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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

Musique : l’archet et l’École Franco-belge du violon / Film super 8 Les Magiciens

The bow and the Franco-Belgian school of music, here

Die Bogen und die französisch-belgische Geigneschule

Luthier et archetier seraient-ils des métiers qui changent ? Les uns disent qu’ils doivent évoluer en s’adaptant aux nouvelles technologies, les autres annoncent leur lente disparition par l’hégémonie de l’électronique. Lorsqu’ Andrea Amati vit le jour en cette belle matinée de l’an 1511 en Italie, ses parents ne surent pas encore que leur rejeton allait révolutionner le monde de la musique. Luthier consciencieux, il s’attacha à former ses propres fils, Antonio et Girolamo, point de départ de la dynastie des célèbres luthiers de Crémone. Il fut l’un des premiers à donner au mot « violon » tout son sens puisque son origine se situe vers 1523. Puis Niccolo, le petit-fils et peut être le plus célèbre de la famille, forma ses élèves sur le tas et leur donna une sacré formation, celle qui produisit les plus grands luthiers de tous les temps : Antonio Stradivari (Stradivarius si on le prononce sous la forme latine, Strad pour les initiés) et Andrea Guarneri (Guarnerius) dont le petit-fils, également formé par Stradivari, créa les fameux violons qui sont toujours aussi extraordinaires 300 ans après leur création. De nombreuses familles ont vécu par et pour le violon, l’alto, le violoncelle, la contrebasse : les Guadagnini, Testore, Maggini… D’excellents luthiers français figurent aussi au tableau d’honneur de la lutherie : Vuillaume, Lupot (qui ne négligeait pas le dos des violons constitué soit d’une seule pièce soit de deux pièces d’érable), deux luthiers qui sont considérés comme les Stradivarius français sans oublier les fameux archets novateurs de Tourte (le talent de Paganini exigeait un archet exceptionnel et Kreutzer tout comme Viotti étaient des inconditionnels de l’archetier parisien) ; Bernadel, plus récemment Bauer, Vatelot, Dupuy furent aussi de grands maîtres luthiers…

Si l’Italie fut le berceau de la lutherie, la France et la Belgique furent celui de l’apprentissage du violon. D’abord grâce à Lully et ses fameux Violons du Roy et par une nouvelle génération de professeurs qui vit le jour à partir du milieu du XIXe siècle. De grands interprètes et enseignants des conservatoires de Paris, Liège et Bruxelles, probablement influencés par les italiens installés à Paris dont un Paganini déchaîné débordant de talent, ont formé cette école du violon tout à fait remarquable qui repose sur un principe on ne peut plus simple : la recherche du son parfait. Ces enseignants hors pairs nommés Rode, Kreutzer (dont Beethoven lui dédia sa fameuse sonate) et Baillot sont très bien connu des violonistes puisqu’ils sont aussi compositeurs ; leurs méthodes, Sonates, Études, Caprices et autres exercices de style et de travail sur la virtuosité technique furent jouées par leurs élèves devenus à leur tour les ambassadeurs de cette école du violon : Bériot, Dancla, Mazas, Féréol, Vieuxtemps (qui contribua, par ses concerts, à faire connaître davantage le violon au Québec), Marsick, le polonais Wieniawski ou Ysaÿe et son élève Crickboom, entre autres phénomènes… Ces derniers relayèrent cette tradition quasiment jusqu’à nos jours : Grumiaux, Francescatti, Menuhin, Stern, Zuckerman, Perlman… et mon maître Roger André : que du beau monde ! Voir la liste non exhaustive des violonistes à http://fr.wikipedia.org/wiki/Violoniste.

 

L’école allemande (représentée par Joachim), l’école russe (représentée par Milstein), l’école japonaise et américaine (représentée par la méthode Suzuki) et autres écoles du violon sont nées grâce à ces instrumentistes qui ont poussés à la fois par leurs concerts, leurs cours et leurs compositions pratiqués dans le monde entier, l’art dans ses retranchements. On ne fera jamais mieux ! Je peux témoigner qu’il est impossible d’oublier le « coup de poignet » de mon maître Roger André, professeur exceptionnel à Chatou et Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) mais surtout Premier violon solo de l’Opéra de Paris, qui jouait si bien qu’on en oubliait presque l’instrument : le toucher, la « patte » du musicien permettait de créer un son d’une profondeur et d’une suavité rares, celle que possèdent les plus grands mais pas les nombreux violonistes actuels, brillants par leur technique de la main gauche certes, mais nerveux, froids, sans personnalité, bref, des androïdes certains du XXIe siècle. Peut-être parce qu’ils recherchent la performance à tout prix, la célébrité rapide et l’argent qui en découle au lieu de s’imprégner au préalable de la musique pour la vivre de l’intérieur en adaptant sa philosophie, sa manière de percevoir le monde et de développer ses qualités humaines afin d’avoir quelque chose à dire et à raconter un jour avec leur instrument !

