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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

Musique, films et éducation

La langue de bois ?

Sûrement pas !

C’est dans mes cordes…
 

« La force est la reine du monde et non pas l’opinion, mais l’opinion est celle qui use la force ». Blaise Pascal.

 

Comment juger les qualités d’une musique, d’une chanson ? La musique est un art qui ne peut se réduire à une seule expression du style « j’aime » ou « j’aime pas ». Comme pour toute chose, il faut un minimum de discernement et de rigueur intellectuelle pour ne pas formuler une appréciation uniquement basée sur l’émotion ressentie. La musique est un art technique et repose sur des critères quantifiables et reconnaissables ; elle repose sur des lois acoustiques strictes, des règles théoriques et pratiques forgées au fil des siècles et quoi que l’on dise et quoi que l’on s’autorise à faire, on peut toujours se permettre de juger la qualité d’une musique à partir de critères objectifs. La musique peut donc être créée par des ignorants et critiquée par des incompétents mais chaque individu devrait avoir les notions nécessaires pour savoir quoi en penser… La musicalité d’un artiste pour toute création sonore qu’il reproduit doit être l’aboutissement d’un travail et d’un talent réunis ; quant à l’analyse d’une composition musicale, il s’agit vraiment d’une démarche à la portée de chaque être humain pourvu au moins d’une oreille en état correct de fonctionnement. C’est le cerveau, sollicité par les vibrations sonores, qui va dans les faits effectuer tout le boulot.

Plus une oreille est formée à la perception des sons et plus un cerveau est irrigué par des informations valables ; meilleure devient alors la recherche de la qualité sonore. Ainsi, en ne cédant pas à la tentation de la facilité, nous nous empêchons d’altérer notre faculté d’évoluer et d’avancer. Si vous êtes bien formés en sachant toujours garder un esprit critique (principe qui peut être appliquée à toute activité humaine), vous êtes à même de porter un jugement crédible sur une musique ou une chanson. Vous pouvez alors oser dire « c’est bon » ou « c’est pas bon ». La musique est un art majeur qui ne mérite pas l’approximation d’un jugement né sur la base de mauvaises informations dans une méconnaissance totale de l’art musical. En clair, informez-vous et donnez ensuite votre opinion sur telle ou telle musique en connaissance de cause. N’acceptez pas de devoir écouter tout et n’importe quoi sans réagir, cherchez à sortir intellectuellement grandi de la démarche en émettant une opinion pleine de sens et de valeur qui dépasse le cadre sympathique mais insuffisant d’un jugement facile à l’emporte pièce : « aimer » ou « ne pas aimer » n’est pas un argument satisfaisant, c’est juste un point de vue.

En ce sens, plus les enfants écouteront de la bonne musique, plus ils recevront une éducation de « savoir-écouter » et plus ils deviendront des auditeurs fiables et responsables qui éviteront d’acheter n’importe quel produit de marketing nul mais terriblement lucratif pour certaines personnes sans scrupules… Loin de ramener l’existence du site Mélodies Modernes à une simple question mercantile, ce site souhaite très humblement mettre à votre disposition les éléments de base permettant une bonne approche de la composition musicale sous ses principaux piliers, la mélodie et l’arrangement ; par des informations d’ordre général sur la musique, particulièrement la musique instrumentale et sa plus brillante représentation la musique de film, vous pourrez peut-être affiner vos connaissances en la matière et émettre par la suite des opinions argumentées. Le tout exposé sans prétention ni orgueil manifestes. Bonne balade sur ce site en continuelle évolution et comme Anna la jeune pianiste (photo ci-contre) aime le faire : restez à l’écoute des Mélodies Modernes !

 

Les cent couleurs du son

 

«Sans la musique, la vie serait une erreur». Friedrich Nietzsche. Voilà quelqu’un qui a tout compris. Mettons des instruments de musique entre les mains des soldats, remplaçons les obus par des tirs de violons, élisons à l’Élysée un président qui saurait diriger allègrement un orchestre symphonique de ministres musiciens, rendons obligatoire l’apprentissage d’un instrument et décrétons langue universelle la musique, les musiques, toutes les musiques. Plus nous serons imprégnés par la mélodie, l’harmonie et le rythme, par les timbres et les cent couleurs du son comme le prétendait le merveilleux pianiste classique Vladimir Horowitz et moins l’humanité sombrera dans la dépression. C’est dit c’est écrit.

Il existe une école franco-belge de la bande dessinée. Mais savez-vous qu’il existe aussi une école franco-belge du violon ? Cet instrument que l’on disait diabolique à son origine (certaines personnes peu ouverte à la nouveauté prétendaient que les violonistes passaient la moitié de leur temps à essayer de s’accorder et l’autre moitié à essayer de jouer juste) ne se pratique pas n’importe comment, la technique de base ne s’improvise pas à moins d’être un violoneux épatant ou un fiddler formidable. Pour ce qui est de l’apprentissage du violon classique (qui vous amènera à jouer tous les styles de la meilleure manière possible), trouvez-vous un adepte de l’école franco-belge ! Pour en savoir plus, cliquez ici.

 

 

Le son de musique

 

Petit rappel des trois qualités fondamentales du son : la hauteur, le timbre et l’intensité. En ce qui concerne la hauteur, tout est fonction de la fréquence fondamentale émise ; plus elle est élevée, plus le son sera aigu. Pour ce qui est du timbre, c’est la nature et l’intensité des harmoniques du son qui permettent de différencier un violon d’un piano par exemple ; la manière dont le son est attaqué agit également sur le timbre (l’enregistrement d’une note de piano dont on a coupé l’attaque rend le timbre méconnaissable). Enfin, l’intensité dépend de l’amplitude de la vibration, de son énergie, de sa puissance. Résonances, interférences, ondes stationnaires, dynamique, capacités de l’ouïe… La causticité des lois de l’acoustique mériterait bien une causerie sur ma causeuse !

