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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

Pour en savoir plus sur les compositeurs de musiques de films et leurs créations, parcourez les pages suivantes !

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

Les musiques de films (XXIV)

C’était au début…

Au début il y eut les frères Lumière. Ils ne furent probablement pas les seuls mais là n’est pas la question. Ils n’étaient peut-être que de simples inventeurs d’images animées projetées par la lanterne magique, certes, mais encore fallait-il y penser ! Le but du jeu consistait en une reproduction du mouvement comme celui de l’athlète ou du cheval ce qui faisait réfléchir les scientifiques et forçait déjà l’admiration du public : la vie venait d’investir le papier animé et franchissait une nouvelle dimension. C’est en imaginant dans son rêve le procédé indispensable pour projeter les images de la pellicule que Louis Lumière inventa en 1894 le cinématographe moderne (voir photo ci-dessous). Il fallait vraiment trouver ça : arrêter une micro-fraction de seconde chaque image pendant le défilement de la pellicule pour permettre le passage d’une quantité suffisante de lumière. Les images de Lumière devenaient subitement lumineuses. Edison et les autres concurrents étaient largués, on fabriqua en quantité industrielle le nouveau boitier magique qui faisait tout (prise de vues, réalisation des positifs et projection). La France était le centre du monde en faisant son cinéma. La musique, elle, devenait musique d’accompagnement ; le pianiste classique en manque de public ou le musicien de rue de passage dans le coin aidait à renforcer l’impression fantastique des moments privilégiés. Les premières salles s’ouvraient à Lyon, les passants étaient dépassés par le phénomène, du monde de l’imaginaire on entra rapidement dans le monde du réel. Le cinéma marquait des points et prenait ses marques de futur art majeur. Avec « L’entrée en gare du train de La Ciotat » comme évoqué dans l’article sur John Williams (voir ici), l’émotion invertissait les murs de projection puis l’humour prit la forme de « L’arroseur arrosé ». C’est que Méliès lui aussi venait de passer par là. Il était écrit que son film très imaginatif « Le voyage dans la Lune » marquerait définitivement les esprits : « Je le vois, donc c’est vrai » pensait-on. Ainsi, au début du 20e siècle venait de naître la domination de l’image sur les autres sources d’informations à notre disposition (le toucher, l’écoute, l’odorat et le goûter), situation qui ne changera plus jusqu’à nos jours. À la fois pour notre plus grand bien et notre plus grand malheur, hélas.

Le commerce entra dans le jeu. Du stade gentillet on passait à la vitesse supérieure, il faut avouer qu’il y avait de l’argent à se faire ! On fabriqua des salles de projection et pour épater toujours un peu plus la galerie et égratigner la concurrence, les films devinrent beaux, colorés (grâce à un brevet déposé par Louis Lumière, encore ! Mais avant cela grâce aux petites mains de l’équipe à Méliès qui peignaient les films image par image), éclairés dans de somptueux décors théâtraux, la mise en scène, la direction d’acteurs, le métier même de comédien… Et la musique, tous prirent une place prépondérante. Les compositeurs classiques français s’y frottèrent, Satie, Honegger, Milhaud et l’allemand Meisel dans « Le cuirassé Potemkine ». Les américains, pendant ce temps là, gros spécialistes du commerce, montaient des studios de production et se lancèrent dans une concurrence effrénée (mais ils adorent ça paraît-il !) : la Fox, la Paramount, la Metro Goldwin Mayer, la Warner, l’Universal… Grâce à la prise de son, les cabines d’enregistrement sortirent du sol et Charlie Chaplin finit bien par admettre que le cinéma muet allait disparaître corps et âme, entraînant à sa perte l’amélioration constante de la perfection des images à laquelle il aura magistralement contribué. Place à l’industrie ! Produire vite, beaucoup, bien et pas cher quoiqu’il arrive, les nouveaux commandements s’imposèrent. La compétition entre studios incita tout de même les producteurs (les financeurs) à faire mieux, toujours plus haut et plus fort, que le voisin. « Et si on allait faire un tour du côté des théâtres de Broadway ? ». Ainsi vit le jour la comédie musicale filmée. C’est une autre histoire dans l’histoire…

 

Pour en savoir +, le site de référence : l’Institut Lumière à Lyon, cliquez ici

 

 

 

 

 

 

 

 

Ernest GOLD, compositeur
Comédie

UN MONDE FOU, FOU, FOU, FOU/It’s a mad, mad, mad, mad world, musique d’Ernest Gold, paroles des chansons (lyrics) de Mack David, bande originale du film de Stanley Kramer, 1963, avec Spencer Tracy et une multitude de vedettes. RYKODISC. CD.

Ernest Gold est le fils d’une famille baignée dans la tradition viennoise. En 1938 à New York, il écrit un concerto pour piano qui sera joué, s’il vous plaît, au Carnegie Hall. Installé à Hollywood en 1945, il fait ses premières armes pour le cinéma en temps qu’orchestrateur. Il ne travaillera pas plus d’une décennie pour illustrer des courts métrages et autres films dits mineurs car sa première collaboration avec Stanley Kramer en 1958 suivie d’autres réalisations communes lui permettront de réaliser l’essentiel de son oeuvre : des orchestrations phénoménales avec une grande masse orchestrale et des thèmes ingénieux particulièrement beaux, tout simplement, comme la mélodie sifflé par Kirk Douglas dans le western « El Perdido » de Robert Aldrich en 1961 mais aussi les thèmes de « Procès à Nuremberg », « Procès de singe », « Croix de fer » et la très célèbre chanson du film « Exodus »… À noter également sa collaboration efficace avec le réalisateur de « Le Dernier rivage/On the beach » (1964) avec Gregory Peck et Ava Gardner qui évoquent l’apocalypse nucléaire vécue par quelques survivants, un film réalisé pendant la Guerre froide à une époque où le cinéaste militant dénonçait la course aux armements. Un an auparavant il achevait une autre expédition très sympathique celle-ci, la course folle d’« Un monde fou, fou, fou, fou » qui marquera l’histoire du cinéma dans le genre comique. On peut y entendre plusieurs mélodies superbes et sublimées par le contre-chant mais l’une d’entre elles est rare : entendue à quelques occasions dans le film, elle est l’exemple même de l’utilisation parfaite des accords de septième. Pour les spécialistes (voir le chapitre B.a-ba de la composition), la mélodie est construite autour de ses accords dits de septième de dominante comme la superbe mélodie du film « L’homme tranquille » par exemple.