Car cette école franco-belge du violon donnait la possibilité à chacun de développer sa propre personnalité et vision de la musique par l’apprentissage très poussé de la technique et de la musicalité de l’instrument, le tout dans un environnement extraordinaire d’échanges et de rencontres. L’époque était ainsi, on se construisait par rapport à son environnement, parfois en le subissant : difficultés de la vie, guerres, pauvreté… il suffit de lire le parcours de Menuhin ou de Gitlis pour s’en rendre compte. On se jalousait moins, on collaborait plus facilement. L’enseignement était terriblement exigeant et difficile ; il reposait sur la recherche d’un beau son clair et limpide : il était donc nécessaire de posséder une tenue irréprochable de l’archet. « Une main de fer dans un poignet de velours » aimait à me répéter Roger André. Et nous y voilà : la baguette des violonistes est aussi importante, sinon plus, que le violon. L’archetier joue donc un rôle prépondérant dans la réussite du couple instrument/instrumentiste. Écoutez ceci, violonistes débutants (altistes et contrebassistes également mais sans l’affirmer car je n’en joue pas), ne négligez jamais votre main droite ! Et si vous devez apprendre à jouer du violon, cherchez de préférence un adepte de l’École franco-belge, du moins, un instrumentiste qui connaît la raison d’être de cette magnifique école du violon !

 

« L’odeur du bois, les arbres, les feuilles, j’en suis folle, je ne supporte pas le béton ni le plastique ». Morwenna, 10 ans ½.

Comme disait Pierre Dac : « On devrait mettre les villes à la campagne ! »
 

Je respecte la forêt tropicale : découvrez ici le programme du W.W.F. (vidéo) et dites NON au bois illégal !

 

Les archets sont fabriqués avec du bois de Pernambouc, que l’on trouve depuis l’origine au Brésil. Mais ce bois devient une denrée rare avec la déforestation de l’Amazone et l’utilisation forcenée de ce bois très utilisé depuis plusieurs siècles. La médecine elle-même s’intéresse à ce bois qui semblerait avoir des propriétés thérapeutiques. Mais comment poursuivre des recherches sans la matière première ? Un article de la revue québécoise « La Scena musicale » de mars 2004 précise que « les tentatives visant à préserver ce bois rare remontent à 1605, date de la Proclamation sur le bois de Pernambouc signée par Philippe II du Portugal ». Ce qui pourrait justifier la propension des luthiers à s’orienter vers la conception et la fabrication d’archets en fibre de carbone sans que cet baguette ait pour l’instant démontré d’énormes qualités sonores comparés à son aîné en bois ! En fait, tout dépend de celui qui va s’en servir et de ce qu’il veut (ou peux) en faire… Pour connaître la fabrication de ces archets encore peu usités (mais ça change vite avec la surproduction chinoise), voyez le site allemand http://arcus-bow.de. Pour ma part, je ne jure que par les matériaux nobles, alors je préfère un archet en bois pas terrible à un archet en fibre de carbone que l’on me présente comme génial. Je suis bien entendu de parti pris.

La fabrication d’un archet quel qu’il soit, comme celui d’un violon, requièrent d’immenses qualités : patience, habileté, souci de la précision, amour du bois, réflexion prolongée, concentration, durée dans l’effort, gestion des déceptions car il y en a aussi (on ne peut être sûr de la réussite de sa production qu’au moment où elle est utilisée quotidiennement par un instrumentiste de bon niveau en sachant que ce sera trop tard pour y changer quelque chose). Une école française, que dis-je, la meilleure école du monde si réputée avec ses lauréats disséminés sur toute la planète, forme des apprentis à vocation professionnelle : l’École nationale de lutherie de Mirecourt dans les Vosges. Bon sang, si j’avais 17 ou 18 ans aujourd’hui, je n’hésiterais pas une seconde. Mais il est difficile dans une vie de tout faire (pire encore de tout bien faire) n’est ce pas ? Pour plus de renseignements : l’École nationale de lutherie de Mirecourt. L’archet a beaucoup évolué au fil des siècles. À l’origine, il était très différent et ressemblait davantage à un arc (d’où son nom). Ce furent Stadivarius vers l’an 1700 puis François Tourte (1748-1835) qui lui apportèrent sa perfection.

