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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

Les musiques de films (XXIX)

 

Joss BASELLI, compositeur

Pour une nouvelle, c’est une nouvelle !
   

Pour une nouvelle, c'est une nouvelle ! LE PASSE MURAILLE,un téléfilm de Pierre Tchernia (1977) avec Michel Serrault, Andréa Ferreol, Robert Rollis, Pierre Tornade, Roger Carel, Jean-Marc Thibault… D’après la nouvelle de Marcel Aymé. Musique de Joss Baselli. Un film Antenne 2/Native.

« Il y avait à Montmartre, au troisième étage du 75 bis de la rue Orchampt, un excellent homme nommé Dutilleul qui possédait le don singulier de passer à travers les murs sans en être incommodé ». Par cette petite phrase lourde de sens, la nouvelle de Marcel Aymé va prendre toute sa dimension : Michel Serrault va interpréter une nouvelle fois un personnage ordinaire à qui il arrive une chose extraordinaire. Sa chance va t-elle le quitter un jour ou vivra t-il un bonheur éternel ? Le plaisir de retrouver d’ « anciens » comédiens est infini : Andréa Ferreol, Pierre Tornade, Robert Rollis… Mais aussi Roger Carel le transformiste (car il peut jouer tous les personnages avec une facilité déconcertante). En ce milieu des années 70 Jean-Marc Thibault se lança dans la chanson, les refrains célèbres et immortels des bals musettes, son milieu artistique de prédilection lui donnait une aisance scénique supplémentaire après une solide formation de comédien aux Cours Florent à Paris. L’interprète à la voix parfois un peu tremblante, débordé par l’émotion (ce qui le rendait plus sympathique et accessible encore) produira plusieurs disques sans renier pour autant ses énormes succès populaires obtenus avec Roger Pierre son comparse de toujours, quelques années avant une nouvelle carrière à la télévision française : Jean-Marc Thibault y tiendra de nombreux rôles en phase avec ses convictions humanistes. Joss Baselli, justement, possédait lui aussi une grande personnalité et saura cultiver une popularité grandissante : accordéoniste réputé pour l’accompagnement de vedettes incontournables de la variétés, Bourvil, Serge Reggiani, Tino Rossi qui sert de référence aux mésaventures de Dutilleul dans le téléfilm, Barbara qui lui sera reconnaissante pour son style fin et discret – chose plutôt rare chez les accordéonistes qui ont l’habitude de trop « tirer sur le manche » quand ils accompagnent un chanteur -, Patachou lors de ses tournées en France et aux États-unis…


 

Le musicien touche-à-tout composera plusieurs thèmes de variété avec Marcel Azzola, l’un de ses collègues de la bande des quatre (avec André Astier et Joë Rossi), tous prodiges de l’accordéon ; leur collaboration amicale et fidèle à une époque où explosait le genre musical verra la production d’une multitudes d’œuvres diverses. Tous les styles passeront à la moulinette des partitions de l’arrangeur talentueux qu’était Joss Baselli ; reconnu pour son sens de l’orchestration, son toucher de virtuose émerveillait les auditeurs de tous pays à chacun de ses passages. Gendre de Guy Viseur, un autre « monstre » de l’instrument, il composera occasionnellement plusieurs musiques de films comme l’ont fait Michel Polnareff, Pierre Bachelet ou Burt Bacharach (voir dans le site) ; l’une de ses compositions originales sera le fameux générique du « Manège enchanté » qui comblera de plaisir toute une génération de jeunes spectateurs du monde entier ; pourrait-on encore ignorer les aventures de Pollux actualisées en 3D, foi de tornicoti tornicoton ?! Cette série d’animation créée en 1963/64 par Serge Danot mettait en vedette un chien de race Lhassa-Apso au fort accent anglais, une performance de Jacques Bodoin. La musique de Joss Baselli aura apporté sa contribution au chef-d’œuvre de la défunte ORTF. En 1969 le musicien composera la musique du film « L’astragale » avec Horst Buchholz et Marlène Jobert puis celle du feuilleton télé « Schulmester espion de l’Empereur » en 1971 avec Jacques Fabbri (et Roger Carel). Conscient de ses capacités et capable de les gérer, investi du sens des affaires, Joss Baselli ne s’arrêtera pas en si bon chemin car son souci de développer l’accordéon auprès du jeune public davantage porté vers les sons électriques pendant la vague « yé yé » le fera créer l’émission télé « Le monde de l’accordéon » qui favorisera les rencontres entre professionnels et jeunes musiciens afin de les aider à entrer dans un milieu sans pitié, celui des musicos (les musiciens pros), à l’instar des regrettés « Petit conservatoire » de Mireille ou de « La chance aux chansons » de Pascal Sevran. Eux aussi auront contribué à leur manière à la démocratisation du « piano du pauvre », quel paradoxe ! Par un coup du sort imprévisible, Joss Baselli connaîtra la fin rêvée de tout grand artiste qui se respecte en mourant sur scène en pleine représentation, une fin tragique que l’on aurait souhaité bien plus tardive. Sa retraite, il ne l’aura pas connue. Mais y en a t-il une pour les vrais artistes qui ne sont pas des fonctionnaires de la musique ? Alix est heureuse de retrouver tout ce beau monde dans le téléfilm de Pierre Tchernia « Le passe muraille » malgré quelques trucages sympathiques évidemment dépassés ; le charme et le talent qui se dégagent de l’entreprise méritent largement l’appréciation d’ Excellence des Mélodies Modernes.

