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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

Pour en savoir plus sur les compositeurs de musiques de films et leurs créations, parcourez les pages suivantes !

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

Les musiques de films (XXXII)

Richard M. SHERMAN, compositeur
Robert B. SHERMAN, parolier

 

 

Dans l'ombre de Mary Poppins ! Les Mélodies ModernesLa vie des frères Sherman, c’est vraiment quelque chose de géant ! Elle est révélée dans le film « Dans l’ombre de Mary » qui relate les relations difficiles entre Walt Disney et la romancière australienne Pamela L. Travers, inventrice du personnage (plus ou moins autobiographique) de Mary Poppins publié en 1934. Que de complications, de tergiversations et de problèmes pour transformer un ouvrage à succès en dessin animé culte dans le respect de l’histoire originale… Les frères Sherman, Richard à la composition et Robert aux paroles, vont apporter leur talent dans un film très révélateur de l’obstination payante et glorifiante des concepteurs d’un projet fou, associer images réelles et dessins animés. Un flot ininterrompu de parlottes et d’état-d’âmes répétitifs enlève malheureusement un intérêt au film qui s’éternise et finit par lasser (plus de deux heures) mais le gros travail de doublage des comédiens français doit être apprécié à sa juste valeur car ils rendent les chansons directement compréhensibles. Avec « Merlin l’enchanteur, Le livre de la jungle, L’apprentie sorcière, Les Aristochats, Chitty Chitty Bang Bang, Winnie l’ourson » entre autres, les frères Sherman connaîtront la gloire. Il faut dire que Richard est un sacré mélodiste et ses compositions restent dans toutes les mémoires. L’association musique et images animés demeure un moment de grâce dans l’histoire du cinéma : la recherche de la perfection dans la valorisation des détails était un des crédos de Walt Disney, très sensible à l’aspect musical et chanté car il était lui-même grand mélomane. Les frères Sherman collaboreront à d’autres dessins animés et films plus ou moins célèbres pour lesquels ils composeront toutes les chansons, l’époque étant propice au chant (eh oui, on chantait bien plus spontanément pour tous les instants de la vie dans les années 60 qu’aujourd’hui) : « Bon voyage ! » en 1962 (musique du film de Paul J. Smith (voir ci-dessous) à qui l’on doit « Les Robinson des mers du sud », « Les enfants du capitaine Grant » (musique de William Alwyn) et « Compagnons d’aventures » qui raconte l’amitié entre un enfant et un chien (musique du film d’oliver Wallace, chanson « Big red theme/Mon amour perdu » des frères Sherman) sans oublier « L’honorable Griffin » en 1967 avec le génial Roddy MacDowall, une version réussie de « Tom Sawyer » en 1973 avec la non moins remarquable Jodie Foster.

Le livre de la jungle - Les Mélodies ModernesL’ embauche du duo Sherman dans l’équipe Disney en 1960 pour mettre en musique les parcs à thèmes de la compagnie leur aura permis de voir aboutir une destiné musicale heureuse par les importants moyens mis à leur disposition (arrangeurs, orchestrateurs, délais de réalisation corrects etc.) tout en assurant le succès de l’entreprise avec des tubes mondiaux et, très honnêtement, exceptionnels comme intemporels ! Ce pari gagnant de faire reposer la création musicale sur la mélodie, Richard y a pensé tout au long de sa vie puisqu’il vient de composer une nouvelle chanson pour les parcs Disney à l’occasion de l’anniversaire de l’ouverture du premier Disneyworld en Californie il y a soixante ans. Son frère décédé en 2014 n’est plus son auteur privilégié mais de là-haut, nul doute qu’il supervise toute cette agitation sous le regard bienveillant de leur père spirituel auquel ils doivent toute leur carrière, Walt Disney, toujours présent… Hélas, tout le monde ne peut pas devenir un cat inspiré dans une période musicale très médiocre, celle que nous traversons actuellement (variété, musique de film, musique classique) et qui reste très défavorable à la mélodie dans toute sa splendeur : pendant que Richard compose au mieux de son talent, l’un des tubes mondiaux de l’été 2015 est bâti sur deux accords. Dans le domaine de la médiocrité absolue d’aujourd’hui, il faut le faire, non ?

