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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

Pour en savoir plus sur les compositeurs de musiques de films et leurs créations, parcourez les pages suivantes !

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

Filmvarnour (V)

Les Mélodies Modernes, ouvertes depuis longtemps à l’art cinématographique, ont demandé à Aanor de s’orienter vers les œuvres de pays dont la production est moins connue en France mais demeure célèbre à l’étranger ; elles sont de très grande qualité avec souvent, de très belles musiques de films. Réalisés plus spécialement pour les enfants ou destinés aux spectateurs plus adultes, voyons voir ce que donne son appréciation de films et téléfilms qui en valent vraiment la peine…

 

Pour le film :

Parfait, Excellent, Exceptionnel (à voir et à revoir sans modération en achetant le DVD ou le Blu-Ray)

Bon ou Moyen (le cinéma existe grâce à lui) / Insatisfaisant ou Nul (le réalisateur doit se poser des questions)

Pour la musique du film :

Parfaite, Excellente, Exceptionnelle (on achète le CD)

Bonne ou Moyenne (il manque quelque chose, probablement une belle mélodie…) / Mauvaise ou Nulle (sauf pour les sourds et les personnes très malentendantes).

 

Classement des films par ordre alphabétique. Mise à jour des rajouts jour après jour…

 

 

 

Fifi Brindacier et les pirates/Pippi Långstrump, un film de Olle Hellbom (1969) avec Inger Nilsson, Maria Persson, Pär Sundberg, Hans Clarin, Paul Esser, Beppe Wolgers, Thor Heyerdahl, Hans Clari, Monsieur Nilsson (le singe) et Oncle Alfred (le cheval). Musique de Georg Riedel. Un dvd L.C.J. Editions.

Ah, éternelle Fifi ! Fifi Brindacier est née en 1945 et n’a pas pris une ride. Ce film est Excellent. Le personnage espiègle demeure une curiosité virevoltante avec ses couettes fantastiques inventées par Astrid Lindgren : de véritables « Nattes aliénantes » comme le titre d’une Mélodie Moderne jouée à l’accordéon (voir ici) ! Fifi est souriante, décontractée, dynamique et très sympathique, une personnalité au comportement décrié à l’époque de la sortie des quatre premiers romans car Fifi est trop éloignée du schéma classique de la petite fille sage et discrète. Le succès gagnera rapidement l’Europe et ne s’estompera plus, modernité du personnage oblige. Avec l’aide de son ami Tommy et Annika mais aussi du singe et du cheval que Fifi soulève comme un rien, les personnages parfois fortement agités et souvent très irrévérencieux œuvrent au final pour le bien de la communauté : leur gentillesse et leur intelligence vont devenir un exemple à suivre pour des millions d’enfants férus d’aventures très spéciales. La célèbre série issue de ce film sera également traduite en français, un doublage très satisfaisant pour les plus jeunes mais qui conviendra peu aux adultes, les textes étant trop simplistes et les voix trop bien maîtrisées (il s’agit de voix d’ados ou d’adultes évoluant dans la tessiture enfantine), un style de doublage des années 60. Les décors très colorés à l’instar des autres films et téléfilms basés sur l’œuvre d’Astrid Lindgren sont percutants et la musique est très bien représentée : le générique, un tube au début des années 70, continue lui aussi de plaire aux nouvelles générations de petits et grands cinéphiles. Flûte à bec (évidemment), vièle à archet avec ses cordes frottées (la nyckelharpa qui revient à la mode depuis les Sixties) ; grâce à Fifi, c’est un peu de la musique traditionnelle suédoise qui nous ouvre l’esprit dans une orchestration pour une fanfare aux graves bien pesants. Quoi de plus naturel, le compositeur Georg Riedel est contrebassiste ; bien connu dans son pays et très orienté folk et jazz, il signera l’une de ses plus célèbres partitions pour la série  des « Emil (Michel en allemand) », toujours d’Astrid Lindgren. Que pourrait-on reprocher à tout cela sinon vive Fifi !

N’oubliez pas la version papier qui offre paradoxalement plus d’images (dans la tête) que le film alors à nos bouquins !

 

Madita - Les Mélodies ModernesMadita et Madita et Pim, deux téléfilms de Göran Graffman (1979 et 1980) avec Jonna Liljendahl, Liv Alsterlund, Monica Nordquist, Björn Granath, Lis Nihem, Sif Rund, Yvonne Lombard… D’après le roman d’Astrid Lindgren. Musique de Bengt Hallberg. Un film distribué par Universum film.