Autre adaptation cinéma : « Le passe muraille » de Jean Boyer avec Bourvil en 1951 musique de Georges Van Parys) et le spectacle de la fin des années 70 de Didier Van Cauwelaert sur les compositions originales de Michel Legrand (voir ici).

Pour en savoir + sur Joss Baselli, (cliquez ici (infos François Faurant) / Pour en savoir encore plus, ne manquez pas un témoignage passionnant, cliquez ici (infos Mondomix). D’autres personnalités de l’accordéon chromatique : Yvette Horner, Louis Corchia, Jo Privat, André Verchuren, Louis Ferrari, Aimable… Les régionaux Roger Forneris, Pierrick Le Meil, Fernando Cuadrat, Émile Simon, c’était pas mal non plus !

Autre réalisation de l’équipe Aymé/Tchernia/Serault : « La Grâce », musique de Gérard Calvi, voir ici.

 

 
Le coup de gueule des Mélodies Modernes : arrêtons la boucherie !
 

Le coup de gueule des Mélodies Modernes : arrêtons la boucherie !Ces hommes et ces femmes qui tuent en public des taureaux sont-ils des héros ? Bien sûr que non ! Des artistes alors ? Encore moins ! Des sportifs, des professionnels du spectacle, des démonstrateurs, des clowns, des guignols ? Rien de tout cela. Ce sont des bouchers. Tuer un animal en excellente santé pour nourrir la population n’est pas un acte gratuit. Certains diront qu’il est nécessaire mais les végétariens vous démontreront le contraire. Des mesures ont été prises dans les années 60 pour atténuer la souffrance animale et l’action volontaire de la merveilleuse Brigitte Bardot, entre autres personnalités à l’action déterminante pour protéger les animaux de la cruauté des hommes, aura permis d’atténuer les pratiques barbares du processus horrible de l’abattage des animaux d’élevage. Tuer pour se nourrir est une chose. Une corrida, c’est pire que tout, c’est une séance publique d’abattage cruelle et sanguinaire. Le massacre injustifié des taureaux n’est pas digne d’une société moderne qui se prétend civilisée. Inscrire la corrida au patrimoine culturel français est une démarche honteuse qui démontre que les personnes occupant des postes dits à responsabilité peuvent être parfaitement incompétentes voire d’une bêtise et d’une méchanceté incroyables. Comment peut-on apprécier une mise à mort et chercher à la légitimer ? Quel mépris face au combat digne mais toujours difficile des défenseurs des animaux ! Qui oserait encore envoyer ses enfants assister à la boucherie des corridas sinon pour leur enseigner la perversité de l’homme ? Les régions françaises magnifiques qui possèdent un patrimoine culturel d’une immense richesse ne doivent plus compter sur les images atroces véhiculées par les corridas pour défendre leurs valeurs ; rien ne peut plus aujourd’hui soutenir la motivation d’une poignée d’agitateurs, des excités au seul but avéré, tuer par plaisir dans l’arène devant un public de fanatiques attiré par l’odeur du sang et hypnotisé par la mort dans une mise en scène grotesque. Avé César…

La corrida n’est pas un patrimoine culturel mais une boucherie à ciel ouvert, signez maintenant la pétition de 30 Millions d’amis, cliquez ici et bravo, mille fois bravo à la Catalogne d’avoir eu l’intelligence et la sagesse d’interdire les corridas à partir de l’année prochaine malgré l’agressivité de quelques bouchers décidément bien assis sur leur bestialité. Et c’est pour quand en France ?

