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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

Pour en savoir plus sur les compositeurs de musiques de films et leurs créations, parcourez les pages suivantes !

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

Les musiques de films (XXI)

Guido et Maurizio DE ANGELIS, compositeurs

Les frères Guido et Maurizio De Angelis sont des musiciens complets. Le benjamin est né en 1944 et leurs 3 années d’écart n’ont pas altérées leur relation professionnelle. Bien au contraire ils ont joué la carte de la complémentarité. L’un se trouve être de formation plus autodidacte et l’autre plus classique. L’un propose des thèmes originaux et l’autre prévoit les arrangements. Mais ils sont instrumentistes toux deux et ont exercés leurs talents dans un groupe à la mode dans les années 60, les « Black stones » (un nom repris récemment par une chanteuse coréenne) avant de l’appeler le Guido et Maurizio Orchestra. Par la suite, ils accompagneront les chanteurs connus de variété ou joueront les musiques de films de leurs aînés, Morricone ou Ortolani par exemple. Ils apprendront ainsi le métier. Comme toujours dans la profession de compositeur de musique de film, une rencontre forte déterminera définitivement leur orientation musicale. Ce sera chose faite en 1971 avec l’acteur comique Nino Manfredi (la voix italienne de Gérard Philippe) pour son premier film en tant que réalisateur, « Miracle à l’italienne ». Ce sera un succès mondial. La même année nos deux frères se lanceront brillamment dans leur première bande originale pour « On l’appelle Trinita » d’Enzo Barboni avec Terence Hill et Bud Spencer ; là aussi le succès sera au rendez-vous. Dans « Zorro », la chanson du générique nous plonge dans l’état d’esprit du film : ouvert, enjoué, dynamique. Les musiques de soutien aux images correspondent elles aussi à la générosité de la mise en scène, du jeu des acteurs, des cascades et des scènes d’action très réussies, de tout ce qui contribue à la réussite du film. À se délecter en famille ! Puis leur carrière de compositeurs de musiques de films tentera de dépasser les frontières de l’Europe. En 1980 ils composeront la musique d’ « Un drôle de flic » de Sergio Corbucci à nouveau avec Terence Hill et un coéquipier de poids, Ernest Borgnine, avant une série de films qui le verra être remplacé par Bud Spencer. Un petit film à tous les niveaux mais qui plaîra encore aux enfants, c’était peut-être là sa vocation dès le départ. Les musiques de Guido et Maurizio De Angelis se rapprochent ici de la musique de variété pour s’éloigner des compositions spécialement travaillées pour l’image, les changements de scènes n’amenant pas une adaptation de la musique ; c’est un peu comme un fondu au noir à l’écran qui s’ouvre sur une nouvelle période du film mais avec une musique d’illustration qui ne change pas ; au niveau technique d’écriture, c’est bien entendu très limite mais la mode du disco au tempo ininterrompu y est pour quelque chose. Humoristique, anachronique, mélangeant tous les genres, l’auto-dérision ne quittera pas l’environnement professionnel de Guido et Maurizio, leur compositions suivantes étant plus ou moins du même acabit, en tout cas à cheval entre tous les styles. On pouvait se permettre tous les excès expressifs à cette époque, l’Italie, n’est-ce pas le pays latin par excellence ? L’introduction des sons prédominants de la guitare électrique dans un western restera un exemple de leur inventivité réussie, leurs compositions faisant mouche à chaque scène des films, discrètes ou omniprésentes mais jamais excessives. Quand bien même elles le seraient, notre duo de musiciens serait pardonné, è quello l’Italia !

Trinita, Sandokan (série T.V.), Zorro (avec Alain Delon), Tom Sawyer / Les 3 mousquetaires (en dessins animés), Le bon roi Dagobert et la victime de La maison de la terreur… Tous évolueront avec bonheur sur des airs des De Angelis !

Pour en savoir + sur Guido et Maurizio De Angelis, cliquez ici (infos Olivier, site perso en italien, anglais et espagnol) ou ici (toujours Olivier Onions mais le site est plus élaboré).

* « Zorro », un film de Duccio Tessari (1975) avec Alain Delon, Ottavia Piccolo, Enzo Cerusico, Giampiero Albertini, Moustache… Produit par la Metro Goldwin Mayer, distribué par Columbia Tristar

* Le « Zorro » de Walt Disney, musique de William Lava : cliquez ici

* Une comédie musicale avec comédiens, danseurs, chanteurs et musiciens (Les Gipsy King) se déroule jusqu’en juin 2010 aux Folies Bergères à Paris. Un spectacle magnifique (cliquez ici) !

 

 

Jack AREL, compositeur

« Le relationnel » fait tout dans le métier de compositeur de musiques de films. Si vous composez de la musique et vous souhaitez un jour obtenir une commande, mieux vaut connaître Truc qui connaît Bidule qui connaît Machin et qui va vous présenter ou vous recommander à Chose-chouette  ;dans le cas contraire, si vous ne vous montrez pas, si on ne vous entend pas alors que vous avez des qualités de musicien, inutile d’espérer obtenir votre « place au soleil ». Il en est de même pour tous les métiers du spectacle comme dans bon nombre de professions d’ailleurs. Sans qualités relationnelles, sans être intégré dans un circuit ouvert fait de contacts et de relations dédiées à la communication, sans volonté d’échange, comment peut-on espérer travailler pour une personne qui ne vous connaîtra jamais ? Le succès d’Internet avec ses lacunes et ses excès – comme dans toute entreprise humaine – le démontre quotidiennement : pour réussir à obtenir un quelconque résultat dans un domaine précis, nous devons communiquer ! En la matière, Jacky Antoine Joseph Azzopardi a compris la démarche : il a commencé par utiliser un nom d’artiste pour faciliter les relations à l’époque où les consonances anglo-saxonnes étaient quasiment une obligation ; ses qualités relationnelles et sa capacité à travailler avec toutes les bonnes volontés rencontrées sur son parcours (dont Jean-Claude Petit, par exemple) lui ont permis de n’avoir aucun problème à se faire entendre. Il a d’abord commencé en employant la bonne démarche : apprendre. C’est un fait certain, on ne peut devenir un exemple à suivre pour les autres sans passer soi-même par la case apprentissage ! Ses modèles de références dans le jazz qu’il affectionne tant s’appellent Mulligan, Tatum, Davis, Coltrane, Getz, Brown, Evans… et bien entendu Lalo Schifrin, le compositeur de musique de film que l’on ne présente plus. Alors la brillante carrière de Jack Arel démarra dans les années 60 sur tous les plans : la variété (Croisille, Sheila, Dalida, Rivers, Mouloudji, Mitchell… auxquels se rajouteront Pagny et compagnie), la télévision avec l’explosion des Yves Régnier - les Mélodies modernesfeuilletons et séries à succès (« Le prisonnier » – de nombreuses musiques sauf le thème -, « Le temps des as » voir photo ci-contre, « Docteur Caraïbes », « Commissaire Moulin »…), les émissions non moins célèbres (Auto-moto, 30 Millions d’amis et son générique de style country music, c’est de lui !) sans oublier les mouvements mélodiques de la basse électrique ravageuse de l’émission « Midi première » présentée et animée par Danièle Gilbert, une très grande professionnelle qui précèdera deux autres personnalités inoubliables de la télévision française, Yves Mourousi et Roger Gicquel aux infos du 13 heures de la première chaîne… Des noms qui évoquent tout un passé visuel de publicités imaginatives conçues sur mesure, de dessins animés originaux avec par exemple la belle marche harmonique descendante pour « Les Tifins » (pour savoir ce que c’est sur le plan technique musicale, voir la page B.a-ba de la composition), des personnages créés pour la promotion de la nouvelle chaîne privée TF1 encore emprunte de l’esprit bon enfant de la télévision publique ; Jack Arel travaillera pour le théâtre, la comédie musicale, le ballet, en fait, rien n’arrêtera son talent ni ses capacités créatrices. Rappelez-vous qu’un compositeur de musiques de films a le sens de la mélodie et de l’orchestration, idem pour les idées musicales et les capacités inventives qu’il doit savoir mettre en valeur. Évidemment, la réussite dépend aussi du facteur chance ; il faut toujours espérer être doté(e) de l’impulsion nécessaire pour savoir se vendre sinon, vos capacités resteraient simplement dans l’ombre. Pour Jack Arel, ces questions ne se posent même pas.