1910 : tout va bien pour Pim et Madita qui vivent la tête dans les étoiles. L’aviation en plein essor passionnait déjà les suédois pendant que la comète de Halley nous adressait un petit coucou spectaculaire le 18 mai de cette année-là, une beauté céleste qui nous avait déjà rendu visite en l’an -240 avant J.C. (d’après les archives chinoises). La belle du ciel repassera le 28 juillet 2061 ; préparez vos télescopes si vous pensez être toujours dans le coin ! 1910 : loin de la naissance de Django Reinhardt et de Bruno Coquatrix, plus loin encore du décès de Mark Twain et de Jules Renard, la petite Madita et sa sœur Pim avec leur tablier légendaire (quand elles n’ont pas décidé de se mettre toutes nues) vivent pleinement un bonheur familial bien naturel dans une région campagnarde apparemment sans problèmes ; quand elles débarquent sans crier gare, les deux gamines surmontent tous les obstacles grâce à leur vision naïve et déformée d’un monde adulte très compliqué. Nous sommes à l’aube de la Seconde guerre mondiale… Le côté spontané et bon-enfant de « La petite maison dans la prairie » se retrouve dans « Madita » mais cette réalisation est-allemande (du temps de la séparation du pays) est pensée et l’ensemble est Très professionnel ; le double pari est réussi, celui de transcrire deux sentiments contradictoires, la légèreté et la profondeur de l’histoire en aménageant un cadre chaleureux et très coloré, un travail artistique remarquable et vraiment attachant. Les romans d’Astrid Lindgren à la base de ces deux téléfilms (écrits en 1960 pour le premier et en 1976 seulement pour le second), ont été mis en image à plusieurs reprises car l’auteure est très connue du monde littéraire, ses ouvrages sont traduits dans toutes les langues. « Madita » et « Madita et Pim » possèdent peu de musique, une discipline hautement importante dans toute production cinématographique ou télévisée alors Aanor est contrariée, il y avait pourtant de quoi faire… Globalement séduite par ces téléfilms approuvés par ses enfants, la seule difficulté réside dans l’usage de la langue de Goethe peu propice à la compréhension et aux subtilités des dialogues. Aanor se demande toujours pourquoi ces productions conçues pour le jeune public, dénuées de violence excessive et peu ennuyeuses, ne sont jamais doublées en français, nous qui savons si bien le faire ?! No comment (no commet) !

Pour en savoir + sur Astrid Lindgren, voir ici (infos Ricochet jeunes, en français) / Pour découvrir le village de naissance de la romancière (Vimmerby dans le Småland) et assister au spectacle créé en hommage aux personnages de la romancière, cliquez ici (infos en suédois) / Pour en savoir + sur les romans français du même genre, voir ici (infos Mélodies Modernes sur la Comtesse de Ségur avec « Les malheurs de Sophie » et son « Bon petit Diable »)

 

Ronya fille de brigand/Ronja Räubertochter, un film de Tage Danielsson (1984) avec Hanna Zetterberg, Dan Harondfström, Börje Ahlstedt, Allan Edwall, Lena Nyman, Per Oscarsson… D’après la nouvelle d’Astrid Lindgren. Musique de Björn Isfält. Un dvd Universum film.

« Ronya » (Ronja en allemand) est certainement l’œuvre cinématographique la plus aboutie. Avec une histoire très bien ficelée mêlant poursuite, psychologie, amitié, amour et fantastique, le film est issu du roman le plus populaire d’Astrid Lindgren. C’est Olle Hellborn, à qui l’on doit le film « Fifi », qui devait réaliser cette production remarquable mais il décèdera avant le tournage. Les aventures très variées de « Ronya fille de brigand » ont tellement inspiré les créateurs qu’elles ont été adaptées sur scène. Une comédie musicale créée dans les années 90 a connu un beau succès (musique d’Axel Bergstedt) et Aanor aimerait bien voir et entendre ça. Dans le film, les musiques et chansons restent sans surprise comme pour l’ensemble des tournages basés sur les œuvres d’Astrid Lindgren : les mélodies adaptées, parfois belles, créent une ambiance de légèreté avec les compositions simplistes ou orchestrales propices au mélange des genres. La prédominance de la musique traditionnelle suédoise provoque l’intérêt d’Aanor. N’hésitez pas le moins du monde à coller vos enfants devant leur télé pour les initier à la langue allemande : les éditions présentées dans cette page ne sont pas disponibles en version française, « Fifi Brindacier » mise à part. Et pourquoi donc ? Aanor trouve « Ronya » Excellent. Un doublage parfait comme les français savent le faire donnerait un nouveau coup de jeune en apportant de la valeur ajoutée.

 

Die Brüder Löwenherz, un film d’Olle Helborm (1977) avec Lars Söderdahl, Staffan Götestam, Allan Edwall, Gunn Wållgren, Georg Årlin… D’après le roman d’Astrid Lindgren. Musique de Björn Isfält et Lasse Dahlberg. Un dvd Universum film.

Il est impossible d’apprécier une œuvre dont on ne comprend strictement rien sur le fond, en l’occurrence, lorsque l’on ne maîtrise pas la langue allemande. Le livre à l’origine du film « Die Brüder Löwenherz », que l’on pourrait traduite par « Les enfants au cœur de lion », aura créé la polémique à sa sortie car il raconte l’histoire d’un enfant malade sur le point de décéder. Son frère compatissant et très tendre avec lui va s’évertuer à le convaincre qu’il existe une vie merveilleuse après la mort ; l’incendie de leur maison va les faire s’y retrouver. Dans ce « pays » merveilleux rempli de cerisiers en fleurs, les deux frères vont « vivre » des aventures fantastiques… Destiné aux enfants, le propos peut déranger car il laisse supposer que la vie est meilleure autre part – ce dont les croyants de toutes confessions ne contesteront pas -. Les psychologues et spécialistes des ouvrages pour enfants voient pourtant dans le scénario une possible incitation au suicide quant aux autres experts, il y trouve une raison d’espérer quand l’issue est fatale. Bref, rien n’est évident sur l’aspect psychologique et une traduction française de grande qualité, comme on sait si bien le faire en France, aurait permis à Aanor de vous en dire plus. Ce film est très intéressant avec une grande variété de situations et des images absolument Superbes : quelle belle photographie ! La musique, en revanche, reste d’une grande simplicité pour ne pas en dire plus : quelques notes, quelques accords, la volonté d’illustrer les différentes situations rencontrées par les personnages avec une flûte traversière dans le jardin enchanté, un son de cromorne (sorte de hautbois) quand apparaît l’« affreux jojo » dans le château, bref, de bonnes idées musicales mais un jugement intelligent dans le choix des sonorités et instruments utilisés (aïe, le synthé des années 70 !) ne suffisent pas à contenter notre spécialiste de la musique de film. Aanor,  justement, estime que le travail effectué demeure dans l’ensemble Très bon mais une relecture lui serait indispensable pour bien s’investir dans l’œuvre après un excellent doublage en français.