Victor Young compositeur, page XVIII, voir ici

 

 

John CHARLES, compositeur

 
Fantastique
   

FantastiqueLE DERNIER SURVIVANT/The quiet Earth, un film de Geoff Murphy (1986) avec Bruno Lawrence, Pete Smith, Alison Routledge et Norman Fletcher. Musique de John Charles. Distribué par Films Mary Lines/Sinfonia.

L’affiche de ce film est très parlante, il s’agit d’une citation d’Einstein : « Les créations de votre esprit devraient être une bénédiction, pas une malédiction pour l’humanité ». Nul doute que le savant s’adressait à ses collègues apprentis sorciers jonglant avec l’expérimentation mal maîtrisée et l’exploration imprudente de mondes inconnus. Le feu nucléaire ne sortira t-il pas de leurs cerveaux illuminés ? L’expérience menée par le héros du film dans son laboratoire souterrain quelque part en Nouvelle-Zélande le conduira à son tour vers une frontière méconnue en devenant le seul rescapé d’une expérience à l’échelle interplanétaire qui a foiré. Mais la faute à qui et pourquoi ? Il est seul au monde et le voilà bien avancé dans sa recherche. Inspiré de nombreux livres et autres films traitant du sujet, le voyage dans la quatrième dimension et dans le temps, le réalisateur apportera sa touche personnelle aidé en cela par son ami et fidèle collaborateur John Charles. Après des études classiques très classiques, le futur enseignant de la composition pour l’image à l’École australienne de la télé et de la radio nationales s’orientera dans toutes les directions : le jazz, le journalisme, la réalisation, les arrangements de tous styles… Sans renier ses origines néo-zélandaises : né à 2 000 kilomètres de la grande île, l’Australie, un continent à elle toute seule, la culture Maori apparaîtra dans ses œuvres et c’est tant mieux. Toujours actif, John Charles n’a pas été victime de l’expérience malheureuse de 1986… Vous devriez connaître ce film qui n’a pas eu beaucoup de chance dans sa vie commerciale : Feu le Festival du film fantastique d’Avoriaz n’a pas cru bon en son temps de récompenser cette excellente réalisation. Chemin faisant, l’un a disparu corps et bien pendant que l’autre continue son parcours dans le monde des passionnés du bon cinéma indépendant néo-zélandais qui n’a aucun problème de durée de vie ni de dimension artistique… Alix trouve ce film Très bon et sa musique symphonique Très attirante (le compositeur tourne autour de l’accord parfait Majeur sur un excellent arrangement qui donne de la profondeur). On en voudrait beaucoup des comme ça !

- Pour en savoir + sur le compositeur John Charles, cliquez ici (infos New Zealand on screen, en anglais)

- Affiche du film (voir ci-contre) en vente ici, par exemple : All posters

- Autres films du même genre : « Le survivant » et « Je suis une légende », voir ici

- Un autre compositeur néo-zélandais, Graeme Revell, voir ici

 

 

Hugo MONTENEGRO, compositeur

 

 
Western

 