Pour connaître le parcours complet et les réalisations de Jack Arel, cliquez ici (site officiel du compositeur) ; cliquez ici pour connaître sa biographie (rédigée par Stéphane Lerouge)

DVD « Les faucheurs de marguerite : Le temps des as », une série de Claude Boissol (1980) avec Bruno Pradal, Jean-Claude Dauphin, Christine Laurent, Clément Michu, Gernot Endemann, Georges Caudron. Musique de Jack Arel. Chez L.C.J. Editions et productions.

UNE HISTOIRE COMPLETE DE L’AVIATION en 4 séries différentes (celle présentée ici Le temps des as est la deuxième série, après Les faucheurs de marguerites et avant La conquête du ciel puis L’adieu aux as). POUR EN SAVOIR + CLIQUEZ ICI (L.C.J. Editions et productions). Pour écouter la musique du générique cliquez ici (infos Coucoucircus)

L’histoire de l’aviation, photos, explications… Cliquez ici (infos Acam.association)

 

Percy FAITH, compositeur

L’anglais Geoff Love, le français Franck Pourcell et l’allemand James Last se sont certainement inspirés du modèle Percy Faith ; Hill Bowen et peut-être même George Jouvin se seraient trouvés un père spirituel en la personne de Percy Faith car nul autre musicien ne pouvait mieux que lui honorer à ce point sa passion, celle de toute une vie, un domaine fantastique : l’arrangement. Né au Canada en 1908, il a étudié le violon à sept ans et le piano à 10 ans, ce qui est généralement l’inverse d’une procédure plus logique (un instrument polyphonique pour commencer puis un instrument mélodique). Mais à 18 ans un accident empêchera le nord-américain de commencer une carrière de pianiste/concertiste. Heureusement que l’artiste disposait de plusieurs crins à son archet et c’est dans les arrangements musicaux qu’il se fera remarquer dans son pays natal avant d’entendre le chant des sirènes des studios de l’Oncle Sam. Auteur de plus de 45 microsillons, très populaire pendant près de quarante années, Percy Faith aura brillamment servi la musique comme quoi son tragique accident qui ne lui permettait plus d’utiliser normalement ses doigts en tant que concertiste en pleine ascension créera une autre réussite exemplaire. La destiné, vraiment, c’est quelque chose de surprenant mais il devra tout de même son parcours à un énorme travail du à sa capacité créatrice exceptionnelle : il déposera pour archivage environ 30 000 partitions manuscrites originales à l’Université de Provo dans l’Utah ce qui n’est pas peu dire !

Pour tout savoir sur Percy Faith cliquez ici (biographie très complète, infos Encyclopédie canadienne et Histor!ca, en français)

Autres infos sur la série TV « Le Viginien » et James Druryvoir ici (page XXVI des compositeurs)

 

 

Paul GLASS, compositeur

Bunny Lake a disparu - Mélodies ModernesBUNNY LAKE A DISPARU/Bunny Lake is missing, un film d’Otto Preminger (1965) avec Carol Lynley, Ker Dullea, Laurence Olivier, Martita Hunt, Anna Massey, Clive Revill, Finlay Currie, Lucie Mannheim… Musique de Paul Glass. Un film Columbia Pictures.

Le parcours de ce compositeur n’est pas banal. Né en 1934 à Los Angeles, il est le fils de l’acteur et réalisateur franco-américain Gaston Glass, né à Paris en 1899 et très présent dans les meilleurs films en noir et blanc et productions télévisées pendant plus d’un demi-siècle (Bus stop, Batman, Voyage au fond des mers…). Paul étudiera donc la musique à l’Université de Californie du sud, jusque là, rien de bien surprenant. L’un de ses enseignants s’appelait Hugo Friedhofer (orchestrateur de E.W. Korngold et assistant de Max Steiner, les piliers musicaux d’Hollywood). C’est déjà plus que conforme à l’idée que l’on se fait d’un apprentissage remarquable. Mais voilà comme si cela ne suffisait pas, notre jeune compositeur en herbe va se montrer de plus en plus motivé par ses glorieux professeurs et par l’envie de savoir ce qui se fait ailleurs ; commence alors pour lui, dès les années 50, de nombreuses pérégrinations : voyage à Rome, retour en Amérique à Princeton dans le New-Jersey, départ pour Varsovie, retour aux États-Unis où il compose pour la télévision, envol pour la France où il séjourne quatre années pour tout savoir sur la composition classique avec Anton Webern de la seconde école de Vienne, nouveau repli dans son pays natal pour de nouvelles compositions puis voyage en Suisse côté italien. Il finira par s’y fixer en tant qu’enseignant de conservatoire spécialiste de la composition évidemment pour former de nombreux artistes. En fait, il aura surtout composé pour la télévision, on lui doit peu de musiques de films. L’écriture de « Bunny Lake a disparu » est pourtant un chef-d’œuvre. En effet, le réalisateur Otto Preminger souhaitait la présence quasi-permanente d’une musique d’accompagnement et d’entraînement, de soutien et développement de l’action ; l’orchestration très expressive, très variée et surtout très présente par la persistance d’une mélodie remarquable fut obtenue grâce au travail effectué entre les deux artisans en amont du tournage. Otto Preminger désirait fortement la présence de cette mélodie envoûtante tout au long de son film. La chanson du groupe The Zombies n’apporte pas un grand intérêt musical sinon de maintenir le spectateur dans l’ambiance avec des paroles du style « nous sommes tous évanescents, appelés à disparaître un jour mais l’enfant reviendra »….