 

Un fait est certain : nous ne possédons pas tous (et c’est heureux !) la même formation musicale de l’oreille. Par exemple cette question : pourquoi dit-on que les français ne sont pas naturellement doués pour l’apprentissage des langues étrangères ? La réponse pourrait se trouver dans le fait que notre magnifique langue française est néanmoins monotone et s’entend dans un registre limité (tessiture réduite utilisant peu d’aigus et de graves) contrairement à la langue de Shakespeare par exemple qui monte et descend beaucoup surtout lorsqu’elle est entendue avec un accent typically so british… Idem pour les autres nations à la langue colorée et remplie d’harmoniques. Le cerveau de nos amis européens serait-il plus habitué – donc plus réceptif – à l’écoute des sons différents et ce, dès la petite enfance ?

 

Aïe aï aïe au secours ! Ils ont osé le faire. Une grande entreprise japonaise de jeux débiles pour petits et grands tarés n’arrête pas de vendre un truc pas possible : vous vous plantez devant la télé, vous prenez dans chaque main un boîtier blanc en plastique et vous agitez les doigts et les bras en singeant les instrumentistes. Ouiiiiiii c’est vrai ! Le logiciel traduit alors vos tics nerveux de paranoïaque surexcité par des mouvements de notes qui modifient le son d’un air pré-enregistré. Vous apprenez ainsi (c’est le mode d’emploi qui le dit !) à devenir des musiciens aux réelles qualités d’arrangeur. Ouiiiiiii, plus besoin de solfège ! Plus besoin d’instruments de musique. Plus besoin de musiciens. Plus besoin d’être pourvu d’une paire d’oreilles. Et bientôt plus besoin de connards pour singer d’autres connards : à ce rythme-là, l’humanité disparaîtra au profit des robots informatisés et ce sera bien fait pour nos gueules. No problemo, baby !

 

Le mot du jour : velouté. À quoi bon posséder une bonne technique si vous n’avez rien à exprimer. Mais plus que l’interprétation, le velouté dans le son est une qualité rare que l’on ne rencontre que chez les grands ; c’est quelque chose d’inexplicable mais qui s’entend, se ressent, vous fait vibrer. Anton Rubinstein, Luciano Pavarotti, Luis Mariano, le King Elvis, Barbra Streisand, Tino Rossi, Charlie Miller et mon maître Roger André, tous ont su un jour apprivoiser le son. Quand ils jouent, lorsqu’ils chantent, la rondeur et les nuances des vibrations qu’ils émettent dépassent le cadre de la simple prestation musicale… Un toucher, un doigté, une maîtrise : il vous faut un jour ressentir cela et pour se faire laissez tomber un peu les sons électroniques et écoutez les musiciens, ces artisans du son véridique !

 

Ne cherchez plus de pianos dans les magasins de musique, ils sont tous remplacés par des claviers numériques. Pour moins de 3 000 euros (le prix d’un bon piano droit au temps des très regrettés francs, notre monnaie, bien sûr), vous pouvez aujourd’hui vous équiper d’un piano électronique au clavier sensitif (réglage de la sensibilité des touches) avec sa mallette de transport ; reste à le connecter à un bon ampli. Exit la beauté du bois, la complexité admirable de l’instrument à la résonance acoustique naturelle, les accordeurs de pianos pointent au chômage ! Bientôt on ne verra plus son gamin passer devant le meuble imposant qui l’appelle pour jouer, on ne le verra plus soulever le clavier convivial et taper quelques notes pour le plaisir d’entendre ça : les sons naturels et magnifiques créés par l’être humain. Une recherche de la perfection auditive qui débouche après plusieurs siècles sur une vérité vraie : l’aseptisation de la musique. Les robots clonés de demain, en fait, c’est nous !

 

 

Leçon de musique

 

Avec Anna la jeune pianiste future virtuose, suivez ces quelques marches harmoniques :

Hélène Grimaud, superbe, magnifique, impériale / Piano bleu, le site des amoureux du piano

Éditorial. Anna existe réellement et ressemble comme deux gouttes d’eau aux photos du mannequin de Belena (photo ci-contre). Même visage angélique, même état d’esprit romantique, même volonté de séduire pour le fun et surtout une tête bien ancrée sur les épaules. Cette jeune fille franco-allemande travaille son piano sans relâche chaque jour pendant 1 à 2 heures, 3 ou 4 les fins de semaine ; imaginez son emploi du temps, il est surchargé ! Les exercices sont adaptés à la durée de ses répétitions pour éviter absolument les problèmes d’articulations et autres incidents douloureux : les doigts, les tendons et l’ensemble de la chaîne qui produit une si magnifique musique sont terriblement sollicités par les mouvements répétitifs. À 12 ans, il faut beaucoup de volonté et de courage pour mener à terme un projet ambitieux, devenir pianiste professionnelle. Malheureusement, concertiste, Anna ne le deviendra pas. À son âge, elle est déjà trop vieille (trop vieille à 12 ans !) par rapport à son niveau : elle devrait déjà être lauréate du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris et prendre des cours avec un Maître ayant ses entrées dans le Milieu… Soutenue par ses parents, le public français ne connaît pas ce qui se passe derrière le rideau de la scène et dans les salles de classe. Souffrance, déceptions, talents gâchés le tout dans un état d’esprit lamentable car totalement dépendant de la compétition. À l’école de danse de l’Opéra de Paris, les Petits rats ne semblent pas être logés à meilleure enseigne.