WesternHugo Montenegro est né en 1925 à New-York aux Etats-Unis. Son parcours n’est pas typiquement celui d’un compositeur de musiques de films car il ne s’est penché que tardivement sur la question, à l’âge de 42 ans. Côté musique de variété en revanche le personnage est devenu très jeune un excellent professionnel : arrangeur invétéré (donc travaillant dans l’ombre des compositeurs), producteur, chef d’orchestre, compositeur lui-même, les grandes vedettes des années 50 et 60 (Elvis Presley par exemple) lui doivent plusieurs succès suffisamment remarquables pour lui forger une réputation solide et durable dans le métier. Il aura exercé ses multiples talents dès l’armée et plusieurs artistes américains lui devront son travail de fond sur l’orchestration. En gagnant sa place à la RCA records à Los Angeles au début des années 60, il réenregistrera les musiques de films d’Ennio Morricone (voir ici) dont le fameux thème « Le bon, la brute et le truand » qui favorisera la montée en popularité du maître italien Outre-Atlantique. En n’hésitant pas à franchir le cap de la parodie, l’arrangeur Montenegro apportera sa touche personnelle et aidera l’émergence de la musique électronique à l’écran, avec « Pendez-les haut et court » par exemple ( musique de Dominic Frontiere, voir ici). Ses meilleurs thèmes sont orchestrés avec un sens rare de la sonorité idéale : la guitare électrique de la série « Les bannis » en 1968 mêlée à l’orchestre symphonique témoigne de son extraordinaire capacité à fusionner les genres ; il sera nommé pour un Emmy Award pour cette musique mélodique inoubliable. Son tempérament fort, ses prises de position contre le racisme ordinaire et sa prédilection pour les sonorités chaudes des percussions sud-américaines trouveront un autre épanouissement avec « Les géants de l’ouest » (photo ci-contre), un western avec John Wayne et Rock Hudson (3000 chevaux à convoyer au Mexique pour aider l’empereur Maximilien à combattre le rebelle Benito Juarez après la Guerre de sécession) : le spectateur reconnaît immédiatement le style d’Hugo Montenegro, une mélodie essentiellement formée d’une succession de tierces et de quartes sur une orchestration bien rythmée, en tout cas très saccadée et bien remplie d’accords de septième. Hugo Montenegro n’a pas de problèmes mélodiques, harmoniques ou rythmiques. Il est juste regrettable que sa passion et son enthousiasme lui ont forgé une carrière dans le milieu de la variété et non dans la musique de film en tant que compositeur, c’est bien dommage du point de vue des Mélodies Modernes. Il faut admettre que les places étaient déjà chères à l’époque : la recherche d’un thème mélodique pour la série très célèbre et populaire « Des agents très spéciaux » avec Robert Vaughn (Napoléon solo) et David McCallum sortie en 1967 en France aurait du lui incomber mais ce sera Jerry Goldsmith qui sera sélectionné apportant ainsi sa pierre (et son nom ?) à l’édifice. D’autres compositeurs dont Lalo Schifrin interviendront sur l’affaire décidément bien juteuse mais qu’à cela ne tienne, Hugo Montenegro produira deux albums contenant l’intégralité des musiques de la série ; ils se vendront comme des petits pains grâce à ses réorchestrations talentueuses, évidemment. Il faut bien se rendre service entre collègues…

LES GÉANTS DE L’OUEST/The Undefeated, un film d’ Andrew V. Mc Laglen (1969) avec John Wayne, Rock Hudson, Tony Aguilar, Ben Johnson, Bruce Cabot… D’après le livre de Stanley L. Hough. Musique d’Hugo Montenegro. Un film 20th Century Fox.

 

 

Anton KARAS, compositeur

 

Voici l’exemple même de la réussite fulgurante d’une mélodie. Le compositeur Anton Karas a commencé à jouer de la cithare à l’âge de 12 ans dans une ville très fortement marquée par son passé et sa culture, Vienne. Venait à passer par là le réalisateur anglais Carol Reed en repérages pour son film « Le troisième homme » ; dans un bar une musique originale et percutante parvint à ses oreille. Voilà, tout venait de se jouer en une rencontre. Les deux hommes sont de la même génération, ils sont nés en 1906 et ont vécu les mêmes drames mais pas du même côté de la barrière si j’ose dire. Invité à Londres pour illustrer le film du réalisateur qui voulait absolument le musicien au générique, le succès du long métrage et de sa musique fût incroyable. Élu meilleur film du 20e siècle par les britanniques, les microsillons du « Thème de Harry Lime » se sont vendus par centaines de milliers d’exemplaires. Qui n’a pas un jour fredonné cette mélodie dans une fête populaire ? Les orchestres de bals possèdent toujours cet air de 1949 dans leur répertoire ce qui est peu dire. Hélas, toute médaille à son revers. De retour en Autriche le public bouda la reconnaissance mondiale du compositeur, pire, ce dernier entra dans une période tourmentée. Les images des scènes d’anthologie du film (la course-poursuite dans les égouts de Vienne par exemple) rappelaient fortement au pays sa collaboration avec la barbarie nazie ; l’état d’esprit resté terrifiant chez une partie du peuple à l’époque de la sortie du film n’était pas vraiment idéal pour l’apprécier à sa juste valeur… Au fait, ne confondez pas la cithare de concert utilisée par Anton Karas avec la cithare à accords, plus aisée et d’un usage plus répandu car les accords sont programmés ; à ne pas confondre avec le sitar indien et le psaltérion… Pour en savoir + sur cette question particulière, cliquez ici (infos Les amis de la cithare)