Cette étroite collaboration étroite entre le réalisateur et le compositeur reste malheureusement, dans la profession, une démarche rare lorsqu’elle est menée à ce point de réussite mais elle est terriblement gratifiante pour tout le monde, surtout, in fine, pour le spectateur. La musique atonale est présente quand il le faut et rappelle l’angoisse de la mère déterminée à retrouver son enfant même lorsque la maman n’apparaît pas à l’écran ; l’utilisation de la flûte à bec dans les parties mélodiques est une initiative elle aussi très originale (une idée reprise par la suite dans les films pour illustrer l’enfance, par exemple dans le « Pinocchio » de Comencini, musique de Fiorenzo Carpi). À noter l’une des orchestrations basée un violon solo dans le sur-aigu et sur le saxophone soprano, le tout dans une continuelle richesse harmonique. Avec les changements de tons fluides et le choix judicieux des instruments de l’orchestre (on y entendra même les arpèges du clavecin), l’ensemble produit une musique de film de toute première importance, malheureusement bien trop méconnue et dépréciée à l’époque allez savoir pourquoi. Le thème avec son contre-chant est rare et superbe. Il convient de préciser ici à tous les apprentis compositeurs qu’une mélodie aboutie doit posséder son propre contre-chant, à l’exemple de l’ombre et du soleil : l’un ne va jamais sans l’autre ! Les pages B.a-ba de la composition de ce site vous apporteront quelques conseils en la matière, cliquez ici. Pour apprécier à nouveau ce film en noir-et-blanc (un choix artistique du réalisateur) et sa musique introuvable en CD, une édition en version française originale existe chez « Wilde side, collection L’âge d’or du cinéma américain » (voir du côté de la FNAC, par exemple). Immanquable !

Pour entendre des extraits d’œuvres de Paul Glass, cliquez ici (infos Médiathèque de l’Ircam)

Un groupe pop/rock anglais a composé une chanson pour le film « Bunny Lake a disparu » ; pour connaître le parcours des « Zombies », cliquez ici (infos Wikipedia)

Pour apprendre beaucoup de choses sur la psychologie d’un film remarquable dont la musique est signée Paul Glass, cliquez ici : « Lady in the cage » un film de 1963 avec Olivia de Havilland et James Caan. À redécouvrir d’urgence !

Attention ! Ne confondez pas Paul Glass avec Philipp Glass, un autre compositeur de musiques de films (Candyman…)

 

 

Howard GOODALL, compositeur

Howard Goodall est un musicien complet. Né en 1958 dans le Kent en Grande-Bretagne et formé selon une éducation typiquement anglo-saxonne à Oxford, il sera jeune très attiré par le chant choral. Il en fera même une passion qui guidera ses choix musicaux dans sa courte carrière. Chef de chœur, pianiste et organiste accompagnateur, enseignant, chef d’orchestre, arrangeur, chroniqueur, il deviendra le compositeur attitré des aventures de son collègue d’université Rowan Atkinson (voir photo ci-contre extraite du site officiel du compositeur : Atkinson à gauche, Goodall au centre) avec son personnage Mr Bean. Le générique des séries télévisées est interprété par une chorale d’église menée par Howard Goodall. Mais la particularité du travail du compositeur ne s’arrête pas là : très imprégné par la musique baroque et classique, il introduira néanmoins le jazz et les musiques du monde dans ses compositions. Aussi à l’aise dans le blues, le jazz fusion, le rap ou le hip-hop, il visitera les pays et festivals qui l’aideront à étendre ses multiples connaissances et permettront de faire connaître ses capacités créatrices. Présent en 2001 au Festival in Jazz de Marciac, il s’attachera à diffuser la musique chorale à la télévision et dans chaque spectacle de scène dont il assurera la partie musicale (théâtre, comédie, reconstitution historique) à l’image de la vie culturelle anglaise très riche et friande de talents avérés. Dynamique et sympathique, maniant l’humour et la dérision comme tout british qui se respecte, Howard Goodall livre pour le rafraîchissant et divertissant film « Les vacances de Mr Bean » un cocktail de musiques de films toutes remarquables par leur nature mélodique et leur harmonisation très variée. Un passage musical très court au milieu du film nous replonge dans la dernière musique de film de George Delerue pour « Man Trouble » : un orchestre réduit avec prédominance des cordes, le solo de clarinette pour un morceau très doux. Une ressemblance frappante avec le merveilleux compositeur français (voir ici) ce qui témoigne du talent d’Howard Goodall en donnant une indication sur ses sources d’inspiration : elle sont de tout premier ordre. La relève semble donc être parfaitement assurée ! Alix trouve le film « Les vacances de Mr Bean » Très bon et la musique Excellente. À noter que le disque compact de la musique du film n’existe pas encore. Quelle erreur de jugement et quelle faute de goût sur ce point crucial !

Réalisé par Steve Bendeleck en 2007 avec Emma de Caunes, Max Baldry et Willem Dafoeë, la France des cartes postales est mise en valeur dans « Les vacances de Mr Bean » : le TGV, un Paris beau et propre, les marchés de province, les cigales de Provence, les personnages typiques et sympathiques, les musiciens de rues, The Festival (Cannes) et The beach… Merci Mr Bean de nous rappeler au premier comme au second degré que nous vivons dans un pays extraordinaire et peut-être faudrait-il arrêter de passer notre temps à le transformer pour le pire et nous avec… Cette comédie jubilatoire sera appréciée par celles et ceux qui aiment la France et les français, Jacques Tati et Rowan Atkinson, la bonne musique de film, l’absurdité et l’esprit de dérision totale. On imagine aisément le point de vue du Président de la République sur la question mais quel est le vôtre ?

Site officiel du compositeur Howard Goodall qui se sera fait remarquer à la cérémonie officielle des Jeux Olympiques 2012, cliquez ici (site en anglais)

Site du film Les vacances de Mr Bean, cliquez ici (site en français)

Site officiel du film (en anglais)

 

Thank you so much Monsieur Bean !

Doit-on dire Angleterre, Royaume-Uni ou Grande-Bretagne ?

Tout dépend de quoi l’on parle. En effet, la grande île est constituée de trois pays : l’Angleterre (capitale Londres), l’Écosse (capitale Édimbourg) et Le Pays de Galles (capitale Cardiff). Elle s’appelle la Grande-Bretagne. Associée à l’île voisine l’Irlande du Nord (capitale Belfast), la Grande-Bretagne forme Le Royaume-Uni. L’appellation officielle est « Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord ».

Bref historique de l’Irlande.

Après l’arrivée de peuples venus de l’Europe du nord, les Celtes coloniseront l’île à partir de l’An – 500 avant J.C. Les romains ne débarqueront jamais sur l’île mais les druides et les bardes structureront une société très clanique. Environ mille ans plus tard le christianisme s’imposera avant le débarquement des Vikings au VIIIe siècle. L’Irlande retrouvera son indépendance au prix de fameuses batailles mais les anglo-normands feront leur apparition vers l’An 1160. Henri VIII Tudor sera nommé roi d’Angleterre et d’Irlande ; la colonie britannique se développera puis les catholiques prendront leurs distances face aux protestants : en 1922 l’Irlande devient un état libre et indépendant mais les britanniques occupent toujours la partie nord de l’île. Il faudra attendre 2007 pour voir les dernières troupes britanniques quitter l’Irlande du nord qui bénéficie d’un statut ambigu de semi autonomie. La réunion des deux territoires (Irlande et Irlande du nord) semble néanmoins inéluctable, l’Irlande redeviendra alors unie et indivisible. Au fil des siècles partout sur la Terre, les peuples se sont formés, séparés, ont livré des guerres d’invasion, de colonisation ou se sont entendus avec d’autres civilisations avant de disparaître ou de réapparaître tôt ou tard. C’est une évidence : l’histoire de l’humanité est très compliquée, résolument !

