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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

Les musiques de films (XVIII)

Alex NORTH, compositeur

Un jour, Alix s’installa devant la télévision et entendit une musique de générique pas comme les autres : mélodique, très bien arrangée, elle annonçait le feuilleton « Le riche et le pauvre » de l’année 1975, rappelez-vous, l’histoire de deux frères que tout oppose avec Peter Strauss et Nick Nolte. Son choix sur le compositeur était fait : elle décida de suivre sa carrière et ne fut jamais déçue. Déjà présent aux génériques de grands films avant même sa naissance, Alix compris qu’elle s’intéressait à un géant de la musique de film, jugez plutôt : « Un tramway nommé Désir » qui marqua en 1951 un tournant dans le style cinématographique en révélant aussi le talent de Marlon Brando, « Viva Zapata ! » toujours d’Elia Kazan (d’après le roman de John Steinbeck) un an plus tard, le réalisateur ayant définitivement détourné Alex North de ses fonctions confortables mais routinières et confidentielles d’arrangeur, « Le faiseur de pluie » avec un Burt Lancaster plus mystérieux et envoûtant que jamais, « L’aventurier du Rio Grande » avec Robert Mitchum impérial dans un rôle taillé sur mesures en 1960, le dérangeant « Spartacus » de Kubrick, la rencontre Gable / Monroe dans « Les désaxés », le gigantesque et merveilleux « Cléopâtre » en 1963 et le psychologique « Qui a peur de Virginia Wolf ? » tous deux avec Élisabeth Taylor et une flopée d’Oscars, « Les Cheyennes » de John Ford où les indiens ne sont plus les méchants pour une fois… À cette brève énumération on pourrait rajouter une quantité appréciable de téléfilms, de compositions pour le jazz, la musique classique et atonale… La liste est impressionnante. Alex North aura su moderniser la musique de film en y apportant plusieurs influences contre l’avis des professionnels du cinéma. La remise en question des habitudes de travail et d’une conception hostile au changement est toujours une démarche lourde, difficile et mal comprise. Les précurseurs auront toujours rencontré des détracteurs sur leur chemin. Des réalisateurs à côté de la plaque également : Stanley Kubrick refusera son immense travail pour « 2011 L’odysée de l’espace » préférant en fin de compte du classique (Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss). Heureusement, globalement et sur tous les fronts, Alex North sera parvenu à s’imposer. Pour d’autres hélas, l’aventure se sera arrêtée brutalement après un simple échec commercial (Burt Bacharah par exemple, voir ici). Hollywood continuera à se montrer aussi généreuse qu’elle peut rester cruelle.

 

 

Deux monstres sacrés

LES INDESIRABLES/Pocket money, un film de Stuart Rosenberg (1972) avec Paul Newman, Lee Marvin, Stother Martin et Hector Elizondo. D’après le livre de J.P. Brown. Musique d’Alex North. Distribution (France) Elephant Films / Seven Sept.

Ce film est une curiosité : retrouver ensemble deux grosses pointures du cinéma américain est une heureuse surprise. Paul Newman joue le pauvre type de service plongé dans les soucis financiers ; coincé par une traite qu’il ne peut honorer à cause d’une maladie qui frappe son cheptel, le cow-boy va accepter de convoyer depuis le Mexique 250 bêtes destinées au rodéos. Il se fera aider dans son boulot par Lee Marvin mais le problème est simple : son commanditaire est-il sérieux et va t-il payer la note comme convenu ? Loin des clichés hollywoodiens avec les troupeaux défilant devant les paysages de Monument Valley, ce film du cinéma indépendant ne marque pas une vie et n’est pas fameux, la réalisation manquant de tonus. Pourtant il sonne juste. Le talent conjugué de deux acteurs à la gueule et à l’allure imposantes y sont pour beaucoup, le doublage français également malgré une remastérisation du film qui supprime les sons secondaires des voix ; en l’absence de ces harmoniques elles manquent de timbre, de relief et de profondeur. Dommage. Il reste l’ambiance générale faite de nostalgie avec la musique jazzy et humoristique orchestrée dans le style des années 70 (basée sur la mélodie, la chanteuse populaire, les rythmes, la batterie et la guitare basse) mais pas seulement, ce n’est pas la seule raison. Le propos du film est marquant pour demeurer simple et éloquent : rien ne sera plus jamais comme avant. La psychologie des hommes et les situations qu’ils engendrent créent un état d’esprit particulier, une sorte de résignation devant l’évidence des faits que l’on veut toujours tourner à son avantage jusqu’au moment où le destin vous force à aller voir ailleurs. La vie du cow-boy naïf et généreux sur les bords n’est plus simple, l’argent et l’appât du gain dénaturent tout, la nonchalance n’est plus de mise. Du coup vous devenez indésirable. Un film à découvrir pour ses sentiments sans concessions et la description d’un milieu très spécial, celui des convoyeurs de bétail et de ceux qui galèrent pour s’en sortir honnêtement. Une curiosité que l’on doit au réalisateur de « Brubaker ». Un Bon film pour Alix et une Bonne musique parfois un peu trop décalée par rapport aux images notamment dans les scènes de convoyage du bétail (amusante mais sans profondeur, une musique de film pas assez bernsteinienne si vous voyez ce que cela peut vouloir dire…).

 

 

Guerre/Psychologique

GOOD MORNING VIETNAM, un film de Barry Levinson (1987) avec Robin Williams (photo ci-contre), Forest Withaker, Chintara Sukapatana (photo ci-contre), Bruno Kirby, Robert Wuhl, J.T. Walsh. Scénario de Mitch Markowitz d’après l’histoire vraie d’Adrian Cronauer (photo ci-contre en haut à gauche de l’image),. Musique d’Alex North. Un film Touchtone Pictures.

Personne ne croyait en ce film tant les pressions de tous les côtés furent fortes afin de ne pas le réaliser : Tourner un film comique sur la guerre du Vietnam, mon brave monsieur, vous n’y pensez même pas ! Pourtant quelques personnes croyaient encore possible une association – qui s’avèrera exceptionnelle – entre le talent de l’animateur Adrian Cronauer dépêché à Saïgon pour animer la radio des armées en 1965 avec la composition magistrale de Robin Williams et de son doubleur dans la version française (le comédien double aussi la voix de Michael Douglas). On ne peut qu’apprécier la qualité remarquable du doublage hexagonal fidèle à l’esprit du film : montrer la vie d’un militaire aux idées nouvelles, bavard et provocateur, prêt à affronter la censure en bravant les interdits par amour de son métier mais aussi pour séduire une belle jeune femme asiatique. Anciennement ville coloniale française de l’Indochine, le gouvernement américain ouvertement anticommuniste et va-t’en-guerre du président Johnson aura mis moins d’une année pour faire basculer la paisible Saïgon dans l’horreur des attentats. Les troupes au sol et aéroportées fraîchement débarquées passeront beaucoup de temps l’oreille collée à la radio sous cinquante degrés à l’ombre dès 6 heures du mat’. « Goooooooood Morning Vietnam » occupera donc les soldats un bon moment en leur donnant la pêche. Hélas leur moral, on le sait, sera mis à très rude épreuve les années suivantes, le conflit faisant plusieurs millions de victimes. La musique du film d’Alex North, le spécialiste qui intervient dans les films de tous genres, est formidable de sensibilité et de mélodies très richement orchestrées. On entendra également beaucoup de standards de l’époque (avènement du rock’n’roll oblige d’après les convictions fortes de l’animateur) : les Beatles, les Rolling Stones et l’indémodable country music feront vibrer les âmes en transit vers l’Enfer. Alix trouve que ce film n’a pas pris une ride est qu’il est Excellent avec sa musique elle aussi Excellente.

 

 

Westerns

L’HOMME AU FUSIL/Man with a gun, un film de Richard Wilson (1955) avec Robert Mitchum, Ian Sterling, Karen Sharpe, Henry Hull, Emilie Meyer, John Lupton… Musique d’Alex North. Un film MGM, un dvd Sidonis/Films Calysta de la collection Westerns de légende conçue par Alain Carradore et Calysta, présentation (bonus) par Bertrand Tavernier et Patrick Brion.

Robert Mitchum impérial. Comme le dit Patrick Brion dans le bonus du dvd, le simple fait que l’acteur joue dans un film assure la réussite de ce dernier. Physiquement très présent par sa forte carrure, c’est d’abord la nonchalance de l’acteur qui le caractérise le mieux. En dégageant une impression inégalée d’homme contrôlant totalement une situation, le personnage est à la fois rassurant et inquiétant selon le camp dans lequel l’on se situe. La veuve et l’orphelin verront en lui le sauveur inespéré et les bandits rencontreront leur destinée. Robert Mitchum est doublé de manière remarquable ce qui augmente le poids du personnage. Les acteurs qui l’entoure sont excellents eux aussi et vous reconnaîtrez sans doute, au détour d’une scène une Angie Dickinson débutante alors âgée de 24 ans qui deviendra célèbre dans les années 70 pour son rôle du « Sergent Anderson » diffusé à la télévision française. La musique de « L’homme au fusil » est parfaite, Alex North est un mélodiste. Composée dans une orchestration légère (guitare solo, harpe, pizzicati des cordes), le thème leitmotiv suit les déambulations d’un shérif très spécial à l’esprit particulièrement vengeur : les scènes mouvementées possèdent une orchestration symphonique lourde et bien pesante dans un style adapté pour la circonstance mais qui contraste avec la légèreté de la mélodie principale. Avant Ennio Morricone et ses orchestrations fameuses qui reposent sur la mélodie et le choix de l’instrument soliste, Alex North aura imposé le même principe, une belle mélodie sur une orchestration riche. Les musiques de films sont des musiques de grande valeur, ceci dit au cas où vous en douteriez encore… Alix trouve ce western délaissé jusqu’à présent Très Bon (merci à toute l’équipe pour cette édition superbe) et sa musique Excellente.

