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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

Pour en savoir plus sur les compositeurs de musiques de films et leurs créations, parcourez les pages suivantes !

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

Les musiques de films (XXIII)

Quincy JONES, compositeur

Quincy Jones est « un monstre » de la musique de film et de la musique tout court. Son inspiration, il la puisera dans la musique populaire afro-américaine proche du jazz mais plus largement dans la musique générée par les noirs inventeurs du blues, du rythm’n’ blues, du swing, du be-bop puis du rock’n’roll, la funk et la soul music. Par son jeune âge avancé (Quincy est né en 1933 à Chicago dans un contexte familial difficile), le compositeur sera imprégné de tous les styles avant de les influencer fortement à son tour, des courants musicaux proches et variés qui se reflètent dans sa musique d’une richesse incomparable. Comme si cela ne suffisait pas, le jeune adulte passionné avide d’apprentissage partira à la conquête de l’est (l’Europe) avec un big band dirigé par Lionel Hampton. Il avait déjà connu Terry Clark génial trompettiste de Lionel Hampton et travaillé pendant plusieurs années avec son « frère » Ray Charles que l’on ne présente plus. Son engagement auprès de Dizzy Gillepsie l’amènera à visiter l’Afrique et l’Amérique du sud et rien n’arrêtera plus la fougue du trompettiste devenu arrangeur et directeur musical. Ses fréquentations seront extraordinaires. Son point commun avec Lalo Schifrin, partenaire privilégié de prestations mémorables : tous deux prendront des cours d’harmonie et de composition avec Nadia Boulanger à Paris. Ils enregistreront également pour Eddie Barclay, toujours à l’affût de ce qui se fait de mieux. La présence des violons de l’orchestre symphonique dans les créations de Quincy notamment pour ses musiques de films et de séries télés dont « L’homme de fer » avec Raymond Burr (voir photo ci-dessous) témoignent de l’étendue des connaissances du musicien et surtout son absence totale d’œillères. Pour avoir été capable d’assimiler à la fois la technique d’écriture classique et ses règles strictes avec le mode de fonctionnement du jazz et tous ses styles dérivés, pour avoir su gérer l’ensemble des courants musicaux sur plus de cinquante années tout en développant ses qualités d’interprète, comment pourrait-on ne pas tomber admiratif en s’empêchant de vénérer ce « monstre sacré » ? Quincy Jones et sa musique pour « L’homme de fer » sont au Top 100 des plus belles musiques de films et de feuilletons télévisés (voir ici).

Son avancée dans les coulisses de la création artistique n’en restera pas là. Malgré un parcours déjà très riche qui pourrait le contenter, Quincy Jones rendra un vibrant hommage à Duke Ellington en compagnie de Count Basie sans oublier la conception et réalisation d’albums pour les grandes vedettes de la chanson de variété : nous sommes alors au beau milieu des années 60 / début années 70. Barbra Streisand, Franck Sinatra… Et Michael Jackson ! Les succès du roi de la pop pour lequel il produira « Off the wall », « Thriller » et « Bad »,lui permettront de financer d’autres projets d’envergure comme la chanson « We are the world » pour lutter contre la famine en Éthiopie. Militant antiraciste depuis toujours, Quincy retrouvera Miles Davis et ses nombreux collègues en de nombreuses occasions (séances d’enregistrement, festivals, rencontres…) à travers le monde. La vie de ce musicien est trop impressionnante pour citer toutes ses réalisations heureuses qui marqueront plusieurs générations à commencer par son propre fils Qincy Jones III né en 1968 à Londres; il s’est orienté vers le rap. Jacques Chirac décorera Quincy à Paris et la France lui rendra de nombreux hommages tout au long de ses visites bouillonnantes de vitalité. Quincy, c’est lui le véritable homme de fer !

Site officiel ici (en anglais)

 

 

Armand AMAR, compositeur
 

Guerre

INDIGÈNES, un film de Rachid Bouchareb (2007) avec Roschdy Zem, Samy Naceri, Jamel Debbouze, Sami Bouajila… Musique d’ Armand Amar.

Pourquoi ce film est-il remarquable ? Pour le scénario qui sonne tellement juste, pour la réalisation parfaite, pour les cadrages et la photographie d’une grande beauté qui n’enlève rien au réalisme des scènes ce qui est déjà en soi une performance, pour les acteurs qui effectuent une excellente prestation dure et pleine de finesse à la fois avec un Roschdy Zem époustouflant (on devrait le voir beaucoup plus souvent dans de grandes productions cinématographiques !)… Les qualités contradictoires caractéristiques des grandes oeuvres sont parfaitement maîtrisées et on retrouve dans la musique du film des éléments forts qui pourraient s’opposer mais qui, finalement, s’accordent : la musique est présente et discrète, africaine et moyen-orientale, symphonique et légère, aux sonorités d’instruments classiques et traditionnels, tout cela à la fois. Le chanteur Cheb Khaled possède une voix chaude, magnifique de puissance dans une tessiture très étendue ; avec la musique d’Armand Masar ils donnent tous deux un relief et une profondeur aux images et à l’action du film. À l’instar de sa réalisation pour « Indigènes », le compositeur de la musique du film venait déjà de donner le ton de la série incontournable « La Terre vue du ciel » de Yann Arthus Bertrand et des films « Amen » de Costa-Gavras, « Bab’ Aziz » de Nacer Khemir et « Le couperet » de José Garcia, entre autres créations. Dans « Indigènes », toutes les composantes sont réunies pour permettre au spectateur d’entrer dans l’histoire du film et de celle de ses hommes à la destiné incroyable. Il est à noter que le film a aidé à la prise de conscience et à la reconnaissance collective très tardive de la société française et de ses dirigeants successifs sur le sort des anciens combattants du continent Africain pendant la dernière guerre. Tant de promesses simples et légitimes leurs avaient pourtant été faites, à ces héros jusqu’ici délaissés dont beaucoup sont morts pour la France Libre… Nous leur devons une reconnaissance éternelle.

Armand Amar a également composé la musique du film « Comme ton père » de Marco Carmel, « Home », « Le concert » et la musique du téléfilm « Sagan » sur la vie de la très spéciale Françoise Sagan (avec l’excellente Sylvie Testud). Quant au nouveau film de Rachid Bouchareb « Hors-la-loi », il crée l’évènement au Festival de Cannes 2010. Tant mieux et merci car il était temps de sortir des rails en réveillant les gens et les choses par la plus belle invention de l’homme. Le cinéma !

 

 

Comédie ?

LE CONCERT, un film de Radu Mihaileanu (2009) avec Alexei Guskov, Dimitri Nazarov, Mélanie Laurent, François Berléand, Miou-Miou… Musique d’Armand Amar. Une coproduction européenne (France, Belgique, Italie et Roumanie).