 

Konrad aus der Konservenbüchse - Les Mélodies ModernesKonrad aus der Konservenbüchse, un téléfilm de Claudia Schröder (1982) avec Daniel Thorbecke, Alexandra Degen, Violetta Ferrari, Heinz Schubert… D’après le roman de Christine Nöstlinger. Musique de Willy Siebert. Un film produit par Ottokar Runze Filmproduktion. Un dvd Kinowelt.

Gros succès en Allemagne puis à l’étranger dans les années 80, ce téléfilm est bourré de charme. Le jeune protagoniste, avec son visage angélique, apporte beaucoup de crédibilité au scénario car l’acteur s’est totalement investi dans son rôle, celui d’un gentil petit robot très aimé par son entourage… L’histoire vraiment originale rappelle plusieurs films dont « D.A.R.Y.L. » sans doute inspirée du même roman. Il ne faut pas s’attendre à de gros effets spéciaux mais il règne dans l’atmosphère générale du film quelque chose de léger, de motivant, un parfum de maîtrise d’un thème difficile à traiter. Par le jeu des comédiens parfois grossier mais toujours agréable et intelligent, l’excellente mise en scène va faire triompher les bons sentiments, la réalisatrice s’adressant en priorité à un public enfantin mais tout de même, quelle réussite pour toute la famille ! Son travail très professionnel et inspiré ne pourra que séduire les amateurs d’histoires bien ficelées et sans prétention compte tenu des moyens mis à disposition. Une nouvelle fois, c’est le charme total qui se dégage de cette production qui fait tout. Au fait, une version française, ce serait trop en demander ?

 

Konrad, un téléfilm de Nell Cox (1985) avec Huckleberry Fox, Polly Holliday, Ned Beatty, Max Wright, Jeff Olson, Dan Rogers, Michael Ruud… D’après le roman de Christine Nöstlinger. Musique de  Bob Summers. Un film  produit par Sunn classic pictures inc. Un dvd Timeless.

Les scénaristes américains sont toujours à l’affut (c’est le cas de le dire) de ce qui se fait ailleurs et l’histoire très originale de « Konrad » (voir ci-dessus) ne pouvait que les séduire. Malheureusement comme cela est souvent le cas, la version US n’apporte rien de plus ; bien au contraire, le charme de la première version allemande semble avoir disparu. Sans valeur ajoutée (on pouvait espérer de la part du pays d’Hollywood de bons effets spéciaux), avec un jeune acteur certes très intéressant dans son rôle de robot mais parfois trop cabotin dans son jeu, avec toujours la présence des hommes en bleu, Aanor constate que le résultat ne peut que décevoir par rapport à la version originale. L’Europe, il ne faut pas l’oublier, reste le berceau du cinéma. En la matière, la preuve est faite. Par Konrad !

 

Mio, mein Mio/Mio min Mio/Mio in the land of Faraway/Mio au pays de nulle part, un film de Vladimir Grammatikov (1987) avec Nicholas Pickard, Christian Bale, Timothy Bottoms, Christopher Lee, Suzannah York… D’après le roman d’Astrid Lindgren . Musique d’Anders Eljas, Benny Andersson et Björn Ulvaeus. Un film Nordisk tonefilm international distribué par Kinowelt home entertainment.

Original, dynamique et bien fait, Aanor n’a pas de mots assez forts pour dire à quel point ce film fantastique l’enthousiasme, elle qui a gardé son âme d’enfant. Pourtant les critiques, à la sortie du film, n’étaient pas bonnes car elles faisaient un peu trop référence au livre d’Astrid Lindgren. Mais comme aimait à le répéter le réalisateur Christian Vadim, « Un livre c’est un livre, un film c’est un film ». On ne pas retranscrire tel quel sur la pellicule les images que chacun se forge à la lecture d’un livre. Le cinéma édicte ses propres règles, codes et usages du coup, le réalisateur russe ne s’est pas privé de laisser libre cours à son imagination malgré les contraintes liées aux conditions de tournage exécrables, aux dires des acteurs. Tourné dans une multitude de pays (Russie, Suède, Ukraine, Angleterre…), le film permettra au jeune acteur Christian Bale de se faire connaître d’un certain Steven Spielberg qui l’embauchera l’année suivante pour le rôle phare de « L’empire du soleil » (musique de John Williams, voir ici), malgré sa prestation un peu effacé derrière le premier rôle tenu par Nicholas (Nick) Pickard au visage plus photogénique ; l’acteur anglais est devenu lui aussi professionnel spécialisé dans les séries télé britanniques. Grâce à sa distribution internationale (on retrouve avec plaisir Timothy Bottoms inoubliable dix ans plus tôt dans « Le toboggan de la mort », musique de Lalo Schifrin, voir ici), avec ses plans et cadrages remarquables, une photographie par moment extraordinaire, les plus jeunes spectateurs sont servis et resteront motivés jusqu’aux dernières notes de l’orchestre symphonique. La partition, bien installée dans le style russe des musiques de films ambitieux (une musique constituée d’une suite de notes aux frontières de la mélodie simple sur une masse orchestrale mettant en avant les solistes de chaque pupitre) est entrecoupée de la chanson du film interprétée par deux membres du groupe Abba, dans le genre folk des années 80, c’est pas mal du tout. Pour Aanor, le bilan est Très Bon, à condition de nous proposer une version doublée en français !