 

 

Le roi et ses 4 reines Mélodies ModernesLe roi et quatre reines (ou Un roi et quatre reines ou Le roi et les quatre dames)/The king and the four queens, un film de Raoul Walsh (1956) avec Clark Gable, Eleanor Parker, Jo Van Fleet, Jean Willes, Barbara Nichols, Sara Shane, Roy Roberts, Arthur Shields, Jay C. Flippen… Musique d’Alex North. Un dvd de la collection « Western de légende » chez Universal.

Le réalisateur en était à l’un de ces derniers films et cela se sent. Fruit des premiers tours de manivelle au début du XXe siècle, d’abord face à la caméra puis retranché sur les pas de D. W. Griffith, il aura lancé une fois devenu réalisateur la carrière de futures grosses vedettes d’Hollywood (John Wayne, Rock Hudson…) ; il aura dirigé les plus grands acteurs et produit des chefs-d’œuvre jusqu’à épuisement de son inspiration. La disparition de tout un monde, de son monde, celui d’un demi-siècle délirant de cinéma américain, lui fera subir le changement des mentalités avec la « nouvelle vague » française qui poussait dans les années 60 le « cinéma de papa » vers la retraite. Raoul Walsh était alors âgé de 80 ans. « Le roi et quatre reines » bénéficie d’une imagination sans bornes dans le traitement du scénario forcément sensible, une démarche personnelle dont ne sauraient faire preuve certains de ses confrères à l’occasion de films plus polémiques et plus conformes à la réalité dans une société en pleine évolution sur le droit des femmes, sur l’égalité entre les sexes, sur la jeunesse etc. Raoul Walsh laissait son imagination l’emporter sur la réalité, sur la crédibilité d’une histoire par une vision toute personnelle qui prévalait sur tout le reste, sur les scénarios trop réalistes, lui qui dînait enfant à la table familiale dont les invités de son père s’appelaient Buffalo Bill ou Mark Twain. L’imagination et les sentiments forgeaient son idée de la vie en société, celle qui caractérise « Le roi et quatre reines ». La musique suit la même ligne de conduite : Alex North veut faire passer une émotion forte et c’est réussi. L’orchestration, avec des trompettes claironnantes, devient parfois un peu lourde et pénible mais c’est dans l’esprit de l’époque : le western possède ses propres codes musicaux, n’en déplaise au critique de cinéma Alain Lacombe qui pense que le genre (le western) n’a jamais rien engendré de bon sur le plan de l’écriture musicale. Évidemment, il se trompe. Une remarque essentielle dans la musique d’Alex North pour « Le roi et quatre reines » : il a réutilisé le thème principal vingt ans plus tard pour le feuilleton télé « Le riche et la pauvre » voir ci-dessous. La superposition est totale y compris au niveau de l’harmonisation (les accords sont identiques) ; le tempo est similaire et l’orchestration très semblable, c’est extraordinaire ! Aanor, sur ce plan, Ne regrette pas son achat. Mais le film a pris un sacré coup de vieux (avec un doublage français complètement dépassé au niveau des femmes).

Un autre film remarquable et plus spectaculaire de Raoul Walsh : « Les implacables », musique de Victor Young, voir article ci-dessous (en bas de page)

 

 

Tranche de vie

LE RICHE ET LE PAUVRE/Rich man, poor man,un feuilleton de Bill Bixby (1976) avec Peter strauss, Nick Nolte, Susan Bakely, Dorothy McGuire, Kim Darby, Bill Bixby, Kay Lenz, Talia Shire, Dick Sargent, Ray Milland, Edward Asner, Robert Reed, Murray Hamilton, Gloria Grahame, Van Johnson, Dorothy Malone, Norman Fell, William Smith, Fionnula Flanagan, Lawrence Pressman, Mike Evans, Tim MacIntire, Craig Stevens, George Maharis, Steve Allen, Dick Butkus, Josette Banzet, Lynda Day George… D’après le roman d’Irwin Shaw. Musique d’Alex North. Un feuilleton réalisé par Bill Bixby, David Greene et Boris Sagal.

Impossible de passer à côté de cette série à succès des années 70. Le spectateur découvre d’abord un générique fait de portraits d’artiste tous aussi remarquables les uns que les autres avant d’entendre la musique d’Alex North basée sur l’accord parfait Majeur d’où émerge un thème très agréable (composé vingt ans plus tôt pour « Le roi et ses reines », voir ci-dessus), un pur plaisir pour les oreilles averties. Mélodique, très riche harmoniquement avec ses changements de tonalité, l’arrangement résolument romantique est assumé par le compositeur. Les mésaventures de deux frères, Rudy l’ambitieux et Tom le rebelle, vont être décrites de manière passionnante dans un feuilleton riche en rebondissements. Peter Strauss et Nick Nolte y sont parfaits tout comme les voix françaises des comédiens hexagonaux eux aussi investis par les personnages colorés. Susan Bakely, une très belle femme, donne le change dans un rôle ambigu mais très motivant : comment va-t-elle évoluer parmi ses admirateurs et détracteurs ? Dorothy McGuire, prise en sandwich cette année-là entre « La tour infernale » et « Aiport 80 Concorde », impose son talent à tous les protagonistes ; elle tient un rôle déterminant dans le feuilleton. Quant à Kay Lenz, la délicieuse actrice d’« American graffiti » (voir ici) et très performante jeune fille baba-cool du film de Clint Eastwood « Breezy » (musique de Michel Legrand, voir ici) trois ans plus tôt, elle donne la réplique à l’impulsif Nick Nolte lancé dans un projet de croisières pour touristes sur un bateau acheté d’occasion à Marseille ! Non dépourvu d’affrontements et de « prises de bec » tonitruantes, les sentiments humains sont exacerbés dans une production voulue par Bill Bixby en personne. La télévision sait rester magique ! Tourné en partie en France, l’histoire commence aux États-Unis en 1945, terre d’accueil d’un triste boulanger allemand devant affronter les difficultés et la concurrence des premiers supermarchés. Malgré un traitement bien « américain » des situations exposées (beaucoup de stéréotypes, on connaît le défaut des scénaristes US), le destin des personnages imaginés par l’écrivain Irwin Shaw reste captivant d’un épisode à l’autre jusqu’au dénouement tragique… On y retrouve entre autres l’excellente Talia Shire, remarquée dans son rôle de Connie Corléone dans le film de son père Francis Ford Coppola « Le parrain » (musique de Nino Rota, voir ici) puis d’Adrian, l’épouse timide et maladroite de « Rocky » (voir ici) ; en cette même année 1976, l’actrice ne savait pas encore que ce film au petit budget allait faire le tour du monde. Autre vedette, Kim Darby qui a ici grandi depuis sa brillante performance dans « Cent dollars pour un shérif » (musique d’Elmer Bernstein, voir ici), épatante dans un rôle malheureusement trop secondaire et répétitif ; l’actrice n’aura pas eu la chance qu’elle méritait avec l’attribution de rôles peu importants tout au long de sa carrière. À noter également la présence de Dick Sargent – le deuxième mari à l’écran de « Ma sorcière bien aimée »… Et d’autres encore ! Alix trouve ce feuilleton et sa musique Excellents malgré quelques longueurs et des sentiments humains un peu tombés en désuétude.

 

 

La belle époque musicale…

C’était la grande époque de l’après-guerre. En 1944 à la Libération on recommençait à danser, à chanter, à rire partout en France. Pourtant dans les décombres de la ville de Brest par exemple, parmi les gravas et dans la misère, rien n’incitait à être heureux. Le gouvernement provisoire de la République française présidé par le Général De gaulle en sauveur du pays lançait de grandes réformes : le droit de vote des femmes, la sécurité sociale, les allocations familiales… Et favorisait la naissance de l’Union européenne. C’est la raison pour laquelle les chansonniers, les musiciens et les artistes retrouvèrent bien vite leur talent étouffé depuis plusieurs années. Par leur maîtrise de l’art ils souhaitaient redonner le goût de vivre à chacun et c’est bien plus qu’un parfum de liberté qui soufflait dans l’atmosphère, c’était une flamme qui venait de s’allumer dans les cœurs et pour toujours pensait-on, l’espoir d’une vie meilleure, de n’avoir jamais à revivre ces années de privation totale et d’horreur absolue. La T.S.F. crépitait (les appareils de Transmission Sans Fil), les émissions de divertissement fleurissaient, Michel Emer, Guy Lafarge, Gisèle Parry, Henri Lecca, Jacques Mareuil – entre autres artistes –se démenaient. Les orchestres se montaient « à la va-vite » parce qu’il fallait s’exprimer et reprendre l’espace laissé vacant, bref, on se devait d’occuper le terrain et d’œuvrer pour capter l’intérêt de la population. On avait tant de temps à rattraper et de choses à se dire !