Ce film n’est pas bien noté par Alix : elle le trouve inutile, ce qui est un jugement terrible. En cherchant à créer une ambiance humoristique, le réalisateur le transforme involontairement en parodie, bon sang, ça crie et ça s’agite dans tous les sens à en devenir ridicule. Les musiciens classiques mais aussi les diverses communautés représentées y sont décrits de manière outrancière et fortement contestable. Le sujet de fond (la persécution de musiciens juifs sous la botte stalinienne) était suffisamment grave pour être traité de façon beaucoup moins légère alors non, la musique n’adoucit pas toujours les mœurs. Faire croire au grand public inculte en matière de musique classique qu’il suffit de vouloir pour pouvoir est un acte irresponsable. Non, des musiciens qui n’ont jamais répété ensemble depuis trente années ne peuvent pas du jour au lendemain interpréter brillamment un concerto aussi difficile que « le » Tchaïkovski pour violon et orchestre, d’ailleurs, l’actrice française Mélanie Laurent se discrédite elle aussi en mimant maladroitement la concertiste française Sarah Nemtanu. L’investissement professionnel de l’actrice reste bien entendu incontestable mais vouloir faire de son mieux ne signifie nullement que l’on arrive à se rendre crédible dans un domaine artistique aussi spécialisé que le violon classique. Une histoire qui aurait pu être passionnante dans les faits devient un scénario « tiré par les cheveux » et n’intéresse pas une seconde les mélomanes friands de véracité, dites, ce n’est pas aux vieux singes que l’on apprend à faire la grimace ! Les musiciens français et roumains jouent les artistes russes et nous livre comme d’habitude une interprétation orchestrale propre mais froide. Armand Amar pour sa part fait preuve de talent dans ses musiques « césarisées » malgré leur utilité restreinte. Pour en finir avec la coda, Alix ne vous recommande pas ce film ou à peine. Quand on pense que plus d’une centaine de professionnels ont planché des mois pour aboutir à ce constat peu sonore… C’est très déconcertant !

Pour en savoir + sur Armand Amar, cliquez ici (infos CinéZik)

Le site officiel de Khaled, cliquez ici

La fiche technique et les secrets de tournage du film Indigènes, cliquez ici (infos Allociné)

 

Armand Amar a composé la musique du film évènement Home, voir ici (info YouTube). Sa musique est une reprise des thèmes et arrangements entendus dans la série« La Terre vue du ciel » toujours de Yann Arthus Bertrand avec lequel le compositeur semble bien s’entendre : leur collaboration soutenue par Luc Besson (photo ci-contre) engendre des sonorités venues du fin fond des déserts africains et australiens, une chanteuse domine l’orchestre de sa voix limpide et céleste, les cordes apportent la sérénité necessaire au moment voulu, bref, de la bonne musique instrumentale avec ses ambiances grandioses très « world music/musique du monde » en version symphonique le tout pour la bonne cause, aider à la prise de conscience que nous avons beaucoup de chance d’être un humain et que cela implique des devoirs. On retient sa respiration devant la hauteur de la tâche restant à accomplir.

Il faut sauver la Terre : pour écouter la version intégrale de la musique emblématique des Mélodies Modernes, cliquez ici

 

 

Aventures

BELLE ET SÉBASTIEN, un film de Nicolas Vanier (2013) avec Félix Bossuet, Tcheky Karyo, Margaux Chatelier, Dimitri Storoge, Urbain Cancelier, Andreas Pietschmann, Medhi… D’après la série télé écrite et réalisée par Cécile Aubry. Musique d’Armand Amar. Un film Gaumont.

Réaliser une version modernisée de la série cultissime était une belle et grande idée. L’histoire habillement transposée pendant la Seconde guerre mondiale alterne donc l’excellence et le pathétique côté chansonnette, malheureusement. Les paysages sont magnifiques : bien filmés avec de formidables cadrages et mouvements de caméra, Tcheky Karyo est convaincant d’un bout à l’autre du film dans son rôle de grand-père compatissant. Tous les acteurs font un travail remarquable y compris le chien particulièrement bien dressé. Le héros, évidemment, c’est le petit garçon, Félix Bossuet. Sélectionné sur une liste de 2 400 prétendants venus de toute la France, le choix de l’équipe de Nicolas Vanier reste discutable. Oui, il est très photogénique et joue naturellement sans « surjouer » mais c’est ici que notre critique de film Alix aurait agit différemment. Pour elle, il manque de l’émotion sur un visage trop lisse, le jeune Félix a du mal à exprimer les émotions fortes malgré les efforts du réalisateur qui finissent par payer tôt ou tard. La relation de l’enfant avec la chienne semble également peu naturelle contrairement à Medhi, dans la série originale, qui côtoyait sa propre « Belle chérie ». C’est un peu significatif du style pictural de Nicolas Vanier, une œuvre toujours extrêmement belle mais assez facilement figée. Pas question pour autant de dénigrer ses caractéristiques et son film demeure excellent avec même quelques scènes très émouvantes. Le pari osé est globalement une belle réussite. Medhi, à peine reconnaissable (quarante années ont passé), montre toute l’étendue de son talent : pourquoi ne lui confie t-on pas davantage de rôles ? Les aspects à la fois excellents et pathétiques du film s’exposent dans la musique. Légère et aérienne, Armand Amar assure comme à son habitude. L’idée de réutiliser la belle mélodie de Daniel White (une musique classée n°2 à notre liste des cent plus belles musiques de films !) était évidente, bravo pour cette initiative absolument remarquable. L’émotion présente dès l’écoute à l’arrivée des premières notes du thème au vibraphone reste un grand moment de cinéma. Le choix de ce professionnel, probablement sous contrainte des producteurs, est pourtant discutable sur la forme : l’orchestre de Prague joue platement et froidement, à l’est, rien de nouveau. Il est plus que lamentable de ne pas solliciter un orchestre français à une époque où les ravages de la décentralisation économique produisent les effets dévastateurs que l’on sait sur l’emploi et sur la fuite du savoir-faire national ! Pourquoi ne pas enregistrer en France, de quel côté se couvre t-on de honte aujourd’hui ? Quant au choix démagogique de l’ambitieuse Zaz pour interpréter la chanson de « Belle et Sébastien », il vaudrait mieux être sourd que t’entendre ça. Son accent dérangeant dans une mélodie si belle égale son manque de conviction dans l’interprétation ce qui déclenche bien involontairement des sueurs froides dans le dos. L’argument mercantile est certain (attirer au maximum un public jeune) mais il est regrettable de ne pas s’être contenté de la version chantée par la belle voix enfantine de Félix Bossuet lui-même. Pour faire pleurer dans les chaumières, la version de Daniel White demeurera pour toujours un bijou d’intelligence artistique. La perfection est l’ennemie du bien. Et pour la suite, on espère avec le réalisateur et les comédiens, une belle revanche, un deuxième volet avec un jeune acteur prometteur qui aura commencé à bien apprendre le métier. Pouvons-nous espérer entendre une musique symphonique jouée et enregistrée en France d’après le thème et l’harmonisation de Daniel White ? La belle maîtrise technique d’Armand Amar aux goûts musicaux indiscutables (mélodies complémentaires et arrangements) aideront à vivifier l’œuvre ancrée dans la mémoire collective et devenue intemporelle sans Zaz, sans Prague et sans démagogie. De bien belles promesses…

Bonus du film : un « making-of » très intéressant sur les états-d’âme de Medhi, insipide sur les pitreries du petit Sébastien et lamentable sur l’absence de tout commentaire sur la musique du film. Armand Amar, Daniel White, tout le monde s’en contrefiche totalement sauf les Mélodies Modernes, heureusement ! Le karaoké présenté est une aberration artistique qui ne sera ps renouvelé, Les Mélodies Modernes l’espère, dans le second volet de l’œuvre de Cécile Aubry réalisé par le québécois Christian Duguay, « Belle et Sébastien, l’aventure continue », à qui l’on doit l’excellent « Planète hurlante » en 1995, le calopant « Jappeloup » et la nouvelle version d’ « Un sac de billes » prévue pour 2016.