 

 

Paul J. Smith - Les Mélodies ModernesPaul J. SMITH, compositeur

 

 

 

 

20 000 lieues sous les mers - Les Mélodies ModernesPrédestiné à devenir un homme de paix, de bonté et de sagesse (il est né à Calumet dans le Michigan en 1906), la liste de ses compositions pour la société Disney est trop longue à dévoiler ici et pourtant, que de succès dans le dessin animé : « Donald, Mickey, Dingo, Pinocchio, Blanche-neige et les sept nains, Saludos Amigos, Les trois caballeros, Danny le petit mouton noir, Cendrillon » etc. sans oublier de citer ses nombreuses musiques de films et de documentaires pour le cinéma : « La grande prairie », « Vingt mille lieues sous les mers » avec un Kirk Douglas et James Mason inoubliables, « Le grand retour » en 1963 avec Robert Taylor, « La fiancée de papa » en 1963 avec Hayley Mills, Maureen O’Hara et son copain, le compositeur Franck De Vol dans un petit rôle (on lui doit la formidable musique de « L’empereur du nord »), lui qui restera stagner dans un orchestre avant de composer pour le cinéma… Autant dire que le travail très prolifique de Paul J. Smith l’amènera au sommet de son art, un poste de travail maîtrisé aux commandes musicales de l’empire Disney qui finira par devenir très convoité au moment de son départ en retraite : ce seront les frères Sherman qui lui succèderont au début des années 60 pour continuer l’aventure créatrice de haute facture que l’on sait !

Pour en savoir un peu plus sur les grands compositeurs de musiques de films qui ont étroitement collaborés avec la compagnie Disney, voir ici (infos Chroniques Diney, en français).

 

 

Les Mélodies ModernesFrederick LOEWE, compositeur
Alan Jay LERNER, parolier

 

 

Film musical

Il y a ceux qui vont quelque part et ceux qui ne vont nulle part.

La kermesse de l'ouest - Les Mélodies ModernesLA KERMESSE DE L’OUEST/Paint your wagon, un film de Joshua Logan (1969) avec Lee Marvin, Clint Eastwood, Jean Seberg… Musique de Frederick Loewe, paroles d’Alan Jay Lerner. Un film Paramount. Les musiques sont Superbes. Qui n’a jamais chantonné « Je suis né sous une étoile filante » ? À l’origine pièce de théâtre présentée à Broadway, « La kermesse de l’ouest » est le film qui sacralisa trois célébrités : Lee Marvin, impérial, déjà très connu pour son rôle dans « Les douze salopards » et qui restera dans les mémoires comme étant l’un des plus grands acteurs du monde (sa performance dans « L’empereur du nord » est phénoménale) ; Clint Eastwood, évidemment, dont la carrière était déjà lancée avec ses dollars italiens et avant l’inspecteur Harry : présent dans « La kermesse de l’ouest » pour son affection envers les chercheurs d’or – son arrière grand-père était mineur -, sa présence impressionne tout comme celle de Jean Seberg illumine le film, une bien malheureuse actrice décédée à la quarantaine. Son parcours personnel fut tumultueux sur les plans politique (engagement contre le racisme envers les noirs) et sentimental mais son parcours artistique sera ponctué d’une grande réussite cinématographique (elle fut une inoubliable Jeanne d’arc) malgré plusieurs échecs dont le violent « Macho Callahan » en 70 par exemple, avec un David Carradine débutant.Les chansons de « La kermesse de l’ouest » sont le fruit d’une collaboration remarquable, Frederick Loewe assurant la base musicale du succès avec la mélodie et Alan Jay Lerner inventant les paroles, ce dernier étant principalement librettiste : à partir du texte, son collègue et ami compositeur va imaginer la mélodie qui s’adapte le mieux aux paroles, qui seront éventuellement corrigées pour bien « coller » aux notes de musique : c’est tout un art ! Né à Berlin en 1901 de parents autrichiens, le jeune Loewe était un brillant pianiste (à 13 ans il s’est produit avec le Philarmonique de Berlin) mais il semblerait bien que son rêve secret s’appelait Broadway. L’influence de la musique populaire américaine et l’appel de l’Amérique tout court, dans les années 20, en Allemagne, faisait déjà son œuvre : Frederick Loewe entrera dans le cercle très fermé (mais en pleine expansion) des collaborateurs de spectacles conçus pour Broadway. Il y a ceux qui vont quelque part et ceux qui ne vont nulle part : en s’installant à New-York avec son père en 1924, son évolution l’amènera en 1942 seulement à rencontrer Alan Jay Lerner de 17 ans son cadet : d’immenses succès suivront sans tarder : « Brigadoon, Gigi, My fair lady, Camelot… et La kermesse de l’ouest » avant une étonnante adaptation du « Petit prince » de Saint Exupéry. Avec Alan Jay Lerner et Frederick Loewe, le cinéma et la musique de film ont gagné un duo d’artistes extraordinaires ! « La kermesse de l’ouest » est un film excellent car bien construit et intelligent avec ses mélodies géniales, des arrangements signés de grands spécialistes (André Previn et Nelson Riddle, également chef de l’orchestre, sont d’immenses références dans le milieu de la musique de film). À noter que les chansons ne sont pas doublées ; elles sont brillamment interprétées par Clint Eastwood (on connaît déjà ses talents de musicien accompli) et Lee Marvin, avec sa magnifique voix basse et rauque (ses cordes vocales ne vibrent pas tout à fait normalement, d’où le style), pour notre plus grand bonheur auditif ! Tous à l’ouest !