Un film fou, fou, fou, fou…

« Un monde fou, fou, fou, fou » est un film génial, délirant et très drôle avec sa musique énergique, parodique mais sans excès (les arrangements sont d’une maîtrise technique et musicale inouïe) et les mélodies très « accrocheuses » rendent fou. On rencontre dans cette musique de film exemplaire deux qualités orchestrales contradictoires que les grands compositeurs et seulement eux savent domestiquer : la présence (lourdeur) et l’élégance (légèreté). Ernest Gold explique qu’il n’aura jamais eu à effectuer un travail aussi titanesque qu’ici : toutes les notes de l’orchestration sont liées à chaque image du film. Tous les effets musicaux, tous les thèmes et les arrangements sont d’une richesse incroyable car ils sont composés en fonction du déroulement des scènes à l’instar des compositions pour dessins animés ; chaque mouvement de personnage est systématiquement doublé par la musique et le bruitage. Imaginez un disque microsillon qui se met soudainement à tourner de plus en plus vite pour finalement ralentir et terminer sa course folle dans la plus grande lenteur : cet effet sonore délirant est provoqué par la mélodie et par l’orchestration conjuguées sur des changements de tempo et de tonalité complètement fous, fous, fous, fous. Quelle inventivité, il faut avoir entendu cela une fois dans sa vie de musicien avant de pouvoir se vanter un jour d’avoir tout entendu ! Sur le C.D. cependant, un bémol au concert de louanges : quelques brefs extraits des dialogues originaux du film (donc en anglais) ponctuent les musiques et surtout, l’interview finale du compositeur n’est pas traduite, la jaquette non plus ce qui est bien regrettable ! Mais les musiques sont extraordinaires par leur créativité et la virtuosité des interprètes, c’est bien ici ce qui compte le plus : le CD fou, fou, fou, fou en vaut largement la peine… À noter que le film est absolument irrésistible car très distrayant et explosivement désopilant. N’oublions pas de rendre hommage au doublage français qui s’avère, une nouvelle fois, extraordinaire. Cette comédie conçue pour rendre hommage aux burlesques américains mérite d’être vue et revue, un film Exceptionnel avec sa musique Exceptionnelle. Incontournables, c’est Alix qui vous le dis, dis, dis, dis !

http://youtu.be/gnfBHCeHqBk

Piere JANSEN, compositeur
Parler de la biographie de Pierre Jansen revient à se pencher sur un phénomène musical avant-gardiste généré par des compositeurs qui ne sont pas « la tasse de thé » d’Alix ; pour ne citer que l’un d’entre eux ce pourrait être Olivier Messian qui a tant motivé la carrière de grands compositeurs de musiques de films tels Georges Delerue, Jerry Goldsmith ou encore Pierre Jansen. Totalement investi dans la recherche musicale par l’utilisation de systèmes plus ou moins éloignés du tempérament (la division du son en douze demi-tons), les compositeurs d’une époque musicale où toutes les audaces semblaient permises (première moitié du XXe siècle) auront su imposer dans les films leurs idées conceptuelles pour le moins tordues il faut bien le reconnaître. Alix n’aimant pas la musique dodécaphonique et sérielle, il serait vain de s’étendre sur le sujet compte tenu de sa propension à la belle ligne mélodie tonale « bien de chez nous ». La mélodie, en effet, est une spécialité bien française. Pour plus de détails lire la page B.a-ba de la composition.
Suspense

LE BOUCHER,un film de Claude Chabrol (1969) avec Jean Yanne, Stéphane Audran, Roger Rudel… Musique de Pierre Jansen. Un dvd DVDY,

Un tueur sévit dans une magnifique région ; nous sommes en 1969 à la fin de l’été et Trémolat dans le Périgord noir s’anime aux rythmes des quatre musiciens du bal de noce : c’est la fête au village ! Les rôles de figuration sont tenus par les habitants eux-mêmes et il est facile d’y croire : les mariages étaient assurés à l’époque par des instrumentistes du cru et non par un DJ de passage. Non loin de là, l’école communale ; son institutrice appartient à cette ancienne génération d’enseignants formidables, cultivés et consciencieux, des profs d’école qui savaient se faire respecter par leurs élèves. La discipline était encore une valeur partagée même si une salle de classe surchargée par des enfants de différentes tranches d’âge rendait la tâche de l’instit plus compliquée. Les difficultés vont néanmoins apparaître avec l’intérêt du boucher pour Mademoiselle… Jean Yanne (photo ci-contre) est formidable dans son rôle de commerçant attentionné mais est-il blanc comme neige ou l’assassin au couteau ? Pour lui donner le change dans un contexte psychologique passionnant se trouve l’impressionnante Stéphane Audran (photo ci-contre), calme et maître de ses émotions : pratiquer le yoga amène vraiment quelque chose de positif ! Le scénario est super, l’histoire baigne dans une atmosphère très « Chabrolienne » à l’exemple de son travelling arrière qui dure plus de trois minutes trente au début du film, une technique de continuité impensable aujourd’hui, « zapping » oblige ! Dans la peau du gendarme qui mène l’enquête, on identifie aisément la voix française de Kirk Douglas : Roger Rudel est un excellent comédien et l’on comprend ici la raison de la grande qualité du doublage français pour les films étrangers. La musique de Pierre Jansen laisse Alix notre critique très perplexe : l’atonalité représentée par une accumulation de sonorités variées de l’aigu au grave produites par des « petites percussions » et des notes électroniques persistantes n’est pas à haute teneur artistique ; techniquement ce choix ramène au monde de l’enfance, aux couteaux du boucher, à la légèreté de l’échange sentimental entre les deux principaux protagonistes en opposition au drame qui se déroule sous leurs fenêtres, un choix heureux pour accompagner des images mais qui reste musicalement insuffisant pour devenir une musique de film à part entière. Pour résumer cette production est Très bonne même s’il elle souffre d’une baisse de régime le dernier quart d’heure : à partir du moment où l’on connaît le tueur en série, le suspense s’effondre. L’excellence aurait été atteinte avec un scénario plus élaboré permettant un rebondissement final surprenant ce qu’Alix espérait en vain. La musique de Pierre Jansen est Insatisfaisante : avec une belle mélodie, ce serait tellement mieux !

 

Comédie

Mords pas, on t'aime - Les Mélodies ModernesMORDS PAS, ON T’AIME, un film d’Yves Allégret (1976) avec Yves Coudray, Sylviane Bressy, Bernard Fresson, Jean-Pierre Darras, Catherine Allégret, Tonie Marshall, Annette Poivre, Micheline Presle… Musique de Pierre Jansen. Un film FR3 Cinéma/UNC.