Autre article du site sur l’Irlande : le réalisateur John Ford et L’homme tranquille, cliquez ici (Les musiques de films page VII)

 

 

 

John FRIZZELL, compositeur
Policier

WHITEOUT, L’Enfer blanc, un film de Dominic Sena (2009) avec Kate Beckinsale, Tom Skeritt, Gabriel Macht… D’après la bande-dessinée de Greg Rucka. Musique de John Frizzell. Un film Warner Bros/Studio Canal.

John Frizzell chantait déjà dans une chorale de bon niveau dès l’âge de 12 ans et sa passion pour la musique est restée intacte depuis. Pas vraiment très musique classique dans le style ni dans la technique, il va devenir un touche-à-tout féru de bons plans au gré de ses rencontres amicales d’étudiant appliqué : il s’essayera à la guitare-jazz, au vibraphone, au claviers en se lançant dans l’étude du rap et de les toutes formes musicales anti-conventionnelles. Toujours partant pour se lancer dans un projet original, John Frizzell développera ses talents dans l’apprentissage des différentes expressions musicales, une richesse qui se retrouvent dans son travail pour le récent et très bon polar glacial canado-québéco-français « Whiteout, l’Enfer blanc » : les sons électroniques des synthétiseurs et autres instruments peu habituels se mélangeants aux cordes de l’orchestre symphonique. Du coup il lui faudra l’aide de trois autres arrangeurs pour préparer les partitions remises aux musiciens avant les séances d’enregistrement. La bande-son du film reposant sur les cordes est donc très réussie même si elle ne possède pas de mélodie particulièrement remarquable, un manque propre à la nouvelle génération de compositeurs incapables semble t-il d’en composer au moins une par film. Curieuse, cette absence est réellement curieuse. Il répondra néanmoins présent pour le thème (qui n’en n’est pas vraiment un) du célèbre film catastrophe « Le pic de Dante » dont son copain James Newton Howard (voir ici) en fera un excellent usage (voir ci-dessous). John Frizzell n’hésitera pas à former d’autres jeunes apprentis compositeurs dont le français Jérôme Leroy qui vit à Los Angeles et évolue dans la profession tant bien que mal : il est toujours aussi difficile de se faire une place au soleil dans un milieu artistique très fermé mais tout arrive avec l’âge et la persévérance, la chance aidant, c’est tout ce que l’on peut lui souhaiter. Une affaire à suivre… Appréciation d’Alix pour le film et la musique de John Frizzell : ils sont tous deux Très bons !

Site officiel du compositeur, cliquez ici

 

 

Catastrophe

LE PIC DE DANTE/Dante’s peak, un film de Roger Donaldson (1998) avec Pierce Brosnan, Linda Hamilton, Charles Hallahan… Musique de John Frizzell (thème de James Newton Howard). Un dvd Universal.

Images spectaculaire, trucages extraordinaires, scénario crédible et totalement prenant, le « Pic de Dante » est très bien joué et reste un exemple de l’excellence du doublage français. Bien réalisé, bien monté, le film est une véritable réussite du 7e Art dans lequel Pierce Brosnan et Linda Hamilton y trouvent certainement leur meilleur rôle. La musique de John Frizzell est impeccable elle aussi ; souvent présente mais toujours sans excès, le compositeur peut se passer des timbales assourdissantes entendues dans de minables arrangements électroniques pour les nouveaux films, un choix assumé par l’invention d’orchestrations savantes qui soutiennent l’action et entretiennent le suspense. Sur un truc musical (et non sur un thème) de John Newton Howard (voir ici) à savoir l’alternance de la tierce mineure avec une tierce Majeure, ce dernier impose sa patte d’expert en musique de film sans être toutefois un mélodiste spécialiste de belles trouvailles mémorisables. Le compositeur n’a évidemment rien inventé car cette technique d’enchaînement mineur – Majeur se retrouve dans plusieurs films, auparavant dans de grandes oeuvres de musique classique. Cette technique demeure imparable pour créer une ambiance angoissante à travers le temps et les styles. Les trucages dirigés par le réalisateur australien Roger Donaldson sont parfaits et les scènes de son film catastrophe arrivent à s’enchaîner dans un grand mouvement coulant ; sa volonté de se documenter au préalable sur les phénomènes liés à la géologie pour se rapprocher le plus possible de la réalité s’avèrent payants tout comme l’aspect psychologique bien analysé et retranscrit, une caractéristique des grands films de genre : c’est toujours dans la pire des situations que se révèlent notre véritable personnalité. Les braves et les irresponsables se font aujourd’hui remarquer au pied du volcan… Alors retour sur images pour nos yeux écarquillés et nos oreilles bien ouvertes pour un film Excellent sur une musique jugée Excellente par Alix, le tempérament explosif du site Mélodies Modernes !

Pour redécouvrir le parcours d’un homme exceptionnel, Haroun Tazzief et tout savoir sur les volcans, cliquez ici

 

 

Avez-vous donc une âme…?

Frappez un corps sonore et vous provoquerez sa mise en vibration ; l’air environnant se mettra aussitôt en mouvement et provoquera à son tour des ondes qui se déplaceront à la vitesse de 340 mètres/seconde (dans l’eau : 1 425 m/s). Grâce à vos oreilles, votre cerveau traduira alors cette information, afin de vous renseigner sur son origine : bruit, paroles, musique… L’hémisphère gauche fonctionnera davantage que le droit selon le type de son et l’oreille qui perçoit : la complexité de notre système cérébral est telle que les scientifiques n’en sont qu’aux balbutiements. Avons-nous plusieurs intelligences, quel sont les interactions entre nos différents organes… et c’est quoi, au fait, l’intelligence ? Au vu de notre propension à détruire systématiquement ce que l’on a créé, voire adoré, constatant notre capacité à nuire et polluer au mieux de notre mort annoncée, il se pourrait que l’homme soit né bête et méchant. Bonne raison pour tâcher d’évoluer. Il frappe sans entendre les cris de douleur, il ne vibre plus à rien de beau, de noble et de juste, d’ailleurs, son cerveau ne reçoit que les sons présélectionnés (le meilleur exemple est celui de la musique des supermarchés qui nous épuise insidieusement). Oui, l’intelligence est la caractéristique des animaux et de la nature mais pas de l’homme robotisé : les élevages en batterie, la déforestation, le fric pour le fric, combien d’exemples de trahison à la charge des prochaines générations ? Ouvrez donc les yeux ! Écrivait Haroun Tazieff il y a 25 ans. Mais ouvrons donc nos oreilles également, afin de réinitialiser notre cerveau ramolli et ranimer notre cœur endormi.