 

 

 

 

Compositeur de musiques de films : un métier parfois ingrat

 

Ce n’est pas John Barry (photo ci-contre) qui aurait dit le contraire : composer une musique de film peut parfois vous amener à connaître de terribles désillusions. Un exemple ? La musique d’Alex North pour le célèbre film de Kubrick « 2001 l’odyssée de l’espace ». Le réalisateur tenait absolument à utiliser des musiques existantes, classiques et atonales mais Alex North lui fut néanmoins imposé par les producteurs pour écrire une partition originale. Proche de celle de Richard Strauss qui n’était absolument pas conçue pour un film même en étant, c’est vrai, intense et très imagée. Alex North s’en inspira pour séduire le réalisateur intraitable et trouva les thèmes, les arrangements et le style nécessaires pour assurer la réussite du film. On pouvait lui faire confiance, l’un et l’autre avaient déjà travaillé ensemble avec succès pour « Spartacus ». Tout le monde aurait du être content. Hélas, le réalisateur ne l’entendait pas de cette oreille et le travail extraordinaire d’Alex North tomba aux oubliettes. Cette anecdote est la partie immergée de l’iceberg : le site de la médiathèque de la Communauté française de Belgique vous en dira plus sur la question, un site très bien fait avec d’excellents articles rédigés par des connaisseurs cliquez ici (en français). Et pour consulter la liste sans fin des musiques de films rejetées malgré leurs grandes qualités, voyez ici (Rejected Films Scores, en anglais). Vous y découvrirez le nom des trois compositeurs les plus malchanceux de l’histoire du cinéma, les pauvres musiciens inconnus et mal aimés, ils auront vu leurs créations être méprisées et devenir inutiles. Ils se nomment John Barry, Elmer Bernstein et Jerry Goldsmith. Incroyable, non ?

 

 

 

 

 


Ennio MORRICONE, compositeur


ENNIO MORRICONE, Arena Concerto, La musica per il cinema, Warner Music Italia. DVD.

Ennio Morricone est un monstre sacré du cinéma. Né en 1928 à Rome, il obtient rapidement de nombreux prix de composition et de direction d’orchestre. Née dans le siècle du dodécaphonisme (utilisation des douze demi-tons de la gamme, toutes les notes étant d’égale importance sonore), il se spécialisera très vite dans cette musique dite sérielle, lancée par Schoenberg en 1923. Sa solide formation l’amène à composer pour le cinéma par opportunité professionnelle : il y fut amené par son compatriote Mario Nascimbene (voir ici), grand compositeur de musique de film à qui l’on doit les superproductions historiques et bibliques (Alexandre Le Grand, Les Vikings, Carthage en flammes, Salomon et la Reine de Saba mais aussi La Comtesse aux pieds nus et Barabbas) qui décela les talents d’Ennio et lui confia arrangements et direction d’orchestre.

C’était l’époque où l’Italie rivalisait avec Hollywood. Mais le révélateur de son immense talent fut Sergio Leone ; à eux deux ils deviendront l’exemple parfait d’une collaboration fructueuse entre compositeur et réalisateur (comme John Williams avec Steven Spielberg ou François de Roubaix avec Robert Enrico par exemple). Avec « Pour une poignée de dollars » (dont les cinéphiles ont longtemps attendu la sortie en dvd), Ennio Morricone laisse éclater ses idées musicales hyper réalistes. Sa technique est éprouvée par ses compositions pour la variété (on lui doit la fameuse chanson ‘Here’s to you’ du film « Sacco et Vanzetti », mélodie écrite pour son amour d’alors Joan Baez). Par la longueur des scènes réalisées d’après la musique, par l’emploi d’instruments jamais employés pour le cinéma, par le mixage de voix féminines, les superbes mélodies du compositeur lanceront la mode du western spaghetti ; revoyez « Il était une fois dans l’Ouest, Il était une fois la Révolution, Le bon, la Brute et le Truand, Mon nom est Personne », ils n’ont pas pris une ride ! Leone et Morricone associeront la force de l’image et le lyrisme musical toujours pour le meilleur et jamais pour le pire ! Aussi à l’aise dans la composition pour de petites formations comme pour d’énormes orchestres philharmoniques de cent vingt musiciens, également très inspiré dans tous les styles de films (les policiers avec Belmondo sont excellents grâce aussi à Ennio Morricone), reconnu et apprécié aux États-unis puis dans le monde entier, l’Europe restera néanmoins sa grande et fidèle admiratrice. Pour cet étonnant dvd « Arena Concerto » emprunt d’émotions (certains musiciens jouent avec le Maître depuis ses débuts et ses premiers enregistrements), nous lui devons reconnaissance et remerciements pour l’ensemble de son oeuvre toujours inachevée !

Pour en savoir + sur Ennio Morricone (liens vers les principaux sites)

 

 

La chair et le sang

1900 - Les Mélodies Modernes1900/Novocento, un film de Bernardo Bertolucci (1977) avec Robert De Niro, Gérard Depardieu, Donald Sutherland, Dominique Sanda… Musique d’Ennio Morricone. Un film produit par Alberto Grimaldi. Deux dvds M.G.M. Film interdit aux moins de 16 ans lors de sa sortie en salles.

Cette œuvre majeure du cinéma italien dure cinq heures. La vie de deux amis, le riche et le pauvre, est décrite avec émotion dans cette fresque historique magistrale s’étalant sur 45 années à partir des débuts du XXe siècle : deux enfants italiens de la région d’Émilie, Alfredo et Omo, y vivent heureux malgré leur statut différent. Le ralentissement économique qui préfigure la crise à venir puis la Première guerre mondiale avec la montée du fascisme en Europe va changer leurs habitudes. Séparés à l’adolescence ils se retrouveront avec émotion à l’âge adulte mais que de changements entre-temps ! Au début des années 1900, la révolution sociale faite de grèves et d’émeutes sonne aux portes des propriétaires de domaines à dimension humaine : les valeurs et les rapports de force établis entre employeurs et employés semblaient acceptables pour les uns et insupportables pour les autres, un rapport de force qui ne pouvait qu’exploser en plein jour, malheureusement pour le meilleur et pour le pire. Il faut se rappeler du contexte : les enfants travaillaient dans les mines en Angleterre à partir de treize ans (douze ans jusqu’en 1900 !) pendant que la durée légale du travail en France était ramenée pour les hommes à… 60 heures par semaine, quel chance pour eux ! La pénibilité des tâches et leur fréquence, l’augmentation de la population (de plus en plus de familles nombreuses n’arrivaient plus à survivre) et la pauvreté d’une majeure partie des italiens ne pouvaient que déboucher sur une crise grave, terrible, celle que le monde a connu. Le XXe siècle avait de toute façon très mal commencé en Italie par l’assassinat du roi Umberto Ie tué par l’anarchiste Bresci en représailles d’une action de répression sanglante ordonnée par ce même roi contre des manifestants deux ans plus tôt : « Chi rompe paga (qui casse paie) ! ». Ce qui ne semblait pas trop perturber Giaocomo Puccini parfaitement au point pour présenter la première de son opéra « Tosca » pour une Italie artistique restée musicienne jusque dans les Gènes (facile jeu de mot), ce magnifique pays qui enfantera également un autre génie de la musique Ennio Morricone, compositeur de la musique du film « 1900 » si bien adaptée au contexte. La sortie du film dans les salles fut sujet à polémique, les opinions politiques des uns et des autres influençant le jugement personnel mais aujourd’hui la grande sagesse des critiques repentants y voient enfin le chef-d’œuvre absolu qu’il restera à jamais, une estime méritée et partagée par Alix pour laquelle ce film est Exceptionnel et sa musique Parfaite. Basé sur une orchestration équilibrée entre cordes et vents, le basson et le saxophone alto, le hautbois et la trompette, les chœurs d’hommes et l’orchestre à cordes forment un lien entre les différentes scènes du film dans lesquelles la conversation entre les différents protagonistes est essentielle… En Italie, on parle beaucoup et avec les mains de surcroît alors Ennio, le génial compositeur de musiques de films, ponctue les pas, les marches et les actes de chacun sans jamais les étouffer. Une musique à la fois très présente et très absente. C’est tout l’art du métier développé dans ses grandes largeurs par le Maître italien. À noter que le film a été interdit aux moins de seize ans lors de sa sortie en salle compte tenu de la violence de certaines scènes (les animaux ne sont pas épargnés non plus) et du caractère sexuel de certaines images. Avec les horreurs diffusées sur Internet et mises à la disposition de tout à chacun aujourd’hui, cette disposition semble désuète ce qui n’enlève rien à l’œuvre magnifique du grand Bertolucci.

 

 

Cinéma, amour et nostalgie

CINEMA PARADISO, un film de Giuseppe Tornatore (1989) avec Philippe Noiret, Savadore Cascio, Marco Leonardi, Jacques Perrin, Leopoldo Trieste, Agnese Nano, Brigitte Fossey… Musique d’Ennio et Andrea Morricone. Ce film a reçu plus d’une dizaine de récompenses de premier ordre. Un dvd TF1 Vidéo.