L’année fut riche en sorties cinéma : « King Kong » et la révélation de Jessica Lange (musique de John Barry), « Taxi driver » et une autre révélation, celui du talent de Jody Foster qui va apprendre son métier d’actrice grâce au paternaliste Robert De Niro (l’actrice sortira également dans l’excellent « La petite fille au bout du chemin » et le raté « Bugsy Malone » tourné uniquement avec des enfants), le documentaire  qui retrace l’histoire d’ « Hollywood, Hollywood » pour les nostalgiques de la grande période de la comédie musicale américaine, « Rocky » qui débute son aventure enthousiasmante sur la musique fabuleuse de Bill Conti, « 1900 » et la saga familiale italienne du début du XXe siècle (musique d’Ennio Morricone). Bien d’autres œuvres étonnantes affronteront l’avis du public parfois médusé : « L’empire des sens, Le Casanova de Fellini, La rose et la flèche pour lequel la musique de Michel Legrand a tellement déplu au réalisateur Mark Lester qu’il l’a virée, Carrie au bal du Diable, La malédiction, Obsession, L’âge de cristal, Les hommes du président, Cria Cuervos, Marathon man, La revanche d’un homme nommé cheval, Josey Wales hors-la-loi, Le Crabe tambour, Les douze travaux d’Astérix face à Goldorak, Transamerica express, Assault, Police python 357, La bataille de Midway et ses gros hauts-parleurs placés au balcon des Mords pas, on t'aime - Les Mélodies Modernescinémas pour un effet surround dévastateur ». D’autres superproductions ou films plus modestes trouvèrent leur public tant ils sont gigantesques : « Vol au-dessus d’un nid de coucou, Les dents de la mer, Barry Lyndon, Le jouet » et l’insignifiant mais terriblement attachant « À nous les petites anglaises ». Au titre de la comédie justement, « La dernière folie de Mel Brooks, L’aile ou la cuisse, L’argent de poche (plus Truffaut que comédie), Cadavres exquis, La meilleure façon de marcher, L’année sainte avec un déclinant Jean Gabin qui décèdera quelques mois plus tard, Un éléphant ça trompe énormément et La victoire en chantant, Le jour de gloire » qui allaient attirer la foule ce qui ne fut pas le cas du film à très petit budget « Mords pas, on t’aime ». Évidemment, on n’y rencontrerait pas Bébel, occupé à alpaguer « Le corps de mon ennemi » (deux sorties à entrées pleines avec Jean-Paul Belmondo à six mois d’intervalle, ça donne une idée de son succès populaire !), il n’avait pas besoin de l’intervention urgente du « Docteur Françoise Gailland » avec Annie Girardot. Les grosses vedettes ne pouvaient donc pas participer à cette production peu prétentieuse mais ceux qui ont connu les acteurs en question dans « Mords pas, on t’aime », dans les séries télé ou sur les planches des théâtres parisiens, savaient qu’on en aurait pour son argent (de poche) avec Yves Coudray, très aimé des français depuis le feuilleton « GMords pas, on t'aime - Les Mélodies Modernesraines d’ortie » et son thème de générique inoubliable interprété (faut le dire vite) par Sylvie Vartan. La présence de Bernard Fresson, Jean-Pierre Darras, Micheline Presle, Catherine Allégret (la fille du réalisateur de son mariage avec Simone Signoret), tous très populaires et aimés des français. Auregane se souvient avoir vu « Mords pas, on t’aime » dans une salle de cinéma attendrie devant le jeu d’Yves Coudray, un film qui n’est pas sans rappeler l’ambiance de « La guerre des boutons » et la gouaille de Petit Gibus. Quand Frédéric se met à faire pipi du haut de l’église sur les habitants médusés, avec l’approbation de Rose qui lui tient la main pour ne pas tomber, on se dit que ce gamin-là n’est pas à une bêtise près et que les grosses gaffes vont s’enchaîner. Yves Coudray est parfait dans son rôle et aura peut-être suscité des vocations. L’époque, en pleine crise pétrolière, était propice à l’esprit frondeur développé par chacun (on n’est pas gaulois ou celtes pour rien) et à l’espoir de voir la société engendrer une nouvelle Révolution ! Alors, avec sa petite musique de film, « Mords pas, on t’aime » se laisse (re)voir une petite fois, pour le plaisir de (re)découvrir un petit gosse rebelle et provocateur sous les petits yeux charmeurs de sa petite amie compatissante dans une petite histoire d’un (pas si) paisible petit village gaulois. En se baignant nus dans la rivière pour récupérer les pièces de monnaie jetées par les paroissiens, ils nous rappellent ô combien les petits ruisseaux ont toujours fait les grandes rivières et que certains films inoubliables n’ont vraiment pas de prix. Raison de plus pour nous offrir une version restaurée !

 

Psychologique

L‘ENFER, un film de Claude Chabrol (1994) avec François Cluzet, Emmanuelle Béart, Marc Lavoine, Natalie Cardone, André Wilms, Thomas Chabrol, Mario David… Musique de Matthieu Chabrol. Uns production MK2 films.

Claude Chabrol, on aime ou on n’aime pas mais en tout cas, son film est Réussi. Seule la fin « en queue de poisson » laisse sur sa faim… À l’inverse, la musique d’accompagnement est Nulle : l’un des fils prodigues du réalisateur, Matthieu, ancien élève de Pierre Jansen au conservatoire, semble plus doué pour la composition atonale et classique que pour la composition dédiée spécifiquement aux films, une mauvaise surprise pour Alix qui n’aime pas le genre. Côté scénario, tout démarre bien en fanfare : deux amoureux fous vivent dans le bonheur absolu et les tourtereaux vont se marier dans l’allégresse. François Cluzet joue très bien et démontre ses réelles capacités de comédien. Marc Lavoine n’ouvre pas la bouche (ne le dites à personne) quant à Emmanuelle Béart, merci, l’actrice ne manque pas de talent et rappelle un peu une autre star du cinéma français, Isabelle Adjani dans le formidable « Un été meurtrier », voir ici. Les comédiennes ont pourtant un jeu différent malgré une interprétation basée sur le même sentiment, la jalousie sans esprit machiavélique. La folie meurtrière va pourtant gagner du terrain au fur et à mesure qu’Alix (notre critique de films) se désintéresse de l’histoire. Jusqu’à la moitié du film, l’ambiguïté sur les responsabilités des uns et des autres est entretenue de manière très « hitchcockienne » (Chabrol est un grand fan du maître), un vrai régal d’intelligence et de subtilité pour le spectateur. Qui est vraiment qui ? Suspense… Hélas, les fausses pistes disparaissent vite et le choix d’une voie unidirectionnelle vient à bout de l’angoisse en nous désignant trop facilement un malade mental, ce qui enlève toute envie de se poser des questions à son sujet. À l’instar du « Boucher (voir ci-dessus) » qui désignait lui aussi trop rapidement l’assassin (Jean Yanne), le scénario de « L’Enfer », plus élaboré, plus complexe, prévu à l’origine pour un tournage de Clouzeau, n’aboutira pas. Vingt ans plus tard, il méritait donc un nouveau traitement plus fouillé jusqu’au dénuement, forcément différent. Qui veut en faire un « remake » sans une fin en point d’interrogation ?

 

 

 


Florian FRICKE, compositeur

Pianiste dès l’enfance et performant toute sa vie dans l’interprétation des concertos de Mozart qu’il adorait, Florian Fricke a développé son intérêt pour la musique New age avant même ses premières commandes de musiques de films au début des années 70. Après trois courts-métrages dont sa musique se fera déjà remarquer, le réalisateur Werner Herzog lui confiera l’illustration de ses plus grands succès internationaux dont « Fitzcarraldo ». À la tête du groupe « Popul Vuh » il se lancera dans l’expérimentation des sons électroniques mixés à la voix humaine : conjuguer cordes acoustiques, électroniques et vocales n’était sûrement pas un pari gagné d’avance. Caché derrière un appareillage de plus en plus imposant constitué de samplers (d’échantillonneurs pour enregistrer les sons et les restituer de manière plus ou moins déformée), de claviers, de raccords et de fils de toute nature reliant les synthétiseurs analogiques bourrés de sons harmoniques (Alix vous l’a déjà expliqué, il s’agit de sons secondaires qui permettent de différencier deux notes de la même hauteur – de la même fréquence), Florian Fricke valorisera l’utilisation de la gamme des synthétiseurs américains Moog (le Minimoog, le Moog memory…) toujours actuels grâce à l’amélioration technologique du tout-numérique. Ses confrères compositeurs de musiques de films sauront eux-aussi s’en servir, on s’en doute : Maurice Jarre et surtout son fils indigne dans la profession de compositeur pour le cinéma Jean-Michel, Vangelis, François de Roubaix, Philippe Sarde qui fut lui aussi l’un des premiers en France à exploiter les nouvelles frontières musicales ouvertes par le Moog… Pour vous donner une idée des sons que l’on peut obtenir avec de tels instruments rappelez-vous du tube « Pop corn » (de Gershon Kingsley, un compositeur anglais de musique instrumentale). C’était l’époque où le genre musical était apprécié… Ce qui apporte présentement du grain à Moog !