Pour en savoir + sur l’influence de la célèbre École de Vienne sur la musique contemporaine et sur ses meilleurs représentants, cliquez ici (info Michel Phillipot l’école de Vienne)

 

 

Michel COLOMBIER, compositeur

 

   

Il existe des musiques qui vous marquent toute une vie, un phénomène difficile à expliquer. La fusion entre les sons élaborés et le cerveau humain provoque souvent une réaction sensorielle qu’il ne faut pas chercher à expliquer, à condition, évidemment, de rester ouvert à l’art et de posséder une certaine sensibilité. Une mélodie peut vous changer la vie ! Celles de Michel Colombier sont de celles-là. Une, tout particulièrement car il n’y a pas si longtemps, les années 70, la deuxième chaîne publique française (TF1 n’était pas encore offerte au privé) s’arrêtait d’émettre pendant la nuit, la clôture des programmes se faisant parfois à 23 heures rendez-vous compte ! Un générique adapté s’imposait de lui-même pour ce moment particulier, il ne devait pas réveiller le spectateur à moitié endormi sur son dossier face à l’écran. La collaboration exceptionnelle entre le musicien et le dessinateur fera référence en la matière : les deux créateurs de génie composeront l’un des plus beaux génériques jamais conçus pour la télévision. Romantique, planant, magique, le hautbois sur fond de cordes et cor en contre-chant résonneront toujours aux oreilles de celles et ceux qui l’attendait avant de commencer la nuit, la vraie, celle qui ne pouvait débuter sans avoir absorbé goulument le générique jusqu’au bout. L’ouverture des programmes du petit matin permettait également de retrouver la composition dans toute sa splendeur. Décriée comme c’est toujours le cas pour les œuvres originales et terriblement inventives mais rapidement adoptée par le public en décalage complet avec les critiques mal lunés, la musique de Michel Colombier illustrera les personnages flottants de Folon en illuminant tous deux le petit écran de leur délicatesse artistique. La carrière très fournie de Michel Colombier notamment aux États-unis est décrite dans un autre site que celui des Mélodies Modernes (voir ci-dessous), il n’est donc pas indispensable de revenir sur son parcours amical et professionnel d’une très grande richesse. Les Mélodies Modernes veulent toutefois rendre hommage au compositeur de chansons de la variété française (Élisa, L’aigle noir, Bonnie and Clyde…), de musiques de films et téléfilms, plus largement encore de ballets, de vidéos musicales, de pièces théâtrales et de symphonies plus classiques… Michel Colombier restera comme étant l’un des plus brillants exemples de la capacité d’un artiste doué à fédérer tous les genres musicaux. Qui peut en dire autant aujourd’hui ?

Pour revoir le générique de Colombier et Folon, cliquez ici (You Tube)

Bio de Michel Colombier : cliquez ici (info François Faurant)

Bio de Michel Colombier sur le site de Jean-Michel Folon, cliquez ici


 

 

Joël HIRSCHHORN et Al KASHA, compositeur et parolier

 

 
Film animé musical
   

Film animé musicalPETER ET ELLIOTT LE DRAGON/Peter’s dragon, un film de Don Chaffey (1977) avec Jim Dale, Mickey Rooney, Helen Reddy, Sean Marshall… Musique et paroles de Joël Hirshhorn et Al Kasha. Un film Walt Disney Pictures.

