveau des basses, une technique d’écriture qui n’a rien de bien original. Au niveau des percussions et des cuivres non plus : ils n’en finissent pas de balancer des rythmes saccadés jusqu’à devenir parfois pénibles. Il ne faut pas oublier au tableau les incontournables timbales… Pourtant la musique du film demeure relativement efficace tant les scènes sont réalistes exception faite des chansons du générique qui rappellent un peu trop facilement les tubes fredonnés par les G.I.’s pendant la guerre du Viêt-Nam… Un clin d’œil historique dont la signification échappe à Alix. « Le vol du Phénix » a vu le jour en 1965 avec le film réalisé par Robert Aldrich et c’est James Stewart entouré d’une sacrée belle brochette d’acteurs qui portait le suspense à bout de bras (voir ici). Le vent de la modernité des effets spéciaux étant passé par là, le jeune réalisateur irlandais John Moore nous rajoute une belle tempête de mouvements désordonnés qui maintiennent l’histoire à son haut niveau dramatique. Pourtant la première version demeure plus touchante, les acteurs sont humains et supplantent par une finesse de jeu les excès comportementaux des acteurs de la nouvelle génération : Dennis Quaid et son équipe en « font des tonnes » et renforcent la désagréable impression d’assister par moments à un spectacle du théâtre de Guignol ! En revanche, dans les deux versions, les textes et le doublage français bonifient l’aspect relationnel et psychologique malgré certaines invraisemblances ; on reconnaît les voix merveilleuses des grands comédiens du cinéma international et quel bonheur extraordinaire ! Le spectacle est donc total d’un côté comme de l’autre avec des scènes qui rivalisent d’ingéniosité et permettent de multiples rebondissements : Alix adore les films catastrophes où les protagonistes doivent se surpasser pour survivre. À ce petit jeu-là, James Stewart et ses collègues d’infortune sont les meilleurs. Alix trouve la version de 2005 Bonne mais possède un grain de sable qui contrarie l’ensemble de l’œuvre : sa musique demeure Insatisfaisante en l’absence de thème mémorisable. Mélodie quand tu nous tiens…

 

Reinhardt WAGNER, compositeur

Symphonia

FAUBOURG 36, un film de Christophe Barratier (2008) avec Gérard Jugnot, Nora Arnezeder, Clovis Cornillac, Bernard-Pierre Donnadieu, Kad Merad, Pierre Richard, Mazence Perrin… Musique de Reinhardt Wagner, paroles des chansons (lyrics) de Franck Thomas. Un film distribué par Pathé !

Soyons clairs, il va falloir être précis pour dire beaucoup de choses en peu de mots. Pour commencer, Alix a adoré ce film. Poignant, sensible, léger, fluide, nouveau, régénérant, il apporte un bonheur immense au spectateur amoureux du bon cinéma et honore la profession cinématographique hexagonale. Pas seulement car il s’agit d’une coproduction avec l’Allemagne et la Tchéquie, merci à eux pour avoir participé à ce projet fou. D’ailleurs, le fil conducteur du scénario est universel : il repose sur l’amour, l’amitié, l’aventure sociale d’un peuple qui combat l’injustice sociale. L’aboutissement d’un projet commun, thème cher aux américains, se retrouve pour une fois au devant de la scène française et ça, c’est déjà un exploit. Démontrer que rien ne remplacera jamais la solidarité et la collaboration (entre amis de congés payés et collègues syndicalistes, pas celles des fachos et nazillons d’avant-guerre) valait bien de sacrés sacrifices : passer plus de deux années à élaborer un scénario impeccable, construire un travail intelligent autour du rôle principal tenu par Gérard Jugnot, réunir les meilleurs spécialistes du genre (Tom Stern, le chef opérateur des excellents films de Clint Eastwood qui a saisi les enjeux artistiques et techniques), trouver un compositeur génial et inspiré presque inconnu du grand public mais qui exerce pourtant son art depuis longtemps et de quelle façon, Reinhardt Wagner, trouver un interprète hors classe en la personne d’Éric Bouvelle, probablement l’un des meilleurs musiciens du monde dans sa spécialité l’accordéon chromatique, délivrer des textes magnifiques très originaux, fédérer des acteurs formidables, créer des décors originaux parfaitement imaginés et des costumes adaptés, décrocher une lumière miraculeuse qui illumine une production mémorable, révéler le talent d’une jeune comédienne à la voix divine d’une grande pureté, la belle Nora Arnezeder qui donne des frissons quand elle monte dans l’aigu, non mais franchement, comment Alix pourrait-elle bouder son plaisir ? On en redemande ! Encore ! Encore ! Alix Adore ce film, ses chansons, sa musique et ses interprètes qu’elle trouve Excellents.