 

Nils Karlsson Däumling/Nils Karlsson Pyssling, un téléfilm en trois parties de Staffan Götestam (1990) avec Jonathan Lindoff, Oscar Löfkvist, Britta Pettersson, Charlie Elvegård, Ulla Sallert, Rattan Bubblan. D’après l’ouvrage d’Astrid Lindgren. Musique d’Anders Berglund et Staffan Götestam. Un dvd Universum film.

Le livre « Nils Karlsson Pyssling », écrit par Astrid Lindgren en 1949 soit quatre années après la naissance littéraire de Fifi Brindacier, décrit avec talent une histoire extraordinaire, celle d’un petit garçon minuscule qui vit dans un monde de géants, le nôtre, évidemment… Le film rappelle un peu « L’homme qui rétrécit » sorti en 1956 d’après le roman de Richard Matheson (voir prochainement ici) et surtout « Les voyages de Gulliver » de Jonathan Swift, des aventures publiées pour la première fois en 1721 ! La confrontation du grand et du petit : comment réagiriez-vous quand un rat devient un dinosaure compte tenu de votre taille lilliputienne ? Les deux héros du film s’en sortent bien ; leur visage angélique nous fait rester dans un univers créé pour les enfants donc, à l’évidence, sans violence excessive. La magie, en ce sens, opère comme il le faut. Mais le combat pour la survie dans des conditions exécrables devrait se solder par d’innombrables difficultés et d’immenses souffrances, du moins en théorie, un aspect volontairement délaissé par le réalisateur qui se veut respectueux du roman très coulant. Aseptisé, dénué de profondeur, le film ne fera pas donc date dans l’histoire du cinéma, la faute au manque de crédibilité surtout vu depuis le XXIe siècle. Son côté fantastique en revanche est agréable à regarder avec des décors et trucages réalisés Très sérieusement ce qui le met à l’abri d’une critique négative d’Aanor. Seul ombre au tableau et elle est de taille : l’absence de musique à part l’orchestration réussie du générique (xylophone en soliste sur fond de cordes). Comme conception de l’intérêt d’une bonne musique originale dans un film, c’est tout de même petit, petit, petit…

À noter. Nils Karlsson a réellement existé : skieur de fond,  il aura souvent gagné la grande course suédoise « La Vasaloppet » que des québécois malicieux et formidables se sont dépêchés de rebaptiser « La Vas-y Paulette » !

Que sont-ils tous devenus ? Tous ces jeunes héros et héroïnes des films et téléfilms de cette page ont grandi : retrouvez-les en photos en cliquant ici (infos Mariebj.devote, en suédois)

 

Philippe le petit - Les Mélodies ModernesPhilippe le petit/Philipp, der kleine/The marvellous music of Philipp the small, un téléfilm d’Herman Zschoche (1976) avec Andy Greissel, Katrin Jakobeit, Volkmar Kleinert, Mico Pagini, Jam Spitzer, Lise Voigt… Musique de Gunther Erdmann. Un film DEFA Aussenhandel production.

Sur des cantates de J.S. Bach avec quelques mélodies additionnelles du compositeur Gunther Erdmann (spécialisé dans les compositions pour voix d’enfants), ce téléfilm peut être qualifié de « gentillet ». Tout y est aseptisé et les bons sentiments prédominent dans une histoire simple, très facile à appréhender pour les plus jeunes téléspectateurs, loin des multiples situations de  « La flûte enchantée » (de Mozart celle-là) et des affolantes conséquences des sons enchanteurs du « Joueur de flûte de Hamelin » d’après une vieille légende allemande retranscrite par Les frères Grimm. Alors ça « flutote » de manière « flutuesque » dans toutes les scènes du téléfilm. Prévu pour les plus jeunes téléspectateurs, il est impossible d’en attendre davantage sinon la possibilité de passer un Bon moment familial en musique. Cette production est sans prétention. Le seul grand intérêt de ce téléfilm réside aujourd’hui dans sa référence et les Mélodies Modernes aiment ça afin de préserver la mémoire du travail effectué pour le cinéma (et la télé) par les compositeurs de musiques de films : il a donc existé un très musicien allemand à l’esprit créatif élevé et original, doué pour créer de belles mélodies. Le répertoire qu’il a composé pour la jeunesse dans les domaines aussi variés que la chorale, l’orchestration (avec ou sans poème) et la musique de film en sortent agrandis. Une affaire à suivre à l’occasion d’un autre film dont la musique sera signée Gunther Erdmann, un moment probablement généreux que nous ne manquerons pas.

 

Pipo schafft alle - Les mélodies ModernesPipo schafft alle/Materské znamienko, un téléfilm de Marta Gogálová (1985) avec Josef Vrábel, Andrej Belák, Katka Dulajová, Iveta Kožková, Ján Greššo, Žofia Martišová, Mikulás Huba, Viliam Polónyi… Musique d’Harry Macourek. Un film tchécoslovaque monté en DDR.