Si vous ne supportez pas la nostalgie, ce film n’est sûrement pas fait pour vous. Tout, du début à la fin, enfoui la tête du spectateur dans un gouffre sans fin : les regrets, les occasions manquées, une époque à jamais révolue, en ce sens, bonjour l’angoisse ! En dégustant ce très bon film dans sa version longue on ne peut s’empêcher de se rappeler les paroles d’un grand défenseur de la chanson française de variété, Pascal Sevran. Il disait qu’enfant, dans les années de l’après-guerre (après 1945), il sentait flotter dans l’air un parfum de jours heureux, d’espoir retrouvé et surtout de bonheur car chacun se disait que le pire était derrière lui ; les gens retrouvaient le goût de vivre, appréciaient les choses simples et recherchaient l’amitié, développaient un esprit collectif et solidaire car les âmes avaient soufferts. D’où le retour des p’tits bals du samedi soir, des séances de cinéma avec le spectacle de magie et le chanteur qui précédait toujours les actualités, le dessin animé, les cornets glacés avant le grand film où tout le monde pleurait à la fin… Et le boum de la natalité, la croissance économique des Trente glorieuses… C’était l’bon temps où les gens n’avaient rien mais aimaient tout !Cinema Paradiso - Les Mélodies Modernes
Dans « Cinema Paradiso » impossible d’échapper à cela. Oui, l’ambiance du petit village italien avec ses habitants au caractère bien trempé, qui se retrouvaient matin et soir sur la place pour discuter ou trouver de l’embauche, pour se rendre à la séance de cinéma ou pour manifester tout simplement leur présence, n’existe plus de manière systématique. le fait devient même rare, sauf dans les lieux encore préservés quelque part à Montmartre, en terre bretonne ou corse voire à Tunis… Urbanisation, démographie, urbanisation, voitures, bruit, bitume, télévision, boîtes de nuit, portables, iphone, individualisme, incivisme… Tout a changé, n’est-ce pas, Toto ? Même Philippe Noiret, dans « Cinema paradiso », a changé son fusil d’épaule : son jeu d’acteur n’est pas le même que dans « Le vieux fusil » car il gesticule et crie beaucoup en faisant un numéro de cabotinage qui le transforme, et pour cause, en personnage incontournable doté d’un caractère fort et trempé évoluant dans une tragédie comique à l’humour grinçant. Quel numéro, quel cinéma, c’est de la Commedia dell arte ! Cinema paradiso - les Mélodies Modernes
Quant au petit Toto, il est magnifique de naturel et de spontanéité. L’acteur Jacques Perrin devenu expert dans la réalisation et la production de chefs-d’œuvre ne dirait pas le contraire, rien n’est plus pareil depuis cinquante ans sauf une chose, indélébile, la musique intemporelle d’Ennio Morricone : elle ne bouge pas d’une note et demeurera pour toujours paradisiaque. Ce film est excellent malgré son fond très nostalgique, parfois un peu trop marqué dans des scènes à peine longuettes (mais la version courte est bien trop courte). La musique du Maître Ennio fait pleurer tant elle est belle et poignante. Merci l’orchestre à cordes pour sa douceur lancinante et très expressive, merci au saxophone alto qui rappelle la musique de rue et le piano, l’accompagnement des films muets. Et vive le cinéma !

Drame

CŒUR DE MÈRE/Mother’s heart/Cuore di mamma, un film de Salvatore Samperi (1969) avec Carla, Mauro et Marina Gravina, Philippe Leroy, Beba Loncar, Yorgo Voyagis, Paolo Graziosi, Paolo Ciarchi… Musique d’Ennio Morricone. Un film produit par Enzo Doria et distribué par Cineriz.

Ce film est prévu pour les cinéphiles attirés par les scénarios complètement déjantés. Les cinémas italien et français des années 60 – 70 ont engendré une grande quantité de films aux scénarios compliqués, insensés voire débiles mais en tous cas Inclassables ! Dans « Cœur de mère », l’histoire a de quoi faire peur : une femme divorcée a décidé de ne plus jamais ouvrir la bouche (sauf pour embrasser ou faire l’amour) ce qui ne l’empêche pas de rencontrer des « babas cools » révolutionnaires et anticonformistes fortement politisés (ils sont aussi spécialistes dans la confection de bombes déposées dans les usines). Parallèlement à ces actions terroristes, un gamin vêtu d’un casque allemand de la Seconde guerre mondiale se lance dans l’expérimentation scientifique en utilisant une énorme fusée qui tuera son chat en explosant quant à son frère de trois ans, il se noie tout simplement dans la baignoire familiale dans laquelle pataugent habituellement son grand frère et sa petite sœur sous les yeux complice de leur mère (les enfants sont très éveillés pour leur âge… Y compris dans le meurtre puisque la fille mourra asphyxiée par le gaz dans un masque à gaz). Bref, tout n’est que délire et les motivations profondes du réalisateur semblent obscures pour Alix ; sexe, sang, guerre et relations intergénérationnelles semblent être pourtant son crédo. À noter que la mère et ses deux enfants (le garçon d’une douzaine d’année et la petite fille) font partie, dans la « vraie vie », d’une seule et même famille. Ceci n’explique pas cela.

 

 

Témoignage

Signe du début de l’émancipation de la musique de film, il suffit de se souvenir du succès incroyable du tube d’Ennio Morricone « À l’aube du 5e jour ». Le film n’a pas rencontré un grand succès mais sa musique, elle, fit le tour du monde. Elle fut utilisée pour illustrer un reportage auto promotionnel des activités d’une grande chaîne pétrolière. J’étais étudiant en musique classique à Rennes et j’adorais déjà la musique instrumentale de genre. Dans la salle du Palais des congrès en 1977 on projetait un film documentaire sur la recherche pétrolière en mer du Nord. À l’époque du choc pétrolier de 1975 et du naufrage de l’Olympic Bravery en Bretagne en 1976 il fallait démontrer aux futurs « actifs » du pays que la masse noire polluante n’était qu’un mal nécessaire ! Mais alors que le forage avançait à l’écran les élèves s’endormaient aussi profondément que les tiges du derrick dans le sous-sol marin. Le temps passait, vingt, trente, quarante minutes, une éternité ! Puis survint un son grave, une note tenue et le départ du thème d’ « À l’aube du 5e jour » doublé à la sixte inférieure. Simple et beau, efficace et original. Ennio Morricone, indirectement, venait de sauver la journée des scolaires et des apprentis musiciens qui somnolaient dans la salle dans l’indifférence générale. Un coup du maître avec une composition géniale pour un thème très simple joué au piano soutenu par un synthé à l’octave supérieure. La salle remontait des abîmes et les étudiants sortaient de la torpeur. L’exploit, c’est que tout le monde a vu les images du film le temps de la musique. A la dernière note, spontanément, tout le monde s’est mis à applaudir : enfin, il venait de se passer quelque chose ! J’aurais aimé qu’Ennio soit présent ce jour-là, il aurait adoré cet élan d’affection. Car on adorait sa musique. La preuve. FXC

Film Il était une fois dans l’ouest de Sergio Leone (1968) chez Paramount Pictures / Film Il était une fois la révolution de Sergio Leone (1972) chez Metro Goldwyn Mayer

 

 

Pour en savoir + sur la recherche pétrolière et le forage, cliquez ici (infos Planète énergies/Total)

Pour connaître la liste des naufrages et la pollution maritime qui découlent de l’exploitation du pétrole, cliquez ici, c’est édifiant (infos Cedre)

Les textes et commentaires de cette page (et de toutes les pages de ce site) sont de F.-X. Cuadrat. Ouvrages et sites de référence pour le site Mélodies Modernes : ‘La musique du film, Alain Lacombe et Claude Rode, éditions Francis Van De Velde (1979)’ / ‘Hollywood comédies musicales, Ted Sennet, Nathan éditeur’ / ‘Wikipedia’. Le spécialiste de la musique de film en France s’appelle Stéphane Le Rouge ; on lui doit l’édition en CD des trésors du genre musical (voir ci-contre), mille fois ‘Merci Stéphane’ (voir un reportage sur le personnage passionné et sur les CD édités grâce à lui, cliquez ici) !

Consultez le dossier très complet sur les musiques modernes et leur caractéristiques cinématographiques, ‘De l’or pour les braves’, titre d’un film et du dossier : cliquez ici (infos association Irma, en français)

 

 

Policier

LE CASSE, un film d’Henri Verneuil (1971) avec Jean-Paul Belmondo, Omar Sharif, Robert Hossein, Dyan Cannon, Nicole Calfan, Renato Salvatori, Myriam Colombi, José Luis De Villalonga. D’après le roman« The burglar » de David Goodis. Musique d’Ennio Morricone. Un film Columbia.

Avec Jean-Paul Belmondo à l’affiche, le spectacle était assuré, d’emblée. Frondeur, non dénué d’humour, ne se prenant pas au sérieux, l’acteur fait des merveilles dans un film passionnant. La chute, on s’en souvient encore avec cette image imprégnée dans la mémoire collective qui donne la chair de poule ; l’inoubliable poursuite de voitures dans la ville d’Athènes également, un modèle du genre grâce à Jean-Paul Belmondo et à Rémy Julienne qui double Omar Sharif (un métier à haut risque pour toute l’équipe de cascadeurs puisque l’un d’entre eux se tuera sur le tournage de « Taxi »). Cette réalisation musclée est une symphonie cinématographique dirigée par un Henri Verneuil toujours impérial aux commandes, trop heureux de collaborer une nouvelle fois avec son un trio infernal qui enfantera quelques uns des plus beaux polars européens : « Le casse » trois ans avant « Peur sur la ville » sont superbes ; ils sont le fruit des talents réunis, Verneuil, Belmondo et Morricone. Omar Sharif et Robert Hossein en partenaires principaux apportent aussi leur éclatante contribution, que dire alors d’ Ennio Morricone en pleine folie créative ? L’italien venait tout juste de découvrir le montage de sa musique pour « Il était une fois la révolution » et l’enregistrement de « Sacco et Venzetti » (avec le tube de Joan Baez) lorsque Verneuil lui demanda d’intervenir sur son film. En pleine séance d’enregistrement aux studios de Boulogne avec un orchestre de chambre au complet (25 musiciens plus les vents) auquel se rajoute, style oblige, la guitare basse et la batterie, le compositeur proposa au réalisateur plusieurs thèmes. Il ne faut pas se tromper : tout bon compositeur de musiques de films se doit de posséder un stock de musiques prêtes à l’emploi (des carrières aussi brillantes que celles-ci ne se gèrent pas sans un minimum d’organisation et d’opportunisme). Pour adapter un thème au film, il ne reste plus alors qu’à trouver le bon arrangement, ce n’est pas la partie la plus facile… Ennio Morricone, le génie, sait faire tout cela, vite et bien, même fusionner plusieurs mélodies en une seule pour les beaux yeux d’Henri Verneuil devenu son ami de toujours, en fait, depuis « La bataille de San Sebastian » en 1967. Ils se retrouveront six fois. Le thème du « Casse » rappelle la technique utilisée pour « À l’aube du cinquième jour » : une mélodie unique déclinée dans plusieurs tonalités qui s’enchaîne pas vus pas pris (par l’utilisation des tons voisins) sur un arrangement simple mais terriblement efficace. La couleur sonore obtenue par un subtil mélange des timbres instrumentaux est essentielle chez Morricone (on retrouve cette démarche avec les musiques de films de François de Roubaix) : dans le thème principal du « Casse », le piano et la guitare folk légèrement désaccordée se superposent pour créer une ambiance exotique, quelle association intelligente ! La simplicité mélodique, on s’en souvient toute sa vie. Vous trouvez l’acte commercial ? Certes, mais la popularité d’une musique de film n’empêche pas ses qualités intrinsèques et c’est la base de la pureté technico-artistique qui vous est proposée ici : création, beauté et réussite se marient parfois idéalement. Merci à la bande à Verneuil. Chapeau Zacharia ! Appréciation d’Alix : un Excellent film et une musique Exceptionnelle.