 

 

 

Aventures

FITZCARRALDO, un film de Werner Herzog (1982) avec Klaus Kinski, Claudia Cardinale, David Pérez Espinosa, Josey Lewgoy, Miguel Angel Fuentes, Paul Hittscher, Enrique Bohorquez, Jean-Claude Dreyfuss… Musique de Popol Vuh. Un dvd Werner Herzog et CNC.

Un fleuve, deux rivières, un bateau, deux amoureux fous, une forêt, deux opéras : le peuple de l’immense Amazone n’a jamais vu ni entendu cela. Dans ce film pas comme les autres, l’action est soutenue par une musique atonale assez lugubre mais très novatrice ; composée d’une superposition de voix d’hommes et de femmes, cette musique de film est hors normes, terrifiante même. Un groupe aura créé ces sonorités originales pour l’ensemble des films de Werner Herzog, l’orchestre Popul Vuh dont le nom est emprunté à la « Bible maya », premier ouvrage connu à décrire la création du monde. Avec la musique comme lien étroit, « Fitzcarraldo » rappelle « Aguirre, la colère de Dieu » (voir ci-dessous) et les autres films tout aussi typiques et dépaysants du réalisateur allemand. La présence de l’exceptionnel acteur Klaus Kinski au caractère bien trempé marque fortement les films centrés autour des personnages bizarres qu’il incarne, une carte de visite d’homme pas facile qui le suivra toute sa carrière cinématographique jalonnée de grands « coups de gueule » et d’insultes parfois proférées en public. Peu importe la forme, l’acteur apportera un fond précieux à la réussite de « Fitzcarraldo » et son immense talent représenté par son sens du placement face à la caméra sera très apprécié, entre autres, du public français et francophone. C’est ce que l’on appelle un jeu d’acteur exceptionnel. Alix qui rame pas mal pour vous donner satisfaction ne vous mène pas en bateau pour autant : elle trouve ce film Excellent et sa musique Très Bonne dans le contexte mystérieux et envoûtant du film.

AGUIRRE, LA COLÈRE DE DIEU/Aguirre, der Zorn Gottes, un film de Werner Herzog (1972) avec Klaus Kinski, Helena Rojo, Ruy Guerra, Del Negro, Peter Berling, Cecilia Rivera, Danny Ades… Musique de Popol Vuh. Un dvd Werner Herzog et CNC.

Un film époustouflant avec un acteur allemand déconnecté qui dégage des ondes terrifiantes ; Klaus Kinski est extraordinaire dans ce chef d’oeuvre intemporel totalement hors normes par sa musique planante. Des paysages rarement filmés, une mise en scène hallucinante, des conditions de tournage épouvantables, une caméra magique toujours en mouvement sans jamais soûler : Incontournable et Inégalé.

Site en hommage au compositeur Florian Fricke et à son groupe Popol Vuh, cliquez ici

Pour en savoir + sur les instruments électroniques Moog, cliquez ici (infos Wikipedia)

Pour en savoir + sur Klaus Kinski, cliquez ici (infos nanarland, en français)

 

 

 

Geoff LOVE, arrangeur et chef d’orchestre

En 1917 est né en Angleterre un arrangeur hors pair. Dès l’âge de 20 ans (décidément c’est un âge charnière où se détermine toutes les orientations professionnelles), Geoff Love de son vrai nom (rendez-vous compte, quelle chance de s’appeler Amour !) jouera du trombone avec son groupe sur Radio Normandie avant de découvrir par la mer les côtes françaises quelques années plus tard… Après la Libération il travaillera pour la radio et la télévision, accompagnera Judy Garland dans ses shows et créera sa propre maison de disques (MFP, Musique For Pleasure) après avoir œuvré chez Emi/Columbia. C’est de cette période que sortiront une multitude de microsillons tous aussi enthousiasmants les uns que les autres et son action permettra la diffusion de la musique de film et de la variété instrumentale jusqu’aux porte-monnaie les moins bien garnis. Et quel excellent orchestrateur sensible et très inspiré ! Le disque TV western themes entre autres réalisations regorge d’arrangements dynamiques avec une très bonne balance des cordes, vents et percussions. Les trompettes sont omniprésentes, la batterie et la guitare basse également mais jamais dans la lourdeur. Les arrangements de Hondo, Bonanza, Le virginien, Les grands espaces ou Shenandoah sont exemplaires. Partout les contre-chants sont magnifiques d’ingéniosité et la présence des violons omniprésents, des flûtes traversières et de la harpe rend l’ensemble fluide et clair comme de l’eau de roche. Ce qui aurait pu apparaître à l’époque comme étant de la musique tout juste bonne à être passée dans les supermarchés devient aujourd’hui plus qu’hier encore un modèle du genre. Prenez-en de la graine ! À ce titre, si quelqu’un avait pensé un jour remettre une palme pour une action de vulgarisation réussie d’un genre musical en plein boum, il aurait fallu la remettre à Geoff Love dans les années 70 ou 80. Nul doute que les Clayderman et autres André Rieu se sont inspirés de sa démarche commerciale certes mais d’abord généreuse et de grande de qualité. La générosité chez un bon musicien, quoi de plus naturel…

Pour en savoir + sur Geoff Love, cliquez ici (site en anglais, reproduction de nombreuses pochettes de disques très originales)

Shenandoah est un nom typiquement américain. En langage iroquois il signifierait La belle fille des étoiles, peut-être parce qu’il désigne une superbe vallée dans l’état de Virginie. C’est également le nom d’un des derniers grands chefs indiens et il apparaît donc naturellement sur la coque de navires de guerre U.S., aux génériques de plusieurs films, sur les frontons des universités et en titre de nombreuses partitions. Apparu au début du XIXe siècle probablement sur un thème traditionnel d’origine irlandaise, la ballade du même nom est rapidement devenue très célèbre. Récupérée par la country music et d’une certaine manière par la religion comme symbole d’une vie américaine idéalisée difficile mais magnifique qui valorise l’atavisme, l’attachement à un pays, une région, à sa terre de naissance, elle sert de thème à la musique du western « Shenandoah les prairies de l’honneur » d’Andrew Mac Laglen en 1965 avec James Stewart sur une musique de Franck Skinner.

Pour entendre un extrait de cette version de «Shenandoah », regardez le film amateur Les Magiciens, cliquez ici.

 

 

Alain LE DOUARIN, compositeur
Comédie

LE DIRLO/Lucie, un téléfilm de Patrick Volson (2003) avec Jean-Marie Bigard, Manon Gaurin, Anne Caillon, Laure Killing, Pascal Elso, Marina Tomé, Michel Scotto di Carlo… Musique d’Alain Le Douarin. Une production TF1.