 

 

Trevor RABIN, compositeur

Guerre

L’ESCADRILLE LA FAYETTE/FLYBOYS, un film de Tony Bill (2006) avec James Franco, Martin Henderson, Jean Reno, Augustin Legrand, Martin Gad Elmaleh, Audrey Tautou, Marie-Christine Adam, Vernon Dobtcheff, Jennifer Decker, David Ellison, Tyber Labine. Musique de Trevor Rabin. Un film Electric Distribution.

La première guerre mondiale, des hommes, des avions et un aigle. Voici comment résumer le contenu du film basé sur des faits historiques. Le parcours de ces jeunes américains déjà sur le sol français ou venus risquer leur vie pour sauver la patrie lors du conflit 14-18, méritait bien de justifier un tel film après celui réalisé en 1958 « C’est la guerre/L’Escadrille La Fayette » avec sa musique signée Léonard Rosenman. Les États-Unis n’étaient même pas entrés en guerre du moins officiellement c’est dire l’engagement de ces héros bien intrépides dotés d’un courage exemplaire. La légende est née avec eux et perdurera à travers leur souvenir : à Marnes-la-Coquette dans les Hauts de Seine s’élève un Mémorial impressionnant dédié à ces 68 jeunes pilotes de l’Escadrille La Fayette décédés au combat. Le capitaine Thénault de l’Armée de l’air française est joué par Jean Réno dans le film de Tony Bill et ce dernier rend crédible l’aventure : sa compréhension de la situation, son humanité et son bon jugement des choses permettront aux novices de devenir des combattants purs et durs dont l’action contribuera aux succès futurs des alliés lors de la Première guerre mondiale. Parmi les hommes de l’escadrille La Fayette se trouvait Eugène Jacques Bullard (photo ci-contre, en haut à droite), un pilote passionné qui aura vécu une aventure hors du commun, un parcours mouvementé et extraordinaire le transportera dans plusieurs univers sur plusieurs continents à des époques très tourmentées. Cet homme qui ne pouvait pas vivre normalement chez lui à cause de la couleur de sa peau aura tout connu : le désespoir et l’enthousiasme, la paix et la guerre, l’abandon et le mépris, il se retrouvera dans des situations si extrêmes qu’il expérimentera tous les sentiments humains. Une vie riche et glorieuse qui le laissera pourtant vieillir et mourir dans l’oubli total de ses pairs : le peuple américain n’aura jamais reconnu à sa juste valeur son courage et ses actes de bravoure comme l’aura fait, heureusement, la France. Décoré et respecté, le peuple français saluera et se recueillera toujours sur son dévouement car il en fallait des tonnes pour voler sur des coucous très élaborés pour l’époque mais trop fragiles pour affronter les excellents pilotes allemands au seul tort, terrible, celui de se retrouver dans le camp du Mal. La Grande guerre aura révélé des talents mais engendré avant tout le chaos. Ce ne sera malheureusement pas le premier du siècle…

Alix remercie le Septième art pour ce film Incontournable avec sa musique maîtrisée, sans mélodies originales mais bâtie sur des orchestrations performantes (contrairement au film suivant, voir ci-dessous). Les images des combats aériens sont fantastiques, on s’y croirait ! À noter sur le dvd des bonus passionnants sur la vraie Escadrille La Fayette. Un très bon film à offrir en cadeau à toute occasion.

Pour en savoir + : Wikipedia et Mémorial de l’Escadrille.

http://youtu.be/0FpFdbfnBks

 

Quand la montagne accouche d’une souris…

LA MONTAGNE ENSORCELÉE/Race to Witch montain,un film d’Andy Fickman (2009) avec Dwayne Johnson, Anna Sophia Robb, Alexander Ludwig, Carla Gugino… Musique de Trevor Rabin. Un film Walt Disney Pictures.Alix adore les films de Walt Disney ; gamine, elle aura dévoré Le journal de Mickey et connaît parfaitement ses grands classiques, les dessins animés ou les (télé)films produits par le maître du divertissement pour enfants. Alix était une fidèle parmi les fidèles des anciennes émissions télévisées Disney dimanche présentée par l’ami Tchernia alors Alix n’aura pas de mots assez forts pour crier à chaud sa déception après un visionnage volontairement écourté de La montagne ensorcelée version 2009. C’est pour vous dire, dès le début du film Alix aura grincé des dents : montage très serré, images qui s’enchaînent sans avoir le temps de voir quelque chose, musique bruyante et fatigante, commentaires plats et sans saveur. Bref, ça partait mal. La suite n’aura rien sauvé. Les scènes de poursuite donnent le sentiment d’être réalisées avec de petits moyens, les effets spéciaux sont ordinaires à part peut-être celui-ci ou celui-là et encore, les trucages prêtent à sourire à moins de n’avoir jamais rien vu dans le genre. Dans ces conditions il devient impossible de toucher la corde sensible de notre critique préférée avec un doublage français moins performant que d’habitude. La seule bonne idée de ce film et on ne sait pas qui remercier pour cette brillante initiative, c’est l’apparition d’anciennes jeunes vedettes du cinéma d’hier. Dans les seconds rôles du film on peut ainsi remarquer Ike Eisenmann dans la peau du shérif et Kim Richards dans celui de la serveuse (voir photo à droite ci-dessous), à condition d’être prévenu suffisamment tôt car le temps a fait son œuvre, il est difficile de les reconnaître ! Leur rencontre dans le bar est faite d’un regard très complice et fortement amical à en faire pâlir de jalousie les deux jeunes nouvelles vedettes d’aujourd’hui totalement transparentes (Fade et Fadette) qui les ont remplacé 35 ans plus tard dans les mêmes rôles. On reconnaîtra également Meredith Salenger en reporter télé nommée Nathalie Gann ce qui nous replonge dans sa performance d’actrice à l’époque de Natty Gann. Pour ce touchant retour en arrière, le film vaut le détour. Mais n’espérez pas d’autres apparitions, juste une disparition…Alix trouve ce film Médiocre et la musique de Trevor Rabin absolument Nulle : les particularismes du hard-rockeur autodidacte et du musicien multiculturel de scène reprennent le dessus et ne parviennent pas à justifier présentement son travail bâclé de compositeur de musique de film. Toujours pas de mélodie ni d’orchestration élaborée, juste une note tenue en bourdon sur laquelle s’enchaînent des suites de notes sans queue ni tête à fond la rythmique électronique. Des percussions, que des percussions, c’est trop facile. Voici un travail alimentaire et c’est une horreur pour les oreilles expertes d’Alix qui délivre aujourd’hui un jugement sans appel, une fois n’est pas coutume dans les productions toujours de qualité lorsqu’elles sont estampillées Disney.La version originale de 1975 (réalisateur, John Hough et musique, Johnny Mandel) est évidemment complètement dépassée mais conserve un côté charmant et désuet qui pourrait encore séduire un (très) jeune public. En 1978 une suite toujours de John Hough « Les visiteurs d’un autre monde » (musique de Lalo Schifrin) relève, elle, le niveau. Voilà qui est bien dit car notre duo d’extraterrestres pratique à volonté la lévitation !
 