 

Comédie musicale

My fair Lady - Les Mélodies ModernesMY FAIR LADY, un film de George Cukor (1964) avec Audrey Hepburn, Rex Harrison, Marni Nixon, Stanley Holloway, Wilfrid Hyde-White, Gladys Cooper, Jeremy Brett… D’après la pièce Pygmalion de G.B.Shaw. Musique et paroles de Frederick Loewe et Alan Jay Lerner. Un film Warner Bros.

Pygmalion et Galatée font partie de la mythologie grecque. Sculpteur de son état, Pygmalion vouait une adoration sans bornes à Galatée, une statue née de ses fantasmes de sculpteur qu’il nommait ainsi en référence à la nymphe marine dont la peau était d’une blancheur écarlate. Cette femme en ivoire était si belle qu’il demanda à la déesse Vénus de lui présenter une femme en chair et en os aussi richement couverte d’habit et de bijoux, en clair, de lui créer une épouse aussi désirable que la statue mais qui sache faire autre chose que le regarder stoïquement… Grâce à Aphrodite opposée aux Propétides, des femmes chypriotes peu recommandables (elles finiront transformées en pierre sous la colère d’Aphrodite), la statue devint femme puis ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants… George Bernard Shaw entre autres artistes intéressés par cet amour extraordinaire présentera sa version modernisée de l’histoire en 1914 : sur la scène londonienne ce fut un succès immédiat. Quarante ans plus tard, Frederick Loewe le compositeur et Alan Jay Lerner le parolier (le librettiste) créeront une pièce de théâtre à Broadway avec une jeune et jolie débutante qui rayonnait déjà sur scène, Julie Andrews ; là encore le public répondit « présent ! ». Puis ce fut le tour de George Cukor le réalisateur viré en 39 du tournage d’ « Autant en emporte le vent » (voir ici) par un David O. Selznick caractériel ; il se lança dans l’aventure avec « My fair lady » qui contient des chansons inoubliables interprétées dans la version française par Mathé Altéry, déjà doubleuse de Julie Andrews dans « Mary Poppins » et dans « La mélodie du bonheur ». Malgré son excellente prestation sur les planches, on ne retrouve pas Julie Andrews au générique de « My fair lady » car elle fut distancée par Audrey Hepburn ; cette dernière se vengeait peut-être à retardement d’un milieu de requins : dix ans plus tôt, elle s’était faite distancée par Leslie Caron la française pour tourner avec Gene Kelly « Un américain à Paris ». Dans le milieu artistique c’est toujours « pousse-toi de là que je m’y mette… ». De formation très classique, l’artiste Mathé Altéry chantera les mélodies de toutes sortes en utilisant la technique élaborée nécessaire à l’interprétation des grandes œuvres du répertoire classique ce qui ne convient que très moyennement au contexte léger et humoristique des comédies musicales. Sa voix cristalline et d’une beauté rare rajoutée à l’orchestration d’origine enregistrée sur une bande son séparée de la bande son française entretien le malaise du spectateur. Une traduction approximative dans ce film où les mots ont une importance primordiale achévent une version française pour une fois bâclée, un problème également rencontré dans « La mélodie du bonheur ». Alors regardez ces comédies musicales dans leurs versions d’origine car la musique, les chansons et les arrangements sont d’une trop grande richesse pour passer à côté. Impossible n’est pas français ! Jugement d’Alix pour « My fair lady » : le film et la musique sont Excellents mais la version française est Ratée malgré la voix magnifique et la technique vocale de Mathé Altéry (mauvais textes, mauvais mixage, manque évident de rigueur technique et artistique dans l’ensemble).