 

Peter est en fuite, il ne veut plus vivre chez ses parents adoptifs. Par chance, son ami est un drôle de dragon que lui seul peut apercevoir. Cette histoire « tirée par les cheveux », probablement peu commerciale sur le fond, n’aura pas attiré les foules lors de la sortie du film aux États-unis au milieu des années 7O. Les producteurs imaginaient pourtant détenir un nouveau succès similaire à celui de « Mary Poppins » en 1964… La qualité du travail fourni par les spécialistes du film d’animation mélangeant les images réelles au dessin animé n’est pas en cause dans « Peter et Elliott le dragon » même s’il ne s’agit pas de la même équipe ayant produit les miraculeux « Mary Poppins » ou « L’apprentie sorcière » en 1971. Disons que l’époque n’était déjà plus très favorable au film musical, naïf et exagérément gentil. La musique de Joël Hirshhorn et les paroles d’Al Kasha (à moins que ce ne soit l’inverse car les deux artistes travaillent en interaction) ne sont pas différentes de leurs compositions précédentes, la même verve mélodieuse et les mêmes arrangements alimentant les tubes entendus dans deux films « catastrophiques » célèbres, « L’aventure du Poséidon » et « La tour infernale » - voir ici- , des inventions mélodiques très coulées dans l’écriture horizontale par une mélodie toujours très fluide ; un travail identique à relever chez autre duo célèbre, celui des frères Sherman (Richard et Robert) auquel les Studios Disney doivent beaucoup, le monde de la musique de film également (en plus de Mary Poppins et de L’apprentie sorcière, on se souvient des airs de Merlin l’enchanteur, du Livre de la jungle ou de Tigrou). Plus proche de la musique de variété, les compositions du duo Hirshhorn/Kasha font la part belle à la batterie complète qui ponctue le rythme en vigueur dans les seventies, un tempo proche des airs populaires dansants (de la bossa nova par exemple) mais qui préfigure quelque part l’avènement du disco (une régularité du tempo implacable). La modernisation des arrangements est signée Irwin Kostal, au pupitre chez Disney depuis « Mary Poppins » ; ce musicien ne délaissera jamais l’orchestration riche utilisant les accords du jazz (les fameuses septièmes, voir ici) ni l’écriture symphonique avec les violons chantants, un délice pour les oreilles averties. « Peter et Elliott le dragon », c’est un vrai travail de pro pour un film aux sentiments dépassés ; le charme désuet des personnages et de l’histoire touchera tout de même les plus jeunes. À noter deux versions françaises du film dont la plus récente, sortie en dvd remastérisé, est à privilégier (les chanteurs sont proches de la version originale américaine dont Nicole Croisille s’était éloignée la première fois) : c’est bien agréable à (ré)écouter ! Appréciation d’Alix : un Bon film, de Belles musiques, que demander de plus les enfants ?

 

 

 

lVOR SLANEY, compositeur

 

 

 

 

Une série vraiment pas comme les autres

L’AUTOBUS À IMPÉRIALE/Here come the double deckers, une série télévisée de Harry Booth (1970) avec Peter Firth, Brinsley Forde, Gillian Bailey, Michael Audreson, Douglas Simmonds, Bruce Clark, Debbie Russ, Melvyn Hayes et Tigre la peluche. Musique d’Ivor Slaney ; musique du générique « Get on board » de Melvyn Hayes et Johnny Arthey. Chorégraphie d’Arnold Taraborrelli. Une production 20th Century Fox.