Deux garçonnets que presque tout séparait vont devenir amis pour la vie ; l’un porte sur  la fesse gauche une tache de naissance (un angiome appelé aussi tache de vin) ce qui va expliquer plusieurs choses… Sur une idée simple, la télévision Tchécoslovaque va décliner en plusieurs épisodes un téléfilm destiné aux enfants. Simple sur le fond mais efficace sur la forme, l’étude sociale de la vie à la campagne est partisane et passionnante avec le recul que nous avons aujourd’hui. D’une simple bagarre de chiens pour déterminer qui sera le dominant du dominé, la réalisatrice qui travaille en régie selon la manière de travailler à l’époque dans « les pays du bloc de l’est », enchaîne sur une bagarre entre les deux gosses en invoquant les mêmes raisons. De nombreuses valeurs humaines se déclinent dans un scénario à multiples rebondissements ; s’il ne fallait n’en citer qu’une, ce pourrait être l’apprentissage de la solidarité et de Pipo schafft alle - Les Mélodies modernesl’amitié. Celui qui pensait pourvoir tout faire seul, en ne demandant jamais rien à personne, va devoir se faire aider ce qui changera sa vision du monde. C’est effectivement simpliste mais les dialogues en français aideraient à mieux comprendre les subtilités des échanges fructueux entre les générations. Et puis c’est l’été, le beau temps, les vacances, la nature, on vit simplement et les enfants aiment parfois se mettre nu avant de se réfugier dans la cabane en bois qui leur sert de camp de base : Mark Twain n’est vraiment pas loin… Certaines images sont très belles sur un plan purement artistique (cadrage, lumière, couleurs…) et toutes les conditions sont remplies pour que l’on puisse partager avec Enthousiasme les aventures de deux jeunes compagnons, inséparables de leur chien attachant : plus d’un adulte va se souvenir avec nostalgie de sa propre enfance fût-elle française. Dans le rôle du grand-père très compréhensif et affectueux, on retrouve l’acteur Viliam Polónyi présent dans de nombreuses productions tchécoslovaques. La musique symphonique, agréable sans plus (absence de grande mélodie) est le fruit du travail d’un compositeur polyvalent bien ancré dans le style du XXe siècle : chef d’orchestre, il saura ne pas négliger le jazz, le chant choral ni la variété instrumentale ; Harry Macourek reste très peu connu des Mélodies Modernes qui vont essayer d’en savoir plus sur son compte. Un jour prochain, il faudrait aussi se donner la peine de doubler ces anciens films et téléfilms très sympathiques, désuets certes mais qui présentent l’avantage de nous faire oublier le monde brutal et impossible dans lequel nous tentons de survivre !

 

 Les autres films :

Drame/Tranche de vie

Barnens Ö/Children’s island/Lîle aux enfants, un film de Kay Pollak (1980) avec Tomas Fryk, Ingvar Hirdwall, Anita Ekström, Börje Ahlstedt… D’après la nouvelle de P.C. Jersild. Musique de Jean-Michel Jarre. Un film produit par Svenka Filminbstitutet.

Ce film est Surprenant et assez fascinant à plus d’un titre. Il est bâti sur les états d’âme d’un pré-adolescent (un gamin d’une douzaine d’années) très soucieux de son évolution physique et sentimentale, l’un n’allant pas sans l’autre, évidemment… Préoccupé par l’arrivée des signes lui signifiant sa métamorphose (il scrute avec angoisse l’arrivée des premiers signes de la puberté autour de ses attributs masculins), le jeune Reine compte les heures qu’il lui reste à vivre en tant qu’enfant, comme si le monde entier allait changer en un jour, du moins en est-il persuadé, comme si sa vision du monde allait suivre son évolution physique et personnelle. Reine sait qu’il vit son dernier été dans la peau de l’innocence et il n’aime plus jouer avec ses soldats en plomb, il veut découvrir la vraie vie, celle des adultes. Livré à lui-même, passant de la recherche de l’amour avec un grand a aux angoisses épouvantables l’amenant à envisager le suicide, Reine va multiplier les aventures dans tous les milieux sociaux, de la rue où il déambule sur sa planche à roulettes jusqu’à l’atelier d’artistes sans oublier de fréquents séjours dans sa baignoire. Il faut dire qu’il affectionne tout particulièrement la plongée en apnée et son expérimentation dangereuse l’amène à retenir sa respiration sous l’eau pendant plus de trois minutes : va-t-il avoir de sérieux problèmes ? Comment va-t-il surmonter cette période difficile du passage à l’adolescence ? Va-t-il finir mal sous l’influence des « zonards » intoxiqués, cigarette au bec ? L’histoire du parcours initiatique du jeune Reine est traitée avec tact mais sans retenue : la caméra impudique montre clairement la réaction physiologique du futur tombeur de ces dames. Les images de son sexe tripoté à la recherche de l’enfance perdue ou en érection à la vue d’un corps féminin dénudé vont choquer le spectateur non averti. Pourtant et c’est une chance,  la censure auquel le film semble avoir échappé (y compris aux États unis qui ont compris et accepté la démarche du réalisateur) ne devrait jamais condamner par principe les choix effectués dans un domaine artistique ; rappelez-vous le tube de Pierre Perret sur « Le zizi » qui remonte lui aussi aux années 70, pourrait-il le ressortir aujourd’hui ? Les scènes de « Barnens ö » ne sont pas scabreuses, elles participent simplement et naturellement à l’évolution d’un scénario permettant à l’enfant-spectateur de trouver un début de réponse à ses propres interrogations ; il lui suffit de suivre les pérégrinations de Reine, le héros du film.