 

 

Psychopathe

RIPLEY S’AMUSE/Ripley’s game, un film de Liliane Cavani (1995) avec John Malkovitch, Dougray Scott, Ray Winston, Elena Headley, Chiara Caselli. Musique d’Ennio Morricone. Un film et un dvd New Line Cinema.

« Le talentueux monsieur Ripley » est un roman policier à succès de Patricia Highsmith. Comme tous ses ouvrages il repose sur la psychologie des personnages inventés, une étude minutieuse et détaillée du comportement humain dans sa complexité et parfois dans toute son horreur, un travail différent de celui fourni par ses compatriotes Sir Conan Doyle ou Agatha Christie qui reste la référence absolue en matière d’intrigue policière avec des scénarios complexes au coupable désigné. Patricia Highsmith s’y prend autrement : elle dépeint en effet des individus tourmentés empêtrés dans une situation inextricable, l’angoisse et la peur sont décris de façon réaliste et cruelle ; le lecteur prend part au tourment et aux peurs des différents protagonistes. C’est dans cet état d’esprit que Liliane Cavani a tourné « Ripley s’amuse/Ripley’s game », la suite du parcours du talentueux M. Ripley en confiant le rôle à John Malkovitch, le comédien habitué aux interprétations de personnages particulièrement intéressants. Au fait, M. Ripley est juste psychopathe, pas plus que beaucoup d’autres mais il se contrôle du mieux qu’il peut à condition de ne pas le contrarier ; sa susceptibilité est monstrueuse car il pense que tout le monde complote sur lui. Soit vous lui vouez une admiration sans bornes et vous pourrez continuer à vivre soit vous devenez son ennemi mortel : il vous suffirait de prononcer une simple phrase ou un mot totalement anodin pour déclencher contre vous une réaction perverse d’une violence extraordinaire. M. Ripley est un paranoïaque doublé d’un tueur professionnel alors mieux vaut l’éviter ! Les traits de sa personnalité maladive sont parfaitement rendus par le jeu tout en finesse de John Malkovitch, par le travail du réalisateur et par la musique d’Ennio Morricone. Ce film est donc une réussite. Les déambulations de M. Ripley avaient déjà donné lieu au tournage de « Plein soleil » en 1956 avec Alain Delon puis en l’an 2000 avec « Le talentueux monsieur Ripley » avec Matt Damon, un film plus conforme au roman d’origine. L’œuvre de Patricia Highsmith permettra également la réalisation de « L’inconnu du nord-express » d’Hitchcock et d’« Eaux profondes » de Michel Deville d’après ce même volet de « Ripley s’amuse ». Alix a Aimé le film avec sa Bonne musique.

Pour en savoir + sur le livre et la saga du « Talentueux Monsieur Ripley » cliquez ici (infos Delpiano.club)

Pour en savoir + sur la paranoïa cliquez ici (infos Psychoweb)

Attention ! Ne confondez pas le personnage de Patricia Highsmith avec un autre Ripley, celui de la saga des films « Alien »en la personne de Sigourney Weather !

 

 

Aventures

LE SECRET DU SAHARA, un téléfilm d’Alberto Negrin (1988) avec Michael York, Ben Kinsley, James Farentino, Andie MacDowell, David Soul, Mathilda May, Jean-Pierre Cassel, Miguel Bose, Diego Abatantuono. D’après l’opéra d’Emilio Salgari. Musique d’Ennio Morricone. Une production TF1. Distribution en dvd par lcj-editions.

Une nouvelle fois Ennio Morricone a frappé fort. Le thème principal, chanté par une brillante chorale, fait ressortir deux notes conjointes comme la Mélodie Moderne « It’s just for fun » (composée avant la sortie de ce téléfilm), coïncidence amusante. L’enregistrement de la chanson du générique n’est malheureusement pas une réussite : la version française est rajoutée à la version instrumentale d’où la superposition de deux enregistrements bien distincts, c’est techniquement raté. Alix n’avait rien entendu de pire depuis le générique du feuilleton des années 70 « L’île mystérieuse » avec Omar Sharif (musique de Gianni Ferrio) : c’était là aussi une belle mélodie mais qui fut gâchée par un enregistrement médiocre. Dans « Le secret du désert » l’orchestration esr variée : les trompettes crépitent et se renvoient les phrases en écho (un contrepoint à la Morricone), la flûte alto nous sort doucement ses basses (des sons qui restent dans le médium grave, le sol aigu de la clé de fa), le violon chante à la Ivry Gitlis sans être certain que ce soit bien lui, l’orchestre martèle le tempo à coups de timbales et nous révèle une seconde mélodie pour illustrer les images des pillards, les chiens du désert qui galopent sur une musique aussi horrible que leurs desseins, un passage de musique dodécaphonique comme seul Ennio Morricone aura osé en composer dans sa carrière, une musique si terrifiante qu’elle donne des frissons dans le dos, pour un peu elle réveillerait même un mort. Avec un travail de cette qualité-là, le téléfilm ne pouvait pas décevoir car tout est réalisé sur le plan qualitatif : l’histoire est intéressante et ménage le suspense, les acteurs sont bons (Jean-Pierre Cassel est le meilleur, le plus crédible, le plus doué), le dépaysement est garanti, voici un travail artistique soigné. Sans violence excessive, sans nous stresser inutilement en prenant le temps de nous faire apprécier les images surtout les très gros plans impressionnants (avec des inserts sur les yeux comme dans le film super 8 « Les magiciens » voir ici, c’est une nouvelle coïncidence troublante), ce téléfilm n’est pas tape-à-l’œil et demeure parfait pour passer une très bonne soirée avant le passage du marchand de sable. Certains passages « cul cul la praline » ne seront épargnés à Alix qui s’en fera tout de même une raison. Édité par les éditions lcj dans une version simple mais de très bonne qualité, le premier volume regroupe les deux premiers téléfilms d’une heure trente chacun. La suite en dvd n’est pas encore dans les kiosques à ce jour (mai 2010) mais Alix ne manquera pas cette sortie. Pour une production française aux vedettes internationales dont certaines ont effectuées une traversée du désert, Alix donne une Très bonne appréciation à l’ensemble de l’œuvre. Qu’on se le dise, ce n’est plus un secret !

 

Drame

Le Ricain - Les Mélodies ModernesLE RICAIN, un film de Jean-Marie Pallardy (1975) avec Jess Hahn, İlker İnanoğlu, Gordon Mitchell, Jean Luisi, Jean-Marie Pallardy, Jacques Insermini, Oski… Musique d’Ennio Morricone. Un film J.M.P.

Voir Jess Hahn dans un rôle principal en une chose rare. Cantonné dans les seconds rôles (personne n’oubliera son personnage de Nénesse dans Les grandes gueules), Jean-Marie Pallardy, avec Jean-Pierre Mocky, sont les deux seuls réalisateurs inspirés à avoir mis en vedette le géant de l’Illinois qui sait très bien jouer la comédie ! Ce film vaut donc le détour par sa seule présence. Côté musique de film, dès les premières images, on comprend la présence significative d’Ennio Morricone, très au fait du soutien musical des images. La musique nous fait voyager sur des images magnifiques de la Turquie et l’histoire déclinée parfois trop lourdement (mise en scène, dialogues, musique) repose sur les sentiments forts exprimés entre un colosse et un gamin apeuré car séquestré. Dans le genre, l’ensemble des comédiens réussissent parfaitement leur mission, faire peur, l’un possédant la gueule (cinématographique) de Lino Ventura (Jean Luisi), l’autre nous préparant au « Coup du parapluie » (Gordon Mitchell dans le film de Gérard Oury en 1980) sur la voix française d’Alain Dorval, qui doublera bientôt Sylvester Stallone dans « Rocky ». İlker İnanoğlu enfant, présent dans une série télé puis dans la version cinéma « Le kid » dès l’âge de trois ans (en 1969), réalise l’ensemble de sa carrière dans le cinéma et à la télévision turque. Fils d’un acteur et réalisateur connu, il honore à la fois la profession et l’héritage paternel d’où sa performance dans  « Le Ricain ». Pour résumer, ce film aux actions prévisibles reste Très intéressant, n’en déplaise aux critiques malsaines taxant cette production de « nanar » (un film tellement raté qu’il en devient ridicule). Il n’y a que le ridicule qui ne tue pas.