 

Film musical

LE PETIT PRILe Petit Prince Mélodies ModernesNCE/The little prince, un film de Stanley Donen (1974) avec Richard Kiley, Bob Fosse, Gene Wilder, Joss Ackland, Clive Rivill… D’après l’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry. Musique (score) de Frederick Lowe, paroles (lyrics) d’Alan Jay Lerner. Un film Paramount Pictures.

La nouvelle « Le petit prince » de « Saint-Ex » fut publiée en 1943 et connu un succès immédiat dans le contexte mouvementé de la Seconde guerre mondiale ; l’auteur, un aviateur chevronné à l’esprit aventureux, se battra concrètement et physiquement au côté des alliés mais aussi sur le plan politique pour inciter les américains à entrer dans le conflit. Cette période terrible lui fera perdre jeune la vie le long des côtes françaises de la Méditerranée, son avion ayant effectué un piqué dans la mer sans que l’on en connaisse parfaitement les raisons. Pourtant Luc Vanrell, le découvreur de l’épave, un P38 englouti près de l’île de Riou dans les Calanques marseillaises, semble sceller le destin de Saint-Exupéry. Son collègue et ami Charles Lindberg s’achèvera, lui, dans le Pacifique… « Le petit prince » continue de déchirer des records de vente sur la Terre entière, c’est l’ouvrage le plus vendu après la Bible. C’est dire à quel point les valeurs humanistes qu’il véhicule sont universelles et largement partagées par tous. L’affection de Saint-Exupéry pour les enfants et les animaux, pour la vie en général, ne lui donnera pas envie de croire en l’être humain qui finira par le décevoir ; ses états-d ’âme vont définir le cadre de son livre, un environnement fantasque que l’on retrouve, évidemment, dans le film de Stanley Donen. Hélas, sa version filmée ne restera pas dans toutes les mémoires. Richard Kiley frise le ridicule dans sa tenue d’aviateur maniéré et les décors ne sont Pas convaincants ; que dire des trucages… Le personnage principal, le petit blond aux cheveux bouclés qui pose beaucoup (trop) de questions, est interprété sans charisme par un enfant au inexpressif dans une mise en scène elle aussi sans surprise : les orchestrations et les chansons de l’excellent Frederick Lowe, à qui l’on doit de remarquables mélodies, ne peuvent à elles seules relever le niveau de l’ensemble. Seul Bob Fosse, danseur et chorégraphe incontournable depuis le début des années 50, démontre la superbe maîtrise de son art par une variation extrêmement gracieuse et des enchaînements techniques somptueux imitant le serpent dans ses déplacements. Ses pas de danse, son costume, sa présence inimitable et sa chorégraphie toujours très originale ont certainement inspiré plusieurs futures vedettes dont un certain Michael Jackson mais ça, ce n’est pas une nouvelle, juste une autre histoire… 