Claire a 19 ans et souhaite devenir archetière : visitez son site consacré à l’archet et à la lutherie ! Cliquez ici !

Jean-Jacques Pages a créé à Mirecourt une École Internationale (privée) de Lutherie et d’Archeterie, cliquez ici

Le Québec possède également son École nationale de lutherie, cliquez ici

Le bois c’est aussi et d’abord des meubles ; la restauration de meubles anciens a son spécialiste en Bretagne : L’atelier de Patrice Logeais, cliquez ici

 

 

Les Magiciens

Ci-dessous visionnez le film amateur de fiction de 24 minutes sur quatre jeunes musiciens qui découvrent l’atelier du luthier et de l’archetier (utilisation du logiciel Adobe flash player préconisé).

 

Un film tourné en super 8 par F.-X. Cuadrat en 1985 à Douarnenez et à Quimper, Finistère, Bretagne, France.

 

Vous avez aimé le film ? Vous souhaitez faire part de vos impressions ? Vous êtes un passionné de Super 8 amateur ? Livrez-nous vos commentaires, d’avance merci.
Les acteurs
Viens voir les comédiens.

Tous les acteurs du film sont amateurs et ils n’avaient encore jamais tourné dans un film qui restera, probablement, une expérience unique dans leur parcours. Pourtant dans la première partie du film, un acteur joue le rôle du père d’un des enfants ; réellement charpentier lors du tournage et passionné depuis toujours par le monde artistique, fin connaisseur en matière musicale, il a le cinéma dans le sang : c’est l’un des arrières petits-fils de Georges Méliès en personne. Une présence à l’écran et à la post-synchronisation imposante et très pro. qui fut remarquée à l’époque alors merci pour ta participation, Jean-François Malthête !

Visitez son site perso., c’est un charpentier de grande classe, cliquez ici.

Pour en savoir + sur Georges Méliès, cliquez ici (infos Wikipedia)

Quant à Hervé (photo ci-contre), l’un des jeunes protagonistes du film qui est vraiment violoniste, il est devenu Professeur des écoles. Actuellement en fonction en Irlande il se rappelle du tournage en 1985. Il occupait l’un des rôles principaux de l’histoire et accepte amicalement de nous livrer son impression. Propos recueillis en décembre 2007.

Témoignage d’Hervé : « J’en garde un bon souvenir. J’avais immédiatement adhéré à ce projet et je trouve ce film, en le revoyant 22 ans plus tard, intéressant et assez émouvant. La réaction des personnes de mon entourage qui redécouvrent ce film aujourd’hui est excellente, ma mère par exemple est très émue et apprécie beaucoup certains effets pleins de fraîcheur et de naturel. Cette expérience m’avait donné envie de m’intéresser davantage au cinéma et à mon tour j’ai réalisé avec mes élèves une vidéo sur les travaux effectué en classe, j’ai réalisé des films d’animation. Cette expérience a sûrement eu une influence, oui ».

 

 

La presse (Ouest-France) en 1985 sur les acteurs du film

Georges TEPHO est resté Place au beurre à Quimper et continue ses activités professionnelles d’archetier et de luthier. Il vous recevra avec intérêt si vous lui parlez du film  »Les Magiciens » ! Jean-Louis Blivet, lui, s’est installé à Rosporden
La technique

Le matériel utilisé

Film réalisé en 1985 avec une caméra Super 8 de marque Beaulieu 6008S avec objectif Schneider à visée reflex 1,4/6-70 mm (soit 35-400 mm en photo). Photo ci-dessus : la merveille des merveilles, la meilleure caméra super 8 du monde, la Beaulieu 6008 Pro pour prise de son synchronisée à un magnétophone extérieur, la 6008S pour l’enregistrement du son directement sur la pellicule possède la même apparence extérieure. Elles utilisent des chargeurs de 60m. Le film Les Magiciens fut tourné en juillet 1985 à Douarnenez et Quimper (Finistère sud, Bretagne, France) en 24 images/seconde. Montage du son (paroles, bruitages et musiques) en post-synchronisation (pas de prise directe au tournage). Projecteur Bauer avec table de mixage stéréophonique (les 2 pistes du film sont enregistrables indépendamment).