 

 

Thriller

The best offer - Les Mélodies ModernesTHE BEST OFFER/La migliore offerta, un film de Giuseppe Tornatore (2012) avec Geoffrey Rush,Jim Sturgess, Sylvia Hoeks, Donald Sutherland… Musique d’Ennio Morricone. Un film Paco cinematografica/Warner Bros.

Très original par le scénario, ce film peu commun est très accrocheur… jusqu’à un certain point. Le scénario élaboré s’empêtre vers la fin et les situations manquent de crédibilité. Pourtant, on tient jusqu’au bout grâce au jeu des acteurs et à la musique d’Ennio Morricone qui nous ramène avec ses mélodies et son harmonisation  dans l’ambiance d’ « Il était une fois en Amérique » depuis les rues de Gorrizo di Camino al Tagliamento dans la province d’Udine au nord-est de l’Italie. Alix, notre critique de film, a du mal à voir en peinture le principal protagoniste du film, incapable de sourire ou d’amorcer un mouvement qui ne soit pas parfaitement bien cadré ; sous le visage figé de cette grosse huile du marché de l’art se cache un grand amoureux et le réalisateur va nous brosser un portrait plus flatteur, celui d’un homme capable de révéler au grand jour sa personnalité profonde. Les sombres desseins d’une jeune femme tapie dans le clair-obscur nous impressionnera dans un Très bon film à la musique Excellente du Maître. On ne vous fait pas un dessin…

 

Drame

EN MAI, FAIS CE QU’IL TE PLAÎT, un film de Christian Carion (2015) avec August Diehl, Joshio Marlon, Olivier Gourmet, Mathilde Seigner, Alice Isaaz, Matthew Rhys, Laurent Gerra, Jacques Bonnaffé… Musique D’Ennio Morricone. Un film Pathé ! et Nord Ouest films.En mai fais ce qu'il te plaît - Les Mélodies Modernes

Ce Très bon film semble souffrir de nombreux malentendus. Le titre, d’abord, non conforme à la langue française qui précise qu’avec l’emploi du verbe « plaire », on utilise « ce qu’il » avec un infinitif en complément exprimé ou sous-entendu et uniquement dans ce cas-là. Le titre devrait donc être « En mai, fais ce qui te plaît ». Ensuite, ce titre n’est pas judicieux. En passant devant l’affiche du film, l’année dernière, Alix a pensé qu’il s’agissait encore d’un de ces films insipides avec un scénario « à la française » consistant à déballer les d’états d’âmes des uns et des autres pour savoir, in fine, qui couchera avec qui… L’image de l’affiche n’est pas assez parlante non plus. Comme si cela ne suffisait pas, le compositeur de la musique, Ennio Morricone, a bien failli ne pas intervenir, les scènes étant prévues, dès le départ, pour être soutenues par des compositions musicales déjà existantes. Christian Carion n’a pas de connaissances particulières dans ce domaine (c’est lui qui le dit) et c’est bien regrettable ; à ce niveau de la création cinématographique, il aurait compris suffisamment tôt l’intérêt de bâtir son œuvre à partir d’une musique originale du maître italien, une démarche interventionniste qu’il impose à tous les réalisateurs, avec le boEn mai fais ce qu'il te plaît - Les Mélodies Modernesnheur que l’on sait. La musique est pourtant Superbe (ah la la, l’orchestre à cordes !) et la démarche est intelligemment aboutie car elle donne une dimension supplémentaire avec son placement judicieux dans les différentes scènes du film. La leçon à retenir (pour la prochaine fois) consiste à les fusionner sur la musique et non l’inverse. Les producteurs n’ont pas, eux non plus, joué à fond leur partition comme il l’aurait fallu : en ne s’investissant pas dans une promotion devenue laborieuse au moment de la sortie du film, le public n’a pas été correctement informé de l’évènement car il en est un, évidemment. Et que dire d’un nombre trop élevé de critiques professionnels qui, continuellement, « crachent dans la soupe » en démolissant un film remarquable alors que leur petit statut vindicatif et démobilisateur ne tient que grâce au cinéma… quelle ingratitude !

Sur l’essentiel maintenant, on ne peut qu’admirer le travail effectué par le réalisateur. Tout est réussi dans ce film complet (sentiments, action, décors, images spectaculaires…) au scénario passionnant, une aventure humaine effroyable capable de nous faire trembler et pleurer mais aussi sourire, toujours sans excès, dans la maîtrise de l’émotion liée au contexte épouvantable que l’on connaît mal car peu traité au cinéma. Cette gestion du stress, impeccable, provient d’un sujet maîtrisé avec une grande finesse d’eEn mai fais ce qu'il te plaît - Les Mélodies Modernessprit. Le moment est dramatique, l’exode de la population française et des opposants au régime nazi dont certains allemands réfugiés en France, ce qui engendre un déplacement massif de la population (huit millions de personnes !) manipulée par des directives ministérielles complètement obsolètes qui était censée prévenir une hypothétique arrivée des troupes allemandes. Oui, la France allait subir en mai 1940 l’une des pires humiliations de son histoire avec l’occupation des deux tiers du pays en dix jours de conflit seulement… Rien d’étonnant à ce que personne ne soit vraiment préparé à cela, ce que montre le film avec beaucoup de tact, de retenue et de justesse dans le propos, un style qu’ Ennio Morricone a beaucoup apprécié, lassé de composer pour des films d’où gicle en permanence de l’hémoglobine. La meilleure preuve de la réussite d’ « En mai, fais ce qu’il te plaît » avec son heure quarante-cinq qui passe très vite, c’est l’envie de le voir une seconde fois. Quand Alix a fini de visionner un film en sentant qu’elle aura envie, à coup sûr, de le revoir un jour, cela signifie que l’œuvre possède des qualités impossibles à apprécier complètement dès la première séance.

Le nerf de la guerre reste malheureusement les finances et cette production hautement artistique, avec de coûteux effets spéciaux pourtant nécessaires (la scène des Panzer dans le champ et celle En mai fais ce qu'il te plaît - Les Mélodies Modernesdes Stuka sont impressionnantes), concoctés par une équipe très performante, demeure un échec commercial ; avec peu de spectateurs en salle, il manquerait près de quatorze millions d’euros dans les caisses pour équilibrer les comptes. Il ne nous reste plus qu’à acheter, nombreux, en soutien du bon cinéma français, le dvd ou le Blu-ray du film avec son bonus rare, le suivi des séances de travail de Morricone, la légende vivante qui fait l’honneur de son pays, l’Italie, depuis des décennies.

Pendant ce temps-là, le rappeur Sean J. Combs (Puff Daddy pour les intimes) compte ses revenus de 2015 : plus de 735 millions de dollars. Et il n’est pas le seul, loin de là, à amasser des sommes folles sans comprendre vraiment ce qui lui arrive. Cherchez l’erreur.

 

 

 

Daniel WHITE, compositeur

 

Daniel White fut très sollicité à la grande époque de la mélodie française. Pianiste de grand talent, il monta un duo magnifique avec Pierre Spiers et tous deux se lancèrent dans l’accompagnement des meilleurs : Tino Rossi, Lucien Jeunesse (à 20 ans il chantait l’opérette et charmait les jeunes filles en fleur), Jean Navarre, Suzy Delair… Ses collègues s’appelaient Henri Bourtayre, Jacques Helian, les Branquignols, Claude Bolling ou le Quatuor Gérard ! En 1947, âgé de 35 ans, il venait de composer sa première musique pour un court-métrage totalement tombé dans l’oubli. Peu importe, son amour de la musique ne l’arrêtera jamais en enchaînant composition sur composition. Daniel White se produira comme pianiste et accompagnateur attitré dans l’émission « Comment allez-vous ? » présentée par Francis Blanche et Pierre Cour. Le chansonnier Jean Raymond y vanta ses mérites et aida à accroître sa notoriété : un débutant, un certain Marcel Mouloudji, l’ami de Prévert et Queneau, le prit à son service. Son disque microsillon de 1954 fut donc arrangé et interprété par Daniel White et son orchestre puis s’enchaînèrent André Popp, Michel Villard, Michel Legrand et Jacques Loussier. Attiré par le cinéma, notre compositeur endossa la tenue d’acteur dans les productions espagnoles assez spéciales mais non dénuées de qualités, réalisées par un artiste aux multiples noms d’emprunt Jess (Jesus) Franco dès les années 50 (on imagine aisément qu’il n’y a aucune relation à établir entre le pays, l’époque et le nom du réalisateur !). Dans « Miss Muerte » en 1966 par exemple, Daniel White apparaîtra dans un second rôle au côté de Mabel Karr et Estella Blain. Il jouera dans de nombreux films dont il assurera surtout la partie musicale. On retrouve Daniel White dans ses compositions en 1993 et 1997 pour la musique de deux chansons présentées au Grand concours international de la chanson de Bologne.