L’âge ingrat, comme on dit, amène bon nombre de jeunes à se poser beaucoup de questions existentielles sur leur environnement et sur tous les sujets qui concernent une société plus ou moins accueillante : peuvent-ils y puiser les réponses adéquates ? Un film destiné pour le grand public, s’il est aussi bien réalisé que « Barnens ö », apporte intelligemment des éléments essentiels de réflexion. Avec comme fil rouge la peur de l’avenir face à l’incompréhension des parents, la crainte de la répression d’un monde adulte de moins en moins heureux qui ne supporte pas la désobéissance, toutes les difficultés du passage de l’enfance à l’adolescence caractérisé par la volonté de braver tous les interdits et le franchissement des frontières au-delà du raisonnable (se saouler, fumer des joints ou comme Reine, devenir accroc à la masturbation…) ont été traités en France par de grands spécialistes (François Truffaut pour n’en citer qu’un). Par leur contribution, ils ont valorisé le cinéma en « collant » le plus possible à la réalité sociétale du moment. Le cinéma favorise l’imaginaire mais peut également nous renvoyer l’image de ce que nous sommes… Quel bonheur ! « Barnens ö », une nouvelle fois, ne fait pas dans la provocation. Kay Pollak a réalisé un film très réaliste, fidèle au roman de P.C. Jersild (le médecin, scientifique, écrivain et éditorialiste très connu et respecté en Suède) qui saura reconnaître la crédibilité du film. Le jeu simple et efficace du principal protagoniste y est pour beaucoup, le talent du réalisateur tout autant. Sauf dans le domaine musical ou son manque d’investissement laisse à désirer. Jean-Michel Jarre (fils du compositeur de musique de film Maurice Jarre, voir ici) a produit ses fameux « Équinoxe » et « Oxygène » dans les années 70, une période ouverte à l’utilisation des synthétiseurs, une mode sur laquelle le compositeur opportuniste a surfé avec succès. Des extraits de ces musiques très commerciales sont donc utilisés de manière assez basique. Le réalisateur, en voulant recréer l’univers sonore de l’époque du jeune héros (Reine adore aussi le joueur de tennis Bjorn Borg) n’a pas fait œuvre de création artistique : « plaquer » des tubes de la variété instrumentale sur les images d’un film n’est pas une démarche créative très professionnelle. Compositeur de musique de film est un métier à part entière ; travailler en collaboration étroite avec lui en est un autre. Sans rien de tout cela, Kay Pollak est pris en défaut. On ne peut pas être bon dans tous les domaines !

 

Comédie

Aventures with a naked boy - Les Mélodies Modernes Dobrodružstvi s nahým klukem/Adventures with a naked boy, un film de Jan Moravec (1964) avec Vladimír Tomšu, Ivo Palec,  Bohumil Šmida, Bohuslav Kupšovský, Stanislav Hájek, Václav Trégl, Lubomir Kostelka, Jan Pohan, Josef Laufer, Zaslovžilý Umelec, Eman Fiala, Lubomir Kostelka, Bohuslav Kupšovsky… Musique du Dr Emil Ludvík. Un film distribué par Womble multimedia, inc.

Ce court-métrage tchèque que l’on pourrait traduire sans nuance par « Les aventures d’un gars à poil » est Génial et malheureusement inconnu du grand public. C’est la raison pour laquelle les Mélodies Modernes souhaitent vous en parler. Dépourvu d’un doublage en français, le scénario simple et original permet un développement visuel proche de la conception artistique que nous proposait Jacques Tati, le réalisateur irremplaçable de nos plus grands films comiques où les situations cocasses rivalisaient avec l’ingéniosité des trouvailles de la mise en scène. La ville, le tramway, les gens vont et viennent, ils se rendent à leur travail… Jusqu’ici, rien de plus banal. Un homme se présente à l’arrêt du bus en tenant pas la main son fils ; ils s’installent dans l’engin et tout continue à se dérouler normalement. En apparence seulement car l’enfant est nu de la tête aux pieds. Sans surprendre outre mesure les passagers, certains n’hésitant pas à s’amuser gentiment du spectacle, les regards complices spontanés vont céder la place à la discussion, aux réflexions, aux doléances puis aux plaintes, bref, à l’énervement et à l’affolement qui vont progressivement envahir les lieux pour déboucher sur une crise épouvantable ! À l’extérieur  aussi, la fièvre va gagner la population, c’est tout un quartier qui va exploser sous l’humour caustique du réalisateur (la scène récurrente de l’homme à la brouette est excellente). La capacité de l’être humain à s’emporter parfois pour pas grand-chose rappelle la montée d’adrénaline des personnages des films burlesques ou encore une fois, celle des chefs-d’œuvre de Jacques Tati. En 1964, ce dernier avait déjà réalisé « Jour de fête », « Les vacances de M. Hulot » et « Mon oncle » ; il ne fait aucun doute que ces films célèbres auront inspiré le réalisateur tchèque coutumier du fait (la provocation). Désireux de briser les tabous, il aura apporté un élan de modernité au cinéma de son pays et les acteurs présents dans son film ne sont pas des inconnus loin s’en faut. À l’image des aventures délirantes de  Benny Hill ou de Mister Bean, voilà une orientation comique impulsée au cinéma européen qui pourrait bien inspirer à nouveau les jeunes réalisateurs souvent en manque d’histoires originales à raconter. Mais pourraient-ils aujourd’hui utiliser à l’écran des personnages particulièrement typés sans être taxés de racisme et surtout, pourraient-ils encore véhiculer l’image d’un enfant se déplaçant nu sans être immédiatement suspectés par certains de perversité ?

 

Science-fiction

Gravity, un film d’ Alfonso Cuaron (2013) avec Sandra Bullock et George Clooney. Musique de Steven Price. Un film Warner Bros.