Conçu, financé, tourné, monté et réalisé par F.-X. Cuadrat. Film présenté au Club des cinéastes amateurs de Cornouaille (Hervé Le Daut Président, Pierre Serpe Trésorier) en 1985 et sélectionné pour représenter l’association lors des concours de cinéastes amateurs à partir de 1986.

Comme vous pourrez le constater en visionnant le film, le support utilisé, les outils disponibles et leur utlisation parfois approximative en amateur empêchent d’obtenir un bon son. De plus, le montage a été conçu en fonction de la durée et du style des musiques pré-sélectionnées, le décalage du son et de l’image sur la pellicule au moment du montage n’a rien facilité du tout. Alors pour toutes ces difficultés,

merci de votre compréhension !

L’illustration sonore

 

 

Les musiques du film

Extraits musicaux entendus dans le film Les Magiciens :

– « Shenandoah », traditionnel américain. Arrangement Bolton. Geoff Love et son orchestre voir ici

– Étude pour violon solo de Kreutzer puis « À la claire fontaine », traditionnel français et québécois. Arrangements et interprétation F.-X.Cuadrat

– « À la claire fontaine / Ah ! Vous dirais-je maman (traditionnel, attribué à W.A. Mozart) / Écossaise de Beethoven / Fais dodo Colas mon p’tit frère, traditionnel français ». Arrangements F.-X.C. Interprétation par les enfants du film qui sont réellement violonistes

– « Choros n°1 » de Heitor Villa-Lobos. Interprétation Marc Lajarrige (à la guitare 10 cordes) voir ici

– « Les grandes gueules » de François de Roubaix, musique du film de Robert Enrico voir ici

– « The thing », musique du film de Pete Carpenter (musique de Pete Carpenter) voir ici

– « Tri Martolod », traditionnel breton. Interprétation des Tri Yann ; la Bretagne, voir ici

– « Andante de la Sonate n°2 en la mineur BWV 1003 de Jean-Sébastien Bach ». Interprétation Yehudi Menuhin.

Le réalisateur

 

Témoignage de François-Xavier Cuadrat. « Passionné par le cinéma depuis toujours, je ne suis entré en possession d’une caméra super 8 que très tardivement, à l’âge de 17 ou 18 ans. Après les inévitables films mettant en scène la famille et les paysages je me suis orienté vers des documentaires sur la nature et les animaux. J’assurais également la projection et l’illustration sonore des films super 8 tournés par des instituteurs extraordinaires filmant leurs élèves en séjour scolaire à la montagne (les fameuses classes de neige à La Bresse dans les Vosges) ! Le projet de monter un film sérieux, le plus « professionnel » possible, remonte à 1985. Je souhaitais me lancer dans ce que j’appelais « un long métrage ». Pour un amateur, réaliser un film super 8 atteignant une heure tient de la performance technique et financière ! Dans l’esprit, je voulais quelque chose de léger, pas simplement un film documentaire : faire preuve d’originalité en essayant d’aller au-delà des clichés par le mélange des genres. Je ne souhaitais pas que le film apparaisse comme étant trop « scolaire » et je tenais à filmer caméra au point. La première partie étant très longue, je l’ai raccourcie d’un bon quart d’heure malgré mon souhait de conserver une partie filmée en extérieur. Bonjour les nuits blanches passées à monter les minuscules bouts de films avec une colleuse en respectant la double piste ! Je tenais à cette première partie car elle permet de découvrir une région, de revoir des décors qui n’existent plus tels quels et surtout de créer une ambiance favorable à la sérénité requise pour apprécier la deuxième partie, celle réalisée chez « les Magiciens ». Des raisons liées au temps et au manque de moyens rendaient impossible le tournage et le montage de la fabrication d’un violon et d’un archet de A à Z, ceci aurait été un autre sujet de film à part entière. L’esprit général du film est très « bon enfant », étant destiné dès sa conception à être vu par le grand public. La fin est très sentimentale… Assez raconté d’histoires maintenant, je vous laisse apprécier ce petit chef d’œuvre unique dans les annales du cinéma amateur (!) car intemporel dans son scénario : on aura toujours besoin de nos artisans ! Je vous souhaite un bon film ».