 

 

 

David SHIRE, compositeur
 

Vous voulez de l’info ?

SHORT CIRCUIT, un film de John Badham (1986) avec Ally Sheedy, Steve Gutenberg, Fisher Stevens, Austin Pendleton, G.W.Bailey… Musique de David Shire. Un dvd MCEG Sterling Entertainment.

Sympathique est le terme qui désigne le mieux cette comédie dans laquelle triomphe les bons sentiments. Le doublage français est extraordinaire : la voix de Johnny 5 possède une couleur sonore d’une grande richesse par sa modulation étendue hors médium et l’interprétation du comédien Jean-François Vlérick rend vivant et très présent le robot. Une voix rare et précieuse qui « donne de la pêche » ! On peut également relever le fait évident qu’une telle qualité de voix française rend terriblement humain et attachant un tas de ferraille et de composants électroniques ; Johnny 5 a bien de la chance et noe oreilles aussi ! Les robots sont à l’honneur depuis les débuts du cinéma, Georges Méliès en avait déjà introduit dans ses films à la fin du XIXe siècle et une armée d’êtres artificiels tous plus farfelus les uns que les autres se sont succédé à l’écran : le robot Gort du « Jour où la Terre s’arrêta », « E.T. », l’androïde R2D2 de « La guerre des étoiles » , l’androïde Rem de « L’âge de cristal », le petit David dans « A.I. » ou « D.A.R.Y.L. », le cyborg de « Terminator », le cow-boy automatisé de « Mondwest », en somme, l’imagination débridée des romanciers, scénaristes et créateurs d’effets spéciaux nous mène aux confins de l’irréel. Pourtant nous y sommes tombés : l’homme commence à maîtriser la technique du clonage et le présent a dépassé le futur, l’homme est ouf ! La musique de David Shire pour « Short circuit » s’adapte au contexte : tantôt dynamique, tantôt mélancolique, elle repose sur une génération de synthétiseurs aux sons spécifiques que l’on retrouve dans les films des années 70 – 80. Les parties orchestrales sont très symphoniques avec des violons chantants sur des rythmes bien marqués : de la bonne musique de film comme Hollywood sait en concocter. Alix trouve ce film original Très Divertissant, il comblera de bonheur les enfants et grands enfants que nous sommes. La musique est Parfaite. Compte tenu du succès du film une suite toujours aussi humoristique sera réalisée en 1988 par Kenneth Johnson avec pour titre « Appelez-moi Johnny 5 (Short circuit 2) », un film dont la voix française du robot est modifiée ce qui est une grossière erreur ; malgré tout et fort heureusement c’est toujours Jean-François Vlérick et sa voix chaleureuse que l’on entend. Le « papa » du robot est doublé, lui, par Jean-Claude Montalban qui s’y connaît pour avoir déjà prêté sa voix 20 ans plus tôt à Peter Sellers pourvu d’un fort accent indien dans « La party » de Blake Edwards (voir ici). La musique de « Appelez-moi Johnny 5 (Short circuit 2) » est composée par Charles Fox (voir ici).

Autre film d’importance du réalisateur John Badham : « Wargames » avec Ally Sheedy à ses débuts, musique d’Arthur B. Rubinstein, voir ici (page XIII des compositeurs de musiques de films)

 

 

 

Policier

LE RÉCIDIVISTE/Straigth time, un film d’ Ulu Grossbard (1978) avec Dustin Hoffman, Theresa Russell, Harry Dean Stanton, Gary Busey, Katy Bates, Sandy Baron, M. Emmet Walsh… Musique de David Shire, lyrics de Norman Helms. Un film First Artists.

Ce film est excellent dans le genre : avec une brochette d’acteurs tous aussi bons les uns que les autres, l’histoire repose sur une histoire vraie, celle d’un malfrat incapable de se ranger et qui entraîne dans la spirale de la violence son entourage. Voleur, meurtrier d’un policier qui tentait d’entraver sa fuite, il finira mal à moins que la chance des délinquants heureux ne tourne enfin sa faveur contre toute moralité… La musique de David Shire est à son tour Excellente, très années 70 dans les rythmes mais l’orchestration symphonique permet aux violons de chanter sur de simples et efficaces mouvements contraires (un mouvement mélodique montant est doublé d’un mouvement mélodique descendant et inversement) : trois accords pour lancer et clôturer un film d’une heure cinquante alors que le spectateur y voit trente minutes… Un polar, noir, humain, social et urbain qui permet de passer un très bon moment de cinéma. Alix évalue ce film et sa musique en donnant la mention Parfait. Une question cependant : les paroles de la chanson entendue dans le film sont signées Norman Helms. Qui est-il exactement ? Cet auteur va t-il rejoindre Jim Helms, le compositeur de la série «Kung Fu » dont on ne sait absolument rien (aucune info disponible sur Internet ou ailleurs) ?!

 

 

 

Mario NACIMBENE, compositeur

Bon nombre de musiciens italiens se seront formés au conservatoire Verdi de Milan. Mario Nascimbene fait partie du nombre. Né en 1913 il n’attendra pas longtemps avant d’écrire pour le cinéma une fois ses études de composition bien avancées : c’est l’époque des grandes productions italiennes dans un « Hollywood sur le Tibre », ces immenses studios Cinecittà de Rome d’où vont jaillir les grandes œuvres « Quo Vadis », « Ben-Hur », « Le voleur de bicyclette » etc. Invités à venir y travailler, les réalisateurs américains se laisseront tenter par l’aventure. C’est également dans ce contexte qu’évoluera Mario Nascimbene en écrivant beaucoup de partitions et quelques grandes compositions « La comtesse aux pieds nus » de Joseph Mankiewicz en 1954, « Alexandre le grand » de Robert Rossen, « Les Vikings » et « Barabbas » de Richard Fleischer, « Salomon et la Reine de Saba » de King Vidor, « Les Mongols » de André de Toth en 1961. La musique était quasi-omniprésente à l’écran ; mélodiste né aux thèmes-leitmotiv, les percussions de l’orchestre symphonique utilisées savamment par le compositeur sauront toujours se faire entendre d’un bout à l’autre du film comme merveilleux soutien aux images et à l’action, quitte parfois à fatiguer les oreilles du spectateur d’aujourd’hui plus habitué aux sons électroniques et autres rythmes techno plutôt qu’aux résonnances naturelles des timbales, aux ras des percussions et aux appels des cors de chasse.

Justement, le compositeur aura su utiliser les sons électroniques dans certains films ce qui lui permettra d’aider à former son arrangeur en chef, celui qui assurait aussi la direction de l’orchestre, je veux parler d’un certain… Ennio Morricone (voir ici). Quant à Mario Nascimbene, il entretiendra une étroite collaboration avec son compatriote de réalisateur Roberto Rossellini dans les années 60 et 70. Mario Nascimbene écrira pour la télévision et le théâtre. Il décèdera en 2002 après un parcours musical exemplaire.