Dans un système qui restait pyramidal, sélectif et peu propice au bien-être du futur interprète, l’éducation musicale classique française était uniquement consacrée au travail forcé au détriment du plaisir et de la satisfaction d’évoluer dans une ambiance sereine et décontractée même si elle devait rester principalement vouée au travail, bien entendu ; les plus bosseurs sont tout de même sortis du lot et sont devenus tant bien que mal de bons technicien(ne)s grâce à cette formation très dure reçue dès leur plus jeune âge. Mais pour tous les autres, celles et ceux qui sont restés sur la touche c’est le cas de le dire, quelles perspectives musicales heureuses s’offraient à eux, à elles ? Malheureusement, d’une position extrémiste on vient de sombrer dans une autre en une quinzaine d’années seulement : le laxisme, la médiocrité et le laisser-aller des ignorants l’emporte sur la raison des connaisseurs. Une page de reportage sur l’enseignement musical en France pourrait être créée dans ce site : constat, bilan, propositions… Des idées préconçues pourraient être mises à mal car il faudrait réformer en profondeur – c’est à dire sur le plan conceptuel – le système éducatif français obligé de se soumettre à la norme européenne. Ce fichu système français n’était pas bon mais avait le mérite d’exister et de permettre aux meilleurs de s’en sortir avec les honneurs. Aujourd’hui il est devenu carrément minable : qui comprend quelque chose à l’organisation administrative mise en place (les cycles, les diplômes, les équivalences…) ? Pour tout changer il serait urgent de commencer par intégrer cette vérité : l’enseignement artistique (et sportif !) est méprisé par l’Éducation nationale qui n’a jamais pu supporter le fait qu’il existait dans notre pays des structures d’enseignement qui ne dépendaient pas de ses compétences et qui restaient donc exempts de son contrôle, en fait, de tout contrôle. Par son pouvoir hégémonique sur tout ce qui touche de près ou de loin à l’éducation, la greffe s’opère dans la douleur. Pourquoi les autres pays n’ont-ils pas les problèmes rencontrés ici en France ? Parce que nos problèmes sont typiquement français : la musique n’est pas suffisamment considérée, l’enseignement artistique est dévalorisé, l’administration se mêle de ce qui ne la regarde pas et les enseignants ne sont plus respectés, depuis longtemps la « réunionite aiguë » frappe les directeurs d’établissements qui « discutaillent » avec les inspecteurs de la musique ou autres penseurs à vide pendant que les musiciens ratés « blablatent » avec des théoriciens bornés très à cheval sur les principes qui régissent l’étatisation française dans sa version lourde et imbécile. La plus grosse connerie jamais faite pour développer harmonieusement l’enseignement de la musique en France est de rattacher les métiers artistiques à la Fonction publique territoriale : gérer une carrière artistique comme l’on gère celle d’un agent administratif est un non-sens absolu. Bref, comme plus rien ne marche, ça discute partout pour justifier la ponte de nouveaux rapports qui amèneront de nouvelles réformes pour de nouveaux projets… encore plus inutiles et toujours aussi inefficaces !

 

À l’arrivée, on aura cherché à contenter tout le monde donc personne comme c’est toujours le cas. Pourtant, tout ce beau monde débouche sur la même constatation : à Paris, on manque toujours de musiciens amateurs comme dans la banlieue où les instrumentistes disponibles se comptent sur les doigts de la main. En Province, c’est encore pire, c’est un désert musical. Néanmoins quelques régions s’en sortent bien (mais pour combien de temps encore ?) la région Alsace/Lorraine par exemple grâce à une tradition musicale formidablement bien ancrée dans les us et coutumes de la population depuis des générations, idem dans les pays savoyards avec l’Écho de telle ou telle autre vallée, la Bretagne également avec son réseau récent de diffusion musicale et d’enseignement tout à fait remarquable sur le plan relationnel et structurel mais entièrement dédié à la musique traditionnelle – ce qui est déjà essentiel -. Le synthé sans partition et le rock à l’oreille sont pourtant de plus en plus prisés chez les jeunes qui se trouvaient autrefois dans l’obligation de bosser leur solfège pour progresser, même si les musiciens autodidactes ont toujours existé et c’est tant mieux. Les musiciens motivés également, on en a tous connus. D’où la réussite de certains projets musicaux qui tiennent encore par la volonté de fer de quelques personnes motivées à la démarche altruiste tout à fait admirable mais certainement pas avec le soutien clair et fort de l’Institution : l’arbre ne cache t-il pas la forêt ? Pourquoi la France manque t-elle cruellement d’orchestres, d’harmonie, de fanfares, de musiciens opérationnels… qui devraient posséder un niveau très intéressant lorsque l’on sait que les écoles de musique ont fleuries en nombre depuis plus de 35 ans et ont censément formé des quantités astronomiques d’apprentis musiciens : que sont devenus ces milliers d’élèves formés ? Où sont-ils passés une fois devenus adultes ? Mystère, mystère… Mais pour ce qui est du résultat d’une politique générale de développement et de diffusion de la musique par l’enseignement spécialisé, c’est échec et mat !

Le Ministère de la Culture gère les établissements qui dispensent un enseignement artistique et les fonctionnaires de la musique (fonctionnaire pour un musicien, quelle horreur !) dépendent, eux, du Ministère de l’Intérieur. Et tous les établissements publics d’éducation musicale (les écoles associatives, les écoles de musiques agréées ou non, les écoles nationales et les conservatoires de région – mais on appelle tout ça autrement aujourd’hui -) restent à la charge des municipalités par le biais de subventions ou d’une régie directe et donc sont soumis aux bon vouloir des élus qui la plupart du temps ni connaissent rien ou pire, s’en fichent totalement… Quel Souc ! Restent les deux Conservatoires Nationaux Supérieurs de musique (Paris et Lyon) qui sont financés directement par l’État : les élèves y apprennent à pousser leurs collègues dans les escaliers de la Cité de la musique pour les voir se tordre un doigt au bon moment afin de ne pas les avoir comme concurrents au prochain concours éliminatoire… Quand on sait qu’un bon système éducatif devrait permettre, à l’instar des pays étrangers, d’intégrer ces enseignements dans le cursus normal d’un élève (maths, français, sciences, physique, éducation civique, histoire/géo, langues régionales et étrangères le matin…), musique et sport l’après-midi loin d’un esprit de compétition effréné, quelle belle vie scolaire ! Quant aux congés parlons-en, ils sont déterminés en fonction des professionnels du tourisme. Les congés d’été, autrefois d’une durée de trois mois complets, se justifiaient par la présence indispensable des enfants et des jeunes à la campagne pour aider la famille aux travaux des champs et de la ferme. La France était alors un pays essentiellement rural (près de 80% de sa population vivait à la campagne contre 2,5% aujourd’hui, des agriculteurs eux aussi toujours autant méprisés par les pouvoirs publics et les hommes politiques totalement incompétents), la vie s’organisait en fonction des saisons et du labeur difficile ; toutes les tranches d’âge devaient mettre la main à la pâte !