 

Ike EISENMANN, acteur

Sa bonne bouille d’une grande gentillesse et son sourire généreux seront présents sur les postes de télévision dans les années 60 et 70. Né à Houston au Texas en 1962, aîné de trois ans d’un frère lui aussi acteur, Ike Eisenmann débutera dans un épisode de « Mannix » en 1970 (musique de Lalo Schifrin, voir ici) avant de commencer à prendre de l’importance – professionnellement parlant – dans plusieurs séries aussi diverses les unes que les autres : « Kung fu » dans l’épisode La pierre (Jodie Foster gamine participera également à la série, musique de Jim Helms, voir ici), « Gunsmoke » pour trois épisodes, « Sergent Anderson », « Wonder woman » et « Colorado » (musique de John Addison, voir ici) sans oublier le très populaire « La montagne ensorcelée » en 1975 et l’épisode « Le centenaire » de « La petite maison dans la prairie » un an plus tard en 1976 (voir animation ci-dessus et photo ci-contre, voir ici l’article sur la série). Acteur de télévision, le grand écran ne le rejettera pas pour autant une fois devenu adolescent puis adulte car il tournera dans « Star Trek, la colère de Khan » par exemple. Après plusieurs décennies consacrées au cinéma Ike Eisenmann changera d’activité vers la quarantaine en abandonnant définitivement le métier jusqu’à sa réapparition bien sympathique dans la nouvelle et calamiteuse reprise de « La montagne ensorcelée » en 2009. En présence de Kim Richards sa partenaire de la version d’origine, les retrouvailles furent le fruit d’une initiative assez peu coutumière dans le milieu du cinéma, rassembler les générations concernées par les mêmes rôles alors bravo pour la démarche. Trois réalisations télévisuelles seront néanmoins déterminantes dans la carrière d’acteur-enfant d’Ike Eisenmann : « Le voyage extraordinaire » dans lequel il tiendra une place prépondérante, « Banjo Hackett » un téléfilm sorti en 1976 avec un thème remarquable et inoubliable de Morton Stevens (voir ci-dessous) et un autre téléfilm de la maison Disney « Le ciel de grand-papa » avec ici aussi une musique de film mélodique très agréable, des réalisations parfaitement réussies qui ne sont pas sorties en vidéo version française alors qu’ils existent puisqu’ils ont été déjà diffusés à la télé, quelle misère ! L’espoir fait vivre mais l’attente est tout de même bien longue… La mémoire d’Alix ne flanche pas pour pourtant : elle se souvient bien du jeu très expressif d’Ike Eisenmann avec son regard intelligent. L’ex-acteur devenu un grand amateur de rodéos et de cuisine mexicaine peut être fier de l’ensemble de ses prestations passées : le cinéma et la télévision y ont gagné en grande qualité. Thank you so much for your performances, Mr Ike Eisenmann !

 

 

 

Joseph WILLIAMS, compositeur

Fantastique

LA LÉGENDE DE GATORFACE, un téléfilm de Vic Sarin (1996) avec John White, Dan Warry-Smith, Charlotte Sullivan, Gordon Michael Woolvett, Kathleen Laskey, Paul Winfield, C. David Johnson… Musique de Joseph Williams. Un dvd Hallmark Entertainment / Aquarelle

Voici l’exemple même d’un téléfilm familial rendu intéressant par son doublage français impeccable, évidemment. N’y cherchez pas d’effets spéciaux extraordinaires ni de trucages à réveiller une habituée des meilleurs films de science-fiction, notre chère Alix. La photographie est belle, les décors sont soignés, les personnages adhèrent bien au scénario et croient dur comme fer à l’histoire pourtant banale d’un crocodile qui sème la panique dans un village du Mississippi… S’il n’y avait Danny et Phil, deux enfants trop malins pour ne pas ne pas y voir autre chose qu’une mauvaise farce de potaches. Oui, il va y avoir un gros problème dans ce coin perdu et il serait peut-être temps que les policiers nonchalants et la population s’y penchent sérieusement. Que va t-on découvrir derrière le masque du monstre lorsqu’il va tomber ? Alix ne s’ennuie pas dans ce genre de production sans prétention conçue pour nous divertir et c’est gagné – l’essai est réussi. John White, le jeune héros du film, n’en était pas à son rôle d’essai et il continue aujourd’hui encore une très honnête carrière d’acteur (on le reverra dans les spéciaux American Pies). Pour ce qui est de la musique, les arrangements rock’n roll, traditionnels du sud et classiques émergent de l’imagination fertile de Joseph Williams ; ses compositions sont très bien adaptées à l’ambiance chaude et déjantée du téléfilm. Notre ami signe ainsi un démarrage très remarqué dans le milieu fermé de la musique pour le cinéma : les gènes de son père John Williams (voir ici) y sont sûrement pour quelque chose… Ancien membre de l’équipe de Steve Porcaro et du groupe mondialement célèbre Toto (voir ici), le compositeur mélodiste et rockeur doté de multiples talents conserve une grande marge de manœuvre : la variété de scène comme profession principale, la composition comme passion, le discernement comme ciment, l’amitié comme compagnon de route et la fidélité comme marque de fabrique. Joseph Williams, voilà un artiste complet, c’est caïman certain. Appréciation d’Alix sur Gatorface et sa légende : Très bien.

Site officiel de Joseph Williams, en fait, pour tout savoir de lui, cliquez ici

 

 

Patrick DOYLE, compositeur
Toutes les femmes sont des princesses…
LA PETITE PRINCESSE, un film d’Alfonso Cuaron (1995) avec Liesel Matthews, Eleanor Bron, Liam Cunningham, Rusty Schwimmer, Arthur Malet… D’après la nouvelle de Frances Hodgson Burnett. Musique de Patrick Doyle. Un film Warner Bros. Ce film fut un gros succès à sa sortie en 1995. Basé sur une légende du IIe ou IIIe siècle et transcrite en langue Sanskrite, le Rāmāyana à la base de l’indouisme aura alimenté l’inspiration du réalisateur mexicain Cuaron visiblement très nostalgique d’une certaine ambiance filmographique : choix de la lumière, de l’éclairage indirect, des ombres, des couleurs, des costumes et de la suggestion… Son goût pour le décor théâtral se retrouve dans ses films, on pense principalement à « Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban ». L’Inde et ses mystères fédèrent souvent le public anglo-saxon peut-être nostalgique lui aussi d’une époque coloniale révolue : « La petite princesse » a bien été publié en 1905 quand les Indes étaient encore britanniques. L’atmosphère fantasmagorique de l’ouvrage est dépeinte avec bonheur ce qui ne pourra que ravir les enfants épargnés jusqu’ici de violence et de scènes choquantes, normal, ce film est un conte. Frances Hodgson Burnett, née à Manchester dans une grande pauvreté puis émigrée aux États-Unis évoque certainement dans l’ouvrage son propre parcours : « La petite princesse » est la petite fille qu’elle sûrement souhaité être mais nous n’aurions pas alors connu « Le petit lord Fontleroy » ni « Le jardin secret », autres œuvres à succès de la littérature pour enfants. Un dessin animé japonais s’inspirera à son tour des aventures de la petite princesse renommée pour l’occasion « Princesse Sarah ». « Toutes les femmes sont des princesses, c’est notre privilège » peut-on entendre au début du film. En 2010, c’est devenu une évidence absolue…