* Pour écouter des extraits musicaux, retrouver les photos du film et entendre les interviews des protagonistes, cliquez ici (le site officiel)

* Nora Arnezeder et le concours 2009 de l’Eurovision de la chanson (un fantasme plus réaliste que celui de Patricia Kass), voir ici

 

À l’écoute du temps…

Baigné très tôt dans le jus musical, formé par des pédagogues renommés, Reinhardt Wagner composera d’abord pour le théâtre avant que Jean-Jacques Beineix ne le sollicite pour son fameux « Roselyne et les lions » ; son sens inné de la mélodie y apparaîtra très nettement et préfigurera une destinée spectaculaire dont une composition symphonique remarquée en hommage à Bernard Hermann (voir ici) et une seconde en mémoire de Nino Rota. Dans « Faubourg 36 », le réalisateur Christophe Barratier lui-même musicien, aidé par son modèle d’oncle Jacques Perrin, va articuler avec ingéniosité ses images sur les compositions de Reinhardt Wagner elles-mêmes construites sur les textes de l’excellent parolier Franck Thomas. Des mots et des phrases qui percutent, une synchronisation paroles et musiques comme on ne sait plus le faire par dégénérescence de la profession car cette conception artistique de haut niveau inconnue des nouveaux pseudo-compositeurs engendre une prestation musicale d’une grande perfection. Les mélodies mais aussi les arrangements sont superbes, riches, faisant la part belle aux cordes et sont tous brillamment joués par les cuivres. De cet ensemble parfait se dégage une énorme vitalité et une joie de vivre communicatives. Airs libérés et engagés, très ’36 Front populaire, le charme opère totalement. À noter la confirmation des dons de Kad Merad au timbre de voix se rapprochant de celui d’un autre grand artiste au tempérament charmeur, Guy Marchand sans oublier les prestations très honorables de Clovis Cornillac et François Morel. Ils chantent juste et en mesure, ça veut tout dire. Alors Messieurs-dames les artistes et Mademoiselle Arnezeder tout particulièrement, vous nous avez sorti le grand, le très grand jeu !

Autres films de et avec Gérard Jugnot, voir ici (rubrique La critique d’Alix)