Sans transition, avez-vous entendu parler du temps de présence d’un enseignant aujourd’hui dans son établissement d’enseignement musical ? Avec un Diplôme d’État, créé à l’origine pour ceux qui n’avaient jamais mis les pieds dans un conservatoire (et qui s’obtient depuis l’origine dans une pochette surprise à la tête du client), ce sera 20 heures d’enseignement par semaine. Avec un Certificat d’Aptitude (obtenu de façon obscure et confidentielle sur des critères objectifs paraît-il à moins que ce soit par intégration sans avoir rien eu à prouver) qui lui permet d’enseigner dans un conservatoire en France, l’enseignant spécialisé ne devra plus fournir que 16 heures de cours dans la semaine tout en bénéficiant lui aussi des 16 semaines minimum de congés annuels de l’Éducation nationale et pourquoi donc ? Ils ne dépendent pas de ce ministère ! Sans parler des jours fériés, des ponts entre les jours fériés (phénomène très marqué au mois de mai), des cours reportés ou annulés à cause des examens, des concerts payés, des tournées d’orchestre de profs qui cumulent de très nombreuses casquettes pour arrondir les fins de mois… Avant de s’en prendre à la fatalité, les enseignants français feraient bien de se remettre sérieusement en question en revoyant la manière dont ils devraient s’investir dans leur métier pour le faire vivre et le valoriser puis exiger des Pouvoirs publics les moyens adéquats pour le faire évoluer. Mais lorsque l’on profite largement des failles et des faveurs d’un système imparfait, a t-on envie de le modifier pour tenter de l’améliorer ? L’histoire de France nous a pourtant démontré que seule une Révolution permet de casser les privilèges ! Pour être juste il faut aussi savoir défendre la cause des enseignants sur certains points. Il ne faut pas rejeter le fait qu’enseigner est devenu aujourd’hui mission impossible, il suffit d’évoquer l’exemple récent de ce professeur de collège traité de connard devant toute la classe pour une simple réflexion envers son élève mal inspiré. Embarqué à la gendarmerie, prise d’empreintes et tout le tralala, renvoyé chez lui après 24 heures de garde à vue, l’enseignant aux compétences reconnues depuis 30 ans n’en revient toujours pas : il risque d’être condamné à ouvrir une crêperie pour continuer à gagner sa vie ! Autrefois, lorsqu’un gamin rentrait chez lui après s’être fait giflé en classe, il prenait une deuxième baffe avec ses parents pour avoir manqué de respect à l’enseignant… Il se trouvait aussi dans l’obligation de travailler : l’école était faite pour apprendre à lire, à écrire, à compter et à s’exprimer et non pas pour servir de garderie ou de centre de loisirs comme c’est trop souvent le cas. Les élèves sont devenus ingérables et insupportables, tous mal élevés, ce sont des « chiens fous sans collier ». Ne reparlons pas des écoles de musique françaises devenues pour la plupart d’entre elles des lieux d’expérimentation pédagogique pour enseignants incapables d’exercer la technique musicale, seule base constructive à la connaissance musicale. Les profs des écoles de musique ne connaissent rien à rien et ne savent donc rien faire. Si, une chose tout de même et c’est inné chez eux : se regarder le nombril en préparant soigneusement leurs congés. La preuve ? Citez le nom d’un prof qui ne soit pas préoccupé par les dates de ses futurs congés scolaires lorsque le 1e septembre pointe le bout de son nez…

Il y aurait pourtant mieux à faire afin que chacun y trouve son compte, surtout les premiers intéressés, les élèves, qui se font finalement avoir par un système qui méprise les vrais talents : pour obtenir un bon niveau, l’élève devra toujours suivre des cours particuliers très onéreux de préférence avec celui qui a ses entrées dans le conservatoire du niveau au-dessus… Bref, un professeur sans scrupules à tout intérêt à ne pas former trop vite ni trop bien ses élèves s’il veut conserver ses prérogatives voire sa place. C’est une manière comme une autre de se rassurer de sa propre incompétence ! Tu le vois bien, Anna, ce sera difficile alors reste lucide, travaille ton piano en tâchant de trouver un vrai bon pianiste qui soit un honnête enseignant (il reste quelques spécimens rares, pour les trouver tu dois faire fonctionner le bouche-à-oreille), aime la musique qui te le rendra bien et avant tout, apprends à développer ton esprit critique…

Pour en savoir + sur le cursus des études musicales en France et vous y retrouver dans la forêt atroce des réformes (une spécialité bien française et de plus en plus européenne), cliquez ici (infos Wikipedia, en français). Si vous y comprenez encore quelque chose, c’est bien pour vous mais pour qui nous prend t-on fondamentalement ? Pour en savoir + sur L’école Yehudi Menuhin et ça c’est limpide, cliquez ici (site officiel, en anglais)

 

La nouvelle réforme des T.A.P. (temps d’activité pédagogique) est une catastrophe dans une démarche qui va toujours dans le même sens à savoir, alimenter la gabegie. Au lieu de renforcer la présence d’enseignants spécialisés (vous savez, ceux des écoles de musique qui ont tant de temps libre) à l’école primaire, les municipalités préfèrent embaucher (ou plutôt débaucher) des agents en charge de l’accompagnement scolaire (dit temps périscolaire), en général, un personnel sous payé et mal considéré déjà surchargé de travail : éloignement des lieux dont il assure l’entretien, la garderie, l’accueil et l’animation pour des enfants agités, alternance de toutes ses tâches etc. Sans consentir à leur faire passer un B.A.F.A voire un B.A.F.D., le personnel très sollicité donne évidemment le meilleur de lui-même, comme d’habitude, mais le résultat permet tout juste d’assurer la distraction de l’enfant en meublant le temps normalement consacré à un apprentissage approfondi. Il ne leur est pas possible d’assurer, par exemple, l’étude d’un instrument de musique, une mission dévolue au spécialiste absent. Cette réforme mal conçue est une nouvelle occasion manquée de faire rentrer la musique dans le temple de l’Éducation nationale. 