Douze millions de téléspectateurs ont vu ce téléfilm lors de sa première diffusion sur TF1 en 2003, douze millions de personnes qui pensaient pouvoir passer un bon moment de divertissement sachant à quel point Jean-Marie Bigard peut être drôle même dans la vulgarité, son véritable fond de commerce… Douze millions de français ont donc été comblés ce soir-là avec un comédien qui sait faire l’acteur : Jean-Marie Bigard est excellent. Parfaitement crédible dans le rôle d’un directeur d’école primaire lui qui a réellement exercé le métier de professeur d’éducation physique dans le système cloisonné et frustrant de l’Éducation nationale pendant plusieurs années, Jean-Marie Bigard est un autoritaire tendre, un homme borné mais qui garde l’esprit ouvert, un meneur strict mais qui sait se montrer conciliant, bref, le personnage est complexe mais parfaitement lisible : en maniant la carotte et le bâton, François le directeur assume ses fonctions en maître des lieux, une interprétation à l’image de la personnalité du comédien. À ses côtés la jeune Manon Gaurin crève l’écran, son visage expressif étant utilisé comme il le faut par un réalisateur inspiré (les gros plans passent toujours mieux à la télévision qu’au cinéma, en règle générale). Tous les acteurs sont bons particulièrement Pascal Elbo dans un rôle pas facile ; petit bémol pour Laure Killing qui semble un peu « à côté de la plaque » (pour info, son époux Bernard Lanteric verra son roman fantastique « La nuit des enfants rois » adapté en images de synthèse sur les écrans français en mars 2011). La musique de « Le dirlo – Lucie » est très agréable et rien d’étonnant à cela, elle est signée Alain Le Douarin. Spécialiste de la belle mélodie et de ses arrangements fameux (les meilleurs compositeurs français sont à la fois compositeur et orchestrateur), l’artiste complet restera le fidèle compagnon de tournée de Maxime Le Forestier. Par sa présence sur tous les fronts de la création musicale depuis les années 70, Alain Le Douarin aura marqué toute une génération d’auditeurs : son parcours et son palmarès méritent l’hommage à titre posthume, hélas, des Mélodies Modernes. Alors ne boudez pas votre plaisir en passant un bon moment familial avec « Le dirlo – Lucie », une production sans prétention mais très plaisante. On en redemande. Alix trouve ce téléfilm Très Bon et la musique Très Bonne. Que demander de plus à l’enseigne ?

L’Académie des César rend à chaque édition hommage aux grands artistes du cinéma disparus dans l’année. La version 2011 ennuyeuse à en mourir et présentée par un Antoine de Caunes ridicule à souhait ne connaît pas l’existence d’Alain Le Douarin. Vous croyez cela possible ? C’est Valérie Lemercier qui a raison : tout ce cirque est dégueulasse. La musique de film, sincèrement, tout le monde s’en contrefiche, la preuve. Sauf les Mélodies Modernes et quelques autres…

Voir ici l’hommage du directeur de la Sacem, Claude Lemesle, au compositeur Alain Le Douarin.

 

 

Éric DEMARSAN, compositeur

Éric Demarsan s’est intégré très jeune au milieu artistique parisien. Amoureux du piano, il n’hésite pas à le transformer en instrument de valorisation (ou de faire-valoir) pour chanteurs en quête de reconnaissance, c’est le métier qui rentre. Sa propre reconnaissance s’incarnera en la personne de Michel Magne (voir ici) dès l’âge de 18 ans avant une autre rencontre mémorable elle aussi, celle avec l’inventif François de Roubaix (voir ici). Les nombreux travaux d’arrangeur d’Éric Demarsan lui ouvriront toutes grandes les portes d’un milieu musical en plein boum, ses collègues musiciens en savent quelque chose : Serge Gainsbourg, Alain Goraguer, Gabriel Yared ou encore Michel Colombier, eux qui étaient inscrits aux mêmes cours du compositeur et enseignant Julien Falk. Les qualités d’un prof se mesurent aux résultats de son enseignement en témoigne le niveau et le nombre d’élèves formés. Pour ce qui est de cet enseignant, les résultats sont plus que probants à commencer par Éric Demarsan. De plus les musiciens avec lesquels il lui sera donné de jouer s’appellent Vandair, Pédersen et Arvantinas, les meilleurs instrumentistes du moment. Décidément, le scénario est toujours le même : pour réussir dans un milieu très fermé basé sur vos capacités propres et relationnelles, il faut pouvoir disposer des quatre composantes que sont le talent, une rencontre, de la détermination et de la chance. Puisqu’il savait tôt ce qu’il voulait faire et parce qu’il était suffisamment ambitieux (pas de gagner de l’argent facile ou devenir célèbre mais d’abord de créer de la belle ouvrage), Éric Demarsan parviendra à exceller dans la polyvalence : compositeur et arrangeur pour la chanson de variété, pour la télévision et le cinéma, pour les spectacles du Puy du Fou, rien ne l’arrête. Quand on aime…

Site officiel du compositeur, cliquez ici.

 

Comédie

Un bon petit diable - Les Mélodies ModernesUN BON PETIT DIABLE, un film de Jean-Claude Brialy (1983) avec Paul Courtois, Alice Sapritch, Bernadette Lafont, Hubert Deschamps, Paul et Jacques Préboist, Philippe Clay, Michel Creton… D’après le livre de La comtesse de Ségur. Musique de Gérard Lenorman et Éric Demarsan. Un dvd Koba Films Vidéo.

1860, la Normandie. Charles n’est pas un charmant orphelin comme les autres. Farceur, moqueur, prêt à toutes les bêtises, il a des circonstances atténuantes : la terrible Mac Miche le bat. Utilisant l’outil favori des éducateurs et parents d’un autre âge (nous sommes dans la première moitié du XIXe siècle), le martinet atteignait toujours son but, les fesses du rejeton que l’on se devait de dresser manu militari. Par chance dans son malheur, la servante Betty savait trouver les mots justes et réconfortants. Sophie Rostopchine est née Patrassov. Issue d’une famille d’aristocrates russes, fille du tsar gouverneur de Moscou, l’écrivain s’établira en France au domaine des Nouettes en Normandie. Cette femme énergique et volontaire aura 8 enfants ; pour les distraire elle saura leur raconter des histoires… Peut-être ne se doutait-elle pas que ses personnages et leurs déboires deviendraient célèbres (Charles le bon petit diable, Sophie et ses malheurs, Gaspard et sa fortune, les petites filles modèles…) ; ils feront en tout cas le bonheur d’un éditeur inspiré, Louis Hachette, qui consacrera le premier livre de sa fameuse Bibliothèque rose à la première histoire de la comtesse de Ségur ; rencontrée par l’entremise de son mari, le hasard de cette rencontre scellera l’avenir de ses récits, une rencontre déterminante comme c’est toujours le cas dans toute réussite professionnelle. Avec un livre publié chaque année, le village d’Aube en terre normande verra surgir des héros et des lâches, des bons et des méchants tous issus de l’imagination fertile de la comtesse recluse dans sa propriété mais entourée et aimée comme il se doit.