L’interview exclusive du compositeur, cliquez ici (infos Nacimbeneaward.net, en italien)

Pour en savoir + sur les studios italiens Cinecittà qui fête leurs 70 ans d’existence, cliquez ici (infos France 2 télévision)

Pour en savoir + sur l’histoire du cinéma transalpin, cliquez ici (infos Wikipedia, en français)

 

 

 

« Actrice italienne ? Mon rêve ! Gina et Sophia vous êtes mes idoles »

 

 


Robert FOLK, compositeur

 

Plus – vite, plus – vite, plus – vite…

Robert Folk est « le produit » même de ce que le système américain de formation à la musique classique peut engendrer de meilleur. Contrairement à la France qui néglige de plus en plus son système éducatif et qui méprise tout particulièrement l’enseignement artistique spécialisé, un apprenti musicien motivé et déterminé pourra toujours outre-Atlantique se forger son chemin jusqu’au professionnalisme. Pour notre compositeur new-yorkais, son entrée dans la la cinquantaine démontrera qu’il est rapidement parvenu à ses fins : composer dans toutes les directions. Musicien classique formé à la très célèbre Juilliard school de sa ville natale, établissement mondialement connu pour ses centaines d’enseignants et invités de tout premier plan (musique, danse, théâtre, cinéma…), Robert Folk composera le thème de la suite de films célèbres « Police academy » avec le succès que l’on sait ; il n’y a pas que le film qui déborde de vitalité : explosif et complètement délirant, la musique prouve la capacité d’adaptation du compositeur. S’il ne revendique pas l’énorme travail de fond que représente l’orchestration de ses thèmes il n’en demeure pas moins compétent vu la multitude d’œuvres composées en faveur des interprètes de musique classique. Là, évidemment, il doit tout gérer de A à Z. Le système de travail américain basé sur le partage des responsabilités dans un collectif où les différentes parties sont très hiérarchisées mais interdépendantes (chacun à sa place doit donner le maximum de ce qu’il est censé faire en étroite collaboration avec les autres parties concernées) incite les arrangeurs de l’ombre à plancher sur les orchestrations de compositeurs attitrés. Robert Folk compose et dirige l’orchestre, les arrangeurs arrangent ses trouvailles, quoi de plus naturel ? Sur le fond, cela permet de donner du travail à tout le monde et peut-être aussi de révéler un jour de futurs grands compositeurs de musiques de films : Vladimir Cosma n’a-t-il pas émergé un jour grâce à Michel Legrand qui lui confiait ses arrangements… ? Du duo à la symphonie, du ballet à la musique de film, Robert Folk saura inventer des idées mélodiques que l’on pourra apprécier par exemple dans le prochain film de Freedman consacré à Vivaldi (avec Fiennes, Mc Dowell, Bisset et Depardiou) à l’instar de ce qu’à réalisé Forman pour Amadeus. Mélanger le classique et la musique de film ne posera aucun problème à Robert Folk sur le plan technique et artistique. Pour une seule et bonne raison : son surnom pourrait être Conceptuel. Entre Robert pour son classicisme et Folk pour son côté plus traditionnel, le destin s’invite parfois sur un registre d’état-civil.

 

 

Drame

HÉROS POUR CIBLE/RIEN À PERDRE/Miles from home, un film de Gary Sinise (1988) avec Richard Gere, Kevin Anderson, Helen Hunt, John Malkovich, Brian Dennehy, Terry Kinney, Laurie Melcalf, Terrence Beasor, Laura San Giacomo… D’après une histoire vraie. Musique de Robert Folk. Un dvd Hurley.

Richard Gere est né dans la campagne. Élevé dans la ferme de ses parents eux-mêmes enfants de fermiers, le thème de ce film ne pouvait laisser l’acteur indifférent. La cause perdue des agriculteurs et des éleveurs en pleine crise des marchés provoque des drames dont on a du mal aujourd’hui encore à mesurer toute l’ampleur. Le problème ne vient pas du travail monstrueux fourni quotidiennement par des gens admirablement bosseurs (les fainéants ne tiennent pas longtemps dans un milieu professionnel aussi pénible), aux États-unis comme partout ailleurs. Le problème vient de la désinvolture du public simplement soucieux de voir les rayons du supermarché copieusement remplis. L’autre problème fondamental émane de la finance internationale qui se contrefiche totalement des femmes et des hommes qui la font fructifier. Les contribuables sont « des vaches à lait ». Avec une ferme et des terres qui appartiennent à la famille Roberts depuis plusieurs générations, Richard Gere dans son rôle va devoir affronter avec son jeune frère les banquiers et autres actionnaires avides de rapports rapidement juteux : la propriété autrefois prospère et exemplaire (Nikita Krouchtchev, Premier secrétaire du Comité central du Parti Communiste viendra la visiter depuis l’ex-URSS) est très lourdement hypothéquée. La lutte du pot de terre contre le pot de fer commence alors jusqu’à atteindre son paroxysme. Gary Sinise, brillant acteur très connu, a réussit un film remarquable pour une première réalisation. La musique de Robert Folk est à la hauteur : mélodique, mélangeant les influences et les styles (classique, descriptive, mélancolique, agitée, country), joliment arrangée, l’orchestre symphonique justifie pleinement l’arrêt sur image effectué par Alix. À noter Helen Hunt dans un second rôle comme dans « Urban cowboy » : l’actrice aura décidément ramé avant de décoller avec « Twister » ! Pour Alix « Héros pour cible » d’abord appelé « Rien à perdre» comme plusieurs autres films est Très bon avec un excellent Richard Gere (ce qui n’est pas systématique malgré son talent) ; quand on pense qu’il aurait pu devenir un grand trompettiste de jazz… Le doublage en français demeure lui aussi remarquable, c’est une habitude dont on ne se lasse jamais. Avec la musique de Robert Folk Très bien adaptée, la réussite est au rendez-vous sur toute la portée !

 

Drame

L'école des héros - Les Mélodies ModernesL’ÉCOLE DES HÉROS/Toy soldiers, un film de Daniel Petrie Jr (1991) avec Sean Astin, Wil Wheaton, Keith Coogan, Aandrew Divoff, Mason Adams, Denholm Eliott, Louis Gosset Jr, Michael Champion… D’après la nouvelle de William P. Kennedy. Musique de Robert Folk. Un film TriStar Pictures.