 

 

L’anecdote du moment qui reflète l’air du temps

 

Témoignage. Un professeur d’enseignement musical en collège, quelque part en France en 2010. Inspection par l’inspectrice. La jeune et charmante personne s’installe au fond de la classe et écoute l’enseignant consciencieux, brillant instrumentiste par ailleurs et très respecté des élèves de l’enseignement spécialisé hors Éducation nationale, un musicien fort de ses trente années d’expérience pédagogique. Par hasard mais ça tombe bien, il leur a concocté ce jour un nouveau chapitre incroyable : la naissance et l’évolution de l’écriture des notes de musique. Extraordinaire ! Il y a tant à apprendre et à découvrir sur la question, c’est un sujet passionnant et essentiel. Pourtant l’inspectrice ne tarde pas à se manifester en faisant la moue. Vous voulez savoir ce qu’elle demanda au professeur médusé ? Tout simplement le respect du programme ! Alors l’enseignant s’est mis à chanter en s’accompagnant au piano Mistral gagnant de Renaud. À la fin de la séance, l’inspectrice reconnu à l’enseignant certaines connaissances musicales mais l’important réside dans le respect du programme. Il faut s’en tenir au programme, Monsieur, et rien d’autre ! Elle lui aura demandé de ne pas faire d’histoire de la musique aux élèves ni de leur enseigner la flûte à bec et encore moins l’art du solfège. Faites-les chanter un point c’est tout ! L’histoire pourrait s’arrêter là sauf que l’enseignant est convoqué à l’Académie pour discuter de sa « pédagogie rétrograde » !

Commentaire des Mélodies Modernes : pendant que l’on continue plus que jamais à emm… les enseignants bridés et priés d’exercer leur métier sans moyens en étant méprisés de la hiérarchie dans leur propre maison, la vie s’écoule sans problème chez les plus cons de la corporation, ceux qui se sont autoproclamés Rois du système. Ils sont très nombreux parmi les universitaires spécialistes en théorie, en musicologie et en psychologie, c’est du moins la réputation qui les précède. Mais ils sont tous archi-nuls pour vous jouer une simple mélodie sur un instrument accessible, par exemple une petite musique de film sur un piano. Une septième de dominante, ils ne savent même pas à quoi ça sert ni comment ça se joue ! Pauvres profs et pauvres élèves victimes de l’incompétence notoire et officialisée des inspecteurs à la c… Une chose est définitivement acquise en tout cas : pas besoin d’être musicien pour enseigner la musique en collège. C’est ainsi qu’est dispensé l’enseignement en France. Ne cherchez pas plus loin les raisons de la médiocrité.

 

 

Des visionnaires

 

Le livre de la décennie : « Nos enfants gâchés » de Natacha Polony chez J.-C. Lattès éditeur. Parce qu’il est temps de tout reprendre à zéro, l’éducation française se porte mal ! En plaçant l’élève au centre du système, on l’a transformé en enfant-roi qui pratique le nombrilisme et fait l’admiration béate de ses parents ‘has been’. Le professeur-clown, lui, s’est transformé en joyeux animateur de centre de loisirs. Eh bien sachez que les parents et les profs sont tous ‘à côté de la plaque’ les uns comme les autres. Apprendre à lire, écrire et compter se dit aujourd’hui s’amuser, avoir du plaisir, faire n’importe quoi du moment qu’on fait passer le temps sans trop s’ennuyer. Comme quoi la rigueur pédagogique d’autrefois doit rester définitivement au placard et la folie des incompétents demeurer sur son piédestal : vive l’école moderne !

Pour en savoir + sur Natacha Polony et les livres incontournables de l’année, cliquez ici (page Lecture et spectacles à pleine page)

 

Allo Guy Lux ? Je ne vous entends plus !

 

La citation du jour. « Une éducation normale devrait commencer par des éléments d’astronomie pour donner à l’enfant la notion de la position et de la valeur relative de la terre. Notion infiniment plus précise que les déclamations des moralistes ». Edouard Herriot, homme politique français, ministre de l’Instruction publique de 1926 à 1928. Les Mélodies Modernes sont tentées de rajouter : « De même, la formation de l’oreille nécessite un énorme effort quotidien. Par l’écoute assidue des grandes œuvres classiques et l’apprentissage de la technique du son, la découverte des notions de mélodie et d’harmonie, du rythme et des timbres sonores, l’apprentissage de l’évolution de la composition, le maintien et le développement des savoirs issus de la musique traditionnelle, l’identification du bruit et le refus d’avoir à le supporter, en ce sens, le futur adulte ne tombera pas dans les griffes de la facilité par la connaissance d’une véritable beauté sonore ». Ce n’est pas de Herriot mais c’est tellement évident, non, vous ne trouvez pas ?

Rendez-vous page « Astronomie, pour prendre de la hauteur » cliquez ici

« Allo, Guy Lux ? Je ne vous entends plus ! » est un appel à l’aide de Léon Zitrone, alors animateur d’ Intervilles, dans une des épreuves du jeu télévisé où la communication faisait parfois défaut… Pour le plus grand plaisir du public !

 

Je suis heureux, je m’appelle manuel (scolaire)

 

Le coup de gueule du jour. Encore une étude. Celle-ci concerne les programmes scolaires : ils sont mal faits, contradictoires, inexacts et incomplets. Les enfants de l’école primaire n’apprennent plus à lire, à écrire, à compter ni à s’exprimer correctement, quelle situation paradoxale ! Ils se tiennent n’importe comment sur leur bureau et à table, d’ailleurs, ils ne savent même pas tenir normalement une fourchette pour manger correctement, alors… Mais ils connaissent parfaitement les performances du dernier modèle de portable à la mode ou les caractéristiques du jeu vidéo qui vient à peine de sortir. Leur pain quotidien ? La Restauration rapide ! Il serait donc temps de donner quelques coups de pieds au c… à notre progéniture et renvoyer le monde de l’éducation, parents inclus, face à ses responsabilités. Mesdames et Messieurs faites donc bosser les élèves, donnez-leur le goût d’apprendre, apprenez-leur à travailler et envoyez les fainéants et les récalcitrants en apprentissage. Un métier manuel (domaine qui devrait être largement revalorisé) entre les mains d’un jeune de 18 ans vaut mieux qu’un étudiant qui n’en fini pas d’étudier… pour se retrouver au chômage ! Les universités ne savent plus où caser tous les candidats, même l’école de lutherie de Mirecourt forme des dizaines de jeunes qui engorgeront bientôt un marché du travail saturé par la production asiatique… Les français sont-ils devenus fous pour avoir laisser filer notre bon vieux système éducatif ? Vive l’uniformisation des systèmes éducatifs européens par le bas ! Supprimons la mixité dans les écoles, imposons le retour du port de la blouse, réhabilitons l’examen d’entrée en sixième, le calcul mental, les leçons à apprendre par cœur, le redoublement et vous verrez, par une marche arrière toute, l’école ira à toute vitesse de l’avant. Et ça, c’est un vrai bon paradoxe. Voici une opinion (très légèrement) radicale et caricaturale bien entendu mais que voulez-vous, on ne peut que rêver d’une reprise en main salutaire de l’École de la République quand on est nostalgique d’une école pour tous qui fut remarquable par la compétence de ses enseignants, le sérieux de ses élèves et l’estime de la société…

 

Tu seras un grand artiste mon enfant !