Jean-Claude Brialy, être gracieux et virevoltant s’il en est, ne pouvait rester insensible aux malheurs de Charles ou de Sophie, lui qui aura passé son enfance en Algérie puis dans le village de Chambellay en terre angevine, une époque de bonheur qu’il gardera en mémoire toute sa vie. Par sa vision édulcorée des aventures du bon petit diable, le réalisateur trahira son bon fond en produisant une œuvre cinématographique débordante de bons sentiments, néanmoins « Un bon petit diable » reste un film amusant pour enfants pas trop exigeants. La douceur et le manque de cruauté de la terrible Mac Miche et de ses châtiments pourtant très durs dans le livre ne ressortent pas à l’écran, Alice Sapritch en fin de carrière interprétant une harpie revisitée par Jean-Claude Brialy. Finalement, ce film est rafraîchissant dans un monde de violence avec ses images et ses sons contenus dans la voix très aigue du jeune acteur qui interprète le rôle principal et la musique douce heureuse d’Éric Demarsan joliment interprétée par Gérard Lenorman. Le petit Charles aurait pu s’appeler tout aussi bien Jean-Claude, Éric ou Gérard pour leur nostalgie de l’enfance et leur joie de vivre… Appréciation d’Alix sur le film et sa musique : Bien pour les jeunes enfants et toute la famille. À noter qu’il existe une version télévisée comme pour le « Pinocchio » de Comencini par exemple (voir ici) mais cette version télé n’a jamais été rediffusée depuis le début des années 80. La mère Mac Miche serait-elle passée par là ? Bizarre, bizarre…

Site des enfants de l’école de la comtesse de Ségur, cliquez ici

 

Drame

ATTENTION, LES ENFANTS REGARDENT, un film de Serge Leroy (1978) avec Alain Delon, Sophie Lenoir, Richard Constantini, Thierry Turchet, Tiphaine Leroux, Adelita Requena, Henri Vilbert… Musique d’Éric Demarsan. Un film produit par Norbert Saada.

Quatre enfants… Il vaudrait mieux dire quatre petites pestes peu recommandables qui vivent dans une villa luxueuse sur la Côte d’Azur avec des parents souvent absents ; la gouvernante espagnole ne parle que trois mots de français et n’arrive pas à se faire respecter. La suite est facile à imaginer : le quatuor instaure l’anarchie. Dans une ambiance malsaine qui va en s’amplifiant, le drame survient provoqué par la cheftaine démoniaque du petit groupe malsain. Reste l’élément inconnu et imprévisible, un homme mystérieux qui va fixer les nouvelles règles du jeu. Et si la mort s’invitait dans la partie ? Qui va s’en sortir et dans quel état ? La musique d’Éric Demarsan est surprenante ; dès le générique du début, la chorale « À cœur joie » d’Orléans plonge le film dans un climat religieux anachronique ; on se croirait transplanté dans un concert des Petits chanteurs à la croix de bois (à l’époque où le niveau de leur formation était significatif). Les orchestrations qui suivront seront plus coutumières des musiques de films des années 70 par le timbre des instruments utilisés et les mouvements riches de la guitare basse doublée des percussions foisonnantes. Dans ce travail la patte du compositeur Éric Demarsan, ami et collègue de François de Roubaix, est parfaitement reconnaissable. Sur une histoire intéressante, le film développe l’intrigue et permet d’apprécier la manipulation des adultes par des enfants décomplexés ou plutôt très mal élevés avec leur meneuse : ils aiment fumer et ne s’en privent pas ! Alain Delon dans son rôle de l’intrus n’est peut-être pas le plus pervers d’entre eux et sa capacité à mettre de l’ordre dans tout ce cirque pour mieux abuser de la situation va être testée : la jeune Sophie Renoir (de la famille Renoir peintre, acteur, réalisateurs…) laisse exprimer dans son rôle un talent destructeur. Les prestations de l’actrice dans les films très spéciaux d’Éric Rohmer lui vaudront par la suite le César du meilleur espoir féminin ce qui ne débouchera pas sur une grande carrière allez savoir pourquoi, l’actrice est pourtant bonne. Pour résumer, ce film très bien cadré et monté de Serge Leroy n’est pas à recommander au jeune public sauf au moment de la « Pause-café » : attention, les enfants regardent ! Alix le trouve Bon et Déroutant par l’attitude révoltante attribuée aux enfants (qui ne sont pas tous des anges mais à ce point là, on ne leur pardonnera rien) et la musique demeure Bonne malgré un choix d’ambiance assez curieux. Une chose est sûre, les buts du réalisateur sont atteints, son œuvreest dérangeante à souhait !

 

 

Marvin HAMLISCH, compositeur

Marvin Hamilsch est bardé de récompenses. Il est un des rares compositeurs à avoir reçu les quatre plus prestigieux trophées des plus fameuses Académies américaines (les Emmy, Grammy, Tony et Oscar) et à cela rien d’étonnant : tout prédestinait le petit Marvin à une brillante carrière. Né en 1944 à New-York dans une ambiance musicale favorable (son père était accordéoniste et chef d’orchestre de la fanfare du district) il en étonnera plus d’un par son talent fou. Pianiste virtuose à l’aise dans tous les styles, le gosse du quartier sera vite repéré et placé dans un établissement qui saura l’aider à gérer son don. C’est comme cela que ça se passe aux États-Unis : lorsque vous possédez un réel talent dans un domaine artistique quelconque vous rencontrerez rapidement quelqu’un qui favorisera le développement de votre potentiel. Le système éducatif russe fonctionnait également sur cette base autrefois avec les excès que l’on sait mais ni plus ni moins qu’ailleurs dans le fond sauf en France où le pays fonctionne différemment, Éducation nationale oblige : l’état d’esprit nécessaire à la détection des talents et à leur mise en valeur efficace n’est pas une priorité, loin s’en faut (développement de ma pensée dans la rubrique Musique et éducation, cliquez ici). Donc pas de « passe-droit » ni de régime de faveur pour Marvin Hamlisch qui sera naturellement admis à ses sept ans à la Juilliard School de Cambridge (USA) en tant qu’enfant prodige. Après avoir déjoué toutes les règles de la composition de la musique classique, Marvin Hamlisch suivra sa bonne étoile et jouera du piano jusqu’à se faire connaître de tous. Barbra Steisand sera l’une des personnalités du monde artistique la mieux inspirée en s’attachant ses services pour « Funny girl ».