Le compositeur Patrick Doyle sait s’adapter aux situations d’un film : tour à tour lyrique ou discret, son style classique convient idéalement aux ambiances feutrées, sentimentales et généreuses sur le plan artistique ; avec ce film on est gâtés, les images et les cadrages sont magnifiques. Patrick Doyle ne négligera pas non plus l’aspect commercial de son activité professionnelle en composant l’une des chansons du film ; réellement chantée par la jeune actrice débutante Liesel Mathews – de son nom d’état-civil Liesel Pritzker – sa mère aura tenu le rôle de Scout dans « Du silence et des ombres/To kill a mockinbird » au théâtre (voir ici la description du film), elles connaîtront l’une et l’autre un gros succès populaire à l’échelle anglo-saxonne. En France nous avons nos propres bambins garçons ou filles au destin tragique : « Un bon petit diable » (voir ici la critique d’Alix) « Sans famille », « Les misérables »… Un sujet inépuisable qui ne se limite plus depuis longtemps aux seuls rejetons en culottes courtes : le film de James Cameron « Avatar » navigue dans le même climat fantastique que « La petite princesse » mais dans une toute autre dimension. Les paroles des chansons de « La petite princesse » par Liesel elle-même sont fidèles aux textes originaux du poète William Blake : la composition d’une mélodie sur des paroles pré-établies était l’une des spécialités de notre grand Jean Ferrat, une procédure très difficile à suivre à moins d’entendre naturellement la musique des mots ce qui était son cas. Constitué de phrases, de ponctuations et d’intonations variées, un poème a pour seul rival une mélodie bien orchestrée ; lorsque les deux fusionnent, l’art devient parfait. Patrick Doyle est un musicien talentueux aux idées orchestrales multiples qu’il ne faut pas quitter une minute des oreilles. Les Mélodies Modernes vous en reparlerons donc. Note de la princesse Alix à une autre princesse : voici un Très Bon film et Très bonne musique.

 

 

Historique

LA DERNIÈRE LÉGION, un film de Doug Lefler (2007) avec Colin Firth, Ben Kingsley, Thomas Sangster, Aishwarya Rai, Peter Mullan, Kevin MacKidd, John Hannah… D’après l’ouvrage de Valerio Manfredi. Musique de Patrick Doyle. Un film Quinta communications, The Weinstein company.

L’époque traversée par la trame du film est passionnante : le parcours de Romulus, le dernier empereur romain d’une célèbre dynastie qui aura débuté 100 ans avant Jésus Christ avec la naissance d’un certain Jules César ; son fils adoptif Octave deviendra le premier empereur romain. Centrée sur le triste sort du dernier héritier d’une lignée légendaire au temps où Rome régnait sur la Méditerranée donc sur le monde, le petit Romulus (à ne pas confondre avec les jumeaux légendaires Romulus et Rémus fondateurs de Rome un siècle et demi avant lui) ne pourra jouir du pouvoir qu’une année à peine, en l’An 476 avant son exil en Dalmatie devenue aujourd’hui République de Croatie. Personne ne saura ce que deviendra cet enfant d’une dizaine d’années obligé de fuir les hordes sauvages, ces barbares rangés du côtés des romains avant qu’ils ne se retournent contre eux en quête du pouvoir absolu. Les goths de l’est et de l’ouest (ostrogoths et wisigoths comme dirait le capitaine Haddock) poursuivront Romulus et ses quelques fidèles jusqu’en Bretagne, sous-entendu le royaume breton formé par les actuelles Grande-Bretagne et Bretagne continentale afin d’y retrouver « La dernière légion » romaine. Mais vont-ils la trouver, existe-t-elle encore ? Un scénario éloigné de la réalité car en y insérant la fameuse épée Excalibur, le roi Arthur et Merlin l’enchanteur, le réalisateur ouvre en grand la porte des légendes celtiques. En tout cas c’est un vrai bonheur cinématographique qui nous donne de belles perspectives.

Les pensées philosophiques du film n’échapperont à personne : depuis que nous sommes apparus sur la Terre les conflits se succèdent, les guerres n’en finissent plus tout comme les actes de bravoure et de lâcheté. Toutes les transactions secrètes et les attitudes typiquement humaines sont dépeintes dans « La dernière légion » : des hommes mentent, pillent ou tuent leurs semblables pendant que d’autres veulent construire, réunir et apaiser une situation devenue critique. Jules César était de ceux qui ne font pas dans la dentelle : il n’éprouvera aucune pitié pour Vercingétorix qu’il assouvira à Alésia en Bourgogne à la suite d’un siège terrible pour l’armée gauloise battue et totalement épuisée. Le parcours de Romulus est évoqué dans « La dernière légion » ; descendant pourchassé des Vandales et autres sauvages qui provoqueront la chute de l’Empire romain, l’histoire se construit intelligemment pour nous séduire : dans ce film, la crédibilité des acteurs et le doublage français font merveille. La photographie est faite de subtils enchaînements de couleurs et d’images tamisées qui créent une ambiance prenante. Côté musical, les orchestrations ne brisent jamais les tympans : élaborées à partir des incontournables cordes et percussions (timbales et caisses claires), les contre-chants aux cors s’imposent, ils sont de circonstance. La mélodie du film se présente comme un thème leitmotiv simple auquel il manquerait les autres thèmes correspondants aux personnages principaux. Malgré cette absence de mélodies multiples Patrick Doyle a fait de l’excellent travail en évitant le piège du romantisme anachronique ou du cliché historique redondant (une musique essentiellement basée sur les quartes et les quintes comme devait l’être la musique à l’époque romaine du moins le suppose t-on). Alix donne une Très bonne note au film et à sa musique. L’excellence n’est pas loin, Rome non plus. Avé César !Pour en savoir + sur les empereurs romains, cliquez ici (site de Lulucom, infos en français)
Morton STEVENS, compositeur