Formidable, voici un film formidable ! Acteurs, réalisation, musique, doublage français, scénario, tout n’est que réussite. En cette époque tourmentée par les attentats commis en France et dans le monde par des terroristes musulmans extrémistes et fanatisés (des malades mentaux et des assassins, pour résumer), ce film de 1991 semble prémonitoire. Les États-Unis ne sont pas géographiquement attachés à l’Afrique mais à l’Amérique centrale et à l’Amérique du sud ; c’est de ce côté-là que les problèmes vont émerger suite à l’arrestation d’un patron de la drogue, transféré au nord pour rendre des comptes à la justice. La réaction épidermique de son fils et de ses sbires, impliqués jusqu’au cou dans le trafic de la drogue, des armes et autres saloperies en tous genres, va être terrible. Les étudiants d’un établissement huppé vont connaître l’Enfer : actes de violence, exécutions, despotisme, comment faire face à mains nues aux terroristes ? La musique de Robert Folk est extraordinaire ; sur un rythme constant de caisses-claires percutantes, la mélodie explose dans les aigus des trompettes et des envolées lyriques confiées aux cordes. On pense à du John Williams ou à du Jerry Goldsmith mais non, c’est du Robert Folk ! La mélodie et l’harmonisation, riches par l’intégration de cellules rythmiques plus que par leurs changements de tons, relancent en permanence l’intérêt porté au thème principal et indiquent le style musical très artistique du compositeur, à l’image de sa musique symphonique tout aussi géniale des « Police academy », dynamique et virevoltante, terriblement motivante et jamais assourdissante. Robert Folk gars connaît les instruments et l’utilisation que l’on peut en faire sur le bout des doigts. Quand on vous dit que le travail de Robert Folk est for-mi-da-ble… !

Une scène, un bémol : deux terroristes trop détendus sur le toit n’entendent pas l’hélicoptère qui arrive derrière eux, caché par le clocher. C’est la seule scène un peu ratée du film au demeurant excellent.

 

 

 

Daniele AMFITHEATROF, compositeur
Western

LA FUREUR DES HOMMES/From Hell to Texas, un film d’Henry Hathaway (1958) avec Don Murray, Diane Varsi, Chill Wills, Dennis Hopper, R.G. Armstrong, Jay C. Flippen, Margo, John Larch, Ken Scott, Rodolfo Acosta et Salvador Baguel. Musique de Daniele Amfitheatrof. Un dvd 20th Century fox édition spéciale collection Western de légende dirigée par Patrick Brion et Bertrand Tavernier.

Alix aurait beaucoup de choses à raconter sur « La fureur des hommes » et sur ceux qui lui ont donné vie. Ce film dégage un sentiment très positif, il s’agit bien d’un western avec tous ses ingrédients : les cow-boys et les indiens, les bagarres et les coups de feu, les cavalcades et les grands espaces, le saloon et les clopes, les bons et les méchants, la jolie femme qui attend son homme, un héros, évidemment. La seconde impression est ravageuse : ce film est un chef d’œuvre. Les cow-boys sont très différents des westerns habituels, rien à voir avec les autres films plus traditionnels dans l’esprit. Ici les personnages sont « fouillés », ils sont perturbés, tourmentés, agressifs ou non violents, la psychologie est très complexe et passionnante. Don Murray dans son attitude de cow-boy solitaire détestant l’usage du révolver est victime d’une vengeance interminable ; le jeune acteur trouve ici un rôle à la mesure de son talent. Il aura d’ailleurs l’occasion de persévérer dans ce style un an plus tard avec l’excellente série tout aussi révolutionnaire « Les bannis ». L’actrice Diane Varsi sa partenaire à l’écran, âgée de vingt ans seulement, était déjà lourdement récompensée pour sa performance dans « Les plaisirs de l’Enfer/Peyton Place » (musique de Franz Waxman, voir ici) l’année précédente. Sa présence dans « La fureur des hommes » lui permet d’interpréter le rôle d’un « garçon manqué », elle demeure tout aussi remarquable dans sa prestation que l’est le vétéran du cinéma Chill Wills. Ils possèdent tous deux une présence indéniable qui crève l’écran. Comme pour le rôle brillant du troisième comparse Don Murray, Diane Varsi n’aura jamais forcé son talent : danseuse dans sa prime jeunesse, étudiante occupée à visiter les rues de San Francisco plutôt qu’à user son jean sur les bancs de l’université, adepte de l’école buissonnière car dotée d’un esprit rebelle, l’actrice n’aimait pas se saupoudrer le visage encore moins parader à l’instar de ses consœurs de l’époque : la femme moderne, libre et naturelle sans artifices trouvait sa meilleure représentation avec Diane Varsi, l’Anticonformiste. Sa vie aura été parsemée de difficultés relationnelles avec le Tout Hollywood bien pensant et archi-conventionnel mais elle fera toujours face y compris lorsque la maladie frappera. Des épreuves terribles subies au niveau de sa santé la fera nous quitter à l’âge de 53 ans seulement.

L’excellence de « La fureur des hommes » ne doit pas occulter le rôle de la musique du film. Daniele Amfitheatrof sera au meilleur de sa carrière en 1958 après un parcours personnel rempli d’évènements en tous genres. Né en Russie à Saint Pétersbourg en 1901 c’est à Rome, à la Scala de Milan, en Russie, en Tchécoslovaquie et finalement aux États-unis avant de retrouver l’Italie qu’il exercera l’apprentissage de son art, la musique classique. Pianiste et violoniste, certainement opportuniste sans quoi il est impossible d’exercer un métier dans la voie artistique que l’on s’est choisie surtout dans un environnement de compétition atroce comme peut l’être Hollywood, son orientation vers la musique de cinéma résultera de ses rencontres et de ses soutiens obtenus à droite et à gauche ; ils lui permettront de fournir un travail énorme pour une soixantaine de films dont certains restent mémorables. D’un point à l’autre de son évolution musicale, du début à la fin de sa carrière de compositeur de musiques de films, les mélodies et orchestrations de Daniele Amfitheatrof s’adapteront au contexte de chaque production. Aucun autre compositeur n’aura su s’imprégner aussi efficacement de l’ambiance d’un film pour la restituer en notes de musique au détriment, probablement, de son envie de créer selon sa propre inspiration. Lui qui adorait la musique classique il se laissera imprégner par le jazz en témoigne son Panorama de la musique américaine enregistré à Paris en 1936 par l’Orchestre des concerts Pasdeloup pour les disques Pathé (voir ici) ; notre ami subira le système très hiérarchisé, calculateur et industriel de la musique de film des années 40 à 50 qui ne supportait pas beaucoup l’esprit d’innovation, source de prise de risque… Des collègues se seront néanmoins lancés dans cette voie d’exploration et d’expérimentation avec acharnement mais pas Daniele, pas vraiment. Le cinéma permettra tout de même de se souvenir de Daniele Amfitheatrof, indirectement bien sûr mais avec certitude car il faudrait ne rien y connaître pour ne pas se souvenir de la « Fidèle Lassie » qui révéla en 1943 Elisabeth Taylor et Roddy Mac Dowall (voir ici) ni du formidable feuilleton télé « Au coeur du temps » ! Ainsi grondait la Marabunta : sur des musiques magnifiques de Daniele Amfitheatrof dues à son extraordinaire travail de foumi.

À noter dans le bonus du dvd de « La fureur des hommes » les commentaires très intéressants de deux spécialistes du cinéma, Brion et Tavernier qui nous apprennent par exemple que les indiens ne sont pas des sauvages ou que Don Murray n’aura pas été apprécié à sa juste valeur dans ce film.