Dans les années 70 d’autres stars incontournables solliciteront Marvin Hamilsch pour leur propre tournée de prestige : Liza Minnelli et le comédien Groucho Marx. Mais c’est Sam Spiegel qui lui ouvrira les portes d’Hollywood. Le compositeur jouera du piano dans les réceptions et autres soirées animées du producteur de « Sur les quais » (quoi de plus naturel quand on a vingt ans et qu’on adore se faire entendre que de se retrouver pianiste/animateur dans une party ?). Très à l’aise dans la direction d’orchestre, sensible et romantique, très musicien finalement, le compositeur se fera remarquer pour sa première partition originale de musique de film en 1968 avec « The swimmer » de Franck Perry et Sydney Pollack. Une musique réussie pour un film étrange et envoûtant grâce au jeu de Burt Lancaster qui traverse le pays en nageant dans les piscines de ses amis jusqu’à retrouver son domicile déserté par sa famille ; une de ces histoires psychologiques et relationnelles comme les aime l’acteur et comme lui seul sait les interpréter. Après de nombreux films, téléfilms et séries télévisées, Marvin Hamlisch composera son œuvre de référence « A chorus line » en 1975, une comédie musicale de Broadway revue et adaptée pour la pellicule dix ans plus tard. Inspirée de la manière dont on recrute les talents sur les planches des salles de spectacles et théâtres de Broadway, c’est encore un autre chef d’œuvre, « L’arnaque », qui permettra l’explosion du talent de Marvin Hamlisch ; ce dernier encouragera le réalisateur du film George Roy Hill à utiliser le rag dans son projet de film et à sélectionner les meilleurs thèmes de Scott Joplin dont « Solace (Consolation) » qui restera leur préféré ; « The Entertainer », lui, sera retenu par les apprentis pianistes du monde entier, un succès musical équivalent à celui de la musique du film « Jeux interdits » voir ici. Marvin Hamilsch composera trois nouveaux rags dont le superbe « The glove (Le gant) ». Une aventure unique pour un film au thème universel et Universal ! À partir du début des années quatre-vingt, Marvin Hamlisch fera preuve d’un grand professionnalisme en produisant de nombreuses musiques de films de qualité. Il fera l’acteur de temps en temps en apparaissant dans quelques films, histoire de se changer les idées car il n’a vraiment jamais eu « la grosse tête ». Un homme discret et nostalgique qui s’est entiché de l’époque bénie d’avant-guerre où la musique instrumentale reposait sur de grandes qualités mélodiques, harmoniques et rythmiques, des valeurs qui caractérisent la musique de Marvin Hamlisch.

 

George Roy Hill et le ragtime

Tout est parti de George Roy Hill. Enfant, il adorait la musique avec une préférence pour le jazz. Tout naturellement il a pensé à illustrer son film « L’arnaque » par des morceaux de jazz célèbres à l’époque où se déroule l’action du film, le début des années trente. Mais il pensa différemment par la suite. En effet, le réalisateur avait entendu un jour son fiston jouer un rag nommé « Swipsey» sur le piano familial et il en avait retenu la richesse mélodique et harmonique tout comme sa construction musicale très classique. Emballé il acheta la collection complète des enregistrements de Scott Joplin. Le clavier de piano est un terrain idéal pour ce genre à la mode au début du 20e siècle : une super occupation de l’espace sonore du grave à l’aigu avec cette impression qui nous est donnée d’entendre plusieurs instruments jouant en même temps, un effet produit par les mouvements de la main gauche qui « fait la pompe », les basses étant isolées des notes de l’accord joué une octave au-dessus. La mélodie est très rythmée et syncopée et son côté guilleret et humoristique décidèrent George Roy Hill ; il lui restait à trouver un bon pianiste pour les interpréter. Après s’être enregistré lui-même au piano, le directeur musical d’Universal n’était pas convaincu de ses qualités de grand interprète et du coup, conscient de son niveau, George Roy Hill préféra rester définitivement dans sa peau de brillant réalisateur. Un choix confirmé en passant un coup de fil à Marvin Hamlisch : ils se découvrirent tous deux une passion commune, le ragtime. Même si ce style musical est antérieur à l’époque où se déroule le film, il y trouve-là son cachet inimitable.

 

 

George Roy Hill en 1970George Roy HILL, réalisateur

 

Né en 1922 et décédé en 2002, George Roy Hill aura su utiliser ses connaissances musicales pour choisir judicieusement les excellents compositeurs des musiques de ses films : Elmer Bernstein pour « Deux copines un séducteur » (1964) et pour « Millie » (1967), Burt Baccarah pour « Butch Cassidy et le Kid » (1969), Henry Mancini pour « La kermesse des aigles » (1972)… et la musique classique avec Glenn Gould, un autre pianiste virtuose qui fera entendre pour la première fois son interprétation délirante des fugues de Bach jouées à un tempo astronomique dans « Abattoir 5 » (1972). Le film réalisé d’après le roman de Kurt Vonnegut raconte le voyage dans le temps d’un soldat pris sous les bombardements de Dresde par les Alliés en 1945, une œuvre forte et originale primée à Cannes. Assurément, George Roy Hill aura très fortement marqué le monde du cinéma par sa personnalité, ses amitiés fidèles (Paul Newman et Robert Redford entre autres) et ses choix artistiques ; ses talents multiples (scénariste, réalisateur, producteur) feront bien des émules.

Photo du paragraphe précédent : film L’arnaque (1973) de George Roy Hill avec Paul Newman et Robert Redford. Chez Universal Pictures Vidéo (France) S.A.

Photos ci-contre : 2 films de George Roy Hill réalisateur

La kermesse des aigles (1975) avec Robert Redford, Bo Svenson, Susan Sarandon et Margot Kidder. Musique d’Henry Mancini. Distribution Universal Pictures Video (France)

Deux copines… un séducteur (1964) avec Peter Sellers, Paula Prentiss, Angela Lansbury. Musique d’Elmer Bernstein. Distribution Metro-Goldwin-Mayer (MGM Home Entertainment). Voir ici

Pour en savoir + sur Marvin Hamlisch, cliquez ici (site officiel, en anglais)

Pour en savoir + sur la liste de ses films, cliquez ici (infos Wikipedia, en français)

Pour en savoir + sur Robert Redford, cliquez ici (Milagro, un film de Robert Redford page X des compositeurs) et ici (Burt Bacharach compositeur de la musique du film Butch Cassidy et le Kid page XIII des compositeurs)

 

 

Science-fiction

D.A.R.Y.L., un film de Simon Wincer (1985) avec Barret Olivier, Mary Beth Hurt, Michael McKean, Kathryn Walker, Colleen Stamp, Josef Sommer… Musique de Marvin Hamlisch. Un film de la Paramount.

D.A.R.Y.L. signifie en français « Développement Adolescent Robotoïd Yttrium Lasérisé » pour coller au titre du film ce qui ne nous avance pas tellement. Ce film de science-fiction remonte aux années 80 qui faisaient encore la part belle aux sentiments « classiques » : l’amour d’une mère pour son fils adoptif, l’attachement d’un enfant à sa famille d’accueil, la franche camaraderie etc. La naissance des sentiments affectifs d’un robot envers ses créateurs, les humains, reste en revanche d’une grande originalité souvent exploitées dans les romans et à l’écran (la créature mi-humaine mi-robot de Frankenstein, Robby le robot de « Planète interdite », « Tobor », « Appelez-moi Johhny 5 », « A.I. intelligence artificielle » ou encore « Cherry 2000 » sans oublier « Wall-E » qui va tomber amoureux d’un congénère informatique). Sans grands effets spéciaux ni surprises de taille, « D.A.R.Y.L. » est très bien joué et se laisse voir avec intérêt sur une musique inspirée de Marvin Hamlisch : l’esthétisme et le lyrisme sont de rigueur grâce au réalisateur australien Simon Wencer toujours à l’affût des histoires vraies et des légendes diverses à l’origine de ses films. Malgré un côté sans immenses rebondissements, ses « bébés » ont toujours du style et de l’allure : le populaire « Sauvez Willy », « Le fantôme du Bengale », « La légende de l’étalon noir », « Opération Dumbo drop » avec Danny Glover, « Mr Quigley l’australien » et la mini-série télé « Lonesome dove » avec Robert Duvall, Tommy Lee Jones et Diane Lane. Pour ces dernières réalisations, le réalisateur aura su garder l’excellente relation de travail nouée avec le grand compositeur de musiques de films Basil Poledouris. Simon Wencer sait faire confiance aux compositeurs de ses films car il possède, au dire de ses collègues, « un bon fond » (gentil, altruiste, généreux). « D.A.R.Y.L. » est donc gentil et va devoir livrer une bataille soutenue pour faire reconnaître son évolution extraordinaire sur le plan des sentiments et se faire admettre parmi les humains qui l’ont créé. Non, ce n’est pas trobot pour être vrai !