Voilà l’exemple même du propos tenu habituellement par les Mélodies Modernes : d’excellents effets spéciaux ne font pas forcément un bon film. « Gravity » n’échappe pas à la règle. Original et époustouflant au niveau des trucages, le jeu médiocre de la nouvelle Sandra Bullock (liftinguée et relookée) égale la prestation toujours aussi détachée de George Clooney : leur huit-clos ne peut effacer la faiblesse d’un scénario mille fois ressassé. Honnêtement, des catastrophes et des tentatives de survie, on en a vu d’autres sauf que cette fois-ci, tout se passe en apesanteur. Le film mérite donc d’être vu au moins une fois car la sensation de flottement est brillamment retranscrite à l’écran : lorsque l’héroïne touche la terre ferme, on ressent parfaitement avec elle le plancher des vaches sous nos pieds ! Alors peut-être ne faudrait-il ne pas en demander plus ? À vingt euros le dvd ou vingt-cinq le BluRay, les quatre-vingt minutes du film apparaissent malheureusement bien petites à l’image de la Terre vue de l’espace et de la musique du film très, très pénible…

 

Fantastique

Maximum overdrive, un film de Stephen King (1986) avec Emilio Estevez, Holter Graham, Pat Hingle, Laura Harrington, Christopher Murney, Yeardley Smith, John Short… D’après la nouvelle de Stephen King « Trucks ». Musique d’AC/DC. Un film Dino de Laurentiis productions.

Autant annoncer la couleur dès le début : Stephen King est doué pour écrire des romans extraordinaires (quoique simples sur un plan littéraire) mais pas vraiment pour réaliser des films ambitieux. Un an près son film au succès mitigé « Peur bleue » avec un loup-garou parfois involontairement comique et franchement ridicule, l’auteur renouvellera l’expérience avec « Maximum overdrive ». Il se prendra un Bide commercial ce qui ne l’empêchera pas d’obtenir la réussite avec « La tempête du siècle » même si Aanor n’accrochera toujours pas à la réalisation compte tenu des longueurs interminables et du peu de crédibilité de l’histoire… La musique de « Maximum overdrive » aux poids-lourds vivants est issue des albums du groupe de hard-rock AC/DC dont la réputation n’est plus à faire (presque quarante années de scène et une multitude de batteurs épuisés, chapeau, les artistes !). Quant à l’un des fils de Martin Sheen, Emilio Estevez (du nom de naissance de son père Martin), il fait ce qu’il peut, il bouge et remue beaucoup en présence de Stephen King dans un rôle inintéressant. À remarquer le jeune Holter Graham qui poursuivra sa carrière avec « L’envolée sauvage » et « Hairspray ». Voilà. Que dire de plus ?

 

Drame

Mean creek, un film de Jacob Aaron Estes (2004) avec Rory Culkin, Ryan Kelley, Scott Mechlowicz, Trevor Morgan, Josh Peck, Carly Schroeder. Musique de Tomandandy. Un dvd Belga Home Video.

Vous avez vu « Stand by me » ? Alors vous retrouverez l’ambiance de ce film dans « Mean creek » : une petite ville des États-unis bien tranquille, la campagne, l’évasion dans la nature, l’amitié, un meurtre, beaucoup de bla-bla et d’états d’âme. Sauf que « Mean creek » est décevant sur le fond. Mal filmé (certains contre-jours ne sont pas maîtrisés), mal doublé en français, le scénario n’est pas prenant ; la musique est nulle (quelques notes ici et là), bref, tout va mal. L’un des sept enfants Culkin (le frère du héros de « Maman, j’ai raté l’avion »), Rory, au rôle principal, n’est pas très intéressant dans son jeu inexpressif ; sans doute pourrait-il être mieux dirigé. Aujourd’hui, rien n’est plus facile que de « faire un film », il suffit de posséder une caméra et de faire preuve de talent. Si le cœur vous en dit, soyez au moins exigeant sur l’essentiel (le scénario, les acteurs et un bon compositeur de musiques de films).    

 

Horreur

Scary/Under the bed, un film de Steven C. Miller (2013) avec Jonny Weston, Gattlin Griffith, Peter Holden, Mussetta Vander, Kelcie Stranahan, Bryan Rassmussen, Tyker Steelman, Sam Kindseth, Nikki Griffin… Musique de Ryan Dodson. Un dvd Throught the heart production.

Bon, inutile de perdre son temps : ce film ne vous apportera pas grand chose si vos références s’appellent « Poltergeist » ou « L’exorciste ». Les deux personnages principaux sont assez convaincants, le montage et certains plans sont très professionnels mais le scénario demeure d’une pauvreté affligeante. Mettre en scène deux frères qui s’aiment et qui vont unir leur force pour affronter le Diable caché sous un lit est un thème intéressant mais terriblement banal. Il aurait donc fallut compenser la faiblesse d’une histoire mille fois utilisée par des dialogues extraordinaires et par un bon jeu d’acteurs rendus particulièrement attachants et soumis à de multiples rebondissements… C’est comme en musique classique : vous avez un thème musical extrêmement simple mais l’intérêt réside dans la richesse des variations et dans l’interprétation de l’artiste. Les effets spéciaux de « Scary » sont d’une grande pauvreté, d’ailleurs, il a suffit de plonger l’action dans le noir pour plomber le film : l’obscurité est propice au suspense et à l’angoisse mais elle est est aussi utilisé abusivement pour cacher la faiblesse des trucages. Sur une musique inexistante (quelques notes qui ne laissent ici et là aucune impression), l’ensemble devient plutôt Médiocre. Dommage.