 

L’anecdote du jour. Imaginez près de chez vous une école d’art qui regroupe la musique, les arts plastiques et la danse. Arrive la fin de l’année scolaire et le moment où l’on expose le travail des élèves. Vous savez ce qu’ils ont donné à faire aux gamins ? Les profs bien inspirés ont mis en valeur le piano à queue verni noir (un demi-queue récent, de bonne facture et superbe), l’ont entièrement recouvert de pâte à modeler et les gosses y ont peint des fleurs de toutes les couleurs. Nul doute que des parents émerveillés par l’originalité et la recherche d’une création artistique moderne évidente ont immortalisé le chef d’oeuvre pour la postérité. « Bravo mon enfant, tu es un grand artiste ! ». Encore une chance, pour le pauvre piano, de ne pas avoir pensé à y faire monter un futur Petit rat de l’Opéra dans un numéro de claquettes… Dans un autre registre bien plus dramatique, on balance des obus sur des civils et on en tue des dizaines d’autres tous les jours dans de nombreux pays du monde pendant que la communauté internationale, par l’intermédiaire de grands organismes, regarde impuissante sans condamner vraiment ni arrêter fermement les actes criminels. Il semble donc plus que certain que nous vivons une époque où tout est permis. Mais à ce petit jeu là, on en sortira tous perdants, les pieds devant : les grandes civilisations du passé ont toutes disparu ainsi.

 

Merci maman, merci papa, tous les jours, on voudrait qu’ça r’commence…

 

« La belle vie ». Classe de mer, classe de neige, classe verte, classe du patrimoine, classe de découverte, séjour, déplacement, piscine, voile, sport, cinéma, spectacle, loisir, promenade, pique-nique, balade, rencontre, peut être plus rarement musée, réception, concert, cérémonie… Tout au long de l’année scolaire, les enfants de l’école primaire française sortent des murs de leur sombre prison. C’est que l’on doit leur éveiller l’esprit à ces chers petits mignons ! N’avez-vous jamais croisé un groupe d’écoliers en villégiature sur un trottoir ou dans un car ? Leur reste t-il un moment pour apprendre à s’exprimer, à écrire, à compter, à penser, à raisonner ? Pourquoi l’enseignement de base qui a fait ses preuves par le passé doit-il être constamment modifié ? Faut-il considérer encore aujourd’hui l’école comme le lieu privilégié où est prodigué le savoir, la connaissance ou est-elle devenue une garderie, un centre de loisir ? Oui aux intervenants extérieurs car les professeurs ne peuvent pas tout savoir sur tout, oui aux ateliers divers et variés, oui à toutes formes d’ouverture cérébrale et physique par les pratiques sportives, scientifiques, artistiques et culturelles ; oui aux classes bilingues (basque, corse, breton, anglais ou tibétain) et oui au développement de l’esprit critique mais ceci dans l’enceinte de l’école ! Laissons aux parents la tâche qui leur revient : éduquer et éventuellement divertir les chères têtes blondes qui savent par ailleurs très bien s’amuser seules. Mais délivrer l’instruction et apprendre à apprendre est une affaire de spécialistes : on les appelle les Profs. Alors maintenant, tous au violon ! Après les grandes vacances bien entendu…

« Merci maman, merci papa, tous les jours, on voudrait qu’ça r’commence… » sont les paroles de la célèbre chanson de Pierre Perret « Les joyeuses colonies de vacances ».

 

 

Sérieux, respect et soutien d’un côté… Un scandale pédagogique de l’autre. Le saviez-vous ?

 

Sérieux, respect et soutien. Quatorze kilomètres. C’est la distance que Ghita doit parcourir tous les jours sur une piste caillouteuse pour se rendre à l’école et retrouver sa famille le soir venu. Un vrai chemin des écoliers ! Cette jeune collégienne marocaine ne se pose pourtant pas trop de questions : elle souhaite étudier du mieux possible pour réussir son parcours scolaire et aborder sa vie de future adulte dans les meilleures conditions, c’est-à-dire avec un « bagage » scolaire très sérieux. Si cela doit passer par un parcours routier difficile à travers la palmeraie alors pas de problèmes, Ghita est prête à tous les sacrifices pour parvenir à son but. Les études, les diplômes mais plus simplement la volonté d’apprendre motivent bien des jeunes et une association franco-marocaine propose son soutien à celles et à ceux qui désirent être soutenu(e)s dans leur démarche. Pour plus d’infos sur l’association en question cliquez sur le lien ci-dessous. Vous réaliserez alors un geste qui deviendra pour vous… Très instructif ! Photo extraite du dossier de l’association Azekka. Avec mes remerciements.

Une collégienne à vélo : cliquez ici

 

« Je vais à l’école à reculons car j’y fais du surplace. Mais courir dans la campagne en ligne droite sans jamais m’arrêter, c’est ma passion. Mes films préférés ? Le prix du danger, Le vainqueur, Les chariots de feu, Forrest Gump ». Cours, Alexandre, cours, de tes 10 ans et demi qui ne te rattraperont jamais !

 

 

Françoise DOLTO, pédiatre et psychanalyste

 

Faits et réflexion : éditorial. Françoise Dolto répète toujours la même chose mais de manière différente sans changer quoi que ce soit à ses convictions : « Tout peut et tout doit être dit à l’enfant doté d’une pensée qui lui est propre et il doit être considéré comme une personne à part entière » voilà ce qui pourrait résumer sa philosophie. L’enfant peut donc tout dire, tout faire, il ne faut jamais le réprimander mais chercher à comprendre le pourquoi du comment. Une fois que l’explication débouche sur la reconnaissance de l’origine du problème et sur son acceptation par l’enfant et par l’adulte alors tout redevient normal, les relations se rationalisent. Une telle manière de procéder, immobiliste et intellectuelle, est fortement remise en question aujourd’hui.