 

« Nous sommes une partie de la terre, elle fait partie de nous. Enseignez à vos enfants que la terre est notre mère. Tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils de la terre. Si les hommes crachent sur le sol, ils crachent sur eux-mêmes. La terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la terre ». Chef indien (Seattle, USA, 1854).

Pas bien : les joueurs professionnels de foot et de rugby passent leur temps à cracher sur le gazon des stades ; filmés en gros plan par des réalisateurs de télévision en mal d’inspiration, ils sont maintenant singés par les joueurs des clubs amateurs. Les petits joueurs de foot des écoles françaises sont formés d’une drôle de manière… Ils devraient tous recopier cent fois la pensée philosophique du Chef indien pour ne jamais l’oublier. S’ils ont une tête…

 

HISTOIRE(S) D’EN RIRE…

 

Le citoyen au musée Grévin

Réflexion. L’info du jour. Il y a peu de temps encore on pouvait trouver dans les kiosques en France le premier volume d’une nouvelle collection formidable sur le thème de ‘l’école de mon enfance’. On y trouve des figurines avec toutes les explications et croquis nécessaires pour comprendre ce que représente la reproduction plus vraie que nature de la maîtresse d’école avec, c’est vraiment épatant, le tableau noir ! Comme cadeau de bienvenue si vous réservez la collection complète, un jeu de craies de couleur et leur mode d’emploi vous seront remis. Le second volume comblera votre attente : le reproduction d’un élève assis sur un banc et qui lève le doigt. Incroyable ! La règle du maître vous sera offerte (avec la trace simulée du doigt écrasé d’un élève) ainsi qu’un coin où vous pourrez vous planter comme un vrai potache. Merci les éditions Bidule, dans le numéro 3 on vous offrira le bonnet d’âne ! Et bientôt une nouvelle collection : l’usine de mon papa. Dans le premier volume, vous pourrez acheter la reproduction d’un gentil patron naïf qui dirige ses employés avec les notes explicatives pour tenter de comprendre son incompétence lui qui refuse de délocaliser toute son entreprise en Asie, le con.

Dans le deuxième volume, vous trouverez la machine de la chaîne de production qui tombait toujours en panne (on vous offrira une clé à molette en plastique) avec l’ouvrier au visage buriné qui y était rattaché. Dans le troisième volume, vous aurez un syndicaliste qui brandit un drapeau rouge (en prime, on vous offrira un sifflet qui marche pour vous amuser en famille). Voilà. Et de nouvelles collections vous attendent dès cet automne avec ses sujets tout aussi merveilleux : la télé de mon enfance (les personnages sont en noir et blanc), la famille idéale (avec la reproduction d’un papa et d’une maman comme c’était avant), l’église de mon village (avec un curé en soutane sur le parvis qui dit Amen), les magasins de mon quartier (avec la boulangère qui sourit et son mitron qui transpire), et le top des tops des collections Bidule : l’orchestre et ses musiciens. Dans le premier volume, on vous offre un personnage articulé qui joue sur un instrument de musique comme à l’époque où ils faisaient des notes eux-mêmes. Inimaginable ! Dans le second tome, un chanteur produit des bruits bizarres (on appelait ça des sons) même qu’il chante une drôle de mélodie en prononçant des mots étranges (on appelait ça des paroles) ; ça fait un drôle d’air avec les mots d’une langue morte (le français). En faisant un effort on arrive assez distinctement à comprendre à peu près ceci : « Mais oui, mais oui, l’école est finie »…

 

Vous pouvez répéter la question ?