Tout dans cette série sent l’anglais : le décor, l’attitude des personnages, les histoires, la musique… C’est un parfum délicieux quand on sait à quel point l’humour britannique peut réunir tous les talents :  musique, arrangements, interprétation, chorégraphie, lumière, cadrages, montage, réalisation… et doublage français ! La voix zozotante de Roland Demongeot est remarquable, le jeune acteur s’étant fait remarqué l’année précédente dans « Les risques du métier » avec Jacques Brel (voir ici) et surtout deux ans plus tôt pour son interprétation de Tom Sawyer – Huckleberry Finn dans un feuilleton l’associant à Marc di Napoli que l’on retrouvera, lui, dans « Deux ans de vacances ». Bref, quelques épisodes de « L’autobus à impériale » sont doublés par nos cousins canadiens et malheureusement, l’intérêt pour le scénario chute lourdement. La musique du générique donne pourtant le ton : entraînante, très dynamique, elle est bien servie par une chorale d’enfants motivés chantant à l’unisson ; rien d’étonnant à ce que la série, curieusement oubliée dans la longue liste des rediffusions estivales françaises, soit devenue si célèbre auprès du jeune téléspectateur des années 70. Certes de qualité variable avec des histoires parfois insipides, certains épisodes déclenchent inévitablement une franche hilarité ; celui qui se déroule dans un château soit disant hanté est franchement tordant : le succès de la technique utilisée, la capture « image après image » amènera d’ailleurs une partie de l’équipe à continuer dans la réalisation des « Benny Hill » avec leurs scènes saccadées. Tous les épisodes prévus de « L’autobus à impériale » n’ont pas été tourné, une démarche inaboutie fréquente chez les producteurs américains versatiles, dépendants des taux d’écoute et assez peu ouvert à la culture européenne fortement présente dans la série. Sans entrer dans le détail, la chorégraphie des jeunes, par exemple : Arnold Taraborrelli, l’artiste âgé aujourd’hui de 80 ans et toujours installé à Madrid depuis le début des années 60, aura beaucoup fait répéter les enfants pour un résultat bien surprenant : les scènes dansées sont superbes à la fois par leur originalité et leur fluidité. Ce danseur chorégraphe aura contribué à la réussite de Marilyn Monroë et de Franck Sinatra en leur apprenant à bien se mouvoir mais aussi à celle de Michael Jackson et de Madonna, c’est dire le niveau… Même talent, donc, côté musique : les chansons qui ponctuent les épisodes sont assurément mélodiques et très mélodieuses, les refrains donnent envie de s’y mettre : pourquoi n’a-t-on jamais proposé de les enregistrer ? Voici le drame qui caractérise le travail du compositeur Ivor Slaney : de ses centaines d’œuvres entendues à la télévision, à la radio et dans une bibliothèque sonore qui permettait aux réalisateurs d’y puiser leurs musiques de films à défaut de pouvoir financer des compositions dédiées, il ne reste aucune trace ou très peu d’archives sonores. Né en 1921 à 8 kms de Birmingham (une très bonne année de naissances de futurs vedettes, voir ci-dessous) dans les Midlans au cœur de l’île, Ivor Slaney se fera connaître par ses multiples prestations dans le domaine dit de la « musique légère » après ses études musicales classiques au Royal college of music de Londres, une musique instrumentale de genre qui n’intéresse plus grand monde au XXIe siècle. Son épouse Dolores Ventura, pianiste et chanteuse de variété, saura utiliser les capacités de création mélodique d’Ivor Slaney et ses arrangements qui élèveront le niveau des chansons de « L’autobus à impériale » pourtant prévues sans aucune prétention. Le succès ne prévient jamais ! La prédilection du compositeur pour la musique exotique pourrait trouver une explication dans la forte immigration provenant des Caraïbes dans les années 50 et 60 dans sa région de naissance mais aussi dans le genre très prisé de la « musique exotique de charme » dont Gloria Lasso en fera son « fond de répertoire » en France. Hautboïste confirmé, Ivor Slaney participera à de très nombreux enregistrements y compris pour les compositions de ses collègues, par exemple celles de Tristam Cary plus spécialisé dans la musique électronique aux sons mêlés à l’orchestre acoustique, un procédé qui autorisait toute les expérimentations avec un résultat évidemment heureux mais aussi, parfois, très malheureux. 

À noter que deux chansons entendues dans les épisodes sont des reprises de compositions des français Jean-Claude Petit et de Jack Arel ; quant à Jane Seymour alors jeune débutante, elle apparaît dans un épisode magique (voir la photo ci-dessous en haut au milieu, l’actrice est entourée d’un flou artistique lié à l’épisode car l’histoire se déroule dans un rêve…). Une Excellente série pour Aanor

Ils sont nés en 1921 : Eddy Barclay, Francis Blanche, Georges Brassens, Dirk Bogarde, Charles Bronson, Jean Carmet, Maritie Carpentier, Robert Dhéry, Daniel Gélin, Arthur Grumiaux, Patricia Highsmith, Henri Labussière, Alain Mimoun, Jean Richard, George Roy Hill, Peter Ustinov…

Pour en savoir + sur la série : le site d’un fan club anglais, cliquez ici

 

 

 

Pour rester en ligne, il faut se mettre au régime des musiques de films, remplir ses oreilles de Mélodies Modernes, prendre du poids intellectuel et privilégier toujours la carotte au bâton !

À suivre…

 

 

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