Depuis plus d’un siècle la société française s’est construite sur des principes éducatifs forts. D’un côté, l’école laïque et de l’autre, l’école catholique, chacune développant ses propres valeurs sur une base faite d’obéissance et de respect mutuel. L’ordre qui devait régner pendant le défilé de la fête des écoles du 1e mai n’avait rien à envier à la discipline de la manécanterie qui faisait répétait les chants de Noël ; la finalité des démarches étaient évidemment différentes, à l’opposée même selon que l’on est croyant ou athée, mais pour chaque lieu et à chaque occasion, les enfants adoptaient l’attitude adéquate et connaissaient parfaitement les limites à ne pas dépasser sous peine de subir la réprimande ou éventuellement la sanction. L’enfant devait respecter l’adulte qui devait à son tour le respecter, ce qui n’était pas malheureusement toujours le cas. Les châtiments corporels étaient pratiqués dans certaines demeures et institutions jusqu’au milieu du XXe siècle et certains gamins étaient envoyés aux travaux forcés, à la mine ou dans les champs. Les jeunes filles étaient aussi très sollicitées, certaines d’entre elles devaient se marier sous la contrainte avec le prétendant sélectionné par ses parents afin de conserver les terres dans la famille. Ces pratiques ne contribuaient pas à parvenir à une vie sécurisée et équilibrée pour l’enfant dont l’avis, autrefois, comptait peu. Les conditions nécessaires au développement de la personnalité dès la plus jeune enfance étaient rarement réunies. La vie difficile sans remise en question engendrait une routine dans les destinées : le fils du marin pêcheur se retrouvait plus facilement sur les planches du bateau de son père que sur celles des bancs de Saint-Cyr. Sans être plus malheureux pour autant, les habitudes des uns et des autres se devaient tout de même d’être changées pour évoluer vers une société plus juste, celle du partage.

Puis les années de l’après guerre sont passées par là ; les rebelles, les récalcitrants à la discipline, même les amours interdites se sont exposées au grand jour. De « La cage aux rossignols » aux « Disparus de Saint Agil » on passait à un autre registre, aux « 400 coups » de Truffaut et aux « Amitiés particulières » de Delannoy (voir ici) avec des récits qui transgressaient de plus en plus les règles établies et l’ordre moral. Tout va s’accélérer dans les années soixante à partir du moment où il devenait « interdit d’interdire ». Il ne viendrait plus aujourd’hui à l’idée de personne de penser qu’un enfant n’a pas besoin d’être diriger, orienté ou soutenu en lui donnant l’exemple pour bien grandir ! Pour s’en convaincre il suffit d’observer le comportement des bébés animaux : sans l’autorité stricte et rigoureuse de leur mère et de leur père, sans le modèle à reproduire coûte que coûte, le petit n’a aucune chance de survivre dans un environnement hostile. Ceux qui possèdent un chien savent qu’il doit être cadré et éduqué, alors il en est de même pour un petit d’homme. À ce propos, l’être humain n’est qu’un animal comme les autres ; franchement, qu’est ce qui nous distingue des autres espèces vivantes ? Probablement la capacité à nous entretuer par plaisir et l’envie de trouver des réponses à des questions existentielles typiquement humaines : « Comment dois-je élever mon enfant ? ». La question n’est pas de savoir comment mais plutôt de se demander si quelqu’un prend encore le temps d’élever son enfant en 2009 vu le nombre de crèches croulant sous la demande, idem pour l’accueil en classes maternelles dès l’âge de 2 ans – de véritables garderies où les employées des services municipaux comblent le plus souvent du temps les carences parentales -. Pourtant la mission de l’école n’est pas de remplacer l’éducation familiale encore moins de se substituer à elle. Les parents éduquent, l’école instruit mais bien entendu, tout n’est pas si simple. La connaissance et l’information se sont considérablement développées et l’accès au savoir participent à entretenir notre malaise de vivre à force de nous poser tout le temps les mêmes questions sans réponses. Peut-être pourrions-nous enfin dépasser ce cadre et agir efficacement, tout simplement ?

C’est peut-être ici que se trouve le nœud du problème de l’éducation : dans une société où tout le monde à accès à tout, paradoxalement se développe un repli sur soi, une régression collective issue de l’égocentrisme, de l’auto- permissivité et d’une amertume grandissante. Les valeurs véhiculées par l’enseignement ne passent plus. La femme et l’homme moderne ne sont pas heureux et encore moins épanouis. Quand un nombre élevé de personnes ont accès à un domaine qui était auparavant réservé à une élite, le niveau général s’abaisse avec les conséquences désastreuses qui s’en suivent. La musique et le sport sont de très bons exemples de ce processus inévitable lorsqu’on ne sait pas préserver les valeurs qui ont fait leurs preuves depuis longtemps. En clair, il faut démocratiser ce qui peut et ce qui doit l’être (la musique et le sport par exemple) tout en permettant aux spécialistes de préserver leurs prérogatives (tout le monde ne peut pas devenir un violoniste confirmé ou un footballeur de niveau international). On ne doit donc pas mépriser les capacités des uns et des autres en les opposant car nous sommes tous complémentaires. À part le fait suivant : la généralisation de l’usage abusif de la musique électronique et de ses claviers numériques avec leurs arrangements programmés, très populaires chez les musiciens non formés au solfège, a débouché sur une nullité affligeante et globale de la variété française, un phénomène qui s’aggrave chaque année. Est-ce un bien pour un mal ? Une société organisée intelligemment est une société qui offre au plus grand nombre la possibilité d’accéder à toute la connaissance sans dévaloriser le besoin d’excellence des meilleurs qui doivent continuer à assumer leur rôle d’exemple à suivre. Là où Françoise Dolto a tort, c’est de tout mettre sur un même plan, à l’exemple du souffleur de flûte à bec en plastique ou du guitariste aux trois accords qui se prend pour un artiste complet. Non, lorsqu’on étudie un instrument de musique, on est un apprenti musicien et rien de plus ce qui est déjà pas mal en soi. De même un enfant ne doit pas surpasser ses prérogatives en cherchant à commander ses parents ; il ne doit pas remplir les tâches qui leurs sont dévolues et à l’inverse, ses géniteurs ne doivent pas se comporter en débiles parfaits en se mettant au niveau des plus petits sinon comment pourrait-on les « tirer vers le haut » ? Grandir, ce n’est pas se rabaisser mais permettre aux autres de dépasser son propre niveau. Hélas, on ne peut que constater ceci : les enfants, dans notre société française, sont traités en adultes responsables (on leur demande leur avis sur tout) pendant que les adultes, eux, sont complètement infantilisés (il suffit d’ouvrir son poste de télévision…). Comment s’y retrouver et permettre à une société de devenir enfin adulte en ne laissant pas prédominer les peurs enfantines et les réflexes de gamins rebelles ou soumis ?