Les bons sentiments ne paient plus…

Honte une nouvelle fois à la presse française incapable d’apprécier une oeuvre complète et originale. Les meilleurs commentaires des rubriques spécialisées débouchent sur de pathétiques commentaires froids du style « La musique est assez réussie » ou « C’est un film plutôt pas mal ». Ces propos sont indignes d’un jugement qui se veut issu, censément, de grands connaisseurs avertis (pas le grand Averty, lui au moins, il savait de quoi il parlait). Pour lire le pire, cliquez ici (infos Cinéfil).Vous y découvrirez la bêtise des critiques enragés probablement jaloux et suffoqués par l’explosion de talents de « Faubourg 36 ». Le plus grave, c’est qu’ils maintiennent les français dans une ambiance pseudo moderne où pour être crédible il faut parler vite et mal, vivre vite et mal, déprimer à longueur de temps et accepter tout et n’importe quoi. Le comportement immature et très orienté de ces critiques bon marché trouve sa source dans une méchanceté pas si gratuite qu’il n’y paraît (ils sont tendance car ils ont des journaux à vendre) ; le drame c’est qu’ils n’ont pas aidé le public à se rendre dans les salles de cinéma à la sortie du film. Lamentable. Les Inrockuptibles, Télérama, L’Express, Libération ou Le Monde pour ne citer qu’eux n’ont pas été à la hauteur de l’événement, à l’image de ces quelques français (plutôt jeunes ou en pleine crise de jeunisme) qui renient leur passé en acceptant n’importe quelle nullité quotidienne ; ils démontrent ainsi leur incapacité à apprécier une bonne musique surtout si elle est mélodique, douce et agréable. Boudés par l’Académie des César, le film aurait mérité l’Oscar du meilleur film étranger. L’équipe du film doit maintenant se rassurer sur l’estime acquise du public et non sur celle des professionnels trop méprisants vis-à-vis du geste élégant du réalisateur – musicien Christophe Barratier en direction de notre culture cinématographique commune bâtie sur la recherche de l’équilibre, de la beauté et de la simplicité. En réunissant autour de lui le gratin des talents artistiques du moment, en centralisant les valeurs sûres nommées amitié, solidarité, affection, tendresse, sympathie, Christophe Barratier a tapé un grand coup. Que cette audace lui soit au moins reconnue ! Livrons en pâture aux lions de l’arène les critiques amers, lourds, impersonnels, frustrés et sans âme. L’attitude destructrice des mauvais critiques est globalement liée à un manque d’éducation en l’absence de spontanéité, d’ouverture d’esprit et d’esprit critique, paradoxalement, sur ce dernier point il reste du boulot à fournir dans les écoles et à la maison ! Alors sachant que la gentillesse ne rapporte plus rien à leurs auteurs, formons notre progéniture à ce qui est beau et bon. Enseignons aux enfants l’amour du travail bien fait et commençons par leur acheter le DVD et le CD de « Faubourg 36 » afin de leur donner une base sérieuse, des références vraies et humaines et un exemple de ce que peut être une production artistique française et francophone de très grande qualité. Soyons clairs et précis… Camarades !

 

La perle rare

Les critiques ont démoli d’immenses films par le passé, les exemples sont trop nombreux, inutile de les citer tant ils sont célèbres. Le problème c’est qu’à force de tirer sur le pianiste, on l’a remplacé par un juke-box, pardon, un mp3. Pour éviter de démoraliser les créateurs, peut-être faudrait-il veiller à embaucher dans les journaux de vrais spécialistes amoureux du septième art et non un(e) quelconque frustré(e) à l’esprit revanchard du style acteur raté ou un comédien sur la touche, un étudiant déçu, un individu dont la vocation a débouché sur un échec professionnel, un éditorialiste sans talent, un journaliste mis au placard pour son incompétence et qui doit bien justifier son salaire d’une manière ou d’une autre, un espace libre à combler pour faire bien à la fin du journal, un espion de la concurrence qui s’empresse de tout démolir etc… Tout est possible, n’est-on pas au théâtre de Guignol ?

FAUBOURG 36, un C.D. Opendisc / Galène Éditions, Universal music France. Musique de Reinhardt Wargner, paroles de Franck Thomas et Reinhardt Wagner. Arrangeur, Hubert Bougis. Accordéon, Éric Bouvelle.