Réflexion. Pouvez-vous répondre à la question suivante : « Qelle est la couleur du cheval blanc d’Henri IV ? ». Vous avez 30 secondes mais par manque de chance, vous allez avoir des difficultés à répondre à la question car vous ne vous trouvez pas dans un jeu télévisé ou l’on vous donne des indices et le thème de la question à étudier plusieurs jours à l’avance… Pourquoi pose t-on des questions simplistes aux consdidats ? Soit que les organisateurs ont peur d’avoir à faire à des ignorants du style « C’est normal que je connaisse pas la réponse, j’étais pas né(e)… », soit, et c’est plus grave, on prend les auditeurs et télespectateurs pour des débiles profonds. À moins qu’en nous présentant des nuls, on cherche à nous flatter. Attention Mesdames et Messieurs les concepteurs de jeux télé, radio ou autre, attention ! Le français est doté d’une bonne culture générale, il est ancré dans le passé et reste tourné avec ses convictions fortes vers le futur. Bien entendu, nous vivons une époque où l’instant présent compte plus que tout, il suffit de voir le comportement égoïste de certains de nos compatriotes pourvus d’oeillères, ceux-là mêmes qui défilent à ces jeux d’argent gagné beaucoup trop facilement. Mais à force de tirer sur la ficelle, les pantins désarticulés et fantoches que nous sommes vont finir par se libérer : boycottons les émissions médiocres qui nous tirent par le bas, pour commencer ! La mode consiste à la valorisation du téléspectateur dans des émissions en général débiles comme si le divertissement impliquait une stupidité ambiante. Pourquoi ? Parce que cela coûte moins cher à produire : plus on touche un public large plus on l’implique dans les programmes et moins on dépense d’argent pour fabriquer, à l’arrivée, une télé devenue minable. Quand je pense, de mon temps, c’était aut’ chose !…

Vous pouvez répéter la question ?, une phrase culte des Inconnus (voir ici)

Pour avoir les dernières infos sur le monde de la télévision française, cliquez ici (site TouteLaTélé)

 

Coq en stock

La petite histoire vécue du jour. Un village quelque part en Bretagne. Tous les matins, cocorico, avant même les premiers rayons de soleil, deux coqs dans deux fermes distantes chantent leur amour de la vie. La campagne, l’air pur qui vient de l’océan (c’est cela la Bretagne où la mer et la terre se côtoient), les bruits familiers de l’activité des champs avec ses oiseaux, ses vaches, le tracteur qui laboure là-bas au loin et qui laisse derrière lui de magnifiques envolées de poussière qui créent avec le contre-jour comme un halo protecteur autour de lui pendant que les mouettes cherchent de quoi nourrir leur progéniture, sans oublier le chien du voisin qui fait sa tournée matinale et bientôt le facteur qui viendra apporter les nouvelles fraîches… Bref, un environnement bucolique que paierait très cher un parisien enfermé dans son boulot-métro-dodo ! Seulement voilà, y’a des gens dans le village qui n’arrive pas à dormir le matin. Dès 5 heures, de gros cocoricos en stéréo empêchent le gros dodo des bobos donc c’est bobo. Scandale ! Il s’ensuit une pétition à Madame Le Maire. C’est que, elle aussi, a des enfants et ils doivent pouvoir dormir jusqu’à 7 heures du matin les pauvres chéris ! Ils se planteront au réveil devant la télé pour voir des dessins animés débiles et se rendront à l’école pas peignés le ventre vide mais peu importe, ils doivent pouvoir dormir le matin les petits mignons ! Il arrivât donc ce qui devait arriver pensez donc : on a zigouillé les deux coqs. Couic ! Le symbole de la République vient d’en prendre un sale cou(p). Grâce à Madame Le Maire. C’est qu’elle a des enfants, Madame Le Maire et dans le village on est très com…préhensifs ! Au fait si on habite près d’un aéroport… On peut aussi trancher le cou aux avions, Madame Le Maire ?

Promenez-vous dans la campagne, tendez l’oreille et écoutez : vous n’entendrez plus un seul son d’animal. Plus de coq, plus d’insectes, plus d’oiseaux. En revanche des bruits de tracteurs, de machines agricoles, de voitures, de vélomoteurs, d’avions… Là pas de manques. Tentez donc l’expérience, vous serez édifiés !

 

Il n’y a pas que dans la musique que deux cloches valent une poire !