 

 

John Cacavas - Les Mélodies Modernes

John CACAVAS, compositeur

 

 

 

 

 

Airport' 77 - les Mélodies ModernesEncore un fils d’immigrant, pourrait-on dire, tant les compositeurs américains de musique de film sont issus de familles expatriées, divisées et déchirées par la guerre ou par la famine, attirées par les promesses de jours meilleurs sur une terre de liberté, les États-Unis. Un phénomène de société qui n’est pas prêt de se terminer y compris en Europe de l’ouest avec l’arrivée actuelle des migrants syriens et autres demandeurs d’asile… John Cacavas et non pas Cavacas comme Auregane peut le lire sur la jaquette du film « Airport’ 75, 747 en péril » est né en 1930 d’un père venu de Grèce et d’une mère américaine implantée dans le Dakota du nord. Devenu l’ami d’un acteur dont les parents furent eux aussi des émigrés grecs, Telly Savalas, le héros de la célèbre série télé « Kojak », John Cacavas se faire connaître par son intermédiaire sur les plateaux de la télévision américaine. Il commencera à être sollicité pour ses talents d’arrangeurs en travaillant sur l’orchestration de plusieurs séries à succès des années 70 (« Columbo, Hawaï police d’état, Super Jaimie »…) avant de composer pleinement pour les reportages et documentaires télé, pour des génériques de toutes sortes et même pour plusieurs longs-métrages cinéma dont la carrière fut courte ou impossible en France par manque de courage au niveau des distributeurs, à part « Airport 75 » et « Airport 77 ». Il s’agissait principalement de films dits « de série B », de genre horreur ou fantastique, avec Christopher Lee, Telly Savalas (!) ou bien encore Tommy Lee Jones. Les jeux vidéo ne resteront pas étrangers à John Cacavas et l’un de ses thèmes très connu des amateurs du genre s’entend dans le jeu « Grand theft auto, Liberty city story » sur PlayStation 2. Sa carrière restera malgré tout dans l’ombre d’un système vous obligeant à travailler beaucoup pour valoriser les produits dont vous avez la charge musicale sans que vous autorisez pour autant à en connaître la gloire, à quelques exceptions près.

John Cacavas fut tout de même récompensé par la profession (Emmy Award) et grâce à ses interventions dans le domaine de la chanson de variété, le compositeur atteindra son objectif, celui de toute une vie et de tout le monde, devenir riche et célèbre, contrairement au métier de compositeur de musiques de films, toujours aussi confidentiel pour ne pas dire obscur pour la majorité du public. La contribution de John Cacavas dans ce domaine professionnel hyper spécialisé est pourtant très importante. Ses mélodies et les arrangements riches (orchestre symphonique dans une écriture classique mais avec un apport évident des accords et sonorités du jazz et de la musique rock-pop-folk) sont d’une très grande qualité, il suffit de prêter l’oreille à « Airport’ 75, 747 en péril » et à « Airport’ 77, les naufragés du 747 »pour s’en rendre compte. Ce qui est également évident, c’est le côté complètement dépassé de ces films. Les relations, les sentiments, l’intrigue… On navigue dans un océan d’état-d’âmes désuets et la seule bonne surprise reste, dans « Airport’ 75 », la performance d’Helen Reddy dans un second rôle, une femme belle et rayonnante à la voix douce et légère dans une très belle mélodie composée par son ami du moment, Ray Button, un chanteur-compositeur de rock australien. Helen Reddy, chanteuse australienne (ceci explique cela) a revendiqué une part importante dans le développement des idées féministes du début des années 70, une période glorieuse pour la musique populaire en pleine effervescence qui verra naître « I am a woman », un tube de la chanson de variété resté célèbre dans le Commonwealth. Avec quelques autres grands succès populaires, Helen Reedy vendra plus de 25 millions de disques sur la planète. F comme féministe, futuriste, forte, fabuleuse, familière, fine, flamboyante, fière, franche, funk, fonceuse, féroce (?), f comme femme !