La perle rare Nora Arnezeder, la jeune actrice aux talents multiples, mène sa destinée vers une réussite musicale certaine. Les compositions orchestrales de Reinhardt Wagner empruntes de nostalgie dégagent une douceur amère très agréable et dotent le C.D. d’une énergie communicative. Basés sur l’orchestration classique, le piano donne le tempo, l’accordéon mélodieux s’envole (l’un des meilleurs instrumentistes du monde nous fait tourner la tête), les trompettes crépitent dans le sur-aigu, les saxophones se laissent aller dans les glissandos appuyés, que de bonheur pour nos tympans fatigués par le bruit quotidien ! Un regret peut-être, le manque d’investissement des musiciens du rang dans l’interprétation des parties uniquement orchestrales (sans chant), peut-être est-ce un petit bémol dans un océan de louanges car ces mêmes musiciens redeviennent excellents dans les parties d’accompagnement. Une remarque qui ne s’applique que très peu au final instrumental, époustouflant, bouleversant de lyrisme, il nous rappelle les grandes heures des comédies musicales américaines. Quelle référence ! Partout, des contre-chants impeccables et des textes novateurs parfaitement soudés aux notes de musique, un travail d’orfèvre que seuls pouvaient faire nos meilleurs artistes, Trenet, Gainsbourg, Ferrat et compagnie. Alors merci aux auteurs de cette grande réussite du cinéma musical français et francophone, un exploit remarquable compte tenu du contexte difficile de notre société moderne défavorable à l’originalité, à la nouveauté, à la création et à la bonne musique, aux bons sentiments et aux promesses de jours meilleurs, comme en ’36. Tous les artistes présents chantent juste (un exploit à souligner car beaucoup d’entre eux ne sont pas du tout chanteurs de formation), la maîtrise technique et artistique reposent bien sur un énorme travail collectif de longue haleine, l’orchestre et les solistes sont accordés magnifiquement, même les vents, toujours trop haut d’un bon quart de ton par rapport aux cordes, fusionnent magnifiquement dans cette ambiance heureuse et sensible. Mais jamais non jamais, en buvant son panaché urbain, l’auditeur ne versera de microbes chagrins sur un genre disparu, celui de la convergence des talents. Ils sont tous réunis dans « Faubourg 36 ». Et croyez-le bien, ce n’est qu’un recommencement…

 

Le môme Jojo, il ira loin, précis et fin, il a les doigts pour ce turbin… Chapeau, Barratier !

 

Pas aMUMUsant sans MUMUsique

MUMU, un film de Joël Séria (2010) avec Sylvis Testud, Jean-François Balmer, Bruno Lochet, Dominique Pinon, Balthazar Dejean de la Bâtie, Valentin Ferey, Héléna Noguerra et Prune Lichtle. Musique de Reinhardt Wagner. Un dvd France Télévisions.

Le réalisateur Joël Séria espérait pouvoir faire ce film depuis longtemps. Basé sur ses propres souvenirs, largement autobiographique, le scénario repose sur des impressions personnelles difficiles à transposer à l’écran. Par exemple, exiger une musique de style « jazz manouche » entendue à Saint-Germain-des-Prés alors que l’action se situe en pleine campagne française n’est pas un souvenir partagé par tous, loin de là. Bien entendu, la radio diffusait souvent après 1945 le fameux morceau de Django Reinhardt « Nuages » et la célébrité du musicien français était déjà connue de tous. Un choix reposant sur Les compagnons de la chanson ou Les frères Jacques aurait pourtant fait l’affaire tout aussi judicieusement. « Mumu » ne retient pas l’intérêt du spectateur : les enfants n’ont pas de personnalité et jouent moderne, les adultes cabotinent autant qu’eux à tel point que Sylvie Testud en devient presque ridicule dans un rôle qui ne lui convient pas. Quel cirque pour pas grand chose ! Côté musique de film le compositeur Reinhardt Wagner souligne à son tour l’ennui qui va crescendo : très performant le surprenant « Faubourg 36 », son inspiration se limite dans « Mumu » à une marche harmonique descendante formée de deux mesures (voir ici l’explication technique). Mise à plusieurs sauces rythmiques avec une violoniste à la sonorité grinçante et métallique mais qui sait improviser restons honnête, son groupe perso « Les mains des hommes » complète un cd aux titres très répétitifs. C’est très plaisant et de grande qualité mais une fois entendu la ballade facilement mémorisable et donc inoubliable, on a tout compris… Gageons que le compositeur se rapprochera à sa prochaine commande de musique de film de son flanc Wagner plutôt que Reinhardt, pour le plus grand plaisir des oreilles d’Alix friandes de nouvelles mélodies et d’orchestrations symphoniques riches comme il sait si génialement le faire – sans l’ombre d’un nuage ! -. Alix trouve le niveau de ce film et de sa musique Insatisfaisant mais convenable pour un public jeune et peu exigeant.