La musique de Daniel White a contribué à la réussite de la série « Belle et Sébastien » (voir ci-dessous) : une mélodie avec ses paroles tristes à pleurer pour peu que l’on aime les animaux et que l’on soit ému par la fidélité du chien qui attend son maître à longueur de journée, une tonalité mineure sans note sensible pour renforcer le côté intemporel du thème et donner une touche traditionnelle avec l’ouverture sur le ton Majeur ce qui provoque une éclaircie, une ouverture (voir B.a-ba de la composition, cliquez ici). « Belle, je t’attendrai, si tu le veux, nous serons deux ». Chantée dans l’aigu par un petit chanteur à la voix cristalline, l’accompagnement est réalisé en toute simplicité à la guitare classique. Les notes s’égrènent avec sensibilité et justesse, une réalisation remarquable pour un compositeur et pianiste d’une grande finesse de jeu, il y en avait encore en ce temps-là… Suivirent « Sébastien parmi les hommes » en 1967, « Sébastien et la Mary-Morgane » en 1969. Un concept qui ne pouvait que s’arrêter avec l’avancée en âge de son acteur principal Medhi. Au même moment sur d’autres continents on tournait avec d’autres animaux dont certains souffrirent énormément de leur statut de vedette du petit écran : Flipper, Judy et Clarence (Daktari), Maya l’éléphante et Mon ami Ben… Souvenirs, souvenirs !

Pour en savoir + sur la T.S.F., cliquez ici (infos pages perso. Orange, en français) / Pour en savoir + sur Jess Franco le réalisateur, cliquez ici (infos Club des monstres, en français) / Pour en savoir + sur la discographie de Mouloudji, cliquez ici (infos Afas Université d’Aix, en français) / Pour en savoir + sur les émissions de radio après la Libération, cliquez ici (infos site perso. Voila)

 

Pour connaître la liste des films dont la musique est signée Daniel White, cliquez ici (info Wikipedia)

Une nouvelle version et sa suite, avant le troisième volet de la trilogie de réalisée par Nicolas Vanier avec Félix Bossuet (notre nouveau Sébastien de 2013) et Medhi El Glaoui (le Sébastien des années 60) est sortie sur les écrans français puis en vidéo (dvd et BluRay). Les Mélodies Modernes vous en parle ICI.

 

 

 

 

Cette musique de film (musique de feuilleton télé) est exceptionnelle et est classée N°2 au Top 100 des plus belles musiques de films !

 

Il était une fois une comédienne devenue réalisatrice, Cécile Aubry. Inspirée par un scénario mettant en scène un enfant et un cheval, elle tourna une série au succès populaire immense. Rivés devant leur poste de télévision en noir et blanc, les petits et les grands suivaient les aventures de Poly sur la 1e chaîne. Bien sûr, tous les foyers n’étaient pas équipés et c’est en se rendant chez la voisine que l’on pouvait rêver aux exploits du jeune Medhi, fils de la productrice alors âgé de 4 ans. Les 13 épisodes d’une trentaine de minutes précédaient le fameux rendez-vous avec les actualités télévisées qui parlaient – plus qu’elles ne montraient – des aventures du premier homme dans l’espace, Youri Gagarine, de l’assassinat du leader nationaliste Patrice Lumumba par les soldats du colonel Mobutu en Afrique, du décès de Gary Cooper et des actions violentes de l’OAS contre l’indépendance de l’Algérie (De Gaulle venait alors d’échapper de peu à un attentat) ; en cette année 1961 également, le SS Adoph Eichmann fut le premier condamné à mort par pendaison « de crime pour génocide ». De toute façon aucune fin n’aurait jamais été assez douloureuse pour celui qui fut un bourreau de la pire espèce… Mais les petits français étaient déjà couchés à cette heure de grande écoute, le marchand de sable venait de passer (Nounours) ! Puis le jeune héros de « Poly et le mystère du château » troqua son Shetland de poney contre un superbe Montagne des Pyrénées, une chienne d’une beauté immaculée, Belle. Une race a ne pas confondre avec le Berger des Pyrénées, plus petit (merci à un internaute pour la précision apportée à la lecture ce texte !). Jamais ne fut vendu en France autant de mouchoirs qu’en cette année 1965. Tourné dans les mêmes lieux naturels et pittoresques à Saint Martin Vésubie dans les Alpes du sud, « Belle et Sébastien » restera comme l’un des plus gros succès populaire jamais enregistré à la télévision française.

Quel a été le parcours de Medhi Al Glaoui ? Cliquez ici pour avoir de ses nouvelles (infos Que sont-ils devenus ?)

 

 

Victor YOUNG, compositeur

Lorsqu’un compositeur vient à disparaître et que l’on cherche à savoir, quelques décennies plus tard, ce qu’il a bien pu composer, deux cas de figure s’imposent : ou le compositeur était musicien, ou il ne l’était pas. Dans le premier cas, on rencontre deux autres cas de figure : ou le musicien était un mélodiste, ou il ne l’était pas. Dans ce premier cas en revanche, il n’y a qu’un seul cas de figure : on se souviendra toujours de lui. En matière de musique contemporaine, les compositeurs actuels qui pondent dans leurs instituts des tonnes et des tonnes de partitions barbouillées de milliers de signes sans queue ni tête et qui inventent des millions de sons discordants imbriqués les uns dans les autres ne pourront jamais produire une musique éternelle, celle qui se construit sur une simple et petite succession de notes. Dans ce combat des grosses productions musicales dites « de recherche » ou « expérimentales » largement subventionnées par l’Etat et que l’on veut imposer à coups de masse dans les conservatoires français (osez tendre l’oreille plus de trente secondes à l’écoute d’une œuvre du compositeur hongrois Peter Eötvös par exemple, l’un des protégés du Temple de l’Ircam et de son dieu vivant Boulez, ce propos est quelque peu caricatural vous m’en excuserez), dans une lutte inégale disais-je, se trouve David contre Goliath, le pot de terre contre le pot de fer : la sublime Mélodie. Cherchez donc à vous souvenir d’un morceau de musique que vous avez entendu il y a dix ans ou cinquante ans à plus forte raison, s’il n’est pas mélodique, vous n’y arriverez pas. Victor Young l’américain était un mélodiste né comme on en a eu en France avec George Van Parys par exemple. Des musiciens, pour être clair.

Né à Chicago dans l’Illinois son nom restera associé à l’esprit conquérant du cinématographe dans le siècle des Lumière. Après avoir vu le jour pour la première fois en 1899, le bébé Young se formera l’oreille en entendant les vocalises de son père, chanteur ténor à l’Opéra de la capitale des Coureurs des bois. Au décès de sa mère, le père irresponsable abandonnera ses deux enfants et Victor, âgé de dix ans seulement, partira avec sa sœur Hélène pour Varsovie d’où leurs parents étaient originaires. Il deviendra violoniste et sa sœur pianiste. Enfants très doués et travailleurs ils prendront des cours avec un maître lui-même formé par Tchaïkovsky un mélodiste absolu mais voilà, au démarrage de la première guerre mondiale en 1914, Victor sera ramené à Chicago. Un musicien dans l’âme ne manque pas de ressources et le dynamisme de sa jeunesse lui permettront de se frayer un chemin dans le monde du cinéma même si cela ne se fit qu’en entrant par la petite porte. Acteur dans quelques petits rôles et figurations, il écrira deux lyrics (les paroles des chansons) pour des pièces jouées à Broadway. Tour à tour arrangeur, superviseur, chef d’orchestre, musicien du rang, soliste à la demande ou compositeur d’une chanson pour un film, il débutera enfin son immense et prolifique carrière dans la musique de film à la Paramount en 1937 par « Une nation en marche/Wells fargo » de Franck Lloyd avec Joël Mac Crea. Sa musique y fera sensation à l’instar de ses collègues, Max Steiner affilié à la Warner (c’est le compositeur d’ « Autant en emporte le vent ») ou Herbert Stothart à la M.G.M.

Parallèlement il œuvrera sur les ondes radio où l’orchestre Victor Young deviendra incontournable pour les vedettes des années 30 et 40, Bing Crosby par exemple. En prenant de l’âge et en maîtrisant totalement son art il deviendra inoubliable en produisant quelques une des plus belles mélodies en matière de compositions pour le cinéma avec la même année « Johnny Guitare » de N. Ray avec Joan Crowford (un western d’un genre nouveau car féministe) et « Sous le plus grand chapiteau du monde » de Cécil B. De Mille avec Charlton Heston, après avoir déjà produit les partitions de « Rio Grande » de John Ford en 1950 avec John Wayne, « L’homme tranquille » de la même équipe en 1952 (avec une reprise de formidables mélodies traditionnelles irlandaises orchestrées intelligemment, une mise en valeur de thèmes superbes sans jamais les dénaturer) ou bien « Shane, l’homme des vallées perdues » en 1953 qui aura fait pleurer tous les gamins aux dernières images du film lorsqu’Alan Ladd repart sur son cheval vers le soleil couchant… Sa musique dynamique pour le film « Le conquérant » de Dick Powell en 1954 possède un thème très romantique d’une grande profondeur par la richesse de l’orchestration.

Victor Young recevra un Oscar à titre posthume en 1956 – quatre mois après son décès – pour « Le tour du monde en 80 jours » de M. Anderson avec David Niven et Shirley Mac Laine (à noter une très divertissante reprise en 2006 avec Jackie Chan). Ses musiques auront parcourues plus d’une fois le tour du monde et elles resteront gravées dans nos mémoires parce qu’elles font à la fois partie intégrante de films de référence, parce qu’elle sont superbement sentimentales mais aussi et d’abord parce qu’elles sont sacrément… mélodiques !

 

Pour en savoir + sur le compositeur, un seul site d’importance, cliquez ici (infos Victor Young’s Web, en anglais, avec d’autres photos du compositeur)

* Photo 1 : Victor et Helen Young à 5 ans. Photo 2 : la famille Young en 1906. Retrouvez ces photos sur le site Victor Young’s Web

* « Le conquérant », un film de Dick Powell (1955) avec John Wayne, Susan Hayward, Pedro Amendariz… DVD Universal, un film MCA Distribution Hollywood Classics LTD.

* « L’homme tranquille/The quiet man », un film de John Ford (1952) avec John Wayne et Maureen O’Hara. Un film Republic Pictures. DVD Editions Montparnasse.