Extrait du film avec la chanson de Ray Button interprétée par Helen Reddy sur YouTube

 

 

Roy Webb - Les Mélodies Modernes

Roy WEBB, compositeur

 

 

 

 

The window - Les Mélodies ModernesUne incroyable histoire/The window, un film de Ted Tetzlaff (1949) avec Bobby Driscoll, Barbara Hale, Arthur Kennedy, Paul Stewart, Ruth Roman, Richard Benedict, James Nolan, Lee phelps, Anthony Ross… D’après « The boy cried muder » de Cornell Woolrich. Musique de Roy Webb. Un dvd distribué par les Éditions Montparnasse.

Ce film de « série B », produit avec un petit budget pour occuper les studios et le personnel d’Hollywood entre deux productions plus conséquentes, rassemble Tous les talents. Tout d’abord le compositeur de la musique du film, Roy Webb, qui fournira tout au long de sa vie professionnelle une quantité d’œuvres phénoménale : comédies musicales pour Broadway, arrangements pour les compositeurs de mélodies célèbres (Irving Berlin, Richard Rodgers, Jerome Kern…), compositions pour les médias (radio, télévision, même pour un club de football américain ce qui aida à le faire connaître), rien n’arrêtera sa veine créatrice. Né en 1988, il grandira dans l’idée qu’il évoluera un jour dans le milieu du show-bussiness (théâtre, radio, cinéma, théâtre) ; il deviendra effectivement créateur et novateur dans l’âme comme son frère aîné. Le jeune Roy sera formé par une « pointure » de l’enseignement musical universitaire qui lui inculquera l’art de la fugue et du contrepoint, un solide apprentissage qui lui servira de moteur. Enrôlé dans la Marine au moment de la Première guerre mondiale, il s’investira dès 1918 dans la musique jusqu’à se faire (re)connaître pour ses qualités d’arrangeur. Premiers contrats et premiers succès dans les années 20, c’était l’époque où le métier d’orchestrateur avait encore une légitimité… puis les oreilles de Max Seiner furent séduites par ses qualités de compositeur : il lui ouvrit les portes des studios de cinéma pour y faire carrière. Compositeur attitré du réalisateur Val Lewton (par exemple « Quand les tambours s’arrêteront » en 1951), sa vie très remplie mise au service de la musique de scène et de l’écran sera très mal récompensée : en 1961, l’incendie de son domicile ne fit pas de victimes puisqu’il vécut jusqu’à l’âge de 97 ans mais il y perdit tout, de ses archives d’une valeur artistique incommensurable à ses nombreuses compositions restées (momentanément) sans suite. Découragé sachant qu’il ne retrouverait plus l’inspiration du passé, il arrêta tout. D’où ce conseil avisé : lorsque vous inventez une mélodie, notez-la immédiatement si vous ne voulez pas prendre le risque de la perdre définitivement. L’inspiration revient toujours mais jamais de la même manière, c’est un peu comme la foudre qui ne frappe jamais deux fois au même endroit.