 

 

Jean MUSY, compositeur

Jean Musy inonde depuis plus de cinquante années le milieu musical français de son talent fou de compositeur et d’arrangeur inspiré. Présent dans le domaine de la chanson de variété avec plus de 600 ou 700 disques microsillons issus des plus grands artistes, les meilleures chansons françaises mondialement connues et reprises en permanence comme « Aux Champs-Élysées » par exemple proviennent de son sens inné de l’orchestration. Toutes et tous ont eu à faire à lui de près ou de loin : Nino Ferrer, Joe Dassin, Mouloudji, Barbara, Moustaki, Les Gipsy Kings, Fabienne Thibeault, Aznavour, Marie-Paule Belle et ce n’est qu’un petit aperçu de sa notoriété. Pianiste et organiste de formation, spectateur puis acteur assidu des boîtes de jazz parisiennes et des studios d’enregistrement à une époque où ça bouillonnait, les années 60, le petit Jean deviendra vite le grand musicien incontournable du monde de la création au moment de l’éclosion des multiples talents éclectiques de la variété française. Par la signature d’arrangements de très grande qualité qui élèveront la chanson francophone en portant les artistes jusqu’au firmament de la célébrité, les arrangements et compositions de Jean Musy se multiplieront dans la musique de films avec plus de deux cents interventions créditées. « Papy fait de la résistance» est un excellent exemple de son style : la musique demeure peu agressive mais très efficace, elle est présente mais sans devenir envahissante, elle utilise les ingrédients du ton juste par rapport aux images et sait devenir mélodie quand il le faut, évidemment. S’il devait n’y avoir qu’un seul problème se serait au niveau du compositeur lui-même, le pauvre, sa discrétion en est le co-responsable : son nom d’arrangeur n’est pas très connu du « grand public ». Son œuvre oui, fort heureusement car c’est bien là l’essentiel. Les Mélodies Modernes apportent donc très humblement leur contribution aux éventuels manquements du show-biz pas toujours très reconnaissant du travail prolifique de ses propres enfants…Pour en savoir + sur Jean Musy (interview), cliquez ici (infos Cinezik)
Comédie
MontagePapyII

PAPY FAIT DE LA RÉSISTANCE, un film de Jean-Marie Poiré (1983) avec Christian Clavier, Michel Galabru, Roland Giraud, Gérard Jugnot, Martin Lamotte, Dominique Lavanant, Jacqueline Maillan, Jacques Villeret, Julien Guiomar, Jacques François, Jeffrey Kime, Pauline Lafont, Jean Carmet, Jean-Paul Muet, Patrick Petit-Jean, Alain Jérôme, Josiane Balasko, Michel Blanc, Jean-Claude Brialy, Bernard Giraudeau, Thierry Lhermitte, Jean Yanne, Roger Carel… Musique de Jean Musy. Un film produit par Christian Fechner.

Jacqueline Maillan irrésistible, Gérard Jugnot inimitable, Roland Giraud impressionnant, Jacques Villeret indescriptible, Christian Clavier incroyable, Martin Lamotte tordant à souhait, Jean Yanne égal à lui-même c’est-à-dire formidable, toute la bande du Splendid et ses ami(e)s sont réunis pour un casting époustouflant, comme on savait le faire « avant » lorsque les films ne payaient pas encore très bien leurs artistes. Pour le plaisir d’y participer, certain(e)s ne feront que passer en quatrième vitesse le temps d’une réplique mais quel joie de les retrouver tous dans un délire organisé, quelle tristesse aussi de se dire qu’ils (et elles) sont disparu(e)s « physiquement ». La mort ne rigole jamais. Du début à la fin d’une folle pièce de théâtre devenue comédie filmé pas comme les autres, le spectateur ne pourra retenir ses éclats de rire ; il faut préciser que le scénario élaboré par Martin Lamotte et Christian Clavier tient toutes ses promesses, action et sentiments ne ménagent personne. Parfaitement mis en scène par Jean-Marie Poiré à qui « on le la fait pas » (il avait les moyens de les faire parler), l’accent germanique de Roland Giraud demeure d’un bout à l’autre de l’œuvre absolument gé-ni-ale ; les situations ubuesques et grotesques s’enchaînent jusqu’à l’épilogue surprenant… Dans le dossier (de l’écran) on peut y rajouter une pièce, la participation de Louis de Funès qui devait tenir le rôle du pépé retranché au fond du jardin mais un destin malheureux est passé par là… Allez ne boudez pas votre plaisir plus longtemps et libérez vos zigomatiques : revoyez « Papy fait de la résistance » avec Alix qui trouve cette comédie Excellente et sa musique Parfaite. Ce n’est pas si commun…

 

Drame

Malgré ellesMalgré elles, un téléfilm de Denis Malleval (2011) avec Flore Bonaventura, Louise Herrero, Macha Meril, Pierre Kiwitt, Olivier Walser… Musique de Jena Musy . Un téléfilm France 2.

Tout film ou téléfilm sur la Seconde guerre mondiale est toujours le bienvenu mais le devoir de mémoire exige un minimum de véracité dans le propos, surtout s’il ne s’agit pas d’une œuvre de fiction. Le téléfilm « Malgré elles », au scénario débridé et partiellement invraisemblable, échappe à la règle en mélangeant des faits historiques qui ne se sont pas déroulés en même temps ni au même endroit. Sur le fond, il faut savoir que la dictature allemande avait engagé un processus incroyable de procréation forcée de jeunes femmes blondes sélectionnées car « parfaites ». Des enfants, arrachés à leurs familles, étaient aussi « préparés » en vue d’une adoption par une famille germanique « pure ». Quant aux jeunes d’un pays conquis, ils étaient enrôlés pour servir la cause nazi. Ces démarches correspondaient aux critères de renouvellement de « la race aryenne », une procédure extrémiste parfois réprouvée par la hiérarchie militaire qui n’a pas été mise en application dans l’Alsace et la Lorraine annexées. Malgré ces multiples raisons de crier son émoi et de se révolter coûte que coûte, le téléfilm manque de dynamisme et ce n’est pas la musique de Jean musy, très belle mais trop molle, qui peut « booster » un récit laborieux. Les deux jeunes actrices comme tous les comédiens ne sont pas mauvais, le problème viendrait plutôt de la réalisation et principalement du scénario mal maîtrisé. Le mélange des genres et l’envie de ne pas trop choquer le spectateur y font beaucoup. L’émotion insuffisante et le lyrisme non déployé permettent néanmoins de regarder jusqu’au bout une œuvre décevante, en faisant preuve d’indulgence. C’est dramatique…

 

Ce que je pense des Mélodies Modernes ? C’est un bonheur total…

Auregann, amie d’Alix et d’Aanor

Accès page suivante : John ALTMAN, Joël McNEELY, Norman GIMBLE, Charles FOX, David ARNOLD et Howard SHORE compositeurs

 

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