« Les clameurs se sont tues », autre musique de film de Victor Young, page XXIX, voir ici

 

 

 

 

John FORD, l’homme simple

« L’HOMME TRANQUILLE/The Quiet Man », un film de John Ford (1953) avec John Wayne, Maureen O’Hara, Barry Fitzgerald. Musique de Victor Young. Un C.D. Silva Screen Records. Enregistré en 1995 par The Dublin Sreen Orchestra dirigé par Kenneth Alwyn.

Celles et ceux qui découvrent l’Irlande un jour restent marqué(e)s à vie. Ce pays est tellement vrai, prenant et vivifiant qu’on ne peut s’empêcher de penser à l’évocation faite par John Ford dans plusieurs de ses films très engagés en faveur de la défense des droits d’une minorité nationale, la cause irlandaise en l’occurrence. Loin d’un concept édulcoré ou aseptisé « à la Hollywwod », le film est basé sur les sentiments forts, sur les relations humaines telles qu’on les concevait hier encore au milieu du XXe siècle. Avec naturel et simplicité il nous dévoile l’art et la manière de vivre dans un pays qui lutte toujours – comme beaucoup d’autres, le Tibet en tête de liste – pour tenter de préserver sa culture et ses traditions. John Ford, irlandais par ses origines, n’aura pas démérité toute sa brillante carrière commencée en 1917 dans le cinéma muet pour promouvoir la beauté et la justesse d’un peuple terriblement attachant, les irlandais. Avec « Révolte à Dublin » en 1936, « Vers sa destinée » en 1939, « Quand se lève la lune » en 1957 ou « L’homme tranquille », le réalisateur incontournable du cinéma américain n’oubliera pas pour autant les minorités de son pays, les indiens d’Amérique avec « Les Cheyennes » en 1964, probablement son œuvre la plus aboutie. Défenseurs des grandes causes qui semblent perdues d’avance avec « Qu’elle était verte ma vallée » ou « Les raisins de la colère », John Ford saura s’entourer des meilleurs professionnels dans tous les domaines, les acteurs et les compositeurs pour ne citer qu’eux. Cyril Mockridge par exemple (le compositeur de très grands films) écrira une très belle partition pour le film « L’homme qui tua Liberty Valence » en 1962, un film formidable dans lequel John Ford défend la justice face au criminel, un chef d’oeuvre artistique de modernité (voir ci-dessous). Quant à Victor Young il se sera souvent inspiré des thèmes traditionnels du répertoire irlandais et son choix ne pouvait être qu’excellent : les plus belles mélodies du monde sont résolument irlandaises !

Le thème principal du film « The isle of Innistree » n’a pas été composé par ses soins mais par Richard Farelly en 1949 alors qu’il se rendait en bus à Dublin. Investi par la beauté des paysages et l’âme celte, l’inspiration lui serait venue facilement… Orchestrée avec légèreté et sensibilité, cette mélodie est incroyablement émouvante et provoque la nostalgique d’une époque certes difficile mais où les gens pouvaient prétendre être parfois heureux : les petits moments de bonheur sont faciles à saisir dans la simplicité et le naturel de la vie quotidienne pour peu que l’on soit attentif aux autres, le cœur ouvert à ses compatriotes. Le Dublin Screen Orchestra est parfait dans l’interprétation très fidèle des compositions de Victor Young ; des musiciens baignés dès la naissance dans l’ambiance celte qui n’ont pas à se forcer pour entrer dans l’esprit chaleureux et bon enfant du film : ils sauront se mettre au diapason de sa musique et jouer de manière très inspirée. La force des compositions mélodiques et des arrangements symphoniques de Victor Young passe par le mélange des genres chromatique et diatonique (voir article ici). Plus qu’un exemple à suivre, cet enregistrement est un modèle du genre. Faites-le savoir autour de vous !

 

À propos de John Ford, voici ce qu’ils en pensent.

« Un de ces artistes qui n’utilisent jamais le mot art, il est de ces poètes qui ne parlent jamais de poésie ». François Truffaut.

« Un créateur à l’état brut, sans préjugés, sans recherche, immunisé contre les tentations ». Fellini.

Pour en savoir beaucoup + sur L’homme tranquille et sur John Wayne, un site de référence : John Wayne Top Forum, cliquez ici

L’Irlande est également évoquée dans le site, ici (Les musiques de films page XIII)

 

 

Westerns

L’HOMME QUI TUA LIBERTY VALENCE/The man who shot Liberty Valence, un film de John Ford (1962) avec James Stewart, John Wayne, Vera Miles, Lee Marvin, Edmond O’Brien, Andy Devine, Ken Murray… Musique de Cyril Mockridge. Un film distribué par la Paramount.

Comment pourrait-on ne pas aimer ce film ? À lui seul il possède tout ce dont l’on peut demander à très grande œuvre : des acteurs légendaires, un scénario à rebondissements, de l’action, de la bonne psychologie, une musique parfaite, des images soignées… Le western tient une place importante dans le cœur et la tête d’Alix, peut-être est-ce pour la grandeur des sentiments exprimés ou à l’inverse pour leur simplicité désarmante : les bons d’un côté et les méchants de l’autre ?! Mais dans ce cas extrême, où se situerait alors la psychologie ? C’est ici que s’expose au grand jour l’art du réalisateur John Ford ; il sait monter une histoire passionnante à partir de faits ordinaires. Non seulement il saura les mettre en images mais il rajoutera toujours de l’humour en continuant à apporter à l’ensemble du cadrage une attention toute particulière, celle que peut générer seulement un perfectionniste de son niveau. John Ford c’est la grande classe ! Effectivement, où que vous regardiez dans une scène, chaque détail a son importance et rien, absolument rien n’est laissé au hasard : les arrière-plans sont élaborés à la loupe, les seconds rôles et les figurants sont absolument remarquables (quelle animation dans le bar !) et ce film restera avec deux ou trois autres l’un des plus marquants du genre américain (une spécialité développée et enrichie par les italiens et les allemands). L’absence volontaire de couleur rajoute à la beauté de la lumière avec ses nombreux dégradés situés entre le noir et le blanc. Le doublage français, lui, rajoute à la qualité générale de l’oeuvre : qu’est-ce qu’ils sont bons, mais qu’est ce qu’ils sont bons, nos comédiens-doubleurs français ! Alix Adore ce film et sa musique qui ont su rester modernes et excellents. Une critique avisée qui se retrouvera en première page de votre journal, le Shinbone star, dès demain matin à moins que Liberty Valence en décide autrement…

 

Les implacables Mélodies ModernesLES IMPLACABLES/The tall men, un film de Raoul Walsh (1955) avec Clark Gable, Jane Russel, Robert Ryan, Cameron Mitchell, Juan Garcia, Harry Shannon, Emily Meyer… D’après la nouvelle d’Harry Wilson (Heck) Allen. Musique de Victor Young. Un film de la 20th Century Fox dans la collection « western de légende » des éditions Sydonis/Calypso.

Le film permet d’évoquer des lieux, une histoire et des personnages mythiques : le Montana et ses ranchs, l’Orégon et ses Sioux, les caravanes des colons et les chercheurs d’or, les aventuriers de l’ouest américain… Raoul Walsh s’est engagé sur la même piste qu’un autre géant d’Hollywood, Howard Hughes, eux qui fourmillent d’idées de mise en scène par une volonté farouche de valoriser le patrimoine de leur pays. Il ne faut pas pour autant miser sur les seules images exceptionnelles des « implacables » avec ses plans larges et panoramiques de 4 000 têtes de bétail et mille chevaux convoyés par Clark Gable, des images effectivement admirables (certaines scènes sont aussi tournées en studio) mais davantage sur l’intrigue psychologique quelque peu démodée. Le film est basée sur la relation tendue entre un « machoman » frustré, la femme fatale aguicheuse des années 50 et son prétendant dépité, un rapport de force entre trois personnages à la personnalité tourmentée qui se renforce jusqu’à l’épilogue imprévisible. Les seconds rôles sont tout aussi passionnants : le contremaître mexicain, le frère incontrôlable, les meneurs, les indiens, les bandits, le chef de convoi… Ils prennent tout leur sens au fur et à mesure du voyage.
« Les implacables » n’est pas un film romantique malgré son histoire d’amour qui n’aboutira peut-être pas ; il s’agit plutôt d’un film lyrique, presque un documentaire compte tenu de son réalisme – on en revient aux noms qui suscitent le rêve, vu d’Europe : l’or et la Californie toute proche, Fort Laramie, les grandes étendues du Texas… et les grands déplacements de troupeaux sur plusieurs milliers de kilomètres dans les territoires hostiles (pour les blancs) : les indiens n’acceptaient pas de voir traverser des colonnes interminables de nourriture sur pieds sans y avoir accès d’où les confrontation inévitables entre l’armée et les indiens dans le années 1860. La musique de Victor Young fait également très bonne impression : symphonique, très bien arrangée, la mélodie simple et lancinante revient souvent sans provoquer de lassitude ; on y prend même un très grand plaisir (voir commentaire technique ci-dessous très prochainement). Alors qu’attendez-vous pour embarquer au Texas et regagner le Montana sur des relents de sueur, de poussière et de poudre ?

 

« Douce et belle Irlande… J’adore ce pays et ses habitants ». Maureen, 24 ans.

 

Accès page suivante : Wes CRAVEN, réalisateur / Alan SILVESTRI, Bruce BROUGHTON, Marco BELTRAMI, Reinhardt WAGNER, Ernest GOLD et Max STEINER compositeurs

 

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