 

 

 

Laurence ROSENTHAL, compositeur

Laurence Rosenthal est né dans le Michigan, à Detroit en 1926. Après des études classiques de piano et de composition, il perfectionnera ses connaissances en séjournant deux années à Paris au Conservatoire américain de Fontainebleau. La réputation de cette structure d’enseignement est telle que tous les plus grands compositeurs de musiques de films – pour ne parler que de ce domaine – auront un jour ou l’autre usés leurs fonds de pantalons sur les bancs de la salle de classe de Nadia Boulanger. Sans parler des Leonard Bernstein, Aaron Copland, Quincy Jones et autres monstres sacrés… Si vous avez parcouru les pages précédentes du site des Mélodies Modernes consacrées aux compositeurs de musiques de films, vous aurez constaté à quel point l’influence de cette extraordinaire personne aux connaissances immenses, douée pour l’enseignement et dotée d’un grand humanisme aura marqué toute une génération de compositeurs. Après une très solide formation reçue à l’École normale de Paris par les plus grands compositeurs de musique classique et contemporaine, la directrice mènera de main de maître son établissement de 1949 à 1979 et assistera à l’éclosion sûre et tranquille du talent de ses petits et grands protégés. Pour en savoir plus sur cette remarquable pédagogue qui a formé des dizaines de compositeurs de musiques de films et les meilleurs de surcroît, cliquez ici (info Wikipedia). Quant à Laurence Rosenthal, il poursuivra son chemin jusqu’à Salzbourg avant de devenir le compositeur en chef des documentaires dans l’U.S. Air force.

La montée en puissance de son talent passera par les scènes de Broadway puis par les premières compositions pour la télévision. Dans ce domaine, sa partition pour la série T.V. « L’âge de cristal » sera tout à fait remarquable. À retenir également, entre autres, un téléfilm dans les années 80 « Permis de tuer/Licence to kill » appelé aussi « Ultime justice » (les téléfilms ont parfois plusieurs titres), le scénario : l’histoire d’un père de famille qui boit et conduit ce qui l’amène involontairement à tuer une jeune fille, un téléfilm avec Denzel Washington à ses débuts mais aussi Don Murray et Donald Moffat sur un thème au piano joué par Laurence Rosenthal lui-même ; il démontre ainsi son talent harmonique par d’ingénieux changements de tons. Puis vinrent « Les chroniques du jeune Indiana Jones » en 1994, « Meteor » en 1979, un film qui possède ses doubles : « Deep impact », « Armageddon » ou bien encore « Impact » (voir articles suivants), des films et téléfilms conçus pour nous rappeler régulièrement que la menace de l’écrasement d’une météorite sur la Terre est bien réelle, j’en veux pour preuve ce météore annoncé pour 2028 et qui va effleurer – ou percuter ?- la Terre voir la page Prendre de la hauteur rubrique Le ciel va t-il nous tomber sur la tête ?). Peut-être même dès 2012… Un autre film typically so british, « Becket », sortira en 1964 avec un Peter O’Toole au sommet de sa gloire (il venait de jouer dans « Lawrence d’Arabie », musique de Maurice Jarre) : « Becket » est la version cinéma de la pièce de théâtre pour laquelle Laurence Rosenthal s’était déjà fait remarquer à Broadway quelques années plus tôt avec ses belles mélodies. On pourra entendre de nouveaux thèmes et surtout quelques musiques de soutien aux images dans un curieux western psychologique sans succès « Dialogue de feu/Gunfight » en 1971 avec Kirk Douglas et Johnny Cash, un monstre sacré de la musique américaine pas vraiment doué pour le cinéma mais qui se sera fait plaisir ici (malheureusement cela ne se verra pas à l’écran tant son visage et son attitude sont figés), « Le revanche d’un homme nommé cheval » en 1976 avec un très beau thème puis arrive la série T.V. de ces sacrés années 70 si prolifiques, « L’âge de cristal », pour lequel un travail colossal fut réalisé en composant pour chaque type de scène et pour chaque épisode un thème différent du thème leitmotiv principal du générique soit une multitude de musiques absolument magnifiques. Pour le film-pilote de la série d’une durée d’une heure trente, Laurence Rosenthal enregistra plus d’une heure de musique, rendez-vous compte ! Vingt six musiciens y compris les synthétiseurs se démenèrent sur des orchestrations très riches rythmiquement et harmoniquement avec de formidables changements de tonalités et des passages atonaux de première importance ; par la variété des orchestrations, chaque épisode nous transportait dans une ambiance et un cadre totalement dépaysants…

Ses collègues Jeff Alexander, Jerrold Immel et Bruce Broughton, tous professionnels connus et reconnus de la composition pour le 7e art auront assuré la partition de certains épisodes tant la tâche à mener fut immense. Le résultat ne se fît pas attendre avec un bide aux États-unis mais un succès européen et principalement français ce que n’espérait pas la M.G.M. (la Metro Goldwin Mayer). En effet, toutes les autres Majors compagnies possédaient déjà leurs fers de lance dans la science-fiction, ils étaient tous dopés par George Lucas et sa fameuse « Guerre des étoiles » : la Paramount avait produit la série T.V. « Star Trek », les studios Disney le film « Le trou noir », Universal « Battlestar Gallactica » une série télévisée également refaite en 2003, United artists avait propulsé James bond dans l’espace avec « Moonraker » et Columbia pictures donnait naissance au célèbre film de Steven Spielberg « Rencontres du troisième type ». Malheureusement, le feuilleton « L’âge de cristal » ne séduit pas un public américain trop difficile. En revanche, les qualités du doublage français, la beauté de sa musique et l’esprit de la série, son heure de diffusion aussi, après l’ami incontournable du dimanche Jacques Martin et son équipe d’iconoclastes et avant sa légendaire École des fans, auront aidé à sa réussite populaire en France. Le tournage avorté des épisodes n’a même pas donné lieu à une sortie en vhs, encore moins en dvd. Pauvres fans que nous sommes ! Maigre consolation, le générique est disponible sur Internet et donne des frissons, comme à sa première heure : cliquez ici (YouTube)

« L’âge de cristal », musique de Jerry Goldsmith,  fut d’abord un film en 1976.

Découvrez le site officiel de Laurence Rosenthal, sa biographie, ses compositions plus classiques et beaucoup d’autres infos.

 

L’âge de cristal (feuilleton télévisé), thème de Laurence Rosenthal (thème secondaire de l’épisode pilote) : analyse

Laurence Rosenthal a composé un thème exemplaire pour le feuilleton L’âge de cristal : entraînant, extrêmement mélodique, dynamique, énergique dans une répartition parfaite des sons entre les cordes, les vents et les percussions, le travail délicat du compositeur est un véritable travail d’orfèvre. Sa musique ne ressemble pas aux compositions expérimentales agressives de Jerry Goldsmith pour le film cinéma qui aura précédé un an plus tôt le feuilleton, un film qui a vieillit avec sa musique dépassée depuis l’explosion de l’écriture électronique. Sans obligation de s’en rapprocher en 1977, Laurence Rosenthal laissera librement s’exprimer son talent qui ne doit pas être réduit à la seule musique du générique malgré son grand intérêt !