51JF6CcFeYLR.K.O. pictures, c’est la plus ancienne société de production américaine créée en 1928 par la fusion de plusieurs sociétés (un collectif gérant des salles de cinéma) et de l’investissement d’hommes d’affaires motivés (dont le père du président J.F.K.) désireux de mieux gérer la production et la diffusion cinématographique. Howard Hugues rachètera l’entreprise (qui avait elle-même rachetée Les studios Pathé) avant d’être absorbé in fine par la Paramount en 1968. La firme, dans son meilleur rendement, produisait un film toutes les semaines et lorsque le talent des uns et des autres éclatait au grand public, c’était tout bénéfice pour la notoriété et surtout, pour la rentabilité qui permettait de financer les films plus ambitieux avec ses vedettes qui commençaient, déjà, à coûter (très) cher… L’autre grand talent d’ « Une incroyable histoire », c’et le jeune Bobby Driscoll. Embauché par Walt Disney qui le trouvait fantastique (l’enfant mémorisait tous les textes très facilement), il fut le personnage principal du controversé « Mélodies du sud » en 1949 (un mélange d’animation et de personnages réels sur une histoire ne dénigrant pas le racisme) et le célèbre film « L’île au trésor » dans sa version de 1950. Il mourut jeune, à l’âge de 31 ans seulement, complètement accroc à l’usage de la drogue. Un exemple à ne pas suivre. Enfin, il faut citer le réalisateur d’ « Une incroyable histoire », très longtemps directeur de la photographie dans un nombre incalculable de films en noir-et-blanc dont ceux de René Clair ou du maître du suspense Alfred Hitchcock, de quoi rester au fait de la technique (cadrage, mise en scène) et de ses effets esthétiques (jeux d’ombres, éclairage discret ou sources multiples, étalonnage etc.) : Ted Tetzlaff fut le fils d’un pilote automobile qui lui donna certainement « l’envie de se bouger » avec un résultat archi-connu, la réunion des énergies, des talents et des moyens qui transforment un film banal en chef d’œuvre (non édité en Europe en version française, pour l’instant). Quelle incroyable histoire !

 

 

 

Alexander Courage - Les Mélodies ModernesAlexander COURAGE, compositeur

 

 

 

 

La famille des collines - Les Mélodies ModernesCe n’est pas Vladimir Cosma, longtemps orchestrateur de Michel Legrand, qui contredira le fait suivant : arranger des centaines de musiques de films composées par quelqu’un d’autre vous permettra un jour de devenir un grand professionnel de la composition. Rien ne sert de savoir inventer une mélodie ou être capable de créer une ambiance sonore si on ne sait pas mettre en osmose les instruments sélectionnés en fonction de l’effet recherché. Pour être un bon orchestrateur, il faut tout savoir sur tout : le timbre, la transposition,  les tessitures, les associations ratées ou heureuses, les nouvelles technologies (c’est grâce à son ouverture d’esprit que Vladimir Cosma a fait jouer aux synthés « La soupe aux choux » qui restait d’une très grande platitude joué par un orchestre à cordes), les règles de la composition et de l’harmonisation – et du rythme – si importants dans le genre musical. Alexander Courage en a eu beaucoup pour accepter d’arranger les musiques des films produits par la M.G.M. dans les années 50 ! Après ses brillantes études universitaires (aux États-Unis, elles peuvent être entièrement dédiées à l’Art de la composition). « Show boat, Tous en scène, Gigi, Un violon sur le toit, Le gaucher, L’aventure du Poséidon, Superman, Jurrasic park, Mulan, La momie… » mais aussi la télé avec « Voyage au fond des mers, Star Trek (on lui doit le thème principal), Perdus dans l’espace… », on ne compte plus ses performances, lui qui aura succédé à son confrère Arthur Morton, l’arrangeur attitré de Jerry Goldsmith. Ces trois artistes auront travaillé ensemble sur la série télé « La famille des collines » (peu connue en France, voir photo ci-contre) et ses neuf saisons à partir de 1971. C’est qu’il fallait les aligner, les notes de musique réparties dans les 221 épisodes de cinquante minutes ! Alexander Courage est né en 1919 à Philadelphie et décédé en 2008. Le XXe siècle lui doit donc beaucoup. Et si, d’aventure, vous vous demandiez pourquoi les musiques des films américains donnent parfois le sentiment étrange de toutes se ressembler, ce n’est pas à cause des compositeurs, qui sont évidemment tous différents, mais à cause de l’arrangeur qui leur est commun. La plupart des musiques de films d’Hollywood, ce sont des bébés Courage…

 

 

Antonio PintoAntonio PINTO, compositeur

 

 

 

 

Menino Maluquinho - Les Mélodies ModernesMenino Maluquinho – O filme, un film d’Helvécio Ratton (1995) avec Samuel Costa, Patricia Pillar, Roberto Bomtempo, Luiz Carlos Arutin, Hilda Rebello, Edyr de Castro, vera Holtz, Othon Bastos, Tonico Peirera, Fernanda Guimarães… D’après le personnage de bande dessinée créé par Ziraldo. Musique d’Antonio Pinto. Un film RioFilme/Paramount Pictures.