Connaissez-vous le point commun aux meilleures séries et feuilletons TV ? C’est une idée qui jaillit du cerveau d’un homme ou d’une femme auteur, réalisateur, scénariste ou acteur. En faisant tranquillement son chemin, l’idée se concrétise pour devenir lumineuse avec le succès planétaire. C’est très simple. Jamais une série américaine n’aura autant marqué les téléspectateurs que « Les mystères de l’Ouest ». Plusieurs générations ont pu découvrir les aventures extraordinaires de deux agents très spéciaux au service du Président Grant. Mêlant habilement la science-fiction, le fantastique, les histoires d’espionnage sur fond de western, tout concourrait à la réussite de l’entreprise lancée par son créateur Mickaël Garrison. Les acteurs Robert Conrad alias James West et la voix française de Jacques Thébault (Steve Mac Queen, Patrick Mac Gohan, Roy Scheider…) associé à son double Ross Martin alias Artémus Gordon et la voix de Roger Tudel ont révolutionné le petit écran dans les années 60. On n’avait encore jamais vu ça ! Explosion, courses-poursuites, déguisements, scénarios élaborés, la série rediffusée à maintes reprises reste très divertissante. Morton Stevens sera intervenu en tant que « superviseur musical » sur les compositions réalisées pour la série télé. Pas moins de six compositeurs auront écrit pour les épisodes de la première saison : Morton Stevens, Richard Shores, Dave Grusin, Harry Geller, Robert Drasnin et Richard Markowitz à qui l’on doit probablement le théme du générique et la plupart des compositions entendues. Comme ses collègues réputés, Morton Stevens n’était pas à son coup d’essai. Arrangeur et chef d’orchestre des musiciens de Sammy Davis Junior dès le début des années 50, il commence à composer pour les séries télé de CBS en 1953. Il deviendra le directeur musical de la compagnie sans négliger son travail de fond. Il composera des musiques remarquables et adaptées pour les séries et feuilletons télévisés. « Des agents très spéciaux », « Hawaï police d’état », « Gunsmoke » avec Dennis Weaver, « Matt Helm » avec Anthony Franciosa, « Mandrake », « L’homme qui tombe à pic », « Espion modèle »… et les téléfilms « Banjo Hackett » (voir ci-dessous) avec sa musique style western très bien orchestrée (technique d’écriture la montée d’un demi-ton : pour relancer l’intérêt d’une même phrase musicale et éviter de la répéter telle quelle, on la fait rejouer un demi-ton plus haut, opération que l’on peut reproduire plusieurs fois de suite si nécessaire ; c’est du plus bel effet). Morton Stevens est décédé jeune en 1992 en Californie à l’âge de 62 ans.

Parcourez le site des fans de la série Les mystères de l’ouest en cliquant ici (infos du seul vrai Fan club français de la série)

Pour écouter le générique, cliquez ici (site Les génériques tv). Attention, il s’agit de la reproduction sur synthétiseur de l’orchestration originalement conçue pour instruments acoustiques.

 

 

Western

BANJO HACKETT/Roamin’free, un film d’Andrew V. McLaglen (1976) avec Don Meredith, Ike Eisenmann, Chuck Connors, Jennifer Warren, Anne Francis, Slim Pickens, Jeff Corey, Gloria De Haven, L.Q. Jones, Jan Murray, Daniel O’Herlihy, David Young, Richard Young et John O’Leary, Jeff Morris, John Alderson, Kenneth O’Brien, Britt Leach, Shirley O’Hara, Elisabeth Perry, Doodles Weaver, Ben Bates, Walter Wyatt, Al Able, Faith Quabius, John McKee, Stan Haze… Musique de Morton Stevens. Un film Paramount, un dvd Sonny Pictures.

La première bonne surprise de ce téléfilm découvert pour la première fois en 1976 par Alix, c’est sa musique : largement mélodique avec un thème de circonstance (humoristique et très westernien si vous voyez le genre), les arrangements de grande qualité créent une ambiance idéale : Morton Stevens est l’un compositeur les plus doués de sa génération, on lui doit la musique des « Mystères de l’ouest, Gunsmoke, Hawaï Police d’état, Sergent Anderson, Matt Helm » au niveau des thèmes principaux ou des musiques entendues dans les divers épisodes, de grands succès populaires de la télévision. Il fut aussi l’orchestrateur de grands artistes lors de leurs tournées spectaculaires, celles de « la bande à Sammy Davis Jr » avec Jerry Lewis, Dean Martin, Frank Sinatra ou bien encore Liza Minnelli, c’est dire ! Les autres surprises sont également de taille dans « Banjo Hackett » : Andrew V. McLaglen, lui qui avait déjà enthousiasmé Alix avec ses formidables réalisations dont « Le grand McLintockShenandoah-Les prairies de l’honneur, La route de l’ouest, Les géants de l’ouest, Chisum, Les cordes de la potence… », des westerns multi générationnels qui favorisent la collaboration étonnante entre des acteurs chevronnés et des jeunes comédiens, des productions pour lesquelles de nombreux compositeurs de musiques de films se seront exprimés avec un enthousiasme évident (Elmer Bernstein, Dominic Frontiere etc.). Assistant, à ses débuts en 1952, de John Ford sur le tournage de « L’homme tranquille », le réalisateur fait la part belle aux relations humaines. Il ne faut donc pas compter sur des scènes d’action spectaculaires mais davantage sur une histoire variée et gentillette destinée aux plus jeunes en évitant le piège de la mièvrerie : le visionnage familial n’en devient que plus plaisant. L’excellent doublage français, appliqué à ce téléfilm, ferait des merveilles sauf que cette édition dvd non destinée à l’Europe ne comporte pas de bande son hexagonale… Alix n’a pourtant pas rêvé : la version française existe bel et bien.

Et puis il y a Ike Eisenmann (voir article ci-dessus), unique, un jeune acteur très talentueux qui fait le téléfilm à lui tout seul : avec son sourire ravageur et son énergie communicative, le gamin présent dans plusieurs films et téléfilms des années 70 dont Morton Stevens aura signé la musique aura marqué, par sa personnalité, toute une génération de téléspectateurs : il est rare de rencontrer un jeu d’acteur aussi naturel caractérisé par un visage très expressif et une capacité à retranscrire visuellement des émotions fortes. Parfois très souriant, parfois triste, parfois boudeur, il est aisé de croire en son jeu : Ike Eisenmann rend toujours ses personnages très crédibles. Il faut dire que dans un western, les bagarres, les sentiments exacerbés et les rebondissements les plus divers ne manquent pas, le tout dans l’idée que se font les américains de la famille idéale toujours reconstituée « à la happy end ». Avec son père héroïque, une femme comblée, un enfant enchanté, « Banjo Hackett » n’échappe pas au cliché. Le jeu efficace de Don Meredith, ancienne grande vedette du football professionnel américain intelligemment reconverti au cinéma à ses 32 ans, aide bien, à son tour, à rendre le téléfilm intéressante grâce à la cohésion et au professionnalisme de toute une équipe qui le soutient. Même les seconds rôles, les figurants et les cascadeurs sont « dans le coup », une démarche bien rodée depuis le cinéma muet et qui repose sur le recrutement d’acteurs ayant « la gueule de l’emploi » ; les visages burinés ou excessivement poudrés pour coller à l’image que l’on se fait de l’Ouest sauvage et de ses belles femmes convoitées par les cow-boys sont plus que parlants. Ce que l’on retiendra cependant en premier, c’est la musique de Morton Stevens et Alix vous en reparlera très en détail prochainement. Avis aux lecteurs de partitions

Pour en savoir + sur la liste des compositions de Morton Stevens, cliquez ici (infos IMDb)

 

 

 

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