Dans l’épisode pilote, les deux principaux acteurs Gregory Harrison et Heather Menzies sont deux parfaits inconnus dans le métier mais qui vont rapidement devenir populaires grâce au succès de la série en France ; leur rôle consiste à fuir le limier qui doit les ramener au Carrousel, nous sommes au XXIIIe siècle deux cents ans après la fin d’une guerre atomique destructrice. Enfermés dans les dômes de cristal ils vivaient chacun de leur côté une existence heureuse et facile faite de nombreux plaisirs sous le contrôle des ordinateurs. Le hic ? Personne n’avait le droit de vivre plus de trente années. Afin d’échapper à la dernière cérémonie d’une (courte) vie et pour ne pas devoir être achevé ou renouvelé (!), Logan 23 et Jessica 6 vont fuir. La musique évoque régulièrement cette course poursuite avec l’emploi habituel des doubles et triples croches voire des trémolos aux cordes sur les temps bien martelés des timbales. Le thème ci-contre joue le contraste : en rencontrant dans leur fuite éperdue une société de personnes totalement pacifistes, Jessica fraternisera avec Leanna, une petite fille dont le thème simple et fluide demeure aisément en mémoire : en une minute quinze Laurence Rosenthal signe un thème superbe soutenant parfaitement le propos.

La mélodie ci-contre surgit après une course folle : les seconds violons sont doublés par les premiers violons à l’octave supérieure pour un thème presque reproduit à l’identique à la harpe classique dans un mouvement arpégé. Pour provoquer un frein et donner l’impression du ralentissement transitoire entre la musique rythmée et agitée de la poursuite qui précède et la scène douce et calme qui s’ensuit (début de la partition ci-contre), Laurence Rosenthal utilise une technique à laquelle on ne se réfère pas assez souvent : l’alternance des mesures à 2, 3 et 4 temps avec un effet garanti ! L’arrivée sur les mesures à 4 temps (mesure 7 de la partition) permet de délivrer un thème très beau joué sans interprétation par les cordes.

Les mesures 12 et 13 sont en Si mineur (la mesure 13 est la réplique de la mesure 12) et sont jouées aux flûtes traversières dont la flûte basse. Attention, la note basse tenue pendant huit temps en clé de fa, le La, n’est pas la note tonique est c’est ici que ce trouve la subtilité de l’écriture. Détail.

Le premier accord Do dièse – Fa dièse – La est l’accord renversé au IIe degré de l’accord parfait mineur (accord à trois sons) Fa dièse – La – Do dièse rencontré sur le Ve degré de la gamme de Si mineur mélodique descendante (en l’absence de la note sensible La dièse utilisée à la montée dans la gamme mineure mélodique ascendante). Curiosité : la note basse en clé de fa devrait être le Fa dièse pour rester dans la logique (c’est à dire sur le Ve degré de la gamme mineure) mais non, le compositeur lui préfère le La. Vous savez pourquoi ? Pour la transition toute en douceur avec la mesure suivante !

L’accord qui suit, Si – Ré – Fa dièse, est celui de l’accord parfait mineur (accord à trois sons du Ie degré de la tonalité de Si mineur mais la note La présente à la basse depuis la mesure précédente le transforme discrètement en accord à quatre sons, Si septième mineure au IIIe renversement mais cette présence est non conforme aux règles de l’harmonie classique car dans cette tonalité de Si mineur nous devrions normalement y trouver un La dièse… Sauf dans la gamme de Si mineur mélodique descendante, pour ne rien changer aux choix de Rosenthal !

Cette technique de composition rappellent un passage similaire entendu dans un téléfilm yougoslave des années 60 et dans le thème principal de Michael Kamen pour le film Dead zone (voir ici) les mesures 4 et 5 de la partition).

Le thème principal de L’âge de cristal revient mesure 17 à la clarinette avant une nouvelle course poursuite…

Tonalités rencontrées : mesures 1 à 6, Fa Majeur (un Si bémol) / Mesures 7 à 11, Ré Majeur (un Fa dièse et un Do dièse) / Mesures 12 et 13, Si mineur (relative de Ré Majeur) / Mesures 14 à 16, retour en Ré M / Mesures 17 et suivantes, Sol Majeur, l’histoire continue…

Les arrangement sont de Jeff Alexander, un musicien complet et inventif dont les Mélodies Modernes vous reparlera très prochainement. D’autres musiques des divers épisodes sont signées Jeff Alexander en tant que compositeur et non plus seulement arrangeur cette fois, Jerrold Immel et Bruce Broughton assurant les dernières aventures avant l’arrêt du feuilleton (un bide aux États-unis, un succès fou en France !). Le doublage français de Logan 23 est issu du talent de Pierre Arditi, Rem l’androïde étant doublé par René Briard. Que des champions d’un bout à l’autre de la chaîne artistique ce qui explique tout !

À noter dans la musique du feuilleton quelques notes électroniques qui ponctue la fin du générique : Laurence Rosenthal tenait à ce renvoi amical au film dont la musique signée de Jerry Goldsmith est bourrée des mêmes sons puissants et très pénibles…

 

 

 

Chaud show

THE ECHO OF THUNDER, un téléfilm de Simon Wincer (1998) avec July Davis, Jaime Sheridan, Lauren Hewitt, Ernie Dingo, Chelsea Yates, Michael Caton et le chien Thunderwith. Musique composée et dirigée par Laurence Rosenthal. Un disque Intrada. Édition limitée à 1 000 copies.

Une famille sans histoires au fin fond de l’Australie, les Richies, coulent des jours heureux. Jusqu’à l’arrivée de la fille issue d’un premier mariage du père avec une femme malheureusement décédée. La présence d’un nouvel élément dans une structure familiale bien huilée va provoquer bien des problèmes on s’en doute. Un chien va pourtant aider l’adolescente à trouver sa place au soleil dans le bush australien… Ce téléfilm dramatique sous bien des aspects n’a pas été doublé en français ni diffusé chez les latins et on se demande bien pourquoi car la musique de Laurence Rosenthal, évaporeuse comme les mirages et imposantes dans l’expression des sentiments exacerbés vaut largement le détour ! Subtile, légère, aérienne, les qualités du compositeur s’expriment encore mieux avec l’âge et l’expérience. Plutôt musique d’ambiance, le style employé pour ce téléfilm est souvent différent de celui de sa musique pour la série « L’âge de cristal » composée 20 ans plus tôt. Le temps accordé à certaines scènes importantes pour la bonne tenue de l’histoire permet ici un développement de la musique, l’écriture est plus étendue, plus profonde, les thèmes s’étalent sur de magnifiques notes tenues aux cordes, presque à l’infini. Ses études de la composition musicale en France l’auront fortement inspirées, dans « The echo of thunder » flotte un parfum de Debussy, Ravel, Fauré, Poulenc et Maurice Jarre, un curieux mélange de styles récitatifs et expressifs. Le bonheur à l’état pur, en fait. De toute évidence, l’exubérance se devait de céder la place à la sérénité, conformément au but du scénario inspiré du livre Thunderwith de Libby Hathorn. Ouaf ouaf foi de berger allemand, ce CD a bien été entendu, gouté et approuvé, il est garanti « Bon pour l’écoute » du passionné de musiques de films que nous sommes.

 

 

 

Drame

MIRACLE EN ALABAMAThe miracle worker,un film d’Arthur Penn (1962) avec Anne Bancroft, Patty Duke, Victor Jory, Inga Swenson, Andrew Prime… D’après le roman autobiographique d’Helen Keller « L’histoire de ma vie » paru en 1903. Oscars en 1963 pour Anne Bancroft (Meilleur actrice) et Patty Duke (Meilleur second rôle). Musique de Laurence Rosenthal. Un film United Artists.