Tourné dans un quartier sud de Belo Horizonte sous le climat tropical du Brésil, troisième ville du pays par son nombre d’habitants, la vie nécessite de prendre quelques bonnes dispositions, notamment de s’abreuver constamment et de prendre l’eau là où elle se trouve, ce que ne manque pas de faire le petit Maluquinho (Nutty, en anglais), toujours prêt à renverser du liquide sur votre beau costume neuf ou sur votre tête, un facétieux gamin en perpétuelle recherche d’une bonne blague à faire – mais jamais méchante, il a trop bon cœur, ses petites copines toutes folles de lui en savent quelque chose -. Avec une casserole posée sur la tête comme son frère en papier qui se prend pour Napoléon avec sa grande veste bleue, le personnage est né au début des années 1990 et la bande dessinée a connu un grand succès populaire. Il ne restait plus qu’à animer en chair et en os Menino ce que le réalisateur – scénariste – producteur Helvécio Ratton a tenté et réussi : son film est Très bon., énergique et sentimental, très bien interprété par le petit Samuel Costa qui se retrouvera également à la tête de la distribution du deuxième film explosif, « Menino Malequinho – A aventura » sorti en 1998 avec un autre réalisateur puis une série télé tout aussi agitée. Le compositeur a écrit une musique Extraordinaire ; mélodique, humoristique, basée sur les rythmes, les sonorités et la richesse harmonique d’une musique brésilienne toujours positive et excitante, son succès de compositeur inspiré n’a pas tardé à grandir avec la musique du film « Central do Brasil, La cité de Dieu qui lui a valu de connaître la notoriété au niveau international et le très intéressant film de science-fiction Les âmes vagabondes ». Un compositeur dont Les Mélodies Modernes vont vous en reparler prochainement. Entre deux matchs de foot, évidemment, comme dans le film « Menino Malequinho » où le Brésil ne serait pas le Brésil sans ce sport national !

 

Drame

Montage Central Do Brasil Mélodies Modernes Central do Brasil, un film de Walter Salles (1999) avec Fernanda Montenegro, Marilia Pêra, Vinicius de Oliveira… Musique d’Antonio Pinto et Jacques Morolembaum. Un film Mact/Videofilmes/Canal+…

Prenez un gosse qui fait la gueule d’un bout à l’autre du film, mettez-le dans une situation inconfortable (d’où le fait qu’il fait la moue), faites-lui faire ce qu’il ne veut pas (d’où le fait qu’il se retrouve dans une situation inconfortable), rajouter une institutrice à la retraite (qui n’a pas une belle gueule d’amour) à la recherche d’elle-même et fortuitement, lancée à la recherche du père du garçon qui fait la gueule parce qu’il se retrouve seul sans famille ; du coup ils sont deux à faire la tronche, terminez par des états-d’âme d’un autre âge sur des images banales agrémentées d’une musique qui ne se fait pas assez remarquer et vous obtiendrez, par le mélange des genres, un film récompensé dans une multitude de festivals du monde entier. Si vous n’avez pas encore découvert cette histoire, attention, vous risquez vous aussi de faire une sale gueule en assistant à la chute incompréhensible, d’une tristesse rebutante et pleinement injustifiée. Ce film est-il sentimental ? Est-ce un passionnant voyage au cœur d’un Brésil véridique ? Que nenni, pour Aanor, aïe !, ce film est Sans intérêt. À moins de ne jamais avoir rien vu d’autre…

À suivre…

 

Le petit prince du football : « Le sport, c’est super. La musique de film, c’est trop génial !»

Les Mélodies Modernes

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