L’influence de Françoise Dolto sur le comportement des parents vis-à-vis de leurs enfants à partir des années soixante-dix n’est donc pas négligeable. La société s’est orientée vers la civilisation de l’enfant-roi à qui l’on pardonne tout et les dégâts comportementaux sont considérables voire irréversibles (la disparition de l’autorité paternelle, par exemple). Les enfants libérés hier de toute sanction sont devenus des adultes laxistes : chez les touts-petits, le laisser faire des puéricultrices sous prétexte d’une pseudo auto-expérimentation de l’enfant (!) est un acte totalement irresponsable et d’une débilité absolue. Sans aucun interdit ni autorité, l’enfant devient rapidement capricieux et tyrannique. Autres phénomènes très inquiétants, l’explosion de la cellule familiale (disparition du père qui joue pourtant un rôle fondamental d’après Françoise Dolto), le rejet de la famille intergénérationnelle (les grands-parents prenaient autrefois le relais de leurs enfants auprès des petits-enfants en redonnant du poids et de la valeur à la cellule familiale), l’acceptation de la recomposition décomposée des familles dont on ne sait même plus très bien qui est qui, les changements dans les comportements élémentaires vitaux (plus de prise de petits-déjeuners, la mal-bouffe avec ses hamburgers dégoulinants de graisse et de sauces, la société de loisir, les plaisirs faciles et dangereux), l’autonomie des individus renforcée par le manque de projets collectifs, la perte des repères et des valeurs, la quasi-obligation du deuxième salaire pour tenir financièrement dans une société de consommation aux produits surtaxés, la démantèlement du service public cher aux français (poste, téléphone, électricité, gaz, télévision…), les délocalisations hors du pays – honteuses, indignes et inacceptables -, les entreprises qui licencient alors qu’elles réalisent des bénéfices énormes sur le dos des consommateurs, le manque de soutien aux petites et moyennes entreprises autour desquelles la vie, jusqu’à présent, s’est organisée, la disparition de l’artisanat, des métiers et de leur savoir-faire (la lutherie française a disparu sauf pour le haut de gamme mais jusqu’à quand ?), l’impossibilité pour tous de vivre dignement dans un minimum de confort moderne (ne sommes-nous pas censés vivre dans une grande puissance mondiale ?), bien d’autres changements encore plongent la société française dans la désorganisation et le désarroi. Trop de changements rapides et profonds créent le terreau de l’anarchie, d’ailleurs, nous vivons plus que jamais dans l’époque du « chacun pour soi ». Au lieu de réformer en profondeur un système qui alimente la crise financière actuelle, qui méprise le bon sens collectif et le partage, délaisse l’amour des autres et pille les ressources naturelles qui nous font vivre, les enfants issus de l’état d’esprit libertaire des années soixante-dix et quatre-vingt n’ont rien vu venir. Mais leurs propres enfants vont bientôt nous demander de rendre des comptes pour n’avoir pas inversé le processus fou qui mène, à court terme, à la destruction de la vie humaine. Et quand il n’y aura plus rien à rattraper, quand tout sera mort, alors là, il sera trop tard pour pleurer.

Pour ne pas minimiser ni exagérer l’importance de Françoise Dolto sur le changement des mentalités canalisées vers tout ce qui concerne l’enfant et son univers puéril, force est de constater que la pédiatre et psychanalyste s’est inscrite dans une démarche restée longtemps à la mode, l’infantilisation, en témoigne la réussite de son fils Carlos, un amuseur public (propos non péjoratif) qui était à coup sûr une personnalité remarquable et remarquée très bien implantée dans son environnement enfantin ludique et totalement bêtifiant !

* Carlos est le fils de Françoise Dolto, pour en savoir + sur l’artiste qui nous a quitté en 2008, cliquez ici (le site officiel, Musicarlos)

* Pour en savoir + sur Françoise Dolto, cliquez ici (infos Archives Dolto, site officiel tenu par sa fille Camille); un film de fiction est sorti en 2008 avec comme interprète Muriel Robin.

* Pour en savoir + sur la critique et les avis contraires, cliquez ici (infos Lutecium/Efeditions)

 

 

«  La violence n’est pas un moyen parmi d’autres d’atteindre la fin, mais le choix délibéré d’atteindre la fin par n’importe quel moyen ». Jean-Paul Sartre.

Avez-vous vu le film de Mark Lester ‘Class ’84’ (1982) avec Roddy Mac Dowall (voir ici l’hommage des Mélodies Modernes au comédien) sorti récemment en DVD (voir ici) ? La quasi totalité des critiques tiraient à boulets rouges sur un film qu’ils jugeaient tous très dur et amoral ; les jeunes étaient stigmatisés, méprisés, leur comportement exagéré et caricatural, vous pensez bien, une telle violence ne pouvait s’imaginer chez des mineurs scolarisés… Le réalisateur expliquait vouloir montrer, à partir du microcosme estudiantin et d’un fait réel, ce que pourrait devenir la société si l’on ne réagissait pas à temps, comme on l’avait déjà relaté dans un précédent film ‘Graine de violence’ avec Glenn Ford. Avec les attaques contre des profs, la revente de la drogue dans les collèges, l’étalement de la violence dans les médias, l’éloge de l’individualisme, les feux de voiture dans les cités et les projectiles contre les forces de l’ordre sans parler des pompiers qui ne peuvent même plus intervenir sans une sérieuse protection policière, entre autres faits divers, nous sommes rassurés : ces films n’étaient vraiment que de pures fictions n’est ce pas ?

 

Class 1984, un film remarquable (musique de Lalo Schifrin). Pour en savoir + cliquez ici.
 

Retrouvez les films traitant la question de l’enseignement dans La critique de films d’Alix, cliquez ici

 

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