L’histoire vécue du jour (suite). Après les coqs égorgés du bourg breton (voir ci-dessus), un villageois du nord de la France vient de péter à son tour les plombs, non pas cette fois-ci à cause des volatiles trop bruyants (des coqs à la campagne qui réveillent tout le monde, c’est vrai, c’est pas normal) mais à cause des cloches… de l’église ! Oui, elles sonnent l’angélus le matin, le midi et le soir ; de plus, elles font « ding ! » toutes les demi-heures et « dong » toutes les heures. « C’est un scandale » ! Dépôt de plainte pour tapage diurne, procès et résultat des courses, gain de cause est donné au plaignant. C’est à peine croyable. Le clocher ne sonnera donc plus, le villageois va pouvoir dormir à nouveau sur ses deux oreilles et les cloches vont être mises à la retraite anticipée. Ça par contre, une retraite bien méritée, personne ne s’en plaindra, c’est vrai qu’elles ne sonnaient plus très juste nos cloches, l’air du carillon de Big Ben avait des allures de retour de noce… Mais tout de même, les gens ne supportent plus rien. Il y a vraiment, dans notre société stressée et sclérosée quelque chose qui ne tourne plus rond dans le comportement de nos compatriotes. Il y a vraiment quelque chose qui cloche sérieux…

 

La mouche tache

« La Mouche ». Le corps humain commence à subir des transformations terribles car notre manière de vivre change très vite et de manière irréversible. Le cerveau pour commencer : plus de besoin de savoir compter (les machines sont là pour ça) ni de posséder une mémoire (la réponse à une question même élaborée se trouve sur Internet), tout le monde parle aujourd’hui anglais, mange des hamburgers et regarde tous les jours pendant des heures la télé : l’inactivité et le stress nous font grossir, la passivité nous rend amorphes, les visages se mettent à se ressembler car les canons de la beauté s’uniformisent… Les modes de vie entre les peuples de la planète deviennent similaires : on gomme tout pour supprimer les différences (et parfois ceux qui les provoquent), on étouffe la création, nous nous transformons en zombies. Le cerveau humain commence à s’atrophier pendant que nos yeux vont s’agrandir puisque tout transite par nos orbites ; nos organes génitaux devraient bientôt disparaître car nous devenons androgynes à force d’annihiler les différences entre hommes et femmes, sans parler des effets dévastateurs de la pollution. Quant à l’ensemble du corps, il est bombardé d’une telle quantité d’ondes électromagnétiques qu’on ne me fera pas croire que seules notre ouïe est menacée. La peau, elle, va noircir de plus en plus à cause du rayonnement solaire. Pour compléter le tableau, il est interdit d’effleurer et de toucher quoi que ce soit notre sensibilité à fleur de peau disparaît, nous sommes dans l’obligation de respirer des produits de synthèse, partout de la fumée et de la poussière nous n’avons plus d’odorat… Voici la question qui décoiffe sans être si clone : garder nos cinq sens, cela a t-il un sens aujourd’hui ? Sachez enfin que ne pas prendre connaissance de l’essence même de ce site serait un non-sens et vous ferait évoluer à contresens de la plus élémentaire décence !

 

Vous pouvez compter sur nous !

L’histoire vécue du jour. Une personne âgée promène son petit chien, seulement voilà, il va lui falloir monter une longue côte pour regagner son domicile. Viennent à passer trois garçons d’une douzaine d’années : « On vous remonte votre chien, vous pourrez rentrer facile comme ça ! ». La dame, surprise, hésite à confier son amour à quatre pattes à des inconnus mais après tout, ils doivent la connaître puisqu’ils savent où elle habite « Ils sont sûrement du quartier, pas de problème » se dit-elle pour se rassurer. Bien embarrassée, mal à l’aise devant leur insistance, la dame cède quand même bon gré mal gré et les jeunes repartent seuls avec l’animal. Quelques minutes plus tard, arrivée à sa porte d’entrée, la dame y retrouve les trois gamins et le chien, tout va donc pour le mieux, heureusement « Ce sont de braves garçons » pensa t-elle. Sauf qu’elle ne peut pas entrer chez elle : « Vous nous devez 10 euros chacun ! ». Décontenancée et voulant en finir avec ce trio infernal qui se fait de plus en plus pressant, la personne âgée cède une seconde fois. Puis ils s’en vont avec leur fortune et la vieille dame s’enferme chez elle. L’histoire pourrait s’arrêter là. Mais le lendemain matin, « driiiing » on sonne à la porte : « On vient pour sortir votre chien ! »… Elle n’aura pas à céder une nouvelle fois car elle n’ouvrira pas sa porte. Moralité : ne confiez jamais ce que vous avez de plus cher à des inconnus même bien intentionnés car le service rendu à autrui n’est plus totalement gratuit et désintéressé. À noter que cette histoire n’est pas de La Fontaine…

à suivre…

 

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