 

 


Max STEINER, compositeur

OURAGAN SUR LE CAINE/The Caine mutiny, un film d’Edward Dmytryk (1954) avec Humphrey Bogart, José Ferre, Van Johnson, Fred MacMurray, Robert Francis… Musique de Max Steiner. Un film produit par Stanley Kramer. Distribution Columbia Tristar.

Deux ans avant son affectation sur le Caine, le drame de Pearl Harbor plongeait les États-unis dans la seconde guerre mondiale. Le commandant Queeg s’en souvient comme si c’était hier et il entend bien, à la barre du dragueur de mines le Caine, un vieux bateau usé et fatigué, démontrer qu’il était possible d’éviter ce drame… Prétention ou certitude ? Ce Queeg, il lui faudrait déjà commencer par s’occuper du drame qu’il va lui même engendrer sur son bateau : pourra t-il éviter son propre naufrage ? Mais qu’a t-il donc de spécial, ce militaire arrogant ? Peut-être un trop plein de compétence qui le fait être sous-employé ou est-ce plutôt ses excès de zèle qui deviennent vite indigestes pour l’équipage ? Une chose est certaine, tous apprendront à son contact le sens de l’expression « avoir les boules » ! Grand succès à sa sortie, ce film a inspiré bien des acteurs dont l’acteur anglais Michael Caine qui choisira son nom d’artiste en hommage à l’extraordinaire performance d’Humprey Bogart dans le rôle du commandant Queeg (info Wikipedia). La musique du film est totalement de circonstance, inutile de préciser les capacités du prolifique compositeur Max Steiner à qui l’on doit la musique de films tous aussi exceptionnels les uns que les autres : King Kong version 1932 qui lancera sa carrière, La charge de la brigade légère et plus tard La charge de la 8e brigade avec ses méchants indiens et gentils visages pâles, Autant en emporte le vent (voir photo ci-dessous) avec son thème fameux et fumeux n° 1 au classement des 100 plus belles musiques de films (voir ici), Une étoile est née, Casablanca, Top hat avec Fred Astaire et Ginger Rodgers… Alix adore « Ouragan sur le Caine », une production définitivement rattaché à la note d’Excellence (film et musique). À revoir sans hésiter une seule seconde, d’ailleurs Queeg ne vous le pardonnerait pas !

 

Ainsi en importa le vent…

Né à Vienne en Autriche, le berceau du petit Max était placé sous celui des grandes inventions : en cette année 1888, Dunlop déposait le brevet de son pneumatique, Hertz démontrait les effets magiques des ondes électromagnétiques à l’origine de la radio sans fil, George Eastman lançait son film Kodak, la revue National Geographic sortait son premier numéro et le président français Sadi Carnot inaugurait en grandes pompes l’Institut Pasteur… Pendant que les vrais piqués, eux, se lançaient dans l’auto expérimentation : Jack l’éventreur osa un premier crime et le peintre Van Gogh subit la mutilation d’une oreille. À l’écoute des jeunes talents, Gustav Malher prit sous son aile protectrice le petit Max devenu brillant étudiant. Après plusieurs succès de compositeur inspiré dans l’opérette et la comédie musicale Max débarqua à New York en 1914, une sage décision car un voyage dans la direction opposée, vers l’est, l’aurait conduit dans les tranchées de la Grande guerre. Son travail acharné et constant dans la qualité comme dans la quantité deviendra la caractéristique d’un parcours musical merveilleux. Spécialiste de l’arrangement, doué du sens de l’orchestration, mélodiste à ses heures – leitmotiv, leitmotiv quand tu nous tiens -, il saura retenir l’attention des meilleurs musiciens et compositeurs : Gershwin, Kern, Herbert… La célèbre R.K.O. lui confiera ainsi l’illustration sonore de toutes les grandes réalisations de l’époque dans lesquelles la musique ne s’arrêtait pas du début à la fin du film. Capable d’innover dans la continuité, ses compositions multiples et interminables le feront d’ailleurs être surnommé « l’infatigable ». En s’entourant de collaborateurs fidèles et dévoués à la cause du cinéma et à la valorisation de la musique à l’écran, une cause magnifique défendue « bec et ongles » par Hugo Friedhofer par exemple (voir ici), la vie de Max Steiner restera associée à l’excellence engendrée par les statuts de galériens d’Hollywood : l’araignée géante aura étouffé et détruit bien des vocations mais elle aura également tissé sa toile en permettant l’explosion au grand jour du talent de maxi musiciens comme le grand Max. Ainsi en importa le vent des vallées autrichiennes vers la Californie…