 

Drame

The hero/Bloomfield, un film de Richard Harris (1971) avec Richard Harris, Kim Burfield, Romy Schneider… Maurice Kaufman, Yossi Yadin, Shraga Friedman, Aviva Marks… Musique de Johnny Harris. Un film distribué par Evco Embassy word entertainment.

Existe-t-il des films inutiles ? Si la réponse est oui, celui-ci pourrait en faire partie. Richard Harris – un irlandais élevé chez les Jésuites – se fera remarquer dès l’adolescence par son physique « de beau gosse » : grand, une carrure de rugbyman bien taillé, tennisman de haut niveau à l’âge de 18 ans, son évolution butera malheureusement sur des problèmes de santé. Il n’empêche, l’acteur savait chanter et il assurera parmi ses nombreux succès une reprise d’une chanson de Claude François et Jean-Pierre Bourtayre « Parce que je t’aime mon enfant » en 1970 relookée « My boy » avant que ne s’empare à son tour Elvis Presley. Richard Harris sera également le premier interprète du tube anglo-saxon « Marc Arthur park » repris par Liza Minnelli, Glen Campbell, Diana Ross, Hugo Montenegro, Percy Faith… C’est dire ! Outre ses qualités sportives et artistiques, Richard Harris aimait « s’essayer » à tous les genres : l’écriture, la production et la réalisation. Rien d’étonnant alors à ce qu’il produise son propre film en 1969, l’année de la sortie d’« Un homme nommé cheval » qui fut un grand succès populaire. Malheureusement, déçu par la critique car les américains n’aiment pas le football (le soccer) encore moins les perdants (son personnage à l’écran), son unique réalisation ne l’incitera pas à persévérer dans la discipline ; « Bloomfield » ne fera pas recette. Tourné en Israël puis en Angleterre, Kim Burfield fit sa première apparition à l’écran avant de récidiver dans la très intéressante version de « L’île au trésor » en 1972 (avec Orson Welles sur la formidable musique de Natale Massara). Quant à Romy Schneider, entre les deux films de Claude Sautet « Max et les ferrailleurs » et « César et Rosalie », aurait-elle pu se porter garante de la qualité de « Bloomfield » ? Hélas il n’en sera Rien pour Alix : la réalisation poussive, ordinaire, sans réelles qualités, ne force pas le respect dans une histoire de footballeur tiraillé entre ses dettes de jeu et l’admiration d’un gamin. La musique du film signée Johnny Harris (aucun lien de parenté avec Richard) reste très agréable dans l’esprit commercial de la musique de variété du début des années 70 : violons à satiété, chanteuses à tue-tête et batterie complète, Alix n’a rien à lui reprocher. Johnny Harris composera plusieurs chansons interprétées par son groupe Les Bloomfields dans lequel chantait Richard Harris (comme par hasard), un groupe qui tiendra quelques années seulement avant sa dislocation, chacun continuant son bonhomme de chemin. Richard Harris se mariera et divorcera plusieurs fois, se donnera une réputation de play-boy et de buveur invétéré histoire d’alimenter les chroniques des journaux à sensation mais aussi pour maintenir sur lui les projecteurs de la célébrité. Bloomfield : entre champ de fleurs et chants de pleurs, l’époque faisait la part belle aux sentiments, au romantisme et à la contemplation… Richard Harris réalisateur n’aura pas su les retranscrire à l’écran. L’irlandais – fier de son pays et il a bien raison – n’en reste pas moins une personnalité très importante jusqu’à ses performances dans les premiers « Harry Potter » !        

 

Suspense

Victor et le manoir aux secrets/Das haus der Krokodile, un film de Cyrill Boss et Philipp Stennert (2012) avec Kristo, Joanna et Vijessna Ferkic, Gudrun Ritter, Christoph Maria Herbst, Waldemar Kobus, Uwe Friedrichsen… D’après le roman d’Helmut Ballot. Musique d’ Helmut Zerlett et Christoph Zirngilbl. Un film Hessen Invest film/FFA Filmförderungsanstalt/Deutscher filmförderfonds. Un dvd Constantin films/Zeigt/M6.

Voici un film qui s’adresse à toute la famille. Pas de meurtres sanguinolents, pas de cadavres horribles, pas de violence monstrueuse ni de bruits insupportables à l’image de trop nombreux films récents. Victor va mener du haut de ses douze ans une enquête qui n’est pas sans intérêt dans un manoir bourré de souvenirs, de lieux sombres, de secrets et d’émotion. Doublé par deux jeunes cascadeurs (ou du moins en ont-ils l’apparence) pour certains passages délicats (un déplacement par temps de pluie sur une gouttière par exemple), la vie du jeune Sherlock Holmes Ne manque pas d’intérêt. Hélas, le doublage français est moyen (une fois n’est pas coutume) avec des voix mal adaptées (celle du héros est trop âgée, trop grave, trop mûre ; le générique de fin nous apprend qu’il s’agit d’une fille, Gwenaëlle Julien de l’agence AGM factory)… La musique symphonique, en revanche, est très plaisante ; bien arrangée et gentiment interprétée par l’Orchestre de Babelsberg consacré à la musique de film, elle manque néanmoins d’une belle mélodie ce qui n’est non plus une surprise pour un nouveau film. Côté réalisation, rien d’excitant malgré quelques cadrages remarquables et une lumière toujours soignée. En fait, les décors, les costumes, tout est professionnel mais Trop sage. Il manquerait à l’ensemble un grain de folie, quelque chose d’un peu fou qui nous fasse vibrer et ferait entrer ce film dans la catégorie supérieure.

 

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Les compositeurs de musiques de films, page 1 / La critique de films d’Alix

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