Un projet reposant sur la seule conjonction entre budget colossal et grosses vedettes du cinéma ne fera jamais un bon film. Avant toute chose il faut posséder un scénario captivant, des acteurs inspirés, un réalisateur doué et sûr de son art, un compositeur motivé et imaginatif… La réunion de ces talents a opéré dans « Miracle en Alabama », ce film est une véritable réussite. Doté d’un très petit budget et sans star (Elisaberth Taylor était réclamée par les producteurs), c’est Anne Bancroft qui sera choisie par le réalisateur tout comme Patty Duke suite à son interprétation remarquable d’Helen Keller au théâtre trois ans auparavant. Ce film incroyable n’est pas sans rappeler celui d’un autre réalisateur de la « Nouvelle vague », François Truffaut et son « Enfant sauvage » (voir ici) ; la lumière, les cadrages et le montage sont excellents pour un Arthur Penn hyper motivé après son premier succès « Le gaucher » avec Paul Newman. Doté d’une scène de bagarre d’une dizaine de minutes filmée simultanément par trois caméras, « Miracle en Alabama » sort « des sentiers battus » avec cette audace technique et artistique. La difficulté d’éduquer une « sauvageonne » reste un problème à résoudre pour Annie Sullivan ; spécialiste embauchée comme gouvernante pour s’occuper d’une fillette sourde et non-voyante de naissance, l’enfant a grandi dans l’amour immodéré de ses parents issus de la bourgeoise américaine (une chance dans son cas), des parents toutefois trop envahissants qui pardonnent tout à leur fille gâtée et capricieuse. Ils ne savent pas s’y prendre… Bon nombre de personnes en grande difficulté ont été enfermées par le passé dans de sordides hospices, des faits dénoncés en leur temps par la vraie Helen Keller de manière très réaliste ; victime d’un enfermement effectué sans discernement, son parcours est poignant. En 1976 Milos Forman reparlera des conditions horribles de l’internement forcé dans son fameux et exemplaire « Vol au-dessus d’un nid de coucou » (voir ici). La Helen Keller du film aura plus de chance avec sa gouvernante…

Devenu pièce de théâtre en 1959 Patty Duke y interprète à 15 ans le rôle difficile d’une enfant handicapée physique mais assurément pas déficiente sur le plan intellectuelle d’où la confusion des genres. Un rôle dur pour une jeune fille élevée dans sa vraie vie par des tuteurs peu recommandables alors même que ses parents étaient démissionnaires. L’actrice connaîtra un déroulement de carrière tumultueux conditionné par le mélange explosif alcool/drogue. Le message du film n’en est que plus réaliste : on doit tous être élevé et éduqué convenablement pour pouvoir s’intégrer à son environnement. Savoir être ferme avec sa progéniture, intégrer le sens de la rigueur et de la discipline dans tout système éducatif digne, apprendre la tolérance, donner les éléments fondamentaux à l’élève pour progresser et chercher à évoluer dans le respect de la Loi et des convenances revient à savoir bien s’y prendre, toutes proportions gardées, avec l’éducation de son chien : en tenant compte de son caractère propre, celui-ci doit connaître ses devoirs et surtout ses limites… Le problème de l’enseignement spécialisé reste plus que jamais un sujet d’actualité et il est traité de manière bouleversante dans « Miracle en Alabama », un film tourné partout dans le pays sauf en Alabama… Chaque parent pourrait y puiser l’énergie supplémentaire pour combattre l’ère de « l’enfant roi » où tout est permis, tout est autorisé, une époque où la fessée et le fouet sont bannis. Et pourtant… Le peu de moyens financiers d’Arthur Penn pour son chef d’œuvre ne l’aura pas empêché d’intégrer l’orchestre symphonique : Laurence Rosenthal coûtait peu cher car il commençait sa carrière de compositeur de musiques de films ; ses mélodies liées à une marche harmonique descendante très originales sur d’audacieux changements tonalités apportent beaucoup à l’édifice. La musique remarquable de Laurence Rosenthal vous est détaillée par Alix ci-dessous : pour y voir plus clair ne faites pas la sourde oreille ! Un film Excellent pour Alix qui trouve la musique Excellente. Ce n’est pas un miracle, juste du talent…

 

 

Miracle en Alabama, la musique du générique de fin : analyse

Laurence Rosenthal a imaginé trois thèmes principaux dont l’un se présente sous la forme d’une comptine chantée par Anne Bancroft (le doublage français est complètement dépassé au niveau de l’interprétation). Avec ses quelques notes déclinées de la mesure 1 à la mesure 7, la basse ne change pas : l’effet recherché est celui de l’ostinato créant une ambiance de sérénité (la comptine est chantée pendant qu’Helen dort à ses côtés). Le son grave est reposant et propice à la méditation, une caractéristique de la musique traditionnelle. Les accords de FAM (première mesure) et SIbM (deuxième mesure) utilisent le FA à la basse en tant que note fondamentale (première mesure) ou en tant que note de l’accord renversé au 2e degré (accord de SibM deuxième mesure). La note Mi de la mesure 5 transforme l’accord parfait de la première mesure (FaM, accord à 3 sons) en accord à 4 sons (Fa7M).

Mesure 8 changement de ton : cette mesure sert de « pont » pour arriver en SolM ; l’utilisation du Fa dièse est donc obligatoire sur la note sensible. Afin de ne pas renforcer à l’accompagnement le rôle secondaire de la note sensible par rapport à la note tonique (le Sol), on ne rencontre pas de Fa dièse à l’accompagnement ; la note Sol en clé de Fa ne va pas vers sa résolution évidente le Fa dièse (l’attirance du demi-ton) mais vers la note La, une note non présente à la mélodie mais qui complète l’harmonie (accord de septième de dominante Ré Fa La Do sur le Ve degré en Sol M). Mesure 8 également, présence du Fa dièse pour enrichir la mesure (accord de Sol 7e Majeure).

Mesure 10 troisième temps, nouveau changement de ton : passage en Fa dièse Majeur, une tonalité rare avec 6 dièses (Fa, Do, Sol, Ré, La, Mi dièses).

Mesure 11 le son est maintenu de la première à la troisième mesure pour le La dièse et le Mi dièse. L’écriture est néanmoins curieuse : le La dièse est lié au Si bémol tandis que le Mi dièse, lui, est rattaché au Fa bécarre. Bien entendu il s’agit du même son, sur le piano, aucun doute possible, on utilise la même touche pour jouer un La dièse et un Si bémol (touche noire). Le Fa (touche blanche) peut également s’appeler un Mi dièse (même touche blanche) ! L’explication est simple : Laurence Rosenthal a décidé de changer une nouvelle fois de ton car il rétabli sur le troisième temps la tonalité de FaM. Compte tenu de cette tonalité il est obligatoire de remplacer le La dièse par un Si bémol et le Mi dièse par le Fa ! Par ce retour en FaM la boucle est bouclée même si la « marche harmonique » peut s’étendre mesures 13 et 14 puis ad vitam aeternam

 

 

 

 

 

Page suivante : Ernest GOLD, Pierre JANSEN, Florian FRICKE et Alain LE DOUARIN, Éric DEMARSAN, Marvin HAMLISCH, Jean MUSY compositeurs / Geoff LOVE chef d’orchestre / George ROY HIL, réalisateur

 

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