MUSIQUE DE FILM CLASSÉE N°1 au TOP 100 DES PLUS BELLES MUSIQUES DE FILMS, voir ici

 

Autre temps, autre guerre

STALAG 17, un film de Billy Wilder (1952) avec William Holden, Don Taylor, Otto Preminger. D’après la pièce de théâtre de Donald Bevan et Edmund Edwin Trzcinski. Musique de Max Steiner. Un film Paramount.

Le fait que ce film soit réalisé en noir et blanc et en 1952 au moment où les plaies de la seconde guerre mondiale commençaient à peine à se refermer lui confère aujourd’hui une justesse et un intérêt certains. Parvenir à distraire le spectateur et à l’amuser par le déclenchement de situations cocasses est un exploit du réalisateur Billy Wilder (Sept ans de réflexion, Certains l’aiment chaud, Irma la douce…) compte tenu de l’ambiance de défaite militaire ; il fallait oser et réussir le pari cinématographique ! Juif immigré aux États-unis comme beaucoup d’autres compatriotes qui réussiront dans le milieu du cinéma (bon nombre de grands compositeurs de musiques de films américains sont des immigrés juifs ce qui démontre au passage la richesse de leur culture musicale), il aura quitté son pays natal avant qu’il ne soit trop tard à la prise de pouvoir du fou furieux nazi Hitler. Il est donc aisé de comprendre la motivation du réalisateur pour les sujets universels qui lui tiennent à coeur : la liberté, la recherche du traître, la revanche sur un destin cruel, bref, la défense vaille que vaille des valeurs qui nous permettent de vivre. La performance sobre et efficace de William Holden (qui remportera pour l’occasion un Oscar) et de l’ensemble des acteurs ne pouvaient qu’être à la hauteur de l’histoire tragique : prisonniers de guerre dans un camp tristement célèbre, le Stalag 17, la motivation indéfectible des gars pour trouver un moyen de s’évader inspirera d’autres scénarios similaires, on pense immédiatement à La grande évasion avec Steve Mac Queen. Le film Stalag 17 donnera également naissance à une série T.V. célèbre, Papa Schultz diffusée tardivement en France. Aucune raison alors de bouder présentement son plaisir avec un doublage français excellent et une musique bien adaptée du compositeur Leonid Raab, l’orchestrateur d’une multitude de films holywoodiens qui s’essayera à la composition personnelle dans quelques rares films avec une réussite évidente. Mais tout de même, quelle vie incroyable que celle passée à arranger la musique des autres, celle des meilleurs compositeurs, jusqu’à en oublier le côté ingrat du métier ! L’esclavagisme existait aussi à Hollywood dans l’attribution des tâches indispensables entre artistes et musiciens avec une hiérarchie très bien établie ; vous aviez toujours la possibilité de prendre la porte en cas de contestation d’un système autoritaire quasi-militaire ! La dure réalité des orchestrateurs américains de musiques de films changera avec l’avènement du synthétiseur mais ceci est une autre histoire… d’évasion. Alix a Beaucoup aimé ce film et sa musique, ce sera votre cas.

 

 

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